vendredi 16 août 2013

HOMMAGE A NOTRE AMI JACQUES VERGES : « ALGERIENS » et non « FRANÇAIS », « RESISTANTS» et non « MALFAITEURS »…. « Avocat de la terreur », « avocat du diable », ces sobriquets qui collent à sa réputation, Jacques Vergès s’en moque ostensiblement.

Par : Hassen Zenati Publié le : 16/08/13 Algérie

Jacques Vergès est intimement lié à ce pays dont il comprendra très vite le besoin impérieux d’indépendance et défendra jusqu’au bout ses plus grandes figures, dont Djamila Bouhired, qui deviendra son épouse.
Lorsqu’il débarque à Alger pour participer à la défense de militants du Front de libération nationale (FLN – le mouvement qui portait la lutte pour l’indépendance nationale) devant la justice militaire française, Jacques Vergès, devenu avocat sur le tard, à trente ans, après des études d’histoire et de lettres, n’était pas étranger à la cause algérienne.
Né colonisé d’un père réunionnais et d’une mère vietnamienne, engagé à 17 ans dans les Forces françaises libres (FFL) du général de Gaulle contre l'occupation nazie, il se retrouve tout naturellement à la fin de la Seconde Guerre mondiale au Quartier Latin à Paris parmi les animateurs du Comité des étudiants anticolonialistes. En 1950, il est même élu au congrès de Prague de l’Union internationale des étudiants – une référence du mouvement anticolonialiste. C’est l’époque des grands massacres coloniaux de la seconde moitié du XXe siècle, et l’aube de la décolonisation, qui prendra des formes très violentes notamment au Viêt Nam et en Algérie. Dans cette ambiance de fraternité d’armes, il se fait de nombreux amis parmi les militants algériens, marocains, tunisiens, asiatiques, africains de l’indépendance, dont beaucoup deviendront plus tard des dirigeants de leur pays. Quelques années plus tard, il rejoindra, sous le nom de guerre de Mansour, le Collectif des avocats du FLN, après une première expérience qu’il jugera décevante avec des collègues français communistes, socialistes et trotskistes. D’emblée, il dit « comprendre la lutte des Algériens et ne condamne pas leur violence ». Michel Debré, premier ministre très « Algérie française » du général de Gaulle dira de ce collectif de défense du FLN, qu’il « est plus dangereux qu’une division entière ».
Jacques Vergès invente le « procès de rupture » qu’il théorise au grand dam de ses collègues français qui restent, pour la plupart, dans le « procès de connivence ». « Votre style de défense ne me convient pas. Il est opportuniste, il est indigne de cette révolution-là. Ces révolutionnaires ont besoin d’avocats militants à leur côté », leur dit-il au moment de les quitter. La différence entre les deux conceptions est que dans le « procès de rupture », l’accusé récuse les valeurs au nom desquelles son accusateur prétend le juger au détriment de ses propres valeurs. Les militants algériens, qui se savaient voués à la guillotine par le tribunal militaire, se présentent ainsi comme « Algériens » et non « Français », « résistants » et non « malfaiteurs ». Ils ne sont pas « assassins », mais chargés « d’exécuter des traîtres ». Cette façon d’imposer de nouvelles règles du jeu déstabilise les adversaires de Vergès. Elle déconcerte juges, avocats et journalistes. Elle lui vaut plusieurs rappels à l’ordre et un avertissement. Elle est jugée d’autant plus dangereuse par les autorités politiques que Jacques Vergès décide d’élargir le « champ de bataille » en alertant l’opinion publique nationale et internationale. Il écrit aux faiseurs d’opinions et aux décideurs pour les prendre à témoins des tragédies qui se préparaient dans le silence et l’obscurité des prisons algériennes. Il transforme le tribunal en tribune politique. Il doit sans doute à cette « médiatisation » à outrance de ses procès avant la lettre, que sur les nombreux prisonniers qu’il a défendus, et qui ont été condamnés à mort, pas un seul n’a été exécuté.
L'acte fondateur de la carrière de Jacques Vergès, avocat de la « rupture », est la défense de Djamila Bouhired. Jeune étudiante de 22 ans, combattante du FLN, elle est capturée par l'armée française dans les rues d'Alger en 1957. Elle encourt la guillotine pour appartenance à un réseau des poseurs de bombes pendant la « Bataille d’Alger ». Blessée lors de son arrestation, elle est torturée sur son lit d’hôpital, puis livrée aux parachutistes dans des conditions révoltantes. Alerté, Jacques Vergès se précipite au cabinet du juge d’instruction qui l’interrogeait, et fait signe à sa cliente de ne pas répondre aux questions du juge. Son procès se déroule dans une « ambiance de lynchage », se souvient l’avocat, à tel point qu’il se sent obligé d’interpeller le président du tribunal en ces termes iconoclastes : « Sommes-nous dans une audience de justice, ou dans un meeting d’assassinat ? » Djamila Bouhired, devenue entre-temps l'incarnation de la lutte pour l'indépendance de l'Algérie et le visage de la Révolution aux yeux de l’opinion publique internationale, fait face à ses juges avec un courage et une dignité sans pareils. Elle assume ses actes, ne cherche pas à s’inventer des circonstances atténuantes, refuse de demander pardon. « Vous n’avez aucune preuve que j’ai déposé des bombes, mais je suis prête à en déposer, et j’approuve les attentats », annonce-t-elle au juge. Ces échanges rudes, sans concession, entre une femme qui se savait condamnée et ses juges, décidées à en faire un « exemple », résument la « stratégie de rupture » de l’avocat Vergès. Condamnée à mort, elle refusera, par principe, parce qu’un combattant n’a pas à demander pardon, de demander sa grâce au président de la République française. Elle finira cependant par être graciée par le président René Coty sous la pression internationale. C’est encore à la demande de l’Algérie que Jacques Vergès s’engage dans la défense des militants palestiniens en lutte pour le recouvrement de leurs droits déniés sur leur propre terre. Mais c’est déjà une autre histoire et un autre moment de la vie de cet infatigable défenseur du droit des colonisés, ce « guerrier des prétoires ».
« Avocat de la terreur », « avocat du diable », ces sobriquets qui collent à sa réputation, Jacques Vergès s’en moque ostensiblement. Comme il se moque de la légende d’avocat sulfureux, cultivant le mystère, que des journalistes s’attachent à écrire le concernant. « Je crois en l’homme et je me bats pour un idéal, contre l’humiliation, la torture et les atteintes à la dignité humaine », dit-il, à chaque fois que ses contradicteurs tentent de le confondre.
Source : Afrique Asie

ÉGYPTE : La révolution doit se poursuivre sans tutelle de l’armée, Ni Morsi ni l’armée ne représentent les aspirations à la liberté et à la justice sociale !

Déclaration de l’Izquierda anticapitalista (IA, Gauche anticapitaliste, section de la IVe Internationale dans l’État espagnol). Le secrétariat du Bureau exécutif de la IVe Internationale a adopté ce texte le 9 juillet 2013.
…qu’il est nécessaire que la mobilisation sociale, l’auto-organisation populaire du peuple égyptien et la construction d’un pôle démocratique, des gauches et en faveur de la justice sociale avancent pour que le révolution égyptienne ne soit pas emportée par ceux qui veulent que tout change pour que rien ne soit changé.
Précédant la chute de Morsi, les manifestations massives en Égypte ont montré le rejet croissant du projet néolibéral réactionnaire et de plus en plus autoritaire des Frères musulmans. Ces derniers n’étaient pas à l’origine de la révolution égyptienne, mais, après la chute de Moubarak, ils sont devenus la principale force politique, car ils étaient la seule organisation de l’opposition ayant une forte implantation et des racines sociales. L’action gouvernementale des Frères musulmans a clairement démontré que leur projet politique est éloigné des aspirations populaires qui ont renversé le dictateur en 2011.
Depuis les mobilisations contre Moubarak en janvier 2011, l’armée — l’institution économique et politique la plus importante du pays — n’avait qu’un seul but : garantir une « transition ordonnée » et orienter les aspirations populaires vers des sentiers inoffensifs pour les structures du pouvoir. Elle a par conséquent établi une entente initiale avec les Frères musulmans afin de conduire le processus révolutionnaire sur la voie de la modération sans changements économiques structurels. Maintenant, devant la confirmation de l’incapacité des Frères musulmans de garantir la stabilité du pays, l’armée a rompue son alliance avec Morsi.
La mobilisation populaire déchaînée contre ce dernier démontre également la forte détermination du peuple égyptien d’approfondir les aspirations à la liberté et à la justice sociale qui ont conduit à la chute de Moubarak en février 2011. Mais le résultat de cette mobilisation intense, avec la prise du contrôle par l’armée à travers un coup d’État, souligne aussi les grandes faiblesses du processus révolutionnaire. Il met en évidence, en particulier, l’absence d’un pôle politique en faveur de la justice sociale et de l’approfondissement de la révolution. C’est l’absence d’une alternative politique liée à la mobilisation populaire qui a permis à l’armée et à ses alliés de reprendre l’initiative pour tenter de canaliser l’après-Morsi dans le sens de ses intérêts.
C’est une période de grande incertitude pour le processus révolutionnaire qui s’ouvre en ce moment. La détermination et la capacité de lutte du peuple égyptien ont été démontrées, mais également la puissance des forces de sécurité et de l’armée, qui chevauchent aujourd’hui les aspirations populaires. Le peuple égyptien devra continuer de lutter pour éviter que ses désirs de changement ne soient freinés d’en haut et pour empêcher tout revirement autoritaire dirigée par l’armée et ses alliés, ainsi que pour éviter que le pays ne glisse vers une chasse aux sorcières contre les Frères musulmans ou contre toute organisation qui s’oppose au gouvernement, qu’il ne s’embourbe dans une guerre civile conduisant au chaos, ce qui pourrait, de plus, être rentabilisé par l’armée et la réaction pour imposer une volte-face autoritaire.
Pour toutes ces raisons, nous pensons qu’il est nécessaire que la mobilisation sociale, l’auto-organisation populaire du peuple égyptien et la construction d’un pôle démocratique, des gauches et en faveur de la justice sociale avancent pour que le révolution égyptienne ne soit pas emportée par ceux qui veulent que tout change pour que rien ne soit changé

jeudi 15 août 2013

BOLIVIE : Le sommet anti-impérialiste de Cochabamba….. Jean Ortiz fustige la capitulation du Gouvernement français face aux diktats de Washington.

 SOMMET INTERNATIONAL DES PEUPLES POUR LA DÉFENSE DES DROITS HUMAINS ET LA PLEINE APPLICATION DES CONVENTIONS ET TRAITÉS INTERNATIONAUX RÉGISSANT LA COEXISTENCE ENTRE LES ÉTATS,
« Le Gouvernement français vient de porter atteinte à son prestige sur deux front, le front latino-américain et le front européen, en raison de sa capitulation face aux diktats de Washington qui exigeait que (l’avion d’Evo Morales) ne fût pas autorisé à survoler l’espace aérien français », a déclaré, hier, Jean Ortiz, membre de la délégation française au Sommet. « Notre gouvernement n’a même pas poussé un cri de colère et d’indignation pour condamner l’espionnage des institutions de l’Union Européenne et des services français par l’Agence de Sécurité Nord-américaine. La supposée présence du courageux Edward Snowden (ex-analyste de la CIA) ne justifiait aucun acte de piraterie, et même si présence il y avait eu, La Bolivie est un pays souverain et l’avion présidentiel l’est également », affirme-t-il. Jean Ortiz a déclaré que la France est devenue le vassal des États-Unis alors qu’elle a un gouvernement qui se dit socialiste et il se demande ce qu’est devenu le prestige de la France. « Comme disent les indignés, ce gouvernement ne nous représente pas ». « Pardon, camarades et frères Boliviens, au nom de tous les hommes en lutte, des démocrates et des antifascistes, la France ce n’est pas cela », a dit Jean Ortiz, et il a reconnu : « la dignité, la noblesse, le courage, la forte personnalité du président Evo Morales ».

EGYPTE : Déclaration des socialistes révolutionnaires égyptiens sur les massacres du Caire…. Les socialistes révolutionnaires n’ont pas défendu un seul jour le régime de Mohamed Morsi et des Frères musulmans.

Les socialistes révolutionnaires 14 Août 2013

La dissolution sanglante du sit-in à Al-Nahda Square et Raba’a al-Adawiyya n’est rien qu’un massacre préparé à l’avance. Il vise à liquider les Frères musulmans. Mais, il est aussi le cadre d’un plan visant à liquider la révolution égyptienne et restaurer l’état militaro-policier du régime de Moubarak.
Les socialistes révolutionnaires n’ont pas défendu un seul jour le régime de Mohamed Morsi et des Frères musulmans. Nous avons toujours été dans les rangs de l’opposition à ce criminel, son régime a échoué et a trahi les objectifs de la révolution égyptienne. Il a même protégé les piliers du régime de Moubarak et de son appareil de sécurité, les forces armées et les hommes d’affaires corrompus. Nous avons fortement participé à la vague révolutionnaire du 30 Juin. Nous n’avons pas soutenu un seul jour le sit-in des Frères et leurs tentatives de retour de Morsi au pouvoir.
Mais nous devons mettre les événements d’aujourd’hui dans leur contexte, qui est l’utilisation de l’armée pour démolir des grèves ouvrières. Nous voyons également la nomination de nouveaux gouverneurs provinciaux, en grande partie issus des rangs des vestiges de l’ancien régime, de la police et des généraux de l’armée. Puis il y a la politique du gouvernement du général Abdel Fatah Al-Sissi. Il a adopté une feuille de route clairement hostile aux objectifs et aux exigences de la révolution égyptienne, qui sont la liberté, la dignité et la justice sociale.
C’est dans ce contexte que le massacre brutal de l’armée et de  la police a été commis. Il s’agit d’une répétition générale sanglante de la liqui-dation de la révolution égyptienne. Il vise à briser la volonté révolutionnaire de tous les Egyptiens qui revendiquent leurs droits,  les travailleurs, pauvres, jeunes ou révolutionnaire, en créant un état de terreur.

La réaction des Frères musulmans et des salafistes d’attaquer les chrétiens et leurs églises, est un crime sectaire qui ne sert que les forces de la contre-révolution. La sale tentative de créer une guerre civile, dont les chrétiens égyptiens seraient les  victimes, venant des Frères musulmans,  Moubarak et Al-Sisi en sont complices, qui n’ont jamais, une seule journée, défendu les coptes et leurs églises.
Nous dénonçons fermement  les massacres d’Al-Sisi et  sa sale tentative de renverser le cours de la Révolution égyptienne. Le massacre d’aujourd’hui est la première étape d’une contre-révolution. Nous sommes avec la même fermeté contre toutes les agressions envers les chrétiens d’Égypte et contre la campagne sectaire qui ne sert que les intérêts d’Al-Sissi et de son projet sanglant.
Beaucoup de ceux qui se décrivent comme  « libéraux » et « de gauche »  ont trahi la révolution égyptienne, leurs leaders ont pris part au gouvernement de Al-Sissi. Ils ont vendu le sang des martyrs afin de blanchir l’armée et la contre-révolution. Ces gens ont du sang sur les mains.
Nous, socialistes révolutionnaires, ne dévierons jamais de la voie de la révolution égyptienne. Nous ne ferons jamais de compromis sur les droits des martyrs : ceux qui sont tombés face à Moubarak, ceux qui sont tombés face au Conseil militaire, ceux qui sont tombés face au régime de Morsi, et ceux à qui revient désormais d’affronter Al-Sissi et ses chiens.
A bas le régime militaire!
Pas le retour de l’ancien régime!
Non au retour des frères!
Tout le pouvoir et la richesse à la population !

Référence de cet article : http://www.inprecor.fr/article-inprecor?id=1487

mercredi 14 août 2013

EGYPTE : L'état d'urgence a été instauré ce mercredi en Égypte, après l'intervention des forces de police contre les partisans de l'ex-président Morsi.

La tactique adoptée par les Frères musulmans est de provoquer un bain de sang en se protégeant derrière des boucliers humains constitués notamment d’enfants et de femmes.
La décision des autorités égyptiennes de disperser les sit-in observés depuis des semaines dans deux places du Caire par les Frères musulmans s’est soldée par de violents affrontements qui ont fait des dizaines de morts et de blessés, des partisans du président déchu Mohammad Morsi, mais aussi des policiers.
Les Frères musulmans ont opté pour la confrontation, refusant d’évacuer les places et choisissant la résistance face aux forces de l’ordre. Dans d’autres régions du pays, des partisans de la confrérie ont attaqué des postes de police et des bâtiments officiels, et ont coupé des routes, dans une tentative de disperser les forces de police pour alléger la pression sur les manifestants de la place Rabia al-Adawiyya. Ils se sont également attaqués à des églises.Selon diverses sources, les principaux chefs des Frères musulmans seraient réfugiés dans ce campement. L’autre rassemblement, organisé sur la place An-Nahda a été dispersé par la police.
Le bilan de cette opération en cours reste provisoire. Le ministère égyptien de la Santé fait état de 15 morts, dont cinq policiers, et 180 blessés. Un médecin de l'hôpital de campagne des islamistes de la place Rabia al-Adawiyya avance, lui, le chiffre de 120 morts dans les rangs des Frères.
La police égyptienne avait entamé mercredi matin 14 août la dispersion des deux camps à l'aide de grenades lacrymogènes. Les forces de l'ordre ont réussi à repousser les manifestants de la place située devant l'Université du Caire à Gizeh, mais des milliers de personnes se trouvent toujours sur la place Rabia al-Adawiyya.
Les manifestants ont été pris par surprise, dans la mesure où les autorités avaient annoncé une opération «graduelle», pour persuader certains manifestants d'évacuer pacifiquement avant que l'assaut ne soit lancé contre les plus déterminés. Des images de télévision montraient des bulldozers enfoncer des barrières de fortunes faites de pavés et de sacs de sable. Des centaines de grenades lacrymogènes ont été tirées sur les tentes près de la mosquée Rabaa al- Adawiyya. Des hommes portant des masques à gaz les ramassaient et les jetaient dans des tonneaux remplis d'eau.
Pour éviter le chaos général, le président intérimaire a décrété pour un mois l’état d’urgence. Il ne fait plus de doute que l’armée est désormais déterminée à en découdre une fois pour toutes avec ce mouvement terroriste soutenu par l’étranger.

mardi 13 août 2013

Affaire Snowden : Der Spiegel dévoile les priorités du renseignement US....La Russie, la Chine et l’Iran figurent parmi les cibles prioritaires de surveillance du service américain de renseignements NSA.

La Russie, la Chine et l’Iran figurent parmi les cibles prioritaires de surveillance du service américain de renseignements NSA, rapporte l’hebdomadaire allemand Spiegel s’appuyant sur des documents fournis par Edward Snowden.
D’après le quotidien, la NSA a établi une échelle allant de 1 (« plus haut intérêt ») à 5 (« faible intérêt »). Quant à la priorité 1, elle est attribuée à la Russie, à la Chine, à l’Iran, ainsi qu’à l’Afghanistan et au Pakistan.
Pour sa part, l’Allemagne se retrouve au même niveau que la France et le Japon, mais devant l’Italie et l’Espagne. Priorité est donnée aux questions de politique étrangère de Berlin, de stabilité économique et de risques financiers, qui sont classés priorité 3.
La politique étrangère de l’Union européenne, son commerce international et sa stabilité économique sont également dotés de la priorité 3. Dans le même temps, les questions liées aux nouvelles technologies, à la sécurité énergétique et à l’alimentation n’entrent pas dans les priorités des Américains (priorité 5).
Or, la Grande Bretagne, la Nouvelle-Zélande, l’Australie et le Canada ne sont pas espionnés par les services spéciaux US. D’après les documents présentés par Snowden, Washington considère ces États comme des « vrais amis » des États-Unis.
Par : RIA Novosti

ISRAEL/PALESTINE : Les pourparles israélo-Palestinien de John Kerry couvrent l'agression et l'annexion de la terre palestinienne….un outil commode pour distraire l’opinion publique internationale et l’influencer en présentant Israël comme une entité raisonnable prête à faire des concessions pour la paix et la sécurité.

Les prétendus « pourparlers de paix » initiés par John Kerry entre Israël et l’Autorité palestinienne sont du cinéma vide de sens qui fait partie d’un stratagème destiné à cacher et à dissimuler les véritables intentions des États-Unis et d’Israël au Moyen Orient. Lorsque le président états-unien Barack Obama s’est rendu en Israël, en mars 2013, les discussions de paix n’étaient même pas une priorité pour son administration.
Il a carrément dit au monde que le soi-disant « processus de paix » ne figurait pas à l’ordre du jour des discussions entre les gouvernements états-unien et israélien. D’où la grande question dans de nombreux esprits : pourquoi les discussions sont-elles devenues tout d’un coup une priorité pour le gouvernement des États-Unis ?
L’illusion des « pourparlers de paix »
L’objectif principal du prétendu processus de paix a toujours été de servir de distraction pompeuse. Initialement, les tractations israélo-palestiniennes ont été utilisées pour maintenir à distance le peuple palestinien et les Arabes. Les pourparlers de paix et les négociations ont acquis avec le temps une autre dimension, lorsqu’ils sont devenus un outil commode pour distraire l’opinion publique internationale et l’influencer en présentant Israël comme une entité raisonnable prête à faire des concessions pour la paix et la sécurité.
Sur ce dernier point du concept des « concessions israéliennes » aux Palestiniens, il y a un hic. Les concessions israéliennes n’existent que sur le plan théorique, si tant est que l’on considère comme légitimes les lubies illicites d’Israël. En réalité, il n’y a pas de concessions israéliennes, en particulier quand on évalue le conflit israélo-palestinien à l’aune de la loi internationale. Tel Aviv revendique illégalement la Cisjordanie tout entière, à laquelle il n’a aucun droit légal selon le droit international, comme son propre territoire. Les dirigeants israéliens présentent l’abaissement de leurs revendications territoriales sur la Cisjordanie, qu’ils se sont acharnés à annexer pendant les pourparlers de paix bidon, comme un certain type de concession aux Palestiniens.
Les soi-disant « colonies israéliennes » à Jérusalem Est et en Cisjordanie sont catégoriquement rejetées par les Nations Unies comme étant illégales. Elles sont une violation flagrante du droit international. Les colonies d’Israëlen Cisjordanie ont unanimement été identifiées comme un crime de guerre en vertu du Statut de Rome 1998 de la Cour pénale internationale par tous les juges de la CPI. Les États-Unis sont aussi complices, en cela que Washington a empêché que toute action internationale soit lancée contre Israël. Il faut appeler un chat un chat : ces colonies israéliennes en Cisjordanie ne sont rien moins que des colonies israéliennes de peuplement.

Il n’y a pas de concessions israéliennes, seulement des exigences
Il est cocasse d’entendre le Secrétaire d’État US John Kerry demander qu’Israël et l’AP fassent des "compromis raisonnables". Pour dire les choses crûment, ce sont de fait les Palestiniens qui ont fait de véritables compromis et, par-dessus tout, ce sont eux qui ont été forcés par le gouvernement US et par Israël à faire progressivement de plus en plus de concessions. En plus de la reconnaissance des à peu près 80% de Palestine qui sont délimités à l’intérieur des frontières 1967 d’Israël par les responsables palestiniens, environ 60% ou plus de l’espace territorial de Cisjordanie est occupé par des colonies israéliennes.
Le mur israélien de « Hafrada » (séparation), ou mur d’apartheid, a séparé Jérusalem Est et les terres les plus importantes d’un point de vue économique de leurs habitants et propriétaires palestiniens. Les Palestiniens ne sont même pas autorisés à gérer leurs propres ressources et leur eau est volée quotidiennement par les Israéliens. Malgré tout, les négociateurs palestiniens corrompus, qui n’ont aucun mandat populaire ou légal pour représenter le peuple palestinien, se sont montrés disposés à reconnaître et à garder en Cisjordanie (sur les meilleures terres) le gros des colonies israéliennes et de renoncer aux droits légaux, reconnus par la Déclaration universelle des droits de l’homme et le Pacte international relatif aux droits civils et politiques, du peuple palestinien à retourner dans ses foyers occupés.
Israël ne veut pas d’un authentique règlement négocié avec les Palestiniens. Il veut simplement que les Palestiniens soient une sorte de population du "quart-monde". L’établissement de davantage de colonies en Cisjordanie est devenu une priorité nationale pour le gouvernement de Benjamin Netanyahu. Mis à part l’annexion des meilleures terres de Cisjordanie, Tel Aviv veut dicter ses conditions pour la création d’un "bantoustan palestinien" qui sera constitué de plusieurs enclaves disjointes essentiellement contrôlées par Israël, par procuration, et qui manqueront de réelle légitimité, de réelle indépendance politique et de réelles capacités économiques.
L’Autorité palestinienne obéit aux ordres de Washington et de Tel Aviv
Depuis les Accords d’Oslo, l’occupation de la Cisjordanie n’a été confiée qu’à des collaborateurs palestiniens. L’Autorité palestinienne et son chef, Mahmoud Abbas, n’ont pas de mandat populaire. Il ne fait aucun doute que l’AP en faillite morale et illégitime est fondamentalement un client des États-Unis et d’Israël qui régente les Palestiniens pour le compte de Washington et de Tel Aviv. Depuis la victoire électorale du Hamas et la défaite du Fatah en janvier 2006 lors des élections générales palestiniennes, les États-Unis et Israël ont fait tout ce qu’ils pouvaient pour appuyer Mahmoud Abbas et sa faction Fatah à Ramallah, tout en écrasant inversement tout semblant de participation démocratique véritable dans les Territoires palestiniens. Depuis, il n’y a pas eu de nouvelles élections et Abbas dirige par décret, comme un quasi dictateur soutenu par les États-Unis, l’Union européenne, Israël et les monarchies arabes dictatoriales. Et il a annulé les élections présidentielles et parlementaires.
Il ne faut se faire aucune illusion ; l’AP n’a jamais eu le choix de participer aux pourparlers. Tous ses fonds et son autorité viennent des États-Unis et d’Israël, sans lesquels elle s’effondre. Lorsque des protestations ont éclaté en Cisjordanie contre l’AP, Abbas a envoyé des émissaires de Ramallah pour voir les responsables états-uniens et israéliens et leur demander de lui envoyer une bouée de sauvetage. Il n’est pas soutenu par le peuple mais par la force brute et l’occupation israélienne. Via la promesse israélienne de libérer plusieurs prisonniers palestiniens détenus depuis des décennies dans les prisons israéliennes, les États-Unis et Israël créent même une couverture pour que l’AP justifie son entrée dans des pourparlers de paix fictifs initiés par le Secrétaire d’État Kerry.
Le retour de l’ultra-sioniste Martin Indyk
Il suffit d’examiner quel fonctionnaire états-unien supervise les pourparlers pour se faire une idée de la duplicité. L’ultra-sioniste Martin Indyk, ancien lobbyiste en chef à l’AIPAC (American Israël Public Affairs Committee) à qui le Président Clinton a fini par accorder la citoyenneté états-unienne pour qu’il s’occupe de la politique étrangère du pays au Moyen-Orient, fera office de médiateur entre Israël et l’Autorité palestinienne en tant que prétendu envoyé spécial de paix de Washington. Indyk a été lié à chaque tentacule du lobby sioniste à l’intérieur et à l’extérieur des États-Unis, du Washington Institute for Near East Policy (WINEP), qui est le bras de l’AIPAC pour la recherche, au Brookings Institution’s Saban Center for Middle East Policy, qui a fortement influencé la politique étrangère du Printemps arabe depuis le Qatar. Selon un discours qu’a donné Indyk, à la première convention de l’« organisation pro-israélienne » selon les propres termes de J Street, en 2009, il a fait le choix d’émigrer aux États-Unis pour s’assurer que la politique étrangère états-unienne serve les intérêts d’Israël. Indyk fut également ambassadeur des États-Unis en Israël à deux reprises, il fut un architecte de la politique américaine de répression de l’Iraq et de l’Iran, un pom-pom boy et un partisan des guerres d’Israël contre les Palestiniens à Gaza et au Liban. Indyk est maintenant en charge des pourparlers de paix en tant que membre de l’Administration Obama.
Tout aussi peu recommandables qu’Indyk sont les négociateurs israéliens et de l’AP assis à la table avec lui. Du côté israélien, Tsipi Livni, une criminelle de guerre notoire qui a été obligée d’annuler un voyage au Royaume-Uni fin 2009 parce qu’un mandat d’arrêt l’y attendait. Assis à côté d’elle, l’homme de l’AP, que Livni connaît très bien, et qui lui a un jour déclaré qu’il « voterait pour elle » s’il était israélien. Cet homme, Saeb Erekat, est quelqu’un qu’aucun Palestinien ne prend au sérieux ni ne respecte. Tout au long de sa carrière, Erekat n’a fait que ramper devant les responsables états-uniens et israéliens ; il a dit que le sénateur John McCain avait un « véritable engagement pour la paix » après que McCain en 2008 a fait savoir qu’il n’en avait rien à faire des Palestiniens ; Erekat a même appelé le Premier ministre Ariel Sharon - l’officiel israélien responsable du massacre de Sabra et Shatila dans les camps de réfugiés palestiniens de Beyrouth – « son ami », et à de nombreuses occasions, il s’est ridiculement confondu en excuses devant les Israéliens parce que les négociations que Tel Aviv elle-même avait sabotées n’avaient pas réussi.
Les pourparlers de paix et l’équation régionale
Le calendrier des pourparlers israélo-palestiniens est lié aux plans américains et israéliens de sauvetage de leur statut régional en déclin au Moyen-Orient et leurs alliés. Au plan régional, les événements impliquant l’Égypte, la Syrie, le Qatar et les Frères Musulmans ont en outre eu un grand impact sur les Palestiniens et Israël. Abbas a même fait une visite à Beyrouth au début juillet 2013 pour demander aux réfugiés palestiniens au Liban de rester neutres dans les affrontements ayant lieu en Syrie et au Liban.
Entre-temps, dans la Bande de Gaza, l’isolement du Hamas s’est accru. Il a semblé, pendant un temps, que son gouvernement à Gaza allait gagner les faveurs des autres pays arabes au détriment de Mahmoud Abbas et ses laquais à Ramallah. Les événements en Syrie et en Égypte ont cependant nui au Hamas. Bien que ce ne soit pas tout à fait correct, il convient de citer ce qu’a joyeusement dit l’ancien ambassadeur israélien en Égypte, Eli Shaked, au sujet du Hamas alors que les Frères Musulmans étaient évincés en Égypte début juillet 2013 : « Le Hamas a perdu l’Iran, il a perdu la Syrie et il est en train de perdre l’Égypte. Il est beaucoup plus isolé. » Malgré les souffrances des Gazaouis, l’isolement du Hamas a aussi fait plaisir à Abbas et à son régime à Ramallah, qui se sont empressés de féliciter le Général Al-Sisi et l’armée égyptienne pour avoir chassé les Frères Musulmans du pouvoir au Caire. Aujourd’hui, une vague militaire de terreur a commencé contre les Palestiniens en Égypte.
Le très impopulaire Abbas est lui-même confronté à une possible rébellion en Cisjordanie. Une crise politique s’est développée dans son fief tandis que son Autorité palestinienne dégénérée risque l’effondrement avec la montée du chômage, la stagnation économique à la hausse, l’impopularité grandissante et sa répression croissante. Le régime de Ramallah a vu une vague de purges politiques et de démissions de fonctionnaires cherchant à se distancier d’Abbas alors que la situation en Cisjordanie devient des plus catastrophiques.
Parler de préparer tout en préparant la guerre ?
Il est ironique que les États-Unis et Israël, deux des trois parties impliquées dans les pourparlers de paix, aient menacé d’attaquer la Syrie, le Liban ou l’Iran. Peut-être le plus intéressant de tout, l’annonce de la reprise des discussions entre Israël et l’AP a été faite juste au moment où les États-Unis et Israël ont fait pression sur l’Union européenne pour désigner comme organisation terroriste la branche militaire du Hezbollah ; non que l’Union européenne ait des relations avec la branche militaire du Hezbollah ou sache quoique ce soit sur elle. La décision de l’Union européenne est clairement une décision politique qui est réellement liée à l’échec américain à imposer un changement de régime en Syrie, où le Hezbollah est intervenu et les forces anti-gouvernementales financées par l’étranger ont été mises en déroute.
D’un point de vue historique, les pourparlers israélo-palestiniens ont toujours eu pour objectif de soulager la pression liée aux plans guerriers américains. Washington et Tel Aviv pourraient envisager un certain type de confrontation avec le Hezbollah ou même avec son protecteur l’Iran. Le piteux état de l’image internationale d’Israël pourrait même se dissiper davantage si une nouvelle confrontation avec le Hezbollah prendrait la forme d’une autre guerre israélienne contre le Liban. Netanyahou a aussi recommencé à menacer d’attaquer unilatéralement l’Iran, ce qui serait impossible pour Israël sans l’implication des États-Unis. En plus de fournir une couverture pour les colonies israéliennes en Cisjordanie et une pression internationale amoindrie sur Tel Aviv, la reprise des discussions israéliennes avec l’AP pourrait servir à présenter le gouvernement de Netanyahou comme désirant sincèrement la paix avant qu’il ne soit impliqué dans une forme d’aventurisme. En outre, l’étiquette terroriste de l’Union Européenne sur le Hezbollah pourrait être utilisée par les États-Unis et les Israéliens pour justifier une telle confrontation comme faisant partie de la lutte contre le terrorisme.
Quelles que soient les raisons derrière la reprise des négociations futiles entre Tel Aviv et l’AP, le gouvernement des États-Unis et Israël ne sont pas intéressés par une solution juste. Ni les discussions, ni les négociations, ni le gouvernement américain, comme négociateur, ne sont sincères. L’administration Obama poursuit simplement ses propres intérêts dans un Moyen-Orient élargi.
Livni, la représentante israélienne aux pourparlers, a donné elle-même le tempo pour l’issue des discussions en déclarant que le peuple ne devrait pas être "optimiste". Washington et Tel Aviv ne laisseront même pas les Palestiniens créer leur propre pays indépendant en mettant fin à l’occupation israélienne de Jérusalem Est, de la Bande de Gaza et de la Cisjordanie.
Alors que le peuple palestinien sans ressources subit une dépossession territoriale, les pourparlers de paix bidon ne servent qu’à créer un écran de fumée pour que Tel Aviv colonise systématiquement ce qui reste de la patrie palestinienne comme Lebensraum israélien, ou « espace vital ». Il n’y a pas d’autre façon de le formuler.
Mahdi Darius Nazemroaya
Mahdi Darius Nazemroaya est sociologue, auteur primé et analyste géopolitique. Cet article, en anglais, est paru initialement sur Rt.com le 9 août 2013.

Source : http://www.ism-france.org/analyses/Les-pourparlers-israelo-palestiniens-de-John-Kerry-couvrent-l-agression-et-l-annexion-de-la-terre-palestinienne-article-18329Texte original en anglais : http://www.odsg.org/co/index.php ?option=com_content&view=article&id=2947 :john-kerrys-israeli-palestinian-talks-are-a-cover-for-aggression-and-annexation&catid=31 :general&Itemid=41
Traduction : MR pour ISM