Quoi qu’il se passe dimanche, le peuple
grec a démontré qu’il arrive toujours un moment où la politique, confisquée par
les technocrates, revient par la grande porte. Que ce n’est pas lui qui a un
problème avec l’Europe mais bien les institutions qui ont imposé des traités
successifs mortifères pour le progrès social. L'éditorial de Maud Vergnol.
Déferlement de haine, pluie de mensonges déversés avec
un aplomb déconcertant, appel au coup d’État contre Alexis Tsipras dans les
colonnes d’un prestigieux quotidien du soir… La vague d’hystérie qui s’est
emparée des libéraux européens et de leurs gardes-chiourmes médiatiques ne doit
pas rester sans suite, tant elle en dit long du danger qui guette l’Europe.
Peut-on continuer à laisser notre avenir entre les mains d’une poignée de
despotes de la finance qui assument désormais au grand jour leur mépris de la
démocratie? L’emprise des marchés financiers sur les États européens est telle
qu’il était devenu inenvisageable pour les eurocrates qu’un peuple puisse avoir
le dernier mot. C’est pourtant le choix qu’a fait courageusement Alexis
Tsipras, en dépit de toutes les manœuvres pour le faire capituler. La rage des
Merkel et consorts n’en est que décuplée.
Car, quoi qu’il se passe dimanche, le peuple grec a
démontré qu’il arrive toujours un moment où la politique, confisquée par les
technocrates, revient par la grande porte. Que ce n’est pas lui qui a un
problème avec l’Europe mais bien les institutions qui ont imposé des traités
successifs mortifères pour le progrès social.
La Grèce n’est pas une sous-locataire de la zone euro,
que les grands propriétaires pourraient expulser quand bon leur semble. Si le
non l’emporte ce week-end, Alexis Tsipras pourra négocier un accord susceptible
d’ouvrir un nouveau chemin à l’Europe tout entière. Loin de la stratégie du
choc des corbeaux de la finance qui prédisaient déjà le chaos en 2005, en cas
de victoire du non. L’Humanité ouvre aujourd’hui ses colonnes aux voix de la
raison, qui refusent l’intoxication ambiante. Des voix qui sont convaincues
qu’il faut tourner la page de l’austérité, qui ne se résignent pas à assister
sans broncher à la lente agonie de la démocratie en Europe. Des voix qui
veulent dire au peuple grec que nous sommes à ses côtés. Et que notre dette
envers lui est désormais inestimable.
Par Maud
Vergnol
Vendredi, 3
Juillet, 2015
L'Humanité

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