jeudi 20 octobre 2016

Les médias au service des oligarchies et des puissants, ils sont presque devenus l’instrument d’une dictature exercée sur les consciences.



Une opinion publique méfiante croit, non sans raison, que les médias et notamment les grands quotidiens nationaux, servent les puissants parce que leurs propriétaires ne sont pas des patrons de presse mais plutôt des financiers ou des industriels. Le temps des Beuve-Méry et autres Jean Daniel est révolu. Le Monde, Libé, Le Point et bien d’autres journaux sont tenus par des industriels, comme du reste la première chaîne de télévision sur le clavier de la télécommande mais aussi par l’audience, sans oublier les autres chaînes en libre accès sur la TNT. L’opinion pense alors que les journalistes sont muselés par leur patron, hésitant à publier des reportages pouvant gêner les activités financières et industrielles des propriétaires de médias. Ou même à écrire des choses pas très convenables sur le monde économique. Ainsi, les gens de la rue se méfient des médias, croyant que les journalistes sont aux ordres du système. Ce faisant, les gens sont copieusement leurrés car la connivence entre médias et puissants est bien plus subtile, sans être organisée, car l’esprit des médias se propage tel un cortège d’ectoplasmes par-delà les patrons de chaînes et journaux.
La propagation de l’idéologie ultralibérale avec la promotion de la réussite matérielle, des parvenus et autres célébrités, ne repose pas sur une ligne rédactionnelle imposée par les patrons de médias mais sur un phénomène médiatique bien plus subtil qu’on pourrait appeler la gentrification des studios de télé et radio. L’espace médiatique fonctionne comme un milieu urbain avec des critères de sélection bien plus drastique. On n’occupe pas un plateau de télé comme une place dans un centre ville huppé. Par contre, occuper un logement dans ces quartiers chics demande des moyens financiers important et c’est ce phénomène que les sociologues appellent gentrification. Les couches sociales les plus basses sont maintenues à la périphérie alors que l’argent devient un moyen de sélection pour habiter dans les quartiers des centres-villes baptisés avec des noms évocateurs. A Bordeaux, on connaît le triangle d’or cerné par trois artères aux enseignes prestigieuses. A Nice, c’est le carré d’or, qui court du boulevard Gambetta jusqu’à la place Masséna et qui en fait est un rectangle limité au nord par le boulevard Victor Hugo. Dans les médias, il y a les studios des matinales de radio et les deux plateaux du JT de 20 heures sur la Une et la Deux. C’est un peu l’équivalent des quartiers en or. Pour y pénétrer, il faut une notoriété importante et le plus souvent, disposer d’un niveau de vie conséquent.
Les médias concourent ainsi à doter les personnalités d’un capital image. On pense en général que les célébrités sont conviées sur les plateaux télé parce qu’elles ont une importance et jouent un rôle utile dans la société. C’est souvent l’inverse. Il suffit de passer régulièrement aux heures de grande écoute pour paraître important. Le phénomène ne date pas d’hier. Déjà le sociologue Cazeneuve, alors président de l’ORTF, avait analysé la naissance du phénomène de starisation en concluant que la télévision octroyait à des personnes bien ordinaires une notoriété usurpée. Le phénomène s’est intensifié avec la multiplication des chaînes. Dans les talk show à grande écoute, on peut voir les médiarques s’inviter mutuellement. Nagui ou Patrick Sébastien par exemple. Qu’ont-ils fait ? Sauver des gens au péril de leur vie, faire des découvertes scientifiques, composer ou écrire des œuvres, négocier des tournants politiques critiques, écrire des essais fulgurants ? Non, juste amuser et divertir. On notera que le cumul des apparitions médiatiques est devenu courant, dans tous les secteurs du divertissement, jeux télévisés, variété, cinéma, chansonnette, livres grand public et même la politique qui est devenu un divertissement. Les ministres passent chez Ruquier ou Ardisson. D’insipides chanteurs sont régulièrement invités et les autres fois, ce sont de piètres humoristes qui ne font même plus rire. On s’étonne du fiasco de Sophia Aram sur la Deux mais cette fille est un fiasco. N’importe quelle oreille attentive le savait, après avoir écouté ses fades prestations dans la matinale d’Inter.
D’autres faits médiatiques méritent une analyse, montrant que les plateaux sont à l’instar des clubs select comme le Jockey ou le Rotary, ouverts moyennant un statut très spécial. On aura remarqué que les gens sélect bénéficient d’avantages dont ne dispose pas le citoyen ordinaire, par exemple lors d’une mise en cause dans une affaire. Le citoyen ira devant les tribunaux s’expliquer mais la célébrité peut à certaines occasions se défendre sur le plateau du JT. On l’a constaté souvent, pour des managers comme J.M. Messier, des affairistes comme B. Tapie, des politiciens comme J.M Cahuzac. Les autres fois, ce sont des chanteurs ou acteurs déjà surexposés qui viennent parfaire leur promo. Cette visibilité médiatique assortie d’un cumul et d’une surexposition finit par engendrer auprès du public la représentation d’un monde supérieur, séparé, fait d’individus méritant leurs avantages et doués d’une aura qui est souvent artificielle. Les médias contribuent à renforcer le monde des puissants, des dominants, des oligarques. Les gens de la rue peuvent alors se sentir dépréciés, privés de talent, d’estime, de reconnaissance, destinés à accepter le sort économique que le système leur accorde.
Le jeu médiatique est idéologiquement orienté mais sans coordination. Simplement une soumission des responsables médiatiques face aux puissants, dominants et autres célébrités qu’ils se plaisent à bousculer de temps à autre pour laisser accroire à une liberté de la presse mais face auxquels ils montrent une révérence bien récompensée car par le jeu de miroir les médiarques se donnent une prestance et une aura proportionnelle aux rayonnement médiatique de leurs invités. Tout ce « beau monde » se regarde dans la glace et se voit dans le miroir de la classe supérieure, légitimant une conscience de classe diffusée dans les populations. Les directeurs et autres producteurs d’émissions de masses ont en effet des revenus assez conséquents, 5 à 10 milles euros le mois, voire plus, et les animateurs encore plus ce qui ne peut que les inciter à quelque connivence avec l’hyper classe qui émarge bien plus haut. Les gens de peu n’ont que peu de visibilité médiatique. Quelques séries télé leur sont dédiées, entre Louis la brocante et la famille d’accueil. Les médias légitiment la place des puissants en la renforçant tout en proposant aux populations des émissions de divertissement sur la cuisine, la déco et le jardinage. Les intellectuels invités sur les plateaux de grande écoute ne font que légitimer le système ou à en livrer une contestation tellement vaine et irréalisable qu’elle devient la complainte des gens frustrés autant que la justification en filigrane iconique des maîtres du système.
Cela étant établi, on pourra questionner un peu plus en profondeur ce que révèle le phénomène de visibilité médiatique des élites, autrement dit de gentrification des plateaux de télévision. Comme dans les systèmes vivants, l’organisation d’un système, qu’il soit moléculaire ou social, repose sur une organisation de l’information. La gentrification des médias participe à la loi d’organisation et de domination des élites du système grâce à cette surexposition. Une bataille se joue sur l’occupation du terrain. On peut lui opposer les principes de civilisation bien peu armés pour lutter contre un système qui rassemble en une connivence universelle ceux qui admirent, les populations de l’âge technumérique, et ceux qui se font admirer, les puissants, les célébrités, les élites. Finalement on ne découvre rien de neuf. La communication et les images ont toujours été l’instrument des puissants. Les médias contemporains ne sont qu’un moyen perfectionné et transformé pour cette emprise du monde des élites qui cette fois a gagné la lutte des classes. Parce que les gens ne lisent plus en s’appropriant le sens du monde.
Les médiarques ne sont pas des valets, ni des domestiques, ils prennent une bonne part d’avantage (aura et revenus) en déroulant le tapis face aux puissants, se croyant eux aussi devenus des maîtres au point de jouer les justiciers, les moralistes, les professeurs d’allégeance, les comptables de l’économie, les staliniens en costume de Zorro, les prescripteurs, appuyant notamment les options militaristes du président. Les médias sont presque devenus l’instrument d’une dictature exercée sur les consciences, pire que les religions d’antan mais les citoyens ont les moyens de résister et s’ils ne le font pas, ne les plaignons pas, ils ne sont pas les victimes mais les coupables de ce déni de civilisation.

jeudi 13 octobre 2016

La virginité ou l’honneur social : les pratiques et les comportements coutumiers, tradition ancestrale.




En effet, les mentalités n’ont pas suivi la marche de la modernité. Sorties du domicile familial, exposées « au danger », les femmes et leurs filles restent encore plus soumises au fardeau social de la virginité.
 

La virginité de l’Algérienne est une norme fondamentale de la société. Corps surprotégé par la famille et notamment par la mère qui veille sur la virginité de la fille car l’homme cherche toujours l’épouse vierge, « pure », dont il se croit le seul initiateur en matière sexuelle. La virginité est ainsi une hantise pour les jeunes filles et pour les mères qui mettent en œuvre toutes sortes de stratégies pour préserver leur fille de tout contact sexuel avant le mariage et ainsi « sauver l’honneur ».
Il existe des pratiques traditionnelles qui consistent justement à préserver cette virginité. Celle que l’on connaît en Algérie, notamment à Bou-Saâda, est le rituel du rbat. Notons qu’il existe d’autres appellations qui participent du même principe mais qui se caractérisent par des techniques différentes d’une région à l’autre. Citons le teskar, action de fermer, le tesfah, action d’aplatir ou de blinder. La jeune fille le subissant est dite msakra, msafha, marbouta, soit littéralement : fille fermée, fille blindée, fille ligotée ou fille nouée.
La littérature occidentale du Moyen Âge nous l’a transmise sous l’appellation du rite de la ferrure. Théoriquement la fille marbouta ne peut être pénétrée par aucun homme quelle que soit sa vigueur sexuelle, et fût-elle consentante.
Le rbat que nous connaissons dans la région de Bou-Saâda se pratique avant la puberté. L'âge idéal est entre huit et dix ans. Aujourd’hui, il est effectué juste avant l’entrée en première année du primaire, à six ans, tout comme la circoncision 10 pour les garçons. On emmène la petite fille chez une femme spécialisée dans cette opération, la qabla, l’accoucheuse traditionnelle, l’équivalent de la sage femme. Ce rite peut être aussi accompli par la mère, une tante ou une grand-mère. Le rbat est tenu secret, car il fait partie de l’intimité des femmes. Les hommes en sont tenus à l’écart.
Ce rituel s’effectue par la lecture de phrases magiques et au moyen d’instruments. La phrase consacrée est répétée par la fillette sept fois de suite : wald en nas khaït wana haït que je traduis littéralement par : le fils des autres (femmes) est un fil tandis que je suis un mur. Par cette opposition fil/mur, au symbolisme sexuel évident, dont elle ne soupçonne même pas la signification, la fillette est mise en condition : désormais les hommes quels qu’ils soient représentent un danger pour elle.
Pour désamorcer le pouvoir de cette formule, quelques jours avant le mariage, il suffira de l’inverser. La phrase devient alors : wald en nas haït wana khaït, que je traduis littéralement par : le fils des autres est un mur tandis que je suis un fil.
Ce retournement de la formule recèle un mécanisme ambivalent où, pour provoquer la fermeture, la femme est symbolisée par un mur-serrure dont aucun passe ne saurait venir à bout, alors que lorsqu’il s’agira de procéder à l’opération inverse de l’ouverture, la femme se voit dotée du pouvoir masculin de la bonne clef, symbolisée par le fil d'ou le sacrifice de la fille vierge qui « est ainsi victime et en même temps source du pouvoir et objet de ce pouvoir ».
Des instruments tels que le métier à tisser, le cadenas, le coffre ou la poupée confectionnée à l’occasion sont utilisés comme supports symboliques dans l’accomplissement du rituel 12. Dans le cas du métier à tisser, le rituel est effectué au moment de son montage. À Tlemcen, on apporte à la praticienne une aiguille et un balai. La fillette, nue, les yeux fermés, fait sept fois le tour du métier. À chaque fois elle est piquée avec une aiguille et reçoit un coup de balai. Ensuite la barre du métier est descendue et la fillette la franchit sept fois dans un sens puis sept fois dans l’autre. À Bou-Saâda, le rituel est bien plus simple. La fillette habillée enjambe le métier à tisser sept fois tout en répétant après la femme désignée pour mettre en œuvre le rituel, la formule consacrée de la fermeture.
Dans le cas du cadenas, on fait acheter cet objet par un garçon qui n'est pas de la famille. Il doit prendre l’argent de l’achat sans compter ni demander le prix au marchand. Ce cadenas ne doit pas être ouvert en cours de route. Pendant ce temps, la fillette est préparée : elle doit être nue et cheveux dénoués. On lui enlève boucles, épingles, colliers et bracelets. Elle doit rester debout les yeux fermés. La personne qui pratique la « fermeture » ouvre le cadenas, le place face au sexe de la fillette et le ferme avec ces paroles : « binti haït » (ma fille est un mur). Elle passe ensuite le cadenas par en dessous, vers l'arrière, l'ouvre et dit textuellement : « wald en nas khaït (le fils des autres est un fil). Par sept fois l'opération est répétée puis le cadenas est caché ou le plus souvent jeté. La veille du mariage, il faut procéder à « l’ouverture » et, pour cela, refaire l’opération dans le sens inverse.
Dans le cas du coffre-fort et de la serrure, on assoit sur le coffre la fillette préparée dans les mêmes conditions. On le ferme sous elle en prononçant la première formule, « ma fille est un mur… ». La veille du mariage, pour procéder à « l’ouverture », la fille est placée debout sur le coffre dont on ouvre la serrure en psalmodiant la formule inverse.
D’autres techniques sont utilisées, tel le marquage par le tatouage. Une légère incision est pratiquée de haut en bas sur la cuisse droite de la fillette, préparée dans les mêmes conditions, en psalmodiant les mêmes phrases magiques. Cette technique est pratiquée dans le Constantinois et en Tunisie. Lors du mariage, pour procéder à « l’ouverture », on réalise une autre scarification dans le sens inverse, de bas en haut sur l’autre cuisse.
Cette dernière coutume se rapproche de la pratique de l’excision dite sunnite telle qu’elle est prat (...)
Et enfin, il est un autre marquage repéré chez les Reguibet, tribu de la Saoura dans le Sud algérien. La fillette, « pour éviter tout risque d’accident », est attachée, jambes et bras écartés, à quatre piquets fichés en terre. Une coupure est pratiquée sur le clitoris puis recouverte de henné. Dans tous les cas les mêmes formules sont répétées.
Comme si le marquage psychologique par le rbat ne se suffisait pas par lui-même, il est rendu indélébile par les marquages sur le corps des femmes, et pas seulement. Il est encore renforcé par l’éducation que la fillette va recevoir. En amont, les parents, la mère en particulier, auront mis le plus grand soin à la formation de la jeune fille. La prévention contre tout écart par rapport à la norme se double d’une surveillance quotidienne et d’éventuelles punitions (piment frotté sur le clitoris).
Ainsi, par la pratique du rbat, la fillette est désormais détentrice de l’honneur de tout le groupe. Elle est exclue définitivement du monde du « dehors » pour être cantonnée dans celui du « dedans ». Elle doit apprendre à faire « les choses des femmes » : cuisine, tissage et aussi apprendre à rougir et courber l’échine devant les mâles de la famille et de la société toute entière.
Il semblerait que c’est à son odeur enivrante et à sa couleur rose pâle que le sang de la vierge est (...)
L’ ouverture symbolique par le rituel du rbat la veille de la nuit de noces puis la défloration de l’hymen par l’époux sont rendues manifestes par la preuve tangible de la « chemise tachée du sang de la vierge ». Le soir même, cette chemise doit être exhibée pour être vue de tous. Certaines femmes sont même sollicitées pour expertiser le sang virginal 17. Le lendemain, la famille dansera avec cette « chemise » tandis que la mariée entamera, quant à elle, une danse dite lhzam, « de la ceinture », où s’accrochent les billets de banque qu’elle reçoit de sa belle-famille. Plus tard, cette « chemise » sera envoyée dans les familles proches et voisines, qui féliciteront la mère de la tahmirat el oujah, faire rougir le visage de la famille, ce qui s’oppose à tasfirat el oujah, faire jaunir le visage de la famille, lorsqu’il s’avère que la jeune fille n’est pas vierge. Il arrive souvent qu’on passe sur le visage des fillettes cette « chemise » pour assurer une fois de plus la protection de leur virginité. Investie de la baraka, cette chemise devient un objet sacré. Aussi est-elle gardée précieusement et ne sera-t-elle lavée que lors du premier accouchement.
Lorsque pour différentes raisons il arrive que l’affaire ne puisse être réglée, la mariée accusée de non virginité peut dans ce cas se défendre par son certificat de virginité. D’autres artifices peuvent alors être convoqués dans cette « vaste prison » des femmes. La société, aussi fermée soit-elle, offre des portes de sortie.
Lorsque le rbat est confronté à ses limites, la société des femmes – mères, grands-mères et sages femmes – se mobilise pour trouver des « issues de secours » afin de sauver l’honneur de la famille, du groupe, du clan : « L’histoire sociale du monde arabo-musulman traditionnel est une constante recherche de compensations, de fuites, de subterfuges pour contourner, dépasser le manichéisme des sexes ».
Par le passé, lorsqu’elle considérait que l’hymen n’est pas suffisamment « resserré », la qabla préparait différentes onctions pour y remédier et faciliter le saignement lors du premier rapport : « Les mariées inquiètes ont, pendant des siècles, eu recours à des artifices permettant de simuler l’hémorragie de la défloration ». Lorsque malgré tout le sang n’apparaissait pas, il ne restait plus qu’à dire que la fillette née un vendredi ne peut produire d’écoulement de sang lors du rapport. La qabla en général donnait raison à cette déclaration. Ainsi, l’honneur était sauf. Le vendredi est le jour saint chez les musulmans, le jour du pardon où il est fortement recommandé aux croyants, amis et ennemis, de se réunir dans l’enceinte de la mosquée pour la prière.
L’évolution et le progrès ne permettant plus aujourd’hui de faire valoir de telles causalités et d’offrir de telles issues aux égarées, d’autres tactiques de contournement sont envisagées. La pharmacie du coin est aussi appelée à la rescousse pour provoquer l’écoulement du sang. Ce sont des produits médicamenteux dont il est difficile de savoir par quel biais ni comment ils ont pu être repérés par les femmes. Délivrés dans le secret le plus total par le pharmacien et sans ordonnance, ces produits pharmaceutiques sont absorbés ou injectés la veille de la nuit de noces. Ici, le danger ne se mesure pas, ces femmes sont prêtes à tout.
Il est fait appel aussi à la chirurgie réparatrice de l’hymen par les opérations de l’hyménorrapie et de l’hyménoplastie . Solution coûteuse, elle est pratiquée aussi bien par des chirurgiens que par des sages-femmes, les conditions d’asepsie étant en rapport avec les moyens financiers que l’on y met. Ainsi, la chirurgie donnant l’assurance de se refaire une virginité, la jeune fille peut envisager une vie sexuelle relativement libre. Sans parler du fait qu’elle peut aussi s’adonner à un simulacre de pénétration dit « petting », flirt avancé.
Enfin, notons la capacité de la société à défaire le rbat lorsqu’elle est forcée de constater qu’il la mène à l’impasse. En effet, il existe des situations où l’on considère que le rbat peut avoir des effets maléfiques, par exemple lorsque la jeune fille marbouta ayant dépassé l’âge du mariage, ne trouve toujours pas de mari. Pour faire affluer les demandes en mariage, il faut dénouer l’effet du rbat, avec les mêmes instruments et phrases magiques que pour « l’ouverture » à la veille du mariage. La société méprise le célibat. Le mariage est un devoir que tout musulman doit accomplir. Il est un bien précieux de Dieu. Alors qu’il était envisagé comme une protection assurant la virginité, le rbat exerce également des effets maléfiques dans le cas de l’homme dit marboute, lorsque les mauvais sorts jetés sur lui mettent en cause ses attributs virils. Il faut donc coûte que coûte l’en sortir. Dans le fond, la société qui pratique le rbat, le redoute tout autant : « Que Dieu ouvre ton nœud », est l’expression consacrée dite à tout homme et toute femme se trouvant dans une situation d’impasse.
Les salafistes, rigoristes qui prêchent tout comme les oulémas jadis un Islam épuré, considèrent ces pratiques comme relevant de la sorcellerie et non conformes à la religion. Ils les ont bannies. Mais la virginité demeurant à leurs yeux une valeur fondamentale, ils n’ont d’autre remède face à l’angoisse du clan que le mariage précoce afin d’échapper à la « tentation ».
On voit que, quelles qu’elles soient, les sorties de secours proposées par la société font faillite. La jeune épousée déclarée non vierge est renvoyée le soir même dans sa famille. Quant aux conséquences morales et physiques qui en découlent pour les familles, elles sont graves et peuvent aller jusqu’à l’assassinat de la fille et de la mère. Couverte de honte, la fille est bannie de la liste des jeunes prétendantes. Elle est alors destinée aux hommes âgés. Et elle pâtira avec toute sa famille de cette « honte » sur plusieurs générations.
Le rbat à l’instar du voile, hier moyen de conforter la société traditionnelle, serait-il le signe d’une stagnation de la société ou d’une transition obligée vers la modernité ? Puisqu’il est vrai que les femmes s’ingénient aussi à trouver des issues de secours sans aller jusqu’à la rupture. Jusqu’où peut-on pousser les limites de ces clôtures ? Et s’il fallait rompre ?
En effet, les mentalités n’ont pas suivi la marche de la modernité. Sorties du domicile familial, exposées « au danger », les femmes et leurs filles restent encore plus soumises au fardeau social de la virginité.
Auteur : Barkahoum FERHATI
Barkahoum FERHATI est maître de recherche au CNRPAH à Alger, chercheure associée au CHIM, EHESS. Elle est l’auteure de deux ouvrages : Le musée national Etienne Dinet de Bou-Saâda, Alger, INAS, 2004 et De la « tolérance » en Algérie : Enjeux en soubassement, 1830-1962, Alger, El Othmaniya, 2007, et elle a publié plusieurs articles autour des questions des femmes. Aujourd’hui, elle mène une étude comparative autour des questions du genre entre le Soudan et l’Algérie.

vendredi 7 octobre 2016

L'attribution unilatérale du Prix Nobel de la Paix est un scandale pur et simple.



L'attribution du Prix Nobel de la Paix au président colombien Juan Manuel Santos, et à lui seul, est un geste qui laisse bouche bée. On n'en croit pas ses oreilles et on se frotte les yeux : ainsi donc, le mérite de la signature d'un accord de paix ne reviendrait qu'à un seul des signataires ? Mais à quoi donc le comité norvégien a-t-il pensé ? Pour signer un accord, il faut être au moins deux et en Colombie, les signataires étaient deux : Santos et les FARC-EP.
Pourquoi donc, les FARC-EP n'ont-elles pas aussi reçu le prix ? Pour l'accord de paix au Vietnam, c'étaient Kissinger et Le Duc Tho qui avaient reçu le prix en 1973 (le Vietnamien l'avait refusé), pour l'accord égypto-israélien, c'étaient Sadat et Begin en 1978, pour l'accord sud-africain, c'étaient Mandela et De Klerk en 1993, pour les accords d'Oslo, c'étaient Arafat, Rabin et Peres en 1994.
S'il y avait un homme qui méritait ce prix, c'était bien Fidel Castro, car c'est à lui que revient fondamentalement le mérite de l'accord de paix en Colombie. C'est Fidel qui a travaillé inlassablement dans l'ombre, depuis une bonne vingtaine d'années, pour parvenir enfin aux dialogues de paix de La Havane. Et celui qui a le moins de mérites dans ce processus, c'est justement Santos, qui a poursuivi avec ces accords des buts sans aucune noblesse : il comptait sur eux pour se faire réélire en 2018 et pour pouvoir continuer à livrer les richesses d'une Colombie pacifiée au pillage des multinationales et de l'oligarchie colombienne. Et en imposant la tenue d'un référendum sur cet accord de paix, au lieu de l'élection d'une assemblée constituante pour élaborer une nouvelle constitution, comme le demandaient les FARC, il a ouvert la porte à son ancien patron, Alvaro Uribe, porte-drapeau du secteur le plus agressif et revanchard de la droite oligarchique colombienne. Résultat de ce référendum aussi stupide qu'inutile : l'accord de paix a été rejeté par "le peuple", de fait 12,5% des Colombiens.
Avant de recevoir le prix Nobel, Santos avait annoncé que le cessez-le-feu durerait jusqu'au 31 octobre. Après avoir été nobélisé, il a changé de position, déclarant que le cessez-le feu bilatéral allait rester en vigueur. Mais ce ne serait pas la première fois qu'un Prix Nobel de la Paix ferait la guerre : il suffit de penser à Shimon Peres ou Obama..

Fausto Giudice
Source : TLAXCALA

jeudi 6 octobre 2016

J’ACCUSE !!!... J’accuse les hommes politiques d’avoir détourné la démocratie…





J’accuse nos élites de crimes contre l’humanité, en bande organisée. Je les accuse d’être les fossoyeurs de notre liberté, d’avoir asservi la moitié de l'humanité et de massacrer l’autre moitié.

Je les accuse d’avoir établi un esclavage moderne, d’imposer des conditions et des charges de travail de + en + inhumaines, en agitant le spectre du chômage et de la délocalisation.

J’accuse les élites d’avoir volé le progrès qui aurait du profiter à toute l’humanité, au lieu d’être détourné au profit de quelques uns. Ils se sont accaparé tous les progrès, certains pour les exploiter au maximum, d’autres pour les détruire, quand ça mettait en danger leurs bénéfices.

J’accuse ces monstres de fomenter des guerres effroyables, dans le seul but de piller les richesses de pays dévastés par la convoitise depuis des siècles. Ils massacrent hommes, femmes et enfants sans état d’âme. Et ces barbares ont le CULOT d’invoquer des prétextes démocratiques ou humanitaires!!!

Je les accuse d’être devenus fous au point de détruire la Terre et tous ses habitants, juste pour faire toujours plus de fric.

J’accuse les banques de voler les peuples depuis des décennies, d’avoir crée des dettes astronomiques de toutes pièces avec la complicité des politiques ripoux!!! Pour faire de nous des esclaves sans chaîne.

J’accuse les lobbys pharmaceutiques de détruire la santé sciemment, pour faire toujours plus de profits. Ils inondent le monde de leurs poisons et boycottent les remèdes "non rentables". Même s’ils sont 'miraculeux', même s’ils pouvaient sauver des millions de vies!!!

J’accuse les lobbys du pétrole et du nucléaire d’anéantir systématiquement toute révolution énergétique, de saboter tous les travaux relatifs à l’énergie libre, pour pouvoir continuer à faire du fric en bousillant la planète.

J’accuse les hommes politiques d’avoir détourné la démocratie au profit des élites, de collaborer avec les lobbys pour asservir toujours plus les populations, les plongeant toujours plus dans la précarité et la misère.

J’accuse la presse d’être totalement soumise, de s’être laissé réduire à l’état d’un toutou au service des élites. Elle n’est plus qu’un chien qui leur obéit au doigt et à l’œil. Un outil de propagande, qui manipule et lobotomise ceux qu’elle est censée informer.

J’accuse les hauts responsables religieux d’attiser la haine et le communautarisme. De diviser les populations, de les dresser les unes contre les autres, pour les empêcher de s’unir et de lutter contre leurs oppresseurs communs.

J’accuse les juges de violer leur serment pour protéger ces élites quand l’une d’elle trébuche, leur serment maçonnique ayant plus de poids à leurs yeux que leur serment de magistrat…

J’accuse ces criminels d’avoir infesté la société, et de détruire systématiquement ceux qui s’opposent à leur système, de les faire éjecter des postes clés, pour assurer leur domination.

J’accuse ces fous d’avoir fait de l’argent leur Dieu, un Dieu qui exige des sacrifices monstrueux à chaque seconde.

En tant que citoyen du peuple, j’exige un procès populaire.
Que tous les responsables soient ENFIN jugés pour leurs nombreux crimes.
"On ne résout pas les problèmes avec ceux qui les ont crées" disait Einstein.
J’ajouterai même: on ne pourra pas les résoudre tant qu’ils seront au pouvoir !!! Ils veulent maintenir ce système qu’ils ont construit pour eux et dont ils profitent bien...
Il faut les juger et les condamner, afin de pouvoir envisager l’avenir sur des bases saines…
A quand un Nuremberg du capitalisme ????
Source : Pilule Rouge