Nombreux sont les partisans de la Résistance qui
éprouvent une inquiétude légitime face aux manœuvres des États-Unis avançant
sous le masque de la lutte contre le terrorisme après des années passées à
monter et à entretenir, financièrement et logistiquement, des réseaux
terroristes dans le but de frapper puis d’abattre l’État syrien.
Toutes les marionnettes locales des agences de
renseignement occidentales et des milliards de dollars ont été mis à la
disposition du duo terroriste international, David Petraeus et Bandar bin
Sultan, pour mener campagne contre la Syrie.
Il n’empêche que ces deux éminentes personnalités du «
Renseignement occidental et du Tiers Monde », ont perdu leur pari et ont fini
par être congédiées en raison du fiasco de toutes leurs tentatives devant la
solidité de l’État, du Peuple, de l’Armée nationale et de son commandant en
chef, le Président résistant Bachar al-Assad.
Mais voilà qu’on se demande, à nouveau, si l’Empire
américain vaincu et sa pupille saoudienne, menacée par le « cataclysme daechien
» [de l’EIIL en arabe], ne vont pas user de leur guerre contre le terrorisme
pour couvrir leur agression contre la Syrie, les raids de l’aviation US sur des
positions de l’Armée nationale syrienne facilitant le déploiement des groupes
terroristes sur le terrain ; ceux qui seront entraînés en Arabie saoudite ,
plus ceux déjà entraînés en Jordanie ayant reçu pour mission de se répartir sur
la bande frontalière jouxtant le Golan et les fermes de Chebaa sous
commandement des agents du renseignement sionistes .
La réponse, évidente et immédiate, est que toutes les
sottises sont envisageables de la part des puissances coloniales et des forces
réactionnaires inféodées à l’Occident lorsqu’elles sont confrontées au
désespoir et à la défaite. Par conséquent, la première chose à faire est de
nous préparer au pire. Et c’est ce qui a toujours figuré à l’ordre du jour pour
la Direction syrienne et ses Forces armées, tout comme cela est toujours pris
en compte par l’Axe de Résistance et ses alliés en Russie, en Chine, en Inde et
dans la plupart des Pays du BRICS.
En effet, une telle aventure stupide et potentiellement
très dangereuse est rendue d’autant plus probable que les circonstances et les
raisons qui ont obligé Obama à annuler l’agression, dont il a menacé la Syrie
l’année dernière, sont encore plus pesantes aujourd’hui ; les capacités de
défense de l’Armée nationale syrienne s’étant renforcées dans tous les domaines
notamment celui de la défense aérienne, de l’aveu même du chef d’état-major des
armées des États-Unis, le Général Martin Dempsey, et le partenariat ainsi que
la coopération dans le domaine militaire entre la République arabe syrienne, la
Fédération de Russie et l’Iran étant passés à un niveau supérieur.
La Russie, qui avait adressé son message désapprobateur
en interceptant les missiles dirigés contre la Syrie en Septembre 2013 [4], a
aujourd’hui des raisons supplémentaires qui l’inciteraient à lancer des
messages plus forts et plus sévères ; l’affrontement américano-russe en Ukraine
et la série de sanctions occidentales à son encontre l’ayant rendue encore plus
convaincue de la justesse de la vision syrienne concernant la mentalité
colonialiste des USA et de l’OTAN, une mentalité qui menace le monde entier !
Quant à l’Iran, sa position est toujours aussi claire à l’égard de la Syrie
considérée comme la première forteresse de défense d’un Moyen-Orient libre !
Ce n’est pas par hasard que le « cirque US » à Jeddah a coïncidé avec l’annonce du décuplement des
échanges russo-iraniens et avec la volonté déclarée de Moscou de pousser la
stratégie de développement de l’Organisation de coopération de Shangai [OCS] jusqu’à
en faire une alliance internationale d’entraide dans tous les domaines et,
particulièrement, avec l’Iran. Par ailleurs, une même grille de lecture doit
être appliquée aux communiqués publiés par la Russie, la Chine et l’Iran : un avertissement nettement suffisant contre
toute attaque à la souveraineté des États ; sous-entendue, la souveraineté de
la République arabe syrienne.
Des prises de position qui doivent se traduire
effectivement sur le terrain syrien, le système de coopération militaire et
sécuritaire avec les alliés de la Syrie pouvant être activé et développé au
moment opportun. Ceci nous paraît indispensable pour dissuader les USA de
cesser leur brutalité orgiaque contre un État qui se bat contre le terrorisme,
seul, et à la place de ses alliés et de ses ennemis à la fois !
Ceci dit, et en prévision d’une agression idiote quand
même, il est nécessaire de rappeler la déclaration du ministre syrien, M. Walid
Mouallem, se résumant à dire que toute opération aérienne sur le territoire syrien,
sans coordination préalable avec le gouvernement syrien, sera considérée comme
une agression nécessitant une réponse défensive légitime .
Les États-Unis dans leur prétendue guerre contre le
terrorisme, qu’ils ont couvé pour frapper la Syrie, ont choisi de continuer à
entrainer, à armer et à financer encore plus de groupes terroristes pour la
démolir et l’empêcher de se récupérer. Ils habillent leurs agents et leurs
mercenaires de mille masques, avec la collaboration des gouvernements turc, qatari
et saoudien embourbés dans le terrorisme takfiriste jusque par-dessus la tête.
Ce qui confirme que « l’alliance de Jeddah » n’a pas pour but d’endiguer le
terrorisme ou de l’anéantir, mais de le réemployer ! D’ailleurs, les dérobades
turques et les réticences britannique et allemande sont venues compléter
l’image floutée de la situation.
Certes, la visite de M. Staffan de Mistura [nouvel
émissaire de l’ONU pour la Syrie] à Damas et sa rencontre avec le Président
Bachar al-Assad mettant l’accent sur la priorité de la lutte contre le
terrorisme, parallèlement avec la tenue de la conférence carnavalesque de
Jeddah, a suggéré à beaucoup d’observateurs que les États-Unis tentaient de
rassurer Damas. Certains vont même jusqu’à croire qu’ils se sont enfin décidés
à dompter leurs agents avant de modifier leur langage envers l’État syrien.
Mais l’Histoire nous pousse à toujours tenir compte des
mauvaises intentions US et à nous comporter sur cette base en premier lieu. Et
si jamais il fallait serrer des mains et sourire, il n’est pas interdit de
montrer ses crocs, comme la Syrie sait le faire face au loup américain et à ses
hyènes régionaux, quand il le faut !
Ghaleb Kandil Directeur du Centre New Orient News (Liban)

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