samedi 17 août 2013

Kadir, détenu en Turquie depuis 5 ans, a besoin de votre soutien

Porte-parole:André Métayer
Publié le 15/08/13 23:59
Bretagne—Kadir, le «Kurde breton», est un militant ordinaire de la cause kurde. Interpellé et incarcéré le 4 janvier 2008, il a été condamné 2 octobre 2009 pour appartenance supposée au PKK à une peine de prison de 11 ans et 3 mois. Il sera libérable sous conditions de bonne conduite le… 8 juin 2016. Il lui est reproché d'avoir travaillé quelques mois comme technicien à ROJ TV, la télévision kurde en exil. Kadir est bien connu en Bretagne, en particulier dans le Pays de Redon où il a résidé. Il s'était beaucoup investi dans la vie culturelle et associative bretonne. Kadir a participé, comme traducteur, au film de Régis Blanchard, «Un hiver à Istanbul», décrivant la politique d'isolement cellulaire menée par la Turquie à l'encontre des milliers de prisonniers politiques turcs et kurdes. Il s'agit précisément de cette politique dont il est aujourd'hui victime : Kadir a entamé sa 6e année de détention dans une prison de type F, c'est-à-dire dans un isolement carcéral difficile à supporter. Kadir a déposé un recours auprès de la Cour européenne des Droits de l'Homme. Continuant à militer, faisant des grèves de la faim, il se retrouve souvent au mitard.
Le moral en berne
Depuis quelques mois, les nouvelles se faisaient rares : séjours au mitard, problèmes de santé, désespoir, une grande lassitude semblait le gagner. La lettre du 23 juin envoyée à l'une de ses correspondantes n'est pas le fruit du hasard. Kadir écrit : «depuis longtemps je n'ai écrit à personne. J'ai eu des problèmes de santé et je n'ai pas récupéré tout à fait. Excusez-moi de vous avoir laissés sans nouvelles», mais, plus loin, le moral semble être revenu grâce à l'initiative du groupe Amnesty Redon qui organise du 12 au 27 septembre une exposition des dessins de Kadir à la Médiathèque de Redon : «pour l'exposition de mes dessins à la Médiathèque, je suis vraiment touché et je ne sais pas quoi dire. Mais en réalité, ni mes dessins, ni mes textes, ni moi-même, on mérite tout ça. Cela me touche vraiment beaucoup, beaucoup».
Des raisons d'espérer
Une deuxième lettre, datée du 13 juillet, confirme un Kadir quelque peu requinqué, mais sans illusion néanmoins : suite à la demande de révision déposée en 2009, le Procureur général de la Cour de Cassation vient de demander, contre toute attente, l'annulation d'une de ses condamnations qui réduirait de 30 mois sa peine de prison : «si la section concernée de la Cour de Cassation acceptait, je serais libéré en mai 2014. Je suis très surpris de l'initiative du procureur, même si c'est dans ses prérogatives, car un refus avait déjà été opposé à ma demande et toutes les voies de recours avaient échoué». Mais il ajoute, lucide, que sa demande sera probablement refusée. Kadir se demande néanmoins si l'initiative du procureur n'est pas liée à quelques actions d'organismes comme Amnesty International. Il n'y croit pas trop mais conclut quand même :
«c'est, malgré tout, une bonne nouvelle. Maintenant, ma santé s'améliore un peu mieux et j'arrive à lire, à écrire et à dessiner. J'ai repris mes activités d'atelier de la peinture aussi. Actuellement, je dessine le portrait d'Halide [sa femme]. Récemment, j'ai acheté du matériel de dessin et je dois trouver des idées pour dessiner sur le papier...».
Soutien
Kadir a besoin de se sentir soutenu, c'est une évidence, et nos efforts pour garder le contact doivent continuer. Il apparaît que les lettres et cartes postales qu'il reçoit l'aident à garder le moral. Pour continuer à soutenir Kadir, écrivez (en anglais, en turc ou en français) à :
A.Kadir DILSIZ
2 Nolu F tip C-evi Kiriklar Buca
IZMIR - TURQUIE

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