vendredi 11 novembre 2016

Liberté pour Julian Assange ! Le cas Assange est une atteinte inacceptable au droit de communication.

WikiLeaks : le défi de préserver la liberté d’information et de           
communication dans un monde sous surveillance permanente.



Cela fait plus de quatre ans, depuis le 19 juin 2012, que Julian Assange, cyberactiviste australien, champion de la lutte pour une information libre, est privé de liberté, réfugié dans les locaux de l’ambassade d’Equateur à Londres. Ce petit pays latino-américain a eu le courage d’accorder l’asile diplomatique au fondateur de WikiLeaks persécuté et harcelé par les autorités des Etats-Unis et de deux de leurs alliés (Royaume-Uni, Suède).
La justice suédoise exigeait que Julian Assange aille témoigner personnellement à Stockholm. On sait qu’une plainte (une seule ; la seconde accusation est devenue caduque avec le temps) y a été déposée contre lui pour viol. Cependant, il est important de préciser qu’aucune charge judiciaire ne pèse contre Assange. La justice suédoise souhaite seulement procéder à un « interrogatoire d’investigation ». Il ne s’agit donc pas d’une inculpation après présentation de charges. La Suède a d’ailleurs admis devant la Cour suprême du Royaume-Uni que Julian Assange avait quitté ce pays scandinave avec l’autorisation du ministère public. Récemment d’ailleurs, Quito a annoncé avoir signé un accord avec Stockholm pour permettre effectivement à la justice suédoise d’entendre Julian Assange dans les locaux de l’ambassade d’Equateur à Londres.
Le fondateur de WikiLeaks refusait en effet de se rendre en Suède, à moins que la justice de ce pays lui garantisse qu’il ne serait pas extradé vers les Etats-Unis, où il risquait d’être traduit devant un tribunal qui pourrait, selon ses avocats, l’accuser « d’espionnage » et, en vertu d’une loi de 1917, le condamner à la peine capitale.
En réalité, le seul crime de Julian Assange est d’avoir fondé WikiLeaks. Cela a suscité partout des débats passionnés pour déterminer si cette plateforme faisait avancer la liberté de la presse, si elle était bonne ou mauvaise pour la démocratie, s’il fallait la censurer ou pas. Ce qui est certain c’est que le rôle joué par WikiLeaks dans la diffusion d’un demi-million de rapports secrets relatifs aux abus commis par des militaires en Afghanistan et en Irak, et des quelque 250 000 rapports envoyés par les ambassades des Etats-Unis au Département d’Etat constitue « un fait qui fera date dans l’histoire du journalisme ».
WikiLeaks a été créée en 2006 par un groupe d’internautes anonymes, dont Julian Assange était le porte-parole, qui s’est donné pour mission de recevoir et de diffuser les filtrations d’informations (leaks) en garantissant l’anonymat des sources.
Rappelons les trois raisons qui, selon Julian Assange, sont à l’origine de la création de cette plateforme. « La première, c’est la mort de la société civile à l’échelle mondiale. La circulation rapide des flux financiers que les transferts électroniques de fonds rendent bien plus rapides que la sanction politique ou morale ont détruit la société civile partout dans le monde. […] Un nombre important de gens sait que la société civile est donc morte, qu’elle n’existe vraiment plus, et ils en profitent pour accumuler richesse et pouvoir. La deuxième raison […], c’est l’existence d’un énorme Etat sécuritaire occulte, qui se développe partout dans le monde, principalement aux Etats-Unis […]. La troisième, c’est que les médias internationaux sont un désastre […], l’environnement des médias internationaux est si mauvais et déformateur que nous serions en bien meilleure situation s’il n’existait aucun média. Aucun. »
Assange a une vision radicalement critique du journalisme. Dans un entretien, il a même affirmé que, « considérant l’état d’impuissance du journalisme, je me sentirais offensé si l’on m’appelait journaliste. […] L’abus le plus flagrant a eu lieu pendant la guerre [d’Irak et d’Afghanistan] racontée par les journalistes. Des journalistes qui ont participé à la création de conflits par leur manque de questionnement, leur manque d’intégrité et leur attitude lâche face à la communication gouvernementale. »
La philosophie de WikiLeaks s’appui sur un principe fondamental : les secrets existent pour être dévoilés. Toute information occulte a vocation à être révélée et mise à la disposition des citoyens. Les démocraties ne doivent rien cacher et les dirigeants politiques non plus. Si l’action publique de ces derniers n’était pas incompatible avec leur conduite publique ou privée, les démocraties ne devraient nullement craindre la diffusion « d’informations filtrées ». Mais pourquoi les journalistes, en démocratie, devraient se taire quand un responsable politique affirme une chose en public et dit ou fait le contraire en privé ?
WikiLeaks offre aux internautes la possibilité de diffuser des enregistrements, des vidéos ou des textes confidentiels, en vérifiant son authenticité mais sans chercher à savoir comment ils ont été obtenus. WikiLeaks vit grâce aux donations des internautes et des fondations, et n’accepte aucune aide publique. De nombreuses instances internationales ont reconnu l’utilité de son travail. En 2008, WikiLeaks a reçu l’« Index on Censorship Award » attribué par l’hebdomadaire britannique The Economist, et en 2009, Amnesty International lui a octroyé le prix du meilleur « nouveau média » pour avoir publié, en novembre 2008, un document censuré relatif à un cas de malversation des fonds effectué par l’entourage de l’ancien président du Kenya, Daniel Arap Moi.
Depuis sa création, WikiLeaks a été en permanence un festin de secrets, une véritable usine à scoops. Il a diffusé plus de révélations que l’ensemble des journaux les plus prestigieux depuis des décennies… Parmi les grands scandales révélés on peut souligner : les documents dénonçant les techniques utilisées par la banque suisse Julius Baer pour faciliter l’évasion fiscale ; le manuel de procédure pénale de l’armée américaine à Guantanamo ; la liste des noms, les professions et les coordonnées des membres du Parti National Britannique (BNP, d’extrême droite) où l’on trouvait des membres de la police ; la liste détaillée des courriers électroniques échangés avec l’extérieur par les victimes des attentats du World Trade Center le 11 septembre 2001 ; les documents prouvant le caractère frauduleux du dépôt de bilan de la banque islandaise The New Kaupthing ; les protocoles secrets de l’Eglise de Scientologie ; l’historique des courriers personnels envoyés par Sarah Palin, candidate républicaine à la vice-présidence des Etats-Unis, a John Mc Cain, depuis son ordinateur professionnel pendant la campagne électorale (ce qui est interdit par la législation américaine) ; les rapports secrets du procès de l’assassin Marc Dutroux, y compris le listing avec les numéros de téléphone, les numéros de comptes bancaires et les adresses de toutes les personnes impliquées dans cette fameuse affaire de pédophilie ; sans oublier les récents emails polémiques d’Hillary Clinton.
Comme Edward Snowden et Chelsea Manning, Julian Assange fait partie d’un nouveau groupe de dissidents politiques qui se battent pour une nouvelle forme d’émancipation et qui sont persécutés et harcelés non pas par des régimes autoritaires mais par des Etats qui prétendent être des « démocraties exemplaires »…
En février dernier, le Groupe de travail sur les détentions arbitraires des Nations unies, qui dépend du Comité des droits de l’Homme, a déclaré que Julian Assange était en état de « détention arbitraire » en raison de l’attitude du Royaume-Uni et de la Suède. Des experts internationaux ont également signalé que les autorités britanniques et suédoises devraient « mettre fin à sa détention » et « respecter son droit à obtenir une juste compensation ». D’après ce jury international, Julian Assange a été soumis à différentes formes de privation de liberté : « détention initiale à la prison de Wandsworth de Londres », régime d’isolement, « suivi de détention domiciliaire et ensuite de confinement à l’ambassade de l’Equateur ». Même si cette décision du Groupe d’experts internationaux des Nations unies n’est pas contraignante, elle suppose une grande victoire morale pour Julian Assange. Elle lui donne raison dans sa longue lutte contre les décisions arbitraires des autorités suédoises et britanniques.
Sur ce point, le président équatorien Rafael Correa a déclaré que son gouvernement accorde asile et protection au fondateur de WikiLeaks parce qu’« Assange n’a aucune garantie de respect de ses droits humains et de ses droits en matière de justice ». Le ministre équatorien des affaires étrangères, Guillaume Long, a déclaré pour sa part que l’Equateur « reste légitimement préoccupé par les droits humains d’Assange » et que Quito considère qu’il existe une sorte de « persécution politique » contre lui qui justifie que l’Equateur lui accorde l’asile.
Pour réclamer la liberté de Julian Assange, ses amis à travers le monde ont organisé, entre le 19 et le 24 juin dernier, dans diverses capitales (Athènes, Belgrade, Berlin, Bruxelles, Buenos Aires, Madrid, Milan, Montevideo, Naples, New York, Quito, Paris, Sarajevo) une série de réunions et conférences auxquelles ont participé d’importantes personnalités (Noam Chomsky, Edgar Morin, Slavo Zizek, Arundhati Roy, Ken Loach, Yanis Varoufakis, Baltasar Garzón, Amy Goodman, Ignacio Escolar, Emir Sader, Eva Golinger, Evgeny Morozov, etc.).
A Quito (Equateur), le Symposium était organisé par le Centre international d’études supérieures pour l’Amérique latine (Ciespal) et Julian Assange y a fait lui même une intervention en visioconférence. Le professeur Francisco Sierra, directeur du Ciespal, a déclaré : « Nous pensons que le problème de Julian Assange est en réalité celui de la liberté d’information. Si la liberté d‘informer, de se déplacer et de se réunir n’existe pas, il n’y a pas de droits humains. Pourtant, le premier droit est celui de communiquer. Le cas Assange est une atteinte inacceptable au droit de communication. »
Les participants ont lancé un vaste mouvement d’opinion à l’échelle mondiale pour proposer la candidature de Julian Assange au Prix Nobel de la Paix.
Tous ces événements solidaires se sont fixés deux objectifs. En premier lieu : revendiquer les droits que l’on refuse à Julian Assange, tels que la présomption d’innocence et la liberté de mouvement. Et en second lieu : rappeler ce que représente WikiLeaks : le défi de préserver la liberté d’information et de communication dans un monde sous surveillance permanente.
Par Ignacio Ramonet  
Source : Mémoires des luttes

mercredi 9 novembre 2016

10 conseils au 45ème président des USA Donald Trump



Il est 7 h 45 en temps universel, ce mercredi 9 novembre 2016 : Donald Trump vient d'être élu 45ème président des USA par plus de 270 grands électeurs. "Rempli d'humilité", son sous-fifre Mike Pence a remercié Donald, Dieu, sa femme, ses filles, et le "peuple américain". Il va "rendre sa splendeur à l'Amérique".

Faisant une entrée hollywoodienne sur fond musical de péplum, dans l'hôtel Hilton de New York, numéro 45 a d'abord rendu hommage à la perdante, Hillary (qui pourra dire We came, we saw, he won). Puis il a dit qu'il sera le président de "tous les Américains". Il a ensuite demandé aux électeurs et aux citoyens "leurs conseils, leur aide". "L'État sera au service du peuple américain". Il s'est présenté comme "Monsieur Ressources Humaines" : "nous allons rénover nos quartiers, refaire nos infrastructures, et donner des emplois à des millions d'Américains, nous nous occuperons de nos anciens combattants" en "utilisant le talent de chacun d'entre nous". "Nous allons doubler notre taux de croissance" pour faire de notre économie la première du monde. "Nous allons avoir d'excellentes relations avec les autres pays". Nous allons être "grands, audacieux", collaborer avec tous les pays, tout en "préservant les intérêts américains". Il a ensuite remercié ses parents, ses sœurs, son frère, bref toute sa "famille extraordinaire", Melania, Dawn, Ivanka, Derek, Barron, son "petit staff" électoral, Rudi Giuliani, son pote ex-gouverneur de New York, quelques politiciens, les 200 généraux et amiraux qui l'ont soutenu, une star (que je n'ai pas reconnu), le Comité national républicain, les membres des services secrets ("ils sont forts, intelligents et savent ce qu'ils font"), les "spectaculaires" flics de New York. Etc. Embrassades, musique de fin, avalanche de selfies. Le prenant au mot, voici quelques conseils que ses électeurs pourraient donner au nouveau boss :
1.   Retrait des toutes les troupes et fermeture de toutes les bases militaires US se trouvant hors du territoire yankee, en commençant par Guantanamo
2.   Dissolution de l'OTAN
3.   Levée du blocus de Cuba
4.   Taxation des produits manufacturés par les entreprises US au Mexique, en Chine et ailleurs et encouragements fiscaux à ces entreprises pour qu'elles rapatrient leur production aux USA
5.   Signature par les USA du Protocole de Kyoto et adhésion des USA à la Cour pénale internationale;
6.   Ouverture d'une enquête fédérale sur les crimes et délits d'Hillary Clinton
7.   Annulation de l'accord USA-Israël d'aide militaire pour les 10 ans à venir
8.   Suspension de l'aide militaire et des ventes d'armes à l'Arabie saoudite, aux Émirats arabes unis, et aux autres régimes despotiques
9.   Reconnaissance de l'État de Palestine
10.               Reconnaissance de la République arabe sahraouie démocratique.
On peut toujours rêver.
Fausto Giudice
Source : TLAXCALA

mardi 8 novembre 2016

ELECTION PRESIDENTIELLE AMERICAINE : Même si les américains élisent Clinton, Trump pourrait lui devenir président !



Les américains peuvent élire Hillary Clinton, et malgré ceci, Donald Trump pourrait devenir président des États-Unis. Ceci serait expliqué par la loi de l’élection présidentielle américaine. Le résultat final de l’élection présidentielle sera donc annoncé au cours du mois de décembre.

Les électeurs américains sont invités à voter pour l'élection de leur président. Cependant, ils n'élisent pas directement celui-ci : le scrutin se fait au suffrage indirect. Les médias annoncent le résultat de l’élection présidentielle au mois de novembre, alors que les grands électeurs ne votent qu’au cours du mois de décembre qui suit.

Chacun des cinquante États élit un nombre de «grands électeurs» égal au nombre de ses Représentants et Sénateurs soit un total de 538 (100 au titre du Sénat, 435 au titre de la Chambre des représentants, 3 pour le District fédéral de Columbia). L’État le plus peuplé, la Californie, dispose de 55 votes et les 8 États les moins peuplés n’en ont que 3 chacun. Les partis politiques nomment leurs listes de grands électeurs lors des conventions politiques par États. Un grand électeur ne peut faire partie du Congrès ou être membre d'un bureau fédéral.

En principe, les votes populaires devraient être exprimés en faveur d’un grand électeur. Dans la pratique, les bulletins de vote sont rédigés sous la forme «grand électeur en faveur de tel "ticket"» ou mentionnent simplement le nom des candidats.

De plus, dans tous les États sauf deux, le Maine et le Nebraska, le mode de scrutin donne toutes les voix de l’État (selon « the winner-takes-all system » : principe du «tout-au-vainqueur») au candidat arrivé le premier (le Maine et le Nebraska donnent deux voix au vainqueur de l'État et une voix au vainqueur de chaque district congressionnel). C’est ce qui explique la disparité entre les résultats populaires qui, lors des dernières élections, étaient proches entre Républicains et Démocrates, et les résultats des grands électeurs qui donnaient une majorité souvent écrasante à l’un des candidats. À titre d’exemple, on peut citer l’élection présidentielle de 1972 où le candidat républicain Richard Nixon a été élu avec plus de 95 % des voix des grands électeurs alors qu’il n’avait emporté que 60 % des voix populaires.

Une des critiques de ce mode de scrutin est que le président élu peut ne pas être le candidat ayant recueilli le plus de suffrages populaires. Théoriquement au moins, un candidat pourrait être élu avec 21,91 % du vote populaire. Lors de l'élection présidentielle de 2000, le candidat démocrate Al Gore obtint 550 000 voix de plus que son adversaire républicain George Bush au niveau national, mais les 550 voix d'avance que Bush a officiellement obtenues en Floride lui permirent d'obtenir tous les grands électeurs de cet État et de remporter l'élection au niveau fédéral.

Mais la critique la plus courante de ce principe est qu’il favorise le bipartisme ; récemment les candidats d’un troisième parti, n’ont reçu aucune voix de grand électeur alors que les votes populaires en leur faveur ont avoisiné 20 %.

Un grand électeur peut décider de ne pas voter pour le candidat auquel il avait d'abord apporté son soutien ; les cas sont rares, mais on en compte huit dans la période contemporaine. Certains États ont d'ailleurs interdit cette pratique, qui n'est pas contrôlée au niveau fédéral. Les médias annoncent donc le résultat de l’élection présidentielle au mois de novembre, alors que les grands électeurs ne votent qu’au cours du mois de décembre qui suit.

En effet, après plusieurs modifications des lois électorale, fédérale et étatique, on est arrivé au mode de scrutin actuel de l’élection couplée du président et de son vice-président ainsi qu’au vote bloqué des grands électeurs. Des associations cherchent toujours à modifier cela pour passer à un scrutin proportionnel au niveau des états, voire pour l’éliminer complètement et ne conserver que le vote populaire.

Source : alahed