vendredi 22 mai 2015

L’Arabie saoudite convoite la présidence du Conseil des droits de l’Homme.


Vendredi 22 mai 2015

Sans avoir froid aux yeux, l’Arabie saoudite, royaume moyenâgeux, où les droits de l’Homme sont systématiquement bafoués, brigue la présidence du Conseil des droits de l'Homme des Nations unies, qui sera vacant en décembre. C’est pire qu’une mauvaise blague, c’est de l’humour noir.

En décembre prochain, l'Allemand Joachim Ruecker, qui préside le Conseil des droits de l'Homme des Nations unies, doit passer la main. Ce poste est renouvelé chaque année depuis la création de cet organe intergouvernemental, en 2006 et selon la règle de rotation, c'est un pays asiatique qui doit l’occuper. Et sans la moindre gêne, l'Arabie saoudite convoite ce poste. Fayçal ben Hassan Trad, le représentant du royaume à l'Onu, a déjà commencé son lobbying auprès des 12 autres pays du groupe Asie-Pacifique pour les convaincre de voter en faveur de son pays.
Même si l’Arabie saoudite -l'un des huit pays à ne pas avoir ratifié la Déclaration universelle des droits de l'Homme, de 1948- ne parvient pas à occuper ce poste, le seul fait de l’avoir envisagé est une insulte pour le bon sens. 
Déjà, dans les couloirs du Palais de Verre à New York, ont parle de «catastrophe» potentielle, qui ferait tomber la commission «dans le discrédit», comme l’affirme un diplomate ayant requis l’anonymat.
La porte-parole d'Amnesty International à Genève, Nadia Boehlem, qualifie d’«impensable» une éventuelle élection de l’Arabie saoudite. «Il est totalement ironique de voir un pays qui bafoue aussi allègrement les droits de l'Homme convoiter la direction du Conseil», juge-t-elle.
Ce n’est pas seulement «impensable», mais carrément scandaleux. En effet, au royaume des Saoud, la notion des droits de l’Homme n’existe tout simplement pas.

La population est privée des droits politiques les plus élémentaires dans ce pays, qui ne possède pas de Constitution et où aucune élection n’a jamais été organisée. Les sujets du monarque sont uniquement sommés de «prêter allégeance» au nouveau roi, au prince héritier et au vice-héritier, qu’ils n’ont pas choisi mais qui leur ont été imposés par la famille. Des portraits à l’effigie des trois plus hauts personnages du royaume sont installés dans les bâtiments publics, et les sujets défilent, comme des automates, pour saluer une main en bois.

Le royaume des discriminations

L’Arabie saoudite est le royaume de la discrimination dans toutes ses dimensions. Discrimination religieuse d’abord, puisqu’aucun culte, à part celui de l’islam, n’est autorisé, et aucune église n’existe dans le royaume. Voilà une différence fondamentale avec la République islamique d’Iran, où les chrétiens et les juifs disposent de leurs lieux de culte et peuvent pratiquer leurs croyances en toute liberté –ils ont même des députés au Parlement-, au même titre que les chiites, les sunnites et les membres des autres communautés.
L’Arabie saoudite est le royaume des persécutions religieuses contre les minorités musulmanes. Ainsi, le cheikh Nemr Nemr, l’un des plus hauts dignitaires religieux chiite du pays, a vu sa peine de mort confirmée par le tribunal pénal. Il est accusé d’«agitations et d’incitation aux troubles», pour la simple raison qu’il a réclamé la libération des détenus politiques. 


Au royaume des Saoud, de soi-disant ulémas peuvent prononcer de lourdes peines pour des motifs qui ne sont pas vérifiés. C’est le cas de Raïf Badawi, ce blogueur condamné en novembre 2014 à 10 ans de prison, 1000 coups de fouet et 266000 dollars d'amende pour «insulte à l’islam». «C'est la forme de punition la plus terrible et médiévale, a commenté Salil Shetty, responsable d’Amnesty International. L'Arabie saoudite a aussi effectué des décapitations publiques. Nous critiquons (le groupe terroriste, ndlr) «Etat islamique» mais là, c'est un gouvernement qui a effectué plus de 60 décapitations en public au cours des derniers mois», a-t-il ajouté. Et M. Shetty de poursuivre: «On dirait que le régime saoudien est insensible aux droits de l'Homme et à la dignité humaine, et malheureusement ils sont aussi protégés par de nombreux pays occidentaux, parce qu'ils ont du pétrole et parce qu'ils sont vus comme des alliés dans la lutte contre le terrorisme. En fait, quand on viole les droits de l'Homme comme le fait l'Arabie saoudite, on nourrit le terrorisme, on ne le combat pas».

Les femmes ne conduisent pas

L’Arabie saoudite est le royaume de la discrimination des sexes. C’est le seul pays au monde où les femmes ne sont pas autorisées à conduire, sous de grossiers prétextes religieux qui n’ont aucun fondement.
L’Arabie saoudite est le pays du wahhabisme, une doctrine extrémiste qui a donné naissance à des mouvements terroristes violents comme «Al-Qaïda» ou «Daech». C’est le pays où les prisonniers sont libérés, à condition qu’ils aillent se battre en Irak et en Syrie dans les rangs des organisations terroristes contre les fils des autres communautés, comme l’a révélé une enquête du USA Today, en septembre 2013.
L’Arabie saoudite est le pays qui agresse ses voisins, sans raison légitime sauf celle de les empêcher de réaliser leurs aspirations à plus de liberté et d’indépendance. C’est ce qui s’est passé à Bahreïn, où l’armée saoudienne a été envoyée pour écraser la révolution pacifique du peuple bahreïni, et au Yémen, où l’aviation des Saoud a déjà tué, depuis le 26 mars, 1800 civils, dont de nombreux femmes et enfants, selon l’Onu. Le pauvre Yémen, soumis à un blocus médical et alimentaire inhumain par un pays qui ose convoiter la tête du Conseil des droits de l’Homme des Nations unies.
Comme «Israël», l’Arabie saoudite se croit au dessus des lois. C’est un pays protégé par les Etats-Unis et qui éprouve un tel mépris pour les lois internationales qu’il n’hésite pas à convoiter la présidence du Conseil des droits de l’homme et, dans le même temps, à recruter publiquement 8 bourreaux pour exécuter, par décapitation, les condamnés à la peine capitale.


Source: french.alahednews

SYRIE : La Turquie, principal soutien des terroristes.



Mardi 19 mai 2015
L’arrestation de plusieurs magistrats et militaires turcs, accusés d’avoir intercepté une cargaison d’armes à destination des extrémistes en Syrie, fait la lumière sur le soutien apporté par la Turquie aux groupes terroristes et sur son rôle dans la poursuite de la guerre en Syrie.

En dépit de la montagne d’indices et d’informations pointant le rôle de la Turquie dans la guerre syrienne, Ankara a toujours nié apporter un soutien matériel aux groupes extrémistes, qui sèment la mort et la désolation en Syrie. Pourtant, depuis le début des événements, le gouvernement syrien dénonce le rôle de premier plan joué par son voisin du nord dans la vaste entreprise de déstabilisation qui vise le pays. Selon Damas, ce rôle dépasse largement le domaine politique et englobe un soutien logistique, une expertise militaire fournie par les services de renseignements et l’armée turcs, et des livraisons massives d’armes de tout calibre.

En novembre 2014, un rapport établi par l'Equipe d'appui analytique et de surveillance des sanctions de l'Onu à l'attention des membres du Conseil de sécurité a affirmé que la plupart des armes transférées clandestinement aux terroristes de «Daech» et au «Front al-Nosra» l'ont été via le territoire turc. «Les armes et munitions viennent de dépôts de matériel des années 1980 et 1990, ainsi que de stocks plus récents. La plupart des articles ont été soit pris aux forces armées irakiennes ou (dans une moindre mesure) syriennes, soit été livrés clandestinement à Daech ou au Front Al-Nosra, principalement par des filières transitant par la Turquie», indique le rapport.

Appui militaire direct
Sans cette aide précieuse, les extrémistes auraient depuis longtemps été écrasés par l’armée syrienne. La Turquie a même joué un rôle direct dans la prise de la ville à majorité arménienne de Kassab, au nord-ouest de la Syrie, début 2014, et celles de Idleb et Jisr al-Choughour, en avril dernier. A Kassab, l’artillerie turque a assuré une couverture aux terroristes, qui ont utilisé le territoire turc comme point de départ pour attaquer cette paisible localité. A Idleb, les extrémistes acheminaient des renforts des camps d’entrainement installés en Turquie même. Toute ces attaques sont coordonnées par une salle d’opération militaire, basé à Adana.

Damas a d’ailleurs accusé la Turquie d’avoir aidé directement «al-Nosra» et ses alliés «Ahrar al-Cham» dans leurs offensives menées au nord de la Syrie. «Les attaques qui ont visé dernièrement la ville de Jisr al-Choughour et la localité de Chtabrak (province d’Idleb) et celles d’avant menées contre les villes d’Alep, Kassab et Idleb, se sont faites grâce à un soutien logistique direct de la part de la Turquie», a accusé le ministère syrien des Affaires étrangères dans une lettre envoyée au Conseil de sécurité des Nations unies et au secrétaire général Ban Ki-mon.

Récemment, la Turquie a joué un rôle de premier plan dans la création de ladite «armée de la conquête» (Jaych al-Fateh), une coalition de groupes extrémistes aux obédiences turco-saoudo-qataries, dont la
colonne vertébrale est le «Front al-Nosra», la branche syrienne d’«Al-Qaïda».
En outre, la Turquie constitue le principal pays par lequel transitent les milliers de terroristes venus du monde entier, et qui vont grossir les rangs d’«Al-Qaïda», de l’organisation «Etat islamique» et des autres groupes extrémistes. Le nombre de terroristes qui seraient passés par la Turquie pour se rendre en Syrie ou en Irak s’élèverait, selon des sources de sécurité, à plus de vingt-cinq mille. Même la presse occidentale, citant des sources des renseignements européens et américains, met en exergue le rôle de la Turquie. 
Malgré ces faits Ankara s’obstine à nier, souvent avec véhémence, les agissements qui lui sont attribués. Mais après une affaire de saisie d’armes qui défraie la chronique en Turquie, il n’y a plus de place pour le doute.

Magistrats et soldats arrêtés
En effet, début mai, un tribunal turc a ordonné l’arrestation de quatre procureurs et d’un officier de l'armée dans cette affaire de saisie de livraison d'armes à destination de la Syrie l'an dernier.
Les quatre procureurs avaient d’abord été mutés puis suspendus après avoir ordonné la fouille de plusieurs camions et bus dans les provinces d'Adana et Hatay, frontalières de la Syrie, en janvier 2014, parce qu'ils les suspectaient de contrebande de munitions et armes à destination de la Syrie. Il est apparu ensuite que les camions saisis étaient en réalité des véhicules de l'Agence de renseignements nationale (MIT) livrant des armes aux extrémistes syriens.
Embarrassé, le gouvernement turc a imposé un silence médiatique, y compris sur Facebook et Twitter, interdisant la publication des documents concernant l’affaire de la saisie d’armes.
La police a placé en garde à vue deux des procureurs, Souleiman Bagriyanik et Ozcan Sisman, dans leurs résidences d'Antalya et Adana. Les deux autres magistrats s’appellent Aziz Takci et Ahmet Karaca. «Nous venons de vivre une nuit qui a vu la loi bafouée et l'ordre des choses renversé», a déclaré M. Bagriyanik, ancien procureur général d'Adana, alors qu'il était détenu par la police. «Je suis détenu maintenant uniquement parce que je n'ai pas suivi les menaces et l'ordre de M. le ministre: ‘Ne fouillez pas les camions’, et n'ai pas empêché mes collègues de le faire. Que puis-je dire de plus?», a-t-il poursuivi. «Les lois sont là. C'est mon travail de faire appliquer les lois».
Les services de sécurité ont également arrêté le colonel Ozkan Cokay, parce qu'il était le plus haut gradé dans la région au moment de la saisie des camions de contrebande d’armes.
Le 17 mai, nouveau rebondissement. Sept militaires sont inculpés et placés en détention provisoire.
Début avril, dix-sept militaires avaient déjà été écroués dans le cadre de la même affaire. Ils avaient été inculpés de «complot contre le gouvernement» uniquement pour avoir arrêté et fouillé les fameux camions du service de renseignement turc.
Au total, 55 personnes, des magistrats, des soldats et des policiers, ont été arrêtées dans le cadre de ce scandale, uniquement parce qu’ils étaient en train de faire leur devoir.
A travers ces agissements, le gouvernement turc se rend coupable de la violation de la résolution 2199 du Conseil de sécurité et des résolutions précédentes, interdisant tout soutien, y compris financier, à «al-Nosra» et «Daech», qui sont nommément cités.
Le moment n’est-il pas venu de demander des comptes à Recep Tayyeb Erdogan et à son gouvernement?
Source: french.alahednews

La «Nakba» se renouvelle. La politique des massacres et des destructions adoptée par l'entité sioniste et qui a provoqué la «Nakba» (la catastrophe) des Palestiniens est également utilisée par les Saoudiens qui ont causé de multiples «nakba» dans d'autres pays arabes.



Jeudi 21 mai 2015

En vérité, ils ont pu «construire» dans ces pays des nakba qui, par leur énormité et leur sauvagerie, ont dépassé celle de la Palestine.

La politique des massacres et des destructions adoptée par l'entité sioniste et qui a provoqué la «Nakba» (la catastrophe) des Palestiniens est également utilisée par les Saoudiens qui ont causé de multiples «nakba» dans d'autres pays arabes. Pourtant, ce sont justement ces «nakba» qui déclenchent une prise de conscience qui commence à ruiner les projets hégémoniques dans la région.
Beaucoup d'Arabes et de Palestiniens continuent heureusement à utiliser le terme «nakba» pour désigner la spoliation de la Palestine par les Sionistes en 1948. Cela prouve qu'ils se sentent opprimés et qu'ils sont conscients de la nécessité de finir avec le joug de l'injustice que leur imposent l'entité sioniste et les Arabes sionisés.

Attachement à la Palestine et refus de l'existence de l'entité sioniste

Il est certain que c'est cette prise de conscience qui empêche le fait que la Palestine soit effacée de la mémoire au profit de l'entité sioniste, et que le concept de la «Nakba» qui -en concrétisant l'attachement des Arabes à la Palestine et leur refus radical de l'existence de l'entité usurpatrice- empêchent le remplacement de ce concept par des concepts défaitistes comme la paix non fondée sur la justice et la modération synonyme d'une attitude qui ne soutient le droit ni ne se révolte contre l'injustice. Ou comme ceux qui prônent l'ouverture, l'exclusion de la haine, l'acceptation de l'autre et la prospérité qui, selon les Arabes sionisés, englobera la région grâce à la future coopération et intégration entre les pays arabes et l'entité sioniste.
Heureusement aussi que les dimensions du combat imposé à la nation arabe et islamique sont devenues suffisamment claires pour mettre en évidence les véritables positions des parties en conflit. Mais surtout pour dépasser les situations opaques qui permettaient aux Arabes sionisés de dissimuler leur compromission en participant avec l'ennemi sioniste à la «construction» de la «Nakba» palestinienne et les nakba consécutives qui frappent aujourd'hui la plupart des pays arabes et musulmans.
En fait, la «Nakba» de la Palestine n'a pas commencé en 1948, mais au moment où la spoliation de la Palestine était devenue un projet tangible avec les promesses données -aux Britanniques puis aux Américains- par le fondateur du royaume saoudite, Abdel Aziz Ibn Saoud, de «donner la Palestine aux pauvres Juifs», selon ses propres termes. Ces mêmes promesses ne pouvaient pas être données sans l'état de corruption, de dissolution et d'éloignement de la bonne gouvernance qui a frappé tous les empires du «pouvoir féroce» dits islamiques et qui a atteint son apogée avec la dégénérescence de l'empire de l'Homme malade ottoman.
Il ne pouvait également avoir lieu sans le premier Printemps arabe qui a pris le nom de la Grande révolution arabe qui a chassé les Ottomans hors de la région pour la livrer aux colonisateurs britanniques et français qui concurrençaient pour servir le projet sioniste.
Il ne pouvait non plus voir le jour sans la traitrise de la plupart des chefs arabes qui, conseillés et conduits par leurs protecteurs britanniques, ont encouragé des centaines de milliers de Palestiniens de quitter leur pays pour seulement quelques jours afin de permettre aux armées arabes de chasser les colons sionistes hors de la Palestine. Promesse qui attend sa réalisation depuis 65 ans.

L'ère des victoires

La riposte à la «Nakba» et la libération de la Palestine ont constitué le principal moteur des changements grâce auxquels des forces nationalistes ont accédé aux pouvoirs en Egypte et en Syrie. Cependant, les campagnes menées contre ces deux pays par l'entité sioniste, ses protecteurs occidentaux et leurs prolongements arabes avec, à leur tête le royaume saoudite, ont conduit à la défaite de 1967, aux traités de paix et aux reconnaissances arabes officielles et non officielles de l'entité sioniste.
C'est dans ce contexte que le camp dirigé par les Saoudiens a abandonné ouvertement la Palestine. Le conflit israélo-arabe s'est réduit alors en un conflit israélo-palestinien au milieu de la prolifération des thèses défaitistes et de la croyance rampante pour laquelle tout effort pour résister au projet sioniste était devenu absurde.
Pourtant, c'est dans le même contexte qu'on a assisté à la victoire de la Révolution islamique en Iran, victoire qui a consolidé les positions de la Syrie et aidé à la naissance des mouvements de résistance au Liban et à Gaza qui ont ouvert la région à la fin de l'ère des défaites et au début de l'ère des victoires.
Avec les défaites encaissées par l'armée prétendument invincible, mais surtout avec la hantise des Israéliens face à toute tentative de venger leur défaite historique au Liban en 2006, et avec la nouvelle donne qui a fait du «contrôle de la Galilée» une option pour le Hezbollah, les Arabes sionisés se sont rendus compte du fait que la défaite finale du projet israélo-américain était devenue proche et que la survie de leurs régimes n'était plus possible.
C'est ainsi qu'ils ont pris le devant de la scène pour jouer le rôle de l'outil exécutif aux mains des Etats-Unis et de l'entité sioniste, tantôt en finançant les groupes terroristes et takfiri, comme on le voit en Irak, en Syrie et en Lybie, tantôt en intervenant directement comme on le voit à Bahreïn et au Yémen.
En vérité, ils ont pu «construire» dans ces pays des nakba qui, par leur énormité et leur sauvagerie, ont dépassé celle de la Palestine.
Pourtant, leurs réussites réalisées sur le plan des massacres et des destructions ne pourront pas réaliser leur objectif qu'est la liquidation de l'axe de la Résistance. Elles conduiront certainement à un résultat contraire, car ils n'ont pas assimilé les leçons de la guerre civile qui a éclaté au Liban quelques décennies avant le déclenchement du Printemps arabe et ses émanations : En dépit des massacres et des destructions qui ont frappé ce petit pays quant à sa superficie, le nombre de ses habitants et ses potentialités, il a vu se développer la Résistance qui a introduit l'entité sioniste dans l'ère de l'effondrement. Même après la destruction quasi-totale du Liban pendant la guerre de 2006, la Résistance était sortie plus glorieuse et plus forte qu'auparavant.
Et de la même manière, l'histoire commence à se répéter en Irak, en Syrie, au Yémen et ailleurs dans les pays visés par les agressions menées par l'axe israélo-américain et ses prolongements arabes.

Source : Al-Ahednews

mercredi 20 mai 2015

Lettre d’Henri Alleg au procureur général sur la torture en Algérie



Figure capitale de la guerre d’Algérie, Henri Alleg, alors directeur d’Alger Républicain et militant communiste, est enlevé par l’armée française le 12 juin 1957 et torturé avant d’être interné dans le camp de Lodi. Il porte plainte contre ses bourreaux par cette lettre édifiante qui narre par le menu les sévices, vexations, tortures et menaces subis pendant sa détention. Largement répercutée dans la presse internationale, elle est l’embryon du livre La question, censuré en France en 1958, qui contribuera grandement à faire la lumière sur cette question décidément fâcheuse et tue.

Monsieur le Procureur général
Près la cour d'appel d'Alger
Palais de justice
Alger  juillet 1957
Monsieur le Procureur général,
J'ai l'honneur de porter à votre connaissance les faits suivants : j'ai été arrêté à Alger le mercredi 12 juin par les «paras» de la 10e DP (bérets bleus). (…) On m'introduisit immédiatement dans un bureau situé au troisième ou quatrième étage. Un autre officier, que j'appellerai dans la suite de ce récit le «deuxième lieutenant» (j'ignore son nom), s'y trouvait déjà. Le lieutenant C. me demanda de lui dire quels étaient les noms et les adresses des personnes qui m'avaient hébergé, avec qui j'étais en rapport, et enfin quelles avaient été mes activités depuis le moment où j'avais quitté mon domicile. J'indiquais que, directeur d'Alger républicain, j'avais continué à m'occuper de la défense de mon journal, illégalement interdit depuis septembre 1955, que tous mes efforts avaient tendu à éclairer l'opinion publique sur la nécessité d'une presse libre en Algérie, et plus particulièrement de la reparution d'Alger républicain, condition indispensable, selon moi, pour la recherche d'une solution pacifique. (…) Quant à me faire le dénonciateur des personnes qui m'avaient hébergé ou que je pouvais avoir rencontrées, je m'y refusais absolument.
«Je vous donne une chance», me dit alors le lieutenant C., «voici un crayon et du papier. Ecrivez tout ce que vous avez fait en indiquant les personnes que vous avez rencontrées». Comme je maintenais mon refus, il se retourne vers le «deuxième lieutenant» et lui dit : «Ce n'est pas la peine de perdre notre temps, n'est-ce pas ?» L'autre acquiesçant, il prit alors le téléphone et demanda qu'on prépare une «équipe pour une grosse légume». Quelques instants plus tard, un «para» m'accompagnait jusqu'à l'étage inférieur. (…) A l'étage inférieur, on me fit pénétrer dans une pièce qui doit normalement servir de cuisine, lorsque l'immeuble sera terminé. On m'ordonna aussitôt de me déshabiller et de me coucher sur une planche spéciale munie aux deux extrémités de lanières de cuir. On m'attacha alors les poignets au-dessus de la tête et ensuite les chevilles avec ce système de lanières. Une demi-heure après environ, le lieutenant C. entrait dans la pièce et me demandait si j'avais réfléchi. Comme je répondais que je n'avais pas changé d'opinion, et que je protestais contre des procédés aussi odieux, on me répondit par une bordée d'insultes et d'obscénités et la «séance» commença.
On me transporta d'abord (toujours attaché sur la planche) dans une pièce plus grande. «Tu connais cet appareil, tu en as entendu parler, hein !» me dit le lieutenant C. en me montrant une magnéto. Immédiatement, un «para» assis sur ma poitrine me brancha une électrode sur le lobe de l'oreille droite et l'autre au doigt, et les décharges électriques se succédèrent. Pour m'empêcher de crier, le para assis sur ma poitrine enfonça ma chemise roulée en boule dans ma bouche en guise de bâillon. Pendant ce temps, deux autres resserraient les lanières aux pieds et aux mains, cependant qu'installés autour de moi, assis sur des paquetages, attendant que je parle, le lieutenant C., le rhéostat en mains, le «deuxième lieutenant» et le capitaine D. se faisaient apporter des bouteilles de bière, la séance se prolongeant. Après qu'ils m'eurent successivement aspergé pour «que ça donne mieux», puis accroché les pinces électriques sur les doigts, le ventre, la gorge, les parties sexuelles, ils me détachèrent et me firent relever à coups de gifles et de pieds. On me fit me rhabiller à moitié (pantalon et veste). Le «deuxième lieutenant» me fit alors mettre à genoux et, attachant une cravate autour du cou comme une corde, se mit à me secouer, à me serrer, à m'étrangler, cependant qu'il me frappait au visage de toutes ses forces. Absolument fou de rage, il me hurlait dans la figure: «Tu vas parler, salaud, tu es foutu, tu es un mort en sursis. Tu as fait des articles sur les exactions et les tortures, eh bien maintenant, c'est sur toi que la 10e DP les commet ! Et ce qu'on a fait ici, on va le faire en France. Ce qu'on te fait, on le fera à ton Mitterrand, et à ton Duclos !» Continuant à me frapper, il criait: «Ici, c'est la Gestapo ! Tu sais ce que c'est que la Gestapo ? Tu vas disparaître. Personne ne sait que tu es arrêté, tu vas crever et ta putain de République, on la foutra en l'air aussi !». Puis, à nouveau, toujours à coups de gifles et à coups de pieds, on me ramena sur la planche.
A nouveau déshabillé, je subis encore le supplice de l'électricité, les pinces branchées sur le sexe, la gorge, la poitrine. «Tu ne sais pas nager», dit L. «on va t'apprendre». M'entourant la tête d'un chiffon, ils me plantèrent un taquet de bois entre les mâchoires, puis portant la planche jusqu'à l'évier de la cuisine, ils me maintinrent la tête sous le robinet auquel était fixé un tuyau de caoutchouc. A trois reprises, ils m'amenèrent au bord de l'asphyxie complète, me retirant in extremis pour que je puisse reprendre haleine. A chaque passage, capitaine, lieutenants et «paras» me martelaient le ventre à coups de poings assénés de toutes leurs forces, pour me faire rejeter l'eau absorbée. Au quatrième passage, je m'évanouis et je ne repris connaissance qu'allongé sur le ciment. «Tu as bien failli y passer», me dit le lieutenant C., «mais ne crois pas que tu vas pouvoir toujours t'évanouir. On a des médicaments pour ça. Alors, tu parles ?» Comme je restais silencieux, on m'attacha les chevilles, puis plusieurs «paras» me soulevant à la fois, on m'accrocha les pieds en l'air à une barre de fer de la «cuisine». J'entendis ensuite mes bourreaux dire en riant: «Maintenant, on va le roussir.» Avec des torches faites de journaux roulés, L. me passa alors la flamme sur le sexe et sur les jambes. Puis avec sa cigarette, il commença à me brûler la pointe d'un sein. Ensuite les coups reprirent, les «paras» se relayant pour me frapper. Vers 4h30 le jeudi matin, on me détacha ; je ne tenais plus seul debout. A coups de pied on me fit dévaler l'escalier, on m'attacha enfin les poignets très hauts derrière le dos avec des cordelettes et on me jeta dans une cellule vers les 8h du matin. Je changeais alors de cellule. Il s'agissait plutôt d'un grand placard sans lumière du jour, situé près du mess (pendant la séance de tortures qui suivirent, j'entendis souvent les disques qu'on y jouait).
Les séances reprirent, avec des interruptions de «récupération» jusqu'au vendredi. J'étais trop épuisé pour crier ou me débattre, et c'est cela sans doute qui fit juger mes liens suffisants. Je ne fus donc plus attaché sur la planche. Je ne saurais dire combien de nouvelles séances de torture j'endurais exactement, mais la plus longue eut lieu l'après-midi du jeudi, avec une courte interruption vers le soir, puis reprise jusque tard dans la nuit. J'étais toujours étendu sur le ciment, les poignets sciés par les cordelettes, constamment «branché», même entre deux séances. C'était le lieutenant C., le «deuxième lieutenant», le capitaine D., un autre lieutenant nommé J., et trois «paras» dont L. qui se relayaient pour tourner la manivelle de la magnéto, que les tortionnaires dans leur argot appellent Gégène. «Il faut lui foutre dans la bouche», dit le deuxième lieutenant. M'ouvrant la bouche de force, ils m'enfoncèrent un fil dénudé jusqu'à la gorge. Sous les décharges électriques, mes mâchoires étaient crispées et comme soudées entre elles. Je sentais ma tête comme traversée d'étincelles et d'images de feu, je croyais sentir mes yeux jaillir de leurs orbites. Sous la douleur, je me frappais la tête de toutes mes forces contre le sol. «N'essaie pas de t'assommer, tu n'y arriveras pas», dit le «deuxième lieutenant». Entre deux secousses, le lieutenant C. me dit «A quoi ça te sert tout ça ? On va prendre ta femme : tu crois qu'elle tiendra le coup comme toi ! On t'a prévenu : on ira jusqu'au bout. Personne ne saura que tu es mort." Le «deuxième lieutenant» me menaça de s'en prendre à mes enfants (qui résident en France). «Tu sais qu'on enlève déjà en France. Tu le sais ? Tes gosses arrivent par avion ce soir. Parle ou il va leur arriver un accident».
Entre deux séances d'électricité, «le deuxième lieutenant», s'installant sur mes jambes, se mit à me brûler la pointe des seins avec des allumettes qu'il enflammait une à une, cependant qu'un «para» (un nouveau) me brûlait la plante des pieds. Le vendredi, je n'étais plus capable de me tenir assis ni de m'adosser au mur seul. J'avais les lèvres, la langue, la gorge, secs comme du bois. Les bourreaux savent que l'électricité assèche terriblement le corps et crée une soif insupportable. Le deuxième lieutenant me dit : «il y a deux jours que tu n'a pas bu, tu ne crèveras pas avant quatre jours. Tu sais ce que c'est que la soif ? Ce soir, tu lècheras la pisse. En versant de l'eau d'un quart dans un autre, il faisait couler l'eau tantôt devant les yeux, tantôt auprès de mes oreilles, il approchait les quarts de mes lèvres pour les retirer aussitôt. Puis, comme devenu subitement humain, il dit : «Allons, on n'est pas tellement vache, je vais te faire boire quand même.» Il sortit et revint quelques minutes après avec un grand pichet en zinc. Tandis qu'un «para» me pinçait le nez de façon à ce que je garde la bouche ouverte, il me fit absorber le contenu du récipient, de l'eau atrocement salée.
La dernière séance d'électricité, dirigée par le capitaine D., fut en même temps un simulacre de préparations d'exécution. «C'est ta dernière chance», me dit-on, et, tandis qu'on me branchait à nouveau, un «para» sortait son revolver et le posait sur mes genoux comme dans l'attente d'un ordre.
Le vendredi enfin, je reçus la visite d'un officier qui, sur le ton courtois, me dit : «Ecoutez, je suis l'aide de camp du général Massu, répondez aux questions que l'on vous pose et je vous fais transporter tout de suite à l'infirmerie. Dans huit jours, vous avez ma parole d'honneur, vous serez en France avec votre femme. Sinon vous allez disparaître. Vous avez 36 ans, c'est jeune pour mourir». Je me souviens de la seule réponse que je lui donnai fut : «Tant pis». Il dit alors : «Il ne nous reste plus qu'à vous suicider. Je verrai peut-être un jour vos enfants. Voulez-vous que je leur dise que j'ai connu leur père ? Ca me fait de la peine de vous voir dans cet état, mais, vous savez, si vous me laissez partir, les autres vont revenir.» (...)
Durant un mois, j'ai été illégalement détenu dans une cellule dans des conditions matérielles et morales ignobles. Toutes les nuits, j'entendais à travers la cloison hurler les hommes que l'on torturait sans interruption jusqu'au matin. Les premières nuits, je crus reconnaître la voix de ma femme qui, dans l'odieux chantage qui avait été fait, était également promise au supplice. Je fus interrogé à nouveau à deux reprises, mais sans nouvelle torture. On me menaçait seulement périodiquement d'exécution sommaire. Le mercredi 26 juin, un officier en civil vint me trouver et me fit remarquer que je pouvais aisément me suicider. Il y avait en effet dans la cellule près de 2 m de fils électriques. Le jeudi 11 juillet, je subis enfin un dernier interrogatoire de la part du capitaine F., qui me jeta par terre d'une gifle, «pour apprendre à ne pas répondre avec insolence». Le vendredi 12 juillet, j'étais interné au camp de Lodi.
Je porte donc plainte entre vos mains, Monsieur le Procureur, contre le capitaine D., les lieutenants C. et J., le «para» L. et tous les autres dont le «deuxième lieutenant» que l'information pourra révéler, pour torture, séquestration arbitraire, menaces de mort. Je porte également plainte pour violences contre le capitaine F...
Veuillez agréer, Monsieur le Procureur général, l'assurance de mes sentiments très distingués.
Henri Salem (dit Alleg), directeur d'Alger Républicain, assigné à résidence au centre d'hébergement de Lodi.