mardi 8 mars 2016

France - Loi Travail – Pour une riposte à la hauteur de l’agression ! Il faut lutter pour son retrait pur et simple. Il faut rejeter la manœuvre des « négociations » avec un gouvernement uniquement disposé à « négocier » la régression sociale.



« Nos profits valent plus que leurs vies ! » : ce détournement d’un célèbre slogan anticapitaliste est le véritable credo du patronat français. Les travailleurs subissent au quotidien une dégradation de leurs conditions de vie et de travail. La précarisation de l’emploi et le chômage de masse font planer sur chaque foyer populaire la menace de sombrer dans la misère. Les inégalités ont atteint des niveaux inédits. La richesse s’entasse dans les coffres d’une minorité tandis que l’immense majorité s’appauvrit. Mais l’ogre patronal ne pousse qu’un seul cri : « J’en veux encore plus ! » – « Tout de suite ! », lui répond le gouvernement.
Temps de travail

Le projet de loi Travail de la ministre El Khomri contient plusieurs reculs d’une gravité exceptionnelle en matière de droits des salariés. Sur la durée du travail, la loi fait descendre encore d’un échelon la protection des salariés. Avant 2004, le montant des heures supplémentaires et la durée maximale du temps de travail étaient garantis par la loi. Quelle que soit leur entreprise, tous les salariés bénéficiaient des mêmes garanties. Mais depuis les lois Fillon de 2004 et 2008, la convention collective de branche peut déroger à cette protection ; les entreprises d’une même branche sont alors toutes tenues d’appliquer la convention. C’était un premier recul majeur. A présent, le projet de loi prévoit qu’un simple accord d’entreprise permettra de travailler jusqu’à 12  heures par jour et jusqu’à 46 heures par semaine, en moyenne. A l’heure où le chômage est très élevé et où le chantage à l’emploi bat son plein, Myriam El Khomri laisse les salariés de chaque entreprise affronter seuls leur patron.

Licenciement et indemnités

La protection du salarié face au licenciement est également remise en cause. Ainsi, le travailleur qui refusera de voir sa rémunération baisser suite à un « accord de développement de l’emploi » pourra être licencié pour motif personnel et ne bénéficiera donc plus des avantages liés à un licenciement économique. Pire : le plafonnement des indemnités prud’homme en cas de licenciement abusif, qui avait été censuré par le Conseil constitutionnel dans la loi Macron, fait son grand retour. Désormais, le patron qui veut enfreindre la loi saura précisément combien il va lui en coûter, au maximum. Il n’aura plus à s’inquiéter du pouvoir du juge. Tout cela, bien sûr, au nom de la lutte contre le chômage !

Chantage patronal

Il arrive que la direction d’une entreprise soit confrontée à des syndicats majoritaires qui refusent de céder au chantage à l’emploi. Alors, la loi El Khomri prévoit de contourner ce « problème » : même s’ils sont minoritaires, des syndicats pourront convoquer un référendum pour faire adopter l’accord, avec le soutien du patron. La loi ne dit pas comment protéger ces référendums du chantage patronal.
Notons enfin l’affaiblissement de la médecine du travail, où la visite auprès d’un médecin pourra être remplacée par un simple entretien infirmier. Après avoir travaillé 46 heures par semaine et 12  heures par jour, qui pourrait avoir besoin de voir un médecin, franchement ?
Le projet de loi contient d’autres mesures scandaleuses. Nous y reviendrons plus longuement sur notre site internet (www.marxiste.org).

Pas un seul emploi créé

Pour « lutter contre le chômage », Hollande et compagnie ont donné tant et plus aux patrons, depuis 2012. En quatre ans, la fortune des plus riches a doublé [1], mais le chômage continue d’augmenter. A présent, le grand patronat réclame la destruction des droits collectifs des salariés. Si on les supprime, promis, cette fois, ils embaucheront. Qui est assez naïf pour le croire ? Comme le dit le proverbe : « Si vous me trompez une fois, honte à vous ; si vous me trompez deux fois, honte à moi ! »
Ces contre-réformes drastiques ne créeront pas un seul emploi. Si son carnet de commandes est vide, un patron n’embauchera pas. Le seul objectif de cette loi est de nourrir la voracité sans limites des capitalistes en leur permettant d’accroître toujours plus l’exploitation des salariés.
Mobilisation !
Les travailleurs et les étudiants sont déterminés à ne pas se laisser faire. A l’heure où ces lignes sont écrites, la pétition « loi travail : non merci ! », lancée par un collectif de syndicalistes et de personnalités, atteint le million de signatures. Dans différentes couches de la population, la mobilisation s’organise avec énergie, comme en témoigne l’appel « On vaut mieux que ça ! » lancé par un collectif de vidéastes sur Youtube. Les organisations de jeunesse ont immédiatement appelé à une grande journée d’action le 9 mars. Elles réclament le retrait pur et simple du projet de loi. Les universités sont en ébullition.
La lenteur et la modération des directions syndicales ont offert un contraste frappant avec la volonté d’en découdre de la jeunesse. Le 23 février, une intersyndicale nationale publiait un communiqué ne réclamant pas le retrait du texte et proposant… une nouvelle réunion le 3 mars.
Ce communiqué constituait un alignement vers le bas sur la ligne capitularde de la CFDT, de la CFTC, de la CFE-CGC et de l’UNSA. C’est la mobilisation à la base, à l’intérieur et à l’extérieur des syndicats, qui a permis aux autres centrales syndicales de sortir de cette ornière. Une fois de plus, la direction de la CGT a été poussée sur la gauche par sa base. Après le 23 février, quelques syndicats CGT locaux ou nationaux ont commencé à lancer des mots d’ordre de manifestation et de grève pour le 9 mars. De plus en plus nombreux chaque jour, ils ont finalement été rejoints par quelques grandes fédérations, dont celle de la fonction publique (l’UGFF), avant que la confédération n’appelle finalement à participer au 9 mars – mais sans appeler formellement à la grève.

Un potentiel immense

Le potentiel de mobilisation des travailleurs et des étudiants est immense. Dans les entreprises et les universités, la colère gronde contre la dégradation sans fin des conditions de vie, de travail et d’étude que les « réformes » des gouvernements UMP ou PS ont imposées au plus grand nombre. Le mouvement contre le CPE, en 2006, est dans toutes les têtes. Cette situation a beaucoup joué dans la décision du gouvernement de repousser l’examen du projet de loi du 9 au 24 mars. Mais ce n’est pas la seule raison. Pour le gouvernement, c’est aussi un repli tactique permettant de gagner du temps pour négocier les reculs sociaux avec les syndicats capitulards.
Outre une déclaration séparée dans laquelle les centrales CFDT, CFE-CGC, CFTC et UNSA annoncent qu’elles sont prêtes à approuver la loi en échange de quelques concessions, cette intersyndicale de la capitulation appelle à une mobilisation séparée le 12 mars, en complet décalage avec la dynamique enclenchée autour du 9 mars ! Ce faisant, et en refusant de réclamer le retrait pur et simple du projet de loi, ces organisations plantent un poignard dans le dos de ceux qu’elles sont censées défendre.

Montée en puissance

Les syndicats CGT, FO, FSU, Solidair-e-s et les organisations de jeunesse UNEF, UNL et FIDL appellent à la mobilisation le 9 mars et à une grève interprofessionnelle le 31 mars. Mais il peut se passer beaucoup de choses entre ces deux dates. Selon le niveau de la mobilisation du 9 mars et des jours qui suivent, il pourrait être indispensable d’avancer la date de la grève interprofessionnelle. Par ailleurs, l’expérience des dernières grandes mobilisations – à commencer par celle de l’automne 2010 – prouve que la stratégie des « journées d’action » sans lendemain, même massives, n’est pas suffisante pour faire reculer le gouvernement, en particulier dans le contexte d’une crise profonde du capitalisme. La responsabilité des directions syndicales est donc de préparer dès à présent, avec énergie, un mouvement de grève reconductible, dans le but de paralyser durablement l’économie.
L’intersyndicale réunie autour de la CGT doit aussi clarifier son attitude à l’égard du projet. La direction de la CGT affirme qu’« il faut partir sur de véritables négociations, pas que sur des réécritures d’articles. » Mais qu’y a-t-il à négocier, dans ce projet de loi dont chaque article est un recul ? Rien ! Il faut lutter pour son retrait pur et simple. Il faut rejeter la manœuvre des « négociations » avec un gouvernement uniquement disposé à « négocier » la régression sociale.

Source : REVOLUTION 

samedi 5 mars 2016

8 Mars : La Journée internationale des femmes est un acquis révolutionnaire.



Origine de la Journée internationale des femmes

La légende veut que l’origine du 8 mars remonte à une manifestation d’ouvrières américaines du textile en 1857, événement qui n’a, en réalité, jamais eu lieu.
En effet, la création d’une “Journée internationale” est proposée pour la première fois en 1910, lors de la conférence internationale des femmes socialistes, par Clara Zetkin, et s’inscrit dans une perspective révolutionnaire. La date n’est tout d’abord pas fixée, et ce n’est qu’à partir de 1917, avec la grève des ouvrières de Saint-Pétersbourg en février-mars 1917, quelques jours avant le renversement du tsar russe que la tradition du 8 mars se met en place.
La Journée internationale des femmes est un acquis révolutionnaire.
Après 1945, la Journée internationale de la Femme devient une tradition dans le monde entier. La date est réinvestie avec le regain féministe des années 70. La “Journée internationale de la Femme” est reconnue officiellement par les Nations unies en 1977. Aujourd’hui, c’est une journée de manifestations à travers le monde et l’occasion de faire un bilan.

Histoire et évolution

Depuis la disparition de la communauté primitive et l’apparition de la propriété privée des outils de production et de l’exploitation, il y a plus de 5000 ans, les femmes se sont retrouvées en position d’infériorité. De la société esclavagiste à la société capitaliste, en passant par la société féodale, les femmes ont subi une double domination sans pouvoir réellement se défendre. Ce fut, d’abord l’exploitation exercée par la classe exploiteuse - maîtres d’esclaves, seigneurs féodaux, capitalistes - et celle de l’homme. Elles se sont battues pour s’affranchir des pires formes d’infamies et d’humiliations et pour arracher un peu de liberté.
La naissance du capitalisme a bouleversé en profondeur les relations femmes-hommes. Les révolutions antiféodales ont vu la participation des femmes aux côtés des hommes pour abolir le servage et les privilèges de la classe des seigneurs. L’industrialisation capitaliste va de plus en plus introduire des machines-outils dans la fabrication de produits. La dépossession des producteurs directs dans les campagnes par la noblesse va jeter sur les routes une grande masse d’hommes, de femmes et d’enfants qui se retrouvent sans moyens de subsistance.
La liquidation du mode de production féodal entre le 17e et le 19e siècle en Europe puis au Japon a eu pour résultat de libérer les paysans asservis, de toute servitude féodale et d’offrir du même coup à la production capitaliste une main d’œuvre abondante. Des milliers de paysans et travailleurs furent jetés à la rue, une armée de réserve des pauvres s’est constituée en provoquant une diminution des salaires. Les patrons avaient vite compris qu’en utilisant les machines apparues avec la révolution industrielle, elle-même rendue possible par la dissolution des rapports féodaux, ils pouvaient embaucher une main d’œuvre sans qualification, payée à des salaires qui leur permettaient à peine de survivre. Ils voyaient dans l’utilisation des femmes, l’accès à une main d’œuvre malléable et bon marché.

Lutte des femmes

Progressivement, surtout dans l’industrie du textile qui avait supplanté la production domestique et celle des artisans, les femmes ont remplacé les hommes. Souvent sous l’influence des hommes d’église, les ouvriers voyaient dans les femmes la cause de leur malheur. Ils retournaient alors contre elles leur colère en provoquant même de violents conflits. Pour les femmes ce fut le début d’un changement important dans leur lutte et leur condition d’existence. La lutte contre leurs exploiteurs capitalistes s’accompagne de la lutte contre la domination masculine. Pour la première fois de leur vie, elles n’étaient plus confinées dans le cercle étroit des tâches ménagères. Elles entraient dans la vie active hors de la famille tout en continuant à supporter le fardeau des tâches ménagères dont elles n’ont pu s’affranchir jusqu’à présent, en raison en particulier des préjugés que le système capitaliste continue à alimenter pour entretenir les divisions de sexe au sein de la classe ouvrière et des travailleurs. Cependant, en touchant un salaire, elles purent entrevoir la fin de leur dépendance vis-à-vis de l’homme.
En tant que travailleuses, elles allaient connaître l’exploitation éhontée des patrons et prendre conscience de leur condition d’exploitées. De ce fait, elles rejoignaient le combat de la classe ouvrière et allaient ainsi prendre parti, à part entière, dans le combat contre toutes les injustices et la fin de l’exploitation de l’homme par l’homme. Dans les sociétés capitalistes, les femmes vont ressentir le besoin de s’organiser pour résister à l’exploitation patronale. Sous l’influence des idées socialistes et notamment du marxisme, les femmes les plus conscientes adhèrent aux partis ouvriers et prennent de plus en plus la direction des organisations politique révolutionnaires qui lient en un combat unique, la lutte pour l’émancipation féminine et celle de la classe ouvrière.

La révolutionnaire communiste Clara Zetkin

C’est la journaliste marxiste allemande Clara Zetkin qui lança l’idée d’une Journée internationale des femmes. C’était surtout une militante communiste extraordinaire qui luttait pour l’émancipation des femmes et pour l’égalité femmes-hommes. Elle était une révolutionnaire qui luttait contre le système capitaliste. Elle disait « Il n’existe donc pas d’opposition réelle entre les intérêts des travailleurs et ceux des travailleuses mais bien une opposition irréductible entre les intérêts du capital et ceux du travail ». Ce qu’il faut avoir en mémoire sur Clara Zetkin c’est son parcours de militante infatigable. Elle a mené sans relâche un combat contre tous les préjugés concernant les femmes y compris contre certains éléments de son propre camp. Elle était convaincue que l’émancipation des femmes ne pourrait jamais se faire dans le système capitalisme mais seulement dans une société socialiste.
Directrice de la célèbre revue Die Gleichheit (L’égalité), qu’elle a fondée en 1890, Clara Zetkin s’inscrit dans une perspective révolutionnaire. C’est elle qui convoqua les conférences internationales des femmes socialistes de Stuttgart (1907) et de Copenhague (1910) où le point de vue qu’elle défendait finit par prévaloir. Les participantes à la Conférence, l’élirent comme Secrétaire et firent de son journal Die Gleichheit leur organe officiel. C’est à Copenhague en 1910, lors de la 2e conférence internationale des femmes socialistes que Clara Zetkin propose pour la première fois, d’organiser une “Journée internationale des femmes” en vue de servir à la mobilisation pour le droit de vote des femmes. La conférence qui avait réuni une centaine de femmes venues de 17 pays, adopta aussitôt cette proposition.
En mars 1914, les femmes réclamèrent le droit de vote. Clara Zetkin fut emprisonnée en 1915 pour son opposition à la guerre impérialiste. En 1916, elle joua avec Rosa Luxemburg, un rôle essentiel dans la création du parti communiste allemand. Elle combattit aussi la montée du nazisme. Elue au Reichstag en 1932, Clara Zetkin fut chargée en sa qualité de doyenne du Reichstag, de prononcer le discours d’inauguration dans un parlement où dominaient les chemises brunes des nazis. Elle lança un vibrant appel à lutter contre le nazisme. Ce sera sa dernière manifestation publique. En exil à Moscou, elle meurt le 20 juin 1933.
Ses convictions lui ont survécu. Elle a défendu une conception du couple au sein duquel les partenaires doivent être égaux en droits. Elle était favorable au divorce par consentement mutuel et pensait que les garçons, comme les filles, doivent prendre part aux soins du ménage. Mère de deux garçons, elle a vécu elle-même en union libre et s’est toujours montrée une ardente partisane du travail des femmes, seul moyen pour elles d’accéder à l’autonomie.

La journée du 8 mars

« Durant la période de février, mars 1917 eurent lieu à Saint-Pétersbourg, des manifestations d’ouvrières que les militants bolcheviks désignèrent comme le début de la révolution russe. Une nouvelle tradition est instaurée : la journée du 8 Mars sera choisie pour célébrer la Journée Internationale des Femmes et sera dès lors l’occasion pour les partis communistes de mobiliser les femmes. Après 1945, la Journée des femmes est officiellement célébrée dans tous les pays socialistes. » [1]
La journée internationale de la femme n’a été reconnue officiellement par les Nations-Unies qu’en 1977.
Il convient de rappeler que c’est la révolution d’octobre en 1917 en Russie, dirigée par le parti bolchevik qui a aboli de façon radicale l’inégalité et les discriminations que subissaient les femmes.

Les droits des femmes instaurés par le pouvoir soviétique

Rappelons-nous ce 25 octobre 1917 ou le pouvoir des soviets avait décrété le droit de vote de la femme, le droit d’élire et d’être élue, le droit de choisir librement son compagnon, le droit au divorce, le droit à l’avortement, le droit au travail, le droit au logement et l’égalité des salaires selon le principe à travail égal, salaire égal.
A l’époque aucun autre pays, (même parmi les pays dits « démocratiques ») n’avait accompli en plusieurs siècles ce que le pouvoir soviétique a proclamé en quelques jours.
Tous les partis communistes marxistes-léninistes ont dans leur programme les mêmes dispositions sur l’égalité de l’homme et de la femme.

Qu’en est-il en Algérie ?

Les Algériennes n’ont pas attendu les bras croisés que leur émancipation tombe du ciel.
Elles se sont battues pour obtenir l’égalité homme-femme. Pendant l’occupation française du pays, vivant dans des conditions terribles de pauvreté, subissant les pires humiliations et malgré une répression féroce, elles ont résisté avec dignité et abnégation. Mais leur lutte pour la libération du pays ne pouvait pas ne pas stimuler la lutte pour leur émancipation. Et elles l’ont prouvé par le sang qu’elles ont versé dans les villes et les maquis. Rappelons-nous leur rôle éminemment important pendant la guerre de libération de notre pays. Elles étaient présentes dans les maquis les armes à la main, elles étaient présentes dans les villes et bien souvent à la tête des manifestations pour l’indépendance.
Rappelons-nous ces importantes manifestations populaires du 11 décembre 1960. On ne peut pas oublier les images de ces femmes bien souvent en tête du cortège, le drapeau de l’Algérie libre en étendard, affrontant les mains nues l’armée coloniale. Ces monstres n’ont pas hésité en tirant des rafales de mitraillettes sur des femmes sans armes et sur des enfants. Elles tombaient le drapeau imbibé de leur sang qui s’écoulait sur cette terre généreuse qu’elles ont toujours défendue. L’ennemi ne faisait pas de différence entre les combattants femmes ou hommes. Elles ont subi le viol collectif, la torture et l’arbitraire.
Et pendant la décennie noire, malgré les assassinats et les viols, elles ont résisté aux hordes barbares obscurantistes. Malgré le mot d’ordre des égorgeurs de boycotter l’école, elles n’ont pas hésité une seule seconde à braver cet interdit scélérat. Celles qui étaient enseignantes et professeurs dans les écoles, les lycées ou les universités sont allées enseigner et celles qui avaient des enfants, ont pris leurs enfants par la main pour les accompagner jusqu’à la porte de l’école………
Hommage à toutes les femmes dans le monde, victimes des agressions de l’impérialisme, notamment les Libyennes, les Syriennes, les Irakiennes, les Africaines objet des violences et des atteintes à leur dignité par les groupes armés obscurantistes soutenus par l’impérialisme, la Turquie et les monarchies rétrogrades du Golfe, du Qatar, des Emirats et de l’Arabie saoudite.
Source : Alger Républicain
Article rédigé en mars 2015

6 MARS 2003 - 6 MARS 2019 : 16éme anniversaire de la mort du moudjahid et communiste Abdelhamid Benzine



Parti à 77 ans (6 Mars 2003) à l'aube du printemps, « l'histoire retiendra le nom d'Abdelhamid Benzine, patriote et internationaliste, militant héroïque exemplaire, fidèle jusqu'au bout à son engagement de jeunesse, à son idéal révolutionnaire. Et pour ceux qui ont été ses camarades proches, ses frères de lutte et d'espérance, c'est le souvenir affectueux de l'ami toujours à l'écoute, de l'être généreux, souriant et tendre, dénué de tout calcul et de toute ambition sauf celle de servir jusqu'au bout son peuple et l'espérance de tous les hommes, qu'aussi longtemps qu'ils vivront, ils garderont au cœur.
Le 22 novembre 1992 dans Alger républicain, Abdelhamid Benzine écrit ce qui suit à propos de la dissolution du PAGS :
« Aujourd’hui, je voudrais seulement dire, en tant que membre de la direction du PAGS (même si j’ai gelé mes activités depuis quelques mois) :
1. Le congrès qui se prépare ne sera pas un congrès du PAGS, mais le rassemblement d’un petit morceau du PAGS, puisqu’au niveau du comité central, il reste moins d’un tiers des membres élus au congrès de 1990.
2. C’est le deuxième coup de poignard porté dans le dos du PAGS après celui porté par ceux qui se réclament du FAM.
3. L’honnêteté politique aurait voulu que ceux qui ne sont plus d’accord avec le PAGS démissionnent d’un parti à qui ils doivent beaucoup. En s’acharnant à détruire le PAGS, ils veulent récupérer le beurre et l’argent du beurre. En d’autres termes, ils veulent récupérer à leur profit le capital politique et moral acquis au cours des luttes longues, difficiles et douloureuses pour s’en servir et servir d’autres projets politiques.
4. On pourra détruire une structure, un appareil, mais les idées socialistes et humanistes du PAGS vivront plus longtemps que ne le pensent les défaitistes. L’Algérie du travail et de l’intelligence a besoin d’un parti révolutionnaire de classe qui continuera de porter haut le drapeau de la solidarité internationaliste et luttera pour un monde débarrassé de l’exploitation de l’homme par l’homme.
5. Légitimement seuls les délégués élus au congrès de 90 - à l’exception de ceux qui ont quitté ses rangs - ont le droit de se prononcer sur l’avenir du PAGS ».

BIOGRAPHIE :

Abdelhamid Benzine est né le 27 avril 1926 à Beni-Oaurtilane, militant nationaliste de la première heure, il s’investit corps et âme dans la lutte pour la liberté et la justice.

Il entame son parcours dans les rangs du PPA en 1940 pour rejoindre en 1948 le MTLD. Au déclenchement de la guerre de libération, il est commissaire politique au sein de l’ALN. Il devient membre du comité central du Parti communiste algérien à partir de 1962 et rédacteur en chef d’Alger républicain et sera le directeur en octobre 1989, date de la reparution du quotidien. Benzine est également auteur de nombreux ouvrages dont : Le Camp, un témoignage publié en 1962 sur les conditions de sa détention, Journal de marche, ainsi que des récits : La montagne et la plaine, en 1991 ainsi que Lambèze, en 1989. Il a également participé à l’ouvrage collectif La grande aventure d’Alger républicain, en 1987.

Abdelhamid Benzine est entré en politique à l’âge de treize ans, en 1940. Il n’en est toujours pas ressorti. Rédacteur en chef, puis directeur d’Alger républicain, avant que le journal ne soit, encore une fois, interdit, le doyen des journalistes algériens, évoque Kateb Yacine, l’étoile filante de la littérature algérienne, mort il y a tout juste dix ans.

En mai 1945, au moment des massacres perpétrés dans le Constantinois par les troupes coloniales, il est arrêté. Il découvre alors, en même temps que son ami de jeunesse Kateb Yacine, retrouvé plus tard à la rédaction d’Alger républicain, la prison et les camps, le mépris des gardiens, les insultes et les coups.

Après une année d’études à l’université arabe de Tunis («Zitouna»), il commence une nouvelle vie, celle d’un clandestin permanent, partagée avec des hommes dont les noms – Larbi Ben M’hidi, Mourad Didouche, Abbane Ramdane, Zighout Youcef – symbolisent, aujourd’hui, pour les Algériens, l’héroïsme du combat pour la liberté.

En 1950, Benzine intègre la direction de la Fédération de France du MTLD (Mouvement pour le triomphe des libertés démocratiques et version légale du PPA), où il est chargé des affaires sociales. Élu en tant que représentant algérien à la direction de l’Union départementale des syndicats CGT de la région parisienne, il participe aux travaux de la commission administrative, aux côtés de dirigeants comme Benoît Frachon, Eugène Hénaff, André Tollet et Henri Krasucki.

C’est avec eux et parmi les travailleurs français qu’il apprend ce que sont la lutte de classe et la solidarité ouvrière (…) Après l’interdiction d’Alger républicain, il rejoint le maquis et l’Armée de libération nationale. Fait prisonnier par l’armée française, il connaît les cachots de la prison de Lambèse et les sinistres camps «spéciaux», qu’il décrira dans ses livres (Lambèse, le Camp) dans de puissants et poignants témoignages.» Et de dire, entre autres : «L’histoire retiendra le nom d’Abdelhamid Benzine, patriote et internationaliste, militant héroïque exemplaire, fidèle jusqu’au bout à son engagement de jeunesse, à son idéal révolutionnaire.» «Repenser le nationalisme algérien», tel a été le thème de la conférence donnée par l’historien Mohamed Harbi, qui a relaté les différentes étapes de lutte et de résistance des Algériens durant la période coloniale, sous les divers aspects culturels et à travers les différents courants politiques (islamo-nationaliste, communiste, libéral…).

Parti à 77 ans (2003) à l'aube du printemps, « l'histoire retiendra le nom d'Abdelhamid Benzine, patriote et internationaliste, militant héroïque exemplaire, fidèle jusqu'au bout à son engagement de jeunesse, à son idéal révolutionnaire. Et pour ceux qui ont été ses camarades proches, ses frères de lutte et d'espérance, c'est le souvenir affectueux de l'ami toujours à l'écoute, de l'être généreux, souriant et tendre, dénué de tout calcul et de toute ambition sauf celle de servir jusqu'au bout son peuple et l'espérance de tous les hommes, qu'aussi longtemps qu'ils vivront, ils garderont au cur », comme le dit son ami Henri Alleg il y a un an déjà.


Œuvres d’Abdelhamid Benzine:


Le Camp, un témoignage publié en 1962, éditions sociales, 1962, 94 pages

La montagne et la plaine, Alger, El Adib, 1980, 43 p., nouvelles

Lambèse, en 1989. Edité par Dar el idjti.

La grande aventure d’Alger républicain, en 1987. Messidor-Temps Actuels


vendredi 4 mars 2016

Hezbollah : résistant et non terroriste, symbole de la résistance contre l’occupant israélien.



La 33eme session du Conseil des ministres arabes de l’Intérieur sera retenue par l’Histoire comme la session de la honte.

Car enfin, voilà que les ministres arabes de l’Intérieur, censés veiller à la sécurité de leurs pays et de la région, prennent la grave décision d’accoler l’adjectif « terroriste » au principal parti de la résistance libanaise, le Hezbollah. Cette décision, qui équivaut à verser de l’huile sur le feu dans une région déjà en flammes, risque de réveiller les vieux démons de la guerre civile qui avait déchiré le Liban entre 1975 et 1990.
Il serait intéressant de suivre le parallèle établi entre l’évolution de la situation sur le terrain en Syrie et la montée de la pression de l’Arabie saoudite sur le Liban. En Janvier dernier, en pleine progression de l’armée syrienne et de recul des forces de l’opposition soutenues par l’Arabie saoudite, les pays du Conseil de Coopération du Golfe, sous la pression du Royaume wahhabite, ont pris la décision de classer le Hezbollah comme un parti « terroriste ».
Un mois plus tard, alors que l’opposition syrienne continue d’encaisser des revers, l’Arabie saoudite, qui avait promis une aide de trois milliards de dollars à l’armée libanaise, annule cette aide sous le prétexte que cette armée est dominée par le Hezbollah.
Le 2 Mars, alors que la trêve en Syrie tient toujours et que les frappes syro-russes se concentrent sur les bastions de Daech et d’Annosra, le Conseil des ministres arabes de l’Intérieur, réuni à Tunis, a entériné, sous la forte pression des Saoudiens, la décision prise en janvier par les six pays du Conseil de Coopération du Golfe.
Ces vaines gesticulations saoudiennes à l’égard du Liban visent un seul objectif : obliger le pays du Cèdre à faire pression sur le Hezbollah et le forcer à quitter la Syrie où, depuis cinq ans, il combat vaillamment les hordes terroristes à côté de l’armée syrienne. Et ici l’Arabie saoudite a un double problème. D’abord, le Hezbollah est en train de combattre les groupes de l’opposition syrienne, généreusement armés et financés par les pétrodollars saoudiens. Ensuite, et c’est plus grave pour le Royaume wahhabite, en combattant côte à côte avec les sunnites, les chrétiens et les Kurdes syriens, le Hezbollah réfute de manière spectaculaire l’idée fallacieuse sur laquelle est bâtie la propagande saoudienne et qui consiste à persuader le monde arabe que le danger mortel qui le guette vient de l’Iran chiite et de ses représentants au Liban, en Irak, au Yémen et ailleurs.
La décision du Conseil des ministres arabes de l’Intérieur démontre encore une fois, si besoin est, l’immense hiatus qui existe entre les classes politiques arabes et leurs peuples. On n’a pas besoin de mener une enquête géante dans le monde arabe pour nous persuader que l’écrasante majorité des citoyens arabes, y compris ceux du Golfe, considère le Hezbollah libanais comme le symbole de la résistance contre l’occupant israélien. Qui a expulsé cet intrus la queue entre les pattes du Sud-Liban après dix-huit ans d’occupation ? Le Hezbollah. Qui a résisté héroïquement durant plus d’un mois aux bombardements israéliens en été 2006 pendant la deuxième guerre du Liban ? Le Hezbollah. C’est cela qui intéresse l’écrasante majorité des citoyens arabes du Golfe à l’Atlantique et non les querelles politiques et doctrinales ou les soucis sécuritaires des monarchies du Golfe avec l’Iran.
La propagande saoudienne ne cesse de nous mettre en garde contre les menaces mortelles qui nous proviennent de l’Iran chiite ! Prenons le cas de la Tunisie et de ses voisins de l’est et de l’ouest. Par qui ces pays sont-ils menacés ? Par les Gardiens de la révolution de l’Iran chiite ou par les hordes de terroristes imbus de l’idéologie takfiriste du wahhabisme et financés par les pétrodollars ? Par le Hezbollah libanais ou par les adorateurs du terroriste en chef, le Saoudien Oussama Ben Laden ? On connaît les réponses diamétralement opposées des citoyens arabes et des ministres arabes de l’Intérieur.
Le régime saoudien, tout comme Israël, a un problème avec l’Iran, et le trône des Al Saoud, tout comme la classe politique israélienne, se sent menacé par « l’expansionnisme » de l’Iran chiite. C’est loin d’être une raison valable pour que les Arabes du Golfe à l’Atlantique se retroussent les manches et se préparent de pied ferme pour combattre, à côté d’Israël et des Al Saoud, « le danger chiite ».
Ce problème qu’ont le régime saoudien et Israël avec l’Iran a pris des proportions catastrophiques depuis que les Etats-Unis ont normalisé leurs relations avec l’Iran, après un tiers de siècle de rupture. Pour l’écrasante majorité des citoyens arabes, cette normalisation irano-américaine, loin d’être une catastrophe, c’est l’une des rares lueurs d’espoir dans une région enfoncée jusqu’au cou dans le désordre et l’anarchie.
Maintenant, revenons en Tunisie, le pays qui a accueilli cette fameuse 33e session du Conseil des ministres arabes de l’Intérieur.  La classe politique qui dirige ce pays n’a rien trouvé de mieux à faire que de s’aligner derrière l’Arabie saoudite pour considérer le Hezbollah comme une organisation « terroriste ». Cet alignement n’est pas dicté par la conviction, car la classe politique tunisienne n’est pas stupide au point de considérer comme terroriste un parti aussi résistant et aussi honorable que le Hezbollah libanais. Cet alignement est dicté plutôt par l’absence de courage de dire non à l’Arabie saoudite. Il est dicté par cette attente illusoire de très hypothétiques aides ou investissements saoudiens, un peu comme cet assoiffé qui poursuit un mirage pour se désaltérer…
On aurait souhaité que notre ministre de l’Intérieur adopte au moins la position de son collègue libanais, Nohad Machnouk, qui, bien qu’appartenant au « Courant de l’Avenir » (parti libanais pro-saoudien), a refusé d’entériner le diktat de Ryadh.
Cela dit, nous sommes en démocratie, et si ce que nous croyons est vrai, nos gouvernants ne peuvent pas prendre de si graves décisions sans en expliquer les raisons au peuple. Si nous sommes réellement en démocratie, le Parlement qui nous représente a l’obligation de convoquer les deux ministres de l’Intérieur et des Affaires étrangères pour nous expliquer pourquoi ont-ils classé le Hezbollah comme une organisation terroriste alors que ni eux ni les citoyens tunisiens ne croient à une telle baliverne ?
Par Hmida Ben Romdhane
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