La suite de l’attentat contre Charlie Hebdo est comme
une deuxième mort. Quand, face aux caméras de télévision, on ne trouve rien de
mieux que Caroline Fourest et Philippe Val pour défendre la liberté de la
presse, c’est qu’elle-même a décampé.
L’attentat de Richard Lenoir n’en est pas seulement un
contre un hebdomadaire et ses héros, il en cache un autre, celui qui fait crier
des dizaines de milliers de français venus dans la rue pour défendre la «
liberté de la presse ». Quelle liberté ? Celle de Dassault, de Lagardère, de
Bergé, Pigasse et Niel, celle de Drahi ou Rothschild, de Pinault ou d’Arnaud ?
Les hommes au bon cœur, en sortant de chez eux pour manifester la haine qu’ils
éprouvent pour les ennemies de la liberté, n’ont pas imaginé qu’en allant ainsi
user leurs semelles sur le froid macadam, ils cautionnaient le système. Celui
qui fait que la presse est moribonde, étouffée par ses mensonges, par ses
oublis, par ses réseaux et de son peu de goût pour cette maxime venu des États
Unis, mais qui me plait quand même : le journaliste est là pour réconforter les
faibles et affliger les puissants.
Le pompon, comme le cordon du poêle que l’on doit tenir
en ce jour de deuil, c’est le débarquement de Sarkozy à l’Élysée. Sarko is
back, la belle image. Sorti du bavardage inutile avec Hollande, de son moment
de connivence entre professionnel de la politique, on a pu entendre le nouveau
président de l’UMP dauber sur « le système de sécurité français qui n’est pas
adapté ». Il faut oser.
Qui a organisé l’islam de France autour de l’UOIF au
point que ce chef d’œuvre vient d’être couché par les Émirats Arabes Unis sur
la liste des organisations terroristes ? Qui a soufflé sur le feu en Syrie
avant de semer le chaos en Libye pour en faire deux nouvelles patries du djihad
? Principalement Sarkozy et ses compères du Qatar.
Après la tuerie de Charlie le temps est venu, non point
d’ouvrir les prisons et de donner plus des fusils aux gendarmes. Le temps est venu
d’un mea culpa. Il faut qu’un tribunal international juge tous les politiciens,
essentiellement ceux de Washington, de Ryad et de Doha, qui ont inventé et
nourri le djihad et son esprit, celui qui nous frappe aujourd’hui.
Rappelons nous combien Ben Laden était un gentil garçon
quand, aux côtés de la CIA, il se battant en Afghanistan contre les
soviétiques.
Rappelons-nous l’indifférence occidentale aux tueries
perpétrées en Algérie par les sbires du GIA, dès qu’ils sont rentrés au pays
leur campagne afghane terminée.
Rappelons-nous que les États-Unis refusent toujours de
publier 28 pages du rapport officiel sur les attentats du 11 septembre.
Feuillets qui mettent en cause la complaisance de l’Arabie Saoudite pour les
guérilleros ailés de Manhattan.
Peine perdue, demain nous passerons le micro à des
Zemmour ou des Houellebecq puisqu’il semble que ce soit avec ces remèdes que
les médias, et ceux qui les possèdent, entendent faire rendre gorge aux
mahométans tout en sauvegardant la liberté de la presse.
Jacques-Marie Bourget
Source : Le Grand Soir

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