vendredi 25 octobre 2013

Libye : Au pays des milices……une intervention étrangère ne libère jamais une société, elle libère seulement les désordres et les divisions tribales. Et, par expérience, elle œuvre à les entretenir.

Deux ans après la liquidation physique de Mouamar Kadhafi dans des conditions tragicomiques et surtout cyniques, la Libye, « libérée » par l’Otan, est menacée de dislocation, et menace par ses désordres l’ensemble des pays de la région.
Plus personne ne regrette Kadhafi ? Cela reste à vérifier car il a sans doute ses partisans et ses nostalgiques. Mais il ne reste plus grand monde pour mythifier les « thuwars » qui ont proclamé deux jours après la mort de Kadhafi l’avènement de la nouvelle ère !
Cela s’est passé à Benghazi, une ville où les violences sont endémiques, où un mouvement séparatiste a vu le jour.
Une ville où le chef de la police militaire a été abattu, le 18 octobre dernier, dans un de ces sombres règlements de compte qui font l’actualité « politique » de la Libye.
C’est de Benghazi que la « révolution » est partie et c’est là que la réalité de la nouvelle Libye se manifeste avec le plus « d’éclat » par des attaques, des assassinats. Les représentations diplomatiques ont cessé d’y être présentes, le dernier consulat encore ouvert, celui de la Suède, a été attaqué le 11 septembre dernier.
Les Occidentaux parlent en « off » d’ingratitude des gens de Benghazi qui oublient qu’on les a « libérés ». Mais une intervention étrangère ne libère jamais une société, elle libère seulement les désordres et les divisions tribales. Et, par expérience, elle œuvre à les entretenir.
L’intervention de l’Otan en Libye a paralysé le Conseil de sécurité pour longtemps…
Pour la Libye, sans regretter Kadhafi, on peut en faire un inventaire. Ce n’est plus un État, ni même un semblant d’État.
La Libye aujourd’hui, c’est la Libye des milices. Qui n’ont rien de révolutionnaires. Ce sont des gens armés, qui agissent comme des gangsters, « défendent » leur territoire, « protègent » les uns, terrorisent les autres.
Ils ont créé la peur générale qui permet de justifier leur permanence. Et ils sont couvés par ceux qui sont censés faire de la politique et recréer un État qui a littéralement disparu.
Deux ans après la liquidation de Kadhafi, il y a eu des élections qui sont censées avoir donné une représentation nationale et un gouvernement. Mais cela n’empêche pas des miliciens, officiellement sous autorité des ministères de la Défense et de l’Intérieur, de débarquer à l’aube et enlever le Premier ministre dans un hôtel.
Les Libyens ne regrettent probablement pas Kadhafi mais ce serait s’aveugler de faire semblant qu’ils sont contents de ce présent sinistre où il faut être armé pour avoir voix au chapitre.
La Libye, ce n’est plus un pays, c’est des villes et des quartiers partagés par des milices aux dénominations vaguement djihadiste ou révolutionnaire. Ce sont des puits de pétrole qui deviennent de facto la « propriété » des miliciens chargés de les garder et qui en vendent sans se soucier du pouvoir « central » ou de l’entreprise nationale. Et les miliciens qui chapardent se permettent même d’accuser le gouvernement d’être des voleurs.
Deux ans après, l’Otan va envoyer des « conseillers » pour aider la Libye à renforcer ses appareils de sécurité. Mais gageons qu’on ne se limitera pas aux « conseils ». La Libye est devenue un territoire non « gouverné ». Il est installé dans le statut de « menace » qui justifiera une gestion directe.
L’Otan est bien entendu candidat. Après tout la Libye, c’est « sa » révolution.
M. Saadoune

mercredi 23 octobre 2013

L'Arabie Saoudite, un Royaume des ténèbres

C'est le titre de la dernière livraison de René Naba. Rien à voir avec les derniers bestsellers sur le très médiatique et très insignifiant Qatar voisin. L'Arabie, c'est du lourd, difficile à décrypter. 
Caché au fond des ténèbres de l'inquisition et de l'horreur, cette monarchie obscurantiste est à l'abri de toutes critiques car elle est la plus riche et donc la plus influente de la planète. Aucun cri de détresse ne parvient jusqu'à Paris, aucun homme politique, aucun philosophe, aucun journaliste, aucune épouse de Président, aucun groupe de bien pensants n'a trouvé le courage de dénoncer ce régime d'insulte permanente aux Droits de l'Homme.
Le Royaume bénéficie d'une impunité à l'égale de sa richesse: sans limite. Premier exportateur de pétrole, premier importateur d'armes, ce pays est aussi le pôle d'attraction d'un milliard et demi de musulmans auxquels la loi d'Allah prescrit de se rendre en pèlerinage au moins une fois dans sa vie. La Mecque n'est pas un sanctuaire bénéficiant de l'extraterritorialité, elle est la propriété privée de la maison des Saoud qui délivre à son gré le précieux visa d'entrée au paradis.
René Naba est un journaliste rigoureux et intransigeant. En une vie de métier en France et au Levant, on lui cherchera en vain une quelconque faiblesse ou compromission. Ses écrits sont redoutés car la démonstration décalée est toujours implacablement documentée. Il n'est pas du genre à tremper sa plume dans l'eau de rose, ses formulations acides font grincer les dents "non là il exagère" pense-t-on en début de page pour admettre quelques lignes plus loin qu'il a raison. Son livre est bourré de références précises et d'annotations détaillées.
Le musée des horreurs de l'Arabie est unique et les personnes sensibles sont priées de sauter certains paragraphes. Naba aurait pu faire son miel de l'énumération des aberrations effrayantes du Royaume et y consacrer tout son ouvrage, il n'a pas cédé à cette facilité. Il élargit son observation du royaume wahhabite à l'ensemble du monde arabe, aborde avec acuité toutes les incidences à la périphérie de l'Arabie péninsulaire et les imbrications façon poupées gigognes dont les Saoud sont les artisans.
La race des pétromonarques illettrés est en voie de disparition. Au plus vieux roi de la planète succèdera  un "savant" sachant conduire une voiture, lire l'anglais et taper sur un clavier. Les petits-enfants du patriarche régnant connaissent la formidable puissance du Royaume. Auront-ils l'audace de l'utiliser pour émanciper leur pays et lui donner les clés de la justice et de la renaissance des mondes arabes et musulmans ? C'est un espoir secret. Allah karim ! (miséricordieux) Ou à l'inverse seront-ils les géniteurs d'une civilisation de l'obscurantisme et de la violence ?
Il y a quelques jours, les Saoudiens ont refusé de s'assoir au Conseil de sécurité des Nations Unies. C'est un geste d'une audace inouïe sans précédent dans la diplomatie mondiale.
Riyad entend protester non pas contre l'occupation de la Palestine par Israël - mais contre la paix en Syrie !
Pour éclairer un absurde Royaume des ténèbres - René Naba.
Source : Palestine Solidarité


La France soutient le camp des perdants…. En s'alignant sur l'Arabie saoudite, François Hollande lie son sort au camp des perdants et prend le parti de ceux qui financent Al-Qaïda en Syrie.


Les responsables français lient l'avenir de leur relation avec la région au sort de l'agression contre la Syrie. L'administration du président François Hollande a remplacé son partenariat avec l'émirat du Qatar, hérité du mandat de Nicolas Sarkozy, par une alliance avec la monarchie saoudienne, qui exprime publiquement et hystériquement sa déception après l'échec de l'agression de Barack Obama contre la Syrie.
Les présidents Hollande et Sarkozy ont réussi à détruire l'image supposée de la France en tant que grande puissance indépendante, et sont apparus comme de petits exécutants des ordres américains. Des soupçons laissent croire que leur enthousiasme à la guerre universelle contre la Syrie serait dicté par des considérations financières directement liées au Qatar et à l'Arabie saoudite. Les médias français  ont d'ailleurs évoqué ces dernières années la dimension financière dans les choix de la politique étrangère de la France.
Quoi qu'il en soit, François Hollande a hystériquement appuyé l'agression contre la Syrie et n'a pas été en mesure de s'adapter à la reculade imposée aux Etats-Unis par la résistance de la Syrie et la détermination de la Russie et de l'Iran. Hollande a partagé la déception de l'Arabie saoudite, qui traverse des moments difficiles après l'échec de tous ses paris, en raison du changement du climat international en faveur du président Bachar al-Assad.
François Hollande a transformé la France en Etat défaillant. Dans le passé, le pouvoir français avait réussi à se distinguer, au moins verbalement, de la politique américaine, dans le but de conserver une marge de manœuvre et de jouer le rôle de médiateur lorsque les Etats-Unis en avaient besoin. C'est le rôle qu'avait joué Nicolas Sarkozy, après 2007, pour absorber l'échec américain au Proche-Orient et, surtout, la défaite israélienne lors de la guerre de juillet 2006.
En s'alignant sur l'Arabie saoudite, François Hollande lie son sort au camp des perdants et prend le parti de ceux qui financent Al-Qaïda en Syrie. Il cautionne la colère saoudienne contre la montée en puissance de la Russie et de l'Iran -une ascension reconnue par Obama-, et de la victoire du président Bachar al-Assad, dont l'annonce n'est plus qu'une question de temps. Cette attitude va conduire à l'isolement total de la France, qui ne sera pas en mesure de tirer profit des changements en cours dans le monde. Gagner les faveurs de l'Arabie saoudite ne suffira pas à compenser cette perte, surtout que ce royaume tyrannique, despotique et obscurantiste est indéfendable. Bachar al-Assad, lui, reste un président moderne, laïque, combattant le terrorisme takfiriste soutenu et financé par la dynastie des Saoud.
La plus grande honte de Hollande et, avant lui de Sarkozy, est d'avoir trahi les constantes de la politique étrangère de la France, la plus importante étant la protection des chrétiens d'Orient et de leur rôle dans leurs pays respectifs.
La France a armé et a politiquement soutenu des groupes terroristes responsables de crimes atroces contre les chrétiens, leurs lieux de culte et leurs biens en Syrie. Paris s'est chargé de couvrir ces crimes commis sous la bannière de la révolution syrienne, qui n'est en réalité qu'une agression coloniale occidentale appuyée par les pétromonarchies rétrogrades du Golfe et la Turquie néo-ottomane. Pire encore, de hauts responsables français n'ont pas caché leur implication dans le complot visant à chasser les chrétiens du Liban et de Syrie, selon les informations qui avaient filtré de la rencontre houleuse entre Nicolas Sarkozy et le patriarche maronite Béchara Raï. La destruction de l'Etat laïque en Syrie ne peut que conduire à la disparition des chrétiens d'Orient, menacés par la montée en puissance des mouvements takfiristes soutenus par le nouvel allié stratégique de la France dans la région: l'Arabie saoudite.
Source : TENDANCES DE L’ORIENT

Palestine : La banque européenne d’investissement finance le nettoyage ethnique.

L’Union Européenne finance une usine israélienne de production d’électricité, tandis que les Bédouins vivant près du site reçoivent des ordres de démolition de leurs propriétés.

Les responsables de Union européenne ont approuvé un prêt pour un projet d’énergie israélienne, exactement une semaine après que les Bédouins palestiniens vivant à proximité du site aient reçu des ordres de démolition .
Une décision plutôt passée inaperçue et faite par la Banque européenne d’investissement (BEI) le 17 septembre, a entériné un prêt de 150 millions € ( 205 millions $ ) pour le site de production d’énergie Megalim. Cette décision équivaut à un geste de soutien au nettoyage ethnique d’Israël dans le désert du Naqab (Neguev).
L’usine est en construction à Ashalim, une communauté israélienne située à côté du village bédouin de Bir Hadaj. Le 10 septembre, un certain nombre d’ordres de destruction des propriétés ont été distribués à Bir Hadaj par les autorités israéliennes. Pourtant, la banque basée au Luxembourg - une institution de l’UE - n’a semblé prêter aucune attention à cette tentative éhontée de déraciner les populations autochtones du Naqab.
Comme l’usine Megalim va produire de l’énergie solaire et thermique, elle est promue comme une initiative « écologique » par les entreprises investies dans le projet. On y trouve Alstom, une société française qui a également investi dans le tramway de l’Apartheid reliant les colonies israéliennes à Jérusalem-Est occupée.
 Tirs de gaz lacrymogène
Contrairement à de nombreux autres villages bédouins dans le Néguev, Bir Hadaj a été officiellement reconnu par l’État d’Israël. Ce statut n’a pas empêché les autorités de détruire - et de menacer de détruire - les propriétés des Bédouins.
Quatre maisons ont été démolies à Bir Hadaj sur l’ordre d’Israël l’année dernière, selon le Negev Coexistence Forum pour l’égalité civile}, qui surveille les violations des droits de l’homme commises à l’encontre des Bédouins .
La police israélienne a également investi Bir Hadaj en masse en novembre 2012, tirant des gaz lacrymogènes sur des écoliers. C’était l’une des nombreuses fois au cours des derniers mois de 2012, où la police a pris d’assaut le village après que des arrêtés de démolition et d’expulsion aient été distribués.
La BEI prête à de faibles taux d’intérêt, et le projet d’énergie qu’elle finance ne peut pas être considéré isolément des efforts permanents d’Israël pour déraciner les Palestiniens vivant dans le Néguev.
Ashalim est situé à proximité du parc Golda Meir, qui a été mis en place par le Fonds national juif (FNJ) sur les restes de Bir Asluj, un village bédouin détruit par les forces sionistes en 1948. Le FNJ a été chargé par Israël d’exproprier les terres palestiniennes et a été intimement impliqué dans la destruction des biens appartenant aux Bédouins.
Il faut remarquer que la décision de la BEI s’inscrit à la suite de la publication récente de lignes directrices de l’UE sur la fin de l’aide financière pour les entreprises et les institutions israéliennes basées à Jérusalem-Est et plus largement en Cisjordanie occupée .
Alors que l’usine est en construction à l’intérieur de ce qui est Israël d’aujourd’hui [Palestine de 1948], certains organismes qui sont activement impliqués dans la colonisation de la Cisjordanie prennent part à ce projet. Une « étude d’impact » de l’usine affirme que ses propriétaires vont coopérer avec l’Autorité des Antiquités d’Israël (IAA) afin de conserver les sites archéologiques de la région environnante. Comme l’IAA a son siège à Jérusalem-Est, cette coopération va à l’encontre de l’esprit , sinon la lettre, des nouvelles lignes directrices de l’UE.
Malgré des demandes répétées par courriel et par téléphone aujourd’hui, la BEI a omis de me fournir une explication sur la raison pour laquelle elle a approuvé le prêt pour le projet d’énergie.
Flexibilité
La BEI a des antécédents dans l’aide aux entreprises israéliennes qui participent directement à la dépossession des Palestiniens. En 2011, par exemple, elle a prêté 120 millions € (164 millions $) à Mekorot, une société appartenant à l’État israélien et qui a servi à voler l’eau des puits et des sources des Palestiniens de sorte qu’elle puisse être utilisée dans des colonies exclusivement juives.
En théorie, la BEI devrait réduire ses prêts en Israël dès que les nouvelles directives de l’UE - qui ont suscité un tollé parmi l’establishment israélien - seront mises en œuvre au début de 2014. Pourtant, il semble qu’il y aura une énorme possibilité de flexibilité.
Parmi les bénéficiaires des prêts de la BEI se trouve Hapoalim, une banque israélienne avec des succursales en Cisjordanie occupée. Un document traitant des « questions fréquemment posées » et préparé par l’ambassade de l’UE à Tel Aviv, affirme que, malgré les nouvelles lignes directrice, les banques actives dans les colonies israéliennes peuvent continuer à demander des prêts à l’UE à condition que les bénéficiaires finaux de ces prêts soient basés en Israël.
A voir tout cet empressement pour plaire à Israël, il est difficile de comprendre pourquoi certains hommes politiques israéliens dépeignent l’UE comme leur ennemi.
David Cronin
Source : Info-Palestine

mardi 22 octobre 2013

Pourquoi pas Israël maintenant ?..... Ce qu’elles ont obtenu de la Syrie et veulent l’avoir de l’Iran, elles doivent l’exiger d’Israël également.


Israël n’a jamais ratifié la CIIAC
La Syrie se décomptait jusqu’à la semaine dernière parmi le petit lot d’Etats n’ayant pas signé et ratifié la Convention internationale sur l’interdiction des armes chimiques entrée en vigueur en 1997. Elle a désormais rejoint le camp des adhérents à la convention et qui plus est a accepté la destruction sous contrôle international, qui a commencé, de son arsenal chimique.
Le cas syrien en matière de détention d’armes chimiques en voie de règlement, se pose maintenant celui d’Israël qui a certes signé la convention mais ne l’a jamais ratifiée. Autant dire que l’arsenal chimique de l’État sioniste échappe toujours au contrôle de l’Organisation internationale pour l’interdiction des armes chimiques (OIAC).
Si la communauté internationale s’en tient à la satisfaction d’avoir obtenu du régime de Damas le démantèlement de son arsenal chimique et persiste à fermer les yeux sur la non ratification par Israël de la convention de Paris, elle sera alors coupable d’exercer la politique des « deux poids, deux mesures ». Sur la question des armes chimiques, le régime syrien n’est venu à résipiscence que sous les pressions de la communauté internationale. Il ne faut donc pas que celle-ci s’en tienne dans le cas d’Israël à attendre le « bon vouloir » de cet État.
Israël défie le monde, non seulement pour ce qui est de la détention d’armes chimiques, mais du fait qu’il est aussi détenteur de l’arme nucléaire et refuse avec arrogance le moindre contrôle international sur ses deux arsenaux de destruction massive.
La Syrie et les autres pays de la région qui se sont dotés des armes chimiques l’ont fait au but de disposer d’une arme à usage quelque peu dissuasif à l’endroit de l’État sioniste au recours contre eux de l’une ou l’autre arme terrifiante dont il dispose.
S’arrêter au désarmement en armes de destruction massive des pays du Moyen-Orient sans l’imposer à Israël reviendrait à rendre absolue l’hégémonie militaire israélienne sur la région et sans entrave l’expansionnisme belliqueux consubstantiel de l’État sioniste. Les crises syrienne et iranienne ont mis sur le devant de la scène le problème de la détention des armes de destruction massive dans une région du monde des plus instables et de ce fait plus "entrevisible" la menace de leur utilisation par l’un des pays qui en disposerait. Tous les États de la région à l’exception d’Israël sont d’accord pour faire du Moyen-Orient une zone exempte d’arme de destruction massive y compris l’Iran qu’Israël présente comme voué à sa destruction et effacement de la carte régionale.
Pourquoi donc la communauté internationale n’exploiterait pas la situation favorable créée par la bonne volonté manifestée sur le sujet par la Syrie et l’Iran pour étendre la dynamique ainsi enclenchée à l’ensemble des problèmes qu’il pose et ce en forçant Israël à s’adjoindre à cette dynamique ?
Si l’ambition des grandes puissances, celles de l’Occident en premier lieu, est de stabiliser le Moyen-Orient en le débarrassant des raisons que « légitiment » la course aux armements dont il est le théâtre, elles devraient commencer par refuser à Israël qu’il persiste à se considérer comme un État au-dessus de toute forme de légalité internationale.
Ce qu’elles ont obtenu de la Syrie et veulent l’avoir de l’Iran, elles doivent l’exiger d’Israël également. Seul l’appui inconditionnel des puissances occidentales permet à l’État sioniste de narguer le monde. Et ces puissances le savent, mais font comme si cet état dispose d’une autonomie à leur égard qui le rendrait imperméable à leurs pressions. Une fiction qu’elles entretiennent parce qu’arrangeant leurs visées et intérêts géopolitiques sur et dans la région.

dimanche 20 octobre 2013

Syrie : conflits et mensonges (Rebelion)….. quelle réalité se cache derrière les conflits qui transpercent la Syrie ?

Ni la tyrannie exercée par un dictateur, ni l’utilisation d’armes chimiques par le « régime », ni la nécessité de rétablir la démocratie ne peuvent expliquer, selon Nazanin Armanian, la décision des États-Unis d’attaquer la Syrie. Pour parvenir à une approche rigoureuse des faits, il est indispensable de commencer par démolir l’accumulation de mensonges relayés par le camp belliciste, puis « analyser la réalité syrienne comme une question complexe dans laquelle s’entremêlent plusieurs conflits, aux niveaux local, régional et mondial ». Quelle réalité se cache derrière les conflits qui transpercent la Syrie ?
Nazanin Armanian dénonce ce qui est devenu une « vérité commune » à tous les conflits militaires : la mort de la vérité. Les supercheries médiatiques en Syrie commencent par la définition même du régime et, surtout, par la comparaison avec d’autres régimes de la région. « La Syrie n’est pas une théocratie mais un pays laïque.
La religion est en effet relativement séparée du pouvoir. Il s’agit d’une république arabe héréditaire, gouvernée par un dictateur, au même titre que les autres dictatures imposées par les États-Unis dans la région », rappelle l’écrivain. C’est sûr, le dictateur Bachar el-Assad a réprimé (entre autres) le « printemps de Damas » dans le sang en 2000 ; mais on ne dit rien sur le cheikh qui règne sur l’Arabie saoudite, ni sur la violation des droits de l’Homme dans ce pays, notamment la situation des femmes, la persécution des homosexuels ou les conditions de travail des ouvriers immigrés (l’esclavage) dans l’industrie pétrolière.
On n’a presque rien dit non plus dans les médias occidentaux lorsque l’armée de l’Arabie saoudite (poussée par Obama) a étouffé les révoltes au Bahreïn contre le dictateur-calife en 2011. Armanian rappelle que la Ve flotte des États-Unis se trouve au Bahreïn, ce qui est d’une grande utilité pour surveiller l’Iran. Un autre des grands mensonges concerne les armes chimiques.
On accuse le gouvernement syrien de s’en servir, alors qu’on cache le fait qu’Israël en a utilisé sur Gaza ; les États-Unis en ont utilisé, eux, contre l’Irak (Falloujah), on peut en observer les conséquences sous forme de malformations génétiques, ainsi que contre l’Afghanistan (utilisation d’uranium appauvri). Mais le souci est qu’il n’y a pour l’instant pas d’images de la guerre, souligne Nazanin Armanian. Au Mali (pays riche en uranium et en or), il y a eu sept mois de bombardements, « dont la seule chose que l’on sait est qu’un Français y a trouvé la mort », ajoute Armanian.
La réalité est également faussée lorsque l’on affirme qu’Obama a retiré les troupes états-uniennes d’Irak (il reste encore 150.000 soldats). On cache également la présence de plusieurs « Guantanamos » en Afghanistan, pays que l’on a bombardé non pas à cause de la présence de talibans, ni pour la libération de la femme, ni pour instaurer une entente démocratique, mais bien dans l’intérêt de la route du gaz.
On nous cache les effets des attaques sur le Pakistan avec des drones (avions sans pilotes). On parle dans les médias de l’impact des pirates somaliens sur la sécurité maritime mondiale, alors que les intérêts stratégiques sont ailleurs : face à l’insécurité des routes terrestres (il semble très simple de porter atteinte à un gazoduc), la mer est devenue un élément capital pour le transport de marchandises et de matières premières. « C’est pour cette raison que les États-Unis ont militarisé la corne de l’Afrique ; le but est d’occuper les mers face au grand rival : la Chine », condamne la politologue.
Et d’autre part, quelle réalité se cache derrière les conflits qui transpercent la Syrie ? (Mis à part les champs de gaz et de pétrole existants dans ce pays et son intérêt stratégique pour les routes commerciales.)
Selon l’auteur de « Irak, Afganistán e Irán. 40 respuestas al conflicto en Oriente Próximo », le conflit de fond est généré par les relations entre Israël et l’Iran. En d’autres termes, « il y a un conflit de fond entre Israël et l’Iran, mais comme Israël ne peut pas affronter l’Iran seul, il demande le soutien de son grand allié : les États-Unis. »
Cependant la réalité est plus complexe et s’accompagne d’une gradation de conflits à différentes échelles. Tout d’abord la réalité socio-économique interne de la Syrie ces dernières années, marquée par la privatisation des entreprises publiques, la masse de chômeurs (à commencer par les jeunes), la pauvreté, l’inflation et une sécheresse extraordinaire qui force à l’exode rural. Tout ceci accompagné d’un phénomène d’explosion démographique et, dans le milieu politique et administratif, de clientélisme et de corruption.
En 2011, des protestations qui se régleront par l’arrestation de 15 jeunes donnent aux États-Unis et à Israël l’opportunité de commencer l’intervention en Syrie. L’instabilité comme alibi.
À ce stade on peut parler d’un conflit régional. La Syrie est le dernier allié de l’Iran au Moyen-Orient. « L’Iran a appris à Bachar el-Assad à se battre contre la guérilla urbaine (grâce à l’expérience acquise lors de la répression du “mouvement vert”) et a envoyé 5000 gardes islamiques ainsi qu’énormément d’argent », explique Armanian. Le gouvernement syrien jouit également du soutien de la Russie, ce qui (en plus de l’aide iranienne) lui permet de rester au pouvoir.
Par ailleurs, le Qatar, l’Arabie Saoudite et la Turquie financent l’opposition armée et le conflit prend alors une portée internationale.
Bien qu’il prenne surtout une ampleur mondiale pour les intérêts des États-Unis dans la zone, et plus particulièrement en Syrie : contrôler le Moyen-Orient méditerranéen (ils ont déjà fait tomber l’Irak, la Libye, le Mali et l’Égypte) ; éliminer un ennemi d’Israël ainsi que de l’Arabie saoudite et du Qatar ; ôter un allié à la Russie (la seule base militaire russe du Moyen-Orient se trouve en Syrie) et à l’Iran ; réanimer l’industrie des armes, un pilier de l’économie nord-américaine ; montrer aux républicains qu’Obama n’est pas un leader pusillanime ; et, enfin, enlever l’ONU comme mécanisme possible de résolution légale des conflits.
Cela dit, souligne Nazanin Armanian, il est évident que les États-Unis bénéficient actuellement de la situation de « chaos contrôlé » et de « guerre civile », très défavorable à d’autres pays tels que l’Iran, la Turquie, l’Arabie Saoudite, la Russie et la Chine (affectée par la hausse des prix du pétrole ou par l’instabilité générée dans sa zone d’influence par le conflit nuisant aux échanges commerciaux).
Il convient d’ajouter d’autres raisons tout aussi inavouables. Les États-Unis prétendent qu’aucun pays au monde n’est en contact avec les armes russes ; c’est-à-dire que la majorité des pays se voit forcée d’acquérir des armes produites par les entreprises américaines.
Et, bien sûr, les raisons de nature économique : d’une part le besoin d’une guerre pour se débarrasser du vieux matériel militaire et pour le rénover, ou comme laboratoire expérimental pour les nouvelles armes ; et d’autre part, le fait que l’Iran construise un gazoduc qui, en passant par l’Irak et la Syrie, devrait atteindre l’Europe par la Méditerranée. Cette initiative porterait préjudice aux projets de gazoducs alternatifs que le Qatar installe, ainsi qu’aux intérêts de la Turquie, en faisant partie des grandes routes stratégiques.
En définitive, quels sont les intérêts qu’Obama retire de la planification de cette attaque contre la Syrie ? Selon l’auteur, il désire créer une chaîne de pays autour de l’Iran afin de l’affaiblir et couper l’approvisionnement énergétique.
Tout cela malgré les conséquences qu’une attaque militaire pourrait avoir : des millions de victimes (morts, blessés et exilés), le développement de la course aux armements et le renforcement du wahhabisme promu par l’Arabie Saoudite et le Qatar. Finalement, l’attaque et le renversement de Bachar el-Assad auront-ils lieu ? « Il ne leur reste qu’à trouver un accord et à négocier les conditions pour s’en débarrasser ; une fois cette étape accomplie, ils agiront. », conclut la politologue hispano-iranienne.
Enric Llopis

samedi 19 octobre 2013

Le Qatar s’interroge : pourquoi pas Assad ?.... Il s’agit d’un passage d’une position d’hostilité déclaré au régime d’Assad, avec soutien des rebelles, à des propositions allant jusqu’à la normalisation des relations du Qatar avec la Syrie.

Parmi les divers éléments changeants, sinon tourbillonnants, de la situation au Moyen-Orient, autour de la crise syrienne et après la grande parade déstabilisatrice de la séquence paroxystique du 21 août-10 septembre, il faut signaler les indications persistantes d’un changement peut-être radical de la politique du Qatar vis-à-vis de la Syrie.
Ce changement se place dans la logique de l’ébranlement de l’“alliance” Turquie-Qatar-Arabie formée pour soutenir les rebelles anti-Assad, de l’échec terrible et sans doute décisif pour elle qu’a constitué le tournant Russie-USA, avec l’accord sur la destruction de l’armement chimique syrien (plan proposé par les Russes le 10 septembre 2013).
Les sources citées ici sont de deux origines, toutes deux du côté du soutien de Assad, mais il semble bien que le point fondamental de l’évolution radicale de la politique qatari soit clairement confirmé. Il s’agit d’un passage d’une position d’hostilité déclaré au régime d’Assad, avec soutien des rebelles, à des propositions allant jusqu’à la normalisation des relations du Qatar avec la Syrie. Assad n’y serait pas opposé. Certains pays du bloc BAO, notamment la France qui base son antagonisme avec Assad sur une politique de proximité, et en général grandement intéressée, du Qatar, se trouvent devant un classique contrepied dont leurs “politiques” sans le moindre fondement ni principes sont des productrices constantes. Les USA ne sont sans doute pas au courant puisque, comme le signale Tymothy Garton-Ash, ils ont de la peine à réaliser qu’il existe une entité nommée the Rest Of the World (le reste du monde).
• La première citation est du journal quotidien de gauche As Safir, indépendant mais clairement engagé en faveur du Hezbollah, et hostile à la politique du bloc BAO. La nouvelle date du 13 octobre 2013, sur le site du journal, sous le titre « Infléchissement de la politique du Qatar : l’Emir aurait contacté Al-Assad via un official palestinien. »
« Des sources palestiniennes en Syrie ont révélé qu’un membre du Comité central du Fatah, Abbas Zaki, a transmis au président syrien, Bashar al-Assad, une lettre de l’Emir qatari, Tamim Bin-Hamad Al Thani, dans laquelle ce dernier exprime son désir d’améliorer ses relations avec Damas. Selon ces sources, la visite de Zaki à Damas et sa rencontre avec Al-Assad le 7 octobre n’avaient pas pour objet les pénibles conditions de vie des Palestiniens de Damas ni les relations palestino-syriennes, mais le Qatar et sa politique étrangère. [...] »
Des sources palestiniennes ont confié à Al-Safir tque le Sheikch Tamim avait appelé le président Mahmoud Abbas en août et l’avait invité à Doha. Abbas a en effet passé une journée à Doha le 28 août où il a rencontré le Sheikh Tamim qui lui a demandé d’appeler Al-Assad pour dénouer les tensions avec les autorités syriennes et informer les dirigeants syriens que le Qatar allait changer graduellement de politique étrangère mais que ce changement ne serait pas très important dans les premiers temps. Le fait que le Qatar ait tardé à envoyer un délégué palestinien en Syrie avec ce message est dû aux événements qui se sont déroulés en Syrie entre la rencontre d’Abbas avec l’Emir qatari et la visite de Zaki à Damas. »
 La seconde citation est du site iranien Qods Online, du journal conservateur Mashhad publié par la Qods Cultural Foundation of the Holy Shrine of Imam Reza (Astan-e Qods-e Razavi). Il s’agit d’un commentaire de Hasan Hanizadeh sous le titre « La désintégration de la coalition Anti-Syrienne », du 14 octobre 2013. Les informations recoupent les précédentes sur l’évolution du Qatar, mais à partir du cadre plus large de l’hypothèse de la désintégration de facto de l’“alliance” de circonstance, et de très fragile circonstance, entre le Qatar, la Turquie et l’Arabie, pour soutenir les rebelles syriens contre Assad.
« Le fait que le sheikh Tamim bin Hamad Al-Thani ait exprimé son désir d’améliorer ses relations avec la Syrie indique que la coalition formée par l’Arabie Saoudite, la Turquie et le Qatar contre le gouvernement syrien ne va pas tarder à se désintégrer. Depuis le début de la crise syrienne le 15 mars 2011, l’Arabie Saoudite, le Qatar et la Turquie ne se sont pas seulement coalisés contre la Syrie, ils ont joué un rôle éminemment destructeur dans la crise.»
Selon les estimations de médias étrangers, l’Arabie Saoudite et le Qatar, qui sont considérés dans la région comme des nations rivales, ont fourni jusqu’ici plus de 36 000 milliards de dollars d’aide financière aux groupes terroristes salafistes opérant en Syrie. Mais avec la reconquête d’une grande partie du pays par l’armée syrienne et l’apparition de signes de défaite des groupes terroristes, le Qatar a progressivement pris ses distances avec Ankara et Riyad. Le départ du Sheikh Hamad bin Khalifa Al-Thani et son remplacement au pouvoir par son fils, le Sheikh Tamim bin Hamad Al-Thani, nouvel Emir du Qatar, a joué un rôle dans ce changement de politique. [...] Maintenant que les Etats-Unis et l’Union Européenne ont modifié leur politique vis à vis de la Syrie et que cette dernière coopère à la destruction des ses armes chimiques, le gouvernement du Qatar n’a d’autre choix que de se séparer de l’Arabie Saoudite et la Turquie. Le Qatar a donc revu sa position vis à vis de la Syrie et l’Emir du Qatar a envoyé un message à Bashar Assad, le président Syrien, pour lui dire qu’il était prêt à renouer des liens politiques avec Damas. Ce message a été transmis au président syrien par Abbas Zaki, un membre influent du Fatah très proche de Mahmoud Abbas, le président de l’Autorité Palestinienne, lors d’une rencontre à Damas. »
Bien que le gouvernement syrien n’ait pas encore réagi au souhait qatari de renoncer à sa position politique antérieure le concernant, il semblerait que Damas ne soit pas opposé à la normalisation de ses relations avec Doha. Si les relations entre Damas et Doha reprenaient leur cours normal, la Turquie et l’Arabie Saoudite se retrouveraient de toute évidence très isolées. On peut penser que devant l’évolution de la situation, Ankara, sous la pression intérieure et internationale, ne tarderait pas à se séparer de l’Arabie saoudite.
En dépit du fait que la coalition diabolique formée par l’Arabie Saoudite, la Turquie et le Qatar contre le gouvernement syrien, a causé de gros dommages à la nation syrienne, la désintégration de la coalition permet de penser que la crise sera bientôt derrière le gouvernement syrien. Dans de telles conditions, l’Arabie Saoudite devenue le seul facteur de la crise en Syrie se retrouvera seule et perdra le soutien de son opinion public. »
Source : Info-Palestine