vendredi 1 novembre 2013

La Syrie, pays de tous les enjeux….Dans tous les cas, la question du gaz semble partie intégrante du conflit actuel en Syrie….le protocole de Doha, signé en Novembre 2012 par la majorité des groupes de l’opposition Syrienne prévoyait, dans la Syrie post-Al-Assad , "la permission du passage du gazoduc Qatari à destination de la Turquie puis de l’Europe".

Le 07 Octobre 2013, le ministre Français de la défense était reçu en Arabie Saoudite par le roi Abdallah. Le ministre a ensuite déclaré à propos de la Syrie : "Notre approche sur la situation est identique. Nous sommes dans la logique de renforcer la Coalition nationale Syrienne et l’état-major du général (Sélim) Idriss (chef d’état-major de l’ASL)". Rappelons que l'Arabie Saoudite est une monarchie absolue, promouvant un Islam radical (le Wahhabisme), qu'elle pratique la discrimination ethnique, prive les femmes des droits les plus élémentaires, emprisonne et torture les opposants, réduit en esclavage les travailleurs étrangers, offre des spectacles de décapitation sur la place publique ... Si la France et l'Arabie Saoudite sont en "grande convergence" au sujet de la guerre menée en Syrie, on peut finir par douter de son mobile humanitaire et chercher d'autres explications.

La guerre du gaz
Le gaz apparait aujourd’hui comme une alternative à la diminution des réserves mondiales de pétrole et possède en outre l’avantage d’être une énergie propre. Ce sera la principale ressource d’énergie du XXIème siècle et l’Union Européenne devrait en être le plus gros consommateur.
Actuellement, la Russie est le pays qui dispose des plus grosses réserves en gaz et sa société étatique Gazprom en assure l’exploitation. L’exportation du gaz Russe est quant à elle permise grâce à deux grands projets de gazoduc :
- Nord Stream passant par l’Allemagne et censé alimenter le nord de l’Europe.
- South Stream qui doit se diriger vers l’Europe occidentale via la Bulgarie, la Serbie, la Hongrie et la Slovénie.
Or, dans le but de concurrencer South Stream, l’Union Européenne a soutenu le projet Nabucco. Ce projet visait principalement le gaz de l’Azerbaïdjan (champ de Shah Deniz) et devait se diriger vers l’Europe occidentale en passant par la Turquie, la Bulgarie, la Roumanie et la Hongrie. La guerre entre South Stream et Nabbuco a nettement tournée à l’avantage de la Russie. Initialement prévu pour 2014, Nabbuco a été sans cesse repoussé en raison de difficultés techniques et de l’absence de clients clairement définis. De plus, l’Azerbaïdjan a finalement choisi le gazoduc Trans-Adriatic Pipeline (TAP) pour acheminer son gaz vers l’Europe au détriment de Nabucco. Cela a peut être signé l’arrêt de mort de ce projet.
Au Moyen-Orient, l’Iran est un grand producteur de gaz. En Juillet 2011, l’Iran, l’Irak et la Syrie ont signé un projet de gazoduc : l’Islamic Gas Pipeline ou "Gazoduc Chiite". Après un temps de réalisation estimé 3 ans, ce projet devrait permettre à l’Iran d’alimenter l’Irak et la Syrie. Grâce aux ports méditerranéens de la Syrie ou du Liban, il pourrait même alimenter l’Union Européenne. Par ailleurs, la Syrie a découvert en Août 2011 un vaste champ gazier à Qaraa, près du port de Tartous. Partenaire économique de la Syrie, la Russie pourrait alors jouer un rôle important, non seulement dans l’exploitation de ce gaz, mais aussi dans son exportation vers l’Europe par la mise à disposition de sa flotte en méditerranée.
C’est avec le Qatar que l’Iran partage le plus grand champ gazier du monde (il est nommé South Pars côté Iran et North Dome côté Qatar). Pour l’instant, le Qatar exporte son gaz par des méthaniers, ce qui n’est déjà pas sans risques. En plus, ces bateaux doivent transiter par le détroit d’Ormuz, qui est sous contrôle de l’Iran. En 2009, le Qatar a alors présenté un projet de gazoduc terrestre devant le relier à la Turquie. Le tracé incluait initialement l’Arabie Saoudite, mais après son refus, il devrait finalement passer finalement par l’Irak, la Jordanie et la Syrie. C’est dans cette optique que le Qatar s’est rapproché en 2010 de la Syrie par un "pacte de défense". Mais cette dernière a ensuite préféré se joindre au projet de Gazoduc Chiite.
Deux autres puissances régionales sont intéressées par le projet Qatari : la Turquie et Israël. La Turquie cherche a diminuer sa dépendance au gaz Russe et au gaz Iranien. De plus, elle toucherait des royalties pour permettre le transit de gaz vers l’Europe. Partie prenante du projet Nabbuco puis du projet Qatari (qui devait rejoindre Nabbuco sur son territoire) la Turquie a également signé un contrat avec l’Azerbaïdjan pour l’achat de grosses réserves de gaz en 2017. Quant à Israël, il a découvert fin 2010 un énorme champ gazier au large de ses côtes. Il pourrait donc rejoindre le projet Qatari pour l’exportation de son gaz vers l’Europe.
Ainsi, le Qatar, la Turquie et Israël voient d’un très mauvais oeil la réalisation du gazoduc Iran-Irak-Syrie, complètement indépendant de leurs routes de transit vers l’Europe. Quant à l’Union Européenne, elle cherche à diversifier ses sources d’approvisionnement et donc à diminuer sa dépendance au gaz Russe. Comme d’habitude, les USA chapeautent le tout en cherchant à soutenir leurs alliés (Israël, Turquie, Qatar) et affaiblir leurs concurrents (Russie, Iran). Dans tous les cas, la question du gaz semble partie intégrante du conflit actuel en Syrie. Selon le journaliste Algérien Noureddine Merdaci, le protocole de Doha, signé en Novembre 2012 par la majorité des groupes de l’opposition Syrienne prévoyait, dans la Syrie post-Al-Assad , "la permission du passage du gazoduc Qatari à destination de la Turquie puis de l’Europe".
Un Moyen-Orient instable
Avec les deux tiers des ressources mondiales en pétrole et 40% des réserves de gaz connues, le Moyen-Orient est le lieu majeur de production d’hydrocarbures. Il couvre et couvrira certainement pendant plusieurs décennies encore, la plupart des besoins énergétiques de la planète. Or, ce début de 21ème siècle voit l’apparition de grandes puissances émergentes, les BRICS (Brésil, Russie, Inde, Chine, Afrique du Sud) dont les besoins en énergie ne cessent de croître. La Chine par exemple est aujourd’hui derrière les USA, le deuxième plus gros consommateur mondial de pétrole. Alors que le Moyen-Orient est depuis longtemps le théâtre de tensions et d’affrontements pour le contrôle de ses ressources énergétiques (opération AJAX en 1953, guerre d’Irak en 2003 ...), la situation ne risque pas de s’améliorer.
Au sein même de cette région, s’ajoute une fracture religieuse entre musulmans Sunnites et Chiites. Les Sunnites considèrent qu’il ne doit pas y avoir d’intermédiaires entre le croyant et dieu, tandis que pour les Chiites, c’est l’Iman qui est le véritable guide de la communauté. Dans le monde, la plupart (environ 80-90%) des musulmans sont Sunnites, mais les Chiites sont majoritaires (environ 70%) dans les pays du Golfe. Les deux communautés ne s’aiment pas. Persécutés par les Sunnites, les Chiites minoritaires ont longtemps dû se réfugier dans la clandestinité, tandis que certains Sunnites vont jusqu’à considérer les Chiites comme des mécréants et se méfient de leur expansion. En Iran où le Chiisme est la religion d’état, Khomeini avait présenté en 1979 la révolution comme un "modèle à exporter". Aujourd’hui, l’Iran, l’Irak, les Alaouites de Syrie et le Hezbollah Libanais forment un croissant Chiite, lequel est fortement combattu par l’arc Sunnite qui englobe l’Arabie Saoudite, le Qatar et les Emirats Arabes Unis. Les pétromonarchies du golfe dépensent beaucoup d’argent pour la propagation du Wahhabisme (c’est une forme radicale du Sunnisme, il est par exemple interdit d’invoquer le prophète, les saints ou les anges, de sculpter des décorations dans une mosquée ...). Elles n’hésitent d’ailleurs pas à soutenir les impérialistes occidentaux dans les guerres qui les opposent à leurs rivaux régionaux (la Syrie en fait aujourd’hui les frais).
Régional, ce clivage devient même national puisqu’il y a dans les pays majoritairement Sunnites des minorités Chiites et inversement (les Chiites d’Arabie Saoudite qui sont d’ailleurs plus nombreux dans les régions pétrolifères de l’est, les Chiites du Pakistan ...). Parfois, ces minorités sont au pouvoir (les Sunnites en Irak sous Saddam Hussein ou au Bahreïn actuellement, les Alaouites en Syrie actuellement ...). Certains pays sont alors le lieu de favoritisme, de discriminations, voire de persécutions ou d’affrontements violents. Actuellement, cette violence touche principalement l’Irak (majorité Chiite) et le Pakistan (majorité Sunnite). L’influence étrangère joue parfois un rôle dans la fracture confessionnelle (la révolution Iranienne de 1979 a radicalisé les Chiites du Pakistan ...), cela pouvant même aller jusqu’à de l’ingérence (l’Arabie Saoudite a soutenu militairement le régime du Bahreïn dans sa féroce répression contre les Chiites lors du printemps Arabe en 2011).
La présence Kurde est une autre source d’instabilité au Moyen-Orient. Au lendemain de la première guerre mondiale, le traité de Sèvres avait prévu un découpage de l’empire Ottoman comptant un état Kurde. Cependant, les Français et les Britanniques avaient en 1916 signé un accord secret (Sykes-Picot) qui procédait à un autre découpage. Les Kurdes furent répartis dans 4 pays (Turquie, Iran, Irak et Syrie) et le Kurdistan n’est resté depuis qu’une simple zone géographique. Mais le nationalisme Kurde est resté présent. Aux soubresauts nationaux (affrontements entre le PKK et le gouvernement Turc depuis 1984, soulèvements Kurdes en Irak durement réprimés avec notamment le massacre par arme chimique à Hallabja en 1988, soulèvements en Syrie durement réprimés en 2004 et 2005) s’ajoute un activisme transnational (projet du PKK d’un grand Kurdistan, soutiens à cette organisation hors de la Turquie ...).
Enfin, Israël est depuis sa création un important facteur de tensions régionales : guerre de 1948 après la création de l’état, guerre du canal de Suez en 1956, guerre des six jours en 1967, guerre de Kippour en 1973, guerres au Liban en 1982 et 2006 et surtout l’interminable conflit Israëlo-Palestinien. Si les relations entre Israël et ses voisins ont dès le départ été mauvaises, sa politique de grignotage territorial n’a fait depuis qu’empirer les choses. Actuellement, le projet de création d’un état Palestinien est au point mort. Les territoires Palestiniens sont divisés entre d’un côté la Cisjordanie, partiellement contrôlée par l’autorité Palestinienne (un mur de séparation prive la Cisjordanie d’une partie de son territoire de 1967), et de l’autre la bande de Gaza, entièrement contrôlée par le Hamas. Au Moyen-Orient, la solidarité envers la Palestine dépasse parfois le clivage entre Chiites et Sunnites. l’Iran et le Hezbollah Chiites sont par exemple en bons termes avec le Hamas Sunnite. Mais d’autres pays gardent leurs distances. C’est le cas de l’Egypte (accord de paix avec Israël en 1979) ou l’Arabie Saoudite (qui coopère avec Israël contre l’Iran), pourtant tous les deux Sunnites.
Le jeu des alliances
Dans le monde de demain, qui risque progressivement d’échapper à la toute puissance Etasunienne, deux pays sont particulièrement redoutés : la Chine et la Russie. La première est aujourd’hui 2ème puissance mondiale et devrait passer au premier rang d’ici 2040, tandis que la seconde réorganise depuis les années 2000 sa sphère d’influence géopolitique perdue aux lendemains de la guerre froide. Les deux voisins, membres du conseil de sécurité de l’ONU, établissent non seulement des liens avec des pays stratégiques (La Russie est présente au Moyen-Orient où elle vend par exemple des centrales nucléaires à l’Iran, la Chine est très présente en Afrique) mais aussi entre eux (la Russie et la Chine collaborent par exemple dans de grands projets d’acheminement du gaz entre leurs deux pays). Quels pays pourraient rejoindre ces alliances dans le futur ? L’Inde ? Et pourquoi pas le Japon ?
C’en est trop pour les maîtres du monde qui se sont donné pour mission de contenir la progression Sino-Russe et d’affaiblir ses alliances. En plus des sanctions diplomatico-économiques (que l’Iran connait bien) et des tentatives de déstabilisation sur les questions des minorités et des droits de l’homme (que la Chine et la Russie ont eux aussi expérimentés), les USA ont une stratégie qu’ils ont bien rôdée pendant la guerre froide : celle de l’encerclement. Pour illustrer cette stratégie, il suffit d’observer le voisinage géographique de l’Iran. En plus des pétromonarchies du golfe et du Pakistan, les guerres d’Afghanistan et d’Irak ont poursuivi l’encerclement de ce pays par des régimes pro-Etasuniens et l’installation de nouvelles bases militaires. Levier de la politique étrangère Etasunienne, l’OTAN met en oeuvre cette stratégie à grande échelle. Du rôle clé de la Turquie qui accueille le grand bouclier anti-missile, en passant par l’Initiative de coopération d’Istambul (Barheïn, Qatar, Koweit, Emirats Arabes Unis) jusqu’aux partenariats militaires en extrême-orient et dans le pacifique (Australie, Nouvelle Zélande, Singapour, Corée du sud et Japon) c’est toute la partie Moyen Orient – Russie - Chine qui est ainsi prise en étau.
Depuis longtemps, les occidentaux sont proches des pétromonarchies du golfe. En 1945, les USA avaient conclu avec l’Arabie Saoudite (premier producteur mondial de pétrole) le pacte "protection militaire contre accès exclusif au pétrole", puis avaient commencé à y installer leurs bases militaires. Vers 2003, diverses raisons (fin de la guerre d’Irak, sentiment anti-Etasunien croissant dans la population Saoudienne, guerre contre les Talibans dont l’idéologie est proche du régime Saoudien ...) les avaient poussés à un redéploiement de leurs forces au Qatar, pays où ils viennent encore récemment d’installer un radar anti-missile pour contrer l’Iran. Les USA ont quand même conservé des troupes en Arabie Saoudite. Cela leur permet de ne pas mettre tous les oeufs dans le même panier, d’autant qu’ils doivent parfois jouer les équilibristes entre Israël, le Qatar et l’Arabie Saoudite qui sont tantôt alliés, tantôt rivaux. Quant à la France, est-il besoin de rappeler qu’elle vient de signer en Juillet 2013 un contrat d’un milliard d’Euros avec les Emirats Arabes Unis puis en Août un contrat du même montant avec l’Arabie Saoudite et qu’on ne compte plus dans l’hexagone les investissements Qataris (clubs de foot, banlieues ...) ?
L’organisation des Frères musulmans est un autre levier de la politique Etasunienne au Moyen-Orient. Contrairement aux Wahhabites, ceux-ci prônent une progression de l’Islam par le haut, politisée. Rejetant l’influence occidentale et souhaitant des républiques Islamistes dans les pays à majorité musulmane, ils s’opposent parfois durement aux courants laïcs de ces pays (Egypte, Syrie). En Syrie, ils ont été interdits en 1980 suite à une série d’attentats sanglants, puis massacrés dans les soulèvements qui ont suivi (20.000 morts à Hama en 1982). Mais avec un programme politique plutôt bien accepté par l’occident, les Frères musulmans sont des alliés potentiels contre les ennemis du moment. Dès les années 50, les USA s’en étaient rapprochés pour lutter contre les régimes socialistes et panarabes du Moyen-Orient (Nasserisme, parti Baas) ; plus récemment en Egypte (présidence de Mohamed Morsi), les USA se sont bien accommodés de leur association entre conservatisme religieux et libéralisme économique ; aujourd’hui en Syrie, leur rôle est dominant dans le conseil de transition (CNS/CNFOR). Au niveau régional, les Frères musulmans peuvent compter sur le soutien de la Turquie (l’AKP quoique plus laïc, est également Sunnite et libéral), celui du Qatar (essentiellement Wahhabite mais socialement et politiquement stable), mais pas de l’Arabie Saoudite. Touchée par le printemps Arabe (où la police a d’ailleurs tué quelques manifestants), celle-ci redoute en effet leur activisme politique (hier du côté des militaires en Egypte, l’Arabie Saoudite soutient aujourd’hui les Salafistes en Syrie).
Pressions, guerres et chaos
Les enjeux au Moyen-Orient permettent de mieux comprendre l’épicentre actuel en Syrie. Partenaire économique de la Russie (qui est elle même proche de la Chine) et intégrée au croissant Chiite où elle participe avec l’Iran et l’Irak à la réalisation d’un grand Gazoduc, la Syrie échappe au Grand maître Etasunien. Les manoeuvres de déstabilisation visant la Syrie ou ses alliés ne sont d’ailleurs pas récentes. A la stratégie d’encerclement de la Russie et de la Chine précédemment évoquée, on peut ajouter les sanctions économiques contre l’Iran (embargo pétrolier, boycott bancaire) ou encore la résolution 1559 (Franco-Etasunienne) votée à l’ONU en 2004 afin d’obtenir le retrait des troupes Syriennes du Liban (qui y étaient déployées depuis la fin de la guerre civile en 1990). Le prétexte pour passer à un niveau supérieur a été fourni pendant le printemps Arabe en Mars 2011. Alors que les premières manifestations étaient pacifistes et légitimes (manque de démocratie, hégémonie du clan Al-Assad et de la communauté Alaouite ...) le parti pris de l’occident a alimenté l’escalade de violence et a fortement contrasté avec son silence lors des répressions sanglantes au Bahreïn, ou au Yémen. En reprenant systématiquement les déclarations de l’Observatoire Syrien des Droits de l’Homme (proche des frères musulmans et basé à Londres), les occidentaux se sont alors empressés de proposer des résolutions à l’ONU. Mais la Russie et la Chine y ont cette fois-ci opposé leurs vétos, échaudées par l’aventure Lybienne où la résolution censée protéger les populations civiles s’était transformée en blanc-seing pour un renversement de régime.
Si le droit international n’est que la codification d’un rapport de forces, Carl Von Clausewitz disait de la guerre qu’elle est "la continuation de la politique par d’autres moyens". Les Etats-Unis ont montré avec la guerre d’Irak en 2003 qu’ils étaient bien capables de se passer de l’aval des Nations Unies. Dans les années 2000, l’administration Bush avait établi un projet de "grand Moyen-Orient" où il était question d’exporter la démocratie par la guerre. Mais cette stratégie a montré ses limites. D’abord, de telles guerres se sont révélées longues, coûteuses et aux issues incertaines. En Afghanistan (2001-), les troupes Etasuniennes ne se sont toujours pas retirées et le gouvernement d’Hamid Karzaï est toujours en lutte contre les Talibans ; en Irak (2003-2011), la guerre directe a ensuite cédé place aux attentats anti-Etasuniens et aux affrontements "Chiites contre Sunnites". Ensuite, il y a le risque d’une déstabilisation régionale qui peut se retourner contre l’occident. L’Iran a par exemple tiré avantage de la chute du pouvoir Taliban en Afghanistan et de celui de Saddam Hussein en Irak (où l’actuel gouvernement est Chiite). Enfin, il y a pour les occidentaux le risque d’une démocratie qui ne les arrange pas (les législatives de 2006 en Palestine ont par exemple été remportées par le Hamas) ; on se souvient aussi de Mohammad Mossadegh renversé en 1953 par l’Angleterre et Etats-Unis pour avoir voulu nationaliser le pétrole Iranien.
En Syrie, une guerre directe parait une fois de plus compliquée. Tout d’abord, Bachar al-Assad est soutenu par une majorité de la population. La Syrie compte plusieurs minorités (Druzes, Chrétiens, Kurdes, Alaouites, ...) et l’état laïc leur assurait jusqu’ici la paix civile. De plus, contester le régime en place ne signifie pas soutenir une agression étrangère, laquelle engendre au contraire un fort sentiment d’union nationale. A l’étranger, la Syrie bénéficie de soutiens importants : ceux de l’Iran et du Hezbollah (qui ont reconnu être ouvertement impliqués dans le conflit) et celui de la Russie (qui lui fournit une grande partie de son équipement militaire). Quant aux ennemis d’Al-Assad, ils n’ont pas toujours les mêmes intérêts dans le conflit. La Turquie soutient les Frères musulmans mais redoute la montée en puissance des Kurdes (qui avaient pu créer un gouvernement régional en Irak après la chute de Saddam Hussein), le Qatar soutient aussi les Frères musulmans tandis que l’Arabie Saoudite soutient les salafistes ; Israël quant à lui redoute peut être plus la confrérie (le Hamas Palestinien est une branche de cette organisation) que le régime actuel qui ne le menace pas directement ; enfin, si les occidentaux ont montré qu’ils pouvaient s’entendre avec certains courants politiques comme les Frères musulmans, leur présence s’est plutôt révélée impopulaire dans la région où ils ont été la cible de nombreuses attaques.
Rien de tel dans ces cas là qu’une guerre indirecte : on économise ses troupes tout en entretenant le chaos à distance, chaos duquel on finira bien par tirer notre épingle du jeu. L’Arabie Saoudite et le Qatar ont reconnu armer les opposants depuis le début ; la Turquie permet aux combattants étrangers de traverser son territoire puis de s’y replier lors des combats ; quant aux Etats-Unis et à la France, d’abord fournisseurs d’armes "non létales", ils ont décidé plus récemment de passer à la vitesse supérieure. Encourager les défections est aussi un moyen d’affaiblir le régime tout en recyclant le savoir-faire politique et militaire. Si apprendre du plus fort qu’on est dans le mauvais camp donne déjà à réfléchir, l’argument financier fait aussi son effet. Lorsqu’en Mai-Juin 2011, l’Union Européenne et les USA avaient adopté des sanctions financières contre les dignitaires du régime, le parti Baas avait alors connu des défections massives. Quant à l’ancien premier Ministre Riyad Hijab, ses avoirs ont été dégelés au lendemain de sa défection en Août 2011. Enfin, le conseil de transition (CNS devenu CNFOR) est pour les puissances étrangères un moyen de contrôler l’issue du conflit, militairement d’une part (contrôle de la livraison d’armes, pilotage des opposants armés de l’ASL, ...) et politiquement d’autre part (mise à l’écart de certains groupes tels que les Kurdes lors du remodelage du CNS en CNFOR, élection d’un expatrié Etasunien - Ghassan Hito - comme premier ministre, ...).
En continuant d’armer l’ASL et en refusant toute négociation avec le régime, l’opposition écarte durablement toute possibilité d’apaisement. L’attaque chimique du 21 Août 2013 fait d’ailleurs figure de prophétie auto-réalisatrice après la menace d’Obama un an plus tôt (franchissement de la "ligne rouge"). Peu importe le manque de preuves, les déclarations de Carla del Ponte (ancienne procureur du TPI, membre de la commission d’enquête en Syrie) ou l’arrestation à la frontière Turque de membres du Front al-Nosra en possession de gaz Sarin ; c’est à mettre une fois de plus sur le compte de Al-Assad. Sauf que la situation n’a pas avancé sur le terrain où les djihadistes (non contrôlés par la CNFOR) semblent par ailleurs devenus la force d’opposition majoritaire. Après le refus du parlement Anglais de toute action militaire, les USA décident eux aussi d’attendre l’avis de leur congrès, tirent quelques missiles en Méditerranée (peut être pour tester la défense anti-aérienne de l’ennemi) puis acceptent finalement la proposition Russe de désarmement de l’arsenal chimique Syrien. Quant à la France, voyant écarté son projet de résolution particulièrement belliciste, elle n’en demeure pas moins déterminée à lutter contre la tyrannie ... avec l’Arabie Saoudite.

mercredi 30 octobre 2013

SYRIE ,Tribunal imaginaire….. Ce tribunal est imaginaire car il ne peut exister. La communauté internationale fonctionne avec les votes de 192 nations, avec le contre-exemple antidémocratique du droit de veto d’une seule des 5 nations qui en disposent. C’est-à-dire : 191 votent OUI, 1 vote NON, alors c’est NON.

Ce jugement est utopique comme le démontrent les retraites en toute tranquillité du trio Bush-Blair-Sarkozy, bien que leurs mains soient tachées du sang des milliers de victimes civiles innocentes. Ce tribunal est imaginaire car il ne peut exister. La communauté internationale fonctionne avec les votes de 192 nations, avec le contre-exemple antidémocratique du droit de veto d’une seule des 5 nations qui en disposent. C’est-à-dire : 191 votent OUI, 1 vote NON, alors c’est NON. Pour ce jugement utopique de l’affaire de la Syrie, ne seront point présents deux des principaux témoins : Monsieur Barack Obama et Monsieur François Hollande. Ces questions sont hypothétiques parce que les accusés ne se présenteront pas, pas même en qualité de témoins. Cependant, nous posons les questions. Nous laissons les réponses à l’appréciation du lecteur.
Monsieur Obama,
Vous, avec l’autorité morale d’un Prix Nobel de la Paix, avez exprimé votre extrême préoccupation pour les dégâts chimiques que peuvent produire parmi la population civile l’emploi d’armes de destruction massive. Votre nation est la seule dans l’histoire universelle à avoir lancé deux bombes atomiques sur deux grandes villes sans défenses, Hiroshima et Nagasaki. OUI ou NON ?
Monsieur Hollande,
Le Ministre des Affaires Etrangères allemand a exprimé la même préoccupation que son collègue étasunien. La première fois dans l’histoire que furent utilisés des gaz toxiques, ce fut contre des soldats français durant la première guerre mondiale. Cette innovation militaire, la guerre chimique, on la doit à l’Allemagne. OUI OU NON ?
Monsieur Obama,
C’est sur base d’un rapport inventé sur des armes de destruction massive que votre pays a lancé une invasion et une occupation de l’Irak. OUI ou NON ?
Alors qu’une commission d’experts de l’ONU se trouvait encore en Syrie en train de mener une enquête sur les armes chimiques, vous affirmiez que l’on disposait de preuves, mais qu’on ne pouvait pas les divulguer. Vous, Monsieur Obama et les Etats-Unis, reconnaissez l’ONU comme une Organisation des Nations Unies ? OUI ou NON ?
Monsieur Hollande,
Alors qu’une commission d’experts de l’ONU se trouvait toujours en Syrie en train de mener une enquête sur les armes chimiques, Monsieur Jean-Marc Ayrault, votre Premier Ministre, présentait publiquement un dossier des Services Secrets français accusant le gouvernement syrien d’avoir employé des armes chimiques. Vous, Monsieur Hollande, et la France, reconnaissez l’ONU comme l’Organisation des Nations Unies ? OUI ou NON ?
On dit qu’en février 2012, plus de 100 militaires français impliqués dans des actions contre le gouvernement syrien furent capturés en Syrie. Ce qui fut par contre confirmé, ce sont les négociations de la France, via l’ONU, la Ligue Arabe et Kofi Annan, pour obtenir la libération de 18 agents français prisonniers en Syrie, incluant des officiers supérieurs de vos services de communication. OUI ou NON ?
Monsieur Laurent Fabius est votre actuel Ministre des Relations Extérieures, et il s’est exprimé en faveur d’une intervention militaire (lire : attaque), contre la Syrie, de la part de la France. En 1985, des commandos français en Nouvelle Zélande ont coulé le « Rainbow Warrior », voilier de Greenpeace. Monsieur Fabius était alors Premier Ministre de France. OUI ou NON ?
On dit que la connaissance de l’histoire permet de mieux comprendre le présent et visualiser le futur. Merci de nous éclairer un petit peu sur l’histoire de votre pays. En 1916, la France et la Grande-Bretagne, grâce aux accords de Sykes-Picot, tombèrent d’accord sur le fait que la Grande-Bretagne gardait la Mésopotamie (Irak) et la Palestine, tandis que votre pays, la France, prenait la Syrie. OUI ou NON ?
En Avril 1920, la Société des Nations décide de mettre la Syrie sous mandat de la France. OUI ou NON ?
En 1939, pour éviter une alliance entre la Turquie et le Troisième Reich d’Hitler, la France, pour garantir la neutralité turque, lui céda une partie du territoire syrien, le Sandjak, qui s’est transformée en province turque de Hatay. OUI ou NON ?
Monsieur Obama,
L’histoire plus contemporaine peut également nous apporter quelques lumières. En 2003, le Congrès des USA a voté des sanctions contre Damas. OUI ou NON ?
En 2010, un sommet tripartite eut lieu à Damas entre le Président Assad, Ahmadinejad et Hassan Nasrallah, secrétaire général du Hezbollah. L’objet de cette réunion était de définir une stratégie de défense commune contre Israël. Nous répétons et nous soulignons : STRATEGIE DE DEFENSE. Vous semble-t’il logique que des pays qui se considèrent comme menacés aient le droit de penser à un moyen de se défendre ? OUI ou NON ?
On a souvent mentionné les propos d’un de vos généraux qui se référait à un plan d’attaque contre sept nations, dont la Syrie. Mais peu de gens parlent d’un autre plan, élaboré par les « think tanks » de Washington et qui porte le nom de « Syriana ». Vous, Monsieur Obama, êtes au courant de ce programme « Syriana » ? OUI ou NON ?
Nous savons tous que la Syrie est le pays arabe qui résiste le plus aux USA et à Israël, c’est-à-dire à l’axe Washington-Sionisme. L’objectif de « Syriana » est la re-modélisation de 22 pays, plus largement une re-modélisation globale du Moyen-Orient. Vous, Monsieur Obama, le savez ? OUI ou NON ?
Monsieur Obama, pour conclure ce bref panorama de l’histoire contemporaine, une Résolution du Congrès de Washington intitulée « Syria Accountability Act » autorise le Président des USA à saisir des biens syriens sans soliciter de vote du Congrès et sans attendre l’autorisation de l’ONU. OUI ou NON ?
Monsieur Obama et Monsieur Hollande,
Nous désirons maintenant parler des thèmes militaires, d’armes et de victimes. La question s’adresse à tous les deux.
La Syrie a-t’elle émis une déclaration de guerre contre les USA ou la France ? OUI ou NON ?
La France et les USA ont-ils un « casus belli » contre la Syrie ?  OUI ou NON ?
La même question sur les déclarations de guerre et les « casus belli », nous vous la posons sur les cas de l’Iraq et de la Lybie. À un quelconque moment, l’Irak ou la Lybie vous ont-ils adressé une déclaration de guerre, contre la France ou les USA ? OUI ou NON ?
De la part des USA et de la France, nous pouvons dès lors parler non plus de guerres, mais bien d’attaques et d’invasions ? OUI ou NON ?
Monsieur Obama,
Nous désirons maintenant parler des armes non conventionnelles comme les armes chimiques, biologiques, bactériologiques et autres. Au Vietnam, l’armée étasunienne a utilisé du napalm et des gaz toxiques comme le CN, le CS et le DM fabriqués par votre pays. OUI ou NON ?
Le Département de la Défense des USA a inventé et fabriqué l’Agent Orange composé de deux agents chimiques extrêmement nocifs contre l’humain, et l’a utilisé contre des populations civiles d’autres nations. OUI ou NON ?
Monsieur Hollande,
Nous savons tous qu’un faux rapport sur des armes de destruction massive fut présenté par la Grande Bretagne et Washington pour justifier leur invasion de l’Irak. Votre prédécesseur, Monsieur Sarkozy, a présenté son intervention comme une « aide humanitaire » au peuple Libyen, suite au massacre de 10.000 civils à Benghazi attribué à l’Armée Libyenne. Pouvez-vous nous présenter les preuves de ce massacre ? OUI ou NON ?
Avant l’intervention française, la Libye avait le meilleur indice de développement de toute l’Afrique. Aujourd’hui, elle est en grande partie détruite et, assez curieusement, une grande partie de son patrimoine économique a disparu. Savez-vous ce qu’il est advenu de ce gigantesque patrimoine économique ? OUI ou NON ?
La France a réalisé d’importants accords sur la vente d’armes au gouvernement libyen, et a reçu avec tous les honneurs à Paris son Président Mouammar Kadhafi. Successivement, les pays occidentaux « développés et démocratiques » ont sollicité son désarmement comme « preuve d’amitié pour appartenir au Club des Nations ». Ce n’est qu’une fois la Libye désarmée que la France a lancé une attaque militaire sous les directives de Washington. OUI ou NON ?
Monsieur Obama,
En tant que Prix Nobel de la Paix, c’est presque avec une voix ébranlée que vous avez dénoncé au monde le meurtre de plus de 400 enfants et femmes en Syrie, affirmant que le responsable de ces décès était le gouvernement de Assad. Vous, Monsieur Obama, devez mettre sur une balance les femmes et enfants victimes des bombardements des USA au Vietnam, en Afghanistan, en Irak et en Libye. Pouvez-vous nous confirmer qu’il s’agit non pas de centaines mais de millions d’enfants et de femmes ? OUI ou NON ?
Vous, Monsieur Obama, êtes le 44ème président des USA depuis le 20 janvier 2009. Le 18 janvier de cette même année, un massacre a eu lieu à Gaza, perpétré par l’Etat d’Israël, à l’aide de bombes au phosphore blanc, et ayant pour résultat 900 victimes civiles dont 300 enfants palestiniens. Depuis le 4 novembre 2008, vous étiez alors Président élu, ce massacre, contrairement à celui attribué au gouvernement syrien, n’était pas basé sur des suppositions mais était bien un fait démontré et qui plus est confessé par les israéliens. Contrairement à aujourd’hui avec la Syrie, vous n’aviez alors pas fait appel à la communauté des nations pour condamner le gouvernement d’Israël pour ce massacre. OUI ou NON ?
Ces derniers temps vous vous référez presque tous les jours à la « communauté des nations ». Depuis le 3 février 1962, plus d’un demi-siècle, les USA maintiennent un embargo contre une petite nation sans défense des caraïbes, Cuba. En 2012, la même « communauté de nations » s’est exprimée clairement lors d’un vote sur cet embargo, 188 voix contre l’embargo, 3 pour, et 2 abstentions. Vous qui vous référez si souvent à la « communauté de nations », ne devriez-vous pas dans ce cas-ci la prendre en considération ? OUI ou NON ?
Monsieur Obama et Monsieur Hollande,
Vos nations, les USA et la France, fabriquent, vendent et possèdent un arsenal d’armes chimiques. OUI ou NON ?
Au nom de la paix dans le monde, vos nations, les USA et la France, sollicitent que la Syrie abandonne son armement chimique. Ne pensez-vous pas qu’il serait profitable pour la paix dans le monde que vos nations aussi, ainsi que d’autres comme par exemple le Royaume-Uni et Israël, éliminent également leurs armes chimiques ? OUI ou NON ?
Vous, Etats-Unis et France, considérez avoir l’autorité morale pour interdire l’armement des autres pays, tandis qu’au même moment, vous développez les vôtres et disposez des plus importants arsenaux du monde. OUI ou NON ?
Monsieur Obama,
L’Irak, à la suite de l’invasion et de l’occupation de son territoire par les USA, se trouve dans des conditions bien pires que sous la présidence de Saddam Hussein. Durant l’occupation par les USA, son patrimoine historique, ses musées et ses bibliothèques furent l’objet de pillages. OUI ou NON ?
Avec le président Assad, quelles sont vos intentions réelles ? Comme pour Saddam Hussein, pensez-vous inspirer un jugement pour que le Président Assad soit pendu, pour offrir au monde, au 21ème siècle, le spectacle de son exécution dans le plus pur style de vos westerns sanglants ? OUI ou NON ?
Monsieur Obama, vous considérez-vous comme le « sheriff » du Monde ? OUI ou NON ?
Monsieur Hollande,
Avec le président Assad, quelles sont vos intentions réelles ? Avez-vous l’intention d’inspirer un procès comme celui de Kadhafi, c’est-à-dire la sodomisation et l’exécution d’un prisonnier ? OUI ou NON ?
Monsieur Obama,
De nos jours, les grandes agences, médias et journalistes font de leur quotidien un « festin d’informations et de commentaires » sur un imminent nouveau risque de guerre au Moyen-Orient. Il n’y a pas longtemps, nous avions droit au même « festin d’informations et de commentaires » sur deux autres guerres imminentes des USA, une contre la Corée du Nord, et l’autre contre l’Iran. Ce sont deux excellents titres qui se vendent bien et captivent le public. Vous, en tant que Prix Nobel de la Paix, ne pensez-vous pas que c’est bien que les USA tiennent en alerte toute la planète avec vos menaces récurrentes de guerres ? OUI ou NON ?
Monsieur Obama et Monsieur Hollande
Les questions suivantes étant à caractère stratégique-militaire, nous comprendrons que vous préfériez ne pas répondre.
Monsieur Hollande,
Vous devez avoir une idée du coût économique, pour le contribuable français, d’une intervention en Syrie. La France dépense actuellement beaucoup d’argent pour le retrait difficile d’Afghanistan, à la recherche des moyens les moins dangereux et coûteux parmi les « chemins du nord ». L’un d’eux, Kaboul-Heiratan-Termez en Ouzbékistan, se fait en train en traversant le Kazakhstan et la Russie jusqu’à Riga en Lettonie pour enfin terminer par un voyage en camion jusqu’à la France. L’autre, par avion, depuis Kaboul jusque Shimken au Kazakhstan, plus court et plus économique que via les Emirats. Ensuite en train jusqu’à Riga puis en camion jusqu’en France.
Mais votre Ministère de la Défense est confronté à des restrictions économiques, et n’écarte pas une évacuation par le sud, via le Pakistan, et par voies maritimes de Karachi jusqu’à Toulon en France. Ce chemin serait le plus économique. Votre pays est toujours confronté à une coûteuse et peu glorieuse retraite d’Afghanistan ; pensez-vous qu’il est sensé de faire également « votre guerre » tandis que vos contribuables doivent toujours assumer les coûts de la guerre de votre prédécesseur ? OUI ou NON ?
Monsieur Obama,
Aujourd’hui, une offensive contre la Syrie ne constituerait pas une offensive contre un pays isolé comme lors de celles contre l’Irak et la Libye. Rien à voir avec les cas des invasions que vous avez facilement menées à bien dans des petites nations d’Amérique du Sud, Amérique Centrale et aux Caraïbes. Pensez-vous réellement que les USA soient en mesure d’affronter militairement une alliance entre la Russie, la Chine et l’Iran, pour ne citer que les plus importants ? OUI ou NON ?
Monsieur Hollande,
Un de vos généraux, au long parcours dans vos Services de Renseignements, le Général Dominique Delawarde, s’est exprimé publiquement contre une intervention française en Syrie. Ce général émet de sérieux doutes sur les accusations du rapport des Services Secrets français présenté par votre Premier Ministre et les qualifie de « ni crédibles ni convaincantes », comparant ce rapport à celui sur les armes de destructions massives de Saddam Hussein. Par ailleurs, le Général Delawarde considère que lorsque ce rapport prétend que les rebelles syriens n’ont pas l’expérience ni les capacités nécessaires pour utiliser des armes chimiques, on omet l’apport des services spéciaux étrangers. Selon le Général Delawarde, le supposé massacre de Bachar el-Assad profite avant tout à ses opposants, qui grâce à une intervention étrangère, pourraient rapidement prendre le pouvoir, mais surtout profite aux USA, à la France et à la Grande-Bretagne dans leur souhait d’affaiblir non seulement le Hezbollah libanais, mais surtout l’Iran, leur principal objectif. Monsieur Hollande, est-ce que le Général Dominique Delawarde ment dans son analyse ? OUI ou NON ?
Monsieur Obama et Monsieur Hollande,
Pour conclure. Pensez-vous disposer de l’autorité morale suffisante pour condamner les autres ?
Pouvez-vous nous présenter des éléments probatoires qui justifient votre autorité légale pour accuser, juger et condamner à mort des mandataires d’autres nations ?
Monsieur Obama : OUI ou NON ? Monsieur Hollande, OUI ou NON ?
Merci Monsieur Obama et Monsieur Hollande pour vos témoignages.
Caracas. Septembre 2013
Note de l’auteur : Cet article est publié à la mémoire de Jorje Lagos Nilsson, fondateur de SurySur, collaborateur, co-auteur et complice des articles antérieurs. En honneur à l’ami fidèle, de cette amitié véritable de frères pour la vie pour partager les succès, les combats et les traversées du désert.
Jean M. Araud est Producteur et présentateur du programme « Así de simple » sur la Radio del Sur. Il est également le Coordinateur général de Hermes Internacional et le fondateur de « Trincheras Amigas ».
Traduit de l’espagnol par San Felice pour Investig’Action
Source : Investig'Action




mardi 29 octobre 2013

Arabie saoudite: Mensonges et confusion….. Depuis la fondation du royaume saoudien, ce pays s'est dédié à servir les objectifs que lui fixent les puissances colonialistes et impérialistes, au détriment des intérêts des peuples de la région.

Des journalistes et des analystes liés à l'argent de l'Arabie saoudite et qui œuvrent, depuis des années à propager la propagande et à défendre les intérêts du royaume, avancent trois raisons pour expliquer la bouderie saoudienne. Deux de ces raisons semblent sincères, alors que la troisième, aussi ancienne que les relations américano-saoudiennes, vise à jeter de la poudre aux yeux.
En tête des raisons figurent les propos du secrétaire d'Etat américain à Londres. John Kerry a dit que la colère du royaume est due à la décision des Etats-Unis de ne plus attaquer la Syrie. Cela signifie que l'Arabie saoudite prônait une guerre globale qui aurait conduit, selon les experts, à la destruction des principales infrastructures syriennes et provoqué la mort de dizaines de milliers de personnes, sans compter les milliers de blessés et les millions de réfugiés. Le but de ces frappes était de sortir de son impasse la guerre par procuration, lancée par l'Arabie saoudite contre la Syrie, par le biais des gangs takfiristes.
Les Saoudiens savaient que l'administration Obama avait mobilisé sa flotte et fixé le jour et l'heure de l'agression. Puis elle a été contrainte de reculer à la dernière minute après la détection des deux missiles balistiques au dessus de la Méditerranée par les radars russes. L'agression s'est heurtée à des équations insurmontables imposées par de solides volontés, essentiellement bâties sur la décision de la Syrie de se défendre quel que soit le prix, et sur courage exceptionnel affiché par l'axe de la Résistance, c'est-à-dire l'Iran et le Hezbollah, avec le fort soutien du partenaire russe. Ce dernier a couronné sa diplomatique dissuasive par l'initiative chimique, qui a assuré aux Etats-Unis une porte de sortie acceptable.
Dans ce contexte, l'attitude de l'Arabie saoudite est illogique. Car c'est l'Amérique qui arrête les décisions, émet les ordres et fixe les objectifs. Le royaume, lui, est un simple exécutant. Telle est la règle depuis toujours, et quand le roi Fayçal l'a transgressé, lors de la guerre de 1973, il a été liquidé.
La demande saoudienne de détruire la Syrie est honteuse, Le vieux royaume, qui possède beaucoup d'argent, n'a pas les moyens de modifier les équilibres régionaux et internationaux qui ont contraint le président Obama à reculer. Aussi, la bouderie de l'Arabie saoudite n'aura pas de conséquence pratique, sauf celle de continuer à soutenir les gangs terroristes en Syrie et à encourager ses agents, rassemblés dans des façades politiques, à retarder Genève 2. Ce jeu peut se poursuivre tant que les Etats-Unis continueront de fuir l'engagement de cesser le soutien au terrorisme en Syrie et jusqu'à ce que l'armée arabe syrienne parvienne à asséner des coups meurtriers aux gangs financés, armés et couvés par le prince Bandar Ben Sultan, et qui comptent dans leurs rangs des milliers de Saoudiens.
La colère saoudienne du rapprochement entre les Etats-Unis et l'Iran est un geste désespéré, car la décision américaine d'entamer un dialogue avec la République islamique intervient après trois décennies de blocus, de sabotage, de sanctions, de pressions et de campagnes initiées par Riyad et Israël. Cette période a été marquée par de grandes guerres, directe et de renseignements, qui ne sont pas parvenues à briser la volonté de résistance de l'Iran, de son peuple et de son leadership. Au contraire, leur ténacité a contraint l'Occident à reconnaitre l'Iran comme puissance régionale et comme acteur international.
Depuis la première guerre du Golfe, l'invasion du Liban par Israël, l'invasion de l'Irak, la guerre de Syrie, en passant par les agressions contre Gaza et la guerre de juillet 2006 au Liban, les projets occidentaux et israéliens ont lamentablement échoué. Les Etats-Unis ne peuvent que tirer les conséquences des revers qu'ils ont subis et le dialogue reste leur seul choix. L'Arabie saoudite non plus n'a pas d'autre choix, les crise de colère et les gesticulations hystériques ne changeront rien à cette réalité.
Enfin, la troisième raison invoquée par les plumes à la solde des Saoudiens, selon laquelle la colère du royaume est aussi due au fait que les Américains font primer les intérêts d'Israël sur tout le reste, est une blague qui fait sourire. Tout le monde sait que le royaume wahhabite a été le plus fidèle serviteur des intérêts américains et israéliens. Tous savent et se souviennent que la première guerre du Golfe, qui visait à saigner et à affaiblir l'Iran, a été financée pendant huit ans par l'argent des pétrodollars, qui ont également été très généraux avec les guerres israéliennes contre la Résistance au Liban. Le fait de prendre pour cible le président Bachar al-Assad depuis 13 ans constitue aussi le plus grand service que l'Arabie puisse rendre à Israël.
Depuis la fondation du royaume saoudien, ce pays s'est dédié à servir les objectifs que lui fixent les puissances colonialistes et impérialistes, au détriment des intérêts des peuples de la région.
La tentative d'introduire la dimension israélienne dans sa bouderie ne leurrera personne, car pendant des décennies, l'Arabie n'a jamais rien entrepris pour stopper la colonisation de la terre de Palestine ou pour protéger la mosquée al-Aqsa, à Jérusalem. Mais elle est prête à précipiter toute la région dans les affres d'une guerre totale pour combattre l'Iran, même s'il faut, pour cela, exacerber, comme jamais auparavant, la discorde entre les sunnites et les chiites.
Source : TENDANCES DE L’ORIENT

vendredi 25 octobre 2013

Libye : Au pays des milices……une intervention étrangère ne libère jamais une société, elle libère seulement les désordres et les divisions tribales. Et, par expérience, elle œuvre à les entretenir.

Deux ans après la liquidation physique de Mouamar Kadhafi dans des conditions tragicomiques et surtout cyniques, la Libye, « libérée » par l’Otan, est menacée de dislocation, et menace par ses désordres l’ensemble des pays de la région.
Plus personne ne regrette Kadhafi ? Cela reste à vérifier car il a sans doute ses partisans et ses nostalgiques. Mais il ne reste plus grand monde pour mythifier les « thuwars » qui ont proclamé deux jours après la mort de Kadhafi l’avènement de la nouvelle ère !
Cela s’est passé à Benghazi, une ville où les violences sont endémiques, où un mouvement séparatiste a vu le jour.
Une ville où le chef de la police militaire a été abattu, le 18 octobre dernier, dans un de ces sombres règlements de compte qui font l’actualité « politique » de la Libye.
C’est de Benghazi que la « révolution » est partie et c’est là que la réalité de la nouvelle Libye se manifeste avec le plus « d’éclat » par des attaques, des assassinats. Les représentations diplomatiques ont cessé d’y être présentes, le dernier consulat encore ouvert, celui de la Suède, a été attaqué le 11 septembre dernier.
Les Occidentaux parlent en « off » d’ingratitude des gens de Benghazi qui oublient qu’on les a « libérés ». Mais une intervention étrangère ne libère jamais une société, elle libère seulement les désordres et les divisions tribales. Et, par expérience, elle œuvre à les entretenir.
L’intervention de l’Otan en Libye a paralysé le Conseil de sécurité pour longtemps…
Pour la Libye, sans regretter Kadhafi, on peut en faire un inventaire. Ce n’est plus un État, ni même un semblant d’État.
La Libye aujourd’hui, c’est la Libye des milices. Qui n’ont rien de révolutionnaires. Ce sont des gens armés, qui agissent comme des gangsters, « défendent » leur territoire, « protègent » les uns, terrorisent les autres.
Ils ont créé la peur générale qui permet de justifier leur permanence. Et ils sont couvés par ceux qui sont censés faire de la politique et recréer un État qui a littéralement disparu.
Deux ans après la liquidation de Kadhafi, il y a eu des élections qui sont censées avoir donné une représentation nationale et un gouvernement. Mais cela n’empêche pas des miliciens, officiellement sous autorité des ministères de la Défense et de l’Intérieur, de débarquer à l’aube et enlever le Premier ministre dans un hôtel.
Les Libyens ne regrettent probablement pas Kadhafi mais ce serait s’aveugler de faire semblant qu’ils sont contents de ce présent sinistre où il faut être armé pour avoir voix au chapitre.
La Libye, ce n’est plus un pays, c’est des villes et des quartiers partagés par des milices aux dénominations vaguement djihadiste ou révolutionnaire. Ce sont des puits de pétrole qui deviennent de facto la « propriété » des miliciens chargés de les garder et qui en vendent sans se soucier du pouvoir « central » ou de l’entreprise nationale. Et les miliciens qui chapardent se permettent même d’accuser le gouvernement d’être des voleurs.
Deux ans après, l’Otan va envoyer des « conseillers » pour aider la Libye à renforcer ses appareils de sécurité. Mais gageons qu’on ne se limitera pas aux « conseils ». La Libye est devenue un territoire non « gouverné ». Il est installé dans le statut de « menace » qui justifiera une gestion directe.
L’Otan est bien entendu candidat. Après tout la Libye, c’est « sa » révolution.
M. Saadoune

mercredi 23 octobre 2013

L'Arabie Saoudite, un Royaume des ténèbres

C'est le titre de la dernière livraison de René Naba. Rien à voir avec les derniers bestsellers sur le très médiatique et très insignifiant Qatar voisin. L'Arabie, c'est du lourd, difficile à décrypter. 
Caché au fond des ténèbres de l'inquisition et de l'horreur, cette monarchie obscurantiste est à l'abri de toutes critiques car elle est la plus riche et donc la plus influente de la planète. Aucun cri de détresse ne parvient jusqu'à Paris, aucun homme politique, aucun philosophe, aucun journaliste, aucune épouse de Président, aucun groupe de bien pensants n'a trouvé le courage de dénoncer ce régime d'insulte permanente aux Droits de l'Homme.
Le Royaume bénéficie d'une impunité à l'égale de sa richesse: sans limite. Premier exportateur de pétrole, premier importateur d'armes, ce pays est aussi le pôle d'attraction d'un milliard et demi de musulmans auxquels la loi d'Allah prescrit de se rendre en pèlerinage au moins une fois dans sa vie. La Mecque n'est pas un sanctuaire bénéficiant de l'extraterritorialité, elle est la propriété privée de la maison des Saoud qui délivre à son gré le précieux visa d'entrée au paradis.
René Naba est un journaliste rigoureux et intransigeant. En une vie de métier en France et au Levant, on lui cherchera en vain une quelconque faiblesse ou compromission. Ses écrits sont redoutés car la démonstration décalée est toujours implacablement documentée. Il n'est pas du genre à tremper sa plume dans l'eau de rose, ses formulations acides font grincer les dents "non là il exagère" pense-t-on en début de page pour admettre quelques lignes plus loin qu'il a raison. Son livre est bourré de références précises et d'annotations détaillées.
Le musée des horreurs de l'Arabie est unique et les personnes sensibles sont priées de sauter certains paragraphes. Naba aurait pu faire son miel de l'énumération des aberrations effrayantes du Royaume et y consacrer tout son ouvrage, il n'a pas cédé à cette facilité. Il élargit son observation du royaume wahhabite à l'ensemble du monde arabe, aborde avec acuité toutes les incidences à la périphérie de l'Arabie péninsulaire et les imbrications façon poupées gigognes dont les Saoud sont les artisans.
La race des pétromonarques illettrés est en voie de disparition. Au plus vieux roi de la planète succèdera  un "savant" sachant conduire une voiture, lire l'anglais et taper sur un clavier. Les petits-enfants du patriarche régnant connaissent la formidable puissance du Royaume. Auront-ils l'audace de l'utiliser pour émanciper leur pays et lui donner les clés de la justice et de la renaissance des mondes arabes et musulmans ? C'est un espoir secret. Allah karim ! (miséricordieux) Ou à l'inverse seront-ils les géniteurs d'une civilisation de l'obscurantisme et de la violence ?
Il y a quelques jours, les Saoudiens ont refusé de s'assoir au Conseil de sécurité des Nations Unies. C'est un geste d'une audace inouïe sans précédent dans la diplomatie mondiale.
Riyad entend protester non pas contre l'occupation de la Palestine par Israël - mais contre la paix en Syrie !
Pour éclairer un absurde Royaume des ténèbres - René Naba.
Source : Palestine Solidarité


La France soutient le camp des perdants…. En s'alignant sur l'Arabie saoudite, François Hollande lie son sort au camp des perdants et prend le parti de ceux qui financent Al-Qaïda en Syrie.


Les responsables français lient l'avenir de leur relation avec la région au sort de l'agression contre la Syrie. L'administration du président François Hollande a remplacé son partenariat avec l'émirat du Qatar, hérité du mandat de Nicolas Sarkozy, par une alliance avec la monarchie saoudienne, qui exprime publiquement et hystériquement sa déception après l'échec de l'agression de Barack Obama contre la Syrie.
Les présidents Hollande et Sarkozy ont réussi à détruire l'image supposée de la France en tant que grande puissance indépendante, et sont apparus comme de petits exécutants des ordres américains. Des soupçons laissent croire que leur enthousiasme à la guerre universelle contre la Syrie serait dicté par des considérations financières directement liées au Qatar et à l'Arabie saoudite. Les médias français  ont d'ailleurs évoqué ces dernières années la dimension financière dans les choix de la politique étrangère de la France.
Quoi qu'il en soit, François Hollande a hystériquement appuyé l'agression contre la Syrie et n'a pas été en mesure de s'adapter à la reculade imposée aux Etats-Unis par la résistance de la Syrie et la détermination de la Russie et de l'Iran. Hollande a partagé la déception de l'Arabie saoudite, qui traverse des moments difficiles après l'échec de tous ses paris, en raison du changement du climat international en faveur du président Bachar al-Assad.
François Hollande a transformé la France en Etat défaillant. Dans le passé, le pouvoir français avait réussi à se distinguer, au moins verbalement, de la politique américaine, dans le but de conserver une marge de manœuvre et de jouer le rôle de médiateur lorsque les Etats-Unis en avaient besoin. C'est le rôle qu'avait joué Nicolas Sarkozy, après 2007, pour absorber l'échec américain au Proche-Orient et, surtout, la défaite israélienne lors de la guerre de juillet 2006.
En s'alignant sur l'Arabie saoudite, François Hollande lie son sort au camp des perdants et prend le parti de ceux qui financent Al-Qaïda en Syrie. Il cautionne la colère saoudienne contre la montée en puissance de la Russie et de l'Iran -une ascension reconnue par Obama-, et de la victoire du président Bachar al-Assad, dont l'annonce n'est plus qu'une question de temps. Cette attitude va conduire à l'isolement total de la France, qui ne sera pas en mesure de tirer profit des changements en cours dans le monde. Gagner les faveurs de l'Arabie saoudite ne suffira pas à compenser cette perte, surtout que ce royaume tyrannique, despotique et obscurantiste est indéfendable. Bachar al-Assad, lui, reste un président moderne, laïque, combattant le terrorisme takfiriste soutenu et financé par la dynastie des Saoud.
La plus grande honte de Hollande et, avant lui de Sarkozy, est d'avoir trahi les constantes de la politique étrangère de la France, la plus importante étant la protection des chrétiens d'Orient et de leur rôle dans leurs pays respectifs.
La France a armé et a politiquement soutenu des groupes terroristes responsables de crimes atroces contre les chrétiens, leurs lieux de culte et leurs biens en Syrie. Paris s'est chargé de couvrir ces crimes commis sous la bannière de la révolution syrienne, qui n'est en réalité qu'une agression coloniale occidentale appuyée par les pétromonarchies rétrogrades du Golfe et la Turquie néo-ottomane. Pire encore, de hauts responsables français n'ont pas caché leur implication dans le complot visant à chasser les chrétiens du Liban et de Syrie, selon les informations qui avaient filtré de la rencontre houleuse entre Nicolas Sarkozy et le patriarche maronite Béchara Raï. La destruction de l'Etat laïque en Syrie ne peut que conduire à la disparition des chrétiens d'Orient, menacés par la montée en puissance des mouvements takfiristes soutenus par le nouvel allié stratégique de la France dans la région: l'Arabie saoudite.
Source : TENDANCES DE L’ORIENT

Palestine : La banque européenne d’investissement finance le nettoyage ethnique.

L’Union Européenne finance une usine israélienne de production d’électricité, tandis que les Bédouins vivant près du site reçoivent des ordres de démolition de leurs propriétés.

Les responsables de Union européenne ont approuvé un prêt pour un projet d’énergie israélienne, exactement une semaine après que les Bédouins palestiniens vivant à proximité du site aient reçu des ordres de démolition .
Une décision plutôt passée inaperçue et faite par la Banque européenne d’investissement (BEI) le 17 septembre, a entériné un prêt de 150 millions € ( 205 millions $ ) pour le site de production d’énergie Megalim. Cette décision équivaut à un geste de soutien au nettoyage ethnique d’Israël dans le désert du Naqab (Neguev).
L’usine est en construction à Ashalim, une communauté israélienne située à côté du village bédouin de Bir Hadaj. Le 10 septembre, un certain nombre d’ordres de destruction des propriétés ont été distribués à Bir Hadaj par les autorités israéliennes. Pourtant, la banque basée au Luxembourg - une institution de l’UE - n’a semblé prêter aucune attention à cette tentative éhontée de déraciner les populations autochtones du Naqab.
Comme l’usine Megalim va produire de l’énergie solaire et thermique, elle est promue comme une initiative « écologique » par les entreprises investies dans le projet. On y trouve Alstom, une société française qui a également investi dans le tramway de l’Apartheid reliant les colonies israéliennes à Jérusalem-Est occupée.
 Tirs de gaz lacrymogène
Contrairement à de nombreux autres villages bédouins dans le Néguev, Bir Hadaj a été officiellement reconnu par l’État d’Israël. Ce statut n’a pas empêché les autorités de détruire - et de menacer de détruire - les propriétés des Bédouins.
Quatre maisons ont été démolies à Bir Hadaj sur l’ordre d’Israël l’année dernière, selon le Negev Coexistence Forum pour l’égalité civile}, qui surveille les violations des droits de l’homme commises à l’encontre des Bédouins .
La police israélienne a également investi Bir Hadaj en masse en novembre 2012, tirant des gaz lacrymogènes sur des écoliers. C’était l’une des nombreuses fois au cours des derniers mois de 2012, où la police a pris d’assaut le village après que des arrêtés de démolition et d’expulsion aient été distribués.
La BEI prête à de faibles taux d’intérêt, et le projet d’énergie qu’elle finance ne peut pas être considéré isolément des efforts permanents d’Israël pour déraciner les Palestiniens vivant dans le Néguev.
Ashalim est situé à proximité du parc Golda Meir, qui a été mis en place par le Fonds national juif (FNJ) sur les restes de Bir Asluj, un village bédouin détruit par les forces sionistes en 1948. Le FNJ a été chargé par Israël d’exproprier les terres palestiniennes et a été intimement impliqué dans la destruction des biens appartenant aux Bédouins.
Il faut remarquer que la décision de la BEI s’inscrit à la suite de la publication récente de lignes directrices de l’UE sur la fin de l’aide financière pour les entreprises et les institutions israéliennes basées à Jérusalem-Est et plus largement en Cisjordanie occupée .
Alors que l’usine est en construction à l’intérieur de ce qui est Israël d’aujourd’hui [Palestine de 1948], certains organismes qui sont activement impliqués dans la colonisation de la Cisjordanie prennent part à ce projet. Une « étude d’impact » de l’usine affirme que ses propriétaires vont coopérer avec l’Autorité des Antiquités d’Israël (IAA) afin de conserver les sites archéologiques de la région environnante. Comme l’IAA a son siège à Jérusalem-Est, cette coopération va à l’encontre de l’esprit , sinon la lettre, des nouvelles lignes directrices de l’UE.
Malgré des demandes répétées par courriel et par téléphone aujourd’hui, la BEI a omis de me fournir une explication sur la raison pour laquelle elle a approuvé le prêt pour le projet d’énergie.
Flexibilité
La BEI a des antécédents dans l’aide aux entreprises israéliennes qui participent directement à la dépossession des Palestiniens. En 2011, par exemple, elle a prêté 120 millions € (164 millions $) à Mekorot, une société appartenant à l’État israélien et qui a servi à voler l’eau des puits et des sources des Palestiniens de sorte qu’elle puisse être utilisée dans des colonies exclusivement juives.
En théorie, la BEI devrait réduire ses prêts en Israël dès que les nouvelles directives de l’UE - qui ont suscité un tollé parmi l’establishment israélien - seront mises en œuvre au début de 2014. Pourtant, il semble qu’il y aura une énorme possibilité de flexibilité.
Parmi les bénéficiaires des prêts de la BEI se trouve Hapoalim, une banque israélienne avec des succursales en Cisjordanie occupée. Un document traitant des « questions fréquemment posées » et préparé par l’ambassade de l’UE à Tel Aviv, affirme que, malgré les nouvelles lignes directrice, les banques actives dans les colonies israéliennes peuvent continuer à demander des prêts à l’UE à condition que les bénéficiaires finaux de ces prêts soient basés en Israël.
A voir tout cet empressement pour plaire à Israël, il est difficile de comprendre pourquoi certains hommes politiques israéliens dépeignent l’UE comme leur ennemi.
David Cronin
Source : Info-Palestine