samedi 19 septembre 2015

ETATS-UNIS : Ana Belén Montés, prisonnière 25037-016 de la prison de Carswell, une annexe du FBI de la Station Aérienne de la Marine des Etats-Unis.



Ana Belén Montés, née en 1957, est fille d’un médecin militaire d’origine portoricaine, qui travaillait au sein de l’armée US.
Après avoir obtenu une licence, puis une maîtrise en relations internationales à l’Université de Virginie, elle est entrée à 28 ans à l’Agence de Renseignement pour la Défense du Pentagone (DIA), où elle devenait, 7 ans plus tard, analyste. Elle a eu quelques temps un emploi fictif à la représentation diplomatique à La Havane, soit disant pour « étudier » les militaires cubains. En 1998, retour dans l’Ile pour cette fois, « observer » le déroulement de la visite du Pape Jean-Paul II.
Cette femme discrète, devenue analyste de première catégorie au Pentagone, spécialiste de Cuba, avait accès à presque toute l’information sur l’Ile dont disposait la communauté du renseignement, en particulier sur les activités militaires cubaines. De par son rang, elle était membre du très secret « groupe de travail inter agences sur Cuba », qui rassemble les principaux analystes des plus hautes agences de renseignements des Etats-Unis, comme la CIA par exemple.
Elle a été arrêtée en septembre 2001, jugée et condamnée à 25 ans de prison en mars 2002 pour espionnage. Elle avait remis à Cuba, sans contre partie financière, l’information lui permettant de connaître les plans d’agression des Etats-Unis contre l’île.
Je laisse la parole à Ana Belén Montés. Voici ce qu’elle a déclaré lors de son plaidoyer au moment de son procès :
« Il existe un proverbe italien qui peut-être, décrit le mieux ce que je crois :
Le monde entier n’est qu’un seul pays. Dans ce pays mondial, le principe d’aimer son prochain comme soi même, est le guide essentiel pour des relations harmonieuses entre tous les pays.
Ce principe implique tolérance et compréhension pour la façon de se comporter envers les autres. Il implique que nous traitions les autres nations comme on aimerait être traité : avec respect et considération. C’est un principe que, malheureusement nous n’avons jamais appliqué à Cuba.
Votre honneur, je suis devant vous aujourd’hui pour une activité à laquelle je me suis livrée parce que j’ai obéi à ma conscience plutôt qu’à la loi. Je crois que la politique de notre gouvernement vis-à-vis de Cuba est cruelle et injuste, profondément agressive, et je me suis sentie moralement dans l’obligation d’aider l’île à se défendre contre nos efforts de lui imposer nos valeurs et notre système politique. Nous avons fait preuve d’intolérance et de mépris à l’égard de Cuba depuis plus de 40 ans. Nous n’avons jamais respecté le droit pour Cuba de choisir sa propre voie vers ses propres idéaux d’égalité et de justice. Je ne comprends pas pourquoi nous devons continuer à dicter aux Cubains comment ils doivent choisir leurs dirigeants, qui peuvent ou ne peuvent pas être leurs dirigeants, et quelles sont les lois appropriées pour ce pays. Pourquoi ne pouvons-nous pas laisser Cuba poursuivre son propre chemin, comme le font les Etats-Unis depuis plus de deux cents ans


Ma manière de réagir à notre politique Cubaine a peut-être été moralement condamnable. Peut-être que le droit pour Cuba d’exister libre de toute pression politique ou économique ne justifie pas les informations secrètes que j’ai transmises pour l’aider à se défendre. Je peux seulement dire que j’ai fait ce qui me paraissait être juste pour réparer une grave injustice. 


Mon plus grand désir est de voir des relations amicales s’établir entre les Etats-Unis et Cuba. J’espère que mon cas contribuera d’une certaine manière à encourager notre gouvernement à abandonner sa politique hostile envers Cuba et à collaborer avec la Havane dans un esprit de tolérance, de respect mutuel, de compréhension... »
Ana Belén Montés a été en quelque sorte précurseur des nouvelles relations entre Cuba et les Etats-Unis.
Elle est la prisonnière 25037-016 de la prison de Carswell, une annexe du FBI de la Station Aérienne de la Marine des Etats-Unis. Elle y est internée dans la section de psychiatrie, bien que ne présentant pas de troubles de ce type. C’est un lieu dangereux pour elle, qui pourrait avoir de graves répercussions sur son état mental.
Ana Belén Montés est sensée recouvrer la liberté en 2027, dans 12 ans. Elle a déjà accompli 13 ans de réclusion. Elle est soumise à un régime d’isolement extrême :
Elle ne peut pas avoir la visite d’amis, uniquement celles de son père et de sa fratrie. Elle est interdite de téléphone, n’a accès a aucun moyen d’information, ni journal, ni revue, ni livre. Elle n’a pas le droit de regarder la télévision et ne peut recevoir de colis. Il lui est même interdit d’avoir le moindre contact avec les autres personnes détenues dans cette prison.
Les autorités pénitentiaires ne donnent aucune information sur sa santé, les traitements médicaux qu’elle reçoit, ni ne justifient le fait qu’elle soit dans un centre destiné aux personnes souffrant de troubles psychiatriques.
Le régime carcéral qu’elle subit n’est pas conforme aux Droits de l’Homme et est beaucoup plus sévère que celui appliqué aux dangereux criminels.
Un essai a été fait de lui écrire. La lettre a été renvoyée à l’expéditeur en recommandé. Le Bureau fédéral des Prisons y précisait qu’elle ne pouvait avoir de contacts qu’avec ses parents les plus proches, étant donné qu’elle était condamnée pour espionnage.
Nous devons aider cette femme courageuse. Nous devons faire connaître son histoire, et développer des campagnes pour que dans la prison où elle endure sa peine, elle puisse au moins avoir un traitement plus humain.

mardi 15 septembre 2015

Yémen : Lettre d’un habitant de Sanaa



A la fin de cette lettre il y a un lien vers des photos difficilement supportables. J’aurais voulu en publier quelques unes (il y en a plusieurs dizaines), pour montrer la barbarie de ce qui se déroule au Yémen, perpétrée par des pays amis de la France, l’Arabie Saoudite et les principautés du Golfe chapeautés par les Etats-Unis. Mais je n’ai pas pu.
Parce que j’ai vécu la guerre de 1994 à Sanaa et que j’en ai rendu compte à l’époque, certains de mes amis yéménites, avec lesquels je n’ai cessé de correspondre, insistaient de temps à autre pour que j’accorde au Yémen et à l’agression qu’il subit la place qui leur revient dans mes articles.
Bien que la guerre qui se déroule contre notre région, en Syrie, et celle qui frappe le Yémen ont pour dénominateur commun les mêmes agresseurs, je progressais lentement dans mes recherches pour finaliser mon article sur ce sujet, la situation au Liban et en Syrie prenant le plus gros de mon temps. C’est alors que j’ai reçu cette lettre de Sanaa.
Je l’ai faite mienne et la publie telle que reçue, sans autre commentaire. [Souraya Assi ; journaliste Libanaise]

Chère Souraya,

Te souviens-tu du Yémen ? Il a eu sa part des « révolutions » arabes, la révolution du 11 février 2011 ayant accouché d’un pouvoir qui s’est chargé de soumettre le pays à la famille des Al-Saoud. Notre révolution n’a donc pas déviée des normes préétablies, puisque comme toutes les autres révolutions arabes, elle est passée par le baptême obligé et nécessaire pour entrer dans l’ère des « cheikheries » [*] du Golfe.
Je ne sais pas ce qui se passe en Libye ! Et, il est probable que la « révolution » des Al-Saoud en Syrie est contrecarrée par des difficultés et des obstacles ayant conduit à faire de nouveau appel aux forces de l’OTAN, mais sans recourir au Conseil de sécurité de l’ONU cette fois-ci, ni exploiter un mandat truqué du Secrétaire général de la Ligue arabe. Quant à l’Égypte et à la Tunisie, il est bien connu que les circonstances particulières dans ces deux pays ont nécessité une révolution contre « la révolution golfiste » [*] ou, plus précisément, ont amené les gens à préférer le pouvoir déchu au pouvoir des Frères Musulmans.
Cette expérience s’est répétée au Yémen, la guerre en cours ayant ses racines dans la révolution contre « la révolution des golfeux et des frérots » [*] dans le but de débarrasser le pays de la domination de la famille Al-Saoud. Cependant, il semble que l’OTAN en tant qu’organisation policière et répressive mondialisée, interdit la « révolution » aux pauvres et aux nécessiteux. Autrement dit et en toute franchise, l’OTAN mène une guerre afin de rétablir la loi de la famille Al-Saoud et réinstaller sa mainmise sur le Yémen.
Il est aussi notoirement connu que des navires de la flotte américaine ont procédé, sous pavillon de l’armée des Émirats arabes unis, à une opération de débarquement à Aden et que c’était là l’annonce du début de la guerre terrestre, suite aux frappes aériennes ininterrompues depuis mars 2015, lesquelles frappes ont obligé les adversaires des Al-Saoud à se retirer de certaines positions qu’ils contrôlaient jusqu’ici.
À l’heure actuelle, nous pouvons dire que le plan d’annexion du Yémen en est au stade préparatoire du siège de Sanaa, soumise quotidiennement à des vagues successives de raids aériens. Il est possible que les hordes militaires « golfistes » [*] s’y dirigent selon trois axes :
  • Le premier, à partir du port d’Al-Hudaydah sur la mer Rouge.
  • Le deuxième, à partir de la ville de Ta’izz au sud.
  • Le troisième, supposé être emprunté par les forces qui tentent de se rassembler dans la ville de Marib à l’est où, d’après les dernières nouvelles, 15 000 soldats seraient déjà sur place, rejoints par les équipements et les véhicules militaires d’un pays dont le nombre d’avions et de chars dépasse celui de sa population… Je veux parler du Qatar, l’État de ce prince penseur et résistant Al-Qaradawi !
Quoi qu’il en soit, l’accès par voie terrestre à Sanaa ne sera sans doute pas facile, étant donné que les routes ne sont pas sécurisées ou bien sont toujours sous le contrôle des Houthis.
Dans ce contexte, il n’est pas inutile de noter que la victoire des Al-Saoud au Yémen sera très probablement un énorme désastre pour la population, encore plus douloureux et plus dangereux que la tragédie libyenne, témoin en est le déploiement des bandes de voleurs, de truands et d’extrémistes, dans les régions d’où les Houthis se sont retirés sous la pression des frappes américaines et saoudiennes, en plus de l’apparition de diverses formations militaires appartenant à des agences de sécurité étrangères dans les zones des puits de pétrole, des raffineries et des oléoducs.
Traiter de la question du Yémen comme se lancer dans des prévisions à court terme, exige de prendre en compte deux facteurs importants, ou plutôt d’introduire le facteur israélien ; lequel, à mon avis, influe sur la guerre des Al-Saoud au Yémen de deux manières en se présentant sous deux visages :
  • Le premier visage est celui de l’impérialisme euro-américain, et les colonialistes israéliens en sont une facette. Ce visage est évidemment connu et bien présent sur la scène yéménite aux côtés des Pays du Golfe. Ici, il est nécessaire de rappeler que cet impérialisme a construit ses propres bases à Djibouti et au nord de la Somalie, après avoir démantelé l’État somalien et découpé ce qu’ils appellent le « Somaliland » où se trouve, justement, une base israélienne ; la largeur du détroit de Bab el-Mandeb, c’est-à-dire la distance entre la côte yéménite et la côte somalienne, étant d’une trentaine de kilomètres.
  • Le deuxième visage se déduit logiquement à partir du rôle joué au Yémen, par les gouvernements actuels de l’Égypte et de la Jordanie aux côtés des Al-Saoud et aussi des colonialistes israéliens, sur la base d’informations indiquant une présence militaire israélienne à l’entrée du détroit de Bab al-Mandeb et donc, en Somaliland.
Pour exposer les choses telles qu’elles sont, et éviter les polémiques, il faut dire que les raisons de cette méfiance à l’égard des autorités égyptienne et jordanienne repose sur le fait que depuis que ces deux pays ont signé respectivement les Accords de Camp David et de Wadi Araba, ils ont toujours adopté des positions essentiellement favorables à Israël. Ce fut le cas lors des conflits israélo-libanais et israélo-palestiniens, ainsi que du conflit réunissant les États-Unis, la Turquie et l’Arabie Saoudite contre la Syrie. Je ne pense pas que nous pourrions nous passer de citer tous ces cas.

Source : New Orient News ; le 10/09/2015
 Traduction de l’arabe par Mouna Alno-Nakhal

samedi 12 septembre 2015

LES FAUTEURS DE GUERRE AU MOYEN ORIENT CE SONT LES FORCES IMPERIALISTES, LEUR CREATURE DAECH EST LEUR ALLIE CONTRE LES PEUPLES.

Le 22 juillet 2015, 33 militants communistes et révolutionnaires ont été tués dans un attentat perpétré par Daech à Suruç, en Turquie. Le même jour un accord a été conclu entre les Etats Unis et l’Etat turc pour l’utilisation de la base militaire d’Incirlik2. Dans la même période certaines forces se disant en opposition avec le régime syrien ont abandonné leur base en Syrie proche de la frontière turque aux forces turques ou à des milices proches de l’armée Turque. Contrairement à la propagande mensongère propagée par les médias occidentaux, tous les groupes dits « islamistes » en Syrie sont soutenus par les pays impérialistes et les forces réactionnaires régionales, en particulier par les USA, la France, la Turquie, le Qatar et l’Arabie Saoudite. Dans les circonstances présentes on nous dit maintenant que la lutte contre Daech a été renforcée par le rapprochement avec la Turquie. Mais en réalité depuis cet événement, à part la publication de quelques photos de militants de Daech, l’Etat turc n’a rien entrepris contre Daech. Bien au contraire il a déclaré la guerre au peuple kurde qui lutte en première ligne contre Daech et qui ne réclame même pas l’auto-détermination. Sur le terrain l’impérialisme et les forces réactionnaires locales manipulent l’opinion en montant les minorités les unes contre les autres, notamment en opposant le peuple Yézidi aux Kurdes en diffusant la rumeur selon laquelle « les musulmans exterminent le peuple Yézidi ». Mais beaucoup de Yézidis sont Kurdes et ont été sauvés des griffes de Daech par les Kurdes (dont la majorité est musulmane). Le plus gros danger au Moyen Orient n’est pas Daech mais l’impérialisme. L’Irak, la Syrie, la Libye et le Yémen ont été plongés dans le chaos et la guerre. Par qui et pour quels intérêts ? Nous avons déjà dans notre journal montré le lien qui unit l’impérialisme et l’EI. Il n’y a aucun doute pour nous : l’EI est une force réactionnaire et fasciste. Le conflit qui oppose l’EI et les impérialistes n’est pas un conflit entre l’obscurantisme et les forces de progrès mais un conflit entre forces réactionnaires. Les médias français parlent d’un échec face à Daech. S’il ne s’agissait que d’une question militaire le problème aurait été réglé depuis longtemps. Mais Daech sert les intérêts géopolitiques des impérialistes occidentaux. Le problème fondamental, n’est pas Daech, le problème fondamental est : qui contrôle et comment contrôler le moyen orient ?
De ce point de vue l’utilisation de bases militaires en Turquie par les USA participe au processus d’éradication de la présence russe au Moyen Orient. Il s’agit soit de renverser le régime Syrien soit tout au moins de l’affaiblir et le laisser « mort entre deux eaux » : c’est une vieille tactique éprouvée. L’accord avec l’Iran, les menaces de guerre entre la Russie et d’autres forces impérialistes dénotent un conflit essentiellement de caractère inter-impérialiste. Que ce soit au Yémen, en Irak, en Syrie, en Libye, aucune organisation n’est indépendante des forces impérialistes. Daech profite d’une certaine manière des conflits inter-impérialistes. Il vend du pétrole, achète des armes et de la nourriture sans problème. Il n’y a qu’à voir le flot de camions qui circulent entre le territoire tenu par Daech et la Turquie ou l’Irak.
Les Kurdes de Turquie ou de Rojava : une épine dans le pied de l’impérialisme
A Kobané (Rojava), les kurdes ont fait reculer Daech par leurs propres forces. Les bombardements américains ont même atteint par « erreur » des positions kurdes ou des zones en partie contrôlées par le régime Syrien. Et ce n’est pas tout, quand la Turquie bombarde les bases Kurdes (PKK), et des populations et villages en Turquie même, y-a-t-il eu un seul pays qui ait condamné la Turquie ? La Turquie de longue date ne s’est jamais engagée militairement contre Daech. Les USA ont obtenu la base militaire en Turquie en contrepartie pour l’Etat Turc de pouvoir mener en toute impunité des actions militaires contre les Kurdes tout en déclarant avec hypocrisie qu’elle cherche la paix avec le peuple kurde. Elle a même obtenu le soutien de Barzani, dirigeant kurde d’Irak, dans son intervention armée contre les Kurdes de Turquie (notamment contre le PKK). Ce qui dérange les pays impérialistes et les forces réactionnaires locales chez les Kurdes de Turquie ou de Rojava, c’est qu’ils ne font pas confiance à l’impérialisme et aux forces réactionnaires. Par leur propre organisation politique et militaire ils ont pris le chemin de l’auto-défense. Cela a conduit à une mobilisation massive dans tout le Kurdistan, et au niveau international au soutien des révolutionnaires et communistes de divers pays, dont certains ont versé leur sang en se battant aux côtés du peuple Kurde. L’expérience de Rojava montre que, en profitant des conflits inter-impérialistes, les peuples peuvent prendre leur destin en main et se battre pour leurs intérêts propres. Evidemment il faut créer un rapport de force, avoir un soutien large parmi les peuples, la sympathie d’autres forces progressistes dans le monde. C’est ce que les USA et d’autres forces impérialistes n’ont pas apprécié. A Rojava un peuple opprimé montre que la lutte pour l’indépendance ou l’auto-détermination peut être menée en s’appuyant sur ses propres forces. Malgré tout, certaines organisations kurdes n’ont pas perdu leurs illusions d’obtenir des concessions grâce à la pression des pays impérialistes sur la Turquie et sur les autres pays qui divisent le Kurdistan. Pourtant toute histoire de la lutte du peuple kurde montre le contraire. C’est ce qu’illustre aujourd’hui Rojava. Les forces réactionnaires et les pays impérialistes ont parié sur le règlement du « problème kurde » par Daech. Mais la résistance kurde a bousculé leurs plans. C’est cela qui a décidé l’Etat Turc de s’en prendre militairement au peuple kurde en effectuant des bombardements et des massacres de civils et autres actes qui relèvent de crimes contre l’humanité. Mais cette situation a entrainé la formation d’une alliance en Turquie entre le peuple Kurde et d’autres minorités et notamment avec le mouvement révolutionnaire. Aux élections du 7 juin 2015 cette alliance a recueilli 6 millions de voix et obtenu 81 députés. Jamais dans l’histoire de la Turquie des communistes, des progressistes et des représentants du peuple Kurde n’ont été élu par le peuple avec une telle ampleur. Ce fut un coup très dur pour le Gouvernement islamiste qui dirige sans partage la Turquie depuis une décennie. En Turquie une nouvelle dynamique révolutionnaire depuis le mouvement de Gezi en 2013, bouleverse et traverse toutes les forces politiques. La bourgeoisie n’a pas pu créer un gouvernement après l’élection de 7 juin. Un pilier important pour l’impérialisme comme la Turquie qui s’enfoncerait dans une crise politique serait déstabilisatrice pour sa domination. N’oublions pas qu’après Israël, au Moyen Orient, les deux pays les plus importants pour le camp impérialiste occidental sont la Turquie et l’Egypte.
Tant que les peuples n’auront pas abattu l’impérialisme il n’y aura, ni paix, ni stabilité au Moyen Orient
Depuis début du XXème siècle l’impérialisme a toujours cherché à dominer le Moyen Orient. Depuis les accords de Sykes-Picot, l’intervention des impérialistes n’a pas cessé jusqu’au aujourd’hui. Citons : La création d’Israël et l’occupation des territoires des pays arabes par Israël, la création du CENTO pour contrer l’influence de URSS, la ceinture verte contre le communisme, la lutte contre la bourgeoisie nationale indépendantiste (comme le BAAS dirigé par Nasser), la guerre Iran-Irak, la première, deuxième et troisième guerre du golfe, la liste est longue… Ce n’est pas une question de manque d’information ou la complexité de la situation au moyen orient qui empêche de comprendre ce qui se passe au Moyen Orient. Pour se positionner et agir de manière juste et efficace, il faut avoir une analyse anticapitaliste et anti-impérialiste claire. Mais pour cela, et ce serait l’objet d’une autre débat : sans organisation indépendante de la bourgeoisie aucune lutte anti-impérialiste ne peut s’achever correctement dans l’intérêt des peuples opprimés et du prolétariat. La construction d’une telle organisation c’est la tâche qui s’impose aujourd’hui à tous les communistes.
Source : Bellaciao

lundi 7 septembre 2015

Question à Obama, Hollande, Merkel, Cameron : Pourquoi avez-vous tué cet enfant ?



Comment décrire cette scène ? Quels mots utiliser pour pleurer cet enfant syrien retrouvé gisant sur une plage quelque part en Europe, alors que ses parents tentaient de fuir la Syrie en proie à une guerre civile dévastatrice ?
Si les mots manquent, par contre, les coupables sont légion et ils sont connus.
Les coupables sont ces dirigeants occidentaux qui ont semé le désarroi dans les pays arabes, enfonçant leurs peuples dans l’effroi et la terreur après des décennies passées sous le joug de dictatures qui étaient applaudies et soutenues par ces mêmes dirigeants.
Les coupables, ce sont Nicolas Sarkozy et David Cameron qui ont fait assassiner le colonel Kadhafi et offert la Libye aux milices islamistes armées.
Les coupables, ce sont les Bush père et fils qui, au nom d’intérêts familiaux, ont envahi l’Irak et fait main basse sur les richesses fossiles des Irakiens à qui ils ont fait miroiter l’Eden après la chute de Saddam Hussein.
Les coupables, ce sont François Hollande et Barack Obama qui arment les terroristes en Syrie, sous le prétexte de la défense des droits du peuple syrien spolié par le régime en place, fragilisant l’Etat et renforçant les rangs de Daech, ce mouvement terroriste créé dans les sous-sols de la diabolique CIA, cette usine à fabriquer des monstres.
Les coupables, ce sont les membres du Conseil de sécurité de l’ONU dont le souci est l’équilibre des forces entre l’Ouest et l’Est, occupés à éviter une troisième guerre mondiale qu’ils compensent par des conflits par pays tiers interposés : Irak, Syrie, Yémen, Libye, Ukraine, Afghanistan, Centrafrique, Nigeria, Mali, Somalie… Tous ces Etats mineurs dont le sort se décide sous d’autres cieux pour d’autres intérêts que ceux de leurs populations.
Les coupables, ce sont les dirigeants du reste du monde, incapables de faire corps et de ressusciter le Front du refus, l’organisation des Non-alignés et les différents forums regroupant les plus faibles pour parler d’une seule voix et faire barrage aux visées hégémoniques des puissances mondiales.
Les coupables, ce sont tous ces peuples qui regardent faire leurs dirigeants politiques sans bouger le petit doigt, transformés par les systèmes de consommation occidentaux en des tubes digestifs courant sans cesse derrière les biens matériels jusqu’à oublier qu’eux aussi peuvent réfléchir, dénoncer, refuser, se rebeller, se soulever.
Les coupables, ce sont ces médias, armes de désinformation massive, puissantes machines de mensonge et d’intoxication au service de ces lobbies tapis dans l’ombre qui tirent les ficelles du désordre qu’ils ont instauré sur toute la planète :
·         lobby sioniste,
·         lobby des armes,
·         lobby de la finance,
·         lobby du pétrole,
·         lobby de la cigarette,
·         lobby de la drogue,
·         lobby de la traite des blanches…
Les coupables, c’est nous qui pleurons à la vue de cet enfant et passons à autre chose une fois nos larmes de crocodile séchées.

M. A.-A.

Quels mots utiliser pour pleurer cet enfant syrien retrouvé gisant sur une plage quelque part en Europe ? D. R.