samedi 28 mai 2016

La France, sponsor des terroristes? Des armes françaises aux mains de terroristes. 40% des armes saisies par l’armée du Tchad aux combattants de Boko Haram sont made in France.



Alors que la France a connu le pire attentat jamais perpétré sur son territoire en novembre dernier, ailleurs dans le monde, des groupes terroristes brandissent des armes fabriquées dans l’Hexagone. 40% des armes saisies par l’armée du Tchad aux combattants de Boko Haram sont made in France. Comment ont-elles atterri dans les mains des terroristes? Explications.
« 40% des armes saisies par les forces armées du Tchad aux combattants de Boko Haram sont de fabrication française » a annoncé le 4 mars 2015 le ministre Tchadien de la communication Hassan Sylla Ben Bakari en visite au Cameroun. Le ministre a ajouté : “Mon pays montre ces images et continuera de les montrer afin que ceux qui les fabriquent sachent que ces armes ne se retrouvent pas là où elles doivent l’être“. Paris, entends-tu cet appel ? Toi qui as été récemment frappée par un attentat meurtrier revendiqué par l’État islamique, seras-tu touchée par les morts innocents que causent tes armes au Nigeria et au Cameroun ?
Alain Chouet, ancien chef du service de renseignement de sécurité de la DGSE (en 2000 et 2001), révèle que les pétromonarchies du Golfe – grandes amies de la France – financent le groupe terroriste Boko Haram à grand renfort de pétrodollars: « Le Qatar et surtout l’Arabie fondent leur légitimité sur l’Islam et, ces pays doivent se prémunir contre toute forme de critique, de concurrence ou de dépassement, sur la lecture la plus fondamentaliste de cette religion. Soumis à la concurrence et à la volonté de puissance de l’Iran, leur politique constante est de tenter de s’assurer le contrôle de l’Islam à l’échelon mondial par le seul moyen dont ils disposent à suffisance : l’argent. Ils sont extrêmement attentifs dans le monde entier à toute initiative fondamentaliste locale qui pourrait risquer de les dépasser ou de menacer leur légitimité et s’empressent d’essayer de la canaliser et de la contrôler grâce aux revenus de leur rente pétrolière. C’est là l’une des raisons de la montée en puissance de l’islamisme militant dans le monde, tous les acteurs locaux ayant compris que plus ils affirmeraient leur fondamentalisme, plus ils attireraient l’attention et l’argent des pétromonarchies wahhabites».
A propos de l’émergence de Boko Haram au Nigeria, Alain Chouet ajoute dans un autre article : « La crainte des pétromonarchies arabes, et sans doute de leurs clients des majors du pétrole, était qu’un Nigeria soustrait à l’influence islamique régulée depuis Ryadh et soumis au pouvoir de ses dynamiques entrepreneurs sudistes se lance dans des formes d’indépendantisme économique et politique contraires aux intérêts bien compris de la majorité des membres de l’OPEP. Il fallait donc éviter tout risque que le Nigeria, à l’exemple de l’Iran (2ème exportateur mondial) ou du Vénézuela (5ème) se lance dans des aventures « fractionnelles » au pire en nationalisant son pétrole, au mieux en ne respectant pas les quotas de production destinés à maintenir en permanence le prix du baril à son maximum internationalement supportable ou en refusant de garantir l’acceptation du paiement de son pétrole en dollars qui permet aux États-Unis « d’exporter » leur abyssale dette intérieure. […] On évoque avec de plus en plus de précision les allers-retours, entre Ryadh et Kano, de porteurs de valises remplies de beaux dollars. […] On a vu des valises identiques avec des porteurs différents se promener un peu partout (Soudan, Afghanistan, Libye, Syrie, Mali, Tunisie, etc.) dans les endroits où l’Arabie ou le Qatar le jugeaient utile à leurs intérêts. Shekau ne survivra peut-être pas au coup politique décisif qu’il vient de porter au Président Goodluck Jonathan, à l’armée et à l’administration du Nigeria. Cela n’a pas grande importance. Comme tous les djihadistes inspirés du salafisme wahhabite, il est un outil jetable et remplaçable au service des intérêts des pétromonarques. Si nécessaire, on lui trouvera un successeur et destinataire de valises comme il avait lui-même succédé à Mohammed Yusuf. […] Certes l’Arabie et le Qatar ont récemment revu leurs positions officielles à cet égard sous la pression internationale ou suite à de tardives prises de conscience, mais les riches donateurs privés y demeurent encore légion, en particulier ceux qui dépendent de l’industrie du pétrole et pour lesquels le Nigeria pose un problème particulier». Et de conclure que « personne n’en viendra à bout [de Boko Haram] si la communauté internationale ne contribue pas à essayer d’éteindre les contentieux locaux et si les Occidentaux n’exercent pas les pressions suffisantes pour contraindre les monarchies wahhabites à cesser de soutenir idéologiquement et financièrement la subversion salafiste».
            Au Mali aussi, le jeu géopolitique français est plus que trouble, et l’administration française joue sur tous les tableaux pour défendre ses intérêts. Hama Ag Mahmoud était en charge des affaires Extérieures dans le Conseil Transitoire de l’État de l’Azawad (gouvernement autoproclamé du Mouvement National de Libération de l’Azawad). Il démissionna de son poste en décembre 2012 pour protester contre l’alliance entre le MNLA et le groupe jihadiste Ansar Dine. Dans un article daté de janvier 2014, il dénonce l’inefficacité de l’intervention de l’armée française au Nord-Mali, un an après le début de l’Opération Serval : « J’ai surtout vu des assassinats de civils, des pillages, des destructions d’habitats et de points d’eau. La presse n’en parle pas. Qu’a-t-on dit au sujet des 600 morts civils que nous avons répertoriés depuis le début de ces opérations militaires? […]  On a procédé à une épuration ethnique des 3 régions du nord sous le regard impassible de l’armée française et de la communauté internationale. Personne n’en dit mot. Ça me révolte. […] Tout le monde sait aujourd’hui qu’il y a un agenda caché derrière cette intervention. Durant toute l’année 2012 on a mis en garde la communauté internationale contre cette intervention. On ne peut pas lutter contre le terrorisme avec des avions et des blindés. […] Les français n’ont pas accepté les solutions qu’on leur avait présentées à l’époque. A savoir négocier pour parvenir à la paix, comme le préconisait la résolution 2085 du conseil de sécurité. […] Tous ces mouvements [jihadistes] ne sont pas venus de rien. On sait d’où ils viennent, qui les ravitaille, qui les finance. Toutes les positions politiques qu’ils proclament correspondent aux positions politiques défendues par certains pays. Soyons clair, ils faisaient la guerre au MNLA par procuration».
Pourtant, une alliance entre le MNLA et le groupe jihadiste Ansar Dine s’officialise en mai 2012. Pour Hama Ag Mahmoud, « l’annonce officielle de l’alliance est le résultat de manipulations venant de l’étranger et visant à ternir l’image du MNLA. A l’origine, le MNLA n’a jamais été pro-islamiste. Mais le MNLA a été infiltré au plus haut niveau par les pays qui financent le terrorisme. Je veux parler de l’Algérie mais aussi du Qatar. On a tous vu comment s’organisaient les distributions d’argent et de ravitaillement dans le nord du Mali et qui en était à l’origine. Et je n’exclus pas que les français et les américains soient aussi impliqués».
Hama Ag Mahmoud dénonce également le double-jeu de la France, qui « a demandé au MNLA de l’aider à faire déserter tous les combattants de l’Azawad qui étaient dans l’armée libyenne, pendant la guerre de Libye. Ensuite de bloquer le recrutement des libyens dans l’Azawad et dans l’Aïr au Niger. En contrepartie, elle nous avait donné son feu vert pour l’indépendance de l’Azawad. C’est l’accord qui a été conclu avant la guerre entre le MNLA et la France. Et immédiatement la guerre gagnée par le MNLA, la France a changé complètement de politique. Elle a mis tout son dispositif diplomatique contre le MNLA. Alors conclusion, l’objectif de la France était tout simplement d’affaiblir le gouvernement malien et je peux vous assurer que ce n’était pas pour donner raison au MNLA».
Quelle est alors la raison cachée de l’intervention française au Mali ? Hama Ag Mahmoud apporte la réponse : « Il y a une guerre pour les ressources minières. La France a pris les devants pour obliger le Mali à signer un accord de défense et ensuite s’octroyer des concessions minières et protéger celles qui existent déjà. C’est ça l’essence de cette guerre. Les autres puissances ne sont pas dupes. Et ça pourrait ouvrir la porte à une intervention étrangère avec une implication des américains, des russes et même des chinois. Je vois mal ces pays laisser la France faire une OPA sur les ressources de l’Azawad et de la région. Il y a énormément [de ressources] et rien n’a encore été exploité ni même exploré. Vous avez de l’or, vous avez du phosphate, du gaz, du pétrole et surtout vous avez de l’eau. C’est une ressource qui deviendra plus importante que le pétrole ou l’uranium. Le bassin de Taoudeni est une mer intérieure d’eau douce. Imaginez les enjeux dans cette région où l’eau va se raréfier de plus en plus. La zone est éminemment stratégique. Les grandes puissances cherchent à se positionner dans le nord du Mali depuis très longtemps. Prenez la base de Tessalit, elle a toujours été convoitée par les américains, les européens mais aussi les russes. Tout le monde veut avoir cette base. A partir de là, comme à Tamanrasset, vous avez un point de vue sur toute la région. Donc c’est une zone hautement stratégique et tout le monde a un œil dessus. Mais on ne peut pas exploiter des ressources dans une région en état d’insécurité permanente. Il faut trouver la stabilité avant de pouvoir exploiter. C’est l’un des enjeux de cette guerre».
Alors la France, un pays désintéressé qui vole au secours des faibles et des innocents, ou un pays rapace, qui s’abat sans pitié sur sa proie et l’immobilise le temps de ponctionner ses ressources vitales ?
Source: Investig’Action

mercredi 25 mai 2016

Lettre de Ken Loach à Tali Shalom Ezer : Levez-vous, s’il vous plait, du côté des oppressés contre les oppresseurs.



Ken Loach est un réalisateur britannique dont les œuvres sont axées sur la misère en Grande-Bretagne. Durs et poignants, ses films résonnent dans l’esprit du spectateur pour finalement poser les bonnes questions : qu’est ce qui est bon ? Qu’est ce qui est mal ?
Une nouvelle fois cette année, le réalisateur est nominé au festival de Cannes pour son film I, Daniel Blake. Derrière la caméra comme dans la vie l’homme est engagé et ne se prive pas de se prononcer sur ce qu’il croit être juste ou non, comme au travers de cette missive qu’il destine à Tali Shalom Ezer.

Cher Tali Shalom Ezer,

Depuis le début, Israël et ses partisans ont accusé leurs délateurs d’être antisémites ou racistes. C’est une tactique pour miner le débat rationnel.
Pour être aussi clair que de l’eau de roche : en tant que réalisateur, vous avez reçu un accueil chaleureux à Edimbourg. Vous n’êtes ni censuré, ni rejeté. L’opposition concernait plutôt à la réception d’argent provenant de l’Etat d’Israël par le Festival.
L’appel en faveur d’un boycott des Institutions culturelles israéliennes est venu de nombreux Palestiniens : écrivains, artistes, journalistes, hommes de loi, académiciens, syndicalistes, enseignants. Ils le considèrent comme « une contribution à la lutte pour la fin de l’occupation d’Israël, sa colonisation et son système d’apartheid. » Qui sommes-nous, pour ne pas tenir compte de leur appel ? Vos arguments de comptoir étaient déjà utilisés contre le boycott sud-africain, qui finit finalement par sortir victorieux.
Nous nous souvenons que les Palestiniens ont été dépossédés soixante ans durant, que leurs maisons ont été détruites et leurs communautés anéanties. Les Israéliens ignorent la loi internationale, la convention de Genève et la plupart des décisions des Nations Unies.
Nous avons vu avec horreur les récents massacres à Gaza, comment l’armée israélienne use de bombe au phosphore dans les zones habitées, comment les asiles et entrepôts des Nations Unis étaient détruits. La Croix Rouge a décrit des frappes sur les équipes médicales et le refus d’aide aux blessés. Une journaliste israélienne, Amira Hass, a rapporté la mort de personnes arborant des drapeaux blancs et l’annihilation de familles entières.
Face à de tels crimes, le poète israélien Aharon Shabtai écrit : « Je ne crois pas qu’un état qui maintient une occupation perpétrant un lot quotidien de crimes contre les civils mérite d’être invité à quelque événement culturel que ce soit. »
Ceux qui ont attaqué le boycott sont ici les suspects habituels, les vieux politicards de l’extrême droite. Chacun pensait que vous étiez un homme. […]
Levez-vous, s’il vous plait, du côté des oppressés contre les oppresseurs. J’espère que vous appréciez le Festival.
Ken Loach

dimanche 22 mai 2016

Ligue arabe : de la salle des soins palliatifs à la morgue .La LEA qui porte en elle-même les germes de sa perte a signé l’acte de son décès en inversant le but de sa création.



Certains responsables arabes sont allés plus loin que le roi du Bahreïn dans leur « danse du ventre ». Le cas notamment du richissime homme d’affaires le prince Al Waleed Ben Talal. « Je me rangerai du côté de la nation juive et de ses aspirations démocratiques, dans le cas du déclenchement d'une Intifada palestinienne et j'userai de toute mon influence pour briser les initiatives arabes sinistres visant à condamner Tel-Aviv, parce que je considère l'entente israélo-arabe et une future amitié comme nécessaire pour empêcher l'extension dangereuse de l'Iran », a déclaré le prince Al Waleed cité par l'agence de presse du Koweït KUNA, le mardi 29 octobre 2015.
La levée des sanctions américaines, européennes et onusiennes contre l’Iran couronnée par la visite officielle du président de la république islamique Hassan Rohani à Paris le 28 janvier 2016 a été l’occasion pour sortir l’agonisante Ligue des Etats Arabes (LEA) de la salle des soins palliatifs pour l’expédier à la morgue. Crée en 1945 dans les officines du Foreign Office qui en lui assignant l’objectif de « promouvoir une politique économique fondée sur la complémentarité parmi les pays arabes membres » voulait en faire une sorte d’annexe du Commonwealth, la LEA a dérivé progressivement vers un seul but : contrer la naissance de l’Etat d’Israël en 1948 et plus tard freiner son expansion. Or depuis la déferlante du Printemps arabe et son cortège de guerres civiles notamment en Syrie, Egypte et au Yémen et surtout depuis que l’Iran commence à redevenir fréquentable les régimes arabes sunnites sans assises historique et populaire solides redécouvrent qu’Israël n’est pas leur ennemi, et que le véritable danger qui menacent leur existence est le fossé qui les séparent de leurs jeunesses -fossé considérablement élargi par Internet et les réseaux sociaux- et la république chiite d’Iran. Cette organisation panarabe, réputée pour ses joutes oratoires et son inefficacité légendaire, faut-il le rappeler, souffrait déjà d’une malformation congénitale grave qui l’a contrait à garder le lit depuis sa naissance en 1945. En effet « la Charte régissant la Ligue Arabe qui unit quelque 22 Etats souverains y compris de l’Autorité palestinienne est caduque depuis sa création dans les bureaux du Foreign Office britannique en 1945. », j’écrivais sur mon blog Croque Cactus le 28 janvier 2009. Mais au moins elle faisait du boucan. Maintenant, plus rien. Le silence radio. Non seulement sa charte fondatrice est caduque mais son objectif s’est inversé. D’un barrage à Israël elle est devenue-du moins pour les pétromonarchies qui la financent-, son avocat. En fait les pays arabes se sentant menacés dan s leur existence par l’Iran et le chiisme rêvent d’un Israël qui les défendra ou protégera contre/d’une éventuelle agression iranienne, misant sur la haine (supposée) entre la république islamique et l’Etat hébreu.


Avec une forte communauté chiite se sentant délaissée et une minorité sunnite aux commandes, le royaume du Bahreïn se sent le plus menacé.

En fait ces pays arabes savent que leur seul recours en cas d’attaque iranienne serait Israël, les Etats-Unis, l’Union européenne et la Russie étant hors jeu…. Avec une forte communauté chiite se sentant délaissée et une minorité sunnite aux commandes, le royaume du Bahreïn se sent le plus menacé. Son roi vient de le faire savoir publiquement à sa manière. « Israël est capable de défendre les pays arabes modérés », a déclaré Hamad Ben Issa Al Khalifa, lors de sa rencontre avec le rabbin Marc Schneier. Une déclaration qui est venue après une longue danse du ventre en vue de séduire Israël. « Alors que le conflit israélo-palestinien connaît une recrudescence des violences depuis plusieurs semaines et que les tensions interreligieuses s'exacerbent au Moyen-Orient, le royaume de Bahreïn a tenu à célébrer lundi 7 décembre 2015 une fête juive ! au palais royal du monarque Hamad Ben Issa Al Khalifa, une première depuis la création de l'Etat d'Israël en 1948 », rapportent des médias israéliens. Des « messages d’amour » auxquels le premier ministre israélien Benjamin Netanyahou répondra dans un discours enregistré et diffusé dimanche 7 décembre 2014 soir, lors du Forum Saban sur le Proche-Orient à Washington, à sa façon. « Israël n'est pas l'ennemi des pays arabes » dira Bibi Netanyahou. Une réponse qui a été perçue comme un signe positif dans les pays arabes concernés même si en interne les Israéliens ont vu dans cette déclaration une manœuvre électorale à l’adresse des partis de gauche et du centre et surtout Washington qui veut que le processus de paix israélo-palestinienne marque des points avant la fin du mandat d’Obama. Certains responsables arabes sont allés plus loin que roi du Bahreïn dans leur « danse du ventre ». Le cas notamment du richissime homme d’affaires le prince Al Waleed Ben Talal. « Je me rangerai du côté de la nation juive et de ses aspirations démocratiques, dans le cas du déclenchement d'une Intifada palestinienne et j'userai de toute mon influence pour briser les initiatives arabes sinistres visant à condamner Tel-Aviv, parce que je considère l'entente israélo-arabe et une future amitié comme nécessaire pour empêcher l'extension dangereuse de l'Iran », a déclaré le prince Al Waleed cité par l'agence de presse du Koweït KUNA, le mardi 29 octobre 2015. On peut multiplier les exemples mais notre propos n’est pas de faire une revue de presse exhaustive. Mais de monter que la LEA qui porte en elle-même les germes de sa perte a signé l’acte de son décès en inversant le but de sa création. Un changement qui n’est pas mauvais en soi, faut-il le souligner. Il est susceptible d’insuffler une nouvelle dynamique au processus de pays au Proche-Orient. …….

http://chankou.over-blog.com/2016/03/ligue-arabe-de-la-salle-des-soins-palliatifs-a-la-morgue.html

jeudi 19 mai 2016

ALGERIE : les milliardaires nuisent au droit à l'information




8 Mai 2011

Dans de nombreux pays, dans tous les continents, des journaux en difficultés ont été cédés à de grands patrons par les collectifs de journalistes qui en avaient la propriété. Partout, ces médias ont progressivement perdu leur indépendance. Par la combinaison de la censure et de l'autocensure, cette mise sous tutelle est inévitable.
Pour exercer pleinement leur métier, des journalistes de plus en plus nombreux s'investissent dans des médias numériques indépendants. Leur objectif est de continuer à faire leur travail : enquêter pour fabriquer l'information. Et, il n'est plus possible d'exercer la liberté d'informer dans des médias contrôlés par les puissances économiques qui sont les sujets des enquêtes!
De nombreux Algériens politisés, qui réfléchissent hors des coteries manipulées par les clans et le système qui régule leur compétition, refusent l'extension de ce processus de main mise de l'argent dans notre pays.
La vente du groupe El Khabar au multimilliardaire Rebrab et la réaction du ministre Grine ont le mérite de révéler aux citoyens cette tendance de fond : les oligarques mettent la main sur des médias algériens en difficultés. La liste des riches hommes d'affaires impliqués est déjà longue. Rebrab franchit un nouveau pas dans la concentration de journaux entre les mains d'un seul homme.
La distinction personne morale-personne physique est ici dérisoire. C'est bien Rebrab, himself, qui contrôlera El Khabar en plus de Liberté!
Il est souhaitable que les juges arrêtent l'OPA de Rebrab, parce qu'elle contourne la loi avec des artifices. Comme il est souhaitable qu'à cette occasion soit mis à l'ordre du jour la nécessité de mesures de soutien aux collectifs de journalistes pour sauvegarder la pluralité de la presse. Cette aide est la condition pour contrer la main mise des puissances d'argent sur les médias. C'est l'absence de cette politique publique de soutien à la presse qui prépare le terrain  aux puissances d'argent.
Publié par Saoudi Abdelaziz
Source : Le blog de algerie-info