mercredi 28 août 2013

Syrie : Obama sait-il au moins qu’il se place dans le même camp qu’Al-Qaïda ?... En Irak, nous sommes partis en guerre sur la base de mensonges propagés par des faussaires et des escrocs. Maintenant, c’est la guerre par l’intermédiaire de You Tube qui prévaut.

Si Barack Obama décide d’attaquer le régime syrien, il aura assuré - pour la première fois dans l’histoire - que les États-Unis sont du même côté que Al-Qaïda.
Parlez d’une alliance ! N’étaient-ce pas les trois mousquetaires qui criaient « Tous pour un et un pour tous » chaque fois qu’ils se lançaient dans la bagarre ? Cela devrait vraiment être le nouveau cri de guerre si - ou quand - les hommes d’État du monde occidental se jetteront dans la guerre contre Bachar al-Assad.
Les hommes qui ont détruit des milliers de vies le 11/9 vont donc se battre aux côtés de la nation dont ils ont si cruellement assassiné tant d’innocents il y a bientôt 12 ans. Tout un exploit pour Obama, Cameron, Hollande et les autres chefs de guerre en miniature !
Ceci, bien sûr, ne sera pas claironné par le Pentagone ou la Maison Blanche, ni, je suppose, par Al-Qaïda, puisque tous les deux s’activent à abattre Bachar. Non plus par le front al-Nusra, un des groupes en Syrie affiliés à Al-Qaïda. Mais cela fait surgir quelques possibilités intéressantes.
Peut-être que les Américains devraient demander à Al-Qaïda l’aide de ses services du renseignement - après tout, c’est le groupe avec des « bottes sur le terrain », quelque chose dont les Américains ne disposent pas. Et peut-être Al-Qaïda pourra-t-il offrir des services ciblés d’information au pays qui prétend généralement que les partisans d’Al-Qaïda, plutôt que les Syriens, sont les hommes les plus recherchés dans le monde.
Il y aura quelques ironies, bien sûr. Alors que les drones américains tuent les militants d’Al-Qaïda au Yémen et au Pakistan - avec bien sûr le nombre habituel de civils - ils vont leur fournir, avec l’aide de Messieurs Cameron, Hollande et les quelques autres petits généraux-politiciens, une assistance matérielle en Syrie en frappant les ennemis d’Al-Qaïda. En effet, vous pouvez parier votre dernier dollar que les cibles des Américains en Syrie ne seront ni Al-Qaïda ni le front al-Nusra.
Et notre premier ministre [Cameron] va applaudir tout ce que feront les Américains, s’alliant ainsi lui-même avec Al-Qaïda, dont les attentats de Londres sont peut-être sortis de son esprit. Sans doute - car il n’y a plus aucune mémoire dans les gouvernements modernes - Cameron a-t-il oublié combien les discours tenus par Obama et lui-même et ceux prononcés par Bush et Blair il y a dix ans, étaient tout aussi creux, dits avec une telle confiance en soi mais sans jamais de preuves pour les étayer.
En Irak, nous sommes partis en guerre sur la base de mensonges propagés par des faussaires et des escrocs. Maintenant, c’est la guerre par l’intermédiaire de You Tube qui prévaut. Cela ne signifie pas que les images terribles de civils syriens gazés et morts sont fausses. Cela veut dire que toute preuve du contraire va être supprimée. Par exemple, personne ne va s’intéresser à des rumeurs persistantes à Beyrouth où il est question de trois militants du Hezbollah - qui combattent aux côtés des troupes gouvernementales à Damas - qui ont apparemment été frappés par le même gaz, le même jour, parait-il dans des tunnels. Ils seraient actuellement soignés dans un hôpital de Beyrouth. Donc, si les forces gouvernementales syriennes ont utilisé des gaz, comment se fait-il que les combattants du Hezbollah auraient été frappés aussi ? Un effet de bord ?
Et pendant que nous parlons de la mémoire des gouvernements, que lèvent la main les mini-hommes d’État qui se souviennent de ce qui s’est passé la dernière fois que les Américains s’en sont pris à l’armée du gouvernement syrien. Je parie qu’ils ne peuvent pas s’en rappeler. Eh bien, c’est ce qui est arrivé au Liban lorsque l’US Air Force a décidé de bombarder des batteries de missiles syriens dans la vallée de la Bekaa, le 4 décembre 1983. Je m’en souviens très bien parce que j’étais ici au Liban. Un bombardier américain A-6 a été touché par un missile syrien Strela  - de fabrication russe, naturellement - et s’est écrasé dans la Bekaa. Son pilote, Mark Lange, a été tué, tandis que son co-pilote, Robert Goodman, était fait prisonnier et envoyé en prison à Damas. Un mois plus tard, Jesse Jackson a dû se rendre en Syrie pour le faire rentrer, le tout au milieu de nombreux clichés du genre « mettre fin au cycle de la violence ». Un autre avion américain - cette fois-ci un A-7 - a également été touché par des tirs syriens, mais le pilote a réussi à s’éjecter au-dessus de la Méditerranée où il a été ensuite tiré de l’eau par un bateau de pêche libanais. Son avion avait été également détruit.
Bien sûr, on nous dit que ce sera une attaque sur la Syrie de courte durée, en dedans et en dehors, une affaire de quelques jours. C’est ce que Obama aime à penser. Mais pensez à l’Iran. Pensez au Hezbollah. Si Obama décide de foncer, je soupçonne qu’il n’a pas fini de courir.

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