samedi 8 octobre 2011

Syrie : Une martyre Syrienne réapparait vivante à la Télè

Samedi 8 octobre 2011
Il est étonnant de voir qu'il y a toujours des gens pour y croire .

«J'ai fui ma famille car mes frères me battaient. Mes parents ne savent pas où je suis», a affirmé mercredi soir cette jeune fille présentée comme Zaïnab, à la télévision. Crédits photo : jacques Brinon/AP

Zaïnab al-Hosni, dont le corps mutilé avait été identifié par sa famille, était devenue un exemple de la répression du régime de Bachar el-Assad. Les ONG dénoncent une manipulation du pouvoir.

L'opposition syrienne vient d'essuyer un cuisant revers dans la guerre de l'information qu'elle livre contre le régime de Bachar el-Assad. Une jeune fille de 18 ans, érigée en symbole de la répression sanglante de Damas, est réapparue en vie et en bonne santé apparente, mercredi, sur les ondes de la télévision d'Etat. Le nom de Zaïnab al-Hosni est devenu célèbre, fin septembre, quand Amnesty International et Human Rights Watch ont annoncé que la jeune fille était la première Syrienne à mourir en détention depuis le début, mi-mars, de l'insurrection.


Des veillées en la mémoire de Zaïnab al-Hosni avaient été organisées dans plusieurs pays, dont la Jordanie (photo). Crédits photo : Raad Adayleh/AP


D'après les informations recueillies par les ONG auprès de sa famille, Zaïnab al-Hosni avait été enlevée à Homs, bastion de la contestation, par des hommes en civil alors qu'elle faisait des courses le 27 juillet. Probablement pour faire pression sur sa famille, plusieurs de ses frères étaient, en effet, impliqués dans des manifestations. Son corps mutilé et torturé avait été identifié par sa mère, début septembre. Le sort tragique de la jeune fille avait ému le monde arabe. Des veillées en sa mémoire avaient été organisées dans plusieurs pays, une page hommage facebook avait été ouverte. Baptisée «la fleur de la Syrie», son portrait apparaissait régulièrement dans les manifestations anti-Assad…
Un statut d'icône peut-être prématuré. La télévision publique syrienne a diffusé mercredi un entretien d'une jeune fille affirmant être Zaïnab al-Hosni. Vêtue de noir, cette jeune femme montre une carte d'identité au nom de Zaïnab al-Hosni et explique s'être enfuie du domicile familial de Homs, fin juillet, pour échapper à ses frères qui la maltraitaient. «Si je dis la vérité aujourd'hui c'est que j'espère un jour me marier et avoir des enfants que je pourrai déclarer à l'état-civil», confie-t-elle en demandant pardon à sa mère. «J'ai appris ma mort par les chaînes de télévision qui ont annoncé que la Sécurité syrienne m'avait arrêtée et brûlé et découpé mon corps». «Mes parents ne savent pas que je suis vivante», jure-t-elle. Quelques heures après cette intervention, Amnesty international et Human Rights Watch ont annoncé dans un communiqué que la famille al-Hosni «confirmait que la jeune femme apparue à la télévision syrienne était bien Zaïnab». «Nous n'avons aucun doute que c'est bien elle», a assuré au New York Times un frère de la jeune femme, dont la famille s'est réfugiée au Liban. Il évoque une erreur d'identification de la part de sa mère.

«Erreur de bonne foi» pour Human Rights Watch

Le 13 septembre, les parents de Zaïnab avaient été convoqués dans un hôpital militaire pour récupérer le corps de leurs fils Mohammad, lui-même mort en détention, apparemment torturé. Ils découvrent un autre corps défiguré «décapité, démembré et écorché», qu'ils ont cru être celui de leur fille. «Ils ont expliqué à la morgue qu'elle s'appelait Zaïnab et avait 18 ans, ma mère a dit «c'est ma fille»», raconte Youssef al-Hosni. Sa mère a cru reconnaître la forme des jambes, la mâchoire et les joues de son enfant. La famille a pu récupérer les corps seulement après avoir signé un document stipulant que le frère et la sœur avaient été tués par une «bande armée».
Human Rights Watch plaide elle aussi une «erreur de bonne foi» du côté des al-Hosni. Cette confusion démontre «la nécessité d'autoriser des observateurs indépendants, - journalistes, militants des droits de l'homme - en Syrie pour découvrir ce qui s'y passe». «Les autorités syriennes doivent révéler l'identité du corps et les circonstances du décès et expliquer pourquoi ils ont déclaré à la famille qu'il s'agissait de Zaïnab», insiste, de son côté, Amnesty International. L'ONG suspecte les autorités syriennes d'avoir échafaudé cette histoire pour discréditer les médias et les associations occidentaux, ainsi que l'opposition syrienne. Damas présente en effet l'insurrection comme le fruit d'un complot ourdi de l'extérieur et accuse les médias étranger de répandre des mensonges sur la situation dans le pays. «Je ne sais plus en quoi croire et ne pas croire», concluait de son côté Youssef al-Hosni, désabusé. La famille doute de jamais revoir Zaïnab et n'exclut pas, malgré ce rebondissement, d'avoir enterré la bonne personne.
Source : Le Figaro.fr

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