jeudi 18 décembre 2014

Egypte : « Ils ont innocenté l’assassin…! » Moubarak acquitté, démocrates emprisonnés..Al Sissi dégage !



Pendant ce temps des centaines de jeunes manifestants, de travailleurs arrêtés pour faits de grève, de syndicalistes, d’activistes étudiants, de jeunes opposés à l’interdiction de manifester.croupissent dans les geôles du régime !

« Ils ont innocenté l’assassin…! »
C’est par ces cris que, le soir même du procès, plusieurs milliers de manifestants ont accueilli le scandaleux verdict rendu par le tribunal qui avait à juger Moubarak pour ses crimes. Blanchi ! L’ex dictateur est ressorti « non coupable » de la mort des 850 victimes, tuées par ses forces de répression lors des manifestations qui avaient conduit à son renversement.
Innocent aussi des accusations de corruption et détournement de biens publics, pourtant avérées, avec la complicité de son ministre du pétrole. En effet, ces deux là, exportant clandestinement du gaz égyptien à destination d’Israël à un prix inférieur au cours du marché, engrangeaient de faramineuses sommes d’argent sale. Délit de détournement et de vol de richesses nationales, désormais annulé par la cour! Un jugement inique qui a révolté la jeunesse, les universités et le monde du travail.
Du côté de la présidence, le Maréchal Al Sissi, de retour d’un séjour officiel  en France où il fut reçu à l’Elysée, organisait le « silence radio » sur ce verdict.
Un « no comment » aisément explicable quand on sait qu’au moment des manifestations anti-Moubarak, des morts et des graves  violences qui les accompagnèrent, Al Sissi était tout bonnement le chef des renseignements militaires de…Moubarak!
De la même manière, on comprendra aussi que  l’actuel Premier ministre, Ibrahim Mahlab, cadre important du Parti de Moubarak, se soit, lui aussi, réfugié dans un silence e circonstance.
Ce qui ressort clairement de ces manipulations judiciaires, outre que la justice apparaisse encore une fois clairement « aux ordres », c’est bien que les militaires, aujourd’hui aux affaires, entendent mettre tout en oeuvre pour d’une part, se protéger de tout retour de bâton concernant leur propre passé, mais aussi pour assurer, d’autre part, la reprise à l’identique, de la politique menée par Moubarak. Politique, également par les frères, avant qu’ils ne soient renversés. La stratégie de ces « responsables » pourrait se résumer ainsi : « Tout recommencer comme si de rien n’était ».
Pendant ce temps des centaines de jeunes manifestants, de travailleurs arrêtés pour faits de grève, de syndicalistes, d’activistes étudiants, de jeunes opposés à l’interdiction de manifester…croupissent dans les geôles du régime !

La question des questions: le rapport à Israël
 S’agissant de cette question centrale, par les uns comme parles autres, se succédant de gouvernement en gouvernement, les grands équilibres régionaux ont toujours été, et sont toujours,  préservés.  Et c’est cela, et seulement ça, qui importe outre Atlantique.
Sur un plan immédiatement visible, la dureté de l’attitude du gouvernement à l’encontre des palestiniens, même aux moments les plus dramatiques de l’offensive israélienne sur Gaza n’a d’autre explication que sa soumission aux intérêts US et à leur stratégie régionale.
Ce positionnement brutal quant à la souffrance des palestiniens, symbole s’il en est de l’agression impérialiste dans la Région depuis des décennies, n’est que le fruit d’un positionnement pro-USA beaucoup plus large, par tous les gouvernants successifs, même durant la parenthèse des Frères.
Qu’il s’agisse en effet du gouvernement post Moubarak, du gouvernement des Frères comme de celui de Al Sissi, malgré quelques rodomontades de principe ici et là, histoire d’amuser la galerie « droitdelhommiste » internationale, jamais les USA n’ont cessé d’apporter leur aide. Que cette aide soit militaire, économique ou financière.
Au plan militaire, les manoeuvres communes annuelles, traditionnelles entre les armées des deux pays, ont été parfois repoussées, parfois reportées, jamais annulées; les livraisons de matériel militaire jamais interrompues et les aides financières, dites « soumises à conditions » n’ont jamais été, elles non plus, remises en question.
Pour bien comprendre le pourquoi de l’attitude Nord Américaine, il faut, comme toujours, chercher du côté de l’Etat d’Israël, de sa reconnaissance par l’Etat Egyptien et du respect, pérennisé par les uns et les autres, des accords de paix. Que cette Région, soit maintenue dans une situation de paix relative, importe au plus haut point à Washington, où les coûts démesurés, engagés depuis si longtemps, pour faire d’Israël le super gendarme régional commencent à peser dans les rapports.
En conséquence, tant qu’un gouvernement, quel qu’il soit et quelle que soit sa politique intérieure, ne remettra pas en cause la ligne capitulatrice imposée aux pays frontaliers d’Israël, initiée par Anouar El Sadate, il pourra être assuré d’une grande « tranquillité », du maintien du statu quo et du soutien inconditionnel des USA.

Un peuple toujours mobilisé
Par delà le dégoût provoqué par ce verdict honteux , c’est de la volonté affichée des militaires d’en « terminer » avec la révolution ouverte par le peuple d’Egypte depuis quatre ans dont il s’agit.
Il  conviendrait, pensent-ils, d’en revenir au calme, autrement dit, d’en revenir au « système d’avant » !  Ainsi raisonnent « bêtement », toujours et partout, qu’il s’agisse de la Tunisie, de l’Egypte et maintenant déjà, du Faso, les contre-révolutionnaires chargés de recoudre le fil de leur propre histoire. « Bêtement »,  parce que ce type de raisonnement montre les limites de l’intelligence politique, le flair, de ce personnel politique là.
Comment imaginer, en effet, en Tunisie, En Egypte, au Faso, que les populations, devenues actrices de leur destin, ayant affirmé leur pouvoir en abattant elles-mêmes, les tyrans, se soient désormais « suffisamment amusées » et rentrent au bercail, comme si de rien n’était ?
Déjà, malgré l’interdiction des manifestations, le jour même du rendu du verdict par la Cour, une manifestation s’est formée près de la Place Tahrir. On relèvera deux morts, de nombreux blessés et les forces de répression procéderont à de nombreuses arrestations. Cependant,  ces courageux manifestants auront montré, à Al Sissi et ses amis, que la plus draconienne des répressions ne contiendra jamais l’expression populaire.
Par ailleurs, tout le pays est aujourd’hui secoué par une vague ininterrompue de grèves et de conflits sociaux. Les chiffres parlent d’eux-mêmes : Les grèves qui secouent l’Egypte ont été plus nombreuses ces deux dernières années que durant toute la décennie précédant le renversement révolutionnaire de Moubarak.
Certains conflits, de plus en plus durs sont révélateurs du climat politique et social. Qu’il s’agisse des travailleurs d’Aboud Spinning Company, toujours en grève après deux longs mois de lutte, à cause de leurs salaires impayés. Les formes empruntées par ces combats sont, elles aussi, révélatrices. En effet, non seulement mobilisés à l’intérieur, au sein de leur entreprise occupée, c’est aussi dehors, au mépris de la loi interdisant  manifestations et rassemblements, que manifestent régulièrement les ouvriers.
De la même manière, la grève, avec occupation, des 11 000 travailleurs de la plus ancienne entreprise de sidérurgie du pays, Egyptian Iron and Steel Company, demeure un évènement majeur. L’objet même du conflit montre le niveau de conscience et l’état d’esprit des ouvriers. Le mouvement a, en effet, commencé sur la question de primes non payées et s’est rapidement élargi à l’exigence de réintégrer des travailleurs licenciés lors d’une grève précédente datant de…décembre 2013 ! Voilà qui en dit plus que tout discours sur la mémoire longue des salariés.
La répression contre-révolutionnaire frappe lourdement les travailleurs, cherchant ouvertement à museler les organisations représentatives, les comités de grève et, en toile de fond, à liquider les syndicats ou, au mieux, les intégrer au dispositif étatique. Sur cet « os » pour l’instant, il est clair, que malgré tous ses efforts, le pouvoir de Al Sissi, s’est cassé les dents. Ce sont toujours les travailleurs qui, encore aujourd’hui, donnent le tempo. Par exemple, ne voulant pas être amalgamés aux menées des frères musulmans, appelées pour la fin novembre, ce sont eux qui, à l’entreprise EISCO (déjà citée) ont décidé de mettre un terme momentané au conflit. Les travailleurs, en Assemblée générale, pas les forces de répression !
L’université, elle aussi en butte à la répression et aux provocations des « groupes » contre révolutionnaires, demeure toujours un haut lieu de la mobilisation contre le régime. Aussitôt après l’annonce de l’acquittement de l’ex dictateur par ses « ex amis », on a vu circuler dans les campus un appel, bravant l’interdiction de rassemblements et manifestations, à se mobiliser le 25 janvier prochain, date anniversaire du soulèvement révolutionnaire.
Clairement, à l’inverse de ce que voudraient voir arriver les caciques du régime, le temps du « retour vers le passé » n’a pas encore sonné en Egypte, loin s’en faut. Le « calme » qui règne est celui de la répression, des prisons, des procès iniques et de l’état d’urgence, il n’est que trompeur. Et ce n’est pas le soutien ouvert des occidentaux qui changera quoique ce soit à la dynamique révolutionnaire enclenchée il y a quatre ans sur la place Tahrir .
De Tunis à Tahrir, de Tahrir à Ouaga, les jeunes, les populations, débarrassant eux-mêmes le paysage des dictatures, ont pris conscience de leur puissance, ont fait sortir le fleuve populaire de son lit, et les contre-révolutionnaires apprendront à leurs dépens combien il est difficile, voire impossible, de l’y faire rentrer.
Abla Merzougui Lahket
François Charles
Source : L’AUTRE AFRIQUE

mardi 9 décembre 2014

Palestine : Les priorités de l’Union européenne ne sont pas les nôtres, Ceux qui ont construit Israël et continuent à le soutenir dans tous les domaines, et qui veillent à sa sécurité et son bien-être, ne peuvent avoir, dans leurs cœurs, de la sympathie pour le peuple de Palestine.

L’Union Européenne a diffusé une annonce sur les panneaux publicitaires de la Cisjordanie, ayant pour titre : « Vos priorités sont les nôtres ». Elle s’adresse, avec tellement d’affection et de compassion, au peuple palestinien en Cisjordanie, au point d’adopter nos priorités, nous qui vivons sous occupation depuis des dizaines d’années. J’ai également vu ces annonces sur les écrans des principales chaînes satellitaires, comme al-Jazeera.
Certes, l’Union européenne est menteuse, mystificatrice et hypocrite. Notre priorité est la fin de l’occupation, mais je n’ai pas vu l’Union européenne ni mobiliser ses armées pour participer à cette tâche ni accomplir cette tâche à notre place.
Parmi nos priorités, le retour des réfugiés à leurs maisons et leurs biens, dans les terres occupées en 1948, mais nous n’avons pas vu l’Union européenne défendre le droit au retour. Au contraire, les Etats européens nient le droit au retour, et s’efforcent, aux côtés des sionistes et des Etats-Unis, de trouver une solution pour régler le problème des réfugiés hors de la Palestine.
Parmi nos priorités, le droit à l’autodétermination sans intervention aucune, mais les Européens interviennent dans nos affaires et ne s’opposent pas aux interventions des autres dans nos propres affaires.
Parmi nos priorités, empêcher Israël de confisquer les terres et supprimer les colonies, mais l’Union européenne ne s’oppose pas à la confiscation des terres pour des raisons qu’Israël considère sécuritaires.
Parmi nos priorités, la libération de nos prisonniers des geôles sionistes, mais l’Union européenne les juge terroristes, et ne critique pas Israël à ce propos.
Parmi nos priorités, concrétiser la liberté d’expression, de mouvement, d’organisation et de mobilisation, mais l’Union européenne finance l’Autorité palestinienne qui réprime la liberté d’opinion, monopolise les médias et empêche l’organisation, les manifestations et les rassemblements pacifiques.
Parmi nos priorités, le développement d’un système judiciaire respectable et intègre, mais l’Union européenne finance des sessions de formation et la construction de cours de justice, tout en intervenant cependant dans la justice et la nomination de juges, sur des bases politiques.
Et la liste s’allonge..
Quant aux priorités de l’Union européenne, elles consistent à offrir des services au peuple palestinien, approfondissant le fossé entre la production et les services, en vue de maintenir le peuple asservi par la pauvreté, le besoin financier et les prêts humiliants.
Sa priorité est le contrôle des finances pour qu’elle puisse, en fin de compte, contrôler, aux côtés des sionistes et des Américains, la décision politique palestinienne.
Sa priorité consiste également à trouver des politiciens palestiniens favorables aux occidentaux et qui entretiennent de bonnes relations avec les sionistes, pour tromper le peuple de Palestine, liquider sa cause et concéder ses droits inaliénables.
Sa priorité est d’empêcher les libertés pour empêcher la tenue d’élections libres, qui mettent en avant des personnalités qui n’exécutent pas les politiques des Etats-Unis et d’Israël.
En conclusion, les Européens veulent supprimer la conscience palestinienne, en vue de liquider entièrement la cause de la Palestine, et nous apporter de l’aide, en contrepartie de notre patrie et notre droit. Ceux qui ont construit Israël et continuent à le  soutenir dans tous les domaines, et qui veillent à sa sécurité et son bien-être, ils ne peuvent avoir, dans leurs cœurs, de la sympathie pour le peuple de Palestine.
Chaque fois que nous nous trouvons face à une annonce de l’Union européenne, nous nous rappelons ceux qui ont directement contribué à l’expulsion de notre peuple, à la perte de notre patrie et à l’écoulement de notre sang. Ceux qui ont agi ainsi, ne méritent pas d’être écoutés et ne doivent pas rester parmi nous.
 Un peuple libre ne peut que refuser le plat trempé avec le sang de ses martyrs.
Source : ISM Palestine


EUROPE - La reconnaissance d'un Etat palestinien : un marché de dupes.Par cette démarche, l’Europe croit encore pouvoir ressusciter un « processus de paix » le processus d’Oslo mort depuis longtemps et sauver l’Etat sioniste avant qu’il ne soit trop tard.



Plusieurs Etats européens s’apprêtent à reconnaître symboliquement un Etat palestinien. On peut se demander quelle motivation anime aujourd’hui ces Etats alors qu’aucun d’entre eux n’a eu le moindre geste symbolique pour dénoncer les massacres commis par les sionistes à Gaza au cours de l’été 2014.
Dans les médias occidentaux, on nous présente cette initiative partie de Suède comme un enjeu majeur vers le règlement du conflit. Pourtant un Etat palestinien est déjà reconnu par l’immense majorité des pays du monde, sans que cela ne change absolument rien sur le terrain. Il semble alors nécessaire de s’interroger sur la signification d’une telle démarche de la part de quelques ex-puissances coloniales, qui soutiennent de manière fervente le sionisme et l’Etat d’Israël. Il faut aussi se demander pourquoi maintenant et quelles peuvent en être les conséquences.
Mais d’abord de quel Etat parle-t-on ? L’ « Etat palestinien » que s’apprêtent à reconnaître quelques Etats européens est un territoire aux frontières non définies englobant une portion minime du territoire de Palestine, sans aucune souveraineté, sous occupation militaire et truffé de colonies toujours plus nombreuses où sont installés près de 600.000 colons juifs. C’est un territoire administré par des dirigeants illégitimes et corrompus, non élus et non mandatés par le peuple palestinien pour négocier sur ce point sans tenir compte des revendications nationales. Il s’agit de donner le statut d’Etat à des portions de territoire sous administration de l’Autorité Palestinienne, donnant ainsi l’illusion que le processus d’Oslo a eu quelques effets bénéfiques. Mais quid d’al-Quds comme capitale, chaque jour plus isolée du reste de la Cisjordanie en raison de la colonisation galopante ? Quid du retour des réfugiés, du démantèlement des colonies, de la libération des prisonniers politiques, lors de la reconnaissance de cet Etat fantoche ? Nul ne le sait.

Par cette démarche, l’Europe croit encore pouvoir ressusciter un « processus de  paix » mort depuis longtemps et sauver l’Etat sioniste avant qu’il ne soit trop tard. Cette entité est la base avancée de l’impérialisme dans la région et tout doit être mis en œuvre pour protéger son existence. Les déclarations des dirigeants politiques, notamment en France, sont claires. Ils agissent pour la « sécurité d’Israël ». Cette reconnaissance vise aussi à apporter un soutien à Mahmoud Abbas et à ses acolytes collaborationnistes de l’Autorité Palestinienne qui se trouvent dans une posture particulièrement défavorable après la victoire de la résistance armée à Gaza.

Effectivement il n’est pas anodin que cette reconnaissance (ou non) apparaisse actuellement comme une priorité dans l’agenda politique des Etats européens alors que cette question n’avait pas engendré de réaction majeure de leur part lorsqu’elle avait été soumise à l’ONU en 2011. Il faut dire que la situation sur le terrain a bien changé. Depuis cette date, l’entité sioniste s’est particulièrement affaiblie. Elle a multiplié les échecs militaires face à la résistance palestinienne qui a quant à elle, intensifié sa force de frappe, comme elle a pu le montrer au cours de l’été 2014. Jamais auparavant, l’entité sioniste n’avait été déstabilisée à ce point par la résistance.

Il semble par ailleurs que la volonté d’unité palestinienne n’ait jamais été aussi forte que maintenant. Le peuple est unanimement aux côtés de la résistance armée et la coordination des organisations de la résistance a montré son efficacité sur le plan militaire, même si cela a du mal à se traduire pour l’instant en acquis politiques. En réponse à la poursuite de la colonisation sioniste en Cisjordanie , à la judéisation galopante d’al-Quds et aux menaces sur la mosquée al-Aqsa, la jeunesse palestinienne n’a plus rien à perdre face à l’occupant. Elle est déterminée à résister à la dépossession par tous les moyens à sa disposition. De plus, les puissances occidentales n’ont pas réussi à venir à bout des pays qui leur résistent comme l’Iran et la Syrie, ou des mouvements de résistance comme le Hezbollah libanais. La vitalité actuelle de la résistance palestinienne à Gaza, mais aussi l’éventualité d’une nouvelle Intifada en Cisjordanie et à al-Quds, représentent une menace centrale pour le camp impérialiste dans la région. Tout doit être mis en œuvre pour empêcher la résistance de se structurer et d’agir.

Mais les considérations de politiques étrangères n’expliquent pas à elles seules la démarche. Au cours de l’été 2014, les Etats européens ont pu mesurer une nouvelle fois le fossé entre leur soutien indéfectible à l’entité sioniste et l’immense solidarité populaire envers la résistance palestinienne, exprimée notamment par les populations arabo-musulmanes. Ce fut particulièrement le cas en France où le gouvernement socialiste a interdit plusieurs manifestations de soutien et continue à menacer des militants de la cause palestinienne. La reconnaissance de l’Etat palestinien portée à l’Assemblée nationale par quelques députés de gauche ne semble être qu’une manœuvre politicienne pour tenter de séduire l’électorat populaire qu’elle a perdu cet été.

Il ne fait aucun doute que cette reconnaissance ne traduit en rien une soudaine prise de conscience de la justesse de la cause palestinienne pour les Etats européens. Qui plus est, la création d’un Etat palestinien fictif constituerait un véritable piège pour les Palestiniens. La création de cet « Etat » figerait une situation coloniale en violant le droit à l’autodétermination et au retour des réfugiés palestiniens dans leurs foyers. On peut parier que les Etats européens agissent en toute connaissance de cause au profit de l’entité sioniste car ils savent parfaitement que la création d’un Etat palestinien, même dans les frontières de 67, est impossible. Impossible car la puissance occupante n’en veut pas, et les faits sur le terrain révèlent ses véritables intentions. D’un côté, la colonisation se poursuit inexorablement et de l’autre, le parlement sioniste vote des lois définissant officiellement l’entité sioniste comme l’ « État-nation de tous les juifs du Monde ». L’objectif est clair : finir ce qui a été commencé en 1948 !

Le mouvement de solidarité a la responsabilité de ne pas se laisser berner par ce marché de dupes et par des concepts vides imposés par les puissances occidentales. Toute autre posture relève de la naïveté ou de l’immaturité politique. Il faut se concentrer sur les strictes revendications nationales du peuple palestinien que sont le droit à l’autodétermination et le droit au retour des réfugiés. Il faut soutenir inconditionnellement la résistance pour la libération totale de la terre arabe de Palestine
La volonté palestinienne est là, et nulle part ailleurs !
COMITE ACTION PALESTINE

dimanche 7 décembre 2014

La "reconnaissance" de la Palestine : une arnaque de l’Occident …. Une illustration ? Quand on reconnaît un État, la moindre des choses est d’y établir une ambassade. Or aucun pays qui a reconnu l’État de Palestine n’a osé franchir ce pas et subir les foudres de l’État sioniste.



Tout le monde ou presque, surtout ceux qui se sentent proches du combat palestinien, se sont réjoui de la "reconnaissance" de l’État de Palestine par le parlement français.
Cette "reconnaissance" me paraît être une immense arnaque.
1er point. Qu’ont fait les gouvernements occidentaux depuis 1967 alors que l’armée sioniste venait de s’emparer de ce qui restait de la Palestine et avait commencé immédiatement à "nettoyer" les environs de Jérusalem de leurs occupants arabes pour y installer les 1ers colons sionistes ?
 Qu’ont fait ces gouvernements lorsque le régime sioniste a annexé juridiquement la partie palestinienne de Jérusalem en violation de toutes les résolutions internationales ?
Qu’ont fait ces gouvernements lorsque les hordes sionistes, 650 000 depuis 67, se sont répandues sur la Cisjordanie, détruisant des milliers de maisons et de villages pour s’y installer en conquérants, et réduisant à néant toute possibilité de solution pacifique à 2 États qu’ils appellent hypocritement de leurs vœux ?
Il serait inutile de refaire l’historique de ces dernières décennies en détaillant les appuis inconditionnels que l’Occident a offert au régime sioniste, sur les plans militaire, économique, financier, diplomatique. Israël est l’allié rêvé, le chien de garde idéal, et l’Occident ne lui fera de la peine que s’il est véritablement acculé. Ce n’est pas pour demain.
2e point. La stratégie de l’Occident, et donc de la France, colle à celle de l’État sioniste. Du moment qu’on n’a pas pu éliminer d’une façon ou d’une autre le nationalisme palestinien, qui gêne tout le monde et en particulier les dirigeants arabes, on allait l’apprivoiser, le corrompre, le vider de son sens. D’où la création de l’Autorité palestinienne qui a cédé en 1993, à Oslo, pour prix de sa soumission préalable, la souveraineté de 60% de la Cisjordanie à l’occupant sioniste et renoncé à exiger la création d’un État indépendant et la récupération de Jérusalem. Les « négociations » pouvaient commencer. Elles durent depuis 21 ans. 21 ans. Et ce n’est pas fini. Entre-temps les alliés d’Israël déversent près de 1 milliard de dollars par pour engraisser la nomenklatura palestinienne et lui faire oublier le rêve d’indépendance auquel elle n’a jamais cru.
Mais il importe d’entretenir la comédie. Car la population palestinienne de temps en temps s’énerve et le Hamas gagne du terrain.
3e point. Il est nécessaire de choyer l’Autorité palestinienne, de lui donner l’illusion de quelques « victoires » toutes symboliques. Par exemple faire admettre la Palestine à l’UNESCO ou lui accorder un strapontin à l’ONU. Mais le temps presse et le ton monte. Alors l’Europe, pour se dédouaner, pour faire durer la pièce, pour se donner des airs, et surtout pour donner encore un peu de temps à son allié sioniste de terminer le travail, c’est-à-dire avaler la Cisjordanie, a inventé un nouveau jeu, une manière de renvoyer aux calendes la création d’un vrai État palestinien. Elle va le reconnaître du bout des lèvres. Ça ne coûte rien, ça donne une fausse victoire à l’Autorité palestinienne et ça renvoie la solution à plus tard, beaucoup plus tard. La « reconnaissance » de l’État de Palestine par le parlement français n’est qu’une diversion sans aucune portée. Et pour les socialistes, ça permet de soigner leur image auprès de la population musulmane.
Une illustration ? Quand on reconnaît un État, la moindre des choses est d’y établir une ambassade. Or aucun pays qui a reconnu l’État de Palestine n’a osé franchir ce pas et subir les foudres de l’État sioniste.
Mais alors, me direz-vous, pourquoi cette mobilisation hystérique d’Israël et du lobby judéo-sioniste ? Ça fait partie de la comédie. Il faut donner l’illusion aux Palestiniens qu’ils ont remporté une victoire considérable malgré l’opposition farouche du camp sioniste. Cela va les calmer pendant quelque temps. Le temps que les sionistes y installent d’autres colons. Et d’ici-là on trouvera bien une autre arnaque.
N’oubliez pas ! L’Etat sioniste est le meilleur allié dont l’Occident dispose dans cette région. Il mérite bien les 3 à 4 milliards de dollars que l’Empire lui verse chaque année.
Source : Egalité et Réconciliation