lundi 5 septembre 2016

Les Saoudiennes Demandent l’Arrêt du Gardiennage : une campagne contre la domination des hommes.



Des Saoudiennes ont lancé il y a quelques semaines une campagne visant à mettre fin contre leur situation de dépendance totale vis-à-vis des hommes.

Cette initiative, menée sur les réseaux sociaux, a été lancée par Human Rights Watch et met en lumière la nature oppressive du système qui oblige les femmes d’être supervisées par un homme pour toute prise de décision importante. A ce jour, plus de 170.000 tweets joint du Hashtag #TogetherToEndMaleGuardianship 

(#EnsemblePourMettreuntermeauGardiennagedesHommes) ont été posté sur le réseau social à l’oiseau bleu, selon Voactiv.
 
Plus de 140.000 messages postés sur Twitter

Très vite, la campagne a trouvé son public en Arabie Saoudite, où il a été massivement relayé avec le hashtag (LesSaoudiennesDemandentl’ArretduGardiennage).140.000 tweets ont été postés depuis son lancement et il figure depuis, tout comme sa version anglaise, dans les sujets les plus discutés sur Twitter là-bas.

Permission du gardien

La campagne est par ailleurs accompagnée de plusieurs petits films animés produits par Human Rights Watch. On y voit toutes les conséquences de ce système, notamment le fait qu’une femme ait besoin de la permission de son gardien, qui peut-être son père, son mari voir même son fils, pour pouvoir travailler, voyager ou étudier.
«En Arabie Saoudite, la vie d’une femme, de sa naissance à sa mort, est contrôlée par un homme. Chaque Saoudienne doit avoir un gardien homme, la plupart du temps son père ou son mari, mais dans certains cas un frère ou un fils, qui a le pouvoir de prendre de grandes décisions en son nom», rappelle l’ONG dans son communiqué.
Reste à savoir si la campagne portera ses fruits ou si elle échouera à trouver écho auprès du gouvernement, comme l’initiative Women2Drive de 2011, qui visait à autoriser les femmes à conduire.
Source : sites web

Julian Assange promet d'exclure Hillary Clinton de la présidentielle avant le débat du 26 septembre.



Le lundi 26 septembre, 2016 Donald Trump et Hillary Clinton se retrouveront à l'université Hofstra à Hempstead, New York, pour expliquer au public américain comment ils vont gérer le pays en tant que président des États-Unis.
Le débat, qui est le premier débat entre les deux candidats en lice pour les élections présidentielles le 8 novembre, devait initialement avoir lieu à l'université d'État Wright dans l'Ohio, mais il a plus tard été déplacé à Hofstra, en raison de problèmes budgétaires.
Cependant, avant que le débat n'ait lieu, Julian Assange, le fondateur et rédacteur en chef de l'organisme journalistique sans but lucratif WikiLeaks, a déclaré que sa prochaine publication sur Clinton la mettra hors de la course présidentielle.
WikiLeaks publie des informations secrètes, des documents « fuités », et des médias classifiés de sources anonymes. La dernière fuite par l'organisation est les emails du Comité national démocrate (DNC), publiés en juillet 2016, révélant comment les hauts responsables du Parti démocratique se sont associés pour faire en sorte que Clinton obtienne la nomination du parti de Bernie Sanders.
La divulgation par Wikileaks a placé le Parti démocrate dans le désarroi. De plus en plus de gens présentent leurs lettres de démission, se retirant du DNC. Avant que le sénateur Sanders ne quitte le Parti démocratique, il a déclaré que la publication par WikiLeaks a montré un DNC corrompu qui n'est pas digne de confiance. Le sénateur du Vermont a ensuite appelé à une refonte totale du DNC.
Dans le même temps Sanders a appelé à un nouveau DNC, alors président de l'organisme à ce moment, Debbie Wasserman Schultz a démissionné. Beaucoup d'autres fonctionnaires subalternes du DNC ont aussi démissionné plus tard.
Politico a rapporté récemment que le directeur financier du DNC, Jordan Kaplan se retire également en raison de son implication dans les e-mails publiés par WikiLeaks.
La révélation par WikiLeaks a provoqué la colère de nombreux partisans de Sanders, qui ont depuis dit qu'ils ne voteront pas pour Clinton parce qu'elle a triché au concours pour devenir candidate du parti.
Bien qu'il ait perdu, Sanders a tiré plus de 12 millions de votes lors du concours avec Clinton. Les commentateurs politiques disent que si beaucoup de ceux qui ont voté pour Sanders refusent de voter pour Clinton dans les élections présidentielles de novembre, elle va perdre le concours avec Trump.
Cependant, il semble que Clinton pourrait même ne pas avoir la chance de figurer sur le bulletin de vote contre Trump. Assange a dit que Clinton a commis une «extorsion» par un battage médiatique autour des craintes sur la possibilité d'une victoire républicaine, afin d'attirer les électeurs de gauche.
Assange a également affirmé qu'il a en sa possession des emails condamnant la façon dont Clinton a fait des accords secrets avec les sponsors de l'organisation terroriste, l'Etat soi-disant islamique d'Irak et de Syrie (ISIS). Assange a dit que les transactions secrètes de Clinton avec ce commanditaire ISIS ont donné lieu à d'énormes fonds donnés à la Fondation Clinton venant du sponsor.
Il a poursuivi que le Federal Bureau of Investigation ne peut ignorer ces documents accablants qui seront bientôt rendus publics. Assange a fait cette dernière demande dans une interview avec le journaliste britannique, Afshin Rattansi de Russian Today.
« Nous avons plus d'informations et nous publierons tout quand le moment sera venu, certains de ces documents peuvent mettre Hillary Clinton hors concours », a dit Assange à Rattansi dans l'interview.
Assange a ajouté que Bernie Sanders obtiendra la nomination après le départ de Clinton, comme il est celui qui détient le reste des voix des délégués du parti.
Ci-dessous une transcription de l'entrevue de Rattansi qui a eu lieu avec le fondateur de WikiLeaks sur la prochaine divulgation, qui exclura Clinton de la course présidentielle.
Rattansi : « S'il y a une illégalité dans les e-mails en suspens, le président Obama pourrait vraisemblablement agir et porter des charges contre Hillary Clinton ? Indépendamment de si vous êtes sur le point de publier tout courriel qui signifierait que James Comey et le FBI n'auraient pas d'autre choix que d'arrêter Hillary Clinton ? »
Assange : « Notre point de vue est que le FBI possède déjà la preuve pour qu'un grand jury l'inculpe… Mais un procureur doit demander à un grand jury d'inculper. Et si le procureur ne fait pas la demande, le grand jury ne fera pas la mise en accusation. Mais notre prochaine divulgation peut être importante pour son exclusion car c'est quelque chose que le FBI ne peut pas négliger ! »
Rattansi : « Quelle sera la date à laquelle vous publierez cette divulgation ? »
Assange : « Je ne vais pas révéler la date exacte mais je peux vous promettre que cela mettra Hillary Clinton hors de la course présidentielle avant le débat du 26 septembre. »
Selon les commentateurs politiques, si les documents qui seront publiés par Assange justifient l'acte d'accusation de Clinton, le sénateur Sanders va la remplacer par les règles du Parti démocrate. À l'heure actuelle, tout le monde est tranquillement en attente qu’Assange et son équipe publient cette bombe, l'exclusion de Clinton et son remplacement par le sénateur Sanders.
Wikistrike

samedi 3 septembre 2016

Qu’est-il advenu de la gauche ?



Paul Craig Roberts

Des connaissances de ma génération sont intriguées par la disparition de la gauche américaine. Elles se souviennent de l’époque où il y avait beaucoup moins de guerre, beaucoup moins de vol par le monopole capitaliste, une élite moins riche et moins puissante, moins de violence policière contre les civils, moins de militarisation, moins de privatisation et de dérégulation, moins d’attaques au filet de sécurité sociale, moins de propagande des médias et où, pourtant, malgré une situation plus clémente, la gauche était présente et s’élevait contre tout cela.
Depuis quinze ans, et davantage si nous remontons à la destruction de la Yougoslavie par le régime Clinton, les États-Unis ont été engagés dans des guerres contre des populations dans sept pays – huit en comptant la Yougoslavie/Serbie – causant des millions de morts, d’infirmes et de personnes déplacées. Un État policier a été créé, la Constitution des États-Unis a été dépouillée de ses dispositions protectrices, et des crimes de masse ont été commis sous le droit américain et international par trois administrations. Ces crimes incluent la torture, des opérations sous fausse bannière transparentes, l’agression manifeste (un crime de guerre), l’espionnage sans mandat et le meurtre de citoyens américains. Pourtant, la voix de la gauche est à peine audible.
C’est clair, la contestation dans les explications et sur l’avenir du pays, que la gauche offrait auparavant, commence à manquer à mes connaissances.  Je sais ce que ces gens ressentent. Nous avions l’habitude d’être poussés par des préjugés et une pensée stéréotypée, et la gauche était là pour secouer notre cage. Maintenant, nous sommes poussés par la propagande et il n’y a pas de forces venant faire contrepoids, à part quelques voix sur internet.
Je me souviens disant au public lors de la séance de questions et réponses, après mon intervention à la conférence Frank M. Engle en 1992, que je n’avais jamais réalisé à quel point les juges Brennan et Marshall de la Cour suprême nous manqueraient.
Aujourd’hui nous avons beaucoup plus désespérément besoin d’une gauche que lorsque nous en avions une. Aujourd’hui les gouvernements considérés comme démocratiques ont les pouvoirs d’une dictature. Aux États-Unis, par exemple, l’habeas corpus a été rayé tant des lois que de la Constitution. Pire même, les responsables de la Maison Blanche peuvent créer des listes de citoyens à assassiner sans procédure légale. Ce sont les pouvoirs d’un dictateur. Pourtant, ces attributs de la dictature sont aujourd’hui institutionnalisés et passent inaperçus.
On pourrait penser que les travailleurs américains dépossédés, dont les emplois et la sécurité financière ont été déplacés hors du pays et donnés à des étrangers, protesteraient dans les rues comme les Français le font. Mais pas un mot. Lorsque le candidat à la présidence Ross Perot a averti les travailleurs américains de ce qui était sur le point de leur arriver, ils n’ont pas eu assez confiance pour voter pour lui. Est-ce que les travailleurs américains dépossédés ont acquis une conscience suffisante – ou le problème est un manque de direction – pour voter en faveur de Trump, qui reconnaît que la perte des emplois compromet les perspectives des 99 % ? Si Trump n’a pas l’intention ou est dans l’incapacité de tenir ses promesses, nous sommes mieux lotis parce qu’échouer à tenir des promesses accroît la prise de conscience des gens.
Du point de vue de la gauche, il y a un contexte parfait pour eux dans l’Amérique d’aujourd’hui. Donc où est la gauche ?
Voici ma réponse à la question. La gauche a subi un coup terrible lorsque l’Union soviétique a disparu. L’effondrement soviétique a privé la gauche de sa croyance qu’il y avait une alternative au capitalisme démocratique américain. Cette chute a aussi découragé la gauche parce qu’elle a aussi ôté toute contrainte à l’unilatéralisme de Washington. Avec la Chine se libérant de Mao et passant dans le camp capitaliste, il n’y avait plus personne pour relever le flambeau.
Les gens se demandent avec perplexité pourquoi la gauche est d’accord avec les explications du gouvernement sur ce qui semble être des événements terroristes orchestrés sous fausse bannière. Si les gens sans opinion politique, comme des architectes et des ingénieurs, des physiciens, des nano-chimistes, des pompiers et des premiers intervenants, des pilotes d’avions commerciaux et militaires, contestent le rapport officiel sur le 9/11 sur la base de preuves, pourquoi la gauche défend-elle le rapport d’un gouvernement dont la gauche se méfie à 120% dans d’autres circonstances ? La gauche sait que l’incident du golfe du Tonkin a été orchestré pour entrer en guerre, que Saddam Hussein n’avait pas d’armes de destruction massive, que l’Iran n’avait pas d’armes nucléaires. La gauche sait que le gouvernement ment comme un arracheur de dents, donc pourquoi croit-elle l’invraisemblable théorie du complot du gouvernement sur le 9/11 ?
La réponse, je pense, est qu’avec la disparition du marxisme, l’unique espoir de la gauche est que les peuples opprimés par l’Occident se soulèvent. La gauche trouve une immense satisfaction émotionnelle dans le 9/11 comme riposte de l’opprimé contre l’oppresseur. C’est pourquoi la gauche s’accroche à l’histoire officielle du 9/11. Et aux histoires d’autres événements terroristes, comme Orlando et Nice, malgré le manque de toute preuve réelle venant les étayer.
Je me souviens que si on lui disait qu’un gros camion roulant prétendument à 56 miles à l’heure avait fauché 185 personnes puis qu’on lui avait montré immédiatement après un camion dépourvu de toute trace de sang, de vêtements, de chair humaine ou même de petite cabosse, la gauche américaine aurait refusé ce récit manifestement faux.
Interrogez quelqu’un qui a heurté un chien à 56 miles à l’heure à propos du sang et des dommages à la voiture. Interrogez quelqu’un qui a heurté un chevreuil et la voiture est détruite. Demandez à des spécialistes, si un gros camion heurte une personne à 56 miles à l’heure, si le corps de celle-ci resterait intact et pourrait être vu gisant dans la rue sans dommage apparent ni sang.
Vous n’avez pas besoin de poser la question, n’est-ce pas ? Vous voyez le problème. La force d’un gros camion se déplaçant à 56 miles à l’heure qui heurte un humain va éclabousser toute la rue avec lui. Pourtant, les photos de Nice ne montrent pas un tel événement.
Je me souviens que la gauche américaine, si un responsable de la police de Nice lui disait que le ministre français de l’Intérieur à Paris avait ordonné aux autorités niçoises de ne pas diffuser et de détruire immédiatement la totalité du film du présumé attentat terroristes pris par les caméras de sécurité postées tout le long de la rue où prétendument 185 personnes ont été fauchées par un camion et, en plus, de falsifier le rapport de police sur l’événement, cette gauche aurait exigé le sang des autorités et n’aurait pas traité ceux qui demandent des explications de complotistes.
Aujourd’hui la gauche américaine veut faire taire ceux qui soulèvent des questions sur ce genre d’étranges événements dans lesquels quelques Saoudiens qui ne pouvaient pas piloter des avions ont prévalu sur la Sécurité nationale américaine d’État et dans lesquels 185 personnes sont prétendument fauchées par un grand camion, mais les photos ne montrent pas de tels résultats et les responsables à Paris ordonnent la destruction des preuves enregistrées et la falsification du rapport.
L’histoire officielle du 9/11 est la justification des guerres. Il est difficile de s’opposer aux guerres lorsqu’on accepte la raison invoquée pour celles-ci. En acceptant la théorie de la conspiration du gouvernement pour le 9/11, la gauche a tué le mouvement anti-guerre.
Pourquoi la gauche fait-elle confiance au gouvernement précisément sur ces questions que le gouvernement utilise pour justifier la guerre et un État policier ? La réponse est que ceux qui contestent l’histoire officielle privent la gauche de la satisfaction émotionnelle issue de la croyance que les peuples opprimés sont capables de riposter, et le font. Alexander Cockburn me l’a expliqué un jour. Il a dit que lorsque je rapporte les contestations d’experts de l’histoire officielle du 9/11, je prive les opprimés de leur dignité en présumant qu’ils ne ripostent pas à leurs oppresseurs. Alex ne pouvait pas accepter la vérité, parce que cela signifiait que les opprimés acquiesçaient à leurs oppresseurs.
Je comprends comment il le voyait. Je comprends l’importance de tout mouvement d’espoir et je regrette que la gauche se soit positionnée de manière à ce que les faits sapent l’espoir, l’incitant à nier les faits.
J’offre à la gauche, ou au simulacre qui en reste, un espoir différent : faire confiance au pouvoir de la vérité. Ne défendez pas l’oppresseur, attaquez-le, et tandis que vous l’attaquez, votre puissance augmentera. Les gens ne sont pas idiots à jamais. Il vient un moment où leur situation personnelle contredit l’histoire qu’on leur sert. Mais s’il n’y a pas de direction, la conscience ne peut pas se transformer en révolte.
L’Occident a besoin d’un puissant mouvement de gauche ayant la force de contester les mensonges qui mènent le monde à une guerre d’extinction de la vie. Je préférerais une gauche réformiste à une gauche révolutionnaire, mais cela ne veut pas dire qu’une gauche révolutionnaire n’est pas préférable à ce qui existe aujourd’hui, qui est du néoconservatisme révolutionnaire sans l’opposition d’une force qui fasse contrepoids.

Traduit par Diane, vérifié par Wayan, relu par Cat pour le Saker francophone
Source : Observatoire Internationale

vendredi 2 septembre 2016

Dilma Rousseff : Le crépuscule de la Guerillera



Par chems eddine Chitour
vendredi 2 septembre 2016 

« Quand je donne à manger aux pauvres, on me traite de saint, et quand je demande pourquoi ils n'ont rien à manger, on me traite de communiste. »
Don Helder Camara, évêque brésilien...

Dans une plaidoirie de la dernière chance devant le Sénat avant sa destitution probable hier, Dilma Rousseff a fustigé « un coup d'Etat pour élire indirectement un gouvernement usurpateur » et rappelé qu'elle avait été élue par 54 millions de Brésiliens. « Nous sommes, dit-elle, à un pas d'une grave rupture institutionnelle, de la concrétisation d'un authentique coup d'Etat », a-t-elle lancé sur un ton combatif. « Votez contre l'impeachment, votez pour la démocratie », a conclu Dilma Rousseff au terme d'un plaidoyer pathétique de 30 minutes.

Qui est Dilma Rousseff ?


Elle est née le 14 décembre 1947 à Belo Horizonte (Brésil), c'est une économiste et femme d'État brésilienne. Pendant la dictature militaire, Dilma Rousseff intègre le commando de libération nationale, mouvement de résistance, devenu plus tard le VAR Palmares. Arrêtée en 1970, elle est torturée pendant vingt-deux jours, puis condamnée par un tribunal militaire et détenue trois ans jusqu'en 1973. À l'époque de sa détention, elle est surnommée la « Jeanne d'Arc de la guérilla », en raison de son implication dans le mouvement (...) En 1977, elle obtient un diplôme de l'École de sciences économiques de l'université fédérale du Rio Grande do Sul. À la même époque, elle participait à la restructuration du Parti démocratique travailliste (PDT) Entre 1991 et 1995, elle fut nommée secrétaire d'État à l'Énergie.
Elle rejoint le Parti des travailleurs (PT) en 2001. Le président Luiz Inácio Lula da Silva, nouvellement élu, la nomme en janvier 2003 ministre des Mines et de l'Énergie, fonction qu'elle occupe durant deux ans et demi. Ministre des Mines et de l'Énergie de 2003 à 2005, puis ministre d'État et chef de cabinet du président Luiz Inácio Lula da Silva à partir de 2005. Le 21 juin 2005, elle devient ministre d'État, chef de cabinet du président de la République fédérative du Brésil (le plus haut poste du gouvernement) après la démission de José Dirceu, accusé de corruption. Dans un contexte de scandales de même nature ayant touché plusieurs dirigeants du PT, elle devient alors la « dauphine » de Lula. Elle est la candidate du Parti des travailleurs à l'élection présidentielle brésilienne de 2010, qu'elle remporte au second tour de scrutin face à José Serra. Elle est investie présidente de la République fédérative du Brésil le 1er janvier 2011, devenant la première femme à occuper cette fonction. Elle est réélue de justesse en 2014.

L'accusation : Un pretexte pour son éviction

« Mme Rousseff lit on dans cette contribution est accusée d'avoir déplacé des fonds publics en 2014 sans l'avoir fait voter dans un budget. Pour sa défense, Dilma Rousseff répond que cette pratique est commune parmi tous les gouvernements du Brésil. (...) Le Brésil a été très durement frappé par la chute des prix mondiaux du fer, du pétrole et du soja. En 2015, l'inflation a atteint 10,7% et l'économie a décru de 3,8%. Les prévisions pour cette année sont similaires. Elle a transféré des fonds pour masquer un déficit. Le système électoral du Brésil est un système proportionnel. Au fil des années, les partis politiques se sont multipliés, au point qu'il est devenu impossible pour un seul parti politique de gouverner sans coalition. Or, en raison des difficultés économiques, la popularité de Mme Rousseff est en chute libre. Le parti du vice-président Tremer a donc préféré se dissocier de la coalition de Mme Rousseff et gouverner avec sa propre coalition. (...) Le président par intérim Michel Tremer va devenir pour de bon président jusqu'en 2018, date de l'élection présidentielle. Il va gouverner avec une nouvelle coalition dominée par les anciennes élites économiques du pays. Près de 60% des sénateurs font l'objet d'une enquête pour corruption... » 

Les scandales éclaboussent toute la classe politique 

Curieusement, Dilma Rousseff n'est pas jugée pour corruption contrairement aux hommes politiques qui la jugent et pour certains ils sont justiciables. Une opération du type Manu polite (mains propres) est mise en place. Elle s'appelle Lava Jato. Nous lisons dans la version El Pais Brasil rapportée par Courier international : « L'énorme affaire de corruption Petrobras n'a pas fini d'atteindre la classe politique. (...) Cette « délation » faisait le 15 juin les gros titres de la presse brésilienne. ´´L'ancien président de la société Transpetro, Sérgio Machado, implique directement Michel Temer dans le schéma des versements illicites qui fait l'objet de l'enquête Lava Jato´´, Sérgio Machado, qui dirigeait cette filiale du groupe public Petrobras jusqu'à sa mise en cause dans le scandale, parle à la justice en tant que ´´délateur récompensé´´, un statut permettant à un prévenu de voir sa peine réduite s'il fait des révélations. « Il est considéré comme l'homme à la bombe du PMDB », note El País Brasil, pour tous les dommages que ses confessions pourraient causer à ce parti. « Le nom de Michel Temer fait partie de la liste de 20 personnalités politiques qui ont reçu des fonds illégaux issus du système de corruption. Cette fois, Sérgio Machado accuse M.Temer de lui avoir demandé - et d'avoir obtenu - des subsides de 1,5 million de réais (380.000 euros) pour soutenir la campagne d'un député du PMDB à la mairie de São Paulo en 2012. Les 20 responsables politiques incriminés par M.Machado ´´sont issus de toutes les tendances´´, y compris le Parti des travailleurs (PT) de Lula et Dilma, (...) Mais, quelle que soit la conclusion du parquet, les accusations de M.Machado portent ´´un coup très dur » à Michel Temer, estime « Un coup si dur », conclut le journal, qu'il « risque bien de menacer les plans de décollage de son gouvernement » ».
Dans le même ordre de la corruption les corrupteurs sont aussi montrés du doigt : « Marcelo Odebrecht, l'ancien dirigeant de la plus grande entreprise de bâtiment d'Amérique latine, a écopé de près de 20 ans de prison pour son implication dans le scandale Petrobras. L'entrepreneur est mis en cause dans un scandale de pots-de-vin impliquant la plus grosse entreprise du pays, le pétrolier Petrobras. ´´Un club d'entrepreneurs fraudait les appels d'offres de Petrobras´´, titre le quotidien O Globo dans un autre article. (...) Au total, 62 personnes ont été condamnées dans le cadre de l'enquête sur le scandale Petrobras, révélé en mars 2014. La police a convoqué l'ancien président Lula da Silva pour l'entendre sur son implication éventuelle dans l'affaire. » 

Le déroulement final du marathon de la destitution 

Il faut reconnaitre aux parlementaires brésiliens d’avoir du souffle et de respecter les règles et les lois concernant cette procédure d’empechement qui aura duré plus de quatre mois. Pour El Pais (Brésil) « C'est [pour Dilma Roussef ndR] sa dernière chance de convaincre quelques sénateurs indécis qu'elle mérite de rester à son poste. Ce sera le point culminant d'un procès historique´´.La procédure de destitution de la présidente écartée du pouvoir Dilma Rousseff arrive ce 29 août à sa dernière étape. (...)Dans un réquisitoire « émouvant », assurent ses proches, avec l'objectif d'inverser au moins les six voix dont elle a besoin pour être jugée innocente du crime de responsabilité fiscale. »
« Chaque sénateur lit-on sur Courrier international aura ensuite cinq minutes pour interroger ´´une présidente qui, pendant tout son mandat, a évité autant que possible de parler aux parlementaires´´. Mais le scénario semble déjà écrit, croit savoir El País. Les sénateurs ont affirmé préférer garder le silence [...]. Le manque de questions de l'opposition sera un geste, peut-être symbolique, Ils ont déjà pris leur décision.´´ Elle a commis une erreur extrêmement grave en maquillant les comptes publics [...], ce qui a donné à ses opposants du législatif la munition qu'ils cherchaient pour l'annihiler politiquement.´´ ´´Dilma a fait l'erreur de ne pas avoir agi comme son prédécesseur, Lula, qui était maître en l'art de négocier avec l'opposition´´, qui contrôle le Congrès. » 

Qui va remplacer Dilma Rousseff ? 

Depuis le 12 mai, Michel Temer son vice –président, qui l'a lâchée en quittant la coalition gouvernementale, assure l'intérim. On apprend que pèsent sur lui des soupçons de corruption. Nous lisons : « De nouvelles accusations se portent à présent sur le président par intérim, Michel Temer, et sur une vingtaine de dignitaires issus de partis de tous bords. Chaque nouvelle dénonciation démontre que les petits arrangements entre le secteur public et le privé remontent à loin, et pas seulement à l'affaire Petrobras. Pour l'heure, l'opération mains propres, dite Lava Jato, sur l'affaire de corruption Petrobras pointe vers le nouveau président par intérim Michel Temer, issu du parti centriste PMDB, qui a pris ses fonctions en mai dernier après la suspension de Dilma Rousseff. »
De même il semblerait qu'il y ait un véritable complot pour trouver les motifs visant à renverser Dilma Rousseff : « Sous pression après des écoutes révélées le 23 mai par le journal Folha de São Paulo, le ministre de la Planification, Romero Jucá un des plus proches du président Michel Temer, a dû quitter son poste. La conversation dévoilée par le journal date de mars. Jucá y laisse entendre que l'éviction de Dilma Rousseff serait un moyen de freiner les enquêtes anticorruption, qui visent tous les partis politiques, y compris celui du président par intérim, Michel Temer. L'échange dure une heure et demie. Jucá s'y entretient avec Sergio Machado, ancien président de Transpetro, filiale de Petrobras. Lorsque Machado évoque sa crainte d'être jugé par le tribunal en charge d'enquêter sur l'affaire Petrobras, Romero Jucá suggère qu'il faut changer de gouvernement pour « arrêter cette hémorragie. » 

Le baroud d'honneur de Dilma Rousseff 

Le journal le Monde décrit bien, la mise à mort politique de Dilma Rousseff : « La tête haute et le doigt levé, professorale, orgueilleuse et solide, Dilma Rousseff s'est adressée, les « yeux dans les yeux », à ses juges, refusant le « silence ob-séquieux des lâches ». (...) C'est donc « avec le goût amer de l'injustice » que la première présidente de la démocratie brésilienne a présenté son procès comme une « conspiration » menée par les élites économiques avec l'assistance de médias complaisants. Un « coup d'Etat », a-t-elle répété, visant à chasser du pouvoir une femme, une mère et une grand-mère « innocente », à l'aide de « prétextes constitutionnels ». (...) Pour sa défense, Dilma Rousseff convoque son histoire personnelle, celle d'une guérillera acharnée contre la dictature militaire (1964-1985), le corps marqué par les séquelles de la torture, et l'Histoire, la grande, celle du Brésil, n'hésitant pas à évoquer, entre autres figures, celle de Joao Goulart, président renversé par les militaires en 1964 : « Par le passé avec les armes, aujourd'hui avec une rhétorique juridique, on prétend de nouveau s'attaquer à la démocratie et à l'Etat de droit. »
« Une posture quasi théâtrale visant plus à soigner sa biographie et à prendre l'opinion publique à témoin qu'à renverser le destin. Dans les tribunes, l'ancien président Lula, la mine abattue, accompagné du chanteur, compositeur et écrivain Chico Buarque et de quelques caciques du Parti des travailleurs n'ont guère d'espoir. Jamais la présidente n'aura mentionné dans son discours le nom de celui qui fit, par deux fois, campagne à ses côtés et pourrait devenir le nouveau chef d'Etat du Brésil, jusqu'à la prochaine présidentielle de 2018. Celui qu'elle a plusieurs fois qualifié de traître et de comploteur : Michel Temer, du Parti du mouvement démocratique brésilien (PMDB, centre). Parmi ces fidèles de Dilma Rousseff, Edileusa Sique Oliveira, professeure d'histoire refuse de baisser les bras. « Il y a encore un espoir, il faut lutter », dit-elle. Son voisin, Mario Bianchini, retraité, ancien chercheur venu de Belo Horizonte, est persuadé de l'existence d'un complot ourdi par les Etats-Unis, la CIA et l'Agence nationale de la sécurité américaine. Il régnait ainsi un parfum de nostalgie dans l'hémicycle. Celui du désenchantement d'une partie de la gauche. (...) Pour beaucoup, les rêves associés au PT ont pris fin depuis des mois, voire des années. » 

Une leçon de démocratie, malgré tout 

Le vote était prévisible. Dilma Roussef est destituée, mais elle garde ses droits politiques. Immédiatement Michel Temer a prêté serment. Même si le motif de la destitution est discutable, la procédure d'empêchement longue plus de quatre mois a permis à chacun de s'exprimer. Le verdict va tomber au sixième jour d'un procès marathon, de dizaines d'heures de débats techniques où le droit de la défense et la Constitution auront respecté sur la forme, sans convaincre de la culpabilité de Mme Rousseff du fait du motif invoqué. En réalité, Dilma Rousseff est attaquée « pour avoir osé remporter une élection qui contrariait les intérêts de ceux qui voulaient changer le cap du pays et ne pas avoir empêché la poursuite des enquêtes sur la corruption au Brésil », a affirmé son avocat, l'ex-ministre de la Justice José Eduardo Cardozo. Les prochains dirigeants brésiliens, bien qu'élus démocratiquement, risquent fort la destitution sur des motifs fallacieux comme celui utilisé à l'encontre de Mme Rousseff...Ce « précédent » créé par cette procédure inédite promet une extrême instabilité dans les prochaines années. D’autant que Dilma Rousseff , installée dans l’opposition ne se laissera pas faire et fera tout pour faire aboutir les affaires de corruption qui éclaboussent le nouveau président Michel Temer.

 La curée : Mort du Brics , Wall Street, Le FMI ? 

La mise à l’écart de Dilma Roussef a suscité une vague d’indignation notamment des voisins sud américains notamment de cuba ; la réaction du nouveau pouvoir n’a pas tardé : rappel des ambassadeurs. Il est vrai que depuis plusieurs mois les économies brésilienne et russe ont été fortement secouées. Il est vrai aussi que le Brésil et la Russie ont connu une croissance soutenue au cours des dix dernières années. Cela a permis au Brésil de se propulser au rang de sixième puissance économique mondiale en 2013. Mais les ressources des deux pays sont constituées pour l'essentiel d'exportations de produits pétroliers et de matières premières. Cependant quand il y a eu la crise de 2008, ce sont les Brics qui ont soutenu la croissance mondiale. Ce coup d’état a de quoi satisfaire le FMI toujours aux aguets qui attend d’ajuster structurellement le Brésil en taillant dans le social. S’agissant de la haute finance, elle a tous les motifs de se frotter les mains. 
« Le contrôle par Wall Street de la politique monétaire et de la réforme macro-économique écrit Michel Chossudovsky était l’objectif ultime du coup d’Etat. Les nominations clé du point de vue de Wall Street sont la Banque centrale, qui domine la politique monétaire ainsi que les opérations de change, le ministère des Finances et la Banque du Brésil (Banco do Brasil). Au nom de Wall Street et le « consensus de Washington », le « gouvernement » intérimaire post coup de Michel Temer a nommé un ancien PDG de Wall Street (avec la citoyenneté américaine) à la tête du ministère des Finances ».
Par ailleurs, on sent comme un craquement dans l’édifice du Consensus de Washington. Après le Brexit , les hommes politiques européens ont senti le vent tourner et osent contredire l’empire. On annonce aussi la mort du Ttip le traité américano-européen vu comme une soumission de l’Europe à l’économie américaine. Est le début de la fin pour le monde unipolaire et l’avènement d’un monde plus juste basé sur la multipolarité ? D’où viendrait ce salut ? Est-ce Les Brics qui représentaient 30% du produit mondial, autant que l'Union européenne qui seraient responsables de la moitié de la croissance vacillent et à qui Wall Street a donné un coup sévère en dynamitant l’une de ses fondations ; Ou est ce les pays émergents dans leur globalité ?
La contribution suivante est un début de réponse : « Les pays émergents prendront prochainement la place de leader dans le commerce international, faisant reculer l'Occident au second plan suite à l'échec des négociations sur le Traité sur le partenariat transatlantique de commerce et d'investissement (Ttip), selon un expert allemand. « L'Occident cessera prochainement de mener le jeu dans le commerce international, cédant la place aux pays émergents, a déclaré à Sputnik Folker Hellmeyer, chef économiste à la Bremer Landesbank. »
Le problème est de savoir si la nouvelle équipe de Temer va suivre la voie précédente ou va-t-elle se désengager brutalement confirmant toutes les craintes à savoir les griffes caudines du FMI. Nous le saurons lors du G20 du 4 septembre à Pékin.
Professeur Chems Eddine Chitour
Ecole Polytechnique enp-edu.dz
Source : AGORAVOX