mardi 7 juillet 2015

Yémen : Vers la fin de l’Arabie Saoudite ? D’ores et déjà, il apparaît que l’Arabie Saoudite a utilisé des armes non conventionnelles (armes à sous-munition, voire armes chimiques) et s’est rendue coupable de crimes de guerre voire de crimes contre l’humanité.



Des frappes impitoyables et indiscriminées ciblent l’ensemble des infrastructures civiles, jusqu’aux quartiers résidentiels, marchés, greniers, réservoirs d’eau, hôpitaux, écoles, mosquées, et même les vestiges archéologiques et tombeaux – ce qui rappelle que l’idéologie destructrice de l’Etat Islamique prend bien ses racines en Arabie Saoudite –, sans épargner les convois de civils fuyant les violences, et un véritable état de siège est imposé au Yémen.
La guerre Saudo-américaine contre le Yémen, menée par une coalition des plus riches monarchies du Golfe (Arabie Saoudite, Qatar, Emirats, Bahreïn, Koweït, etc.) contre le plus pauvre des pays arabes, entre dans son quatrième mois. Selon l’Organisation des Nations Unies, elle a fait plus de 3 100 morts et 15 000 blessés, 1 million de déplacés et 245 000 réfugiés, et elle a créé une crise humanitaire sans précédent pour laquelle l’ONU a décrété le niveau d’alerte humanitaire maximal. Des frappes impitoyables et indiscriminées ciblent l’ensemble des infrastructures civiles, jusqu’aux quartiers résidentiels, marchés, greniers, réservoirs d’eau, hôpitaux, écoles, mosquées, et même les vestiges archéologiques et tombeaux – ce qui rappelle que l’idéologie destructrice de l’Etat Islamique prend bien ses racines en Arabie Saoudite –, sans épargner les convois de civils fuyant les violences, et un véritable état de siège est imposé au Yémen. Plus de 21 millions de personnes (soit 80% de la population du Yémen) sont privées d’un accès suffisant aux denrées et services de première nécessité – nourriture, eau potable, soins médicaux, électricité et fuel. D’ores et déjà, il apparaît que l’Arabie Saoudite a utilisé des armes non conventionnelles (armes à sous-munition, voire armes chimiques) et s’est rendue coupable de crimes de guerre voire de crimes contre l’humanité.
Cependant, cette guerre reste largement ignorée des médias mainstream, tant en Occident que dans le monde arabo-musulman (à l’exception de l’Iran et des médias proches du Hezbollah au Liban). Les Etats-Unis parrainent cette intervention militaire illégale et criminelle à laquelle ils apportent un soutien total, mettant tous leurs moyens au service des monarchies du Golfe qui ont acquis les armements les plus modernes à hauteur de 100 milliards de dollars pour la seule année 2014 : ils peuvent ainsi déstabiliser la région sans envoyer leurs forces armées, conformément à la doctrine Obama. Il en va de même que les autres pays membres de l’OTAN – Royaume-Uni, France, etc., ce qui n’est guère étonnant de la part de soutiens et d’apologistes du terrorisme en Syrie. Du côté de Riyad, Wikileaks vient de dévoiler le mode opératoire de la censure saoudienne sur l’ensemble du monde arabe, entre corruption et intimidation. Tous ces acteurs apportent un soutien direct à Al-Qaïda ainsi qu’à l’Etat Islamique, qui a fait son apparition sur la scène yéménite et se trouve maintenant à la frontière de l’Arabie Saoudite, son objectif de longue date. L’aveuglement saoudien ne semble pas connaître de limites.
L’agression saoudienne visait non pas à repousser une prétendue avancée de l’Iran et/ou du chiisme, mais à briser les velléités d’indépendance de ce pays historiquement vassal de Riyad. Jusqu’à présent, cette guerre n’a réalisé aucun de ses objectifs annoncés. Au contraire, la Résistance yéménite s’est emparée de la plupart des grandes villes du Yémen, et elle prend de plus en plus l’initiative en portant la guerre dans le territoire même de l’Arabie Saoudite, bombardant ses villes frontalières et attaquant ses bases et convois militaires, et faisant des dizaines de victimes parmi les forces saoudiennes – dont l’étendue des pertes est un secret militaire inviolable. Bien plus, cette agression a eu pour résultat d’unir le pays – forces armées régulières de l’ancien Président Ali Abdullah Saleh, rebelles Houthis et autres Comités populaires – derrière le slogan « Mort à la Maison des Saoud », un développement sans précédent au Moyen-Orient, toute en révélant à la fois la barbarie du régime Wahhabite, sa vulnérabilité et son impuissance sur le terrain proprement militaire. Tenue en échec malgré l’avantage conféré par le flot continu d’armements occidentaux, Riyad voit déjà son influence décroître au Moyen-Orient.
Dans un message aux combattants daté du 1er juillet 2015 – qui évoque ceux de Hassan Nasrallah aux combattants du Hezbollah durant la guerre de 2006 –, Abd-al-Malik al-Houthi, le chef de la Résistance yéménite, a dénoncé la collusion de l’Axe Washington-Tel Aviv-Riyad, dénonçant la guerre et le siège imposés au Yémen comme plus barbares encore que les crimes israéliens à Gaza. Il rejoint sur ce point l’analyse du Secrétaire Général du Hezbollah, Hassan Nasrallah, qui a rappelé que même les sionistes n’avaient pas une politique de ciblage systématique des hôpitaux, des tombeaux et des vestiges archéologiques. Abd-al-Malik al-Houthi a brandi rien moins que le slogan de la guerre sainte contre le berceau de l’Islam, assimilé à la « corne du diable », qui est, selon une fameuse tradition prophétique, une hérésie malfaisante appelée à surgir de la région du Najd – d’où a émergé le Wahhabisme. Encore une fois, c’est là un développement sans précédent : jamais l’Arabie Saoudite, qui, depuis mars 2015, a rompu avec sa politique d’actions clandestines et agit maintenant à découvert, n’avait été si violemment ébranlée.
Riyad est maintenant dans une impasse : sa campagne aérienne se solde par un échec cuisant, comme le laissaient prévoir les six offensives précédentes menées depuis 2004 par les forces du Président Saleh (hier soutenu par l’Arabie Saoudite, et aujourd’hui allié des rebelles Houthis), de même que les expériences israéliennes au Liban et à Gaza, qui en constituent le parfait modèle. Quant à l’option d’une opération terrestre, toutes les données indiquent qu’elle serait absolument désastreuse et ne pourrait se terminer que par une déroute des forces saoudiennes. Mais pas question pour la Maison des Saoud, aveuglée au-delà de tout retour possible, d’accepter un cessez-le-feu qui constituerait une victoire pour le Yémen ; plutôt poursuivre cette guerre de terreur forcenée à tout prix, en torpillant toutes les tentatives d’accord ou de trêve, quitte à se précipiter vers l’abîme. Les forces de la Résistance yéménite, quant à elles, sont loin d’avoir épuisé toutes leurs possibilités, et multiplient les incursions à l’intérieur du territoire ennemi, dont ils pourraient même remettre en question l’intégrité territoriale en revendiquant des provinces yéménites anciennement annexées par l’Arabie Saoudite. Voire, en dernier recours, fermer le détroit stratégique de Bab al-Mandeb – ce dont elles sont tout à fait capables –, l’un des plus importants passages maritimes mondiaux, notamment pour les hydrocarbures, ce qui aurait des répercussions mondiales. Si, à l’exemple de la Syrie, de l’Irak et de la Libye, le Yémen est menacé de désintégration, l’Arabie Saoudite même est aujourd’hui en voie de déstabilisation voire de démantèlement.
La croisade saoudienne fera-t-elle entrer un nouveau pays dans l’Axe de la Résistance, le Yémen – au sujet duquel Hassan Nasrallah déclarait que l’éveil et l’esprit résistant de son peuple étaient tels qu’il pourrait envoyer sans hésiter 100 000 ou 200 000 hommes pour combattre Israël ? Quoi qu’il en soit, d’ores et déjà, le mouvement Ansarallah prend l’ampleur d’un nouveau Hezbollah, et la guerre saoudienne est vouée à l’échec. Elle annonce très certainement la chute inévitable de la Maison des Saoud, dont l’idéologie Wahhabite et la politique extérieure constituent le cancer de l’Islam et du monde arabe depuis des décennies, et, à terme, la fin de la domination américano-israélienne au Moyen-Orient. Plus d’un peuple de la région pourra s’en réjouir.
Sayed 7asan
Source : Agoravox

vendredi 3 juillet 2015

GRECE : Lundi, une autre Europe…. Si le non l’emporte ce week-end, Alexis Tsipras pourra négocier un accord susceptible d’ouvrir un nouveau chemin à l’Europe tout entière.



Quoi qu’il se passe dimanche, le peuple grec a démontré qu’il arrive toujours un moment où la politique, confisquée par les technocrates, revient par la grande porte. Que ce n’est pas lui qui a un problème avec l’Europe mais bien les institutions qui ont imposé des traités successifs mortifères pour le progrès social. L'éditorial de Maud Vergnol.
Déferlement de haine, pluie de mensonges déversés avec un aplomb déconcertant, appel au coup d’État contre Alexis Tsipras dans les colonnes d’un prestigieux quotidien du soir… La vague d’hystérie qui s’est emparée des libéraux européens et de leurs gardes-chiourmes médiatiques ne doit pas rester sans suite, tant elle en dit long du danger qui guette l’Europe. Peut-on continuer à laisser notre avenir entre les mains d’une poignée de despotes de la finance qui assument désormais au grand jour leur mépris de la démocratie? L’emprise des marchés financiers sur les États européens est telle qu’il était devenu inenvisageable pour les eurocrates qu’un peuple puisse avoir le dernier mot. C’est pourtant le choix qu’a fait courageusement Alexis Tsipras, en dépit de toutes les manœuvres pour le faire capituler. La rage des Merkel et consorts n’en est que décuplée.
Car, quoi qu’il se passe dimanche, le peuple grec a démontré qu’il arrive toujours un moment où la politique, confisquée par les technocrates, revient par la grande porte. Que ce n’est pas lui qui a un problème avec l’Europe mais bien les institutions qui ont imposé des traités successifs mortifères pour le progrès social.
La Grèce n’est pas une sous-locataire de la zone euro, que les grands propriétaires pourraient expulser quand bon leur semble. Si le non l’emporte ce week-end, Alexis Tsipras pourra négocier un accord susceptible d’ouvrir un nouveau chemin à l’Europe tout entière. Loin de la stratégie du choc des corbeaux de la finance qui prédisaient déjà le chaos en 2005, en cas de victoire du non. L’Humanité ouvre aujourd’hui ses colonnes aux voix de la raison, qui refusent l’intoxication ambiante. Des voix qui sont convaincues qu’il faut tourner la page de l’austérité, qui ne se résignent pas à assister sans broncher à la lente agonie de la démocratie en Europe. Des voix qui veulent dire au peuple grec que nous sommes à ses côtés. Et que notre dette envers lui est désormais inestimable.
Par Maud Vergnol
Vendredi, 3 Juillet, 2015
L'Humanité

WikiLeaks : En 2012, l'Arabie saoudite, le Qatar et la Turquie ont conclu un accord secret visant à renverser le gouvernement syrien. Les Etats-Unis, la France et la Grande-Bretagne y ont également pris part.


Le régime syrien devait être renversé en 2012 suite à un accord secret entre l'Arabie saoudite, le Qatar et la Turquie.

Les documents des instances saoudiennes publiés par WikiLeaks prouvent que Riyad a convenu en 2012 avec les autorités du Qatar et de la Turquie de renverser le régime syrien, estime le fondateur du site Julian Assange.
«Les documents publiés montrent qu'en 2012, l'Arabie saoudite, le Qatar et la Turquie ont conclu un accord secret visant à renverser le gouvernement syrien. Les Etats-Unis, la France et la Grande-Bretagne y ont également pris part. En même temps, on observe que les alliés des Etats-Unis font preuve d'indépendance croissante dans cette région. Et leur comportement devient de plus en plus agressif», a indiqué Julian Assange dans une interview accordée à la chaîne télévisée Rossia-1.
«D'habitude, l'Arabie saoudite est qualifiée comme un des petits chiens que les Etats-Unis ont en laisse au Proche-Orient. On peut penser que c'est l'homme qui mène le chien. Mais il arrive parfois que le chien est tellement gros que c'est lui qui traîne l'homme», a dit M.Assange.
Le 19 juin 2015, le portail WikiLeaks a rendu public plus de 70.000 documents de la diplomatie saoudienne, dont la correspondance secrète du ministère avec les ambassades du royaume dans le monde entier.
Source : Sputnik

GRECE : REFERENDUM - Notre NON ce dimanche doit résonner dans toute l’Europe. Haut et fort, avec une grande majorité.




« Malgré la terreur exercée par les médias et les Institutions, pour le peuple grec, le dilemme est clair. Soit nous votons pour l’abolition des mémorandums et l’ouverture d’une nouvelle voie porteuse d’espoir, soit nous votons pour la continuation de l’austérité, de la pauvreté et de la misère pour les 50 années à venir.

  •  Soit nous reconnaissons que, pour la première fois, notre pays lutte pour casser le cercle vicieux des politiques de la terreur pour le bien des peuples de toute l’Europe, soit nous entérinons par notre vote notre soumission à ceux qui ont transformé notre vie en cauchemar depuis des années.

  • Soit nous donnons un mandat pour poursuivre sans hésitations l’effort en faveur des couches populaires les plus démunies et des classes qui souffrent de l’austérité sauvage, soit nous donnons raison aux gouvernements de Samaras, Venizelos, Papandreou, Papadimos qui nous ont menés jusqu’ici.
  • Soit nous choisissons de restaurer la démocratie dans notre pays et de décider nous-mêmes de notre avenir, en termes directs et absolus, soit nous permettons que les décisions soient prises dans les conclaves fermés des institutions européennes.

  • Soit nous nous rendons compte que nos intérêts sont autres, opposés à ceux des riches qui organisent la campagne du OUI, soit nous décidons par notre vote de gonfler encore plus les profits qu’ils ont acquis à l’époque des mémorandums.

  • Soit nous décidons de faire payer enfin ceux qui pendant des années faisaient fortune au dépens du peuple, soit nous acceptons une fois pour toutes les exigences du FMI de ne pas toucher les grandes entreprises, les grands patrons et les banquiers.

  • Soit nous construisons une autre société sur la base de la solidarité, l’humanité, l’effort collectif et l’espoir, soit nous adoptons le cannibalisme social du tous contre tous et du chacun pour soi.

  • Soit en votant nous pensons à notre prochain, celui qui a perdu son travail et sa dignité personnelle à cause des politiques appliquées par ceux qui nous demandent de voter OUI, soit nous devenons complices de ses images humiliantes qui nous ont remplies de honte ces dernières années.

  • Soit nous pourrons être fiers face à nos enfants et leur dire que nous n’avons pas capitulé, que nous avons pris des décisions difficiles aujourd’hui, pour qu’ils aient l’avenir qu’ils méritent, soit nous leur dirons que nous avons eu peur de Schäuble, de Samaras et nous avons préféré la sécurité du condamné à mort.

En fin de compte, soit nous serons ceux qui enverront le message de la victoire à l’Europe et au monde entier en inspirant les autres peuples qui ont un regard plein d’espoir tourné vers nous, soit nous lutterons pour gagner pour eux aussi, soit nous resterons dans l’histoire pour avoir laissé la peur nous vaincre.
Tout ce que nous avons espéré, tout ce pour quoi on s’est battu, tout ce que nous avons revendiqué est devant nous. Tout ce qu’on pensait, discutait, attendait est ici. Il n’y a plus d’excuses. Soit nous choisissons l’espoir, soit la misère. Notre NON ce dimanche doit résonner dans toute l’Europe. Haut et fort, avec une grande majorité. »
Alkis ANTONIADIS
(Membre de la délégation de SYRIZA au Parlement Européen).