vendredi 29 août 2014

Grand Moyen-Orient : l’Algérie s’avère être la prochaine cible des Etats-Unis et du régime sioniste pour créer des tensions pareilles à ce qui s’est déjà produit dans des pays comme l’Egypte, la Tunisie, le Yémen et la Libye, ou encore la Syrie.



Algérie Maghreb - Selon des experts, les complots des Etats-Unis et de leurs alliés régionaux (Israël, Arabie saoudite et Qatar) sont loin d’être terminés. Il paraît que dans le cadre du projet du « Grand Moyen-Orient », les Etats-Unis et le régime sioniste chercherait à déstabiliser l'Algérie.
Dans un article publié par le site d’information « Panorama », le célèbre écrivain marocain, Mustapha Qotbi, décrit la situation de l’Algérie qui, selon lui, serait la prochaine cible des Etats-Unis et du régime sioniste dans le cadre du fameux projet du « Grand Moyen-Orient ».
Mustapha Qotbi écrit : « Les mouvements réformateurs dans les pays du Nord de l’Afrique, surtout en Tunisie et en Egypte, sont abouti à la prise du pouvoir par les groupes islamistes. Ceci étant fait, les puissances occidentales ne se sentaient plus obligées de se servir des leviers militaires pour assurer leurs intérêts dans ces pays. »
Au-delà des conflits au Mali, au Nigeria, au Niger, Au Tchad, Au Sénégal ou en Mauritanie, et sans oublier l’intervention militaire de la France au Mali, il paraît que l’objectif principal des Etats-Unis et du régime israélien est plutôt les côtes africaines de la Méditerranée, notamment l’Algérie. Compte tenu de sa situation géostratégiques et l’existence d’immenses réserves du pétrole et de gaz, l’Algérie s’avère être la prochaine cible des Etats-Unis et du régime sioniste pour créer des tensions pareilles à ce qui s’est déjà produit dans des pays comme l’Egypte, la Tunisie, le Yémen et la Libye, ou encore la Syrie.
A présent, les grandes puissances travaillent sur ce projet, et il paraît que certains médias arabes sont déjà sensibles à ce projet, sans y insister pourtant dans leurs analyses. Le « combat d’Algérie » a été reporté pour le moment, mais l’inaction des puissances impérialistes et des groupes takfiris ne durera pas éternellement.
Depuis deux ans, les activités qui visaient la mobilisation populaire en Algérie pour déclencher un mouvement islamiste radical ne sont pas arrivées à un résultat important. En effet, la situation de l’Algérie est très différente de celle de la Syrie, et il serait donc très difficile de déclencher un mouvement armé en Algérie sans l’implication directe des puissances étrangères.
Pourquoi l’Algérie ? Et Pourquoi maintenant ?
Etant donné le rôle et l’influence de l’Algérie dans le monde arabe et en Afrique, ce pays a toujours attiré l’attention des Etats-Unis et du régime sioniste qui y voient une porte pour s’infiltrer dans les pays arabes du nord de l’Afrique. Et ce d’autant plus que dans la crise syrienne, l’Algérie a pris position contre les complots de Washington et de Tel-Aviv à l’encontre des peuples du Moyen-Orient. Sur le plan international, l’Algérie a adopté une position modéré et équilibré par rapport à la crise syrienne.
A titre d’exemple, Alger s’est opposé à la remise du siège de la Syrie à la Ligue arabe aux opposants au gouvernement de Damas. C’est pourquoi l’Algérie semble devenir la prochaine cible des complots des Etats-Unis et du régime israélien, sans oublier la colère contre l’Algérie de certains pays arabes dont l’Arabie saoudite, le Qatar et les autres pays arabes du sud du golfe Persique. Les origines de cette campagne médiatique contre l’Algérie remontent à l’époque de la guerre de 2003 contre l’Irak. Elle s’est intensifiée depuis 2001, c’est-à-dire depuis le déclenchement de la crise en Syrie.
Dans le cadre de cette guerre médiatique, les Etats-Unis t le régime sioniste mobilisent les médias occidentaux et certains médias arabes dont les chaînes Al-Jazeera et Al-Arabiya, pour lancer une vaste campagne anti-algérienne sous prétexte de défendre la démocratie, les libertés les droits de l’homme dans ce pays arabe.
En coordination avec ces chaînes, les deux autres chaînes arabophones, c’est-à-dire Al-Maghrebiya et Al-Mesr, contribuent aux efforts visant à falsifier les réalités de la société algérienne, sans hésiter même à insulter le peuple algérien. Simultanément à cette vaste campagne médiatique, Abbas Madani, membre des Frères musulmans algériens et leader de l’ancien Front national du salut, qui vit actuellement au Qatar, a publié un communiqué, diffusé par l’Agence de presse allemande, pour mettre en garde contre une explosion politique et sociale éminente en Algérie, en estimant que le gouvernement algérien en serait le seul responsable.
Dans ce cadre, nous pouvons évoquer aussi les propos du Premier ministre du régime sioniste, Benjamin Netanyahu, lors de sa rencontre avec le président des Etats-Unis, Barack Obama en Palestine occupée. Il avait déclaré que Tel-Aviv souhaitait que tous les pays arabes rejoignent le mouvement pour la paix avec le régime israélien.
En effet, en faisant allusion aux évolutions du Printemps arabe, le Premier ministre du régime sioniste souligne que les évolutions issues du Printemps arabe étaient plutôt dans l’intérêt de Tel-Aviv et de Washington. Il s’agit peut-être de ce que Bernard Henri Levy appelle la révolution arabe.
Dans un entretien avec une chaîne de télévision arabe, Levy avait déclaré qu’il souhaitait qu’une révolution ait lieu en Algérie. Levy est né en 1948 dans une famille juive en Algérie Le 25 janvier 2001, il était sur la place Tahrir au Cire parmi les révolutionnaires, et le 17 février 2011, il était à Benghazi en Libye. Il a participé à la réunion des opposants syriens à Paris, et c’est lui qui avait déclaré que l’armée du régime sioniste était l’armée la plus morale du monde.
Quant à l’Algérie, Bernard Henri Levy a toujours soutenu la création d’une entité politique amazigh en Algérie. En soutenant cette idée, il mettait en doute l’unité nationale algérienne et prônait pour la division ethnique et sociale, voire une guerre civile dans ce pays.
L’Algérie est l’un des plus grands pays de l’Afrique
L’instabilité intérieure de l’Algérie pourrait faciliter le transfert d’armes par les terroristes par les longues frontières que le pays partage avec la Tunisie, la Libye ou le Mali. En outre, il faut souligner que comme la Libye, les grandes villes de l’Algérie se trouvent très loin les unes des autres.
Outre les propos de Levy, il faut souligner aussi que les médias américains et occidentaux sont mécontents, eux aussi, de la prise de position de l’Algérie par rapport à la crise syrienne. Face à la position d’Alger qui s’opposait à l’intervention étrangère dans les affaires intérieures de la Syrie, les pays comme le Qatar, l’Arabie saoudite et les autres monarchies arabes du sud du golfe Persique avaient menacé l’Algérie, en disant que les vagues du Printemps arabe pourraient arriver aussi dans ce pays du nord de l’Afrique.
Le régime sioniste avait rejoint le front de ce pays arabes pour menacer l’Algérie, en mars 2013, le quotidien israélien Haaretz avait publié un article lequel menaçait l’Algérie en raison de sa position quant à la crise syrienne, en estimant que l’insécurité et l’instabilité pourraient gagner aussi l’Algérie. Voilà donc autant d’indices qui témoignent de la décision des Etats-Unis, du régime sioniste et de leurs alliés arabes pour fomenter des complots contre l’Algérie.
Anouar Malek, journaliste en ancien officier de l’armée algérienne, a écrit récemment un article pour mettre en garde contre les dangers qui menacent les pays du Nord de l’Afrique notamment l’Algérie.
Il a écrit « Là où il y a du pétrole, il y a aussi le risque de l’intervention des colonialistes étrangers. Aujourd’hui, l’Algérie est menacée par le terrorisme, mais nous pouvons prévoir aussi de nouveaux défis contre l’Algérie comme celui de la guerre civile ou le séparatisme. »
Anouar Malek a rappelé que les frontières parmi les pays arabes ont été tracées généralement par les colonialistes occidentaux, et qu’aujourd’hui, ces mêmes puissances souhaiteraient de modifier ces frontières à leur souhait. Nombreux sont des analystes politiques et militaires dans les pays arabes et occidentaux qui estiment que les pays du Maghreb arabe se trouvent dans une situation très inquiétante, et déclarent que l’absence d’une vigilance de la part des nations et des gouvernements de ces pays pourraient avoir des conséquences tragiques.
Ces analyses soulignent que les événements tragiques de l’Algérie dans les années 1980 montrent que le terrain pourrait être favorable dans ce pays pour la survenance d’une nouvelle crise.
Jusqu’à présent, les Etats-Unis ont payé très cher leur politique interventionniste dans le monde arabe, politique dont l’objectif principal est de soutenir à tout prix les intérêts du régime israélien.
Dans ce cadre, certains analystes mettent en garde contre de nouveaux complots de la part des Etats-Unis et du régime sioniste, en coordination avec leurs alliés régionaux (Arabie saoudite, Qatar et Turquie) contre l’Algérie.
Source : MAGHREBNAUTE

mercredi 27 août 2014

les alliés des États-Unis Arabie saoudite, Turquie, Koweït financent et soutiennent le groupe djihadiste de l'EIIL/ISIS !



Quand est évoquée la question du financement, des soutiens des djihadistes de l'EIIL/ISIS (Etat islamique de l’État et du Levant), la réponse semble « complexe », « obscure », rétive aux explications « simples ». Or, même s'il subsiste des zones d'ombres, des noms reviennent systématiquement : ceux des alliés des USA.
Cela fait des mois que l'ex-Premier Ministre irakien Nouri al-Maliki accuse directement l'Arabie saoudite et le Qatar du financement des fondamentalistes islamistes de l'EIIL. Des dénonciations qui ont rencontré les démentis des autorités saoudiennes, le mépris des puissances occidentales.
Il faut pourtant prêter une oreille au « faucon » John McCain, en février 2014, à la Conférence de sécurité de Munich : « nous remercions Dieu pour les Saoudiens, le prince Bandar et nos amis qataris ».
Quand est évoquée la question du financement, des soutiens des djihadistes de l'EIIL/ISIS (Etat islamique de l’État et du Levant), la réponse semble « complexe », « obscure », rétive aux explications « simples ». Or, même s'il subsiste des zones d'ombres, des noms reviennent systématiquement : ceux des alliés des USA.
Cela fait des mois que l'ex-Premier Ministre irakien Nouri al-Maliki accuse directement l'Arabie saoudite et le Qatar du financement des fondamentalistes islamistes de l'EIIL. Des dénonciations qui ont rencontré les démentis des autorités saoudiennes, le mépris des puissances occidentales.
Il faut pourtant prêter une oreille au « faucon » John McCain, en février 2014, à la Conférence de sécurité de Munich : « nous remercions Dieu pour les Saoudiens, le prince Bandar et nos amis qataris ».
En mai 2013, John McCain s'était rendu en Syrie pour rencontrer ces « combattants de la liberté », posant sur une photo où on retrouvait, outre le Général Idris de l'Armée syrienne libre, des guerriers des factions islamistes d' « Al Nosra » tandis que l'EIIL revendique depuis cette photo comme preuve de sa légitimité, plusieurs de ces combattants présents ayant depuis rejoint le groupe.
La politique états-unienne n'a pas été uniforme depuis le début de la guerre civile en Syrie, des dissensions se sont faits jour sur les modalités du soutien aux rebelles – direct ou indirect, tout azimut ou ciblé, intervention armée ou coopération avec d'autres puissances dans la région (Iran).
Une chose est sûre, trois pays reviennent systématiquement quand on évoque le soutien aux islamistes d'Irak et de Syrie – l'Arabie saoudite, le Koweït et la Turquie – trois alliés incontournables des États-Unis dans la région.
 
L'Arabie saoudite, l'épicentre du djihadisme

Le premier au banc des accusés est l'Arabie saoudite, pointé par les gouvernements irakien, iranien et syrien mais aussi par son « meilleur ami/ennemi », le Qatar.
Première question, celle du financement. Bien que les Saoudiens aient toujours dénié tout soutien financier aux guérillas islamistes, on sait désormais que les deux principaux bailleurs de fonds de la rebellion syrienne, en rivalité par ailleurs, sont le Qatar et l'Arabie saoudite.
On sait également que les dits « modérés » (mais qui est modéré dans ce conflit ?) ont depuis longtemps perdu le contrôle au profit des dits « extrémistes », les groupes liés à Al-Qaeda en tête.
Dans ce cadre, la rivalité entre Qataris et Saoudiens portaient sur l'identité des groupes islamistes à soutenir, le Qatar auraient favorisé plutôt le « Front al-Nosra » tandis que les Saoudiens privilégiaient l' « EIIL » ou la nouvellement formée « Armée de l'Islam » (JAI).
Or, en février dernier, une rencontre à Washington entre les services de renseignement alliés des Etats-unis – Jordanie, Turquie, Qatar, Arabie saoudite – débouchait sur une affirmation de la nécessité de cesser de financer, d'armer les groupes « extrémistes » plutôt que les « modérés ».
Le premier pays visé était l'Arabie saoudite dont le chef des services de renseignement, le prince Bandar bin Sultan venait, peut-être sur sollicitation américaine, d'être congédié. Un aveu du bien-fondé des suspicions irako-irano-syriennes, inavouables publiquement bien sûr.
De quoi s'attarder sur la personnalité du prince Bandar bin Sultan, et son rôle dans la préparation militaire de la rébellion. Belliciste et influent, résolu mais aussi incontrôlable, le prince Bandar a fini par agacer les Etats-unis qui ont demandé sa mise sur la touche.
Pourtant, jusque-là, la collaboration des services saoudiens avec la CIA avait fonctionné à plein, comme dans les camps d'entraînement des djihadistes en Jordanie.
Ou encore dans la « rat line », un approvisionnement d'armes libyennes jusqu'en Syrie via la frontière turque, avec des financements saoudiens, et l'action d'agents de la CIA américaine et du MI-6 britannique, une opération coordonnée par le directeur de la CIA, David Petraeus.
La « rat line » a été divulguée au moment de l'attentat contre le consulat américain à Benghazi, en septembre 2012. Elle était contenue dans une annexe classifiée secrète à un rapport du Département d'Etat sur l'événement.
Toutefois, les doubles objectifs de l’État saoudien, les plans secrets de soutien aux islamistes radicaux du prince Bandar ont refroidi les États-Unis.
L'influence de ce dernier auprès des cercles dirigeants néo-conservateurs et des groupes pétroliers est notable, profitant de sa charge d'ambassadeur aux Etats-unis de 1983 à 2005 pour tisser son réseau, lui qui fut un ami personnel de Ronald Reagan, George Bush (père et fils) ou encore Dick Cheney. Il fut pendant longtemps la face publique du « lobby saoudien » à Washington.
Pourtant, le prince Bandar n'a jamais caché ses intentions. Ainsi, en juillet dernier, le prince Bandar a parlé franc jeu avec le président russe Poutine, après avoir menacé à demi-mot les JO de Sotchi d'attentats terroristes :
« Ces islamistes tchétchènes (...) sont comme ceux que nous contrôlons en territoire syrien, ils ne bougent pas sans que nous nous coordonnions. Nous les utilisons contre le régime syrien, mais ils n'auront pas d'influence dans l'avenir politique du pays ».
Sur le terrain, les forces militaires de l'EIIL sont composés de combattants de toute nationalité, mais avant tout saoudiens selon diverses estimations.
En 2007, les Etats-unis avaient déjà estimé que 45 % des combattants étrangers en Irak étaient saoudiens. Selon un institut de recherche basé aux Emirats arabes unis, l'INEGMA, 4 000 combattants saoudiens et 1 500 des Emirats seraient présents dans les rangs de l'ISIS.
De quoi éveiller quelques doutes chez les responsables américains, en coulisses bien sûr. En 2009, Hillary Clinton avait signé un mémo secret – révélé par Wikileaks – spécifiant que :
« l'Arabie saoudite représente une base de soutien financier capitale pour Al-Qaeda, les Talibans (…) les donateurs d'Arabie saoudite constituent la source la plus importante de financement des groupes terroristes sunnites dans le monde ».
Faut-il rappeler que 15 des 19 responsables directs des attentats du 11 septembre 2001 étaient Saoudiens, l'immense majorité des financements d'Al-Qaeda venait d'Arabie saoudite, tout comme son idéologie « wahhabite » dont s'est inspiré Ousama Ben Laden.
Aucun « terroriste », pas un sou ne venaient alors d'Iran, de Syrie ou d'Irak. 

Le Koweit, et les autres pays du Golfe : la plaque-tournante du financement

Toutefois, pour ce qui concernerait le financement, il faudrait voir d'abord du côté des riches fortunes des pays du Golfe : Qatar, Émirats arabes unis et surtout Koweït.
Présenter ce financement comme « indirect » peut prêter à sourire quand on sait l'imbrication intégrale et même l'identité entre grandes fortunes et familles princières dans les Emirats.
Selon un rapport du think tank libéral Brookings Institution – financé partiellement par le Qatar – le Koweit est désormais devenu « une plaque-tournante du financement de la myriade de groupes rebelles en Syrie », chiffrant le montant des aides à plusieurs centaines de millions de $.
Utilisant la législation extrêmement laxiste du Koweit, une dizaine d'hommes de l'affaire de l'émirat auraient fait transiter des millions de $ via la Turquie ou la Jordanie pour financer la rebellion tandis que des membres de la minorité chiite au Koweit soutiendraient, eux, le régime d'Assad.
Le rapport de la Brookings Institution souligne que la collecte de fonds pour les rebelles syriens est devenue à partir de 2011 enjeu de rivalités entre tribus et clans, notables cléricaux ou politiques, poussés par les partisans du salafisme.
Des campagnes furent menées expliquant qu'on pouvait « avec 800 $ acheter une roquette », ou « équiper un soldat avec 2 500 $ », les noms de riches donateurs, parlementaires ou dignitaires religieux comme Jaman Herbach, Walid al-Tabtabai, Hadjaj al-Ajmi ou Abd al-Rahmane al-Anizi, représentent ces financements ouvertement proclamés pour les djihadistes syriens.
Les stratégies des donateurs koweitiens allaient du financement de la création de brigades salafistes regroupées dans « Jahbat al-Asala wa al-Tanmiya », du renforcement de groupes islamistes dont « Ahrar al-Sham » (soutenu par Shafi al-Ajmi) ou « Jabhat al-Nosra » (financé par Ghanem al-Mutairi).
Selon la Brookings Institution, tous les groupes financés par les Koweïtiens collaborent avec les mouvements d'Al Qaeda, d'abord le Front al-Nosra, ensuite l'EIIL.
Les Etats-unis ont d'ailleurs ciblé et gelé les avoirs il y a une semaine de trois individus pour financement de l'EIIL – ainsi que d'al-Nosra – qui se révèlent être Mohammed al-Ajmi, Hadjadj al-Ajmi et Abd al-Rahmane al-Anizi, des noms déjà mentionnés et connus des observateurs.
Le Qatar – tout en finançant des analyses qui dédouanent l'émirat, accusant ses voisins saoudiens et koweïtiens – dénie toute implication dans le financement, bien que l'on sache qu'il ait été le premier bailleur de la rébellion islamiste syrienne, avec 3 milliards de $ dépensés de 2011 à 2013.
Cette somme aurait servi avant tout à financer les islamistes du « Front al-Nosra », tandis que le Qatar aurait alimenté un réseau de trafic d'armes permettant d'armer notamment les rebelles en missiles anti-aériens. 

La Turquie, base logistique des rebelles islamistes
Et la Turquie dans tout cela ?

Que ce soit pour le transport d'armes, les voies d'acheminement des rebelles, ou le transfert de fonds, tous les acteurs évoquent une voie royale :la frontière longue de 800 km entre la Turquie et la Syrie, qu'un journaliste turc a qualifié « d'autoroute à deux sens pour les djihadistes ».
Un simple coup d’œil à une carte révèle que les « rebelles syriens » contrôlent – en dépit de leurs revers face aux troupes syriennes gouvernementales – toujours le nord de la Syrie, le long de la frontière turque, ce qui laisse l'hypothèse lourde d'une base arrière turque pour les rebelles.
Une institution confirmée par nombre d'observateurs qui soulignent que les djihadistes utilisent les camps de réfugiés comme camps d'entraînement, traversent la frontière pour se soigner, se reposer ... ou simplement prendre un verre de thé et manger un kebab dans le sud de la Turquie.
C'est par exemple le témoignage d'un combattant d'ISIS interviewé par le journal turc « Yurt », évoquant « le soutien dont son organisation reçoit d'Ankara, sans lequel ils n'auraient pas autant de combattants, et ne contrôleraient pas tous ces territoires ».
Interviewé au cœur de l'Anatolie, il ajoute que lui et ses compagnons sont traités ici des blessures reçues en Turquie. Certains sont soignés dans des hôpitaux publics et privés à Ankara, Istanbul et Izmir. Selon les observateurs, 3 000 militants d'ISIS se trouveraient en Turquie à l' heure actuelle.
Le Washington Post insistait récemment sur la « répression tardive des combattants islamistes (12 août 2014), rappelant que « dans les étales poussiéreuses du marché, parmi les boutiques de baklava et les kebab, les habitants mentionnent des combattants islamistes qui achetaient leurs uniformes et les derniers portables Samsung ».
« Tandis que les djihadistes blessés de l'EIIL et d'Al-Nosra étaient soignés dans les hôpitaux turcs (…) les riverains indiquent que Reyhanli et les autres villes turques frontalières étaient devenues des étapes pour les combattants et les armes destinées à alimenter les rebelles syriens. »
Ce secret de polichinelle ne pouvait plus être caché après que le 1er janvier 2014, un camion rempli d'armes et de munitions à destination de la Syrie était arrêté à Adana, près de la frontière. Les policiers qui ont divulgué des photos de la prise, le procureur public d'Hatay qui a tenté de mener l'enquête ont tous été démis de leurs fonctions, l'affaire a été classée sans suite.
Ce camion appartenait à l'IHH (la Fondation turque pour les droits de l'Homme et l'aide humanitaire), une organisation de charité islamique – à laquelle est liée le fils du Président Erdogan –, paravent pour le financement de groupes djihadistes comme en Syrie, avec des livraisons d'armes avérées au moins à partir de septembre 2012.
L'implication des services de renseignement turcs, le MIT, est directe selon le journaliste turc Cengiz Candar pour qui l'organisme est l' « accoucheur » du groupe djihadiste.
Son rôle indirect semble indiscutable tant la porosité de la frontière turco-syrienne ne peut s'expliquer que par un laissez-faire (ou plutôt laissez-passer) coupable.
Certains combattants kurdes syriens dénoncent le fait que des officiers turcs aient participé à des interrogatoires de leurs militants capturés par ISIS.
Le journal turc Aydinlik a révélé, lui, que des anciens membres des Forces spéciales avaient été envoyés en Syrie pour épauler ISIS, avec une base logistique pour cette opération dans la ville de Konya, en Anatolie centrale.
Certains officiers des renseignements occidentaux – cités dans The Telegraph, le 14 avril 2014 – estiment que c'est le MIT turc qui serait à l'origine de l'attaque au gaz sarin du 21 août dernier, cherchant à provoquer l'entrée en guerre des Etats-unis.
Selon les autorités turques, il y aurait plus de 1 000 combattants turcs dans les rangs d'ISIS, soit un dixième de leurs forces. Difficile de croire que les services de renseignement turcs auraient manifesté une telle incompétence face à ce flot de combattants ayant résidé sur leur sol, traversé leurs frontières, étant de leur nationalité.
Enfin, un dernier élément troublant, accablant, ce sont les autres sources de revenus d'ISIS : d'abord le trafic de pétrole revendu dans la région.
Là encore, ce n'est guère un surprise, ce pétrole est revendu essentiellement à la Turquie, qui pomperait 1 500 tonnes par jour, soit 4 % de sa consommation, à prix cassés. Selon le député turc d'opposition, Ali Ediboglu, les rebelles d'ISIS auraient vendu pour 800 millions de $ de pétrole au gouvernement turc.
Il peut subsister des zones d'ombres sur qui est derrière la subite émergence de l'EIIL. Elles ont trait au degré d'implication des pays occidentaux – et de leurs services secrets. Mais le rôle des plus proches alliés des Etats-unis dans cette rébellion nous en apprend beaucoup sur son instrumentalisation au service des desseins impérialistes dans la région.
 Article AC pour http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/


lundi 25 août 2014

Gaza, une boîte de Pandore pour Netanyahou….Israël tue les Palestiniens, puis, comble de la cruauté, bombarde les cortèges funéraires.



La campagne israélienne de bombardements a fait passer le Hamas en première ligne de la cause palestinienne et lui a assuré une place à la table des dirigeants de l’OLP.
Le gouvernement d’unité Fatah-Hamas n’aurait été uni que sur le papier et il serait passé d’une crise à l’autre sous l’égide de Mahmoud Abbas. Les salaires des 50 000 fonctionnaires de Gaza n’auraient pas été payés. Le Hamas serait toujours contenu dans une petite boîte appelée Gaza, sans argent et sans accès au monde extérieur, avec une frontière égyptienne encore plus hermétique que la frontière israélienne.
La campagne de 46 jours semble avoir changé beaucoup de choses. Elle a réunifié - au moins temporairement - les factions palestiniennes bien plus solidement qu’aucun pourparler à Doha n’aurait pu le faire rêver. Mahmoud Abbas a dû changer de position et passer de la condamnation des tirs de roquettes du Hamas à l’exigence qu’il soit mis fin au siège. Même s’il est, sans doute, personnellement fort contrarié du rejet de la proposition égyptienne, il est obligé, tout comme l’Égypte, de se rapprocher des positions de la résistance. Il ne peut pas faire autrement.
La campagne israélienne de bombardements a fait passer le Hamas en première ligne de la cause palestinienne et lui a assuré une place à la table des dirigeants de l’OLP. Et à l’intérieur du Hamas, l’attaque a donné plus d’influence au Brigades Ezzedine al-Qassam. Tuer leurs familles a eu, une fois de plus, l’effet opposé à celui escompté. Personne ne peut dire, et personne ne le dit à Gaza, que les combattants se terraient lâchement dans les tunnels pendant que les civils se prenaient les bombes parce que ce sont leurs civils, leurs femmes et leurs enfants qui ont été les premières victimes.
Abu Ubaydah, le porte parole des Brigades al-Qassam, a ordonné impérieusement jeudi à la délégation palestinienne de quitter le Caire et les pourparlers qu’il a qualifiés de danse avec des démons, après la tentative d’assassinat de Mohammed Deif, le chef de la branche armée.
Le ton qu’il a employé en dit long. Voilà les Brigades al-Qassam qui disent, non seulement au reste du Hamas mais aux autres groupes de la délégation ce qu’ils doivent faire. Ils n’ont jamais fait une déclaration politique aussi forte précédemment. Cela montre au moins leur assurance.
L’autre signe que l’attaque contre Gaza fait des vagues politiques, ce sont les efforts de l’Europe et des USA pour y mettre fin. Il y a deux semaines, les 28 ministres des Affaires Étrangères de l’Union Européenne ont appelé au désarmement de toutes les factions de Gaza, en ligne avec la position d’Israël, en en faisant la condition pour participer aux pourparlers en vue d’un accord définitif. Désormais, ils ont compris que la démilitarisation est impossible et ils proposent une solution plus réaliste, à savoir une discussion sur la manière d’empêcher le réarmement. Un projet de résolution de l’ONU préparé par 3 pays européens, la Grande-Bretagne, la France et l’Allemagne, ne reprend même pas le mot lui-même.
Netanyahou n’est pas près de convaincre l’aile droite de son cabinet, donc tout ceci est pour l’instant lettre morte. Mais plus la campagne se prolonge, plus elle aura des conséquence négatives pour Israël. Soit il lancera une autre offensive, peut-être plus meurtrière encore, au coeur de la ville de Gaza, et l’armée israélienne a déjà mis en garde contre les conséquences d'un tel choix. Soit il va falloir qu’il se fasse à l’idée de mettre fin au siège. C’est un vrai choix d’Hobson*. Israël est coincé. Le Hamas a réussi à le piéger. Netanyahou n’a jamais voulu une longue guerre et certainement pas une guerre où les tirs de roquette du Hamas augmentent avec le temps au lieu de diminuer.
Le troisième round du conflit a débuté comme une chasse aux trophées. Netanyahou espérait que la tête de Deif lui permettrait de crier victoire. Mais même si Israël avait réussi à assassiner Deif, cela n’aurait rien changé. Comme le montre la biographie de Deif, il a commencé en lançant des pierres et il est devenu le commandant de ce qui est désormais une petite armée avec son propre arsenal de roquettes. D’autres suivront son exemple.
Les funérailles des trois leaders des Brigades al-Qassam abattus par la frappe aérienne suivante ont rassemblé à Rafah des milliers de jeunes Palestiniens qui criaient vengeance. Chaque fois qu’Israël assassine une génération de leaders du Hamas, une plus efficace encore la remplace. L’armée du Hamas se renforce à chaque fois.
Mais il n’y a pas que les jeunes de Palestine qui sont irrésistiblement attirés par la cause de la Résistance, elle attire aussi les sunnites de tout le monde arabe. C’est une chose qu’Israël devrait prendre au sérieux. Obtenir le soutien de l’Égypte, de l’Arabie Saoudite et des Émirats Arabes Unis a pu paraître très malin à Israël sur le court terme. Ces pays soutenaient déjà discrètement Israël et l’agression contre Gaza n’a fait que révéler leur soutien au grand jour.
Mais sur le long et moyen terme, on peut douter que leur soutien soit de quelque secours à un pays entouré de pays arabes sunnites. Parce que l’agression israélienne a replacé la cause palestinienne au coeur du conflit qui déchire le monde arabe. Les monarchies du Golfe et les dictatures militaires qui ont donné leur aval à Israël pour attaquer le Hamas, sont les régimes mêmes qui ont financé et fomenté les révolutions contre les Printemps Arabes. La cause nationaliste palestinienne contre l’occupation est assimilée à la lutte contre les dictatures soutenues par l’Occident.
Les brigades Qassam sont un symbole de résistance qui dépasse largement Rafah. Elles inspirent aussi la jeunesse égyptienne.
Netanyahou avait-il conscience de ce qu’il allait déclencher en lançant son offensive ? Sans doute pas, mais la situation a changé et il va falloir qu’il prenne ces changements en compte s’il veut s’en sortir. Gaza est devenue sa boîte de Pandore.
Source : Info-Palestine