vendredi 13 février 2015

Ukraine : Le coup d’état... Des groupes soutenus par l’Occident ont confisqué par un coup d’état flagrant le pouvoir d’un président démocratiquement élu.



Dix-huit des meilleurs analystes nord-américains montrent ici que le 22 février 2014, place Maïdan à Kiev, après des mois de déstabilisation politique financée par les États-Unis et l’Union européenne, des groupes soutenus par l’Occident ont confisqué par un coup d’état flagrant le pouvoir d’un président démocratiquement élu. Des extrémistes néo-nazis, à l’avant-garde des manifestations, ont obtenu des ministères et d’autres postes importants dans le nouveau gouvernement non-élu. à cause de la couverture médiatique pro-Maïdan fortement influencée, sinon contrôlée, par les gouvernements occidentaux, les Européens ont généralement vécu ce changement de régime avec apathie. Ils semblent ne pas comprendre qu’il y a eu un coup d’état fasciste au coeur de l’Europe... et un coup d’état soutenu par leurs propres dirigeants. Comme en Libye, Syrie, Yougoslavie, Irak, etc., on a assisté en Ukraine au plus cruel sadisme masqué par une gigantesque puissance de feu médiatique occidentale : assassinats à Maïdan par des snipers d’élite néo-nazis maquillés en police d’État ; immolations vivantes au lance-flammes de fédéralistes pacifiques par des groupes néo-nazis téléguidés par la junte et maquillées en incendie à Odessa devant la police passive et complice ; officines déstabilisatrices de la CIA financées à hauteur de 5 milliards de dollars depuis 1991 et camouflées en ONG humanitaires « pro-démocratie », etc.
Cependant, du développement même de cet affrontement mûrit une « vision politique » : dans le Donbass, le peuple qui pour survivre secoue le joug du libéral-fascisme, prend conscience du fait que l’alternative « ou bien mourir pour un oligarque russe ou bien mourir pour un oligarque ukrainien » n’est pas pertinente et se dépasse nécessairement en : s’approprier collectivement les biens productifs usurpés par les oligarques de toute obédience. Puisse alors ce « retour du réel et du rationnel » refluer comme un boomerang de Donetsk vers l’ouest et montrer aux pyromanes US/UE que désormais le roi est nu.
Ukraine, le coup d’Etat
STEPHEN LENDMAN (dir)

mardi 10 février 2015

UKRAINE : Les États-Unis mettent toute leur énergie à élargir le conflit qu’ils ont eux-mêmes déclenché en Ukraine.Ils veulent une guerre en Europe.



Le Etats-Unis veulent livrer des armes supplémentaires à l’Ukraine et provoquer ainsi la Russie à s’engager dans une guerre plus large. Les arguments à l’appui de ces livraisons d’armes, à savoir que cela aurait pour effet de restreindre la Russie sont tout simplement stupides et ont pour seul but de dissimuler le vrai projet: une escalade qui mettrait l’Europe (à nouveau) à feu et à sang.
Les États-Unis mettent toute leur énergie à élargir le conflit qu’ils ont eux-mêmes déclenché en Ukraine:
Comme la personne que le président Barack Obama a choisie pour diriger le Pentagone a déclaré mercredi qu’il était favorable aux livraisons d’armes létales, le président ukrainien a dit qu’il faisait confiance aux États-Unis pour leur en livrer. Pendant ce temps, le secrétaire à la Défense sortant, Chuck Hagel, et le secrétaire d’État, John Kerry, s’envolaient vers l’Europe pour discuter de l’Ukraine et d’autres questions avec leurs alliés. Le vice-président, Joe Biden, doit les rejoindre jeudi.
La France, le Royaume-Uni, l’Allemagne et d’autres pays européens se sont prononcés contre ces livraisons d’armes et l’escalade qu’elles vont entraîner.
Kerry s’est rendu à Kiev aujourd’hui pour pousser les marionnettes ukrainiennes à l’escalade. Merkel et Hollande vont aussi aller à Kiev pour tenter de convaincre Porochenko de dés-escalader le conflit et de faire la paix avec les fédéralistes de l’est de l’Ukraine. J’ai des doutes sur leur véritable indépendance et il se peut que leur démarche fasse simplement partie du spectacle. Sinon, pourquoi auraient-ils accepté l’augmentation des capacités et des infrastructures de l’OTAN dans l’est de l’Europe?
La solution du conflit en Ukraine est simple. Fédéralisation, reconnaissance officielle de la langue russe qui est parlée dans l’Est et élections démocratiques des gouverneurs locaux. Voilà ce que l’Est demande depuis le début et voilà les solutions que même les sommités de la politique étrangère étas-unienne exhortaient l’Ukraine à mettre en place il y a un an.
L’Ukraine est en faillite. Ce matin, sa monnaie a perdu 30% de sa valeur en quelques heures. Au lieu d’inciter à l’escalade de la guerre civile, il faut de toute urgence se mettre autour d’une table pour trouver une solution. La solution ne peut pas être la guerre en subventionnant indéfiniment le pays le plus corrompu d’Europe.
Fédéralisation et réforme constitutionnelle (c’est à dire le point 3 : Décentralisation du pouvoir …) sont des points cruciaux qui avaient obtenu l’accord des deux camps dans le protocole de Minsk sur le cessez-le feu dans l’est de l’Ukraine. Mais tout en insistant sur d’autres éléments de l’accord lui-même, Porochenko rejette toujours ces points cruciaux, qui avaient pourtant fait l’objet d’un consensus.
Même si les États-Unis parviennent à envenimer la situation en fournissant davantage d’armes à Kiev, la Russie ne cédera pas. L’expérience lui a appris qu’une Ukraine dominée par l’OTAN à sa porte est un danger mortel. La Russie doit prendre et va prendre des contre-mesures. Les États-Unis diront alors que ces contre-mesures sont le signe d’une nouvelle agression et ils en profiteront pour augmenter l’escalade. D’escalade en escalade, l’Europe sera bientôt en flammes.
Ce sera excellent pour l’économie américaine, mais terrible pour l’Ukraine et l’Europe.
Traduit par Dominique Muselet, relu par jj pour le Saker Francophone
Source : Moon of Alabama

lundi 9 février 2015

UKRAINE - L’option Fallouja pour l’Ukraine de l’est (Counterpunch) : Washington a besoin d’une guerre en Ukraine pour atteindre ses objectifs stratégiques.Les États-Unis veulent faire avancer l’OTAN jusqu’à la frontière occidentale de la Russie.



« Je veux lancer un appel au peuple ukrainien, aux mères, aux pères, aux sœurs et aux grands-parents : Cessez d’envoyer vos fils et frères au massacre, un massacre inutile et sans merci. Les intérêts du gouvernement ukrainien ne sont pas les vôtres. Je vous en supplie : Reprenez vos esprits. Vous n’êtes pas obligés d’arroser les champs du Donbass avec le sang ukrainien. Ça n’en vaut pas la peine. » - Alexander Zakharchenko, Premier ministre de la République populaire de Donetsk.
Washington a besoin d’une guerre en Ukraine pour atteindre ses objectifs stratégiques. On ne le dira jamais assez.
Les États-Unis veulent faire avancer l’OTAN jusqu’à la frontière occidentale de la Russie. Ils veulent un pont terrestre vers l’Asie pour multiplier les bases militaires étatsuniennes sur tout le continent. Ils veulent contrôler les couloirs de pipelines de la Russie vers l’Europe pour contrôler les revenus de Moscou et s’assurer que le gaz continue d’être négocié en dollars. Et ils veulent une Russie affaiblie et instable qui sera plus vulnérable au changement de régime, à la fragmentation et, finalement, au contrôle étranger. Ces objectifs ne peuvent être atteints pacifiquement, et de fait, si les combats cessaient demain, les sanctions seraient levées peu après et l’économie russe rebondirait. Cela serait-il profitable à Washington ?
Bien sûr que non. Cela saperait le plan plus vaste de Washington qui est d’intégrer la Chine et la Russie dans le système économique dominant, le système du dollar. Les éminences grises étatsuniennes se rendent compte que si le système actuel ne peut pas se développer, il s’effondrera. Si la Chine et la Russie ne sont pas mises au pas et convaincues d’accepter un rôle subalterne dans l’ordre mondial mené par les Etats-Unis, Washington perdra sa position de puissance hégémonique mondiale.
C’est la raison pour laquelle les hostilités dans l’Est Ukraine s’intensifient et vont continuer à s’intensifier. C’est la raison pour laquelle le Congrès américain a voté des sanctions plus sévères contre le secteur énergétique russe ainsi que l’envoi d’armes létales à l’armée ukrainienne. C’est la raison pour laquelle Washington a envoyé des instructeurs militaires en Ukraine et se prépare à fournir 3 milliards de dollars de "missiles anti-blindés, de drones de reconnaissance, de blindés Humvees, et de radars capables de repérer l’emplacement des roquettes et de l’artillerie ennemies." Toutes les actions de Washington n’ont qu’un seul but : intensifier la lutte et intensifier le conflit. Les lourdes pertes subies par l’armée inexpérimentée de l’Ukraine et les terribles souffrances des civils de Lougansk et Donetsk n’ont aucun intérêt pour les stratèges américains. Leur travail est d’éviter la paix à tout prix parce que la paix ferait dérailler le projet américain de pivoter vers l’Asie et de rester la seule superpuissance au monde. Voici un extrait d’un article de WSWS :
    "L’objectif ultime des Etats-Unis et ses alliés est de réduire la Russie à une semi-colonie misérable. Cette stratégie, historiquement associée au conseiller à la Sécurité Nationale de l’administration Carter, Zbigniew Brzezinski, National Security Advisor, est à nouveau à l’honneur.
    Dans un discours prononcé l’an dernier au Centre Wilson, Brzezinski a appelé Washington à fournir à Kiev des "armes spécialement conçues pour permettre aux Ukrainiens de s’engager dans une guérilla urbaine de résistance." Conformément à la politique actuellement prônée par l’Institut Brookings et d’autres think tanks qui appellent à armer le régime de Kiev, Brzezinski a appelé à fournir des "armes antichars ... des armes appropriées au close-combat urbain."
    La stratégie définie par Brzezinski est certes criminelle d’un point de vue politique – du fait qu’elle piège la Russie dans une guerre urbaine ethnique en Ukraine qui menacerait de mort des millions, sinon des milliards de personnes – mais le fait est qu’elle est parfaitement conforme à la politique qu’il prône contre la Russie depuis des décennies. " ("L’armement américain de l’Ukraine et le danger d’une troisième guerre mondiale", World Socialist Web Site)
L’aide militaire non létale entraînera inévitablement l’aide létale, les armes sophistiquées, les zones d’exclusion aérienne, l’assistance secrète, les milices privées, les opérations spéciales et les bottes sur le terrain. Nous connaissons déjà tout ça. La population étatsunienne ne s’oppose pas à la guerre, il n’y a pas de mouvement anti-guerre en mesure de paralyser les villes, déclencher une grève générale ou remettre en question le statu quo. Il n’y a donc aucun moyen d’enrayer le bellicisme galopant. Les médias et la classe politique ont donné carte blanche à Obama, il peut poursuivre la guerre comme il veut. Cela augmente la probabilité d’une guerre plus large, cet été après la fonte des neiges.
Bien qu’on ne puisse exclure la possibilité d’une conflagration nucléaire, cela n’affectera pas le projet étatsunien pour le futur proche. Personne ne pense que Poutine va déclencher une guerre nucléaire pour protéger le Donbass, ce qui enlève toute force dissuasive à cette arme.
Et Washington ne s’inquiète pas non plus des coûts. Malgré l’échec des interventions militaires en Afghanistan, en Irak, en Libye et dans une demi-douzaine d’autres pays à travers le monde, les actions américaines montent encore, les investissements étrangers dans les bons du Trésor américain atteignent des records, l’économie des Etats-Unis croît à un rythme supérieur à tous ses concurrents, et le dollar a grimpé d’un impressionnant 13 % face à un panier de devises étrangères depuis juin dernier. Ça n’a rien coûté à l’Amérique de détruire de larges pans de la planète et de tuer plus d’un million de personnes. Pourquoi s’arrêteraient-ils maintenant ?
Ils ne s’arrêteront pas, et c’est la raison pour laquelle les combats en Ukraine vont s’intensifier. Voyez ce que dit WSWS :
    "Lundi, le New York Times a annoncé que l’administration Obama allait armer directement l’armée ukrainienne et les milices fascistes qui soutiennent le régime de Kiev lui-même soutenu par l’OTAN, après les récents revers que ce régime vient de subir dans la guerre qu’il mène contre les forces séparatistes pro-russes dans l’est de l’Ukraine.
    L’article cite un rapport publié conjointement, lundi, par l’Institut Brookings, le Conseil Atlantique et le Conseil de Chicago sur les affaires mondiales, et remis au président Obama, qui conseille la Maison Blanche et l’OTAN sur la meilleure manière d’intensifier la guerre en Ukraine ....
    Selon le Times, les responsables américains se rallient tous aux propositions du rapport. Le commandant de l’OTAN en Europe, le général Philip M. Breedlove, le secrétaire à la Défense Chuck Hagel, le secrétaire d’Etat américain John Kerry et le chef d’état-major des armées des États-Unis le général Martin Dempsey soutiennent tous la proposition d‘armer Kiev. La conseillère à la sécurité nationale, Susan Rice, est en train de reconsidérer son opposition à la fourniture d’armes à Kiev, ce qui permettra à Obama d’en faire autant." (" Washington s’apprête à armer le régime ukrainien ", World Socialist Web Site).
Vous voyez ce qui est en train de se passer ? Les dés sont déjà jetés. Il y aura une guerre avec la Russie parce que c’est ce que l’establishment politique veut. C’est aussi simple que cela. Et tandis que les provocations précédentes n’ont pas réussi à attirer Poutine dans le chaudron ukrainien, cette nouvelle vague de violence – l’offensive printanière – y parviendra sûrement. Poutine ne va pas rester les bras croisés pendant que les suppléants des Etats-Unis réduisent le Donbass en ruines façon Fallouja avec les armes et la logistique étatsuniennes. Il fera ce que tout leader responsable doit faire. Il protégera son peuple. Cela signifie la guerre. (Voir les immenses dégâts que la guerre par procuration d’Obama a déjà causés en Ukraine de l’Est, ici : “Un aperçu de la situation socio-humanitaire sur le territoire de la République populaire de Donetsk à la suite des opérations militaires du 17 au 23 Janvier 2015“).

Guerre asymétrique : la chute des prix du pétrole

Gardez à l’esprit que l’économie russe a déjà souffert des sanctions économiques, de la manipulation du prix du pétrole, et de la brutale attaque contre le rouble. Jusqu’à cette semaine, les médias grand public rejetaient l’idée que les Saoudiens faisaient délibérément chuter les prix du pétrole pour nuire à la Russie. Ils disaient que les Saoudiens cherchaient simplement à conserver leur "part de marché" en maintenant les mêmes niveaux de production et en laisser les prix baisser naturellement. Mais tout cela était de la foutaise et le New York Times l’a finalement reconnu mardi dans un article intitulé : "Le pétrole saoudien est un moyen de pression pour forcer la Russie à cesser de soutenir le président syrien, Assad". Voici un extrait de l’article :
    "L’Arabie saoudite a tenté de faire pression sur le président Vladimir V. Poutine de Russie pour qu’il renonce à soutenir le président Bachar al-Assad de Syrie, en se servant de sa position dominante sur les marchés mondiaux du pétrole au moment où le gouvernement russe souffre des conséquences de la chute des prix du pétrole ...
    Des officiels saoudiens disent - et c’est ce qu’ils ont dit aux États-Unis - qu’ils peuvent peser sur M. Poutine en raison de leur capacité à réduire l’offre de pétrole et à faire monter les prix ... Le moindre signe d’affaiblissement du soutien que la Russie apporte à M. Assad pourrait indiquer que la récente agitation du marché du pétrole a un impact sur la gouvernance mondiale ...
    L’effet de levier de l’Arabie saoudite dépend de l’importance que Moscou attache à la baisse de ses revenus pétroliers. "Si sa situation est si grave que les Russes ont besoin d’un accord pétrolier tout de suite, alors les Saoudiens sont dans en bonne position pour leur faire payer un prix géopolitique aussi", a déclaré F. Gregory Gause III, un spécialiste du Moyen-Orient de l’école de gouvernement et de service publique Texas A & Bush ("Le pétrole saoudien est considéré comme un moyen de pression pour forcer la Russie à cesser de soutenir le Syrien Assad", New York Times).
Les Saoudiens "pensent donc qu’ils ont une certaine influence sur M. Poutine en raison de leur capacité" à manipuler les prix ?
Tout est dit, n’est-ce pas ?
Ce qui est intéressant dans cet article c’est la façon dont il contredit des articles précédents du Times. Par exemple, il y a seulement deux semaines, dans un article intitulé "Qui dominera le marché du pétrole ?", l’auteur ne voyait aucune raison d’ordre politique à l’action de l’Arabie. Selon lui, les Saoudiens avaient juste peur "de perdre des parts de marché de façon permanente" s’ils réduisaient la production et maintenaient les prix élevés.
Le Times a fait maintenant volte-face et rejoint les soi-disant fous de la conspiration qui disent que les prix ont été manipulés pour des raisons politiques. En fait, la chute brutale des prix n’avait rien à voir avec les pressions déflationnistes, la dynamique de l’offre et de la demande ou d’autres forces mystérieuses du marché. C’était de la politique à 100 %.
L’attaque sur le rouble était tout aussi politique, bien que ses péripéties soient beaucoup plus sommaires. Il y a une interview d’Alistair Crooke qui intéressera ceux qui se demandent comment la " domination tous azimuth" du Pentagone s’applique à la guerre financière. Selon Crooke :
    "... Avec l’Ukraine, nous sommes entrés dans une nouvelle ère : Nous assistons à un conflit géostratégique de première importance qui est en réalité une guerre géo-financière entre les Etats-Unis et la Russie. Nous avons l’effondrement des prix du pétrole ; nous avons les guerres de devises ; nous avons le "court-circuit" artificiel - la vente à découvert - du rouble. Nous avons bien une guerre géo-financière, et la première conséquence de cette guerre géo-financière, c’est la formation d’une alliance étroite entre la Russie et la Chine.
    La Chine a compris que la Russie était le premier domino ; si la Russie tombe, la Chine suivra. Ces deux états sont en train de créer ensemble un système financier parallèle, détaché du système financier occidental.
    Depuis quelque temps, l’ordre international est structuré autour de l’Organisation des Nations Unies et du corpus du droit international, mais l’Occident a de plus en plus tendance à contourner les Nations Unies, qui est pourtant l’institution destinée à maintenir l’ordre international, et à recourir plutôt aux sanctions économiques pour faire pression sur certains pays. Nous avons un système financier basé sur le dollar, et en se servant du fait qu’ils contrôlent toutes les transactions en dollars, les États-Unis ont réussi à contourner les vieux outils de la diplomatie et l’ONU – pour atteindre leurs objectifs.
    De fait, ce monopole de la monnaie de réserve est devenu l’unique outil des Etats-Unis – jusqu’à remplacer l’action multilatérale de l’ONU. Les États-Unis revendiquent le contrôle juridique de toutes les transactions libellées en dollars partout dans le monde. Et la plupart des transactions internationales commerciales ou autres sont libellés en dollars. C’est ce qu’on appelle la financiarisation de l’ordre mondial : L’ordre international dépend davantage aujourd’hui du contrôle exercé par le Trésor américain et la Réserve fédérale que de l’ONU" ("La Turquie pourrait devenir l’otage de ISIL tout comme le Pakistan avant lui", Today’s Zaman).
La guerre financière, la guerre asymétrique, la guerre de quatrième génération, la guerre de l’espace, la guerre de l’information, la guerre nucléaire, la guerre au laser, chimique et biologique : Les États-Unis ont élargi leur arsenal bien au-delà de la gamme traditionnelle des armes conventionnelles. Leur but, bien sûr, est de préserver l’ordre mondial post-1991 (date de la dissolution de l’Union soviétique) et de maintenir leur domination absolue. L’émergence d’un ordre mondial multipolaire dirigé par Moscou menace gravement l’hégémonie de Washington. Le premier affrontement d’importance entre ces deux visions concurrentes du monde aura probablement lieu cet été dans l’est de l’Ukraine. Que Dieu nous vienne en aide !
Note : Les Forces armées de Novorussie (NAF) tiennent actuellement 8 000 soldats de l’armée régulière ukrainienne encerclés à Debaltsevo, dans l’est de l’Ukraine. C’est très important, bien que les médias (de manière prévisible) aient pris soin de ne pas en faire de grands titres.
Des corridors d’évacuation ont été ouverts pour permettre aux civils de quitter la zone. Les combats pourraient éclater à tout moment. À l’heure actuelle, il semble qu’une bonne partie de l’armée nazie de Kiev pourrait être détruite d’un seul coup d’un seul. C’est pourquoi Merkel et Hollande ont pris l’avion pour Moscou pour discuter d’urgence avec Poutine. La paix ne les intéresse pas le moins du monde. Ce qu’iIs veulent, c’est tout simplement sauver leur armée par procuration de l’anéantissement.
Je pense que Poutine va intervenir en faveur des soldats ukrainiens, mais le commandant Zakharchenko refusera sans doute. S’il laisse ces soldats sortir du chaudron maintenant, quelle assurance a-t-il qu’ils ne seront pas de retour dans un mois ou deux avec des armes ultraperfectionnées fournies par nos va-t-en guerre du congrès et de la Maison Blanche ?
Alors dîtes-moi : quel choix Zakharchenko a-t-il réellement ? Si ses camarades sont tués dans de futurs combats parce qu’il a laissé l’armée de Kiev s’échapper, à qui pourra-t-il en vouloir sinon à lui-même ?
Il n’y a pas de bon choix.
Allez voir ici pour les mises à jour : Ukraine SITREP : *extremely* dangerous situation in Debaltsevo
Mike WHITNEY
Traduction : Dominique Muselet

dimanche 8 février 2015

Assia Djebbar est morte



 Assia Djebbar, l’un des noms les plus connus de la littérature algérienne d’expression française dans le monde, est décédée ce vendredi soir dans un hôpital parisien des suites d’une longue maladie. 

L’annonce a été faite par sa famille alors que des informations contradictoires ont commencé à circuler sur les réseaux sociaux. Née Fatma-Zohra Imalayène à Cherchell, wilaya de Tipaza, le 30 juin 1936, Assia Djebbar est considérée comme l’un des intellectuels maghrébins les plus influents et les plus traduits ( en 23 langues) et a écrit de nombreux romans, poésies et essais ainsi que des pièces de théâtre. Elle a également deux films, « La Nouba des Femmes du Mont Chenoua » en 1978, long-métrage qui lui vaudra le Prix de la Critique internationale à la Biennale de Venise de 1979 et un court-métrage « La Zerda ou les chants de l’oubli » en 1982. Elle naît dans une famille de petite bourgeoisie traditionnelle algérienne amazighe et passe son enfance à Mouzaïaville (Mitidja), étudie à l’école française puis dans une école coranique privée. À partir de 10 ans, elle étudie au collège de Blida, faute de pouvoir y apprendre l’arabe classique, elle commence à apprendre le grec ancien, le latin et l’anglais. Elle obtient le baccalauréat en 1953 puis entre au lycée Bugeaud d’Alger (actuel lycée Emir Abdelkader). En 1954, elle intègre le lycée Fénelon (Paris) et une année plus tard, elle devient la première algérienne et la première femme musulmane à intégrer l’École normale supérieure de jeunes filles de Sèvres où elle choisit l’étude de l’Histoire. À partir de 1956, elle décide de suivre le mot d’ordre de grève de l’UGEMA, l’Union générale des Étudiants musulmans algériens, et ne passe pas ses examens. C’est à cette occasion qu’elle écrira son premier roman, La Soif. Pour ne pas choquer sa famille, elle adopte un nom de plume, Assia Djebar. Elle épouse l’écrivain Walid Carn, pseudonyme de l’homme de théâtre Ahmed Ould-Rouis. À partir de 1959, elle étudie et enseigne l’histoire moderne et contemporaine du Maghreb à la Faculté des lettres de Rabat. En parallèle, aidée par l’islamologue Louis Massignon, elle monte un projet de thèse sur Lella Manoubia, une sainte matrone de Tunis. Le 1er juillet 1962, elle retourne en Algérie où elle est nommée professeur à l’université d’Alger. Elle est le seul professeur à dispenser des cours d’histoire moderne et contemporaine de l’Algérie. L’enseignement en arabe littéraire est imposé, ce qu’elle refuse et quitte alors l’Algérie. De 1966 à 1975, elle réside le plus souvent en France et séjourne régulièrement en Algérie. Elle épouse en secondes noces Malek Alloula. En 1999 elle soutient sa thèse à l’université Paul-Valéry Montpellier, une thèse autobiographique, sur sa propre oeuvre : Le roman maghrébin francophone, entre les langues et les cultures : Quarante ans d’un parcours : Assia Djebar, 1957-1997. La même année, elle est élue membre de l’Académie royale de langue et de littérature françaises de Belgique. Depuis 2001, elle enseigne au département d’études françaises de l’université de New York. Le 16 juin 2005, elle est élue au fauteuil de l’Académie française, succédant à Georges Vedel, et y est reçue le 22 juin 2005. Elle est docteur honoris causa des universités de Vienne (Autriche), de Concordia (Montréal), d’Osnabrück (Allemagne). Auteur de plus d’une quinzaine d’œuvres entre romans, essais, recueil de poésie ou de nouvelles, elle a reçu plusieurs distinctions et prix littéraires comme le Prix Maurice Maeterlinck (Bruxelles), en 1995, l’International Literary Neustadt Prize (États-Unis), une année plus tard, le Prix Marguerite Yourcenar (Boston) en 1997 ou encore le Prix international Pablo Neruda (Italie) en 2005. Assia Djebbar reste aussi la seule algérienne à avoir été proche d’un Prix Nobel de littérature qui ne lui a jamais été octroyé bien qu’elle ait été à plusieurs fois nominée.

dimanche 8 février 2015
Moncef Wafi