vendredi 4 décembre 2015

La Russie de Vladimir Poutine est en train de donner une leçon au monde occidental.



Avec résolution, avec obstination et sans états d'âme inutiles, la Russie trace son sillon au Moyen Orient. Tel un lourd navire à qui il faut du temps pour prendre de la vitesse mais qui s'arrêtera encore plus lentement, la Russie est en train d'imprimer sa marque. Elle impose progressivement sa méthode qui est fondée sur la réflexion, réflexion qui mène aux certitudes qui à leur tour guident l'action. On réfléchit d'abord et on tire ensuite si, et seulement si, c'est nécessaire. Quand on prend le temps de réfléchir, on a le temps de décider où on va et par quel chemin. A partir de ce moment, si on a les moyens de ses objectifs, tout est possible, rien ou presque ne peut vous arrêter.
La Russie de Vladimir Poutine est en train de donner une leçon au monde occidental. A ceux qui en doutent encore, on conseillera de regarder les images de ce qui s'est passé hier au ministère de la défense à Moscou. Tous ces attachés militaires étrangers, invités par le ministère et assis devant plusieurs centaines de journalistes du monde entier, chacun suivant les explications de quelques officiers supérieurs russes sur les opérations en Syrie.

J'y ai vu une leçon à plusieurs niveaux.

Le premier niveau, le plus évident, c'est la démonstration de la collusion de la Turquie, membre de l’Otan, avec le terrorisme en général et l'Etat Islamique en particulier. La réaction russe est symptomatique : on ne cherche pas de confrontation avec l'Otan, mais il est impossible de ne pas réagir à cette agression, donc on met en évidence la duplicité d'un pays qui prétend faire partie d'une alliance tout en maintenant des liens forts avec un ennemi déclaré de cette alliance. Ne soyons pas naïfs, les membres de l'Otan, en tout cas les plus importants étaient au courant de ce qui se passait, mais ils pouvaient faire semblant de l'ignorer. Après la leçon d’hier, ils ne le peuvent plus et ce d'autant moins que les attentats récents contre la Russie et surtout la France, ont sérieusement fait baisser le niveau de tolérance à ce type de comportements.
Le deuxième niveau, c'est une question posée à l'Otan : voyez-vous quel genre de partenaire vous avez ? Suivie d'une autre question : êtes vous donc en position de nous donner des leçons ? Cela pose le problème de la confiance que la Russie peut avoir en ce genre de coalition. L'attaque de la Turquie a effectivement fait capoter les tentatives de François Hollande en ce qu'elle a mis en évidence le manque de fiabilité de certains pays qui, comme la France, font partie de l'Otan. Espérons (on peut toujours rêver) que la France en profitera pour revoir sa stratégie d'alliances et comprendra que seule la Russie est capable de mener la guerre contre les groupements terroristes du Moyen Orient. Elle le peut non pas grâce à la puissance militaire dont elle a fait la preuve en Syrie, mais parce qu'elle a effectivement les mêmes objectifs que la France, si on excepte la position essentiellement émotionnelle du Quai d'Orsay à propos de Bachar Al-Assad. Elle le peut également parce qu'elle connaît le Moyen Orient mieux que n'importe quel pays occidental et enfin parce qu'elle a des alliés sur place, même si, pour certains, il s’agit d’alliés de circonstance.
Le troisième niveau, c'est : voyez comment nous réagissons quand on nous agresse. Ce niveau s'adresse plus particulièrement aux dirigeants politiques et aux médias qui ont parlé de risques de guerre généralisée à la suite de la destruction du Sukhoï 24 de l'armée de l'air russe. Nous sommes un peuple responsable, nous réfléchissons d'abord à nos objectifs et à la stratégie à mettre en œuvre. Cette attitude est tellement passée de mode chez nous que les réactions russes en sont devenues difficilement compréhensibles. Prenez l'exemple de la catastrophe aérienne du Sinaï. Non seulement les pays occidentaux sont allés tout de suite à la conclusion de l'attentat, mais quand, après une enquête sérieuse ne laissant aucune hypothèse de côté a priori, la Russie a déclaré qu'il s'agissait bien d'un attentat, on a vu, dans la presse française des titres comme "la Russie admet l'attentat", comme s’il y avait quelque chose à « admettre ». J'ai expliqué récemment à un ami français qu'il s'agissait simplement de ne pas se précipiter vers une hypothèse unique qui exclue toutes les autres, pour avoir une enquête objective qui ne passe pas à côté de la vérité. Il n'a pas fait de commentaire car c'est un ami, mais j'ai lu l'incompréhension dans ses yeux. Enfin, heureusement que la Russie n'est pas dirigée par un "clone" de John McCain !
Le quatrième niveau est une démonstration : voyez comment réagissent les pays civilisés, sûr d'eux : nous ne portons pas d'accusations sans preuves. Ce niveau concerne tous les pays qui accusent la Russie de tous les maux sans apporter la preuve de ce qu'ils avancent. La Russie a abattu le vol MH17 ? Où sont les preuves ? Pourtant vous avez des satellites comme les nôtres qui observent la terre et en particulier, en ce moment, l'Ukraine. L'armée russe a envahi les Donbass ? Où sont les preuves ? Pourtant, voyez, on peut photographier des camions depuis l'espace.
Pendant ce temps, l'Otan propose au Monténégro (moins d'un million d'habitants, pas d'armée) de rejoindre le "Club des ennemis de la Russie". On croit rêver. Et, comme on nous prend pour des idiots, on nous explique que c'est la Russie qui a tort de s'inquiéter.
En Syrie, la Russie s'est complètement affranchie de l'influence de l'Otan. La leçon d'hier est là pour le confirmer, si besoin était. Voyez qui sont les membres de votre club. Nous ne parlerons pas des Pays Baltes auxquels vous êtes bien les seuls à accorder de l'importance en croyant qu'ils nous importent. Sur le terrain, après avoir reçu le refus auquel elle s'attendait, la Russie poursuit son plan qui est de détruire les sources de terrorismes quelques soient les noms derrière lesquels elles se cachent, pour ensuite rétablir un état syrien dont les citoyens pourront décider seuls qui doit les gouverner.
Pour cela la Russie n'a besoin de personne, surtout pas d'alliés qui ont des allégeances avec l'ennemi, que ce soit pour des raisons stratégiques, politiques, économiques ou d'intérêts financiers privés.
La Turquie vient de lui fournir une excellente justification au renforcent de ses défenses anti-aériennes. C'est comme cela qu'il faut analyser l'agacement et les critiques plus ou moins voilées des membres du "Club des ennemis de la Russie". Abattre un avion russe ne leur pose pas de problème a priori, mais eux ont compris tout de suite ce que cela allait provoquer. L'installation de missiles S400 et l'arrivée d'un navire spécialisé dans les contre mesures électroniques ont donné à la Russie la possibilité de fermer l'espace aérien syrien à qui elle veut. Elle est maître du jeu.
Nous verrons si elle accepte l'intervention d'avions américains, français ou anglais qui bombardent en dehors de tout cadre juridique international. Je pense qu'elle le fera car elle contrôle maintenant le ciel syrien.

samedi 28 novembre 2015

Syrie : Le grand retournement, la politique française depuis juin 2012 en Syrie s’est fracassée sur les réalités.



Samedi 28 novembre 2015

En début de semaine, la mainstream class nous vantait le marathon diplomatique de Hollande, suite au discours du Congrès où il avait annoncé la création d’une coalition unique contre Daech, avec standing ovation de nos parlementaires décervelés. A la fin de la semaine, Fabius annonce que la France est prêtre à coopérer avec l’armée nationale syrienne, sous les ordres donc de Bachar El-Assad. Un écroulement prévisible, mais spectaculaire et lourd de conséquences.
Petit retour en arrière ?...
La politique française a toujours été la nécessité de renverser le régime de Bachar El-Assad. 
En septembre 2013, Hollande entonnait la rhétorique de George W. Bush, voulant bombarder Damas : « La France est prête à punir ceux qui ont pris la décision infâme de gazer des innocents. Le massacre chimique de Damas ne peut rester sans réponse». L’ONU avait dit non, et Obama l’avait lâché.
Le 1er octobre 2015, le ministère des affaires étrangères avait manœuvré pour l’ouverture d’une enquête préliminaire par le parquet de Paris pour « crimes de guerre » contre le régime Assad, Fabius étant grandiose : « Face à ces crimes qui heurtent la conscience humaine, à cette bureaucratie de l’horreur, face à cette négation des valeurs d’humanité, il est de notre responsabilité d’agir contre l’impunité de ces assassins ». Le 25 aout, Hollande souhaitait la « neutralisation de Bachar El-Assad ». Le 27 septembre, Hollande affirmait à la tribune de l’ONU vouloir battre Daech, mais sans El-Assad.
Le 5 octobre, Hollande affirmait comme évidence que « Monsieur Poutine n’est pas notre allié ».
Des déclarations en nombre,… jusqu’à hier
Aujourd’hui, les « assassins »  sont appelés à la rescousse par Fabius, sur RTL :  « Il y a deux séries de mesures : les bombardements, et des forces au sol qui ne peuvent pas être les nôtres, mais qui peuvent être à la fois des forces de l’Armée syrienne libre, des forces arabes sunnites, et pourquoi pas des forces du régime, et des Kurdes également bien sûr ».
Le chef de la diplomatie syrienne, Walid Mouallem, a salué les déclarations de Fabius : « Mieux vaut tard que jamais. Si Fabius est sérieux concernant l’idée de travailler avec l’armée syrienne et avec les forces sur le terrain qui combattent Daech, alors nous saluons» cette position. Mais cela nécessiterait un changement fondamental dans leur manière de gérer la crise».
Libération, le plus guerrier de nos journaux, marque son écœurement : « C’est une magnifique victoire diplomatique pour Bachar al-Assad ».
Il faut dire que le marathon diplomatique de Hollande a été calamiteux. Seul  Cameron a bronché, mais il doit passer par un vote des Communes, et c’est loin d’être acquis. En fait, il cherche surtout à mettre en difficulté le nouveau leader travailliste, Jeremy Corbyn. Obama a fait une déclaration, mais rien de plus. Merkel s’est montrée sympathique mais elle ne veut pas entendre parler du mot de guerre, et elle a proposé l’envoi de 650 soldats… au Mali ! Renzi a fait comprendre que l’Italie ne ferait rien, et que la priorité était la Libye. Hollande s’est rendu ni en Turquie, ni en Irak, ni en Arabie-Saoudite. Il a fini sa tournée par une visite à Poutine, qui lui a rappelé vertement l’excitation française contre la Russie, avec les gels d’avoir, les mesures antiéconomiques, la surenchère au sein de l’OTAN, et un discours d’une incroyable hostilité… allant jusqu’à contester le principe de la visite de Sarkozy en Russie il y a trois semaines.
Ce que nous constatons, quel que soient nos points de vue, c’est que la politique française depuis juin 2012 en Syrie s’est fracassée sur les réalités. Et la suffisance de Fabius pour annoncer comme si rien n’était ce retournement de la France… sidérant ! On attend maintenant les nouvelles contorsions de ces girouettes pour expliquer ce revirement à l’Arabie-Saoudite, au Qatar et à Israël, à tous ceux - surtout ceux vivant là-bas - qui avaient cru à ce choix politique.
Gilles Devers
Source : Palestine Solidarité

mercredi 25 novembre 2015

Russie-Turquie



Carte fournie par le gouvernement turc - Via CNN-Turquie
La destruction d’un appareil russe, dont l’équipage semble avoir été tué, par des avions de chasse turcs constitue un incident extrêmement sérieux, dont les conséquences peuvent être incalculables. L’attitude du gouvernement turc apparaît ici comme profondément irresponsable et provocatrice. Le fait que le gouvernement turc ait demandé une réunion de l’OTAN, comme si il avait été la puissance agressée, est un autre sujet de préoccupation.
1 - La destruction d’un chasseur bombardier russe de type SU-24 à la frontière Syro-Turque est un incident d’une extrême gravité. Le gouvernement turc affirme que l’avion avait violé les frontières de la Turquie. Compte tenu de la configuration du terrain, il est effectivement possible que l’avion ait survolé une petite langue de territoire turc. Mais, ce survol, s’il a eu lieu, a été de très courte durée, au plus une dizaine de secondes. Or, le gouvernement turc prétend que ses avions de chasse avaient prévenu l’avion russe de sa soi-disant incursion depuis au moins 5 minutes avant d’ouvrir le feu (avec un missile). Ceci ne correspond pas à ce que l’on peut connaître de la situation locale. A la vitesse de croisière d’un SU-24 (environ 15 km/min), cela impliquerait que l’avion ait pénétré de 30 à 37 km à l’intérieur du territoire turc. Or, ceci est contredit par la carte radar publiée par les autorités turque à l’appui de leurs dires. Mais, il y a une autre explication possible. Cela implique implicitement, si cette information est vraie, que la Turquie entendait faire régner une « zone d’exclusion aérienne » au-dessus de la Syrie, et ceci sans mandat ni délégation des Nations-Unies. Les avions turcs auraient ainsi tiré depuis une position juridiquement illégale.
2. Le gouvernement russe prétend que l’avion n’a jamais pénétré l’espace aérien turc. Il se fait que l’appareil s’est écrasé en territoire syrien. Cela implique, au minimum, qu’il volait vers la Syrie au moment où il a été touché par un missile (sans doute un missile air-air tiré depuis un F-16 de l’aviation turque). On ne peut pas exclure, au vu de la zone où l’appareil s’est écrasé, qu’il ait été atteint alors qu’il volait au dessus du territoire syrien. Si cela est vrai, nous sommes devant une seconde illégalité commise par la Turquie.
3. L’aviation turque est connue pour violer, de manière régulière depuis des années l’espace aérien de la Grèce mais aussi de Chypre. On s’interroge donc sur la soudaine sensibilité de la Turquie à la défense de ses frontières, elle qui fait preuve de la plus grande insouciance quant il s’agit des frontières d’autrui. A l’illégalité de l’action vient alors s’ajouter l’impudence d’une puissance qui se considère, dans cette zone frontalière, en pays conquis.
4. Au delà de cette situation, l’attitude du gouvernement turc autour de la crise syrienne et de DAESH soulève de nombreux problèmes :
  1. Le gouvernement turc, sous prétexte d’intervenir contre les forces islamistes bombarde en réalité les combattants kurdes qui, eux, se battent bien contre DAESH. On a eu d’autres exemples de cette attitude hypocrite lors du siège de Kobané.
  2. Le gouvernement turc tolère, et c’est le moins que l’on puisse en dire, la contrebande de pétrole qui est l’une des sources de financement de DAESH. On sait aussi que si le gouvernement turc fermait ses frontières avec la Syrie, DAESH serait rapidement étouffé financièrement [. On sait, enfin, que les avions russes (et américains) s’attaquaient systématiquement à ce trafic en bombardant les colonnes de camions de DAESH qui transportent le pétrole jusqu’à la frontière turque.
  3. Des journalistes indépendants qui enquêtaient sur les collusions possibles entre l’appareil d’Etat turc et DAESH, et en particulier sur de possibles livraisons d’armes, ont été emprisonnés ou tués.
  4. Quant à la crise des réfugiés, que l’Europe connaît depuis l’été 2015, elle apparaît comme fortement liée à la volonté du gouvernement turc de faire pression sur l’Union européenne. Ce gouvernement avait d’ailleurs obtenu une forme de reconnaissance de l’importance de son action pour la gestion de cette crise.
5. Dans ces conditions, quand Vladimir Poutine parle d’un « coup de poignard dans le dos », il a entièrement raison. Ce coup de poignard ne vise pas que la Russie mais l’ensemble des forces internationales qui luttent contre DAESH. Mais, si la Turquie a pu se permettre de donner ce coup de poignard, c’est aussi parce qu’elle est un pays membre de l’OTAN et qu’elle sait que la Russie n’exercera pas de représailles militaires contre elle. Dès lors, il convient de s’interroger sur le jeu politique joué tant pas la Turquie que par les Etats-Unis, qui prétendent pourtant lutter contre DAESH. On attend, avec un intérêt, de voir quelle sera la réaction américaine à cet incident, et si les Etats-Unis exerceront alors les pressions qui s’imposent pour ramener le gouvernement d’Erdogan à de meilleures dispositions.
6. Pourtant, les relations économiques sont étroites entre la Russie et la Turquie, du gazoduc reliant la Russie à la Turquie via la Mer Noire, aux nombreuses entreprises turques qui travaillent en Russie, et en passant par les touristes russes, nombreux, qui vont passer leurs vacances en Turquie. Dès lors, on ne peut que s’interroger sur l’attitude du gouvernement turc. Estime-t-il que, protégé par l’OTAN mais aussi par ses liens économiques multiples avec la Russie, il peut tout se permettre ? Est-on en présence d’une lutte de clans au sein de la grande-bourgeoisie turque, et le clan qui soutient Erdogan règle-t-il ainsi ses comptes avec d’autres factions qui pourraient être liées au commerce avec la Russie ? Enfin Erdogan, dont la position politique reste fragile en dépit de sa victoire lors des récentes élections, a-t-il décidé de jouer sur la carte nationaliste en réveillant la vieille inimitié entre la Russie et la Turquie ?
7. Une leçon de ces événements s’impose. Plus que jamais, le gouvernement français doit prendre ses distances à la fois vis-à-vis de la Turquie mais aussi vis-à-vis de l’organisation militaire de l’OTAN, dont on voit aujourd’hui qu’elle pourrait être utilisée comme paravent par un gouvernement irresponsable.
Jacques Sapir

Avion russe abattu : Erdogan doit payer, et très cher. La Turquie par cette action, comme l’écrit Aymeric Chauprade dans un communiqué, « a clairement montré son soutien sans faille au terrorisme islamiste de Daech comme d’Al-Nosra ».


Erdogan après son forfait en appelle à l’Otan.

Ce mardi matin, un avion russe Sukhoi 24 a été abattu par un missile air-air tiré par un F16 turc. C’est la première fois depuis les années 1950 que les forces armées d’un pays de l’Otan abattent un avion russe (ou soviétique).
Ankara prétend que le Sukhoi aurait violé son espace aérien. Moscou affirme que l’avion survolait la Syrie.
La réalité est que la Turquie a unilatéralement déplacé sa frontière de 8 km à l’intérieur de la Syrie pour établir une zone tampon protégeant les rebelles syriens turkmènes formés et armés par l’armée turque. Cette zone tampon est née après qu’en 2012 un avion turc qui avait pénétré en Syrie a été descendu par un missile syrien de la défense aérienne.
Depuis, la Turquie considère que tout avion qui survole cette zone est un avion ennemi. Chaque fois qu’Ankara mentionne une violation de son espace aérien, il s’agit de cette zone.
De la part d’Erdogan, il s’agit de faire peur aux pilotes qui attaquent l’Etat islamique.
Vladimir Poutine vient de parler de coup de poignard dans le dos de la Russie « porté par les complices des terroristes».
Comme l’aviation russe s’en prend depuis plusieurs jours aux infrastructures pétrolières de l’EI, Erdogan n’est pas content. Poutine a souligné durant sa conférence de presse que «d’importantes quantités de pétrole sont écoulées par les insurgés syriens via la Turquie».
Erdogan en faisant abattre un avion russe signifie à l’Occident qu’il ne veut pas de la coalition qui tente laborieusement de naître.
Il a rêvé de détruire Bachar el-Assad en quelques semaines, c’est raté. La coalition dans laquelle entrerait Poutine et le régime de Damas et l’Iran sonnerait le glas de son espoir de devenir le nouveau calife d’un empire ottoman restauré.
Il fera tout – la preuve par le Sukhoi 24 – pour qu’elle ne voie pas le jour.
Ce mauvais allié qui a fermé durant des mois ses bases aériennes à l’aviation américaine qui secourait les Kurdes de Kobané, au nom de l’article 5 du Traité de Washington (fondateur de l’Organisation) veut que l’Otan vienne à son secours si Poutine ordonne des représailles militaires.
Si l’Otan accepte, Erdogan entraîne l’Europe dans un conflit avec la Russie.
Est-ce sur ordre de la Maison Blanche ?
Obama s’est dépêché de publier que les Etats-Unis n’étaient pour rien dans cette affaire, que l’avion avait été touché exactement sur la frontière (!). Plus d’un observateur voyait jusqu’à cette déclaration, dans la destruction de l’avion russe, l’incident que recherchent les Américains pour mettre les Russes en difficulté en Syrie.
Vladimir Poutine ne laissera pas impunie la mort des pilotes du Sukhoi. Cette attaque «aura des conséquences sérieuses», a-t-il dit.