mercredi 25 novembre 2015

Avion russe abattu : Erdogan doit payer, et très cher. La Turquie par cette action, comme l’écrit Aymeric Chauprade dans un communiqué, « a clairement montré son soutien sans faille au terrorisme islamiste de Daech comme d’Al-Nosra ».


Erdogan après son forfait en appelle à l’Otan.

Ce mardi matin, un avion russe Sukhoi 24 a été abattu par un missile air-air tiré par un F16 turc. C’est la première fois depuis les années 1950 que les forces armées d’un pays de l’Otan abattent un avion russe (ou soviétique).
Ankara prétend que le Sukhoi aurait violé son espace aérien. Moscou affirme que l’avion survolait la Syrie.
La réalité est que la Turquie a unilatéralement déplacé sa frontière de 8 km à l’intérieur de la Syrie pour établir une zone tampon protégeant les rebelles syriens turkmènes formés et armés par l’armée turque. Cette zone tampon est née après qu’en 2012 un avion turc qui avait pénétré en Syrie a été descendu par un missile syrien de la défense aérienne.
Depuis, la Turquie considère que tout avion qui survole cette zone est un avion ennemi. Chaque fois qu’Ankara mentionne une violation de son espace aérien, il s’agit de cette zone.
De la part d’Erdogan, il s’agit de faire peur aux pilotes qui attaquent l’Etat islamique.
Vladimir Poutine vient de parler de coup de poignard dans le dos de la Russie « porté par les complices des terroristes».
Comme l’aviation russe s’en prend depuis plusieurs jours aux infrastructures pétrolières de l’EI, Erdogan n’est pas content. Poutine a souligné durant sa conférence de presse que «d’importantes quantités de pétrole sont écoulées par les insurgés syriens via la Turquie».
Erdogan en faisant abattre un avion russe signifie à l’Occident qu’il ne veut pas de la coalition qui tente laborieusement de naître.
Il a rêvé de détruire Bachar el-Assad en quelques semaines, c’est raté. La coalition dans laquelle entrerait Poutine et le régime de Damas et l’Iran sonnerait le glas de son espoir de devenir le nouveau calife d’un empire ottoman restauré.
Il fera tout – la preuve par le Sukhoi 24 – pour qu’elle ne voie pas le jour.
Ce mauvais allié qui a fermé durant des mois ses bases aériennes à l’aviation américaine qui secourait les Kurdes de Kobané, au nom de l’article 5 du Traité de Washington (fondateur de l’Organisation) veut que l’Otan vienne à son secours si Poutine ordonne des représailles militaires.
Si l’Otan accepte, Erdogan entraîne l’Europe dans un conflit avec la Russie.
Est-ce sur ordre de la Maison Blanche ?
Obama s’est dépêché de publier que les Etats-Unis n’étaient pour rien dans cette affaire, que l’avion avait été touché exactement sur la frontière (!). Plus d’un observateur voyait jusqu’à cette déclaration, dans la destruction de l’avion russe, l’incident que recherchent les Américains pour mettre les Russes en difficulté en Syrie.
Vladimir Poutine ne laissera pas impunie la mort des pilotes du Sukhoi. Cette attaque «aura des conséquences sérieuses», a-t-il dit.

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