samedi 1 octobre 2011

La propriété c'est le vol

La propriété c'est le vol. Cette formule est issue d’un ouvrage paru en 1840 où Proudhon - au nom de l’égalité - s’attache à régler son compte à la propriété.

Proudhon distingue deux types de propriété, celle de la terre qu’il combat et celle de la valeur créée par le travail qu’il revendique. [1]

LA REVOLUTION FRANCAISE ET LA PROPRIETE

En prétendant étendre le droit de propriété à tous, la Révolution de 1789 « s'est donnée les principes et les préjugés qu'elle voulait proscrire ». Les « formes virulentes de ce droit (la taille, la corvée, etc.) ont disparu mais le fond est demeuré le même ».

En ce sens, « il n'y a pas eu de révolution ».

C'est à tort que la déclaration des Droits de l’homme « a placé la propriété parmi les droits naturels de l'Homme aux côtés de la liberté, de l'égalité et de la sûreté ».

En effet, si on compare ces droits, « on observe que la liberté, l'égalité et la sûreté sont des droits absolus » devant être garantis à chaque citoyen quel qu’il soit ; tandis, que « pour la majeure partie des citoyens, la propriété n'existe qu'en puissance ».

« Si nous sommes associés pour la liberté, l’égalité et la sûreté, nous ne le sommes pas pour la propriété ». La propriété est donc un droit antisocial.

« Il faut ou que la société périsse, ou qu’elle tue la propriété ».

L’ORIGINE DE LA PROPRIETE

L’origine du droit de propriété n'a jamais pu être établie. Certains prétendent que la propriété a toujours existé et qu’elle existera toujours. Or, dans la communauté primitive - pour des raisons de survie - « les biens étaient communs et indivises ». Il n’y avait pas de propriété.

Celle-ci n'a donc pu trouver sa source que dans les guerres et les conquêtes, puis dans des traités et des contrats. Imposés par la force, ils sont nuls et « l'inégalité actuelle est une dérogation faite à la nature de la société ».

LA TERRE NE PEUT ÊTRE APPROPRIEE

« La terre, comme l’eau, l’air et la lumière, est un objet de première nécessité dont chacun doit user librement, sans nuire à la jouissance d’autrui ».

Elle est « chose commune » et, par conséquent, « non susceptible d’appropriation ». Des biens que la nature donne gratuitement ne peuvent devenir des propriétés privées.

TRAVAIL ET PROPRIETE

Quiconque travaille devient propriétaire de la valeur qu’il crée.

« Le travailleur conserve, même après avoir reçu son salaire, un droit naturel de propriété sur la chose qu’il a produite ».

« Vous, capitalistes, vous ne l’avez point acquise » car « les capitaux, les outils et les machines sont pareillement improductifs ». Seul « le travail des ouvriers a créé une valeur […] cette valeur est leur propriété ».

Or, le salaire que vous versez ne représente que « la dépense qu’exigent l’entretien et la réparation journalière du travailleur ». L’ouvrier « a vendu et inféodé sa liberté ». « C’est en cela surtout que consiste ce que l’on a si bien nommé exploitation de l’homme par l’homme ».

L’ouvrage de Proudhon est abondant et inégal. Il a toutefois le mérite - huit années avant la publication du Manifeste de Marx - de s’attaquer à la propriété encore considérée par certains comme sacrée, inviolable, d’origine divine.

Concluons avec lui : « Si l'homme est fait pour la société, il est fait pour l'égalité ».

Pierre-Joseph Proudhon par Gustave Courbet
JPD
Source : Le Petit Blanquiste
[1] Qu'est-ce que la propriété ?, Pierre-Joseph Proudhon, Les classiques de la philosophie, Le Livre de poche, 2009.

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