jeudi 29 août 2013

SYRIE : la fleur au fusil….


Aucune justification n'existe en droit international pour "punir un Etat souverain" en dehors d'une décision du Conseil de Sécurité, ce serait tout simplement un acte de guerre dont les commanditaires seraient passibles de la Cour pénale internationale ( CPI ) pour crime de guerre !
Selon les propres termes du Président de la République "la France est prête à punir" la Syrie et utiliser la force militaire avec ses alliés américains et anglais en raison de l'utilisation par Damas de gaz toxiques.
L'utilisation de gaz toxiques suscite légitimement l'opprobre international et n'est pas acceptable.
Mais en l'occurrence sait-on avec certitude qui a fait usage de ces armes ignobles ? Non ! Tout au plus, on nous dit : on a les preuves, eh bien montrez les ! Chat échaudé craint l'eau froide car l'affaire d'Irak demeure dans tous les esprits !
Mais au-delà de ce crime inqualifiable les gouvernements occidentaux - dont la France - s'apprêtent à en commettre encore de plus grands :
-         En premier lieu aucune justification n'existe en droit international pour "punir un Etat souverain " en dehors d'une décision du Conseil de Sécurité, ce serait tout simplement un acte de guerre dont les commanditaires seraient passibles de la Cour pénale internationale ( CPI ) pour crime de guerre ! Ce serait pour la France ruiner le système onusien qu'elle a toujours défendu pour faire naître un peu d'ordre dans la communauté internationale ! La France se rangerait alors du côté de la jungle et du droit du plus fort ! Bravo Monsieur Hollande !
-         En deuxième lieu ce langage "punir ceux qui ont perpétré ce crime" rappelle singulièrement celui du président Bush et des "néocons". Cela est proprement stupéfiant dans la bouche d'un président français qui s'aligne sans vergogne sur Washington et ses théories les plus inadmissibles !
-         En troisième lieu, les frappes aériennes seront sans effet sur le plan militaire, mais en revanche elles vont accélérer l'explosion des tensions politiques, religieuses et ethniques qui existent dans ce Proche-Orient, véritable poudrière ! Pour venger trois cents civils lâchement gazés on s'apprête à provoquer la mort probable de dizaines de milliers de personnes, de déstabiliser tous les Etats de la zone dans un chaos généralisé.
A l'évidence l'affaire irakienne n'a pas servi de leçons à ces apprentis sorciers, la France doit se tenir à l'écart de cette politique dont personne ne peut mesurer les conséquences dramatiques qu'elle va engendrer !
*Jacques MYARD, Député de la Nation, Maire de Maisons-Laffitte, Président du Cercle Nation et République
28 août 2013
Source : Afrique Asie

SYRIE: Un autre crime de guerre occidental en préparation…..L’image de l’Occident en tant que criminel de guerre n’est pas une image de propagande créée par les ennemis de l’Occident, mais le portrait que l’Occident a peint de lui-même.

…..la course à la guerre est d’empêcher l’inspection de l’ONU dont Washington sait qu’elle pourrait réfuter ses allégations et éventuellement l’impliquer dans l’attaque sous faux drapeau effectuée par les «rebelles», qui ont réuni un grand nombre d’enfants dans un endroit pour y être assassinés chimiquement pour ensuite en coller la responsabilité au gouvernement syrien.
Les criminels de guerre de Washington et d’autres capitales occidentales sont déterminés à maintenir leur mensonge selon lequel le gouvernement syrien a utilisé des armes chimiques. Ayant échoué dans les efforts visant à intimider les inspecteurs d’armes chimiques de l’ONU en Syrie, Washington a exigé que le secrétaire général de l’ONU Ban Ki-moon retire ces inspecteurs avant qu’ils puissent évaluer la preuve et faire leur rapport. Le Secrétaire général de l’ONU s’est élevé contre les criminels de guerre de Washington et a rejeté leur demande. Cependant, comme avec l’Irak, la décision de Washington de commettre une agression contre la Syrie ne se fonde pas sur des faits.http://rt.com/op-edge/syria-un-war-investigation-006/
Les gouvernements américain et britannique n’ont révélé aucune des «preuves concluantes» qu’ils prétendent avoir démontrant que le gouvernement syrien a utilisé des armes chimiques. En écoutant leurs voix, en observant leur langage corporel, et en les regardant dans les yeux, il est tout à fait évident que John Kerry et ses marionnettes britanniques et allemandes mentent de manière éhontée. C’est une situation bien plus honteuse que les énormes mensonges que l’ancien Secrétaire d’Etat Colin Powell a commis à l’ONU sur les armes irakiennes de destruction massive. Colin Powell affirme qu’il a été trompé par la Maison Blanche et ne savait pas qu’il mentait. Kerry et les marionnettes britanniques, françaises et allemandes savent très bien qu’ils mentent.
Le visage que l’Occident présente au monde est celui d’un menteur impudent. 
Washington et ses gouvernements fantoches britanniques et français sont prêts à encore une fois révéler leur criminalité. L’image de l’Occident en tant que criminel de guerre n’est pas une image de propagande créée par les ennemis de l’Occident, mais le portrait que l’Occident a peint de lui-même.
Le journal britannique The Independant a rapporté qu’au cours du dernier week-end, Obama, Cameron et Hollande ont convenu de lancer des attaques de missiles de croisière contre le gouvernement syrien dans les deux semaines à venir, malgré l’absence de toute autorisation de l’ONU et malgré l’absence de tout élément de preuve en faveur des allégations de Washington selon lesquelles le gouvernement syrien a utilisé des armes chimiques contre « ses rebelles » largement soutenus par les forces extérieures américaines, cherchant à renverser le gouvernement syrien.
En effet, une des raisons de la course à la guerre est d’empêcher l’inspection de l’ONU dont Washington sait qu’elle pourrait réfuter ses allégations et éventuellement l’impliquer dans l’attaque sous faux drapeau effectuée par les «rebelles», qui ont réuni un grand nombre d’enfants dans un endroit pour y être assassinés chimiquement pour ensuite en coller la responsabilité au gouvernement syrien.
Une autre raison de la course à la guerre, c’est que Cameron, le Premier ministre britannique, veut précipiter la guerre avant que le Parlement britannique ne puisse le bloquer et l’empêcher de fournir une couverture pour les crimes de guerre d’Obama, de la même manière que Tony Blair avait assuré la couverture de George W. Bush, ce dont il a été dûment récompensé. Qu’est-ce qu’il en a à faire, Cameron, de la vie des syriens quand il peut quitter ses fonctions avec une fortune de 50 millions $ qui l’attendent à bras ouverts ?
Le gouvernement syrien, sachant qu’il n’est pas responsable de l’incident des armes chimiques, a accepté que l’ONU envoie des inspecteurs d’armes chimiques pour déterminer la substance et le vecteur utilisés. Cependant, Washington a déclaré qu’il était «trop tard» pour les inspecteurs de l’ONU et accepte la déclaration intéressée des “rebelles” affiliés à Al-Qaïda accusant le gouvernement syrien d’avoir attaqué des civils avec des produits chimiques.
Dans une tentative pour empêcher les inspecteurs de produits chimiques des Nations Unies qui sont arrivés sur place de faire leur travail, ces derniers ont essuyé des tirs de snipers sur le territoire détenu par les  ”rebelles” et ont été forcés de quitter le site ; mais un rapport ultérieur de RT affirme qu’ils sont retournés sur le site pour effectuer leur inspection. 
 Le gouvernement britannique corrompu a déclaré que la Syrie peut être attaquée sans autorisation de l’ONU, tout comme la Serbie et la Libye ont été attaqués militairement sans autorisation de l’ONU. En d’autres termes, les démocraties occidentales ont déjà établi des précédents pour violer le droit international. « Le droit international? Nous n’avons pas besoin de droit international puant » L’Occident ne connaît qu’une seule règle: la Force prime le Droit. Tant que l’Occident a la Force, l’Occident a le Droit.
Dans une réponse à l’information que les États-Unis, le Royaume-Uni et la France se préparent à attaquer la Syrie, le ministre russe des Affaires étrangères, M. Lavrov, a déclaré qu’une telle action unilatérale est une «violation grave du droit international», et que la violation n’était pas seulement d’ordre juridique, mais aussi une violation de l’éthique et de morale. Lavrov a évoqué les mensonges et la tromperie utilisés par l’Occident pour justifier ses violations graves du droit international dans les attaques militaires contre la Serbie, l’Irak et la Libye et la façon dont le gouvernement américain a utilisé d’actions préventives pour saper tout espoir pour un règlement pacifique en Irak, en Libye et en Syrie.
Une fois de plus, Washington a anticipé pour saper tout espoir de règlement pacifique. En annonçant la prochaine attaque, les Etats-Unis ont détruit toute incitation pour les «rebelles» à participer aux pourparlers de paix avec le gouvernement syrien. Au moment où ces pourparlers allaient avoir lieu, les «rebelles» n’ont désormais plus aucune incitation à y participer, puisque les militaires de l’Occident viennent à leur secours.
Dans sa conférence de presse, M. Lavrov a parlé de la façon dont les partis au pouvoir aux Etats-Unis, au Royaume-Uni, en France attisent les émotions chez les gens mal informés qui, une fois chauffés, trouveraient satisfaction dans la guerre. Ceci, bien sûr, est le moyen par lequel les Etats-Unis ont manipulé le public pour attaquer l’Afghanistan et l’Irak. Mais le public américain est fatigué de la guerre, dont le but n’est jamais établi clairement, et sa suspicion augmente de jour en jour au sujet des justifications du gouvernement pour encore plus de guerres.
Un sondage Reuters / Ipsos révèle que « les Américains s’opposent fermement à l’intervention américaine dans la guerre civile en Syrie et croient que Washington devrait rester en dehors du conflit, même si les rapports selon lesquels le gouvernement de la Syrie a utilisé des produits chimiques mortels pour attaquer les civils sont confirmés ». Pourtant Obama se moque que seulement 9 pour cent de la population soutienne son bellicisme. Comme l’a récemment déclaré l’ancien président Jimmy Carter : « L’Amérique n’a pas de démocratie qui fonctionne ». Il y a un Etat policier dans lequel le pouvoir exécutif s’est placé lui-même au-dessus de toutes les lois et au-dessus de la Constitution.
Cet état policier va maintenant commettre encore un autre crime de guerre d’agression non provoquée de style nazi. A Nuremberg, les nazis ont été condamnés à mort précisément pour les actions identiques à celles commises par Obama, Cameron et Hollande. L’Occident mise sur la force, non sur le droit, pour se garder hors du box des criminels.
Les gouvernements américain, britannique français n’ont pas expliqué pourquoi il vaut mieux que les gens, dans les guerres initiées par l’Occident, soient tués par des explosifs en uranium appauvri plutôt qu’avec des agents chimiques ou de toute autre arme. Il était évident dès le début que Obama était en train de préparer l’attaque contre le gouvernement syrien. Obama a diabolisé les armes chimiques mais pas les “anti-bunkers” nucléaire que les Etats-Unis pourraient utiliser contre l’Iran. Ensuite, Obama a tracé une ligne rouge, en disant que l’utilisation d’armes chimiques par les Syriens était un si grand crime que l’Occident serait obligé d’attaquer la Syrie. Les marionnettes britanniques de Washington, William Hague et Cameron, ont juste répété cette affirmation absurde. La dernière étape dans la machination était d’orchestrer un incident chimique et d’en accuser le gouvernement syrien.
Quel est le véritable agenda de l’Occident? 
Telle est la question non posée et sans réponse. De toute évidence, les gouvernements américains, britanniques et français, qui ont affiché en permanence leur soutien à des régimes dictatoriaux qui répondent à leurs attentes, ne sont pas le moins du monde perturbés par les dictatures. Ils désignent Assad comme dictateur pour le diaboliser aux yeux des masses occidentales mal informés. Mais Washington, le Royaume-Uni, et la France soutiennent un certain nombre de régimes dictatoriaux, comme ceux de Bahreïn, de l’Arabie Saoudite, et maintenant la dictature militaire en Egypte qui tue impitoyablement des Egyptiens sans qu’aucun gouvernement occidental ne parle d’envahir l’Égypte parce qu’il «tue son propre peuple ».
Il est clair aussi, que la prochaine attaque occidentale sur la Syrie n’a rien à voir avec la volonté d’apporter «la liberté et la démocratie» en Syrie, pas plus que la liberté et la démocratie n’étaient les raisons des attaques contre l’Irak et la Libye, dont aucun n’a gagné la “liberté et la démocratie.”
L’attaque occidentale sur la Syrie n’est pas liée aux droits de l’homme, la justice ou l’une des causes ronflants dont l’Occident couvre sa criminalité.
Les médias occidentaux, et encore moins les presstitués américains, ne demandent jamais à Obama, Cameron, ou Hollande quel est le vrai agenda. Il est difficile de croire qu’il y ait un seul journaliste qui soit suffisamment stupide ou naïf pour croire que l’agenda est d’apporter «la liberté et la démocratie” à la Syrie ou de punir Assad pour avoir utilisé des armes chimiques contre des voyous meurtriers qui tentent de renverser le gouvernement syrien.
Bien sûr, la question n’aurait pas de réponse si elle était posée. Mais le fait de poser la question contribuerait à rendre le public conscient que les choses sont tout autres. A l’origine, le prétexte de Washington pour les guerres était d’assurer la sécurité des Américains contre les terroristes. Maintenant, Washington s’efforce de livrer la Syrie à des terroristes djihadistes en les aidant à renverser le gouvernement laïc et non-terroriste d’Assad. Quel est l’agenda derrière le soutien de Washington au terrorisme?
Peut-être que le but des guerres est de radicaliser les musulmans et, ainsi, déstabiliser la Russie et même la Chine. La Russie a une importante population musulmane et est bordé par les pays musulmans. Même la Chine a une certaine population musulmane. Comme la radicalisation se propage en conflits dans les deux seuls pays capables d’être un obstacle à l’hégémonie mondiale américaine, la propagande des médias occidentaux et le grand nombre d’ONG financées par les États-Unis, se présentant comme des organisations de «droits de l’Homme», peuvent être utilisés par Washington pour diaboliser les gouvernements russe et chinois pour les mesures sévères que ceux-ci prennent contre les «rebelles».
Un autre avantage de la radicalisation des musulmans est qu’elle laisse les anciens pays musulmans dans la tourmente ou des guerres civiles pour une longue durée, comme c’est actuellement le cas en Irak et en Libye, éliminant ainsi toute capacité à faire obstruction à Israël par un état organisé.
Le Secrétaire d’Etat John Kerry est en train de travailler au  téléphone utilisant les pots de vin et les menaces pour faire accepter, sinon appuyer, le crime-de-guerre-en-préparation de Washington contre la Syrie.
Washington est en train de conduire le monde plus près que jamais de la guerre nucléaire, même plus que dans les périodes les plus dangereuses de la guerre froide. Quand Washington en terminera avec la Syrie, la prochaine cible sera l’Iran. La Russie et la Chine ne seront plus en mesure de se leurrer eux-mêmes sur l’existence  d’un quelconque système de droit international ou de contrainte qui puisse agir sur la criminalité de l’Occident. L’agression occidentale contraint déjà les deux pays à développer leurs forces nucléaires stratégiques et à circonscrire les ONG financées par l’Occident qui se présentent comme des «organisations des droits de l’homme», mais en réalité constituent une cinquième colonne que Washington peut utiliser pour détruire la légitimité de leurs gouvernements.
La Russie et la Chine ont été extrêmement imprudentes dans leurs relations avec les Etats-Unis. Essentiellement, l’opposition politique russe est financée par Washington. Même le gouvernement chinois est miné. Quand une société américaine ouvre une entreprise en Chine, il crée un conseil d’administration chinois dans lequel sont placés des proches des autorités politiques locales. Ces conseils créent un circuit pour les paiements qui influencent les décisions et la loyauté des membres du parti local et régional. Les États-Unis ont pénétré les universités chinoises et les milieux intellectuels. L’Université Rockefeller est active en Chine dans le cadre philanthropique des Rockefeller. Les voix dissidentes sont créées et sont déployées contre le gouvernement chinois. Les demandes de «libéralisation» peuvent ressusciter des différences régionales et ethniques et saper la cohésion du gouvernement national.
Quand la Russie et la Chine se rendront compte qu’ils sont la proie de cinquièmes colonnes américaines, qu’elles sont isolées diplomatiquement et militairement inférieures en armes,  les armes nucléaires deviendront le seul garant de leur souveraineté. Cela donne à penser que la guerre nucléaire est susceptible de mettre fin à l’humanité bien avant que les hommes ne succombent au réchauffement climatique ou à la hausse des dettes nationales.
Mondialisation.ca, 28 août 2013

Foreign Policy révèle l’hypocrisie des Américains face aux armes chimiques….. Les dirigeants des pays occidentaux restent sourds aux mises en garde de l’Iran et de la Russie, et d’autres pays, sur les risques d’un embrasement généralisé dans la région en cas d’intervention armée occidentale en Syrie.


La nouvelle révélée par Foreign Policy, à partir de documents déclassifiés et témoignages de hauts gradés américains, n’a pas manqué de produire son effet.
Selon ce magazine en ligne américain spécialisé dans les affaires étrangères et l’économie, « en 1988, alors que la guerre entre l’Iran et l’Irak touche à sa fin, les États-Unis apprennent, grâce à des images satellites, que l’Iran est sur le point d’obtenir un avantage stratégique potentiellement décisif en exploitant une faille dans les défenses irakiennes. Les services de renseignement américains font connaître aux Irakiens la localisation des troupes iraniennes en sachant pertinemment que l’armée de Saddam Hussein va les attaquer avec des armes chimiques, dont du sarin, un gaz neurotoxique létal ».
Le magazine fait un parallèle avec le contexte de la guerre en Syrie et poursuit : « Ainsi, alors que le débat fait aujourd’hui rage autour de la question d’une éventuelle intervention des États-Unis pour mettre un terme à des attaques chimiques qui auraient été effectuées par le gouvernement syrien, il y a trente ans, les États-Unis se montraient donc bien plus froidement pragmatiques face à l’utilisation massive des armes chimiques par Saddam Hussein, tant à l’égard de ses ennemis que de ses propres citoyens. » Cette révélation qui démontre encore une fois l’hypocrisie du régime américain intervient alors que se précise une frappe occidentale contre la Syrie. « Nous sommes prêts à y aller si Obama le décide », a affirmé le secrétaire à la Défense américain, Chuck Hagel.
Les Syriens ont prévenu que leur pays ne se laisserait pas faire face à une attaque occidentale. Mais il semble que les Occidentaux ont oublié ce qu’ont été pour eux les bourbiers des guerres coloniales et des interventions en Afghanistan et en Irak. En tout cas, ils n’en ont tiré aucune leçon. De la même façon, les dirigeants des pays occidentaux restent sourds aux mises en garde de l’Iran et de la Russie, et d’autres pays, sur les risques d’un embrasement généralisé dans la région en cas d’intervention armée occidentale en Syrie. 
Kamel Moulfi

Pétition contre l’intervention militaire de la France en Syrie


Pourquoi c’est important :
La situation syrienne est hautement préoccupante. Le conflit qui se tient en Syrie entre le gouvernement de Bachar El-Assad, soutenu par la Russie et la Chine , et de "l’armée syrienne libre" , soutenu par l’Union européenne et les États-Unis, pourrait dégénérer en un conflit mondial.
Les récentes attaques chimiques attribuées au régime de El-Assad soulèvent un grand nombre de questions jetant un doute sur la version officielle des événements telle que relatée dans la très grande majorité des médias occidentaux.
Ce doute est amplifié par les guerres plus ou moins récentes menées par les États-Unis, qui ont toutes étés initiées sur des prétextes qui se sont avérés mensongers :
La Guerre du Viêt Nam a été rendue possible grâce aux incidents du golfe du Tonkin.
La Guerre du Golfe a été rendu possible grâce à l’affaire des couveuses au Koweït... seulement voilà, les témoignages s’avéreront être mensonger et ont servi à favoriser l’entrée en guerre des occidentaux.
La Guerre en Irak a été rendu possible grâce aux armes de destruction massive... seulement voilà, elles ne furent jamais trouvées car il s’agissait d’un montage grossier pour envahir ce pays.
La France, patrie des droits de l’homme, se doit de montrer l’exemple au monde occidental en refusant d’entrer dans une guerre qui pourrait s`avérer catastrophique pour l ensemble de l’Humanité.
Faisons pression auprès du président Hollande pour ne pas s’engager dans cette voix destructrice.
En Février 2003, la France a refuse, avec raison, de se joindre à la seconde guerre en Irak. De nombreuses vies françaises ont été épargnées, et la France a évité de se mouiller dans un conflit sanglant dont l histoire a révélé qu ’il était bâti sur un mensonge.

mercredi 28 août 2013

Syrie : Obama sait-il au moins qu’il se place dans le même camp qu’Al-Qaïda ?... En Irak, nous sommes partis en guerre sur la base de mensonges propagés par des faussaires et des escrocs. Maintenant, c’est la guerre par l’intermédiaire de You Tube qui prévaut.

Si Barack Obama décide d’attaquer le régime syrien, il aura assuré - pour la première fois dans l’histoire - que les États-Unis sont du même côté que Al-Qaïda.
Parlez d’une alliance ! N’étaient-ce pas les trois mousquetaires qui criaient « Tous pour un et un pour tous » chaque fois qu’ils se lançaient dans la bagarre ? Cela devrait vraiment être le nouveau cri de guerre si - ou quand - les hommes d’État du monde occidental se jetteront dans la guerre contre Bachar al-Assad.
Les hommes qui ont détruit des milliers de vies le 11/9 vont donc se battre aux côtés de la nation dont ils ont si cruellement assassiné tant d’innocents il y a bientôt 12 ans. Tout un exploit pour Obama, Cameron, Hollande et les autres chefs de guerre en miniature !
Ceci, bien sûr, ne sera pas claironné par le Pentagone ou la Maison Blanche, ni, je suppose, par Al-Qaïda, puisque tous les deux s’activent à abattre Bachar. Non plus par le front al-Nusra, un des groupes en Syrie affiliés à Al-Qaïda. Mais cela fait surgir quelques possibilités intéressantes.
Peut-être que les Américains devraient demander à Al-Qaïda l’aide de ses services du renseignement - après tout, c’est le groupe avec des « bottes sur le terrain », quelque chose dont les Américains ne disposent pas. Et peut-être Al-Qaïda pourra-t-il offrir des services ciblés d’information au pays qui prétend généralement que les partisans d’Al-Qaïda, plutôt que les Syriens, sont les hommes les plus recherchés dans le monde.
Il y aura quelques ironies, bien sûr. Alors que les drones américains tuent les militants d’Al-Qaïda au Yémen et au Pakistan - avec bien sûr le nombre habituel de civils - ils vont leur fournir, avec l’aide de Messieurs Cameron, Hollande et les quelques autres petits généraux-politiciens, une assistance matérielle en Syrie en frappant les ennemis d’Al-Qaïda. En effet, vous pouvez parier votre dernier dollar que les cibles des Américains en Syrie ne seront ni Al-Qaïda ni le front al-Nusra.
Et notre premier ministre [Cameron] va applaudir tout ce que feront les Américains, s’alliant ainsi lui-même avec Al-Qaïda, dont les attentats de Londres sont peut-être sortis de son esprit. Sans doute - car il n’y a plus aucune mémoire dans les gouvernements modernes - Cameron a-t-il oublié combien les discours tenus par Obama et lui-même et ceux prononcés par Bush et Blair il y a dix ans, étaient tout aussi creux, dits avec une telle confiance en soi mais sans jamais de preuves pour les étayer.
En Irak, nous sommes partis en guerre sur la base de mensonges propagés par des faussaires et des escrocs. Maintenant, c’est la guerre par l’intermédiaire de You Tube qui prévaut. Cela ne signifie pas que les images terribles de civils syriens gazés et morts sont fausses. Cela veut dire que toute preuve du contraire va être supprimée. Par exemple, personne ne va s’intéresser à des rumeurs persistantes à Beyrouth où il est question de trois militants du Hezbollah - qui combattent aux côtés des troupes gouvernementales à Damas - qui ont apparemment été frappés par le même gaz, le même jour, parait-il dans des tunnels. Ils seraient actuellement soignés dans un hôpital de Beyrouth. Donc, si les forces gouvernementales syriennes ont utilisé des gaz, comment se fait-il que les combattants du Hezbollah auraient été frappés aussi ? Un effet de bord ?
Et pendant que nous parlons de la mémoire des gouvernements, que lèvent la main les mini-hommes d’État qui se souviennent de ce qui s’est passé la dernière fois que les Américains s’en sont pris à l’armée du gouvernement syrien. Je parie qu’ils ne peuvent pas s’en rappeler. Eh bien, c’est ce qui est arrivé au Liban lorsque l’US Air Force a décidé de bombarder des batteries de missiles syriens dans la vallée de la Bekaa, le 4 décembre 1983. Je m’en souviens très bien parce que j’étais ici au Liban. Un bombardier américain A-6 a été touché par un missile syrien Strela  - de fabrication russe, naturellement - et s’est écrasé dans la Bekaa. Son pilote, Mark Lange, a été tué, tandis que son co-pilote, Robert Goodman, était fait prisonnier et envoyé en prison à Damas. Un mois plus tard, Jesse Jackson a dû se rendre en Syrie pour le faire rentrer, le tout au milieu de nombreux clichés du genre « mettre fin au cycle de la violence ». Un autre avion américain - cette fois-ci un A-7 - a également été touché par des tirs syriens, mais le pilote a réussi à s’éjecter au-dessus de la Méditerranée où il a été ensuite tiré de l’eau par un bateau de pêche libanais. Son avion avait été également détruit.
Bien sûr, on nous dit que ce sera une attaque sur la Syrie de courte durée, en dedans et en dehors, une affaire de quelques jours. C’est ce que Obama aime à penser. Mais pensez à l’Iran. Pensez au Hezbollah. Si Obama décide de foncer, je soupçonne qu’il n’a pas fini de courir.

Syrie, sarin et sérieux : Désolé, messieurs les journaleux, mais ce que vous proposez, ce n’est pas de l’information, mais de la propagande.

NON À L’INGERENCE ! (qui n’est qu’un prétexte à la colonisation ou au pillage de ressources)
Alors que les États-Unis, la France et la Grande-Bretagne sont dans les starting-blocks pour aller exterminer le régime syrien, avant même toute autorisation de l’ONU, il serait bon d’aller s’informer ailleurs que chez nos médias qui nous conditionnent à la haine envers ceux qu’ils ont choisi de diaboliser.
Désolé, messieurs les journaleux, mais ce que vous proposez, ce n’est pas de l’information, mais de la propagande.
Des experts de l’ONU sont en train d’enquêter sur place pour voir s’il y a bien eu utilisation de gaz sarin. Mon dieu, que cet acte est utile ! Bien sur que oui, il y a eu utilisation d’armes chimiques et de gaz sarin. Mais les grands experts de l’ONU vont-ils nous dire QUI les a utilisées ? Parce que la vraie question, elle est là !
Et les actualités sur le terrain syrien s’entrecroisent tellement que le scénario, monté de toute pièce par ceux-là même qui condamnent, crève les yeux, et ne peut que se retourner contre eux, au regard de toute personne un tant soit peu sensée (mais aussi, hélas, informée, et c’est sur ce terrain là que les mediamensonges ont toujours gagné jusqu’à présent).
Donc, chronologie
- les nations occidentales ont affirmé, il y a quelques mois, qu’elles n’interviendraient en Syrie que si Bachar El Assad utilisait des armes chimiques contre son peuple.
- Le même Bachar El Assad a affirmé à son tour qu’il n’aurait jamais recours à ça ; sauf en cas d’intervention étrangère.
Actualité
- Le Figaro affirme que, « le 17 août, un groupe de 300 rebelles syriens a franchi la frontière jordano-syrienne dans la région de Deraa, épaulé par des commandos israéliens et jordaniens, mais aussi par des hommes de la CIA. Il s’agirait du premier contingent de combattants de l’Armée Syrienne Libre (ASL) formé à la guérilla pendant plusieurs mois par des Américains dans un camp d’entraînement en Jordanie. Un second contingent aurait également franchi la frontière le 19 août », poursuit le quotidien.
- « Ce serait cette pression militaire qui pourrait expliquer le recours aux armes chimiques par le président syrien, avance le quotidien. En juillet dernier, le porte-parole de Bachar al-Assad avait publiquement affirmé que le régime n’utiliserait pas ce type d’armes "sauf en cas d’agression extérieure". L’intrusion d’agents étrangers dans le sud du pays, par exemple… », note Le Figaro.
- L’opposition syrienne a accusé mercredi le régime de Bachar al-Assad d’avoir tué plus de 1.300 personnes à l’aide d’armes chimiques près de Damas.
Bravo, le scénario est bien rôdé : on fait entrer de l’étranger des « commandos de la mort », et de plus entrainés par la CIA (ho les vilains !).
Et comme promis Bachar utilise les armes chimiques.
Et donc comme promis l’occident peut aller l’exterminer.
Sauf que, outre le fait que Bachar n’est pas assez stupide pour balancer du gaz sarin, alors que les forces et les experts de l’ONU sont déjà sur place à n’attendre que ça, nos journalistes véreux ont oublié de lire ailleurs, d’autres sources, déjà plus anciennes, et émanant de personnes plus que crédibles.
Lire autre chose
- Les rebelles syriens ont utilisé du gaz sarin, selon Carla Del Ponte (Le Monde.fr avec Reuters | 06.05.2013)
« Des enquêteurs des Nations Unies ont réuni des témoignages selon lesquels des insurgés syriens se sont servis de gaz sarin, un agent neurotoxique interdit par le droit international », a déclaré dimanche 5 mai la magistrate suisse Carla Del Ponte. Interrogée par la télévision helvète, la membre de la commission d’enquête indépendante de l’ONU sur les violences en Syrie a précisé que les investigations menées jusque-là ne permettaient pas de conclure que les forces gouvernementales syriennes avaient elles aussi employé des armes chimiques.
 « Selon les témoignages que nous avons recueillis, les rebelles ont utilisé des armes chimiques, faisant usage de gaz sarin », a déclaré Mme Del Ponte, qui est également l’ancienne procureure du Tribunal pénal international pour l’ex-Yougoslavie. « Nos enquêtes devront encore être approfondies, vérifiées et confirmées à travers de nouveaux témoignages, mais selon ce que nous avons pu établir jusqu’à présent, pour le moment ce sont les opposants au régime qui ont utilisé le gaz sarin », a-t-elle ajouté. La magistrate n’a pas donné de détails sur les circonstances dans lesquelles le neurotoxique aurait été employé et a expliqué que les recherches de la commission d’enquête de l’ONU, qui doit présenter ses observations aux prochaines sessions du Conseil des droits de l’homme de l’ONU en juin, étaient loin d’être terminées.
- La police turque a trouvé du gaz sarin chez les terroristes d’Al Nosra. (1 juin 2013 / Zaman Gündem)
Hier matin, à l’aube, la Direction générale de la Sécurité (Emniyet Genel Müdürlügü) a mené une opération à Adana, dans la Sud de la Turquie, contre des cellules de l’organisation terroriste Jabhat Al Nosra, fer de lance de l’insurrection en Syrie.
Après avoir saisi plusieurs plans d’attentats, les unités antiterroristes de la police turque ont mené des perquisitions à douze adresses différentes et procédé à des contrôles routiers à divers points d’accès vers la ville.
La police turque a découvert 2 kg de gaz sarin.
Au cours de leur interrogatoire, les terroristes auraient avoué vouloir acheminer le gaz sarin vers les zones de combat en Syrie.
La police enquête actuellement sur les pistes qui ont permis aux terroristes de se procurer cette arme chimique.
Mais comment peut-on se laisser berner aussi souvent, par les mêmes ?
Allez donc taper dans google : Nicaragua, Salvador, Chili, Vietnam, Iran, Koweit, Irak, Afghanistan, Lybie, etc, etc …
Et tout ça sans parler de l’Afrique, dont je cause ailleurs (Dossier L’Afrique spoliée)...
NON À L’INGERENCE ! (qui n’est qu’un prétexte à la colonisation ou au pillage de ressources)

mardi 27 août 2013

Les Occidentaux sont-ils prêts à bombarder la Syrie ? …. Dimanche 25 août, la Maison-Blanche a diffusé un communiqué dans lequel un haut-fonctionnaire anonyme explique qu’il y a « très peu de doutes » de l’usage par la Syrie d’armes chimiques contre son opposition.

Certaines des vidéos montrant les victimes des attaques chimiques ont circulé sur Internet quelques heures avant les attaques…. l’affaire des armes chimiques en Irak a montré que les Occidentaux pouvaient mentir à la communauté internationale et le reconnaître sans conséquence une fois leur forfait accompli.

Faisant mine de croire à une attaque chimique du gouvernement syrien contre son propre peuple, Washington, Londres et Paris battent les tambours de la guerre. Faut-il prendre ces menaces au sérieux de la part d’États qui annoncent comme imminente, depuis plus de deux ans, la chute de la Syrie ? Bien qu’il ne faille pas exclure cette option, Thierry Meyssan pense qu’elle est moins probable qu’une intervention organisée par l’Arabie saoudite. Cette agitation aurait plutôt comme objectif de tester les réponses de la Russie et de l’Iran.
Quelle mouche a donc piqué le Prix Nobel de la Paix Barack Obama ? Dimanche 25 août, la Maison-Blanche a diffusé un communiqué dans lequel un haut-fonctionnaire anonyme explique qu’il y a « très peu de doutes » de l’usage par la Syrie d’armes chimiques contre son opposition. Le communiqué ajoute que l’accord de la Syrie pour laisser pénétrer les inspecteurs de l’Onu dans la zone concernée vient « trop tard pour être crédible ».
Si l’usage d’armes chimiques dans la banlieue de Damas, le mercredi 21 août 2013 est fort probable, le Conseil de sécurité des Nations-Unies n’a pas conclu qu’il était le fait du gouvernement syrien. Réuni en urgence à la demande des Occidentaux, les ambassadeurs ont eu la surprise de voir leur collègue russe leur présenter des photos satellites montrant le tir de deux obus, à 01h35 du matin, depuis la zone rebelle de Douma dans les zones rebelles affectées par les gaz (à Jobar et entre Arbin et Zamalka) à des heures coïncidant avec les troubles relatés. Les photos ne permettent pas de savoir s’il s’agit d’obus chimiques, mais elles laissent penser que la « Brigade de l’islam », qui occupe Douma, a fait d’une pierre trois coups : d’une part éliminer les soutiens de ses rivaux au sein de l’opposition, d’autre part accuser la Syrie d’avoir recours aux armes chimiques, enfin perturber l’offensive de l’armée arabe syrienne pour dégager la capitale.
Si le gouvernement syrien —comme son ennemi israélien— n’est pas signataire de la Convention contre les armes chimiques et dispose de stocks importants, les jihadistes en ont aussi, comme l’a confirmé Carla del Ponte à la grande fureur du haut-Commissaire aux Droits de l’homme. En décembre, l’Armée syrienne libre avait diffusé une vidéo montrant un laboratoire chimique et menaçant les alaouites. Cette semaine, le gouvernement a découvert plusieurs caches d’armes chimiques, de masques à gaz et d’antidotes, dans la banlieue de Damas. Les produits provenaient d’Arabie saoudite, du Qatar, des États-Unis et des Pays-Bas. C’est d’ailleurs à la demande du gouvernement syrien, et non des Occidentaux, que des inspecteurs de l’Onu sont présents en Syrie pour deux semaines, afin d’enquêter sur les allégations d’usage. Enfin, le 29 mai 2013, la police turque a arrêté une douzaine de membres du Front Al-Nosra et saisi des armes chimiques qui devaient être utilisées en Syrie.
Pourtant, vendredi le président Obama réunissait son Conseil national de sécurité pour examiner les options d’attaque contre la Syrie en présence de l’ambassadrice Samantha Power, chef de file des faucons libéraux. Il décidait de renforcer la présence militaire US en Méditerranée en y envoyant un quatrième destroyer, chargé de missiles de croisière, l’USS Ramage. Il s’ajoute à l’USS Gravely, l’USS Barry et l’USS Mahan qui est maintenu sur zone alors qu’il devait rentrer au port.
Samedi il appelait au téléphone le Premier ministre britannique David Cameron. Et dimanche, il parlait avec le président français François Hollande. Les trois hommes convenaient qu’il fallait intervenir sans préciser de quelle manière. Dimanche encore, le secrétaire d’État John Kerry appelait ses homologues britannique, français, canadien et russe pour leur dire que les États-Unis avaient la conviction que la Syrie avait franchi la « ligne rouge ». Si ses trois premiers interlocuteurs l’écoutaient petit doigt sur la couture du pantalon, le Russe Sergey Lavrov s’étonna que Washington se prononce avant le rapport des inspecteurs des Nations Unies. Il lui répondit sur les « conséquences extrêmement graves » que représente une intervention dans la région.
Lundi le ministre français de la Défense, Jean-Yves Le Drian était au Qatar et devait se rendre aux Émirats pour se coordonner avec eux. Tandis que le conseiller de sécurité nationale israélien, le général Yaakov Amidror, était reçu à la Maison-Blanche. Lors d’un entretien téléphonique entre le premier ministre britannique David Cameron et le président russe Vladimir Poutine, ce dernier a souligné qu’il n’existait aucune preuve de l’usage d’armes chimiques par la Syrie. De son côté, le vice-ministre des Affaires étrangères chinois, Li Baodong, a téléphoné à son homologue US, Wendy R. Sherman, pour appeler les États-Unis à la retenue. Conscient du risque de guerre régionale dont les chrétiens seraient les premières victimes, le pape François Ier a réitéré ses appels à la paix.
Doit-on pour autant penser que les Occidentaux vont entrer en guerre sans mandat du Conseil de sécurité, comme l’Otan le fit en Yougoslavie ? C’est peu probable car à l’époque la Russie était en ruines, aujourd’hui elle devrait intervenir après avoir émis trois vétos pour protéger la Syrie ou renoncer à toute action internationale. Cependant Sergey Lavrov a sagement écarté une Troisième Guerre mondiale. Il a indiqué que son pays n’était pas prêt à entrer en guerre contre qui que ce soit, même à propos de la Syrie. Il pourrait donc s’agir d’une intervention indirecte de soutien à la Syrie, comme le fit la Chine durant la guerre du Vietnam.
L’Iran a alors fait savoir, par le biais de son chef d’état-major adjoint, Massoud Jazayeri, que pour lui l’attaque de la Syrie serait le franchissement de la « ligne rouge » et que, si elle passait à l’acte, la Maison-Blanche endurerait de « graves conséquences ». Certes l’Iran n’a ni les moyens de la Russie, ni ses alliances, mais elle fait certainement partie des 10 premières puissances militaires mondiales. Dès lors, attaquer la Syrie, c’est prendre le risque d’une riposte sur Israël et de soulèvements dans une grande partie du monde arabe, notamment en Arabie saoudite. L’intervention récente du Hezbollah libanais et les déclarations de son secrétaire général Hassan Nasrallah, comme celles de l’organisation palestinienne FPLP-Commandement général, ne laissent aucun doute.
Interrogé par la presse russe, le président syrien Bachar el-Assad, a déclaré : « Les déclarations émises par des politiciens états-uniens, occidentaux et d’autres pays constituent une insulte au bon sens et une expression de mépris envers l’opinion publique de leurs peuples. C’est un non-sens : d’abord on accuse, ensuite on rassemble les preuves. Cette tâche est menée par un pays puissant, les États-Unis (…) Ce genre d’accusation est exclusivement politique, elles répondent à la série de victoires enregistrées par les forces gouvernementales sur les terroristes ».
En Russie, le président de la Commission des Affaires étrangères de la Douma, le journaliste et géopoliticien Alexeï Pouchkov, a commenté sur son compte Twitter : « Washington et Londres ont déclaré Assad coupable bien avant les conclusions des inspecteurs de l’Onu. Ils n’accepteront qu’un verdict de culpabilité. Tout autre verdict sera rejeté ».
Le principe d’une nouvelle guerre en Syrie cadre mal avec les problèmes économiques des États-Unis et des Européens. Si vendre des armes est un moyen de gagner de l’argent, détruire un État sans espérer de retour sur investissement à court ou moyen terme, ne pourra qu’aggraver la situation.
Selon un sondage Reuters/Ipsos réalisé après l’attaque du 21 août, 60 % des États-Uniens sont opposés à une intervention en Syrie contre 9 % qui y sont favorables. S’ils étaient convaincus de l’usage d’armes chimiques par la Syrie, ils resteraient 46 % à s’opposer à la guerre et deviendraient 25 % à la soutenir. Le même sondage indique que les États-uniens apprécient encore moins la guerre secrète : ils sont 89 % à déclarer qu’il ne faut pas plus armer les rebelles, contre 11 % qui veulent les armer encore. Enfin, quatre options étaient proposées aux sondés : des frappes aériennes (soutenues par 12 %), la création d’une zone de non survol (11 %), le financement d’une force multinationale (9 %), et une intervention US directe (4 %).
En France, Le Figaro, édité par le marchand d’armes Dassault, a posé la question à ses lecteurs : au bout d’une journée, ils étaient 79,60 % à s’opposer à la guerre contre 20,40 % à la soutenir.
Il sera certainement difficile pour les Occidentaux de renverser leur opinion publique et d’entrer en guerre.
Une autre interprétation des événements est possible : certaines des vidéos montrant les victimes des attaques chimiques ont circulé sur Internet quelques heures avant les attaques. Il sera donc toujours possible aux Occidentaux de « découvrir » la supercherie le moment venu et de faire machine arrière. Cependant l’affaire des armes chimiques en Irak a montré que les Occidentaux pouvaient mentir à la communauté internationale et le reconnaître sans conséquence une fois leur forfait accompli.
Les accusations des jihadistes et de leurs sponsors occidentaux interviennent alors que l’Armée arabe syrienne lançait une vaste offensive, « Bouclier de Damas », pour dégager la capitale. Le tir des deux obus de la « Brigade de l’islam » correspondent au début de cette offensive qui s’est déroulée durant 5 jours et s’est soldée par d’importantes pertes parmi les jihadistes (au moins 1 500 blessés et tués, sur les 25 000 présents). Toute cette agitation peut n’être qu’une guerre psychologique à la fois pour masquer cette défaite et pour tenter de paralyser l’offensive syrienne. C’est surtout un moyen pour Washington de tester la réponse iranienne après l’élection de cheikh Hassan Rohani à sa présidence. Et il est désormais clair que celui-ci ne pourra pas s’opposer à la politique du Guide de la Révolution, l’ayatollah Ali Khamenei.
Cependant, durant la guerre contre la Libye, j’avais sous-estimé la possibilité des États-Unis de violer toutes les règles, y compris celles de l’Otan. Alors que, me basant sur des documents de l’Alliance atlantique, j’insistais sur la longue capacité de résistance de la Jamahiriya face à son opposition armée, j’ignorai la tenue d’une réunion secrète sur la base Otan de Naples, dans le dos du Conseil atlantique. À l’époque, les États-Unis, le Royaume-Uni, la France, le Danemark et la Turquie, ainsi qu’Israël, le Qatar et la Jordanie planifiaient en secret l’usage des moyens de l’Alliance pour bombarder Tripoli [1]. Ne faisant pas confiance à leurs alliés, qu’ils savaient opposés à une attaque si coûteuse en vies humaines, ils ne les avaient pas prévenus. L’Alliance atlantique n’était plus une Alliance proprement dite, mais une Coalition ad hoc. En quelques jours, la prise de Tripoli fit au moins 40 000 morts, selon les rapports internes de la Croix-Rouge. Un tel dispositif est peut-être en cours d’organisation : les chefs d’état-major d’à peu près les mêmes États, plus l’Arabie saoudite et le Canada, sont réunis depuis dimanche et jusqu’à ce soir à Amman, sous la présidence du commandeur du CentCom, le général Lloyd J. Austin III. Ils envisagent cinq options possibles (fournitures d’armes aux Contras ; bombardements ciblés ; création d’une zone de non-survol ; mise en place de zones tampons ; et invasion terrestre).
La presse atlantiste appelle à la guerre. Le Times de Londres l’annonce.
Le président Barack Obama pourrait ainsi suivre le plan de guerre établi par son prédécesseur George W. Bush, le 15 septembre 2001, qui prévoyait, outre les attaques de l’Afghanistan et de l’Irak, celles de la Libye et de la Syrie, ainsi que l’a révélé l’ancien commandeur de l’Otan, le général Wesley Clark [2]. Sauf que, pour la première fois, la cible dispose d’alliances sérieuses.
Toutefois, la nouvelle rhétorique US contredit l’ensemble des efforts de l’administration Obama depuis un an qui s’est appliquée à éliminer les obstacles à la tenue de la conférence de Genève 2 : démission du général David Petraeus et des partisans de la guerre secrète ; non-renouvellement du mandat d’Hillary Clinton et des ultra-sionistes ; mise en examen des opposants irréductibles à une alliance avec la Russie, notamment au sein de l’Otan et du Bouclier antimissiles. Il contredit également les efforts de John Brennan de provoquer des affrontements au sein de l’opposition armée syrienne ; d’exiger l’abdication de l’émir de Qatar ; et de menacer l’Arabie saoudite.
Côté syrien, on se prépare autant que se peut à toute éventualité, y compris un bombardement par l’Otan contre les centres de commandement et les ministères coordonné à un assaut des jihadistes contre la capitale. Cependant, l’option la plus probable n’est pas le déclenchement d’une guerre régionale qui déborderait les puissances occidentales. C’est une attaque, à l’automne, supervisée par l’Arabie saoudite, et endossée par les combattants qu’elle recrute actuellement. Éventuellement, cette opération pourrait être soutenue par la Ligue arabe.
Thierry Meyssan
Source : Réseau Voltaire