mercredi 21 septembre 2011

Europe : pas de pitié pour les pauvres,blocage de l'aide alimentaire.

Mercredi 21 septembre 2011
 
l'Allemagne, le Royaume-Uni, les Pays-Bas, la République tchèque, le Danemark, et la Suède n'ont que faire de la misère.

Les pays de l'Union européenne ont échoué mardi à Bruxelles à trouver un accord pour maintenir en l'état un programme d'aide alimentaire aux pauvres tirée des fonds agricoles, renvoyant toute décision à plus tard alors que les ONG tirent la sonnette d'alarme.


"Nous n'avons pas encore enregistré de compromis, ce sera peut-être le cas plus tard", a déclaré le ministre polonais de l'Agriculture Marek Sawicki, dont le pays préside l'UE, en marge d'une réunion avec ses homologues européens.


"Six Etats membres (sur les 27 de l'UE) sont clairement opposés" à la poursuite en l'état du programme en 2012 et 2013, a-t-il indiqué, en regrettant leur "manque de volonté politique". Il a ajouté vouloir "proposer rapidement" un compromis en vue d'une décision ultérieure.

Six pays opposés au programme

Le commissaire européen à l'Agriculture, le Roumain Dacian Ciolos, a tapé du poing sur la table. Si la situation n'évolue pas "il sera très difficile d'expliquer pourquoi un programme qui a 25 ans d'histoire sera bloqué pour deux ans juste parce que certains Etats membres ne souhaitent pas assumer leur responsabilité politique et se cachent derrière toutes sortes d'arguments juridiques qui n'ont pas lieu d'être", a-t-il dit. Si aucun accord n'est trouvé, le programme devrait passer de 480 millions d'euros annuels à 113,5 millions d'euros en 2012.


Selon un diplomate européen, l'Allemagne, le Royaume-Uni, les Pays-Bas, la République tchèque, le Danemark, et la Suède s'opposent au maintien en l'état du budget annuel du Programme européen d'aide aux plus démunis (PEAD) - financé par la Politique agricole commune (PAC) - à la suite d'un arrêt de la Cour européenne de justice en avril.


"Nous n'avons rien contre l'aide aux nécessiteux, mais cela relève de la politique sociale, qui est du ressort des Etats membres" a commenté un diplomate d'un de ces Etats.

Du lobbying pour convaincre les sceptiques

Ce programme, créé en 1987 sous l'impulsion du président de la Commission européenne de l'époque, Jacques Delors, à la suite de l'appel du fondateur des "Restos du Coeur", l'humoriste français Coluche, permet de distribuer, via 240 organisations caritatives, une aide tirée des stocks européens de la PAC à plus de 13 millions de personnes. Dix-neuf des 27 Etats de l'UE en profitent, en tête desquels l'Italie, la Pologne et la France.


Mais ces deux dernières années, le niveau des stocks était si bas que l'UE a dû le compenser par d'importants achats de nourriture à destination des banques alimentaires.A la suite d'une plainte de l'Allemagne, la Cour européenne de justice de Luxembourg a, en avril, estimé que ces achats étaient incompatibles avec la PAC, obligeant la Commission à ramener l'enveloppe pour les années à venir au niveau des stocks existants, soit 113,5 millions d'euros.


Une perspective qui a provoqué un tollé. La Commission européenne a finalement trouvé un moyen de contourner les objections de la Cour, mais se heurte désormais à la minorité de blocage des pays sceptiques. Ces derniers jours, plusieurs Etats favorables au maintien du programme à son niveau actuel se sont livrés à un lobbying intense auprès de ceux-ci. Ils espèrent en convaincre au moins un, et ainsi faire voler en éclats la minorité de blocage, ont expliqué des diplomates.
 


Les banques alimentaires alarmées

Quatre organisations caritatives ont averti lundi à Paris que la baisse des fonds européens consacrés aux plus démunis risquait de provoquer un "tsunami alimentaire" dans des pays de l'Union européenne.


Les Restos du Coeur, le Secours populaire, la Croix-Rouge et la Fédération française des banques alimentaires (FFBA) ont appelé les ministres à "prendre leurs responsabilités" pour trouver une solution rapidement et éviter "une crise humanitaire" dès 2012.


"Nous sommes face à une situation inédite (...) Alors qu'il n'y a jamais eu autant de demande, il n'y a jamais eu autant de menace sur notre action", a expliqué Olivier Berthe, président des Restos du Coeur.


Avec 80% de fonds européens en moins, "les associations risquent de distribuer 130 millions de repas en moins en 2012", a souligné Didier Piard, responsable de l'action sociale à la Croix-Rouge.

Source Libération
 

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