lundi 10 octobre 2011

Il y a vingt ans - Le début de la dislocation tragique de la Yougoslavie

Il y a vingt ans, en 1991, alors que Tito était mort depuis plus de dix ans, l’État fédéral de Yougoslavie existait encore, même s’il était en proie à de graves difficultés économiques et à des tensions politiques centrifuges sur des bases ethniques.
À la fin de janvier 1992, les instances internationales, Allemagne en tête, reconnaissaient officiellement les États indépendants de Slovénie et de Croatie. La Fédération yougoslave, sous la forme qu’on lui connaissait depuis quarante ans, était amputée de ses provinces les plus favorisées. L’armée du pouvoir central de Belgrade s’était rapidement fait une raison de la sécession de la Slovénie mais, en Croatie, elle avait assiégé et détruit la ville de Vukovar, puis assiégé Dubrovnik.
Deux mois plus tard, c’était la Bosnie-Herzégovine qui était à feu et à sang, et cela allait durer jusqu’en 1995.
À l’époque, il se trouva François Mitterrand, et avec lui un bon nombre d’intellectuels patentés, pour évoquer à ce sujet « la résurgence d’antagonismes multiséculaires », comme on le ré-entendit plus tard à propos des massacres des Tutsis au Rwanda.
Les siècles ont bon dos ! Quelques années plus tôt pourtant, les Serbes, Croates et autres nationalités (qui, d’ailleurs, parlent pour la majorité la même langue) vivaient ensemble, bon an mal an, comme dans bien d’autres pays. Dans la réalité, le mouvement centrifuge était venu d’en haut, des cercles dirigeants des différentes républiques composant la Fédération, et non de profondes aspirations de leurs peuples.
La mort de Tito avait ouvert les vannes à une lutte ouverte pour le pouvoir au sein des milieux dirigeants, à la faveur de l’affaiblissement du pouvoir central. Chaque clan chercha à s’appuyer sur les bouts de l’État yougoslave à sa portée. Dans le contexte d’une crise économique profonde et de luttes sociales, ils recoururent tous à l’exaltation du nationalisme de chacun : c’était tout trouvé, et le feu des idées de l’extrême droite hyper-nationaliste, tirant parti d’un fatras réactionnaire, des cendres du passé, fut activement alimenté de plusieurs côtés, y compris par les cercles intellectuels et artistiques, des écrivains connus, etc., sans oublier naturellement l’Église.
Aujourd’hui, les puissances occidentales jouent la comédie du Tribunal pénal international de La Haye, en faisant comparaître notamment les principaux leaders de l’époque.
Après Milosevic, dirigeant de la Serbie, après Karadzic, dirigeant de la République serbe de Bosnie, c’est le général Ratko Mladic qui vient d’être arrêté (26 mai 2011), après une cavale de quinze ans. Il fut le commandant en chef de l’armée de la République serbe de Bosnie (VRS) pendant la guerre de Bosnie entre 1992 et 1995. Il est accusé d’être responsable du siège de Sarajevo de 1992 à 1995 qui fit plus de 10 000 morts, des nombreux massacres perpétrés sous ses ordres par les milices serbes dans de nombreux villages de Bosnie, et en particulier à Srebrenica où plus de 8 000 personnes furent assassinées.
En fait de « cavale », il avait trouvé refuge dans un village de Serbie où il vivait sans trop se cacher… Il faut dire que, dans le cadre des négociations qui se mènent actuellement entre la Serbie et l’Union européenne, l’arrestation de Mladic était une des conditions posées par les autorités de Bruxelles à une éventuelle adhésion de la Serbie.
Quelle que soit l’issue de ce procès – rappelons que Milosevic est mort avant qu’un verdict ait été prononcé et que le procès de Karadzic, commencé en 2008, est toujours en cours – Mladic a assurément mérité le surnom de « boucher des Balkans » et sa responsabilité dans les massacres de dizaines de milliers de personnes est incontestable. Mais bien d’autres hommes, portant une responsabilité au moins aussi grande que celle de Mladic, échapperont à tout jugement. Une grande partie du personnel politique actuel des États issus de la désintégration de la Yougoslavie ont joué un rôle actif, à différents niveaux, dans les affrontements sanglants de cette période de 1991 à 1995.
Mais, derrière eux, au-dessus d’eux, ceux-là mêmes qui organisent les procès, les dirigeants des puissances impérialistes, portent aussi une responsabilité décisive, et qui est très ancienne.

Les Etats d’Europe centrale et balkanique, création de l’impérialisme

Toute cette région du sud de l’Europe orientale que l’on appelle les Balkans a connu depuis des siècles un important brassage de populations. De très nombreux peuples coexistaient, très souvent dans les mêmes villes, constituant des groupes imbriqués les uns dans les autres, sans qu’on puisse distinguer de territoire ethniquement homogène. Pendant très longtemps, deux vastes empires se partagèrent la région, les empires austro-hongrois et ottoman, au sein desquels, en l’absence de frontières intérieures, il était possible de se déplacer sans entrave.
Les États qui se créèrent tout au long du 19e siècle en profitant de l’affaiblissement de ces deux vieux empires furent immédiatement le jouet des rivalités des grandes puissances européennes. Leurs frontières varièrent en fonction des rapports de forces et des résultats de leurs affrontements périodiques.
Pour l’essentiel, les États actuels sont issus de la Première Guerre mondiale et des traités de Versailles imposés par les puissances impérialistes française et britannique après leur victoire sur leur rival germanique. Le découpage des frontières avait beau avoir été fait au nom du principe du « droit des peuples à disposer d’eux-mêmes », il ne respectait pas du tout les sentiments et le vœu des peuples. Bien au contraire, les dirigeants impérialistes réunis à Versailles se livrèrent à un charcutage cynique dans la chair des peuples, séparant de part et d’autres de frontières artificielles des populations qui avaient vécu pendant des siècles ensemble.
Chacun de ces États comprenait une ou plusieurs minorités nationales qui se retrouvaient opprimées par la nationalité dominante. De la part des puissances impérialistes, c’était une politique délibérée : les nouveaux États leur étaient d’autant plus liés qu’ils étaient faibles et contestés.
La Yougoslavie, créée en 1918, réunissait les « peuples slaves du sud » sous la domination de la monarchie serbe, alliée traditionnelle de la France. D’ailleurs, significativement, cet État conserva le nom de royaume de Serbie jusqu’en 1929, année où il prit le nom de Yougoslavie.

La Yougoslavie de Tito

Pendant la Deuxième Guerre mondiale, derrière le parti communiste dirigé par Tito, un mouvement de résistance à l’occupation allemande s’organisa sur la base d’un nationalisme yougoslave dépassant les oppositions nationales. Dans le contexte de recul des troupes allemandes face à l’armée soviétique, il devint suffisamment fort pour permettre à Tito de prendre le pouvoir sans avoir besoin du soutien des forces militaires de l’URSS.
Tito mit en place une fédération de six républiques (Slovénie, Croatie, Bosnie-Herzégovine, Serbie, Monténégro et Macédoine – la République de Serbie comprenant en outre deux « provinces autonomes », la Vojvodine et le Kosovo) qui constituait indéniablement un progrès par rapport au régime précédent car aucune nationalité ne dominait officiellement les autres. Pour la première fois dans l’histoire de ce pays, une partie de la population finissait par s’identifier à la nationalité yougoslave, beaucoup de couples « mixtes », de plus en plus nombreux, et leurs enfants se revendiquant de cette seule nationalité.
Le régime de Tito était une dictature et, ne serait-ce que pour cette raison, il ne pouvait répondre totalement aux aspirations des peuples, surtout des plus pauvres de la Yougoslavie, comme les Albanais du Kosovo, qui pouvaient légitimement se sentir victimes d’une discrimination, sinon d’une oppression. Cela étant, le Kosovo avait fini (comme la Vojvodine) par se voir reconnaître, en 1974, le statut de province autonome qui accordait un pouvoir local à la population albanaise et sa représentation, avec droit de veto, au sein des instances fédérales.
En tout cas, l’éveil des nationalismes, pour reprendre une expression si fréquemment utilisée, n’est pas venue d’en bas, de la population, mais d’en haut, des cercles dirigeants. Dans les années qui ont suivi la mort de Tito en 1980, le drapeau du nationalisme a été brandi pour légitimer la part croissante de pouvoir que cherchaient à accaparer les dirigeants de chacune des républiques constitutives de la fédération yougoslave et, au sein de ces républiques, ceux qui se disputaient la direction de l’État. Comme toujours, il s’est trouvé des soi-disant intellectuels, des écrivains, des juristes, des membres de l’intelligentsia pour se faire les complices de cette entreprise d’embrigadement de la population. Et dans un contexte d’aggravation de la crise économique – rappelons aussi la responsabilité des banquiers occidentaux auprès desquels la Yougoslavie était endettée et qui exigeaient alors le remboursement de leurs créances et, par la voix des représentants du FMI, l’application de plans d’austérité –, d’augmentation du chômage, sur le terrain des frustrations et du mécontentement engendrés par une vie de plus en plus difficile, les démagogues nationalistes finirent par rencontrer un certain écho.
À partir du moment où les cliques nationalistes et les milices paramilitaires commencèrent à se livrer aux premières exactions, un engrenage s’enclencha, alimenté de part et d’autre par la volonté de venger ses morts, de trouver protection auprès « des siens ». Et c’est ainsi que les différents peuples se retrouvèrent de plus en plus séparés par des fossés de sang.

Les luttes pour le pouvoir entre les dirigeants nationalistes ont fait éclater la Yougoslavie

La logique nationaliste ne pouvait que conduire à des affrontements et à des massacres car aucune de ces républiques – à l’exception peut-être de la Slovénie – ne pouvait constituer un État-nation tant les populations étaient mélangées et les peuples dispersés dans l’ensemble de la région. Vouloir constituer un État serbe ou un État croate amenait à se disputer le contrôle de territoires où coexistaient des populations de nationalités différentes et à chercher à les « purifier ethniquement », comme il se disait.
Telle fut la politique menée par Milosevic, dirigeant de l’ancien parti communiste, ancien membre de la bureaucratie titiste, qui était parvenu à s’imposer face à ses concurrents à la tête de l’État serbe en reprenant à son compte la démagogie des courants nationalistes serbes. Et telle fut aussi la politique de Tudjman, devenu le premier président de la République de Croatie après un passé d’opposant nationaliste qui lui avait valu des séjours en prison du vivant de Tito.
La position des dirigeants serbes n’était pas la même que celle des autres : le poids de la Serbie dans la Yougoslavie, où les Serbes représentaient en 1991 plus de 40 % de la population totale de la Fédération, évaluée à 23,3 millions d’habitants, lui ayant permis d’imposer sa mainmise sur l’appareil d’État central, les dirigeants serbes pouvaient tout à la fois se présenter en protecteurs des intérêts du peuple serbe et en même temps en défenseurs de l’unité de la Yougoslavie dont les institutions étaient devenues des rouages de l’État serbe. Mais cette Yougoslavie défendue par Milosevic, tout à la fois président de la Serbie et de la République fédérale yougoslave, s’apparentait en réalité à une Grande Serbie.
Profitant de l’éclatement de l’État central yougoslave, des politiciens ou des chefs militaires, à la tête de bandes armées, firent régner leur loi, justifiant par des discours nationalistes extrémistes leurs méfaits, les spoliations, les meurtres et les viols dont ils se rendirent responsables à l’égard des ressortissants des nationalités désignées comme ennemies, mais aussi à l’égard de ceux qui, pour une raison ou une autre, étaient désignés comme des « traîtres à leur patrie ». Dans la mesure où cela servait leurs plans de conquête de nouveaux territoires, les dirigeants des États serbe ou croate les ont encouragés, leur ont fourni des hommes et des armes.
Mais ces roitelets et leurs bandes armées échappaient en grande partie à leur contrôle. Car, dans ce genre de situation, ce sont toujours les pires éléments de la société qui trouvent une occasion inespérée pour se livrer à l’arbitraire le plus total. C’est ainsi qu’un Karadzic, ancien médecin condamné pour détournement de fonds, put s’autoproclamer président d’une « République serbe de Bosnie » où un ramassis d’hommes en armes permit à Mladic, ancien officier de l’armée yougoslave, de justifier son titre de commandant en chef.
Tel fut le mécanisme qui donna naissance à une guerre qui fit entre 200 000 et 300 000 morts et plus de 4,5 millions de réfugiés et de personnes déplacées.

La guerre en Croatie…

Les premiers combats commencèrent quand la Slovénie et la Croatie proclamèrent leur indépendance en 1991. Les dirigeants de ces deux républiques, qui étaient les plus riches de la fédération – la Slovénie surtout – considérèrent qu’ils pouvaient voler de leurs propres ailes. Les premiers combats commencèrent alors : l’armée yougoslave – devenue en réalité une armée serbe, dirigée en tout cas par un état-major serbe – intervint pour tenter de maintenir par la force ces deux républiques au sein de la fédération. Les dirigeants serbes se résignèrent très rapidement au départ de la Slovénie – les combats ne durèrent que dix jours – où l’absence de population serbe les privait d’appui. Mais tel n’était pas le cas en Croatie où vivaient 581 000 Serbes (12 % de la population de Croatie). Ces Serbes pouvaient légitimement redouter de devenir une minorité opprimée au sein du nouvel État croate. Spéculant sur ces craintes, attisant les haines, des milices se constituèrent, proclamèrent la naissance d’une République serbe de Croatie dans les deux régions (la Krajina et la Slavonie) où les Serbes étaient les plus concentrés. Dans ces zones, ils organisèrent les premières opérations d’épuration ethnique, obligeant plus de 30 000 Croates à fuir pour échapper à la mort.
Après trois mois de combats, un cessez-le-feu provisoire intervint. La Croatie se retrouvait amputée d’un quart de son territoire, passé sous contrôle serbe. Mais, en réalité, ces territoires et les populations serbes qui y vivaient ne constituaient, aux yeux de Milosevic, qu’une monnaie d’échange dans un plan plus vaste. Milosevic et Tudjman, avant même le déclenchement des hostilités, lors d’une rencontre restée longtemps secrète à Karadjordjevo en mars 1991, avaient conclu un accord pour se partager la Bosnie. Les conquêtes serbes en Croatie ne constituaient en réalité qu’un butin destiné à être échangé au moment du dépeçage de la Bosnie. En 1995, conformément à ce plan, l’armée croate en reprit possession et une grande partie de la population serbe, abandonnée à son sort par Milosevic, dut à son tour prendre le chemin de l’exil. Les Serbes ne représentent plus aujourd’hui que 4 % de la population de la Croatie.

… et en Bosnie

La Bosnie offrait l’image, plus encore que tout le reste de la Yougoslavie, d’une mosaïque de populations entremêlées (sur 4,3 millions d’habitants, elle comptait environ 31 % de Serbes, 17 % de Croates et plus de 43 % de Musulmans, dénomination passablement arbitraire désignant les autres habitants qui n’étaient pas forcément pour autant de confession musulmane). Du temps de la Yougoslavie, ces populations vivaient souvent dans les mêmes quartiers, se mélangeant sans tenir compte des origines nationales. C’est ce mélange qui donna un caractère particulièrement horrible à la guerre qui commença en 1992.
Cette année-là, refusant de prolonger un tête-à-tête avec la puissante République serbe au sein de la Fédération yougoslave, la Bosnie proclama à son tour son indépendance. Les dirigeants nationalistes bosniaques durent faire face aux milices serbes, soutenues par Milosevic, aux troupes de Mladic, qui se livrèrent à un « nettoyage ethnique » systématique.
Ils durent aussi affronter les milices croates. Tudjman déclarait que les Bosniaques étaient en fait des Croates convertis à l’islam. Restait à les en « convaincre », et les milices croates se livrèrent, elles aussi, à une « épuration ethnique » dans la partie nord de la Bosnie.
Le nationalisme des dirigeants bosniaques, qui se présentaient comme les défenseurs de la coexistence des peuples au sein d’une Bosnie multiculturelle, paraissait plus défendable que celui des Serbes et des Croates. Mais ces discours ne suffisaient pas pour convaincre les Serbes ou les Croates, devenus des minorités nationales au sein de la Bosnie indépendante, qu’ils n’avaient rien à craindre.
Toutes les logiques nationalistes, dans cette région d’Europe, comme dans bien d’autres régions du monde, ne pouvaient que conduire les peuples dans la barbarie sanglante et dans des affrontements sans fin.

L’intervention des puissances impérialistes

Si les luttes pour le pouvoir des dirigeants nationalistes serbes, croates et slovènes ont constitué le facteur déclenchant du processus qui a conduit à la désintégration de la Yougoslavie, l’intervention des puissances impérialistes, à chaque étape du conflit, l’a aggravé et l’a accéléré.
Les Balkans sont redevenus, pour les impérialistes, un champ de manœuvres sur lequel leurs intérêts concurrents se sont affrontés. La France et l’Allemagne, à la recherche de points d’appui, ont retrouvé tout naturellement leurs alliés d’avant 1945, avec lesquels les liens n’avaient jamais complètement disparu.
L’impérialisme allemand, dans le passé, s’était appuyé sur le nationalisme croate : pendant la Deuxième Guerre mondiale, le dépeçage de la Yougoslavie imposé par Hitler avait donné naissance à un État croate indépendant allié de l’Allemagne. Ainsi, quand la Slovénie et la Croatie proclamèrent leur indépendance, le gouvernement allemand s’empressa de les reconnaître.
De son côté, le gouvernement français commença par apporter son soutien aux dirigeants serbes – la monarchie serbe entretenait des relations privilégiées avec la France avant 1945 – en se déclarant en faveur du maintien des frontières de la Yougoslavie. Puis, quand cette position finit par devenir difficilement défendable, la diplomatie française se fit le champion de la défense de l’indépendance de la Bosnie contre les Serbes.
S’il est impossible de connaître les motivations exactes des méandres des politiques des chancelleries européennes et américaine, ce qui est certain, c’est que le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes était le dernier de leurs soucis.
Leur première préoccupation, comme à chaque fois et partout, a été le retour à l’ordre. Le fait qu’une région d’Europe, si proche des grandes capitales occidentales, s’enfonce dans la guerre n’était pas de nature à les réjouir. Ils s’évertuèrent donc à trouver une solution politique qui ramène la stabilité. Et, pour ces dirigeants d’un ordre fondé sur l’exploitation des peuples et sur leur soumission, il ne pouvait être question de faire appel aux populations. Bien au contraire, ils traitèrent avec ceux-là mêmes qui étaient responsables de l’explosion de violence et des massacres, avec Milosevic, qui fut leur principal interlocuteur, avec Karadjic, avec Mladic…
Les troupes envoyées en Croatie et en Bosnie sous le drapeau de l’ONU à partir de 1992 se contentèrent d’assister aux massacres sans intervenir pour les empêcher. Quand certains soldats n’ont pas carrément noué des liens de complicité avec les tortionnaires. Faut-il rappeler le rôle lamentable des forces de l’ONU à Srebrenica qui, après avoir promis leur protection aux populations, les laissèrent massacrer par les hommes de Mladic.
Les accords de Dayton, signés sous le patronage des dirigeants occidentaux en 1995 et qui mirent fin aux combats, organisèrent une partition de la Bosnie entre une République serbe dont les frontières avaient été fixées sur le terrain par les milices serbes (puisqu’elles intégraient les zones « purifiées ethniquement » !) et une Fédération croato-musulmane. Cela revenait à avaliser le résultat du nettoyage ethnique. De leur point de vue, l’homogénéité ethnique [1], obtenue au prix des déplacements de millions de personnes, était d’ailleurs un gage de stabilité.
Pour imposer ces accords aux nationalistes serbes de Bosnie qui se montraient récalcitrants, les avions de l’OTAN se livrèrent à une campagne de frappes aériennes et surtout, les dirigeants occidentaux s’appuyèrent sur Milosevic, qui devint ainsi un « pivot de la paix en Bosnie ». Le Tribunal pénal international qui demanda à l’époque l’ouverture d’une procédure contre Milosevic se vit rappeler à l’ordre.
En 1999, les États-Unis décidèrent finalement d’utiliser leur force militaire contre Milosevic pour amener l’armée serbe à évacuer le Kosovo. Les avions de l’OTAN bombardèrent les forces serbes, mais aussi et surtout les villes et les infrastructures de Serbie : des routes, des voies de chemin de fer, des centrales électriques... L’armée serbe fut très peu affaiblie par ces actions militaires et ce n’était pas l’objectif des dirigeants impérialistes : l’armée serbe devait conserver la capacité de tenir les populations en respect, à commencer par la population serbe. C’est cette dernière qui a payé le prix fort des bombardements.
Aujourd’hui, les armes se sont tues dans la région et, du point de vue des impérialistes, on peut parler d’une relative stabilisation. Mais à quel prix et pour combien de temps ? Il ne suffit pas de grand-chose pour que, régulièrement, des affrontements se produisent de nouveau au Kosovo, entre Albanais et minorité serbe.
Plus généralement, c’est l’ensemble de la région qui est menacé de connaître de terribles affrontements si les mêmes logiques nationalistes venaient à se renforcer car, comme nous l’avons déjà évoqué, dans tous ces États créés au lendemain de la Première Guerre mondiale, il existe des minorités nationales : en Hongrie vivent notamment des populations roumanophones tandis qu’en Roumanie vit une forte minorité hongroise ; en Bulgarie vit une importante population turcophone ; et, dispersés dans chacun de ces États, vivent des Roms.
Le mélange des populations est tel qu’aucun État « ethniquement pur » n’est possible. Exactement comme en Yougoslavie.
Et ce mélange, qui pourrait et devrait être source de richesse dans tous les domaines, devient au contraire source de menaces. Car, ces dernières années, la crise économique avec ses conséquences sur la vie des populations offre un terreau favorable au développement de l’extrême droite nationaliste : on l’a vu dernièrement en Hongrie et en Roumanie, où des mouvements de ce type ont rencontré un écho dans la population, notamment sur le terrain de la démagogie contre les Roms.
La Yougoslavie a montré comment pouvait s’enclencher un mécanisme infernal sur le terrain de la surenchère nationaliste et à quoi il pouvait conduire, peut-être signal avant-coureur d’une régression encore plus ample.
Dans cette région, aucune véritable solution permettant aux peuples de vivre durablement en paix, ne pourra être trouvée, sans le renversement de ces États dont le maintien ne profite qu’à une minorité de possédants. Et sans le renversement de l’impérialisme qui a transformé cette région du monde en une poudrière qui menace en permanence de s’enflammer.
[1] 90 % des 1,73 million de Musulmans ou Croates qui vivaient avant la guerre dans les territoires de l’actuelle République serbe en ont été chassés ou ont été tués, tandis que 90 % de la population serbe bosniaque ont quitté le territoire de la Fédération croato-musulmane, sous la contrainte ou poussés à l’exode par leurs propres dirigeants.
18 septembre 2011
lutte ouvriére

brutalité des flics israéliens - Texte + Vidéo

dimanche 9 octobre 2011
Une vidéo récemment publiée par des militants des droits de l’homme montre que la police israélienne a brutalement battu une famille palestinienne dans les territoires occupés, a montré Press TV.


La vidéo montre la police israélienne en utilisant une force sans aucune retenue contre une femme sans défense en face d’un enfant, tout en tabassant un jeune garçon qui est emmené prisonnier minutes plus tard, a rapporté la télévision ce samedi.
Dans le même temps, un rapport publié jeudi par le Bureau central palestinien de statistique (PCBS) a déclaré qu’Israël avait kidnappé depuis 1967 environ 750 000 Palestiniens, dont près de 12000 femmes et des dizaines de milliers d’enfants.
Le PCBS a déclaré qu’Israël détenait actuellement quelque 6000 Palestiniens dans ses prisons, dont 35 femmes et 285 enfants.
Un ou plusieurs membres de presque toutes les familles palestiniennes ont déjà été arrêtés par la police israélienne.
Le PCBS a ajouté que plus de 200 détenus ont été tués depuis 1967 en raison de négligence médicale, de torture d’assassinats par des soldats israéliens et des gardiens de prison.
Ce vendredi, environ 12000 Gazaouis ont organisé un rassemblement de masse, appelé par le gouvernement Hamas [élu en 2006], pour exprimer leur solidarité avec les prisonniers palestiniens qui sont en grève de la faim pour la deuxième semaine consécutive en réponse à l’aggravation de leurs conditions de détention.
« Nous n’aurons de cesse que tout prisonnier palestinien soit retourné dans sa famille. Nous continuerons notre lutte et notre résistance jusqu’à obtenir la libération de tous nos frères et sœurs qui sont détenus en captivité par les sionistes », a déclaré l’un des manifestants Presse TV.
Info-Palestine.net

dimanche 9 octobre 2011

Quand Tahrir et les indignés s’invitent en Amérique : le mouvement anti-Wall Street brouille le paysage politique à un an de la présidentielle.


Égypte, Espagne, Grèce, Israël. Autant de pays qui ont vu dans la dernière année leur capitale être prise d’assaut par des hordes de manifestants demandant davantage de justice sociale et la fin des privilèges et des abus de leurs élites. Voilà que ce vent de révolte rejoint les terres de l’Amérique alors que le cœur du système financier mondial est l’objet d’une occupation.
Il y a bien eu le Wisconsin au printemps dernier, dont les protestataires se réclamaient de la lutte des Égyptiens de la place Tahrir. Mais le mouvement qui s’anime ces jours-ci se positionne selon une optique résolument nationale. Malgré leur échec d’occuper directement Wall Street, un groupe de quelques centaines de manifestants érigeaient un campement le 17 septembre dernier au Liberty Plaza Park. Depuis, l’occupation va bon train, les assemblées et activités se succèdent et le mouvement gagne chaque jour de nouveaux adeptes et appuis.
Certains font remonter la genèse de ce mouvement au 13 juillet dernier lorsque la revue Adbusters lança un appel à occuper Wall Street, mais les origines de ce qu’on appelle maintenant le « mouvement des 99% » sont beaucoup plus profondes, comme le souligne le journaliste indépendant David DeGraw sur le site AmpedStatus. Mais suite à l’appel d’Adbusters, les choses se sont accélérées. Le 14 juillet le nom de domaine occupywallst.org était enregistré de manière anonyme et devenait le vecteur principal d’information et d’organisation du mouvement, fonction qu’il conserve encore aujourd’hui.
Le journaliste et activiste Nathan Schneider rapporte qu’un groupe de quelques centaines de jeunes activistes, artistes et étudiants ont ensuite commencé à se rassembler en tant qu’ « Assemblée générale », selon une forme de prise de décision non hiérarchique et basée sur le consensus. Ils ont commencé à se rencontrer dans des parcs publics à partir du 2 août jusqu’au début de l’occupation le 17 septembre. Leur intention était claire dès le départ : mettre sur pied un cadre tactique et organisationnel pour leur action. Ils ont jusqu’à présent réussi leur pari puisque le principe de l’assemblée générale est toujours celui qui prime en ce moment, aucune organisation ou groupes de personnes n’étant à la tête du mouvement.
« Nous sommes le mouvement des 99% »
Certains observateurs n’ont pas manqué de critiquer le mouvement pour son manque de cohérence et son absence d’objectifs clairs. Répondant dans un premier temps à un sentiment de révolte face au système et à ses dérives, il faut surtout voir que le mouvement en est à ses premiers balbutiements et qu’au fil des assemblées sont formulées des revendications plus concrètes. Des propositions seront d’ailleurs proposées et débattues tout au long du week-end. Mais ce qu’on demande par dessus tout est la fin de l’impunité dont jouissent les grands responsables de la crise financière et économique, la fin de l’influence indue des grandes corporations dans le processus de prise de décisions politiques et une refondation radicale du système économique. Le message du mouvement est clair : « Nous sommes le 99% qui ne tolérera plus l’avarice et la corruption du 1% ». Et en filigrane de tout ce processus un renouveau de l’action démocratique se manifeste, faîte de dialogues et de recherche du consensus.
Nous aurions pu croire que cette action allait rapidement s’essouffler. On constate plutôt le contraire. Au Liberty Park, plus de 500 personnes se rassemblent chaque jour pour débattre, discuter et organiser ce qu’il faut faire d’un système en perdition qui permet aux 400 Américains les plus riches de concentrer plus de richesses que les 180 millions d’Américains les plus pauvres. La répression policière dont a fait l’objet le mouvement et qui s’est notamment durci le 24 septembre avec l’arrestation de quelques 80 personnes – généralement de manière assez musclée et arbitraire – n’a jusqu’ici pas eu raison de la détermination des manifestants et semble même avoir galvanisé les troupes.


Une attention médiatique tardive
Il aura fallu attendre sans surprise les heurts du 24 septembre dernier - sensationnalisme médiatique oblige - pour que la presse américaine se mette à s’intéresser au mouvement, l’attention médiatique ayant jusqu’alors été plutôt timide. La journaliste Amy Goodman faisait d’ailleurs remarquer que « si 2000 activistes du Tea Party étaient descendus sur Wall Street, il y aurait probablement eu un nombre équivalent de reporters sur le terrain. Pourtant, 2000 personnes occupaient Wall Street samedi dernier (17 septembre) » On assiste d’ailleurs à la décontenance habituelle des grands médiaux devant des mouvements sans tête dirigeante, eux qui les premiers jours recherchaient désespérément des représentants du mouvement, que ce soit des responsables d’Adbusters, du US Day of Rage ou du mouvement Anonymous, perçus à tort comme les organisateurs des événements.
La faible couverture médiatique n’est peut-être pas étrangère au fait qu’il semblait dans les premiers jours difficile d’avoir de l’information sur les manifestations via certaines plates-formes. Certains ont même fait état de censure à propos du service de messageries Yahoo !. Le « problème » semble avoir été réglé depuis. Idem pour Twitter et Facebook. Rappelons au passage que Twitter a récemment bénéficié d’un investissement de 400 M$ de la part de JP Morgan Chase, grande institution bancaire directement ciblée par les manifestants.
Force nous est donc de constater que contrairement au mouvement égyptien et au printemps arabe en général qui a fait saliver nos reporters et alimenté nos bulletins de nouvelles sans relâche, il semble qu’un mouvement démocratique local ne suscite pas le même enthousiasme. Par chance, nous pouvons compter sur les manifestants eux-mêmes pour pouvoir faire entendre leur message. Il est d’ailleurs possible de suivre en continu – ou presque – ce qui se passe au Liberty Park sur Livestream/GlobalRevolution.
Et pendant ce temps, le mouvement commence à faire des petits dans d’autres grandes villes américaines.

Ni Printemps arabe, ni Révolution

09 Octobre 2011
Après l’euphorie, l’optimisme et l’espoir, il est temps de revenir à la réalité et d’évaluer les événements du Moyen Orient et d’Afrique du Nord (MENA*) en gardant la tête froide. La vitesse avec laquelle se sont produits les soulèvements successifs a été si grande qu’il était légitime de conclure que nous étions en train d’entrer dans une ère radicalement nouvelle. Aujourd’hui, plus de six mois après la chute des dictateurs tunisien et égyptien, des questions cruciales se posent. Il est également légitime de se demander ce qui est réellement en train de se passer dans ces deux pays. Partout, la confusion règne : plus de 110 partis politiques se présentent aux prochaines élections législatives tunisiennes, tandis que l’Egypte assiste à des négociations secrètes afin de protéger des membres de l’ancien régime - en particulier des commandants de l’Armée. Le paysage politique en Tunisie est devenu trouble et en Egypte, on a le sentiment que l’armée est en train de récupérer le soulèvement ; que certains dirigeants sont en train de jouer un double jeu.

“Il faut du temps aux révolutions”, nous dit-on, ne nous pressons pas. L’Histoire révèle que la liberté a un prix. Cela est vrai. Nous devons demeurer engagés, impliqués et optimistes, sans toutefois être excessivement idéalistes ou naïfs. La situation en Tunisie, et plus encore en Egypte, suscite des inquiétudes : dans les deux pays, le paysage politique ressemble de près au chaos. La polarisation entre des courants laïques et islamistes empêchent toute discussion sérieuse relative aux défis sociaux et économiques majeurs auxquels les pays respectifs font face. Les Forces Armées regardent, si ce n’est surveillent, les développements au sein de la société tunisienne et égyptienne, tandis que des pays étrangers réajustent leurs positions et leurs stratégies. Il se pourrait, certes, que nous ne retournions pas aux anciennes dictatures, mais nul ne sait quel type de démocratie nous obtiendrons. Certains pensent qu’il est tout simplement trop tôt pour le dire. Nous ne pensons point qu’il s’agisse d’une question de temps, mais plutôt d’un problème d’influence et de considérations géopolitiques. Ce à quoi nous assistons est loin d’être « un printemps arabe ».

En regardant de près la Libye, ces questions deviennent encore plus critiques et la confusion plus profonde. Que réservera l’avenir après que la France, la Grande-Bretagne et les Etats-Unis - agissant à travers l’OTAN - l’ont libérée de Mouammar Kadhafi ? Qui sont ceux qui composent le Conseil National de Transition (CNT) ? Comment peuvent-ils prendre des décisions aussi rapides au sujet de la distribution de la production pétrolière du pays, favorisant de manière aussi ostentatoire et sans gêne les pays occidentaux ? Derrière les belles paroles de démocratie, de liberté et de dignité libyenne, quels jeux joue-t-on afin de contrôler et s’emparer des richesses du pays ? Le scénario nous rappelle l’Irak : la situation demeure instable, Kadhafi a disparu, et très rapidement le pays sera sous contrôle. Ce dernier sera économique et géopolitique au lieu d’être une voie démocratique vers la liberté. De la confusion, en effet - mais clairement pas une révolution.

Les Grandes Puissances semblent être en conflit au sujet de l’avenir du régime syrien. Il a fallu six mois à la France, à la Grande-Bretagne et aux Etats-Unis pour demander à Bashar al-Assad de se retirer du pouvoir. Alors qu’ils lui demandent, assez timidement, de partir, la Chine et la Russie semblent les aider à ne rien faire. Pas de résolution de l’ONU, pas de déclaration explicite ; il n’y a pas de soutien clair au soulèvement syrien. Une fois de plus, il ne s’agit pas d’une question de temps, ni d’une question de démocratie : les considérations géopolitiques sont ici les facteurs décisifs. Le sang syrien reflète la valeur de la position géographique du pays : il peut être versé et sera versé au nom de calculs politiciens. Le Conseil National Syrien nouvellement établi ne réclame pas, à juste titre, une intervention internationale, mais demande un soutien international et diplomatique : au delà des mots, ils n’obtiennent rien. L’Occident, la Chine et la Russie sont inquiets, nous dit-on, du rôle des islamistes syriens, et en cela, ils prouvent une fois de plus que rien n’a changé. Les Grandes Puissances se moquent au fond de la démocratie : aussi longtemps que leurs intérêts sont protégés, elles demeureront silencieuses même si des milliers de civils sont massacrés. Les peuples yéménites ou bahreïni peuvent bien se sentir oubliés : ils le sont en effet, car leur cause, leur espoir, leur sang ne méritent pas les sacrifices des puissants.

Le gouvernement turc tente de s’impliquer davantage. Il a organisé des conférences, des ateliers de travail et des rencontres avec des dirigeants et activistes arabes. Mais agit-il avec une vision politique et géopolitique nouvelle ou bien recherche-t-il une influence économique ? La question clé est d’évaluer de quelle latitude jouit le gouvernement turc aujourd’hui afin d’initier de nouvelles alliances et des dynamiques originales au sein du MENA. S’agit-il d’un acteur indépendant qui tire profit de la compétition entre les Etats-Unis, les pays européens, Israël, la Chine et la Russie ? Est-ce que la Turquie a le potentiel d’apporter davantage de clarté à la confusion régnante ? La réponse est loin d’être évidente : La Turquie semble tenter de réconcilier sa “bonne volonté” avec des intérêts économiques significatifs et des alliances géopolitiques.

Voici venir des temps décisifs. Il importe d’œuvrer en défendant une approche régionale holistique, en gardant à l’esprit, ensemble, les dimensions politiques, économiques et géopolitiques du problème. La situation est moins rose et plus difficile qu’il pourrait sembler à première vue et dans l’engouement émotionnel. Ce qui nous voyons se produire autour de nous n’est ni un “Printemps Arabe” ni des “Révolutions”. Quelque chose est en train de changer au sein du MENA et ce de manière bien étrange. Le « Réveil Arabe » demeure une réalité confuse, une énigme. Il n’est pas facile, à la fois, de partager et de respecter les espoirs et l’optimisme des populations tout en évaluant froidement les calculs cyniques des gouvernements et des hommes politiques. L’attitude la plus sage semble consister à marier cohérence et étude approfondie en adoptant une position éthique qui valorise les rêves sans oublier de dénoncer les vérités qui dérangent, les mensonges et la corruption. Ceux des dictateurs, comme ceux des libérateurs ; ceux des ennemis comme ceux des amis.

*MENA est l’acronyme de “Middle East and North Africa”

Tariq Ramadan
Palestine Solidarité

samedi 8 octobre 2011

Manœuvres impérialistes au Yémen et en Libye

octobre 2011
Le peuple du Yémen continue à offrir généreusement des martyrs par centaines et des blessés par milliers pour se débarrasser de la dictature d’Ali Abdallah Saleh portée à bout de bras par les américains et leur serviteur local l’Arabie Saoudite. Le peuple libyen, lui, doit subir un Conseil National de Transition (CNT) installé par l’impérialisme américain et européen grâce à l’OTAN, leur bras armé.
Au Yémen, l’impérialisme tente d’écraser la révolte populaire en maintenant, vaille que vaille, au pouvoir un despote haï par sa propre population. Ici non seulement on ne se précipite pas à l’ONU « pour assurer la protection des civils », mais on soigne et on arme Ali Abdallah Saleh pour anéantir les aspirations à la dignité et à la démocratie du peuple du Yémen. En Libye on impose militairement un CNT illégitime, réactionnaire et raciste(1). Au Yémen l’impérialisme cherche à dominer le détroit de Bāb al-Mandab qui commande l’entrée à la mer Rouge et surtout le Golfe d’Aden. En Libye la volonté de l’impérialisme, à l’instar d’un vampire, à pomper le pétrole libyen est sans limite. Dans un cas comme dans l’autre, l’impérialisme est l’ennemi des peuples.
Ali Abdallah Saleh est au pouvoir depuis 1978.Et comme Moubarak en Egypte, il préparait activement son fils Ahmed à lui succéder en 2013 .Il a réussi à construire, à l’aide des États-Unis et de l’Arabie Saoudite, un régime despotique et corrompu jusqu’à la moelle épinière.
Par contre Ali Saleh a totalement échoué à mettre le Yémen sur le chemin du développement économique et social. Aujourd’hui ce pays est l’un des plus pauvres de la planète. Il est relégué, pour son Indicateur de Développement Humain (IDH), aux dernières places par le Programme des Nations Unies pour le Développement (PNUD).
Et c’est justement contre cette misère et cette dictature que le peuple du Yémen s’est soulevé. Il sait pertinemment que les maux dont il souffre au quotidien sont le fruit de décennies de gestion d’un pouvoir dont les préoccupations de la population à une vie meilleure ne font pas partie de ses priorités. Seul compte pour le clan d’Ali Saleh son maintien au pouvoir pour perpétuer ses privilèges et servir les intérêts de ses protecteurs américains et saoudiens en utilisant systématiquement la force et la violence.
En janvier 2011, encouragé par la révolution tunisienne et égyptienne, le peuple du Yémen est descendu massivement dans la rue non pas pour réclamer des réformes politiques, mais pour exiger la fin du régime d’Ali Abdallah Saleh : « le peuple veut renverser le régime » scandaient les manifestants dans les rues de Sanaa, d’Aden, d’Al Mukalla, de Taez et dans toutes les villes du Yémen. Depuis, les manifestations pacifiques, malgré les tentatives de militariser la révolution, n’ont jamais cessé et le peuple continue toujours à réclamer le départ d’Ali Abdallah Saleh.
Mais le tyran s’accroche au pouvoir de toutes ses forces en s’appuyant sur une partie de l’armée et les multiples organes de sécurité dirigés souvent par les membres de sa propre famille et des partisans qui lui sont restés fidèles.
Mais c’est surtout le soutien des États-Unis et de l’Arabie Saoudite qui reste décisif. Les américains, pour dominer durablement cette région stratégique et « bourrée » de pétrole, utilisent leur arme fétiche « la lutte contre le terrorisme », ce qui leur permet de bombarder régulièrement le sud Yémen. « Nous nourrissons une réelle inquiétude sur la capacité d’Al-Qaida (au Yémen) à conduire de nouvelles attaques sur le sol américain et contre des intérêts américains à l’étranger » déclarait James Clapper directeur national du renseignement devant le Congrès le 13 septembre 2011 (2). Ali Abdallah Saleh agite constamment la menace d’Al-Qaïda pour se maintenir au pouvoir et les américains instrumentalisent « cette menace terroriste » pour mieux contrôler la région.
L’Arabie Saoudite, elle, considère le Yémen presque comme le prolongement de son territoire. Les affaires internes du Yémen sont les affaires intérieures de l’Arabie Saoudite. La famille Al-Saoud qui règne sur l’Arabie a dès le début soutenu le régime despotique d’Ali Saleh qu’elle juge comme le meilleur garant de ses intérêts. C’est l’Arabie Saoudite qui a permis le transfert d’Ali saleh de Sanaa à Riyad, le lendemain du bombardement de son palais le 3 juin par le chef tribal Sadek al-Ahmar . C’est également l’Arabie Saoudite qui a soigné dans ses hôpitaux le président gravement blessé et permis enfin son retour au Yémen le 23 septembre 2011.
Ce que craignent les américains et les saoudiens c’est la contagion et l’embrasement de la région. Car le triomphe de la révolution populaire et démocratique au Yémen peut servir d’exemple et encourager les autres peuples de la région à se soulever à leur tour contre leurs propres tyrans qui les oppriment depuis des décennies. C’est ce qui explique par ailleurs l’intervention militaire saoudienne, avec la complicité des États-Unis, à Bahreïn pour écraser le soulèvement populaire dans ce petit royaume (3).
Ce qui est vrai du Yémen, ne l’est pas moins de la Libye même si les situations des deux pays paraissent différentes. Dans un cas comme dans l’autre c’est toujours l’impérialisme qui décide à la place des peuples uniquement et strictement pour ses propres intérêts. Au Yémen il tente de briser la révolution qui risque d’emporter un régime despotique et, partant, les intérêts américains et saoudiens dans la région. En Libye l’impérialisme installe un pouvoir lui permettant de pomper allègrement le pétrole du peuple libyen et de surveiller de plus près les révolutions tunisienne et égyptienne.
L’impérialisme américain et ses caniches britanniques et français ont renversé le régime de Kadhafi non pas parce que celui-ci est un despote, mais parce que Kadhafi, à leur yeux, n’était pas un despote fiable pour servir leurs intérêts.
Tirant la leçon des révolutions tunisienne et égyptienne qui ont partiellement échappé à leur contrôle, les bourgeoisies américaine et européenne ont confisqué au peuple libyen sa révolution pour la remplacer par des groupes armés qui cherchent à prendre la place de Kadhafi. On est très loin des grandes manifestations populaires tunisiennes et égyptiennes qui ont emporté Ben Ali et Moubarak. Le CNT n’est pas arrivé au pouvoir grâce à une révolution populaire. Il a été créé, armé, financé et installé là où il est aujourd’hui par l’impérialisme américain et européen au prix de milliers de victimes innocentes pour assouvir leur soif du pétrole libyen. Et dès le premier septembre 2011, les puissances impérialistes se sont précipitées à Paris, alors que les confrontations n’avaient pas encore cessé, pour partager le butin. Et ils l’ont fait au grand jour, comme au bon vieux temps colonial, sans complexe et sans pudeur aucune. La résolution 1973, la protection des civils, la démocratie etc. n’étaient que des paravents derrière lesquels les bourgeoisies occidentales dissimulaient leur véritable objectif : pomper à satiété l’or noir libyen. Mais comme ces vampires sont nombreux et leur voracité sans limite, le « partage » du pétrole libyen se fera probablement au profit du plus puissant d’entre eux. Belles batailles en perspective !
Le CNT n’est pas le représentant du peuple libyen. Il ne représente qu’une partie de la population, celle qui a accepté de combattre Kadhafi sous l’égide de l’OTAN, bras armé de l’impérialisme. Dans les soulèvements populaires arabes, le CNT est l’incarnation de la contre-révolution avec comme symbole le drapeau libyen de l’ex-roi Idris Ier, renversé en 1969.
Le CNT a trahi la mémoire d’Omar Al Mokhtar (1862/1931) et l’esprit de résistance contre l’occupant étranger qu’il incarnait. Mais si le peuple libyen a engendré dans le passé des héros de la trempe d’ Al Mokhtar, il est certainement capable de produire aujourd’hui des hommes et des femmes qui balayeront tous les traîtres et mettrons un terme au pillage organisé de leurs ressources par les nouveaux envahisseurs.
Le soutien militaire, financier, médiatique etc. de l’impérialisme aux despotes du monde arabe est une évidence qu’il faut rappeler constamment. Démocratie, liberté, droit de l’homme ne sont que des slogans qu’il utilise pour mieux écraser des soulèvements réellement populaires et démocratiques. Qui peut soutenir sérieusement que les pouvoirs qui sévissent à Bahreïn, au Yémen, en Arabie Saoudite, aux Émirats Arabes Unies et dans tout le monde arabe, exception faite de la Palestine et du Liban, sont des régimes démocratiques ? Et pourtant l’impérialisme porte à bout de bras ces régimes qui exploitent, oppriment, marginalisent et humilient leurs peuples. Toute l’histoire de l’impérialisme américain n’est que soutien aux dictatures les plus terribles de la planète. Aucune guerre, aucune intervention n’est menée pour soutenir les révoltes populaires et démocratiques ; bien au contraire. En Iran, la CIA a renversé le gouvernement Mossadegh en 1953 qui a eu le malheur de nationaliser les ressources pétrolières de son pays pour réinstaller le chah Reza Pahlavi. Au Chili, Les États-Unis ont participé activement en 1973 au renversement du gouvernement démocratiquement élu de Salvador Allende pour installer la dictature du général Pinochet. En Argentine, l’impérialisme américain a soutenu en 1976 le coup d’État militaire du général Videla. Ben Ali et Moubarak n’étaient que des marionnettes entre ses mains. Et on va taire, tellement la liste est longue, les noms des autres dictateurs aussi féroces les uns que les autres installés directement ou indirectement par la bourgeoisie américaine et accessoirement européenne. L’impérialisme américain et européen ont détruit des pays entiers comme la Yougoslavie, l’Afghanistan, l’Irak ou encore la Côte d’Ivoire laissant derrière eux des victimes par centaines de milliers. Aujourd’hui ils sont en train de détruire le Yémen et la Libye. L’impérialisme est l’ennemi du progrès et de la démocratie. Les bourgeoisies américaines et européennes, inlassablement, parlent des Droits de l’homme, mais massacrent un peu partout les hommes qui leur tiennent tête. Toute leur histoire n’est que mépris et négation de l’homme. Mais malgré tous les malheurs dont il accable les peuples, l’impérialisme produit en même temps les hommes qui le mettront à mort. Les dictateurs qu’il a installés tombent les uns après les autres. C’est déjà le cas en Amérique Latine. Dans le monde arabe, même entravé par l’impérialisme, les peuples poursuivent leur combat y compris en Arabie Saoudite (4) pour une société démocratique débarrassée des régimes despotiques et corrompus. Aux États-Unis même, des hommes et des femmes par milliers manifestent leur indignation contre les vautours de Wall Street, mais aussi contre les guerres impérialistes. Ce n’est pas un hasard si la grande manifestation de Washington du 6 octobre 2011 où les manifestants scandaient, entre autres, « Arrêtez la guerre, ramenez les troupes à la maison » coïncidait avec le dixième anniversaire de l’intervention impérialiste en Afghanistan le 7 octobre 2001. La solidarité entre les peuples est une condition vitale pour mettre un terme définitif à cette hégémonie impérialiste.
Mohamed Belaali
(1) Ses crimes contre les noirs libyens et africains témoignent d’un racisme de classe d’un autre âge. Car dans leur immense majorité, ces persécutés du CNT sont des travailleurs !
URL de cet article 14813 http://www.legrandsoir.info/manoeuvres-imperialistes-au-yemen-et-en-libye.html

Syrie : Une martyre Syrienne réapparait vivante à la Télè

Samedi 8 octobre 2011
Il est étonnant de voir qu'il y a toujours des gens pour y croire .

«J'ai fui ma famille car mes frères me battaient. Mes parents ne savent pas où je suis», a affirmé mercredi soir cette jeune fille présentée comme Zaïnab, à la télévision. Crédits photo : jacques Brinon/AP

Zaïnab al-Hosni, dont le corps mutilé avait été identifié par sa famille, était devenue un exemple de la répression du régime de Bachar el-Assad. Les ONG dénoncent une manipulation du pouvoir.

L'opposition syrienne vient d'essuyer un cuisant revers dans la guerre de l'information qu'elle livre contre le régime de Bachar el-Assad. Une jeune fille de 18 ans, érigée en symbole de la répression sanglante de Damas, est réapparue en vie et en bonne santé apparente, mercredi, sur les ondes de la télévision d'Etat. Le nom de Zaïnab al-Hosni est devenu célèbre, fin septembre, quand Amnesty International et Human Rights Watch ont annoncé que la jeune fille était la première Syrienne à mourir en détention depuis le début, mi-mars, de l'insurrection.


Des veillées en la mémoire de Zaïnab al-Hosni avaient été organisées dans plusieurs pays, dont la Jordanie (photo). Crédits photo : Raad Adayleh/AP


D'après les informations recueillies par les ONG auprès de sa famille, Zaïnab al-Hosni avait été enlevée à Homs, bastion de la contestation, par des hommes en civil alors qu'elle faisait des courses le 27 juillet. Probablement pour faire pression sur sa famille, plusieurs de ses frères étaient, en effet, impliqués dans des manifestations. Son corps mutilé et torturé avait été identifié par sa mère, début septembre. Le sort tragique de la jeune fille avait ému le monde arabe. Des veillées en sa mémoire avaient été organisées dans plusieurs pays, une page hommage facebook avait été ouverte. Baptisée «la fleur de la Syrie», son portrait apparaissait régulièrement dans les manifestations anti-Assad…
Un statut d'icône peut-être prématuré. La télévision publique syrienne a diffusé mercredi un entretien d'une jeune fille affirmant être Zaïnab al-Hosni. Vêtue de noir, cette jeune femme montre une carte d'identité au nom de Zaïnab al-Hosni et explique s'être enfuie du domicile familial de Homs, fin juillet, pour échapper à ses frères qui la maltraitaient. «Si je dis la vérité aujourd'hui c'est que j'espère un jour me marier et avoir des enfants que je pourrai déclarer à l'état-civil», confie-t-elle en demandant pardon à sa mère. «J'ai appris ma mort par les chaînes de télévision qui ont annoncé que la Sécurité syrienne m'avait arrêtée et brûlé et découpé mon corps». «Mes parents ne savent pas que je suis vivante», jure-t-elle. Quelques heures après cette intervention, Amnesty international et Human Rights Watch ont annoncé dans un communiqué que la famille al-Hosni «confirmait que la jeune femme apparue à la télévision syrienne était bien Zaïnab». «Nous n'avons aucun doute que c'est bien elle», a assuré au New York Times un frère de la jeune femme, dont la famille s'est réfugiée au Liban. Il évoque une erreur d'identification de la part de sa mère.

«Erreur de bonne foi» pour Human Rights Watch

Le 13 septembre, les parents de Zaïnab avaient été convoqués dans un hôpital militaire pour récupérer le corps de leurs fils Mohammad, lui-même mort en détention, apparemment torturé. Ils découvrent un autre corps défiguré «décapité, démembré et écorché», qu'ils ont cru être celui de leur fille. «Ils ont expliqué à la morgue qu'elle s'appelait Zaïnab et avait 18 ans, ma mère a dit «c'est ma fille»», raconte Youssef al-Hosni. Sa mère a cru reconnaître la forme des jambes, la mâchoire et les joues de son enfant. La famille a pu récupérer les corps seulement après avoir signé un document stipulant que le frère et la sœur avaient été tués par une «bande armée».
Human Rights Watch plaide elle aussi une «erreur de bonne foi» du côté des al-Hosni. Cette confusion démontre «la nécessité d'autoriser des observateurs indépendants, - journalistes, militants des droits de l'homme - en Syrie pour découvrir ce qui s'y passe». «Les autorités syriennes doivent révéler l'identité du corps et les circonstances du décès et expliquer pourquoi ils ont déclaré à la famille qu'il s'agissait de Zaïnab», insiste, de son côté, Amnesty International. L'ONG suspecte les autorités syriennes d'avoir échafaudé cette histoire pour discréditer les médias et les associations occidentaux, ainsi que l'opposition syrienne. Damas présente en effet l'insurrection comme le fruit d'un complot ourdi de l'extérieur et accuse les médias étranger de répandre des mensonges sur la situation dans le pays. «Je ne sais plus en quoi croire et ne pas croire», concluait de son côté Youssef al-Hosni, désabusé. La famille doute de jamais revoir Zaïnab et n'exclut pas, malgré ce rebondissement, d'avoir enterré la bonne personne.
Source : Le Figaro.fr

La Turquie conseille à la France d'affronter son passé colonial.

Samedi 8 octobre 2011 

Algérie- le massacre de Sétif -8 mai 1945
La Turquie a conseillé ce vendredi à la France d'affronter son passé colonial avant de donner des leçons aux autres pays, en réponse aux déclarations de Nicolas Sarkozy donnant quelques mois à Ankara pour reconnaître le génocide arménien de 1915.

En visite à Erevan, le président français a averti que, faute de reconnaissance dans les mois à venir par la Turquie du massacre de 1,5 million d'Arméniens, la France modifierait sa législation pour que le négationnisme du génocide arménien soit condamné au pénal.
Le ministre turc des Affaires étrangères Ahmed Davutoglu n'a pas tardé à réagir lors d'une conférence de presse: «Ceux qui ne sont pas capables d'affronter leur propre histoire parce qu'ils ont mené une politique colonialiste pendant des siècles, parce qu'ils traitent leurs étrangers comme des citoyens de seconde zone, n'ont pas à donner une leçon d'histoire à la Turquie».

L'Arménie, soutenue par de nombreux historiens, déclare qu'un million cinq cent mille Arméniens ont été tués durant leur soulèvement pendant la Première Guerre mondiale, en plein effondrement de l'empire ottoman.

Premiers pas diplomatiques

Erevan qualifie ces événements de génocide, un point de vue partagé par plusieurs parlements étrangers, dont le parlement français depuis une loi votée en janvier 2001. La diaspora arménienne compte quelque 500.000 membres dans l'Hexagone. La Turquie réfute la qualification de génocide, parlant de meurtres à grande échelle visant non seulement les Arméniens mais aussi les Turcs.

Ahmed Davutoglu a également déclaré que la Turquie et l'Arménie oeuvraient ensemble à une normalisation de leurs relations et que les propos de Nicolas Sarkozy auraient un impact négatif sur ces efforts de réconciliation. Erevan et Ankara ont convenu en 2009, sous l'égide des Etats-Unis, de l'Union européenne et de la Russie, d'établir des liens diplomatiques et de rouvrir leur frontière commune dans les deux mois suivant la validation de leur accord par leurs parlements respectifs.

Mais les deux pays se sont ensuite mutuellement accusés d'avoir modifié les termes de l'accord, et le processus de réconciliation est aujourd'hui en suspens. Les deux pays s'affrontent sur l'avenir de l'enclave peuplée majoritairement d'Arméniens du Haut-Karabakh, théâtre d'un conflit armé dans les années 1990 après avoir fait sécession de l'Azerbaïdjan, soutenu par la Turquie.
 
20 minutes.fr
Cri du peuple 1871 : http://www.mleray.info/article-turquie-86124909.html