mardi 13 août 2013

ISRAEL/PALESTINE : Les pourparles israélo-Palestinien de John Kerry couvrent l'agression et l'annexion de la terre palestinienne….un outil commode pour distraire l’opinion publique internationale et l’influencer en présentant Israël comme une entité raisonnable prête à faire des concessions pour la paix et la sécurité.

Les prétendus « pourparlers de paix » initiés par John Kerry entre Israël et l’Autorité palestinienne sont du cinéma vide de sens qui fait partie d’un stratagème destiné à cacher et à dissimuler les véritables intentions des États-Unis et d’Israël au Moyen Orient. Lorsque le président états-unien Barack Obama s’est rendu en Israël, en mars 2013, les discussions de paix n’étaient même pas une priorité pour son administration.
Il a carrément dit au monde que le soi-disant « processus de paix » ne figurait pas à l’ordre du jour des discussions entre les gouvernements états-unien et israélien. D’où la grande question dans de nombreux esprits : pourquoi les discussions sont-elles devenues tout d’un coup une priorité pour le gouvernement des États-Unis ?
L’illusion des « pourparlers de paix »
L’objectif principal du prétendu processus de paix a toujours été de servir de distraction pompeuse. Initialement, les tractations israélo-palestiniennes ont été utilisées pour maintenir à distance le peuple palestinien et les Arabes. Les pourparlers de paix et les négociations ont acquis avec le temps une autre dimension, lorsqu’ils sont devenus un outil commode pour distraire l’opinion publique internationale et l’influencer en présentant Israël comme une entité raisonnable prête à faire des concessions pour la paix et la sécurité.
Sur ce dernier point du concept des « concessions israéliennes » aux Palestiniens, il y a un hic. Les concessions israéliennes n’existent que sur le plan théorique, si tant est que l’on considère comme légitimes les lubies illicites d’Israël. En réalité, il n’y a pas de concessions israéliennes, en particulier quand on évalue le conflit israélo-palestinien à l’aune de la loi internationale. Tel Aviv revendique illégalement la Cisjordanie tout entière, à laquelle il n’a aucun droit légal selon le droit international, comme son propre territoire. Les dirigeants israéliens présentent l’abaissement de leurs revendications territoriales sur la Cisjordanie, qu’ils se sont acharnés à annexer pendant les pourparlers de paix bidon, comme un certain type de concession aux Palestiniens.
Les soi-disant « colonies israéliennes » à Jérusalem Est et en Cisjordanie sont catégoriquement rejetées par les Nations Unies comme étant illégales. Elles sont une violation flagrante du droit international. Les colonies d’Israëlen Cisjordanie ont unanimement été identifiées comme un crime de guerre en vertu du Statut de Rome 1998 de la Cour pénale internationale par tous les juges de la CPI. Les États-Unis sont aussi complices, en cela que Washington a empêché que toute action internationale soit lancée contre Israël. Il faut appeler un chat un chat : ces colonies israéliennes en Cisjordanie ne sont rien moins que des colonies israéliennes de peuplement.

Il n’y a pas de concessions israéliennes, seulement des exigences
Il est cocasse d’entendre le Secrétaire d’État US John Kerry demander qu’Israël et l’AP fassent des "compromis raisonnables". Pour dire les choses crûment, ce sont de fait les Palestiniens qui ont fait de véritables compromis et, par-dessus tout, ce sont eux qui ont été forcés par le gouvernement US et par Israël à faire progressivement de plus en plus de concessions. En plus de la reconnaissance des à peu près 80% de Palestine qui sont délimités à l’intérieur des frontières 1967 d’Israël par les responsables palestiniens, environ 60% ou plus de l’espace territorial de Cisjordanie est occupé par des colonies israéliennes.
Le mur israélien de « Hafrada » (séparation), ou mur d’apartheid, a séparé Jérusalem Est et les terres les plus importantes d’un point de vue économique de leurs habitants et propriétaires palestiniens. Les Palestiniens ne sont même pas autorisés à gérer leurs propres ressources et leur eau est volée quotidiennement par les Israéliens. Malgré tout, les négociateurs palestiniens corrompus, qui n’ont aucun mandat populaire ou légal pour représenter le peuple palestinien, se sont montrés disposés à reconnaître et à garder en Cisjordanie (sur les meilleures terres) le gros des colonies israéliennes et de renoncer aux droits légaux, reconnus par la Déclaration universelle des droits de l’homme et le Pacte international relatif aux droits civils et politiques, du peuple palestinien à retourner dans ses foyers occupés.
Israël ne veut pas d’un authentique règlement négocié avec les Palestiniens. Il veut simplement que les Palestiniens soient une sorte de population du "quart-monde". L’établissement de davantage de colonies en Cisjordanie est devenu une priorité nationale pour le gouvernement de Benjamin Netanyahu. Mis à part l’annexion des meilleures terres de Cisjordanie, Tel Aviv veut dicter ses conditions pour la création d’un "bantoustan palestinien" qui sera constitué de plusieurs enclaves disjointes essentiellement contrôlées par Israël, par procuration, et qui manqueront de réelle légitimité, de réelle indépendance politique et de réelles capacités économiques.
L’Autorité palestinienne obéit aux ordres de Washington et de Tel Aviv
Depuis les Accords d’Oslo, l’occupation de la Cisjordanie n’a été confiée qu’à des collaborateurs palestiniens. L’Autorité palestinienne et son chef, Mahmoud Abbas, n’ont pas de mandat populaire. Il ne fait aucun doute que l’AP en faillite morale et illégitime est fondamentalement un client des États-Unis et d’Israël qui régente les Palestiniens pour le compte de Washington et de Tel Aviv. Depuis la victoire électorale du Hamas et la défaite du Fatah en janvier 2006 lors des élections générales palestiniennes, les États-Unis et Israël ont fait tout ce qu’ils pouvaient pour appuyer Mahmoud Abbas et sa faction Fatah à Ramallah, tout en écrasant inversement tout semblant de participation démocratique véritable dans les Territoires palestiniens. Depuis, il n’y a pas eu de nouvelles élections et Abbas dirige par décret, comme un quasi dictateur soutenu par les États-Unis, l’Union européenne, Israël et les monarchies arabes dictatoriales. Et il a annulé les élections présidentielles et parlementaires.
Il ne faut se faire aucune illusion ; l’AP n’a jamais eu le choix de participer aux pourparlers. Tous ses fonds et son autorité viennent des États-Unis et d’Israël, sans lesquels elle s’effondre. Lorsque des protestations ont éclaté en Cisjordanie contre l’AP, Abbas a envoyé des émissaires de Ramallah pour voir les responsables états-uniens et israéliens et leur demander de lui envoyer une bouée de sauvetage. Il n’est pas soutenu par le peuple mais par la force brute et l’occupation israélienne. Via la promesse israélienne de libérer plusieurs prisonniers palestiniens détenus depuis des décennies dans les prisons israéliennes, les États-Unis et Israël créent même une couverture pour que l’AP justifie son entrée dans des pourparlers de paix fictifs initiés par le Secrétaire d’État Kerry.
Le retour de l’ultra-sioniste Martin Indyk
Il suffit d’examiner quel fonctionnaire états-unien supervise les pourparlers pour se faire une idée de la duplicité. L’ultra-sioniste Martin Indyk, ancien lobbyiste en chef à l’AIPAC (American Israël Public Affairs Committee) à qui le Président Clinton a fini par accorder la citoyenneté états-unienne pour qu’il s’occupe de la politique étrangère du pays au Moyen-Orient, fera office de médiateur entre Israël et l’Autorité palestinienne en tant que prétendu envoyé spécial de paix de Washington. Indyk a été lié à chaque tentacule du lobby sioniste à l’intérieur et à l’extérieur des États-Unis, du Washington Institute for Near East Policy (WINEP), qui est le bras de l’AIPAC pour la recherche, au Brookings Institution’s Saban Center for Middle East Policy, qui a fortement influencé la politique étrangère du Printemps arabe depuis le Qatar. Selon un discours qu’a donné Indyk, à la première convention de l’« organisation pro-israélienne » selon les propres termes de J Street, en 2009, il a fait le choix d’émigrer aux États-Unis pour s’assurer que la politique étrangère états-unienne serve les intérêts d’Israël. Indyk fut également ambassadeur des États-Unis en Israël à deux reprises, il fut un architecte de la politique américaine de répression de l’Iraq et de l’Iran, un pom-pom boy et un partisan des guerres d’Israël contre les Palestiniens à Gaza et au Liban. Indyk est maintenant en charge des pourparlers de paix en tant que membre de l’Administration Obama.
Tout aussi peu recommandables qu’Indyk sont les négociateurs israéliens et de l’AP assis à la table avec lui. Du côté israélien, Tsipi Livni, une criminelle de guerre notoire qui a été obligée d’annuler un voyage au Royaume-Uni fin 2009 parce qu’un mandat d’arrêt l’y attendait. Assis à côté d’elle, l’homme de l’AP, que Livni connaît très bien, et qui lui a un jour déclaré qu’il « voterait pour elle » s’il était israélien. Cet homme, Saeb Erekat, est quelqu’un qu’aucun Palestinien ne prend au sérieux ni ne respecte. Tout au long de sa carrière, Erekat n’a fait que ramper devant les responsables états-uniens et israéliens ; il a dit que le sénateur John McCain avait un « véritable engagement pour la paix » après que McCain en 2008 a fait savoir qu’il n’en avait rien à faire des Palestiniens ; Erekat a même appelé le Premier ministre Ariel Sharon - l’officiel israélien responsable du massacre de Sabra et Shatila dans les camps de réfugiés palestiniens de Beyrouth – « son ami », et à de nombreuses occasions, il s’est ridiculement confondu en excuses devant les Israéliens parce que les négociations que Tel Aviv elle-même avait sabotées n’avaient pas réussi.
Les pourparlers de paix et l’équation régionale
Le calendrier des pourparlers israélo-palestiniens est lié aux plans américains et israéliens de sauvetage de leur statut régional en déclin au Moyen-Orient et leurs alliés. Au plan régional, les événements impliquant l’Égypte, la Syrie, le Qatar et les Frères Musulmans ont en outre eu un grand impact sur les Palestiniens et Israël. Abbas a même fait une visite à Beyrouth au début juillet 2013 pour demander aux réfugiés palestiniens au Liban de rester neutres dans les affrontements ayant lieu en Syrie et au Liban.
Entre-temps, dans la Bande de Gaza, l’isolement du Hamas s’est accru. Il a semblé, pendant un temps, que son gouvernement à Gaza allait gagner les faveurs des autres pays arabes au détriment de Mahmoud Abbas et ses laquais à Ramallah. Les événements en Syrie et en Égypte ont cependant nui au Hamas. Bien que ce ne soit pas tout à fait correct, il convient de citer ce qu’a joyeusement dit l’ancien ambassadeur israélien en Égypte, Eli Shaked, au sujet du Hamas alors que les Frères Musulmans étaient évincés en Égypte début juillet 2013 : « Le Hamas a perdu l’Iran, il a perdu la Syrie et il est en train de perdre l’Égypte. Il est beaucoup plus isolé. » Malgré les souffrances des Gazaouis, l’isolement du Hamas a aussi fait plaisir à Abbas et à son régime à Ramallah, qui se sont empressés de féliciter le Général Al-Sisi et l’armée égyptienne pour avoir chassé les Frères Musulmans du pouvoir au Caire. Aujourd’hui, une vague militaire de terreur a commencé contre les Palestiniens en Égypte.
Le très impopulaire Abbas est lui-même confronté à une possible rébellion en Cisjordanie. Une crise politique s’est développée dans son fief tandis que son Autorité palestinienne dégénérée risque l’effondrement avec la montée du chômage, la stagnation économique à la hausse, l’impopularité grandissante et sa répression croissante. Le régime de Ramallah a vu une vague de purges politiques et de démissions de fonctionnaires cherchant à se distancier d’Abbas alors que la situation en Cisjordanie devient des plus catastrophiques.
Parler de préparer tout en préparant la guerre ?
Il est ironique que les États-Unis et Israël, deux des trois parties impliquées dans les pourparlers de paix, aient menacé d’attaquer la Syrie, le Liban ou l’Iran. Peut-être le plus intéressant de tout, l’annonce de la reprise des discussions entre Israël et l’AP a été faite juste au moment où les États-Unis et Israël ont fait pression sur l’Union européenne pour désigner comme organisation terroriste la branche militaire du Hezbollah ; non que l’Union européenne ait des relations avec la branche militaire du Hezbollah ou sache quoique ce soit sur elle. La décision de l’Union européenne est clairement une décision politique qui est réellement liée à l’échec américain à imposer un changement de régime en Syrie, où le Hezbollah est intervenu et les forces anti-gouvernementales financées par l’étranger ont été mises en déroute.
D’un point de vue historique, les pourparlers israélo-palestiniens ont toujours eu pour objectif de soulager la pression liée aux plans guerriers américains. Washington et Tel Aviv pourraient envisager un certain type de confrontation avec le Hezbollah ou même avec son protecteur l’Iran. Le piteux état de l’image internationale d’Israël pourrait même se dissiper davantage si une nouvelle confrontation avec le Hezbollah prendrait la forme d’une autre guerre israélienne contre le Liban. Netanyahou a aussi recommencé à menacer d’attaquer unilatéralement l’Iran, ce qui serait impossible pour Israël sans l’implication des États-Unis. En plus de fournir une couverture pour les colonies israéliennes en Cisjordanie et une pression internationale amoindrie sur Tel Aviv, la reprise des discussions israéliennes avec l’AP pourrait servir à présenter le gouvernement de Netanyahou comme désirant sincèrement la paix avant qu’il ne soit impliqué dans une forme d’aventurisme. En outre, l’étiquette terroriste de l’Union Européenne sur le Hezbollah pourrait être utilisée par les États-Unis et les Israéliens pour justifier une telle confrontation comme faisant partie de la lutte contre le terrorisme.
Quelles que soient les raisons derrière la reprise des négociations futiles entre Tel Aviv et l’AP, le gouvernement des États-Unis et Israël ne sont pas intéressés par une solution juste. Ni les discussions, ni les négociations, ni le gouvernement américain, comme négociateur, ne sont sincères. L’administration Obama poursuit simplement ses propres intérêts dans un Moyen-Orient élargi.
Livni, la représentante israélienne aux pourparlers, a donné elle-même le tempo pour l’issue des discussions en déclarant que le peuple ne devrait pas être "optimiste". Washington et Tel Aviv ne laisseront même pas les Palestiniens créer leur propre pays indépendant en mettant fin à l’occupation israélienne de Jérusalem Est, de la Bande de Gaza et de la Cisjordanie.
Alors que le peuple palestinien sans ressources subit une dépossession territoriale, les pourparlers de paix bidon ne servent qu’à créer un écran de fumée pour que Tel Aviv colonise systématiquement ce qui reste de la patrie palestinienne comme Lebensraum israélien, ou « espace vital ». Il n’y a pas d’autre façon de le formuler.
Mahdi Darius Nazemroaya
Mahdi Darius Nazemroaya est sociologue, auteur primé et analyste géopolitique. Cet article, en anglais, est paru initialement sur Rt.com le 9 août 2013.

Source : http://www.ism-france.org/analyses/Les-pourparlers-israelo-palestiniens-de-John-Kerry-couvrent-l-agression-et-l-annexion-de-la-terre-palestinienne-article-18329Texte original en anglais : http://www.odsg.org/co/index.php ?option=com_content&view=article&id=2947 :john-kerrys-israeli-palestinian-talks-are-a-cover-for-aggression-and-annexation&catid=31 :general&Itemid=41
Traduction : MR pour ISM

dimanche 11 août 2013

Maroc : Quelque chose s’est cassée du côté du Makhzen.....


Il serait pour le moins étonnant que Mohamed VI ait pu signer la grâce de ce pédophile espagnol sans s’informer sur la nature de sa condamnation. Car la paranoïa et la rigueur de la monarchie marocaine est proverbiale. Il y a donc une certitude que l’apposition de son paraphe sur l’acte libérateur du criminel, bourreau d’enfant, s’est réalisée en parfaite connaissance de cause.
Cette certitude vient s’appuyer sur la conviction que la dynastie alaouite a de l’insignifiance de ses sujetset de son pouvoir immanent et imprescriptible. Certains laudateurs de la presse et des analyses de commande défendent l’idée que le roi a été trompé.
Comme si le Makhzen pouvait contenir des serviteurs capables de seulement penser à une tromperie vis à vis de celui qui constitue leur seigneur et maître et l’expression de leur existence.
Ce faisant, les mêmes ravaleurs de façade royale, veulent faire accroire que le recul du monarque sur sa décision n’est pas un geste de faiblesse et pourrait être compris par les Marocains comme un geste de bonté. Comme si la violente répression de la contestation, dont ont été victimes des journalistes, n’illustrait pas à elle seule l’arrogance du palais, avant que cette arrogance soit remisée devant l’ampleur du scandale et de la colère qu’il a suscitée au Maroc et à travers le monde.
Ce qui devrait être alors dit c’est M6 vient de subir le premier revers depuis que son premier aïeul a occupé le trône. Et la lame de fond ne s’est pas arrêtée. L’indignation est profonde.
Un site, entre autres, la version marocaine. overblog.com, n’a pas les mots assez forts pour traiter du sujet. Ces mots vont bien au-delà du simple fait et touchent à la problématique du rapport de pouvoir entre la société et le trône. Le site décline une révolte manifeste : " N’y a-t-il donc aucune limite à vos droits sur nous ? N’y -at- il donc aucune limite à vos démonstrations de pouvoir absolu sur nous ? Ni celles de l’humanisme, ni celles de la pudeur, ni celles de la dignité, à défaut de celles du patriotisme ? ".
D’autres termes plus crus sur le crime de l’Espagnol, ne peuvent être reproduits, ici, qui sont lancés à la face du roi, pleins de dégoût et de reproches. Il est même questions des motivations de Mohamed VI dans le cadeau qu’il a fait à Juan Carlos. Le site fait ouvertement allusion à la contrepartie escomptée de ce dernier : " Ce sont peut-être des cadeaux classiques entre monarques…tu me libères un pédophile, je te pistonne pour le SAHARA ou pour tes dossiers foireux un peu partout, ou pour tes affaires perso ou pour des trucs dont on ne peut même pas deviner la nature ".
Hypothèses criardes de vérité, livrées sans une ironie méprisante de la cuisine politique et diplomatique royale. Et il y a de quoi. Il n’y a qu’un juste retour de politesse. L’auteur de la diatribe est amer : " nous valons donc si peu à vos yeux, au point d’offrir les petits corps de nos enfants à tous les détraqués de la terre parce que l’article 34 vous le permet ? "
M6 a peut-être été plus loin qu’il ne devait, aveuglé par son absolutisme. De toutes les façons quelque chose s’est bien cassée.
Ahmed Halfaoui

Fermeture d'ambassades de l'UE : les dessous de la panique semée par les USA…..« Noircis dans le scandale de l’affaire Snowden, les services américains NSA et CIA tentent de justifier leur activité en général et l’existence du renseignement électronique en particulier. »

Réagissant à l’alerte sonnée par les USA suite aux menaces d’Al-Qaïda, la Grande Bretagne, le Canada, la France et la Norvège ont fermé la semaine dernière leurs représentations diplomatiques dans les pays du Proche-Orient et d’Afrique du Nord. La panique émanait des Etats-Unis. La Voix de la Russie tente d’élucider les causes profondes de ces démarches de la communauté internationale.
La formule par laquelle Washington a expliqué la suspension de l’activité de ses ambassades n’étonne pas. « Bien que les buts concrets des terroristes soient inconnus, leurs intentions sont parfaitement claires », a déclaré le général Martin Dempsey, président du Comité des chefs d’États-majors interarmées, à la chaîne ABC. Les portes de quatre ambassades sont déjà closes. Par ailleurs, la rapidité et la coordination avec laquelle les décisions de Londres, Ottawa, Paris et Oslo se sont succédé suscitent l’étonnement, fait remarquer Lev Korolkov, vétéran du Service du renseignement extérieur, expert des situations de crise.
« La raison pour laquelle certains pays se sont soudainement mis à fermer leurs ambassades est obscure. Par ailleurs, auparavant la situation n’était pas moins sérieuse, car les signes d’attentats terroristes sont nombreux et réguliers. Dans la réalité, les menaces se concrétisent à hauteur de moins d’un pourcent. Après les explosions aux Etats-Unis et au Kenya, les actes terroristes ne se sont pas répétés. »
Il est possible que cette réaction soit due à l’activité coordonnée des services de renseignement des Etats-Unis et de ceux des pays du bloc euro-atlantique qui semblent leur servir de filiales. Transmises via les canaux américains, les menaces d’attentats terroristes ont sans doute provoqué une réaction appropriée chez les pays d’Europe Occidentale. Ces derniers ont ainsi suivi l’exemple américain.
Pourtant, compte tenu des formules assez vagues de l’administration américaine, il est possible de voir dans cette campagne une tentative pour étouffer le scandale de l’affaire Snowden, estime l’expert K. Bogdanov.
« Les Américains veulent résoudre deux tâches. La première est purement administrative. Noircis dans le scandale de l’affaire Snowden, les services américains NSA et CIA tentent de justifier leur activité en général et l’existence du renseignement électronique en particulier. »
Entre temps, la campagne actuelle peut avoir un but complètement différent, qui reste inconnu. Selon M. Korolkov, malgré le retrait d’Afghanistan des troupes américaines annoncé par Washington, l’administration souhaite toujours maintenir sa présence au Proche-Orient. Pour y parvenir, les structures de force américaines sont parfaitement capables d’organiser une provocation de ce type.
Grigori Milenine
Source : Cameroonvoice

Évasions simultanées de jihadistes dans 9 pays.....Les bureaux de recrutement des organisations militaires privées peinent de plus en plus à envoyer du personnel « faire le jihad » en Syrie. D’où l’idée d’extraire de prison des combattants aguerris.

À la suite d’une série d’évasions de prison survenues dans neuf pays membres d’Interpol au cours du seul mois dernier, notamment en Iraq, en Libye et au Pakistan, le Secrétariat général de l’Organisation a lancé une alerte mondiale de sécurité invitant à la plus grande vigilance.
L’implication d’Al-Qaida étant soupçonnée dans plusieurs de ces opérations, qui ont abouti à l’évasion de centaines de terroristes et autres criminels, le communiqué d’Interpol sollicite l’assistance des 190 pays membres de l’Organisation en vue de déterminer si ces événements récents sont coordonnés ou liés. », annonce l’agence de coopération policière dans un communiqué daté du 3 août 2013.
L’agence ne donne pas la liste des États concernés. Les principales opérations auxquelles elle fait référence sont :
 le 23 juillet, 500 à 1 000 détenus s’évadent des prisons de Taj et d’Abou Graïb (Irak).
 le 27 juillet, 1 117 détenus s’évadent de la prison de Kouafia (district de Benghazi, Libye) à la suite d’une émeute interne couplée à une attaque externe.
 dans la nuit du 29 au 30 juillet, 243 talibans s’évadent de la prison de Dera Ismaïl Khan (zones tribales pakistanaises).
Selon les témoins, ces évasions sont survenues à l’issue d’opérations commandos très sophistiquées.
Les bureaux de recrutement des organisations militaires privées peinent de plus en plus à envoyer du personnel « faire le jihad » en Syrie. D’où l’idée d’extraire de prison des combattants aguerris. De source sûre, les Irakiens sont déjà arrivés sur le terrain.
Washington a répondu à la suspicion qui pèse sur ses Forces spéciales d’avoir organisé ces opérations, en dénonçant un complot d’Al-Qaïda et en fermant temporairement 22 de ses ambassades.
Source : Réseau Voltaire

BAHREIN : Solidarité avec le peuple oublié du " Printemps Arabe "....Un micro-État pétrolier allié aux puissances occidentales et dont les exactions contre la population n'intéressent guère nos médias mainstream.

Tandis que les médias occidentaux s'échinent à trouver au microscope la moindre particule de favoritisme confessionnel dans une Syrie dotée pourtant des institutions les plus multiethniques et multiconfessionnelles de tout le monde arabo-musulman, les monarchies du Golfe, elles, s'en donnent à cœur joie dans la mise en application de l'apartheid confessionnel. C'est le cas du Royaume de Bahreïn, un micro-État pétrolier allié aux puissances occidentales et dont les exactions contre la population n'intéressent guère nos médias mainstream.
La dynastie régnante, Al Khalifa, est d'obédience wahhabite, un courant sunnite qui est l'un des plus puritains, violents et sectaires de l'Islam. Venue du Najd, une région du centre de l'Arabie Saoudite à la fin du XVIIIe siècle, la famille Al Khalifa s'est imposée par la terreur sur la population locale avec le soutien de la Couronne britannique soucieuse de limiter l'influence iranienne sur l'archipel.
Depuis, les Al Khalifa contrôlent tous les leviers du pouvoir. Tant et si bien qu'aujourd'hui, à la tête de l'État bahreïnien, tout le monde s'appelle Al Khalifa : le roi, Hamad Ben Issa Al Khalifa, le premier ministre, Al Khalifa, le ministre des affaires étrangères, Al Khalifa, le ministre de l'information, Al Khalifa, le ministre de la culture, Al Khalifa, le ministre de l'intérieur, Al Khalifa, le ministre de la défense, Al Khalifa, le chef de l'armée, Al Khalifa, le commandant de la garde nationale, Al Khalifa, les conseillers du premier ministre pour la sécurité, Al Khalifa, le directeur de l'Agence de sécurité nationale, Al Khalifa, l'ambassadeur en poste en Angleterre, la puissance tutélaire, Al Khalifa, le président de la Cour suprême, Al Khalifa…
Les ennemis jurés des Al Khalifa : leur propre peuple, en particulier les chiites qui représentent plus de 70 % de la population bahreïnienne. Ces derniers subissent une ségrégation terrifiante. Comme l'a constaté l'euro-députée portugaise Ana Gomes, les chiites de Bahreïn n'ont accès à quasi aucun travail dans l'administration, sont systématiquement discriminés à l'embauche et n'ont pas droit à un logement décent. Des centaines d'entre eux sont poursuivis devant des tribunaux militaires, croupissent en prison et subissent la torture. Les ONG des droits de l'homme bahreïniennes dénombrent également plusieurs cas de disparitions forcées.
La haine des chiites est telle dans le Royaume de Bahreïn que le 14 mars 2011, les autres puissances anti-chiites régionales coalisées au sein du Conseil de coopération du Golfe (CCG) ont envoyé leurs troupes pour mater la révolte avec le soutien tacite des États occidentaux. Bilan : une soixantaine de manifestants tués sur la place de la Perle dans la capitale Manama.
Depuis, un climat d'état d'urgence s'est installé dans le pays.
Après 30 mois de terreur d'État, les Al Khalifa ont trouvé un nouveau stratagème pour venir à bout de la contestation : marginaliser la majorité chiite par une politique de naturalisation massive de sunnites étrangers et par la déchéance de la nationalité pour les chiites jugés trop récalcitrants. Ainsi, des milliers de réfugiés syriens ou d'immigrés jordaniens, yéménites et pakistanais de confession sunnite ont reçu la nationalité bahreïnienne ces dernières années. Nombre d'entre eux ont été enrôlés dans la police ou l'armée pour mater la population chiite.
Malgré la répression, le mouvement populaire est demeuré résolument pacifique et uni au-delà des provocations sectaires du régime. Ce 14 août, les révoltés du Bahreïn descendront massivement dans la rue pour manifester contre la dictature mafieuse des Al Khalifa à l'occasion du 42e anniversaire de l'Indépendance de Bahreïn, une fête célébrant le départ des troupes britanniques du pays mais ignorée par les Al Khalifa qui ont fixé la date de la fête nationale au 16 décembre, jour correspondant à l'intronisation de l'émir Issa Bin Salman Al Khalifa (1961).
La dynastie régnante a d'ores et déjà annoncé que tout rassemblement serait interdit.

Source : Afrique Asie


samedi 10 août 2013

Les manipulations de l’Arabie saoudite au Liban et en Egypte

Les monarchies pétrolières arabes, à leur tête l'Arabie Saoudite, ont lancé une offensive globale et directe contre les révolutions et les manifestations des peuples dans le but de les confiner et d’apprivoiser leurs ambitions pour un changement radical.
C’est notamment le cas du Liban, où l’ennemi est l'Iran et ses alliés, surtout le Hezbollah libanais et son autre allié, l'Etat syrien que l’Arabie saoudite et ses alliés peinent à renverser !
 Le Liban se trouve en première ligne de front, où le Hezbollah est particulièrement visé, surtout après sa victoire de Qusseir qui a renforcé son alliance avec le pouvoir syrien.
Au Liban, l’Arabie saoudite a recours à une stratégie rhétorique et parle de confessionnalisme et « d’invasion iranienne », qu’elle estime bien plus dangereuse que l’occupation israélienne ! Elle torpille la formation d'un nouveau gouvernement libanais et resserre l'étau autour du Hezbollah afin de le contraindre à se retirer, de son plein gré, du gouvernement.
En somme, l’Arabie saoudite agit sur deux fronts. D’une part, elle soutient financièrement et militairement les opposants syriens et d’autre part, elle mobilise toutes les forces opposées ou hostiles à l'armement du Hezbollah et les incite à refuser tout dialogue avec le parti de la Résistance, sous prétexte de son implication en Syrie !
En Egypte, l'Arabie Saoudite et les Emirats arabes unis ont fourni des milliards de dollars au nouveau gouvernement égyptien, depuis que l’armée a pris position en faveur des manifestations qui réclamaient la chute des Frères musulmans, le 30 juin 2013. L’Arabie saoudite cherche, en réalité, à confiner toute nouvelle tentative de révolution en Egypte, avec l’appui de l’administration américaine et de l’Union Européenne…
C’est une guerre ouverte, dont l’une de ses scènes se trouve au Liban, mais c’est aussi une guerre au temps ouvert, car incontestablement, se trompe celui qui croit deviner son dénouement.

Chevron-Texaco / Chevron Toxico ! Chevron-Texaco : une firme toxique….Il y a donc urgence à rentrer dans la bataille et à diffuser la vérité. Cet article se veut être un premier outil en ce sens.

L’entreprise étatsunienne Texaco, rachetée par Chevron, l
L’entreprise étatsunienne Texaco, rachetée par Chevron, la deuxième entreprise pétrolière étatsunienne et la sixième du monde, en 2001 a opéré en Equateur de 1964 á 1992. Elle a creusé des centaines de puits dans le nord de l’Amazonie équatorienne. Entre 1972 et 1992 l’entreprise a extrait 1,5 millions de barils de pétrole. Jusque-là rien d’anormal. Oui mais voilà : dans le même laps de temps, Texaco a déversé dans l’Amazonie équatorienne pas moins de 71 millions de litres de résidus de pétrole et 64 millions de litres de pétrole brut sur plus de 2 hectares. Vous avez bien lu ! Des dizaines et des dizaines de millions de déchets toxiques (« résidus ») et de pétrole ont été intentionnellement déversé dans les eaux des rivières amazoniennes. Les mêmes eaux dans lesquelles les populations boivent, pêchent et se baignent ! On a poussé le crime à l’époque jusqu’à faire croire aux populations que les eaux contaminées par le pétrole les rendraient plus forts, qu’elles étaient grâce au pétrole devenues riches en minéraux et en vitamines... Résultats : les cancers, les malformations, les infections en tous genres et autres maladies directement liés au pétrole se comptent par milliers dans cette zone du pays.
Crime intentionnel ?Vraiment ? Vous demanderez-vous j’imagine. Oui. Intentionnel. Texaco avait à l’époque mis au point et breveté un système de réinjection des déchets toxiques dans la sous-sol qui devait permettre d’éviter le contamination des sols et des eaux qui prévalait auparavant. Et elle s’en est servie. Mais aux Etats-Unis, pas en Equateur ! Ici, la multinationale a choisi d’utiliser des techniques datant d’avant les années 1970 ! Pourtant, l’article 46 du contrat d’exploitation signé par l’entreprise et le gouvernement équatorien stipulait très clairement que Chevron s’engageait à utiliser les technologies à même de nuire à la faune et à la flore de la zone et d’éviter la contamination des eaux… Pire : 680.000 barils de pétrole ont été vidés dans cette zone, preuve supplémentaire d’un mépris total pour l’environnement amazonien et ses populations.
Le temps de la lutte et la sentence contre Texaco
De gros bénéfices en poche et sans le moindre égard pour les populations victimes de son odieux forfait, l’entreprise Texaco a quitté l’Equateur en 1992. A l’époque, les populations locales se sont organisées pour exiger des réparations à hauteur des dégâts environnementaux et des drames humains engendrés par la politique sans scrupule de la firme étatsunienne. En 1993, elles ont créé un Front : le Front de Défense de l’Amazonie. C’est ce Front, et non le gouvernement équatorien qui s’est battu sans relâche et a fini par obtenir qu’un tribunal équatorien accepte de juger les faits en 1997. Pour la petite histoire, Texaco a tout fait pour empêcher que le cas soit jugé par un tribunal étatsunien (comme le voulait initialement le Front de Défense de l’Amazonie), pensant que la justice équatorienne serait trop clémente car plus « docile ».
En 2011 la sentence tombe. Elle est implacable : Texaco est condamnée à payer 9,6 milliards de dollars et à faire des excuses publiques dans les six mois, faute de quoi la peine serait multipliée par deux. Texaco refusant obstinément de s’excuser en dépit de la sentence et de l’évidence de l’ampleur de la catastrophe, la peine fut donc augmentée et Texaco condamnée à payer 19 milliards de dollars.
Chevron en campagne : la bataille est politique
Cette somme la firme Chevron (qui a racheté Texaco en 2001) refuse absolument de verser. Avec un chiffre d’affaire de rien de moins que 200 milliards de dollars, elle pourrait pourtant le faire sans problème. Et ce n’est pas tout. Chevron-Texaco ne se contente pas de refuser de payer. Elle dénonce le jugement et demande que le gouvernement équatorien, qui n’a pourtant rien à voir dans l’affaire, lui paie les 18 milliards de dollars demandés, preuve s’il en faut que la bataille est politique.
Premièrement, soyez certains que la compagnie pétrolière étatsunienne et comparses refusent que des peuples du Sud puissent gagner ne serait-ce qu’une bataille contre eux. Le risque est grand en effet, en cas de victoire, que d’autres se décident à se battre et remettent en cause ces pratiques criminelles très largement répandues. Deuxièmement, en attaquant l’Equateur à grand renfort de moyens (apprenez que Chevron débourse chaque année pas moins de 250 millions de dollars dans sa campagne médiatique et politique contre l’Equateur et que pas moins de huit entreprises de lobbying travaillent nuit et jour à cela, l’espionnage des militants en plus http://www.telegrafo.com.ec/actualidad/item/activistas-denuncian-persecucion-de-chevron.html ) l’entreprise cherche à ruiner politiquement et économiquement un gouvernement qui la dérange.
Le gouvernement équatorien n’est en effet pas n’importe quel gouvernement sur l’échiquier latino-américain (où Chevron investit beaucoup ces dernières années) et international. Il a renégocié d’une main de fer les contrats pétrolier dès 2007 inversant du tout au tout les bénéfices pétroliers entre les compagnies pétrolières et l’Etat : désormais c’est 80% pour l’Etat et 20% pour les compagnies pétrolières et plus l’inverse. Si Chevron veut négocier un retour sur place, elle devra se plier à ces conditions. Par ailleurs d’ici 2016 l’Equateur, qui investit à haute dose dans l’énergie et le savoir, sera exportateur net d’électricité. L’Etat équatorien deviendra donc un concurrent direct des marchands d’énergie globalisés et notamment...de Chevron qui investit elle aussi à haute dose précisément dans l’électricité !
Rajoutez à cela que le gouvernement a pris les spéculateurs à leur propre jeu en annonçant un défaut de paiement de sa dette, entrainant la dévaluations des titres de sa dette, puis en rachetant ’ensemble des titres en circulation à bas coût (http://www.jean-luc-melenchon.fr/arguments/comment-lequateur-sest-libere-de-la-dette/ ), et que par dessus le marché le gouvernement a créé une commission d’audit des traités bilatéraux d’investissements (qui protègent les investisseurs contre les Etats et l’intérêt général) et vous comprendrez vite que ces messieurs de la finance globalisée et autres pilleurs de ressources naturelles n’ont qu’une idée en tête : faire tomber Rafael Correa et son gouvernement au plus vite. Chevron ne lésine donc pas sur les moyens : une campagne de décrédibilisation brutale pour inquiéter les investisseurs potentiels et la menace de faire payer 18 milliards de dollars à pays dont le PIB est de 90 milliards de dollars (loin des 200 milliards de Chevron).
La bataille du temps : un enjeu de pouvoir
Les lignes qui vont suivre vont vous effrayer tout autant que ce qui a précédé et va vraisemblablement vous surprendre (à moins que vous ne soyez un professionnel du droit internatonal privé). Apprenez que la compagnie Chevron a décidé il y a peu de présenter une requête en « déni de justice » devant la Cour Permanente d’Arbitrage (http://www.pca-cpa.org/showpage.asp?pag_id=1026 ) mandaté par la CNUDCI, la Commission des Nations Unies pour le droit commercial internationalpour résoudre les litiges. La Cour Permanente d’Arbitrage n’était pas compétente pour traiter le cas car Chevron n’a pas fini d’épuiser les recours légaux possible en Equateur. Eh bien tenez-vous bien : non seulement la Cour Permanente d’Arbitrage s’est déclarée compétente mais elle l’a fait en se basant sur le Traité Bilatéral d’Investissement Equateur-USA signé en 1993 (soit un an après le départ de Texaco d’Equateur !) par le gouvernement du très droitier Sixto Durán et entré en vigueur en 1997 (soit 5 ans après le départ de Texaco d’Equateur !). Vous avez bien lu ! Un tribunal d’arbitrage international mandaté par l’ONU a décidé de faire fi de toutes les normes juridiques en vigueur et d’appliquer rétroactivement un traité signé après les faits en cause ! Et ce n’est pas tout ! Accrochez-vous bien : cette Cour Permanente d’Arbitrage a rendu pour verdict que le gouvernement équatorien devait interférer dans la justice de son pays pour empêcher que la peine à laquelle Chevron a été condamnée ne soit appliquée ! Non, vous ne rêvez pas ! Ce tribunal international d’arbitrage a bien demandé à un gouvernement républicain de rompre la séparation des pouvoirs qui est un de ses piliers ! Une aberration juridique et démocratique sans nom !
Cette application rétroactive d’un traité par un tribunal international d’arbitrage n’est malheureusement pas une première. L’Equateur est confronté à un cas similaire dans l’affaire Oxy. En voici un bref ´résumé. En 2000, la compagnie Occidental dite « Oxy » cède une part de ses droits à la compagnie pétrolière canadienne AEC sans requérir l’approbation préalable de l’Etat équatorien. Le contrat d’exploitation passé en 1999 entre Oxy et l’Etat équatorien et la loi sur les hydrocarbures en vigueur dans le pays stipulaient toutes deux pourtant très clairement que toute cession de droits devait être approuvée au préalable par l’Etat, et qu’en cas de violation des termes du contrat et de la loi, l’Etat pouvait déclarer le contrat caduc et mettre fin de fait aux activités de l’entreprise. Il était aussi clairement précisé dans le contrat qu’en cas de caducité il n’était « pas possible d’en recourir à un arbitrage international ». Conformément á ces clauses du contrat et á la loi, le gouvernement d’Alfredo Palacios (non non, pas celui de Rafael Correa mais bien celui qui l’a précédé, pourtant pas franchement progressiste) a donc déclaré le contrat caduc Equateur-Oxy en 2006.
Qu’à cela ne tienne : au mépris de tout respect du principe de sécurité juridique là encore, la compagnie Occidental a porté l’affaire devant le Centre International pour le Règlement des Différends relatifs aux Investissements (CIRDI en français, CIADI en espagnol) https://icsid.worldbank.org/ICSID/Index.jsp et figurez-vous que, là encore, le CIRDI a accepté de se saisir du cas. En Octobre 2012, le CIRDI rend son verdict. Tenez-vous bien : il décide de condamner l’Equateur à payer 1,7 millions de dollars à Oxy ! Les raisons avancées pour calculer le montant à payer sont elles aussi absolument fantasques. Premièrement, le CIRDI avance que la loi sur les hydrocarbures et le contrat passé entre les deux parties stipulaient que l’Etat « pouvait » déclarer la caducité du contrat mais que celui-ci n’y était nullement obligé. Il en conclu que l’Etat équatorien a été « trop dur dans l’application de la loi2. Vous avez bien lu ! Les marges de manœuvres permises par le droit ne valent pas, selon le CIRDI, quand c’est un Etat qui s’en sert ! Et peu importe si les textes juridiques les lui laissaient clairement. Attendez, vous n’avez pas encore tout vu : le CIRDI a basé le calcul de l’amende imposée à l’Etat équatorien sur les sommes qu’il estime que l’entreprise aurait gagnées de 2006 à 2012 sans tenir compte ni des cours du pétrole ni des impôts que l’entreprise aurait du payer à l’Etat ! Incroyable mais vrai… Le CIRDI, à l’instar de l’ensemble des systèmes d’arbitrage international, s’approprie le temps au bénéfice des firmes multinationales et transnationales.
Le contrôle du temps au profit des grands investisseurs est de fait une constante en la matière. Apprenez ainsi que la plupart des traités bilatéraux d’investissement dans le monde compte désormais une clause permettant aux investisseurs putatifs de contrôler le futur. Ceux-ci stipulent ainsi à l’unisson que tout investisseur peut porter plainte contre un Etat pour avoir modifier sa politique d’une façon qui pourrait affecter ses intérêts, y compris s’il n’a pas encore investit dans le pays. Les arbitres internationaux sont ainsi, à proprement parler, les tenanciers du temps au service de leurs principaux clients : les tenants du grand capital globaliser.
L’ALBA et le Foro de Sao Paulo soutiens politiques dans la bataille
Heureusement l’Equateur n’est pas seul. Au sommet de l’ALBA, le 30 Juillet dernier à Guayaquil (http://www.jean-luc-melenchon.fr/2013/08/06/sur-la-piste-des-chefs-disparus/ ), les présidents et délégués des gouvernements membres ont adopté à l’unanimité une résolution par laquelle tous expriment leur soutien à l’Equateur dans les cas Chevron et Oxy et où tous dénoncent fortement le système d’arbitrage international. Voici l’extrait du texte en question, traduit par ma camarade Françoise Bague. Il est on ne peut plus clair.« Nous assistons actuellement à l’apparition de nouvelles formes d’exploitation, tels que les traités bilatéraux de protection des investissements et le fonctionnement d’instances d’arbitrage internationales comme le CIADI, outils qui placent les intérêts du capital avant ceux de la société, de la nature et de l’institutionnalisation démocratique elle-même, dans le contexte de la prolifération de Traités de Libre Échange (TLC). C’est par ces nouveaux mécanismes de domination que la stabilité de nos pays est mise en danger -même leur solvabilité économique - par des processus juridiques clairement entachés de nullité par l’abus et collusion d’intérêts. Sans aucun doute, les affaires d’Oxy et Chevron en Équateur constituent des exemples patents de ces pratiques et c’est pour cela que nous exprimons notre soutien à ce pays-frère lésé par ces affaires qui s’étendent à d’autres pays avec des magnitudes différentes.Tout cela n’implique pas le refus catégorique de l’Investissement Étranger Direct mais plutôt une relation intelligente avec celui-ci, de telle façon qu’il puisse être utilisé au bénéfice des nations et non optimisé à leurs dépends. Pour cela, un mécanisme d’intégration comme l’ALBA est indispensable. En tant que bloc nous pouvons imposer les conditions afin d’éviter que les intérêts du capital priment sur ceux de la population”
De même, le Foro de Sao Paulo, l’équivalent du Parti de la Gauche européenne au niveau latino amèricain (http://forodesaopaulo.org/), réuni en Sommet la semaine dernière à Sao Paulo, a insisté dans sa déclaration finale. « Nous sommes solidaires du peuple et du gouvernement (équatorien) confrontés aux tentatives de compagnies pétrolières d’imposer leurs intérêts au mépris de la souveraineté équatorienne en passant par des instances internationales fallacieuses » dit le texte travaillé avec Gabriela Rivadeneira qui représentait PAIS, le mouvement du Président Rafael Correa au Foro de Sao Paulo.
Pour autant les soutiens des partis et de la société civile internationale ne peuvent pas manquer à l’appel. L’enjeu nous concerne toutes et tous. Si nous laissons ces tribunaux d’arbitrage remettre en question la sécurité juridique pour mieux répondre aux intérêts particuliers des « puissants », c’est-à-dire les « super riches » qui se permettent de vivre au-dessus de tous les autres et même au-dessus des lois, nous nous annihilons en tant que citoyennes et citoyens de nos Etats et du monde, égaux devant la loi. En tant que progressistes, rester inactifs serait en quelque sorte se couper les mains car ce système détestable est en mesure, s’il triomphe, de mener á la ruine l’un des gouvernements progressistes les mieux élus, les plus ambitieux et les plus efficace du moment (http://www.celine-meneses.eu/en-direct-de-linvestiture-du-president-rafael-correa/ ) . Cela donnerait une assurance plus démesurée encore qu’actuellement aux « puissants » face aux gouvernements progressistes que nous ne manqueront pas de former dans les années á venir en Europe et ailleurs.
Il y a donc urgence à rentrer dans la bataille et à diffuser la vérité. Cet article se veut être un premier outil en ce sens.
Céline MENESES