samedi 11 avril 2015

Palestine : Comment la société Orange a prêté la main au massacre dans Gaza. En soutenant l’armée israélienne via sa filiale israélienne, Orange a aidé à accélérer la destruction de la société palestinienne et à tuer et blesser des milliers de gens.



La filiale israélienne d’Orange, multinationale française de télécommunications, a fourni un soutien matériel direct aux soldats israéliens participant l’été dernier à l’assaut meurtrier contre Gaza.

L’entreprise a aussi parrainé deux unités militaires israéliennes pendant plusieurs années, preuve d’une profonde complicité avec l’occupation militaire israélienne et avec les violations des droits humains.
L’une de ses unités, la compagnie de tank "Ezuz", a pris part aux attaques contre Gaza l’été dernier et était en activité dans des lieux précis ou des centaines de civils palestiniens ont été tués.
Orange, connu précédemment sous le nom de France Télécom, est un important fournisseur de téléphonie mobile, de réseaux et de services Internet en Europe, en Afrique et au Moyen-Orient, y compris en Jordanie et en Égypte (via sa filiale Mobinil).
En Israël, Orange tire profit de l’octroi de sa marque à une compagnie israélienne détenue indépendamment, Partner Communications Ltd. et en lui vendant des équipements et d’autres services.

Une aide à l’attaque de Gaza

Les avions et l’artillerie israéliens ont fait tomber l’équivalent d’une bombe atomique sur Gaza pendant 51 jours en juillet et août dernier, détruisant de vastes zones et tuant plus de 2200 Palestiniens et parmi eux plus de 500 enfants.
D’après Amnesty International, les forces israéliennes ont opéré avec "une impitoyable indifférence envers le carnage causé" par leurs attaques.
Des familles entières ont été annihilées pendant que les forces israéliennes visaient les habitations civiles systématiquement et délibérément.
Au cours de cette horreur qu’Israël a qualifiée « opération Bordure protectrice », Orange a été sur la ligne de front, fournissant un soutien matériel et élevant le moral de ceux qui menaient l’assaut.
D’après Israel Hayom, Orange exonéra de frais de service les soldats « situés dans la zone autour de Gaza » pendant l’attaque.
Pendant l’attaque, Orange envoya quotidiennement « trois unités mobiles aux points rencontre des soldats autour de Gaza », d’après le site Web Frumline dans un article du 22 juillet 2014 intitulé « Orange en action à la frontière en raison de l’opération Bordure protectrice ».
« Les unités mobiles sont équipées de générateurs, de chargeurs pour tous les types d’appareils, de centaines de batteries préchargées et de portables pour permettre aux soldats d’être en contact avec chez eux », indiquait Frumline.
À Gaza, les Palestiniens qui ont survécu à l’attaque ont parlé de soldats israéliens exécutant leurs proches de sang-froid.
Dans le même temps, en Israël, des dizaines d’employés d’Orange se dispersaient dans le pays, rendant visite aux soldats israéliens “et distribuant des tablettes tactiles pour rendre plus agréable leur séjour à l’hôpital.”

« Adoptez un soldat »

Le soutien d’Orange à l’armée israélienne date de bien avant l’attaque contre Gaza l’été dernier.
« Notre lien actuel avec les troupes a commencé avec l’établissement du projet Adoptez un Soldat de l’Association pour le Bien-être des Soldats d’Israël », explique Orange dans la page “responsabilité de l’entreprise” de son site.
Dans le cadre de ce projet, la compagnie a « adopté » deux unités : la compagnie de chars "Ezuz" depuis 2005 et, depuis 2008, l’unité "Shachar" de recherches et sauvetage. Des dizaines d’entreprises, en grande majorité israéliennes, participent au projet Adopt A Soldier – “Ametz Lohem” en hébreu. Parmi les plus connues internationalement, on trouve la compagnie aérienne El Al et Strauss, le fabricant du houmous Sabra.
La participation d’une multinationale comme Orange se singularise – la seule autre firme internationale reconnaissable est le cabinet d’audits financiers Ernst & Young, qui parraine une unité de drones.
D’après le site Internet d’Orange, « l’adoption » consiste en « des activités conjointes de soldats avec des employés de la compagnie, par exemple : sports, utilisation des installations de la compagnie pour l’entraînement et des conférences, soutien aux soldats isolés, accompagnement des soldats démobilisés dans leur parcours vers la vie civile et financement d’activités de divertissement à l’échelle de bataillons : randos, journée d’athlétisme, cérémonies de décoration de soldats exemplaires, etc. ».
Un article du numéro de novembre 2014 du magazine militaire israélien Shiryon (hébreu pour "Armure") et révèle que l’unité Ezuz a participé directement à l’attaque de Gaza et était présente au moment et sur les lieux ou des centaines de civils ont été tués et des milliers de maisons détruites.
Le Lieutenant colonel commandant d’unité, Aryeh Berger, a déclaré à Shiryon qu’Ezuz faisait partie des forces qui ont envahi Deir al-Balah au centre de la bande de Gaza. Il a indiqué que là, ses hommes ont « attaqué des maisons des militants de Hamas » et « purifié » les immeubles.
Human Rights Watch a condamné et qualifié d’“illégal" le ciblage délibéré des maisons par Israël sous le prétexte qu’elles auraient appartenu aux familles de personnes associées à Hamas ou à d’autres organisations armées de résistance.
Berger a aussi révélé que son unité a été active dans la zone de Khan Younis au sud de Gaza dans la même période où la capture près de Rafah d’un soldat israélien, Hadar Goldin de la brigade Givati, a été annoncée. La capture s’est produite le 1er août 2014.
Ceci situe l’unité Ezuz dans deux zones spécifiques ou des tueries massives ont eu lieu. Berger révèle que dans la zone de Khan Younis, ses forces avaient pour tâche « d’isoler » un village – qu’il ne nomme pas. Une fois la capture de Goldin annoncée, dit Berger, "il fallut quitter notre tâche en urgence pour renforcer la brigade Givati, et nous y sommes arrivés en trois heures. »
Le Centre palestinien des droits de l’homme a rapporté que des dizaines de civils ont été tués dans et autour de Khan Younis par des bombardements aériens et de l’artillerie provenant de tanks et de navires de guerre.
Le 1er août, au cours d’un bref « cessez-le-feu humanitaire », des équipes médicales, des journalistes et des habitants sont entrés dans le village de Khuzaa, à l’est de Khan Younis, qui avait été assiégé par les forces israéliennes. Ils découvrirent les corps de dizaines de civils tués.
Certains avaient été tués alors qu’ils tentaient de fuir en agitant des drapeaux blancs. D’autres moururent quand leur maison fut détruite au-dessus d’eux.
La chaîne britannique Channel 4 documenta les scènes de destruction et de carnage quand les gens entrèrent dans le village le 1er août :
À Rafah – probablement là où Ezuz s’est redéployé pour renforcer la brigade Givati après l’annonce de la capture de Goldin – les forces israéliennes ont accompli ce qu’on appelle la “Directive Hannibal” : un bombardement en tapis de la ville par voie de terre, mer et air, tuant plus de 200 civils et détruisant plus de 2500 maisons.
Il y eut tant de morts que les hôpitaux furent obligés d’entreposer les corps et les membres dans des glacières pour ice-creams .
Le commandant Berger d’Ezuz déclara qu’à Gaza, il ordonna à ses hommes de ne pas rouler sur les routes ou par les carrefours. Quand les commandants de tanks demandèrent où ils devaient passer, Berger répondit : « Partout ailleurs ! »
Il considéra l’assaut sur Gaza comme une rare occasion d’entraînement : « J’ai affecté à un de mes commandants de compagnie de documenter cela par vidéo, pour qu’on puisse l’illustrer à l’entraînement, en leur montrant par exemple comment un tank roule dans un verger, parce qu’ils croient que ce n’est pas possible, ou comment les tanks tirent dans différentes situations. Parce qu’à l’entraînement, on ne dispose pas de zones de vergers sur lesquelles passer et repasser, ni d’une variété de maisons ’vivantes’ sur lesquelles tirer. »
Voilà l’unité qu’Orange a parrainée pendant une décennie.

"Responsabilité sociale d’entreprise"

Orange dit qu’il a un programme mondial complet de “responsabilité sociale d’entreprise.”
La compagnie prétend que "notre engagement d’entreprise citoyenne donne le même sens à toutes nos activités : faire du numérique un accélérateur de progrès pour la société et pour chacun."
Mais en soutenant l’armée israélienne via sa filiale israélienne, Orange a aidé à accélérer la destruction de la société palestinienne et à tuer et blesser des milliers de gens.
Malgré le fait qu’Orange ne possède pas Partner Communications Ltd., il reste responsable et doit rendre compte des activités de Partner menées en son nom et sous sa marque. Orange tire directement profit des activités de Partner via son accord de redevance, fournit Partner en équipements et est responsable de la gestion et de la réputation de la marque Orange dans le monde entier.

Promouvoir Israël

Circonstance aggravante, la compagnie mère semble être pleinement complice en aidant Israël à blanchir sa réputation. En mai 2014, son groupe de réflexion Orange Institute a sponsorisé une conférence à Tel-Aviv et à Jérusalem intitulée « Comment Israël est devenu un labo technologique pour le monde.”
Le matériel promotionnel déclarait qu’en 2014 « la formule d’ ’Israël nation start-up’ luit encore plus brillamment qu’à la première visite d’Orange Institute en 2011. »
Et Orange Institute de s’épancher : « De ce petit pays de 8 millions d’habitants, nous continuons de constater d’énormes retours [sur investissement]. »
La conférence fit la promotion de sujets tels que « l’emploi des drones civils » et « les innovations de cyber-sécurité dans le cyber-écosystème israélien. »
Orange veut s’attribuer le mérite d’initiatives « soutenant la culture numérique » et promouvant « des solutions écologiques. »
Il devrait être aussi tenu responsable de sa complicité dans les crimes de guerre d’Israël à Gaza. Les consommateurs pourraient le faire en refusant d’être des clients d’Orange.
Orange est déjà mis sous la pression de la société civile française à propos de la complicité dans la colonisation israélienne de la Cisjordanie occupée et du plateau du Golan de sa filiale israélienne. Une déclaration signée par des dizaines d’organisations françaises appelle Orange à mettre fin à son accord avec Partner Communications Ltd. à cause des opérations de ce dernier dans les territoires occupés.
L’an dernier, le gouvernement français a averti les entreprises françaises des risques de faire des affaires dans les colonies israéliennes des territoires occupés, qui sont illégales aux yeux du droit international.
Mais la possibilité existe aussi que des Palestiniens – individuellement ou au titre d’organisations des droits humains – cherchent à tenir Orange responsable de la fourniture d’un soutien matériel à des crimes de guerre – y compris sous la forme d’équipements fournis à Partner - dans le cadre de la doctrine émergente de la responsabilité d’entreprise pour les graves violations des droits humains.
Le bureau de presse du siège parisien d’Orange n’a pas répondu à des demandes réitérées de commenter.
Remerciements à Dena Shunra pour ses recherches et traductions
Ali Abunimah

Source : Info-Palestine.eu

lundi 6 avril 2015

YEMEN : L’Arabie Saoudite a mis le feu à l’Orient du Monde. L'incendie est allumé avec la bénédiction des Etats-Unis et de leurs alliés. L'embrasement commencé en Irak, en Libye puis en Syrie est désormais général.


Une invasion en règle.

Depuis le 26 mars de cette année, l'Arabie Saoudite, alliée à huit autres pays arabes et deux grandes "démocraties" islamiques non-arabes : le Pakistan et l'inévitable Turquie - toujours dans les "bons" coups – a envahi un état souverain : le Yémen.
Le prétexte avancé : l'Arabie Saoudite viendrait au secours de la moitié de la population yéménite sunnite en guerre contre l'autre moitié chiite.

Qui relance un conflit multi millénaire.

Comme toutes les guerres, celle-ci se dissimule sous la couverture idéologique du moment : celle d'une bataille entre deux idéologies ou deux religions en l'occurrence l'Islam chiite contre l'Islam Sunnite. En réalité l'enjeu est tout autre ordre. C'est une guerre multi-millénaires qui vient de raviver sous nos yeux, celle opposant les Perses aux Arabes.

Depuis 2500 ans l'Iran est la puissance dominante de la région. De Rome à Saddam Hussein, l'Iran depuis des temps immémoriaux a fait face aux envahisseurs d'où qu'ils viennent. Que ces envahisseurs soient Occidentaux ou armés par des Européens n'est pas une situation inédite.

Une nouvelle fois, des forces poussées par l'Occident s'en prennent à l'Iran via ses alliés.

Ça y est. C'est fait. Avec la bénédiction de l'Occident, l'Arabie Saoudite a mis le feu au Moyen Orient. En envahissant le Yémen, un pays plus grand la France, et peuplé comme la moitié de notre patrie, l'Arabie Saoudite a allumé un incendie qui ne s'éteindra pas de sitôt.

Contre un Empire et ses alliés.

Car l'Iran, comme tout grand empire qui se respecte, a des alliés.

Comme jadis, l'Union Soviétique instrumentalisait tous les Communistes de la planète au service des intérêts de la Russie, allant jusqu'à s'allier au III eme Reich, l'Iran a instrumentalisé, du Liban, à l’Irak, de la Syrie au Yémen, tous les Chiites du monde, au service du peuple iranien, au service de la Puissance Perse.

Ce sont ces Chiites qui sont frappés aujourd'hui au Yémen, comme ils le furent il y a quelques années à Bahreïn. Tout cela dans l'assourdissant silence des puissances occidentales, d'habitude si promptes à dénoncer les interventions étrangères, quand elles viennent ou viendraient(!) de Russie, par exemple !

Une guerre d'une nouvelle dimension.

Cette guerre, peu couverte par nos media, peut-être un peu honteux de voir les USA et leurs amis, habituels champions de la démocratie, allié de l'Arabie Saoudite qui n'est pas vraiment un modèle du genre, mais enfin après ce qu'on a vu en Ukraine ... est d'une importance qui dépasse celles déjà en cours en Syrie, en Iraq ou en Libye, car elle fait s'opposer directement plusieurs états dont la puissance arabe dominante de la péninsule du même nom.

Déclenchée par un irresponsable, mal calculée et mal préparée.

Cette guerre a été déclenchée par un roitelet saoudien mal dégrossis et sans expérience : Mohammed ben Salmane al-Saoud qui ne mesure visiblement pas les conséquences de ses actes. L'Arabie Saoudite est à peine plus peuplée que le Yémen (30 millions d'habitants contre 26 millions). Elle est elle-même un régime totalement vermoulu et au bord de l'implosion. Son armée, équipée, par des Occidentaux, selon des critères de guerres classiques occidentales, c'est à dire de guerres frontales comme on en vit entre 1939 et 1945 et comme on l'imagina pendant la Guerre Froide, n'est absolument pas pensée, entraînée et encore moins expérimentée pour une guérilla urbaine comme il s'en produit aujourd'hui au Yémen.

Le petit calcul pensant intelligent de placer cette guerre pendant les négociations finales sur le nucléaire iranien ne changera rien à l'affaire.

L'issue en est inscrite.

Dans cette guerre, on voit la première puissance arabe de la région directement impliquée, dans des batailles qu'elle ne peut pas gagner, parce que son armée n'est pas conçue pour et que la volonté de son peuple est inexistante (les Saoudiens ne luttent pas contre une invasion iranienne mais contre leurs frères Arabes, où est leur motivation ?). L'Arabie Saoudite va donc prendre les pires coups de face, sans qu'aucun pays tampon, aucune mer, aucun relief infranchissable ne la protège d'une contre-offensive ou d'une contagion du Yémen voisin.

La défaite est programmée avec en arrière plan l'effondrement d'un régime corrompu et... un embrasement possible de la région autour des Lieux Saints.

L'incendie est allumé, L'Arabie Saoudite avec la bénédiction des Etats-Unis et de leurs alliés a mis le feu au Moyen Orient. L'embrasement commencé en Irak, en Libye puis en Syrie est désormais général.
Source : SITE LE KERGOAT

dimanche 5 avril 2015

Le Yémen sera le Vietnam de l’Arabie Saoudite…. l’armée saoudienne se livre surtout au massacre aérien du peuple sans défense du Yémen. En face d’elle, des guerriers qui défendent leurs maisons et leurs familles, comme les Viet Kong au Vietnam, l’Arabie saoudite va se retrouver dans un bourbier yéménite, qui sera son "Vietnam".



Counterpunch
Ne se remettant pas de la dernière humiliation militaire que lui avaient infligée, il y a six années, au Yémen, des combattants tribaux Houthis, la famille royale d’Arabie Saoudite s’est lancée dans une entreprise qui est très probablement en train de devenir un "Vietnam" saoudien : je veux parler de leur tentative d’envahir le Yémen.
En 2009, l’incompétence de l’armée saoudienne a été révélée au grand jour lorsque leur importante offensive contre les Houthis de long de la frontière Arabie Saoudite/ Yémen a été repoussée et que, dans la contre-offensive qui a suivi, les combattants Houthis, légèrement armés, ont conquis un grand morceau de territoire saoudien.
La dernière fois qu’une "armée pan-arabe" a essayé d’envahir et d’occuper le Yémen, dans les années 1960, Nasser, le général égyptien devenu président, a été finalement contraint, la queue entre les jambes, de retirer son armée de plus de 50 000 hommes de ce qui était devenu le "Vietnam de l’Egypte" comme il l’a lui-même tristement reconnu plus tard.
Les problèmes au Yémen ne viennent pas d’une opposition entre chiites et sunnites ou entre l’Iran et l’Arabie saoudite. Ils ne viennent pas d’Obama, dont l’administration particulièrement incapable a été forcée de rester assise sur le banc de touche et de regarder la famille royale saoudienne se lancer dans cette aventure insensée.
Les problèmes au Yémen viennent tous de conflits tribaux qui remontent à des siècles, et la seule façon de les résoudre est d’entamer un long et fastidieux processus de négociations. En 1990, un accord de paix qui aboutissait à la réunification du Yémen avait vu le jour avec beaucoup de difficulté. On devait cet accord de paix, qui a tenu plus de deux décennies, à la médiation de ce qui était alors le commandement d’une bande de combattants en guenilles pour l’indépendance qui se faisaient appeler le Front de Libération des Peuples Erythréens, un fait qui tarde à être reconnu par ceux qui couvrent le conflit actuel.
Les Saoudiens lancent cette guerre contre le peuple yéménite par orgueil et arrogance, mais aussi par une sorte de paranoïa : ils craignent soi-disant d’être encerclés par un anneau "d’ennemis chiites menés par l’Iran", c’est, du moins ce que voudraient nous faire croire les têtes parlantes des médias occidentaux.
En fait, la famille royale saoudienne est remplie d’une haine wahhabite inextinguible envers tout ce qui ressemble à un mouvement chiite, même si, historiquement, les chiites d’Asie occidentale ne considéraient pas les Houthi du Yémen comme de vrais chiites.
La peur saoudienne paranoïaque de l’Iran n’a pas de fondement réel, car l’Iran ne menace en rien l’Arabie Saoudite. L’Iran n’a d’ailleurs même pas soutenu l’insurrection chiite au Bahreïn. Malgré tous les discours sur le soutien militaire iranien à la conquête Houthi du Yémen, les preuves à l’appui de cette accusation manquent.
Les Houthis, qui en avaient marre d’être perpétuellement négligés par le gouvernement yéménite et qui voulaient en finir avec une politique qui engendre des famines au Yémen, ont conclu un accord avec l’ancien président Saleh, dont le fils dirigeait l’armée yéménite à l’époque de l’accord que l’Arabie Saoudite et les États du Golfe ont fait avaler de force aux yéménites, il y a deux ans, et ont lancé une offensive pour s’emparer du pays.
Depuis le début les Houthis réclament des négociations tout en disant clairement qu’ils ne permettront pas aux Wahhabites "d’Al-Qaida dans la péninsule arabique" (le groupe est principalement composé de fanatiques saoudiens en exil) de se maintenir au Yémen.
Ayant déjà subi une humiliation militaire en 2009, et craignant d’être considérés comme faibles et incapables par la minorité chiite assujettie implantée sur les terres pétrolifères de l’est de l’Arabie Saoudite, le régime saoudien Wahhabite a lancé ce qui a toutes les chances de devenir leur "Vietnam".
Bien sûr, ils le font sous couvert d’une bannière pan-arabe, avec l’Egypte qui promet des troupes pour appuyer l’invasion et la future occupation du Yémen.
Al Sisi, le dernier général égyptien à devenir président, est un allié particulièrement réticent, du fait qu’il a été élevé dans le souvenir de la défaite humiliante de l’Egypte lorsqu’elle a tenté de soumettre le Yémen. Ce n’est pas par hasard que, il y a seulement quelques semaines, l’Arabie saoudite et les Etats du Golfe ont envoyé leurs dirigeants à Sharm al Sheikh pour annoncer plus de 20 milliards de dollars d’aide et d’investissements destinés à renflouer l’économie chancelante de l’Egypte, en espèces sonnantes et trébuchantes que le président Al Sisi était venu mendier son chapeau à la main.
D’après les nouvelles, la guerre fait rage à la frontière Yémeno- saoudienne, et il est intéressant de noter que l’armée saoudienne n’a pas encore fait là de progrès sérieux. Etant donné que la majeure partie des combattants Houthis se sont regroupés pour prendre d’assaut Aden dans le sud pétrolifère du Yémen, la tentative militaire saoudienne d’envahir le cœur du territoire Houthi n’est pas très concluante.
À ce stade, l’armée saoudienne se livre surtout au massacre aérien du peuple sans défense du Yémen. Si et quand l’offensive terrestre promise commence sérieusement, on verra des milices Houthis aguerries se battre contre une armée prétendument pan-arabique qui a peu d’expérience de la vraie guerre. Avec, en face d’elle, des guerriers qui défendent leurs maisons et leurs familles, comme les Viet Kong au Vietnam, l’Arabie saoudite va se retrouver dans un bourbier yéménite, qui sera son "Vietnam".
Thomas C. Montagne
Thomas C. Montagne vit et travaille comme journaliste en Erythrée, tout près du Yémen, depuis 2006. On peut le joindre à thomascmountain at yahoo dot com.
Traduction : Dominique Muselet

YEMEN : L’INTERVENTION SAOUDIENNE. L’Arabie Saoudite intervient dans les affaires intérieures du Yémen en violation flagrante du Droit international après avoir brisé le soulèvement pacifique de 2011.



Chaque soulèvement pacifique contre des régimes qui oppriment et maintiennent leurs peuples dans le sous développement et la misère, trouve sur son chemin l’impérialisme américain et ses alliés locaux à leur tête l’Arabie Saoudite.
Chaque marche vers le progrès et la démocratie est stoppée par les forces réactionnaires qui cherchent à faire tourner la roue de l’histoire en arrière.

L’Arabie Saoudite est intervenue militairement au Yémen dans la nuit du mercredi au jeudi 26 mars 2015 avec l’aide des armées des pays du Golfe et des forces égyptiennes notamment.
Les États-Unis apportent leur soutien en logistique et en renseignement selon la porte-parole du Conseil national de sécurité (NSC) de la présidence américaine Bernadette Meehan.
Barack Obama a téléphoné au roi de l’Arabie saoudite pour l’assurer de son soutien. Le président yéménite Hadi a fui son pays sous protection saoudienne.
Une fois encore, L’Arabie Saoudite intervient dans les affaires intérieures du Yémen en violation flagrante du Droit international après avoir brisé le soulèvement pacifique de 2011.
Rappelons pour mémoire que cette révolte populaire a réussi à renverser le président Ali Abdallah Saleh au pouvoir depuis 1978. Celui-ci s’est réfugié en Arabie Saoudite le lendemain du bombardement de son palais le 3 juin 2011 par le chef tribal Sadek al-Ahmar. C’est également l’Arabie Saoudite qui a soigné dans ses hôpitaux le président gravement blessé et permis enfin son retour au Yémen le 23 septembre de la même année. Et c’est à Riyad que l’accord de transfert de pouvoir entre Saleh et son vice président Abd Rabbo Mansour Hadi a été signé en présence du Roi d’Arabie .
Ces manœuvres saoudiennes ont créé une situation propice au chaos et à la guerre civile. Ce qui se passe aujourd’hui au Yémen est la conséquence directe de cette farouche volonté de l’Arabie Saoudite, sous l’égide de l’impérialisme américain, de maintenir le Yémen et toute cette région sous sa domination. L’Arabie Saoudite a toujours considéré le Yémen comme le prolongement de son propre territoire.
Rappelons également que c’est toujours l’Arabie Saoudite qui a envahi le petit royaume de Bahreïn le 14 mars 2011 mettant ainsi un terme, là encore, au magnifique combat pacifique contre la tyrannie de la dynastie des Al-Khalifa au pouvoir depuis plus de trois siècles.
La place de la Perle, au cœur de Manama la capitale de Bahreïn et haut lieu de la révolte populaire, a été évacuée dans le sang le 16 mars 2011. Le monument de la Place a été détruit et remplacé par les chars de l’armée saoudienne. Aujourd’hui encore, malgré une terrible répression, le peuple de Bahreïn résiste toujours à l’oppression dans l’indifférence absolue des bourgeoisies occidentales .
Toutes ces interventions contre des peuples en lutte sont rendues possibles grâce à la complicité totale des bourgeoisies américaines et européennes. Chaque soulèvement pacifique contre des régimes qui oppriment et maintiennent leurs peuples dans le sous développement et la misère, trouve sur son chemin l’impérialisme américain et ses alliés locaux à leur tête l’Arabie Saoudite. Chaque marche vers le progrès et la démocratie est stoppée par les forces réactionnaires qui cherchent à faire tourner la roue de l’histoire en arrière.
L’écrasement des soulèvements populaires et pacifiques des peuples du monde arabe, la destruction de l’Irak, de la Libye et la volonté de détruire la Syrie par l’impérialisme américain et ses alliés locaux ont créé les conditions matérielles pour le développement de l’obscurantisme, du terrorisme et de la guerre civile. L’impérialisme et la contre-révolution incarnée par l’Arabie Saoudite mènent une véritable guerre contre les aspirations à la démocratie et à la prospérité des masses opprimées.
L’impérialisme américain a toujours assigné au régime moyenâgeux d’Arabie Saoudite le rôle de rempart contre tout changement démocratique et progressiste dans cette région du monde.
Maintenir les peuples sous le joug de la servitude qui brise leur élan et leur vitalité reste pour l’impérialisme et ses valets locaux le meilleur moyen pour les dominer.
L’impérialisme est partout et toujours l’ennemi des peuples.
Mohamed Belaali
Source : Le Grand Soir