vendredi 8 juillet 2016

Euro 2016 : l’Afrique en finale



L’équipe de France qui a battu 2 à 0 l’équipe d’Allemagne est composée de 7 joueurs d’origine africaine dont plusieurs possèdent d’ailleurs la double nationalité : Samuel Umtiti (Cameroun), Patrice Evra (Sénégal), Bacary Sagna (Sénégal), Paul Pogba (Guinée), Blaise Matuidi (Angola), N’Golo Kanté (Mali), Moussa Sissoko (Mali).
Hier, au stade Vélodrome à Marseille, Hollande, Valls, Cazeneuve avaient effectué le déplacement pour applaudir les stars de l’équipe de France. Mais cet amour de nos dirigeants pour des citoyens français d’origine africaine est assez nouveau et très opportuniste.
Rappelez-vous il y a quelques années, Manuel Valls n’affichait pas un amour passionné pour ses administrés un peu trop colorés, lui qui demandait à ses collaborateurs de mettre plus de "blancs", de "white", de "blancos" dans sa ville d’Evry. (1)
Cet été encore, grâce à la politique migratoire de Hollande, des millions de touristes vont patauger dans l’eau ou baignent les cadavres encore chauds de migrants africains qui se noient par milliers en tentant leur chance en Europe.
Chaque semaine, sur ordre de nos chers dirigeants socialistes qui adorent les noirs, pourvu qu’ils jouent bien au football, des centaines de migrants africains sont expulsés manu militari des bidonvilles indignes dans lesquels on les parque provisoirement avant de les renvoyer au pays.
Le foot a bon dos et nos dirigeants savent bien en profiter. Dans la Rome antique on offrait à la plèbe les jeux du cirque. En France socialiste, on offre au peuple l’Euro de foot. Que les Français soient plus nombreux à fêter 2 buts qu’à manifester contre le 49.3 et le viol de la démocratie par les socialistes en dit long sur l’état de notre pays.
La volonté des dirigeants de s’afficher lors des matchs n’est pas innocente. Au plus bas dans les sondages, ils ne veulent surtout pas rater la dernière occasion qui leur reste de se refaire une santé avant les élections de 2017. Vous imaginez le tableau ? Hollande et son gouvernement recevant l’Equipe de France, Championne d’Europe, à l’Elysée... Pas sur que Valls réclame plus de blancos sur la photo cette fois.
Fini la loi travail, finies les grèves à répétition, finies les violences policières, finies les conséquences du Brexit. La vie en rose, quoi.
Aujourd’hui, les vrais vainqueurs ne sont certainement pas les Français qui chantent à tue-tête dans la rue la victoire des blacks, pardon, des bleus. Ce sont Hollande et Valls qui peuvent continuer tranquillement leur entreprise méthodique de démolition du pays en priant que l’armada africaine de l’équipe de France les conduise à la victoire dimanche prochain.
Philippe Alain http://philippealain.blogspot.fr/

vendredi 1 juillet 2016

France : Le retour des heures sombres. La France de Pétain est de retour,…..



Il apparaît de plus en plus clairement que le gouvernement actuel est un mélange de capitalisme et de fascisme : Il réprime la contestation d’un côté, il entraîne une partie de la population vers le fascisme de l’autre ; alors comment s’étonner que comme par hasard les vitres de la CGT aient volé en éclats ? C’est dans la droite ligne de la désinformation qui se répand autour du gouvernement. 

Que d’histoires de vitres !!

Vitres des banques qui volent en éclats pendant les manifestations, vitres de l’Hôpital Necker, vitres de la CFDT Boulevard de la Villette, et maintenant vitres de la CGT à Montreuil ; une sorte de guerre des vitres a lieu, mais les vitres brisées de la CGT ressemblent fort à un règlement de compte contre la contestation ; alors que les autres vitres brisées étaient le fruit de la contestation. Ce n’est pas pareil ! Ne nous laissons pas abuser encore une fois. Ne tombons pas dans le piège des manipulations d’un pouvoir aux ramifications de plus en plus dictatoriales. Au fond la contestation de ces derniers mois vise à plus de justice sociale, et c’est cela qui dérange le pouvoir qui réprime et avec lui l’ensemble des forces réactionnaires. Justice sociale d’un côté, dictature de l’autre. Voilà la situation actuelle ! Voilà le défi que nous devons relever sous peine de nous faire totalement écraser.
Alors que le mouvement contre la loi « Travail » se poursuit, des lettres anonymes de menaces sont envoyées à nos camarades de la CGT. D’autre part depuis le commencement du mouvement, le standard téléphonique de la CGT se retrouve assiégé d’appels des militants d’extrême droite, de droite ou peut être social libéral.
La France de Pétain est de retour, c’est le résultat d’une campagne de haine organisée par le trio Hollande, Valls et Cazeneuve, relayée par les médias asservis, appartenant à une classe de privilégiés nageant dans l’abondance et les subventions d’Etat. Quand on entend Gattaz traiter la CGT de terroriste et les journalistes de toutes les chaines avec leurs sbires, Pujadas, Calvi, Elkabach et consort... se comporter en procureurs et oser comparer la CGT et Daech. Ce n’est pas nous les casseurs et les violents, ce sont tous ces perroquets qui se croient au dessus des lois, qui non seulement ne font pas leur métier d’informer, mais font de la propagande pro-capitaliste.
J’ai récemment vu une interview de Besancenot et l’on sentait tout le mépris de classe du journaliste dans les questions qu’il posait au représentant du NPA. Le code déontologique d’impartialité du journalisme est de l’histoire ancienne. Il y a belle lurette que les médias n’informent plus, ils sont les relais des puissants qui les payent, certains pensent que les informations sont censurées seulement dans les pays dit « non démocratiques » ... la propagande fonctionne bien !
Comment se fait il qu’il y ait tant de menaces et d’invectives contre la CGT ? Comment se fait il qu’il y ait tant d’articles contre la CGT ? Parce que les puissants, les milliardaires, ceux qui licencient et délocalisent, ceux qui emploient la répression et le mensonge contre les salariés et les ouvriers commencent à avoir peur.
Comment se fait il qu’il y ait tant de commentaires réactionnaires sur les journaux comme le Monde, le Figaro, le JDD, l’Express et tutti quanti pour justifier les menaces et les injures contre la CGT, le premier syndicat de France ? Parce que la bourgeoisie, le Medef et tous ceux qui nous tondent impunément la laine sur le dos craignent l’effet boule de neige et que la contestation s’amplifie.
Malgré l’effet de la manipulation continue et des mensonges au quotidien des medias de masse, de moins en moins de personnes croient aux bienfaits du capitalisme. Alors ils sont prêts à faire des exemples, à condamner, emprisonner, à essayer coûte que coûte à mater les peuples pour qu’ils retournent sagement produire de la plus value pour les banquiers et les actionnaires.
Car ce n’est pas seulement les locaux de la GGT qui sont visés, des locaux du PC ont subit également des dégradations et les militants des diverses organisations de gauche ont été menacés. Les fachos anti-ouvriers sortent de l’ombre, manipulés et téléguidés par la grande bourgeoisie qui commence à baliser.
Il est temps d’enfoncer le clou en s’affranchissant une fois pour toute de ces pseudo-socialistes corrompus qui roulent sans vergogne pour cette classe de privilégiés et en balayant tous ces parasites qui vivent de la valeur de nos bras.
Tous ensemble – Solidarité sans faille

samedi 25 juin 2016

L’ONU : un leurre au service des puissances impérialistes ! Il est urgent de revenir aux fondamentaux de la lutte anti-coloniale.



L’Etat colonial israélien s’est bâti sur le terrorisme, l’épuration ethnique et la violation des droits des Palestiniens. Mais que peut-on attendre de l’ONU ? 

Depuis le 13 juin dernier, la 6ème commission de l’Assemblée générale de l’ONU est présidée par Israël. Cette commission gère l’ensemble des opérations de l’organisation de l’ONU du droit international que ce soit l’application des conventions de Genève ou la coordination de la lutte mondiale contre le terrorisme. Après son élection à la vice-présidence de la 4ème commission chargée des questions politiques spéciales et de la décolonisation en juin 2014, l’entité sioniste colonise peu à peu les arcanes de l’Organisation.
L’Etat colonial israélien s’est bâti sur le terrorisme, l’épuration ethnique et la violation des droits des Palestiniens. Mais que peut-on attendre de l’ONU ? C’est une organisation conçue par les Etats-Unis sur les cendres de la Société des Nations, fondée par le club des vainqueurs de la seconde guerre mondiale, et selon des règles qui leur assurent la suprématie dans n’importe quelles circonstances. Le vote de résolutions par l’Assemblée générale est un leurre puisqu’elles ne sont jamais contraignantes vis-à-vis des Etats dominants. De plus le droit de veto au Conseil de Sécurité garantit les intérêts des grandes puissances.
Ces nominations montrent une fois de plus que les Palestiniens n’ont rien à attendre de cette organisation et de la dite « communauté internationale ». Le mouvement de solidarité internationale doit cesser d’y faire référence comme seul cadre du droit des Palestiniens à l’autodétermination et des conditions de leur lutte nationale. Il est urgent de revenir aux fondamentaux de la lutte anti-coloniale. Le sionisme est un colonialisme, seuls les Palestiniens sont à même de définir les moyens de lutte pour libérer la terre arabe de Palestine car il s’agit de leur survie et de leur devenir. Le mouvement de solidarité doit avoir un seul mot d’ordre : la libération de toute la Palestine.

vendredi 24 juin 2016

Le Royaume-Uni à voté ce jeudi pour la sortie de l'Union européenne. Le Brexit à 51,9 %.



C'était prévisible pour ceux qui connaissent l'histoire de ce pays mais cela pose pas mal de questions.

C'était prévisible parce que le l'Angleterre est le pays qui a inventé la démocratie parlementaire et pour elle, le grand-machin de Bruxelles parrainé par une commission qui n'a de comptes à rendre à personne ne peut supplanter un parlement démocratiquement élu. Je ne peux que souscrire à cet avis.
L'Angleterre est aussi le pays qui a inventé le libéralisme qui a accompagné la première révolution industrielle. Cela a fait de l'Angleterre [1] la première puissance économique du monde durant tout le XIXe siècle et c'est sûr que l'Angleterre vit encore dans le rêve de sa gloire passée.
Pour autant que cette décision soit effective, une deuxième référendum n'est pas à exclure, je pense qu'il ne faut pas s'inquiéter pour l'Angleterre. L'Angleterre a suffisamment d'atouts pour réussir seule et elle a prouvé pendant toute son histoire qu'elle est capable de faire front contre ceux qui veulent lui nuire.
Dans le cas présent, les menaces sont venues de la Commission européenne et assez singulièrement de la France. D'un autre côté, l'Angleterre a aussi de nombreux alliés en Europe qui ne sont pas prêts a suivre une politique anti-britannique. Je pense aux Pays scandinaves, aux Pays-Bas, à la Pologne et il y a sans doute d'autres pays.
Je pense que ce Brexit serait davantage un danger pour l'Union européenne, surtout si cette sortie de l'Union était une réussite.
Survivra-t-elle à cet événement ? Sans doute mais pas dans sa forme actuelle.
Parmi les questions qu'on peut se poser, il y en a une qui me semble importante et qui n'a pas encore été évoquée à ma connaissance : quid de la langue anglaise en Europe ?
Cela semble une question insignifiante mais cela peut bouleverser pas mal choses.
1.   Si l'Angleterre sort de l'Union européenne, l'anglais deviendrait une langue extra-européenne. En effet, la première langue officielle de l'Irlande est le gaélique [2] et l'anglais y a le statut de deuxième langue. Il n'y a pas d'autre pays anglophone en Union européenne.
2.   L'anglais est actuellement la langue la plus utilisée par les institutions européennes.
Un exemple concret : l'anglais sert de langue relai lors des débats au Parlement européen quand il faut traduire des discours entre des langues minoritaires. Un discours en gaélique est traduit en anglais et ensuite en letton. C'est le seul moyen pour ne pas utiliser au moins un millier d'interprètes pour traduire directement toutes les langues. On imagine qu'il n'est pas possible d'immobiliser un interprète (si on en trouve un) gaélique/letton pour juste traduire quelques discours par an.
Est-il concevable qu'une langue qui n'est la langue d'aucun pays de l'Union ait ce statut ?
3.   L'anglais risque d'être remplacé par l'allemand comme première langue utilisée. L'allemand est déjà la première langue étrangère parlée dans les Balkans et dans pas mal de pays d'Europe centrale parce que de nombreux touristes allemands fréquentent ces pays, parce que la percée économique allemande y est flagrante et parce que de nombreux travailleurs de ces pays ont travaillé en Allemagne. L'anglais y est bien sûr la première langue enseignée.
Le résultat serait que l'Allemagne renforcerait encore son influence en Europe et ce n'est pas la France qui a les moyens d'y faire obstacle.
Il y a aussi d'autres questions importantes qui vont se poser. 
1.   Quid de l’Écosse qui a massivement voté contre le Brexit ? Peut-il y avoir un deuxième référendum pour l'indépendance ? Il serait assez paradoxal que cette fois-ci l'Union européenne soutienne cette indépendance.
2.   En cas de signature du TTIP, l'Angleterre ne perdrait aucune de ses positions commerciales en Europe.
3.   Y aura-t-il d'autre pays qui vont suivre l'Angleterre et aussi quitter l'Union européenne ?
4.   Est-ce que David Cameron gardera son poste de Premier ministre. Il est convoité par Boris Johnson, l'ancien maire de Londres qui a milité pour le Brexit même s'il dit pour le moment que David Cameron doit rester.
David Cameron vient cependant d'annoncer son départ pour respecter la tradition démocratique qui découle de l'échec de type de consultation.
Il faudra quelque mois pour analyser les conséquences d'un Brexit mais il semble bien que ce sera le séisme annoncé.
En tout cas, l'Union européenne en sortira affaiblie et ce sera peut-être une opportunité pour la réformer, pour autant que ce soit possible.

Source : AgoraVox

mercredi 22 juin 2016

France : Après le 14 juin, la Loi El Khomri, un détonateur social.



Pour le gouvernement et les médias contrôlés par le pouvoir et les grands groupes, cette journée devait être un non-événement, le baroud d’honneur d’un mouvement essoufflé (voir sur ces thèmes les articles publiés sur ce site en date du 17 mai, du 9 juin et du 15 juin sous l’onglet : Europe, France).

Pourtant, c’est un immense cortège qui a défilé dans les rues de la capitale, traversant les quartiers Sud-Ouest de Paris de la Place d’Italie aux Invalides. Quatre heures après le départ du carré de tête, des groupes attendaient encore pour démarrer… Alors que la CGT a annoncé 1,2 million de manifestants, le gouvernement n’a vu dans les rues que 120’000 personnes, mettant un point d’honneur à ce que ce chiffre soit le plus bas annoncé depuis le 31 mars. Mais surtout, la seule communication médiatique et gouvernementale depuis la manifestation aura concerné « la violence des casseurs », une dizaine de vitres brisées et des murs tagués d’un grand hôpital pédiatrique parisien qui se trouvait sur le parcours.
Concernant le fond du dossier, le Premier ministre a comme posture que le dossier est clos, la loi est bouclée, il n’y aura aucune modification et la mobilisation sociale doit immédiatement disparaître des écrans médiatiques. D’ailleurs, il menace même d’interdire les prochaines manifestations annoncées pour la semaine prochaine.
Pourtant, la mobilisation a la vie dure. Ce fut la plus grosse manifestation parisienne depuis le début du mouvement, il y a trois mois, deux ou trois fois plus grosse que celle du 31 mars. Evidemment, il s’agissait d’une montée nationale, mais plusieurs grandes villes étaient aussi dans la rue, comme Marseille, Toulouse, Strasbourg, Rennes… De même, l’ambiance n’était pas à un dernier tour de piste. Car dans cette manifestation, comme dans toutes les actions menées depuis des semaines, l’état d’esprit est à la détermination. Un grand nombre de salariés venait d’entreprises grandes ou petites du secteur privé, de toutes les régions, le plus souvent amenés en cars par la CGT, mais aussi par Force ouvrière ou Solidaires.
Le cortège, les mots d’ordre témoignaient de la détermination dans l’exigence de retrait de la loi El Khomri et du rejet du gouvernement du PS. Malgré la propagande quotidienne menée depuis des mois à la radio et à la télé par le PS et l’ensemble des commentateurs et prétendus experts économiques et sociaux, les salariés sont toujours vent debout contre cette loi : dans tous les sondages, seulement 30% de l’opinion soutient le maintien du projet de loi. 70% – et la quasi-totalité des salarié·e·s – veulent son retrait pur et simple ou au moins de profondes modifications.
Pourtant, le mouvement n’a pas encore réussi à faire plier le gouvernement. Car les données présentes depuis le début du mouvement sont toujours là.
D’un côté, le gouvernement est toujours aussi faible. Sa crédibilité se réduit semaine après semaine comme peau de chagrin. Le couple dirigeant Valls-Hollande affiche le visage de dirigeants forts, d’un Etat de plus en plus policier pour masquer leur faiblesse. Le Premier ministre (Valls) joue sur ce registre en répétant à l’envi que la France est en guerre face au terrorisme, que la République doit être défendue et on assiste désormais à une hystérisation médiatique, orchestrée par le gouvernement, de tout événement qui peut entrer dans cette grille de lecture. Il en a été ainsi, au matin du 14 juin, après l’assassinat d’un couple de policiers en Région parisienne qui est devenu une attaque terroriste de première importance. A la suite de cet acte meurtrier, le ministre de l’Intérieur a accédé à une vieille revendication des syndicats réactionnaires de policiers et de l’extrême droite : l’autorisation du port d’armes pour les policiers en dehors du service.
Les dégradations subies par la façade de l’hôpital pour enfants le 14 juin ont, elles, été sublimées par le Premier ministre en « un hôpital dévasté », alors qu’aucun manifestant n’a pénétré à l’intérieur. Mais cette mise en scène médiatique d’un « acte inhumain » va servir à justifier, peut-être, l’interdiction de prochaines manifestations. Ironiquement, le leader de Force ouvrière (FO), Jean Claude Mailly, a répondu à cette menace en disant qu’il faudrait parallèlement interdire les prochains matches de l’Euro 2016, prétexte à de multiples affrontements avec au moins déjà un mort et des blessés graves.
Sur ce terrain de l’Etat policier et de la mise en scène d’un pays en guerre, le gouvernement se fait prendre à son propre jeu, la droite et le Front national lui reprochant désormais sa faiblesse devant le désordre social.
Ce climat de violence d’Etat, le gouvernement et sa police l’applique aux manifestations. Au moins 150 manifestants ont été blessés le 14 juin, 15 ont dû être dirigés vers des services d’urgence et au moins un est dans un état grave, sa colonne vertébrale atteinte par une lacrymogène tirée à tir tendu. L’utilisation des flash-balls, de LBD, de grenades de désencerclement et des lacrymogènes amène à blesser sérieusement les manifestants, sans parler des charges contre les cortèges avec l’usage intensif des matraques.
Le gouvernement cherche donc à sortir de la situation après le 14 juin en faisant monter la tension et les violences policières. Le but est d’arriver à casser définitivement le mouvement social avant le deuxième passage de la loi à l’Assemblée nationale début juillet.
Du côté du mouvement, les « choses » sont toujours contradictoires.
Les échéances données par l’Intersyndicale nationale, beaucoup trop espacées, surtout depuis la mi-mai, ne permettent pas de construire le rapport de force, d’acculer le gouvernement à la défaite. La détermination des équipes syndicales combatives a permis jusqu’à aujourd’hui de maintenir la force du mouvement, mais beaucoup de secteurs, d’entreprises, sont entrés en grève de façon dispersée, reprenant quand une autre démarrait.
Le seul moment où le gouvernement a été à deux doigts de céder, ces dernières semaines, a été fin mai, lorsque le blocage des dépôts de carburants et la grève des chauffeurs routiers a mis à sec 30% des stations-service. Faire céder le gouvernement n’est possible que par un blocage de la vie économique du pays, au moins assez fort pour créer une situation dans laquelle l’isolement social et politique de l’exécutif l’oblige à céder. De cette question, beaucoup de syndicalistes sont conscients depuis le début du mouvement. C’était le sens de l’appel « On bloque tout », lancé le 22 mars par 100 syndicalistes, essentiellement CGT et Sud. C’est aussi l’état d’esprit de nombreuses équipes syndicales qui, notamment depuis la mi-mai, ont multiplié les blocages, les grèves, comme celles du ramassage et du traitement des ordures ménagères dans plusieurs villes de France.
Les salariés des raffineries de pétrole ont tenu plusieurs semaines, mais l’impact de leur grève a été cassé par l’importation massive de carburant par les grands groupes. Les grèves de la SNCF, des pilotes d’Air France, vertébrées sur des revendications locales n’ont pas pu donner depuis le 1er juin une vigueur comparable à la tension des deux semaines précédentes. Cela d’autant plus, à la SNCF, qu’avant d’imposer à la CGT une grève reconductible à partir du 1er juin, il y avait eu, depuis mars, plusieurs journées isolées ou de 48h, usant une partie des forces.
Pourtant, d’autres secteurs, travailleurs des centrales nucléaires, des ports, de la verrerie, de l’agroalimentaire sont aussi entrés dans l’action ces dernières semaines. La force de ce mouvement et la composition des manifestations brisent l’image brossée depuis des années d’un mouvement syndical et revendicatif limité aux salariés de la fonction publique. Depuis, des mois, ce sont les salariés de l’industrie, des transports, du commerce et des services qui structurent la mobilisation.
Bloquée dans une situation dont elle n’est pas maîtresse, la direction de la CGT essaye de louvoyer, notamment depuis la mi-mai. Prise en tenaille entre la force du mouvement qui la pousse en première ligne et le blocage de toute marge de négociation avec le gouvernement, Philippe Martinez (secrétaire général de la CGT) gère mais ne veut pas pousser davantage à l’affrontement. Ainsi, a-t-il explicitement refusé de profiter du lancement de l’Euro 2016, le 10 juin, pour acculer le gouvernement sur la défensive, désavouant les équipes syndicales qui avaient renforcé la grève sur les lignes de transport desservant les stades de foot. De même, l’Intersyndicale n’a pas tracé de plan de mobilisation crescendo après le 14 juin. La prochaine échéance est seulement une journée le 23 juin et l’Intersyndicale appelle moins à renforcer les grèves qu’à multiplier les signatures de pétitions. L’Union départementale CGT des Bouches du Rhône, pour sa part, s’appuyant sur la force du 14 juin avec 300 entreprises du privé de la région marseillaise en grève ce jour-là, a lancé un appel à la grève de 48h, les 23 et 24 juin, dans l’état d’esprit d’enclencher un réel bras de fer.
Une nouvelle fois, rien n’est réglé dans cette mobilisation qui dure depuis 4 mois, en ayant plusieurs fois renouvelé ses forces. (16 juin 2016, article écrit pour le site Viento Sur)
Publié par Alencontre le 19 - juin - 2016