dimanche 19 avril 2015

Monde Arabe - La reproduction de la tyrannie : La loi ne protège en rien ceux qui sont opprimés. Tout au contraire, l’oppression est institutionnalisée par la loi, sous divers prétextes dont le plus important est le « combat contre le terrorisme ».



L’aspect le plus douloureux du succès de la contre-révolution qui a suivi le ainsi-nommé Printemps arabe, est non seulement le retour de la tyrannie à travers le Moyen-Orient, mais également la reproduction de la culture de la tyrannie dans les médias et la société.

C’est presque comme si la tyrannie était l’état naturel des choses, et que dans les pays arabes, la justice et l’équité étaient considérées comme l’exception et pas la règle.
La reproduction de la tyrannie n’est pas uniquement limitée à certains régimes et gouvernements - ni même à des groupes brutaux et violents utilisant la religion comme couverture - elle inclut également des groupes communautaires. Malheureusement, il apparaît que les appels pour la liberté qui ont rempli l’air au début des révolutions arabes, ne se sont pas traduits en changements réels.
C’est le résultat de la férocité de la contre-révolution, car changer de valeurs et passer de la crainte et de la dépendance à la dignité, signifie que les peuples réalisent quels sont leurs droits, en tant qu’individus et en tant que groupe. Le changement dans les valeurs signifie également que l’opprimé peut se battre en s’appuyant sur des bases morales et éthiques, et sur l’État de droit.
Le respect du droit des peuples et des citoyens est la dernière chose que veulent non seulement les dirigeants, mais beaucoup d’élites. Ces mêmes élites qui sont bonnes à fabriquer des revendications pour la justice et la liberté... C’est parce que la cruelle vérité est que les peuples du monde arabe endurent une véritable crise qui plonge ses racines dans des décennies de tyrannie, chez soi comme dans le système éducatif. Un système établi sur la crainte et la paranoïa conduit les gens à respecter la force et à opprimer le plus faible à la première occasion venue.
Les gouvernements ont recouru à l’intimidation et la propagation de la peur au moyen des médias - un but qui n’aurait pas réussi ces derniers mois sans le spectre de l’État Islamique (EI) et d’autres organisations criminelles. Ceci soulève beaucoup de questions concernant les véritables origines et buts de tels groupes. D’autant plus que l’on peut considérer que ces groupes servent les intérêts de la contre-révolution, ou même, qu’ils peuvent être considérés partie intégrante de la contre-révolution régionale qui a poussé beaucoup de gens à soutenir le retour de l’oppression en imaginant y trouver la sécurité.
La victoire de la contre-révolution est également expliquée, dans une certaine mesure, par l’acceptation et même l’encouragement de certaines élites au retour du colonialisme sous les prétextes de la stabilité et du souhait de se débarrasser de la menace terroriste représentée par l’EI et d’autres milices armées (dont certaines agissent réellement directement avec les gouvernements). Ces élites, en fait, prétendent empêcher la destruction et la barbarie qui n’épargnent personne.
Le profond impact psychologique de ce qui se produit actuellement - la transition de l’espoir de la liberté, vers l’obscurité de la destruction, de la torture, des meurtres et des massacres - a ramené la servilité dans le coeur de beaucoup. Une telle soumission est le meilleur outil pour rassembler les masses et les conduire à accepter la tyrannie, et même à participer à la violence et aux meurtres comme nous l’avons vu à travers l’histoire, y compris pendant l’ère nazie.
Cet impact psychologique se reflète aussi dans les rapports entre les individus, en notant que la frustration et le sentiment de défaite trouvent leur source dans l’idée que les appels pour la liberté et la justice ne signifient plus rien et que la seule règle qui s’applique maintenant est la survie du plus fort. Il amène également des personnes à croire que cette oppression, chez soi comme à l’extérieur, au travail ou à l’école, fait partie des conditions qui garantissent la conservation de la force, du statut et du pouvoir.
Nous sommes témoin actuellement de la destruction sous toutes ses innombrables formes. Les scènes de mise à mort, de torture, de famine et de déplacement forcé sont si douloureuses qu’elles engourdissent nos âmes et nos cerveaux en raison de leur laideur et de l’ampleur de l’insupportable douleur humaine qu’elles évoquent. Et a destruction des valeurs de la liberté et du bien-être humain aura comme conséquence la destruction non seulement du présent, mais aussi de l’avenir.
Ceci ne signifie pas que la génération des révolutionnaires, jeunes ou plus âgés, ait disparu. Les cellules des prisons des régimes arabes témoignent de la persévérance et de l’engagement, car elles sont pleines de ceux qui combattent et qui à travers tout le monde arabe refusent de se rendre. Cependant, c’est la destruction des valeurs humaines qui produit le sectarisme et le racisme, lesquels empêchent le développement d’une conscience collective de ce que sont les droits et la justice pour les peuples.
Les politiques oppressives et tyranniques d’aujourd’hui sont issues de l’effondrement des bases de l’état moderne, car il n’y a aucun moyen de régulation de ses relations [avec la nation] et aucune place pour le concept de droit des citoyens. La loi ne protège en rien ceux qui sont opprimés. Tout au contraire, l’oppression est institutionnalisée par la loi, sous divers prétextes dont le plus important est le « combat contre le terrorisme ».
Nous ne devons pas perdre espoir. Nous devons le faire renaître, bien que ce soit plus facile à dire qu’à faire...
Lamis Andoni
Source : Info-Palestine.eu

samedi 18 avril 2015

Wahhabisme et sionisme : une sainte alliance contre l’Iran, d’un côté les tenants du Wahhabisme en tant que doctrine religieuse servant de sous-bassement idéologique à l’Arabie saoudite et, de l’autre le sionisme en tant qu’idéologie fondatrice de l’État d’Israël.



Un nouveau front : le Yémen
Avec l’entrée en scène on ne peut plus active de l’Arabie Saoudite, un nouveau front s’est ajouté aux champs de bataille en cours depuis plusieurs années au Moyen-Orient : le front du Yémen. Le résultat immédiat est que ce petit pays est transformé en une « boule de feu » (formule de la chaîne libanaise Almayadeen) risquant d’embraser l’ensemble de la région. Il faut dire que le terrain, le décor propice à la frénésie du royaume wahhabite, a été rapidement installé :
- le 21 mars, retrait du dernier contingent américain, composé notamment d’une centaine de commandos des forces spéciales. Ces forces étaient stationnées sur la base aérienne Al-Anad, dans le sud du Yémen et avaient pour double mission : combattre Al-Qaeda dans la péninsule Arabique (Aqpa) et former des unités antiterroristes de l’armée yéménite.
- le 25 mars, claironne l’ambassadeur saoudien à Washington, une coalition de pays de la région du Golfe, emmenée par l’Arabie Saoudite, intervient (sacrifions au mot étrangement médical mais consacré) au Yémen. En effet, dans la nuit du 25 au 26 mars, des bombardements aériens sont effectués sur la ville d’Aden pour repousser l’offensive de la rébellion houthiste d’obédience chiite, alliée à une partie de l’armée yéménite, restée fidèle à l’ancien Président Ali Abdellah Saleh.
Voulant donner à son intervention une motivation religieuse, à savoir le renforcement du camp sunnite, l’Arabie Saoudite a adressé un appel au Pakistan et à la Turquie pour élargir la coalition, composée, pour l’heure, de pays arabes. Les autorités de Ryadh sont d’autant plus tentées d’utiliser le paravent du « schisme sunnite-chiite » qu’elles savent qu’à la frontière irano-pakistanaise couve une rébellion de la minorité iranienne sunnite.
Pour le moment ni le Pakistan, ni la Turquie n’ont donné suite à la demande saoudienne. Les tractations diplomatiques en cours entre, d’une part, la Turquie et l’Iran et, d’autre part, entre le Pakistan et l’Iran, vont plutôt dans le sens de l’apaisement et de la recherche d’une solution politique du conflit au Yémen. La diplomatie iranienne emprunte résolument ce chemin même si le Gardien de la Révolution, l’ayatollah Khamenai ne mâche pas ses mots, lui qui assure l’Arabie Saoudite qu’elle risque gros, que ses turpitudes l’amèneraient à « mordre la poussière au Yémen » et perdre son équilibre intérieur.
Le déclenchement de l’opération « tempête de la fermeté » vise l’écrasement de la rébellion « Ansarullah » afin de l’empêcher d’atteindre Bab El Mandeb qui, comme le détroit d’Ormuz, constitue le point de passage du pétrole du Golfe. Que les Ansarullah accèdent au Bab El Mandeb, et c’est la remise en cause de toute la stratégie saoudienne de production de 10 millions de barils de pétrole par jour pour mettre en difficulté l’économie de la Russie, de l’Iran et... de l’Algérie.
Cette « tempête » est en fait le prolongement des conflits qui se déroulent en Irak et en Syrie. La guerre contre Ansarullah a pour but de porter un coup à l’influence iranienne au Yémen tout comme l’invasion puis la prise de Mossul par Daech était destinée à briser l’axe Téhéran-Bagdad -Damas.
A ce stade du conflit, on ne peut s’empêcher tout de même de noter un fait curieux : la fameuse coalition internationale ne fait plus parler d’elle ni en Irak ni en Syrie, elle « sommeille » donc et laisse ainsi une large liberté d’action à Daech en Irak et au Front El Nosra en Syrie. Sur les deux fronts terrestres, les forces en présence face aux organisations terroristes demeurent, d’une part, l’armée irakienne soutenue par les forces spéciales iraniennes, et, d’autre part, l’armée syrienne soutenue par le Hezbollah.
Un même ennemi « Chiite ou Perse »
Sitôt qu’on a commencé à envisager la conclusion d’un accord pour le moment tout hypothétique sur le nucléaire iranien, on a vu dans un même élan, le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu et le chef de la diplomatie saoudienne Saoud Al-Fayçal monter au créneau pour, le premier, nous mettre en garde contre » un accord à Lausanne (qui) ouvrirait la voie à un Iran nucléaire, et nous avertir qu’Israël ferait « tout » pour défendre sa sécurité, le second, nous assurer que les grandes puissances ’court-circuitent les intérêts des États de la région en faisant miroiter à l’Iran des bénéfices dont il ne pourra pas jouir sans qu’il coopère avec les pays de la région.’’
La similitude est en effet de plus en plus manifeste entre les lectures géo-stratégiques du rôle de l’Iran faites, d’un côté, par les tenants du Wahhabisme en tant que doctrine religieuse servant de sous-bassement idéologique à l’Arabie saoudite et, de l’autre, par le sionisme en tant qu’idéologie fondatrice de l’État d’Israël.
Cette similitude dans la vision de l’Iran n’est pas le fruit du hasard, elle correspond à une convergence stratégique qui a eu le temps de s’affermir comme en témoignent les propos tenus par Shimon Péres en 2010 : à la question ’’ Le Proche-Orient fait-il face à de nouveaux dangers ?’’ Posée par Laurent Zecchini, journaliste du Monde, l’homme d’État israélien répond :’’Oui, car nous sommes confrontés à de nouvelles ambitions. Les Perses veulent de nouveau contrôler le Proche-Orient. Que ce soit pour des motifs religieux importe peu…’’ et concernant les pays arabes, il ajoute ’’... La plupart des Arabes en sont profondément préoccupés. Ils ont peur d’une agression de l’Iran, et ils ne savent pas quoi faire... Israël n’est plus le principal problème pour eux, c’est l’Iran, qui utilise le conflit israélo-arabe comme une excuse pour ses ambitions...Ils ne le diront jamais ouvertement bien sûr. Mais aujourd’hui, les contacts secrets sont plus importants que les contacts diplomatiques.’’
Et au Moyen-Orient, les accords secrets sont légion, à commencer par ceux-là mêmes qui ont donné naissance aux drames que vivent les peuples de la région, à savoir les accords Sykes-Picot.
Pour l’un, un islam dévoyé, et pour l’autre, un nouvel Amalek...
Hier comme aujourd’hui, tous les conflits qui ont ébranlé et meurtri le Moyen-Orient ont un même lieu de convergence : le Liban. Pays qui est en définitive le témoin dans tous les sens du terme de tout ce que vit la région, de ses souffrances, de ses contradictions, mais aussi fort heureusement de ses espoirs.
Le 17 septembre 1978, le Président égyptien Anouar Sadate et le Premier ministre israélien Menahem Begin signent deux documents dont la référence est la résolution 242 des Nations unies d’octobre 1967 : le premier, un traité portant sur le « cadre de paix au Proche-Orient », le second document scellait la « conclusion d’un traité de paix » entre Israël et l’Égypte. Contre ce traité de paix prônant la « normalisation » avec Israël s’est constitué un front du refus arabe composé de l’Irak, la Syrie, la Libye et l’Algérie.
Un front du refus dont la faiblesse a éclaté au grand jour en 1982 puisque le « cadre de paix au Proche-Orient » a été inauguré par l ’’ Opération Paix en Galilée ’’, déclenchée le 6 juin par Israël et qui s’est conclue par l’occupation du Liban. Mis à part les éternelles diatribes anti- israéliennes, les dirigeants arabes ont été d’une passivité pour le moins déconcertante face à la destruction et à l’occupation du Sud Liban, à l’exode de la direction de l’OLP et à l’ignoble massacre dans le camp palestinien de Sabra et Chatila, commis par des collaborateurs libanais avec la bénédiction de l’occupant israélien. Le retrait israélien de 2002 est le fruit de la résistance libanaise et non celui du fameux « cadre de paix au Proche-Orient » égypto-israélien. Mais il faut l’admettre, le fer de lance de cette résistance était dans sa majorité chiite et incarné par le Hezbollah. D’où l’aura et la sympathie politique dont a rapidement bénéficié le Hezbollah au sein des couches populaires à majorité arabe sunnite du Maroc à l’Irak. Avec sa victoire sur Israël, le Hezbollah donnait l’exemple à suivre pour libérer les autres territoires occupés.
La guerre que lui fera encore Israël quatre ans plus tard, en juillet 2006, dans le but de détruire ses capacités militaires a été tacitement approuvée par les monarchies, l’Égypte et la Turquie, bref, les puissances régionales sunnites. Une fois de plus, de cette confrontation le Hezbollah sort grandi, augmentant l’inquiétude des dirigeants de ces pays traditionnellement dits modérés et en passe de revêtir un nouvel habit dans le cadre d’une éventuelle reconfiguration géopolitique de la région. Une offensive idéologico-religieuse en direction des couches populaires sunnites a donc été menée pour discréditer le Hezbollah via les médias et les prêches dans les mosquées . Elle semble avoir eu quelque succès : le Hezbollah a perdu en effet de sa notoriété et est perçu, certes à tort, comme un simple exécutant des visées iraniennes et vecteur d’un ’’islam dévoyé’’.
Il ne faut pas oublier par ailleurs que, sur le plan militaire, la C.I.A et d’autres organismes de renseignement américains financent des groupes politico-militaires anti-Hezbollah et encouragent l’infiltration de groupes armés sunnites et de prédicateurs salafistes avec l’aide de l’Arabie Saoudite. (3) A cet égard, les déclarations de Jeffrey D. Feltman, assistant de l’ancienne secrétaire d’Etat américaine, Condoleeza Rice, et responsable du bureau des affaires du Proche-Orient, et de Daniel Benjamin, coordinateur du bureau de lutte contre le terrorisme sont sans ambiguïté :’’Les Etats-Unis continuent de prendre très au sérieux les menaces que le Hezbollah fait peser sur les Etats-Unis, le Liban, Israël et l’ensemble de la région.’’
Le plus significatif reste la reconnaissance officielle de l’aide directe apportée par les Etats-Unis aux forces libanaises qui luttent contre le Hezbollah.’’Les Etats-Unis fournissent une assistance et un appui à tous ceux qui, au Liban, travaillent pour créer des alternatives à l’extrémisme et réduire l’influence du Hezbollah dans la jeunesse. (...) A travers l’USAID et la Middle East Partnership Initiative (MEPI), nous avons contribué depuis 2006 à hauteur de plus de 500 millions de dollars à cet effort… Depuis 2006, notre aide totale au Liban a dépassé le milliard de dollars…’’ .
Les Etat-Nations ennemis du Néo-libéralisme
Pour les pouvoirs sunnites, la lecture religieuse du conflit qui les oppose à l’Iran et à ses alliés syriens, irakiens et libanais permet de voiler les véritables enjeux stratégiques qui secouent la région. Enjeux qui entraînent l’opposition des Etats-Nations et des forces politiques, jaloux de leur souveraineté politique et économique et dont l’Iran est le fer de lance, au projet de formation d’un ensemble régional néo-libéral sous l’égide de l’impérialisme occidental.
Au Liban, cela se traduit par la confrontation, pour l’instant politique entre, d’une part, l’Alliance du 8 mars dont les deux composantes principales sont le Courant patriotique libre (CPL) de Michel Aoun et le Hezbollah et d’autre part, l’Alliance du 18 mars dont la composante principale est sunnite et est soutenue par l’Arabie Saoudite, l’Egypte et la Turquie, tous les trois pro-occidentaux. C’est en ce sens que le Liban est la pierre angulaire de ce qui se joue sur le plan stratégique et idéologique au Moyen-Orient et au-delà, dans le monde arabe.
Pour l’État d’Israël, en vue de justifier le danger que représente l’Iran, la référence religieuse est également présente en des termes bibliques comme l’exprimait clairement le Premier ministre israélien Benyamin Netannyahou à Auschwitz, le 28 janvier 2010 :’’Nous nous souviendrons toujours de ce que nous a fait l’Amalek nazi, et nous n’oublierons pas de nous tenir sur nos gardes face au nouvel Amalek qui apparaît au devant de l’histoire, et menace à nouveau d’exterminer les juifs. Nous ne prendrons pas les choses à la légère en nous faisant croire qu’il s’agit d’intimidations en l’air.’’
A n’en pas douter, les « contacts secrets » dont parlait Shimon Pères demeurent d’actualité et visent l’édification du «  nouveau Moyen-Orient » cher à l’ancien Président G.Bush. Un nouveau Moyen-Orient dont l’avènement ne peut être envisagé sans, d’une part, la neutralisation des « fauteurs de troubles régionaux » que sont l’Iran, le Hezbollah et le Hamas et, d’autre part, sans vassaliser, voire morceler la Syrie. Dans un Moyen-Orient ainsi conçu, la question palestinienne trouverait, du moins les stratèges US et israélien l’espèrent, une réponse acceptable pour l’État d’Israël,enfin rasséréné, une fois intégré politiquement et économiquement tel un « petit Occident » moyen-oriental.
M. El Bachir
Source : Le Grand Soir

vendredi 17 avril 2015

17 avril - Journée du Prisonnier Palestinien - Honte au monde dit libre qui ne bouge pas pour arrêter leur souffrance.



A l’occasion de la journée du prisonnier palestinien, célébrée le 17 avril de chaque année, le peuple palestinien rend un grand hommage à tous les prisonniers palestiniens en souffrance permanente derrière les barreaux israéliens.
Par milliers, les Palestiniens, résistants, activistes, députés, hommes politiques ou simples civils, croupissent dans les prisons israéliennes, en toute illégalité au regard du droit international.
Nos prisonniers avec leur résistance remarquable continuent de donner une leçon de courage et de détermination, pas seulement aux forces de l’occupation israélienne, mais au monde entier. Ils sont un exemple de patience et de persévérance.
L’arrestation, la détention et le jugement de nos 5000 prisonniers retenus dans 13 prisons israéliennes sont illégitimes, car ils sont les prisonniers de la liberté.
Parmi ces prisonniers, des dizaines souffrent de maladies graves, leur vie est en danger, à cause de la négligence médicale des autorités israéliennes qui veulent faire pression sur eux pour qu'ils cessent leur combat.
Parmi ces prisonniers, des dizaines sont enfermés dans les prisons israéliennes depuis des décennies. Leur seul crime a été d’avoir résisté face à l’occupation illégale.
Parmi ces prisonniers, plus de 300 enfants et 30 femmes, et plus de 1000 personnes sous détention administrative illégale sans jugement ni procès.
Le combat de nos prisonniers pour la liberté est suivi en Cisjordanie et dans la bande de Gaza par des milliers de Palestiniens qui organisent partout des manifestations de soutien à ces prisonniers dans leur résistance quotidienne.
Malgré quelques initiatives prises dans certains pays par des associations de la société civile, en solidarité avec les prisonniers palestiniens, via des manifestations et des rassemblements, on peut observer le profond silence des médias, des intellectuels, des partis politiques, des organisations des droits de l’homme, et celui des gouvernements d'un monde qui se dit libre et démocrate, mais qui n’arrive pas à bouger et à réagir devant une telle injustice.
Malgré la cruauté de l’occupant et le silence du « monde libre », le combat de nos prisonniers continue jusqu’à la liberté, et pour la justice.
Honte à l’occupation et à toutes ses mesures dirigées contre eux.
Honte au monde dit libre qui ne bouge pas pour arrêter leur souffrance.
Ce monde regarde mourir lentement nos prisonniers qui ne cessent de souffrir.
Souffriront-ils encore longtemps ?
Où sont donc les organisations des droits de l’homme ?
Où est donc le monde libre ?
Ne voit-il pas ? N'entend-il pas ?
Quand y aura-t-il une réelle pression sur les autorités israéliennes d’occupation ?
Le cri des ventres vides de nos prisonniers sera-t-il  entendu ?
Un dernier mot : l’histoire ne pardonnera jamais ce silence, cette négligence et cette position du monde entier.
Vive le combat légitime  de  nos prisonniers pour la liberté et pour la vie.
En attendant, derrière les prisonniers palestiniens, tout notre peuple poursuivra le combat, jusqu’à la conquête de ses droits légitimes et jusqu’à la sortie du dernier détenu des prisons et des cachots israéliens.

La guerre totale de l’information : la révolution Internet a initié un processus qui semble maintenant irréversible, l’émergence de voix dissidentes sur internet.



Le passage obligé par la presse écrite ou par les chaînes de télévision n’est plus, et ce bouleversement a notamment donné naissance à un nouveau type de citoyen : le blogueur.
Bien longtemps, trop longtemps, le champ de l’information a été le domaine réservé d’une élite médiatique qui occupait tant la presse écrite que le petit écran. Dès le début des années 2000, la révolution Internet a initié un processus qui semble maintenant irréversible : l’émergence de voix dissidentes sur internet, mais aussi et surtout la possibilité pour d’authentiques spécialistes et experts de s’exprimer et de toucher un public de plus en plus large.
Le passage obligé par la presse écrite ou par les chaînes de télévision n’est plus, et ce bouleversement a notamment donné naissance à un nouveau type de citoyen : le blogueur.Généralement simple commentateur, celui-ci peut être un expert et donc apporter dans un domaine précis une expertise qui manque journalistes, correspondants et autres pigistes de la presse généraliste. Le bloggeur présente en outre une autre force : écrivant souvent dans un esprit Wiki, bénévole ou caritatif, il n’est soumis à aucune rédaction, il tire ses revenus d’activités professionnelles sans rapport avec le monde médiatique. Souvent il entretient un dialogue avec les lecteurs de son blog, dialogue qui provoque la création de quasi think-tanks de toutes dimensions sur de différents sujets.
Le blogueur est bien souvent un travailleur acharné, stakhanoviste de la vérité, ou de sa vérité, celle qui ne va pas forcément dans le sens des grands médias. Avec la multiplication des blogs, forums et témoignages venus du terrain, autant dire que les journalistes professionnels ne peuvent plus impunément écrire n’importe quoi. Désormais, pour le journaliste qui fournit une prestation médiocre ou mensongère, la punition n’est jamais très loin : elle fait rapidement le tour de la planète sur Internet, comme on peut s’en assurer ici ou là.C’est sans aucun doute cette médiocre qualité du travail fourni par les journalistes français, avec une bien trop forte empreinte idéologique, qui a provoqué et favorisé l’émergence de nombreux fantassins idéologiques, pour reprendre l’expression d’un journaliste français, qui ont rejoint la bataille de l’information de façon totalement bénévole, avec leur conviction pour seule arme.
Ce processus de « bloggerisation » de la communication, et donc de l’information sur Internet, bouleverse la donne et inquiète fortement les centres d’information traditionnels. Un des correspondants français à Moscou avec lequel j’ai échangé il y a quelques années m’avait confié qu’il avait parfaitement compris qu’il faisait partie de la dernière génération de journalistes traditionnels, génération qui serait probablement remplacée à terme par des bloggeurs.Alors qu’en France on fait désormais écrire des robots à la place des journalistes, en s’inspirant de la tendance anglo-saxonne qui émerge au sein des agences généralistes de type Associated Press, en Russie c’est une tendance inverse qui émerge. Le blogueur y est de plus en plus pris en considération, et depuis août 2014, une loi assimile le blogueur qui dépasse une certaine audience (plus de 3.000 visiteurs uniques par jour) à un média presque à part entière, avec des devoirs mais aussi des droits (source). Cette évolution est fondamentale dans le cadre global de la guerre de l’information qui oppose de plus en plus frontalement l’Otan à la Russie. Longtemps les populations d’Europe n’ont eu droit qu’à une seule lecture des événements et de l’histoire : celle concoctée par les chancelleries des pays de l’Otan, puis médiatisée par les principales agences généralistes occidentales (AP, AFP et Reuters).Pendant la dernière décennie, la situation a évolué à mesure que de nombreux outils de communications non occidentaux ont émergé et pris de l’importance, que l’on pense à Al-Jazeera, Russia Today ou encore à des supports indiens ou chinois de très grande dimension qui communiquent de plus en plus activement dans les langues des pays occidentaux.
L’apparition de points de vue non-occidentaux, et non « occidentophiles » (soit absolument pas pro-américains) a beaucoup inquiété les chancelleries de certains pays occidentaux. Depuis deux ans environ, Bruxelles a activé et financé une armée de « trolls » chargés d’influencer les votes aux élections européennes. Cette révélation a probablement convaincu une large part des européens que si l’UE critique la Corée du Nord, elle emploie pourtant les mêmes méthodes quand il s’agit de « convaincre » ses populations de bien voter.Dans ce monde médiatique en mutation, les outils de communication russes vers l’étranger ont enregistré quelques succès. Il y a les plateformes RIA Novosti et Voix de la Russie, désormais fusionnées sous l’appellation Sputnik mais aussi Russia Today, qui sont aujourd’hui des acteurs majeurs de l’information/ré-information et donc de la guerre entre médias qui fait rage.

A l’ouest c’est la panique.

Le commandant en chef des troupes de l’Otan en Europe a récemment appelé à mener une guerre de l’information, notamment sur les réseaux sociaux, tandis que le conseil américain des gouverneurs de la radiodiffusion déplorait que les Etats-Unis soient en train de perdre la guerre de l’information face à la Russie. A Bruxelles, l’ambiance est la même. Les Etats baltes et la Grande-Bretagne ont appelé à mettre en place un plan de réponse aux médias russes en lançant notamment une chaîne de télévision paneuropéenne en russe. Face aux médias russes, une haine suintante est apparue au grand jour lorsque l’année dernière le rédacteur du magazine The Economist, Edward Lucas, a qualifié les employés de Russia Today d’excentriques et de propagandistes et appelé à rejeter et exclure « ces gens » (sic) du monde du journalisme. Pour la présidente de Lituanie, la propagande russe doit être identifiée et tout bonnement éradiquée.
Nous voilà revenus à une sorte de nouvelle guerre froide médiatique cyber-violente, dans laquelle la Russie d’aujourd’hui apparaît de nouveau comme un modèle politique pour bon nombre d’Européens…
Source : http://fr.sputniknews.com/points_de...