jeudi 19 décembre 2013

Lettre de Bahar Kimyongür à l’opinion, rédigée en prison 10 décembre 2013….Nous revoilà repartis pour un tour... En attendant ma libération, je remercie de tout cœur les milliers d’amis sur qui je peux toujours compter dans les moments heureux comme dans les moments difficiles et qui une fois encore, se sont mobilisés pour soutenir ma famille et porter haut l’étendard de nos idéaux communs.

À propos des conditions de détention
Casa Circondariale di Bergamo, 6e jour de détention

 « (...) Pour être honnête, ma cellule est une horreur. On dirait que tous les vents polaires s’y sont donnés rendez-vous. La "vitre" est un plexi irrégulier, incurvé qui ne tient avec du silicone que d’un seul côté. Un tiers de la "vitre" manque à l’appel. La partie manquante est couverte de pages de journal collées avec du dentifrice.
Pareil pour la petite salle de douche. Là, il manque carrément une vitre. Une lourde porte métallique sépare les deux pièces. Pour l’ouvrir, il faut la porter car elle a subi des dégradations. Comme elle ne se referme pas complètement, il y a un courant d’air permanent dans la cellule.

Notre lit superposé est composé de trois étages. La cellule où je me trouve est une cellule dite "d’accueil". Elle n’a pourtant rien d’hospitalier. En rentrant en prison, on m’a fait croire que l’on pouvait choisir une cellule "non fumeurs". Cette option se trouvait dans le formulaire d’accueil et naturellement, je l’ai cochée. Mais en raison de la surpopulation, les non fumeurs son obligés de partager leur cellule avec des fumeurs. Les conditions sanitaires son exécrables. Je n’ai pu balayer ma cellule crasseuse qu’au sixième jour de ma détention, c’est-à-dire aujourd’hui.

Ma cellule est un vrai moulin. Quatre détenus y ont déjà transité en 6 jours : Silvio, un colérique de 50 ans arrêté pour avoir battu son frère et ses parents. Monsieur Carbonara de Bari, un sexagénaire accusé de vol et libéré hier après moins de 48h de détention. Aujourd’hui, un jeune ressortissant marocain condamné pour trafic de drogue a débarqué.

Depuis hier, je partage ma cellule avec Stefano, un Roumain de 25 ans père d’un petit garçon de 3 mois. Il est très aimable, abattu par ce qui lui arrive et un peu timoré. Il a peur par exemple d’aller prendre l’air. A propos, "aria", la cour en principe destinée à prendre l’air, est un véritable fumoir. Quand une quarantaine de détenus fument en même temps, on n’a pas vraiment l’occasion de profiter de l’air pur qui nous vient des Alpes...

Ah oui, je dois aussi te parler du "café". On s’imagine qu’en Italie, même en prison, on a droit à du café italien... eh bien non. Au pays de l’espresso et du cappuccino, le café de la prison est un liquide trouble servi à la louche ! Tellement répugnant que je n’en ai plus repris depuis le premier matin.

Dans notre cellule, il n’y a qu’une petite table basse et un tabouret cassé, pour trois. Les murs sont sales, les sanitaires sont sales, le sol est sale. Alors, on se réfugie sous le drap de son lit comme on se cramponne à un radeau au milieu d’un naufrage.

Quand tu t’embarques dans une galère italienne, tu reçois un kit de survie incomplet. Pas de serviette. Pas de lingerie. Pas de chaussettes. C’est l’église catholique qui complète le kit. Encore faut-il pouvoir décrocher un rendez-vous avec le "prete", l’aumônier.

En cellule la seule "friandise", c’est le téléviseur. Il faut tordre le câble de mille et une manières pour pouvoir décrypter l’une des huit chaînes italiennes que nous sommes censés capter (...). »

Casa Circondariale di Bergamo, 10e jour de détention

Après les Pays-Bas, la Belgique et l’Espagne, c’est à l’Italie de m’ouvrir ses portes de fer et de les refermer aussitôt, cette même Italie où j’ai séjourné une quarantaine de fois sans le moindre souci malgré le mandat d’arrêt international lancé il y a 10 ans par un tribunal d’Ankara.

Aux Pays-Bas, mon arrestation survint alors que je circulais en voiture sur l’autoroute dans la périphérie de La Haye.
En Belgique, où j’ai subi un procès pénal inutile et coûteux qui a empoisonné quatre années de ma vie, le parcours fut plus classique : du tribunal de Gand à la prison de Gand.

En Espagne par contre, la police manifestement plus inspirée, m’a arrêté à l’intérieur de la Cathédrale de Cordoue avec ma femme et mes deux enfants.

En Italie, les unités de la DIGOS m’ont cueilli à l’aéroport Orio al Serio quelques minutes après l’atterrissage de mon avion en provenance de Charleroi. Les agents italiens m’ont ensuite emmené à la prison de Bergame où je croupis depuis une dizaine de jours dans des conditions indignes.

En provoquant ces arrestations en chaîne, les autorités turques espèrent m’intimider, me décourager, me fragiliser financièrement et faire douter les nombreux amis et camarades qui me soutiennent.

Pour banale qu’elle soit, la privation de liberté n’en est pas moins un châtiment d’une violence extrême dont les premières victimes sont les familles, en particulier les enfants.

Âgés de 3 et 5 ans, mes enfants comprennent des tas de choses.

Mais ils ne peuvent comprendre ni accepter que leur papa qui leur enseigne les règles de la vie en société, les valeurs humaines telles que l’honnêteté, la justice, l’amour et la solidarité, soit sans cesse puni à cause de ses écrits. Même les adultes ne peuvent comprendre un pareil acharnement.

Le sentiment d’injustice qui germe dans le cœur de mes enfants à cause du malheur insensé et irrationnel qui leur arrive ne peut que leur causer des blessures psychiques graves.

Il serait trop facile de jeter la pierre sur le seul régime turc et de dédouaner les États européens « victimes » de simples dysfonctionnements administratifs. Le monde a vu la férocité assumée et revendiquée de la police d’Erdogan lors de la révolte de la place Taksim durant l’été dernier.

L’Europe toute entière s’en est indignée. Cela n’a pas empêché les polices européennes de jouer les janissaires du sultan Erdogan.

A quoi bon être innocenté par la justice européenne si des forces de police européennes se mettent aux ordres du régime néo-ottoman et piétinent les décisions de cette même justice ?

Pourquoi un juge italien m’empêche de voyager, alors qu’un juge espagnol m’y autorise ?

Comment est-il possible qu’un organisme comme Interpol puisse se placer au-dessus des lois et échapper à tout contrôle ?

De quel droit Interpol se permet de convertir un signalement arbitraire et abusif en peine à perpétuité ?

Comment se fait-il qu’un régime comme celui d’Ankara qui chaque jour accueille des bataillons entiers de terroristes massacrant le peuple syrien, soit considéré comme un partenaire de l’Europe dans la lutte contre le terrorisme ?

Mes mésaventures auront eu au moins le mérite de faire la lumière sur certains côtés sombres de nos démocraties super-maxi-ultra-plus qui lavent toujours plus blanc que blanc.

En attendant ma libération, je remercie de tout cœur les milliers d’amis sur qui je peux toujours compter dans les moments heureux comme dans les moments difficiles et qui une fois encore, se sont mobilisés pour soutenir ma famille et porter haut l’étendard de nos idéaux communs.

Bahar Kimyongür




mardi 17 décembre 2013

Sommet de l’Elysée pour la Paix et de la Sécurité en Afrique : Les vieux chevaux de la Françafrique de retour….« la France n’encourage pas une démocratie pourtant souhaitée par les peuples de ses ex-colonies. Au contraire, Paris renforce et consolide ses intérêts dans ses mêmes pays. Et, s’il le faut elle n’hésite pas à déstabiliser les nationalistes qui trouvent inadmissible que les richesses du colonisé continuent de nourrir le colonisateur. Nous, nous voulons une Afrique forte qui interdise le pillage de ses ressources. » Jacob Zuma.

Les grands-messes franco-africaines baptisées « sommets » n’ont d’autre but que de resserrer les liens immémoriaux de la Françafrique et de donner l’occasion à tous ces diplomates de faire renouveler leurs vaccins… Une certitude, le thème choisi pour ce colloque des colloques qui se tient les 6 et 7 décembre à Paris, « La paix et la sécurité en Afrique », va accoucher avant terme d’un monstre mort-né. Ni la paix ni la sécurité ne vont s’améliorer demain sur ce continent déchiré. Dès le lendemain du sommet, les belles paroles seront oubliées. Comment sérieusement discuter « paix et sécurité » avec des experts de la dimension de Déby, Sassou-Nguesso, Kabila, Aziz et compagnie, des dictateurs qui oppriment aussi bien « leurs » peuples que ceux des voisins ? Avec un aussi large « casting », il aurait été mieux venu de faire un sommet sur la torture et la corruption. Sur ces dossiers, les experts ne manquent pas.
En réalité François Hollande est victime du syndrome de Tomboctou, où il a vécu « le plus beau jour de sa vie ». Soudain, le nid de vipères de la Françafrique, à ses yeux haïssable, est devenu un club d’amis, de présidents estimables et tellement efficaces, comme le chien de meute pour chasser le djihadiste. Oubliés les crimes de Déby, Sassou, Aziz ou Kabila, on ne dévore pas une omelette de salafistes sans casser les œufs de la démocratie.
En matière de coopération les idées du Président de la République fonctionnent selon le principe du « tout est dans tout et inversement ». Hollande n’a-t-il pas déclaré le 1er mars 2013 : « Il n’y a pas de développement sans sécurité et pas de sécurité sans développement ». Rien sur l’absence de priorités géographiques de la France en Afrique, rien sur l’éparpillement des responsabilités ministérielles à Paris. Quand ils parlent de ce continent si riche, nos deux derniers Présidents sont aussi opportuns et compétents que Coluche au Collège de France, l’un n’a pas vu « l’Afrique entrer dans l’histoire », et l’autre ne connaît rien à l’histoire de l’Afrique.
Mais alors, pourquoi s’agiter soudain autour de ceux-là qui sont le plus souvent des potentats et présidents à vie ? Pour deux raisons, la chasse aux djihadistes déjà évoquée, mais aussi rattraper, si faire se peut, la fuite des richesses et du commerce africain qui tournent les yeux vers l’Asie. Sur un continent dont la croissance pousse de 10 % chaque année, la part des échanges France-Afrique a dégringolé de plus de 50 % en 11 ans, passant de 10 % à 4,7 %...
Pendant des lustres, dans une Afrique francophone faussement décolonisée, les commerçants et ingénieurs français ont imaginé que, pour l’éternité, l’Africain allait rouler français. Ces maîtres blancs du bazar savaient ce qui était bon pour l’indigène, la « 404 » et la Mobylette bleue. Puis les Japonais sont arrivés avec des Honda et des Toyota, et aujourd’hui les Coréens et les Chinois… Et les hommes d’affaires français, trop habitués à des marchés « réservés » et vérolés par la corruption, n’y comprennent plus rien. Eux qui se régalaient dans le pillage des ressources naturelles et l’aménagement d’infrastructures payées par la Communauté internationale. Au Quai d’Orsay, les experts trouvent ces indigènes francophones si injustes envers le colonisateur, et si imprévisibles, qu’un lobby diplomatique pousse Hollande à se pencher plutôt vers l’est du continent, où l’herbe est forcément plus verte…
Pour régler l’horloge de la France-Afrique nouvelle, Hollande a mandé un expert qui ignore tout du sujet : Hubert Védrine. Avec ce fonctionnaire qui pantoufle chez LVMH, le commerce n’a qu’à bien se tenir. Las, des témoins atterrés ont assisté à l’enquête de savoir-faire économique de l’ancien ministre des Affaires étrangères. Ils ont constaté que l’homme du luxe n’a questionné que les représentants de trusts industriels et bancaires et de grandes organisations internationales. Et les entrepreneurs africains sont restés sur le banc, leur avis n’ayant pas de sens pour Védrine et son rapport.
Jacob Zuma, le président d’Afrique du Sud, qui a décidé de boycotter la grand-messe de Paris, a une opinion très rude sur la politique française. Dans un propos tenu en « off », mais dont la teneur a néanmoins été divulguée, Zuma estime que « la France n’encourage pas une démocratie pourtant souhaitée par les peuples de ses ex-colonies. Au contraire, Paris renforce et consolide ses intérêts dans ses mêmes pays. Et, s’il le faut elle n’hésite pas à déstabiliser les nationalistes qui trouvent inadmissible que les richesses du colonisé continuent de nourrir le colonisateur. Nous, nous voulons une Afrique forte qui interdise le pillage de ses ressources. » On comprend pourquoi Hubert Védrine n’a pas consommé de carbone pour se rendre à Pretoria.
Jacques Marie Bourget
Source : http://www.librafrique.org/lire/editos/lheritage-de-mandela#a-les-vieu...
Mondafrique.com



lundi 16 décembre 2013

Georges Ibrahim Abdallah : La détention arbitraire !


Le Groupe d’action des Nations unies  sur la détention arbitraire a émis un avis consultatif durant sa 67ème session, estimant que la détention de Georges Ibrahim Abdallah dans les prisons françaises ne peut être qualifiée d’arbitraire. Cet avis a été émis suite à une plainte déposée par le Centre Khiam pour la réhabilitation des victimes de torture et le Collectif international pour la libération de Georges Ibrahim Abdallah devant les Nations unies contre le gouvernement français, sur fond de détention du combattant libanais, au mépris de la décision judiciaire du la Cour d’appel en faveur de sa libération. A l’époque, la campagne menée en signe de solidarité avec le détenu Georges Abdallah, était à son apogée. Le ministre français de l’Intérieur, Manuel Valls, détenait Abdallah en otage sans aucune justification juridique, utilisant son pouvoir discrétionnaire pour s’abstenir de signer l’arrêté d’expulsion. En même temps, la ministre française de la Justice, Christiane Taubira, avait intenté un deuxième appel contre la décision du Tribunal d’application des peines (TAP) de Paris, lequel avait approuvé le 21 novembre 2012 la libération conditionnelle de Georges Abdallah.
Il était clair que le gouvernement français faisait le siège de la justice française de tous côtés, se pliant aux desideratas du président Obama qui s’est opposé à la décision de la remise en liberté de Abdallah. Le Groupe d’action des Nations unies sur la détention arbitraire était censée demander au gouvernement français, dans les jours qui ont suivi la déposition de la plainte, des clarifications concernant l’affaire. Toutefois, il aura fallu attendre jusqu’au 20 juin 2013 pour que le secrétaire du groupe, Miguel de La Lama, demande au gouvernement français de fournir des réponses aux «allégations» qui lui ont été rapportées, et ce suite à l’insistance du Collectif international pour la libération de Georges Abdallah et de la délégation permanente du Liban auprès des Nations unies à Genève. Le responsable onusien avait argué à l’époque du fait que le dossier n’était pas complet. La partie française a expliqué à l’instance onusienne la procédure juridique suivie par la justice française dans l’affaire Abdallah. Cependant, suite à une délibération, il a été décidé de ne pas qualifier «d’arbitraire» la détention de Georges Abdallah.
Al Akhbar (Quotidien libanais proche du 8-Mars)

SYRIE : Exit l'ASL... au profit d'Al-Qaïda…..La dite Armée syrienne libre (ASL), qui est le mensonge derrière lequel se cachait l'Occident pour justifier sa guerre de destruction de l'Etat syrien, s'est effondrée. Le chef de son Conseil militaire, le général déserteur Salim Idriss, a fui la Syrie vers Doha à travers la Turquie, dimanche 8 décembre, selon le Wall Street Journal. Son adjoint, le général Moustapha al-Cheikh, s'est réfugié en Suède, où il a demandé l'asile politique, alors que le colonel Riad al-Assaad, le fondateur de l'ASL, s'est enfuit en Hollande.


L'Occident hypocrite commence à se mordre les doigts. Après avoir ressassé pendant plus de deux ans les refrains sur "l'opposition modérée" en Syrie et nié obstinément l'existence de groupes extrémistes-takfiristes, il met en garde aujourd'hui contre la monté en puissance d'Al-Qaïda, à qui il a lui-même fourni, via les pétromonarchies rétrogrades du Golfe et certains pays européens, les armes et l'environnement politique favorables à son expansion. Tous les experts diront que l'affaiblissement du pouvoir central dans n'importe quel pays est la condition idéale pour l'apparition, l'installation et le développement d'Al-Qaïda. C'est ce à quoi se sont employés les Occidentaux en Syrie ces deux dernières années. Mais leurs plans sont restés inachevés, car l'Etat syrien et son armée ont fait preuve d'une résistance à laquelle ils ne s'attendaient pas.
Ladite Armée syrienne libre (ASL), qui est le mensonge derrière lequel se cachait l'Occident pour justifier sa guerre de destruction de l'Etat syrien, s'est effondrée. Cette armée de mercenaires, de bandits et de traitres à la patrie n'existe pratiquement plus. Le chef de son Conseil militaire, le général déserteur Salim Idriss, a fui la Syrie vers Doha à travers la Turquie, dimanche 8 décembre, selon le Wall Street Journal. Son adjoint, le général Moustapha al-Cheikh, s'est réfugié en Suède, où il a demandé l'asile politique, alors que le colonel Riad al-Assaad, le fondateur de l'ASL, s'est enfuit en Hollande.
Un autre chef de l'ASL, le colonel déserteur Ammar al-Wawi, a, lui,  été arrêté avec ses gardes du corps par l'Etat islamique en Irak et au Levant (EIIL, proche d'Al-Qaïda), alors qu'il rentrait en Syrie en provenance de Turquie.
Salim Idriss s'est enfuit après avoir livré aux extrémistes pro-saoudiens du Front islamique (une coalition de sept groupes extrémistes formée à l'initiative de Bandar Ben Sultan, le chef des services de renseignements saoudiens), à la fin de la semaine dernière près du point de passage de Bab al-Hawa, les dépôts d'armes de l'ALS ainsi que ses propres bureaux.
L'effondrement de l'ALS est reconnu par la presse, les responsables et les experts en Occident. Les revers subis par l'ASL posent un "gros problème et reflètent la dangerosité de la situation ainsi que son imprévisibilité", a avoué le secrétaire américain à la Défense, Chuck Hagel. "Il est clair que l’état-major de l’ASL est de plus en plus faible et qu’il a perdu du pouvoir", affirme pour sa part Aron Lund, un expert sur la rébellion syrienne basé en Suède. Il a précisé que "l’ASL a perdu d’importants groupes et des combattants avec la création du Front islamique". Selon lui, la perte du passage-clé de Bab al-Hawa signifie que Salim Idriss, "pourrait ne plus rentrer en Syrie".
Le quotidien français le Figaro écrit qu'en faisant main basse sur des armes livrées par les Occidentaux aux "rebelles modérés", leurs rivaux salafistes ont franchi la ligne rouge. Le journal parle d'un "miniputsch contre l'état-major de l'ASL" et révèle que les extrémistes se sont emparés de "plusieurs douzaines de missiles antichar et antiaérien".
Tous ces développement s'accompagnent de déclarations d'experts occidentaux sur l'implantation d'Al-Qaïda en Syrie, ce qu'ils refusaient de reconnaitre auparavant.
"Les groupes affiliés à Al-Qaïda ont créé en Syrie un alliance disposant d'au moins 45000 combattants, soit le double du nombre de combattants taliban en Afghanistan" a affirmé lors d'un colloque à Jamestown l'Australien David Kilcullen, spécialiste des mouvements insurrectionnels, qui a notamment conseillé le commandement américain en Irak. "Al-Qaïda se renforce sur tous les fronts. Sa direction a été affaiblie mais pas éliminée".
La présence dans les rangs des islamistes radicaux en Syrie de centaines de volontaires venus d'Europe ou d'autres pays occidentaux, où certains vont retourner aguerris, est un sujet majeur d'inquiétude. "Avec l'entraînement qu'ils acquièrent en Syrie, il y a une forte possibilité qu'au cours des deux prochaines années ils soient en mesure d'accomplir le dernier vœux d'Oussama ben Laden, qui était de monter une attaque du genre de celle de Mumbai en Europe", ajoute Bruce Hoffman.
"L'expansion d'Al-Qaïda à laquelle nous assistons dans le monde arabe est vraiment phénoménale, supérieure à ce que nous avons vu au cours de la première décennie de son existence",  explique Bruce Riedel, ancien membre influent de la CIA, aujourd'hui membre de la Brookings Institution.
Interrogée début décembre la sénatrice Diane Feinstein, présidente de la commission du Renseignement au Sénat américain, avait déclaré: "Le terrorisme est en hausse dans le monde. Les statistiques le montrent, le nombre de victimes augmente. Il y a plus de groupes, encore plus radicaux, davantage de jihadistes déterminés à tuer pour atteindre leurs objectifs".
Cet aveu est une reconnaissance tardive de tout ce que disait la Syrie, qui affirmait dès le début des événements dans le pays être confrontée à une véritable guerre menée par des terroristes venus de 80 pays.
Après deux ans de déni, voilà que les Occidentaux acceptent de regarder la vérité en face. Plus encore, ils commencent à se résigner à la victoire de l'Etat syrien, conduit par son président-résistant Bachar al-Assad. "La victoire d'Assad en Syrie pourrait être le meilleur de trois très, très horribles scénarios", dont aucun ne prévoit la victoire de la rébellion, a estimé jeudi à Washington l'ancien directeur de la CIA Michael Hayden. "La narration, l'histoire dominante de ce qui se passe en ce moment en Syrie est la prise de contrôle par des fondamentalistes sunnites d'une partie significative de la géographie du Moyen-Orient", a-t-il ajouté. "Cela signifie l'explosion de l'Etat syrien et du Levant tel que nous le connaissons".
Mais comme tous les plans et les souhaits américains, celui-là sera également voué à l'échec. La guerre en Syrie se terminera par la victoire de l'Etat, la défaite des terroristes et la réunification du pays... sous l'étendard de Bachar al-Assad.
Source : TENDANCES DE L’ORIENT

dimanche 15 décembre 2013

Ils complotent contre notre retour en Palestine….. ils ne veulent pas comprendre que le droit au retour de tous les réfugiés palestiniens à leurs terres et leurs biens et à leur terre spoliée est d’abord une question de justice, sans laquelle il ne peut y avoir aucune justice dans le monde.


« Ils », ce sont les États-Unis et les États européens. L’envoyé américain Kerry vient de proposer une « solution » pour enterrer la Palestine et installer définitivement l’État colonial en Palestine occupée : la liquidation de la cause des réfugiés palestiniens (plus de 6 millions de réfugiés, sans compter les personnes déplacées vivant dans les terres occupées en 1948 et les dizaines de milliers de Palestiniens expulsés depuis 1967), en assurant leur transfert vers les États du Golfe et d’autres pays, déplacement qui serait financé par les mêmes États du Golfe.
De même, lors de sa visite en Palestine occupée, le président français a osé soumettre un plan similaire au président palestinien, consistant à supprimer le « droit au retour » des réfugiés palestiniens qui, selon lui, empêche tout règlement du conflit arabo-sioniste dans la région.
Les forces de l’impérialisme mondial pavanent et se prennent pour Dieu le Tout-Puisssant. Elles profitent de l’état de délabrement arabe et de l’isolement de la Palestine et des Palestiniens pour faire passer ce dont elles ont toujours rêvé et pour quoi elles ont toujours comploté : nous empêcher de retourner en Palestine, notre patrie, où se trouvent nos biens confisqués et nos maisons, nos familles et nos racines.
Les plans de « relogement » des réfugiés palestiniens dans le monde n’ont jamais cessé depuis 1948. Nous sommes l’épine qui les empêche de bâtir leurs châteaux de sable et de parfaire leur crime en installant une colonie de peuplement en Palestine. Des centaines de conférences internationales ont été tenues pour décider que faire de nous. Toutes les propositions furent étudiées, sauf celle consistant à nous faire passer la « frontière » pour que nous retrouvions nos familles, nos biens et nos maisons. Et pourtant, ce plan est le plus juste et le plus simple. Il est refusé parce qu’ils veulent un État à 100% juif, qui serait le modèle de leur démocratie occidentale, c’est-à-dire basé sur une épuration ethnique et sur une histoire mythique et où les paroles hypocrites cachent les crimes réels.
Des centaines de conférences et de réunions de travail ont réuni des experts de tous bords, depuis 1948, pour discuter des modalités de compensations pour nos maisons et nos biens détruits ou envahis par les hordes sionistes, en 1948 et plus tard. Mais ce que n’ont pas voulu comprendre ces experts, c’est que les compensations ne remplacent pas notre droit au retour, et que toutes les fortunes du monde ne peuvent remplacer les retrouvailles familiales.
De plus, ils ne veulent pas comprendre que le droit au retour de tous les réfugiés palestiniens à leurs terres et leurs biens et à leur terre spoliée est d’abord une question de justice, sans laquelle il ne peut y avoir aucune justice dans le monde. Entériner la présence sioniste en Palestine, c’est entériner et légaliser toutes les injustices dans le monde, celle qui consiste à envahir un pays, à expulser sa population et à piller la terre et les ressources du pays. C’est aussi instaurer une norme qui consiste à épurer ethniquement et religieusement un pays, à assassiner tous ceux qui gênent le projet colonial, à massacrer une population, à poursuivre les massacres et les pillages et à emprisonner des centaines de milliers de fils de ce peuple. Quand ils entérinent et légalisent de telles pratiques, c’est la paix mondiale qui est menacée par les pratiques terroristes émanant d’une telle entité.
Les réfugiés palestiniens peuvent être déplacés, ici et là, soit à cause des conflits qui surgissent dans les États arabes, soit à cause de leur désir d’améliorer leur situation individuelle et celle de leur famille. Mais cela ne supprime en aucun cas leur droit de retourner en Palestine, que l’ONU et ses organismes l’admettent ou ne l’admettent pas. Le droit du retour ne se mendie pas auprès des organismes internationaux et comme tout droit, il s’arrache par une lutte persévérante, consistant à le réclamer d’abord, à empêcher sa liquidation par les comploteurs de tout bord, à le fixer dans la conscience des nouvelles générations, et à prendre les armes pour l’appliquer. Depuis 1948, c’est ainsi que le peuple palestinien a pu maintenir et préserver son droit, celui de libérer sa terre et d’y retourner, pour y vivre libre et souverain.
Malgré les reculs d’une certaine élite, plus soucieuse de faire partie du monde des affaires et de l’élite impériale que d’assurer les conditions de lutte de son peuple, malgré la « fatigue » d’une classe moyenne, due à l’absence d’un projet national cohérent et des défections au fil des années, la majorité du peuple palestinien garde l’espoir du retour des réfugiés et de tous les déplacés et expulsés à leur patrie. Il suffit de se remémorer la Nakba, dans ses détails, pour avoir la certitude que l’État colonial ne peut survivre. Jusqu’à présent, le massacre de Kfar Kassem, commis en 1956, soit 8 ans après la Nakba, est remémoré et vécu dans son quotidien, et les Palestiniens disent : « nous n’oublions pas, nous ne pardonnons pas », précisément parce que c’est la même attitude coloniale, c’est la même idéologie criminelle, ce sont les mêmes tueurs qui poursuivent notre peuple, depuis plus de 100 ans maintenant.
Qu’ils échafaudent des plans comme bon leur semble, qu’ils manigancent et complotent, les réfugiés palestiniens ont l’intention de retourner dans leur pays. Ils savent depuis 1917 qu’ils ne peuvent compter sur ce qui s’appelle « communauté internationale » ni sur les puissances mondiales impérialistes pour recouvrer leurs droits. Ils savent qu’ils doivent compter sur leurs propres forces d’abord et peuvent compter ensuite sur les consciences libres dans le monde.
Notre retour en Palestine est inéluctable comme l’est la fin de l’entité coloniale, comme l’est également la libération du monde arabe de l’emprise impérialiste. Malgré la situation difficile actuelle, c’est vers de nouveaux horizons que nous allons, où ni la France, ni l’Europe, ni les États-Unis, ni l’ONU ne pourront décider de notre sort. C’est ce que nous ont appris les générations passées et les luttes qu’elles ont menées, et c’est ce que nous transmettons aux nouvelles. Nous sommes indéracinables.
Fadwa Nassar
 Assawra.info
URL de cet article 23686
http://www.legrandsoir.info/ils-complotent-contre-notre-retour-en-palestine.html

samedi 14 décembre 2013

REPUBLIQUE CENTRAFRICAINE : Les raisons cachées de l’intervention française …Contrairement à l’« impératif humanitaire » agité par le président François Hollande, l’ « Opération Sanguiris » menée par 1 200 soldats français vise à contrer l’arrivée des Chinois et surtout à contrôler les réserves d’or, de diamant et d’uranium présentes dans le sous sol de la Centrafrique. Un pays plus grand que la France et Belgique réunies et où Areva, Total, Bolloré, France Télécom… dictent déjà la loi, malgré les atrocités.

Après la Côte-d’Ivoire de Laurent Gbagbo, la Libye de Kadhafi et le Mali en Afrique de l’Ouest (Opération Serval), la France a décidé le 3 décembre dernier d’intervenir militairement en République centrafricaine (RCA), un pays situé justement au centre de l’Afrique. François Hollande et ses officiers ont attribué le nom d’un papillon aux ailes rouge sang à cette opération militaire : le « Sanguiris ». Cette « Opération Sanguiris » est entrée dans sa phase opérationnelle le 8 décembre, date à laquelle 800 soldats sortis des casernes hexagonales 72 heures avant, ont rejoint leurs collègues à Bangui, capitale de la RCA. Ce ralliement porte à 1 600 le nombre de militaires français dans ce pays étendu sur 622980 km2 et peuplé de cinq millions d’âmes damnées par un demi-siècle de guerre et de misère tous azimuts. Avant l’ « Opération Sanguiris », l’armée française disposait déjà des troupes suréquipées en Centrafrique. Elles sont stationnées à l’aéroport de Bangui-Mpoko.
Officiellement, l’ « Opération Sanguiris » est la réponse à une « situation catastrophique ». Une réaction « humanitaire », pour sauver « un peuple qui souffre et nous appelle », a déclaré François Hollande le 6 décembre lors du Sommet Afrique-France qui se tenait à l’Elysée. « Les Français doivent être fiers d’intervenir quelque part sans intérêts », a ajouté le « socialiste  » Hollande. Le même jour et au même endroit, le Secrétaire général de l’Organisation des Nations Unies (ONU), s’était joint au président français au grand cœur pour saluer la décision ainsi prise par le successeur de Nicolas Sarkozy. Ban Ki Moon avait personnellement fait le déplacement de Paris pour participer à la grand’messe françafricaine organisée et présidée par M. Hollande avec pour thème officiel : « Paix et sécurité en Afrique ». Avant Ban Ki Moon, d’autres fonctionnaires de l’ONU comme Navi Pillay et Jan Eliasson avaient, à tour de rôle, agité le spectre d’un « conflit ethnique et religieux » qui « paralyse la Centrafrique  ». Finalement, l’ONU a voté la résolution 2127 qui autorise une intervention militaire africaine avec l’appui des forces françaises. Quelle suite logique !
 La France n’a pas d’intérêts en République centrafricaine : Vrai ou faux ?
Ce serait un non sens que la France qui n’a pas une longue tradition de philanthropie intervienne en Centrafrique tout simplement pour « sauver un peuple qui souffre et nous appelle  ». D’autant plus que les souffrances des Centrafricains ne datent pas de 2013 ! Ce peuple souffre depuis 1960 des turpitudes de ses six présidents successifs : David Dacko, Bokassa Ier, André Kolingba, Ange F. Patassé, François Bozizé, Michel Djotodia. Tous sont arrivés au pouvoir après un coup d’Etat. Et la main de la France, puissance colonisatrice a toujours été perçue ou annoncée derrière ces différents putschs.
La France a des intérêts en Centrafrique. Aujourd’hui, elle contrôle l’économie centrafricaine ou ce qui en tient lieu. Bolloré y a la main mise sur la logistique et le transport fluvial. Castel règne en maître dans le marché de la boisson et du sucre. CFAO y contrôle le commerce des voitures. Depuis 2007, France Telecom est entrée dans la danse. AREVA est présente en RCA même si, officiellement, le géant du nucléaire n’est encore qu’à la phase de l’exploration. Total y renforce son hégémonie dans le stockage et la commercialisation du pétrole, mais doit composer avec Tradex, une société camerounaise spécialisée dans le trading des produits pétroliers. Depuis l’arrivée de Michel Djotodia au pouvoir en mars 2013, un ballet d’hommes d’affaires et de lobbyistes français s’observe à Bangui. Jean-Christophe Mitterrand, Richard Attias, Claude Guéant, Laurent Foucher… s’illustrent par un activisme affairiste en Centrafrique, révèle régulièrement la presse. Et ce n’est pas nouveau.
Lorsque la France installe un nouveau chef à la tête de la Centrafrique, de nouveaux liens d’affaires naissent et se consolident en violation des lois et parfois de l’éthique. Au tournant de la décennie 70 par exemple, une scabreuse affaire, révélée par un journal français, Le Canard enchaîné a présenté aux yeux du monde le type de relations qui existe entre certains présidents français et ces nouveaux dictateurs qu’ils placent à la tête des néo-colonies.
En effet, lâché par la France à qui il avait abandonné l’exploitation de son pays sans se soucier des intérêts de la population, Bokassa Ier (il s’est fait introniser comme empereur pendant son mandat) avait révélé les plaquettes de diamant qu’il offrait en cadeau à son homologue français. Le 10 octobre 1979, l’hebdomadaire satirique Le Canard enchaîné porta cette « Affaire » sur la place publique. La classe politique s’en était saisie. L’affaire porta un sérieux coup à la carrière politique du président. Eclaboussé, Giscard d'Estaing fut battu aux élections de 1981 par le « socialiste » François Mitterrand…Autant dire que ce n’est pas en Centrafrique que la France ira faire des leçons de morale !
A la recherche du paradis perdu
Derrière ses multiples « Opérations » guerrières, la France tente bon an mal an de reprendre ses positions économiques en Afrique. Le 4 décembre, alors que les troupes françaises prenaient la direction de Bangui, Pierre Moscovici présidait un forum économique franco-africain à Bercy. Le ministère français de l’Economie avait réuni 560 entrepreneurs français et africains, des ministres et des chefs d’Etat pour tenter de sauver la place de la France en Afrique. Séance tenante, Hubert Védrine, ancien ministre français des relations extérieures, a donné une sorte de bouée de sauvetage au ministre Moscovici à la recherche des quatre points cardinaux ! Il s’agit d’un rapport intitulé : Un partenariat pour l’avenir : 15 propositions pour une nouvelle dynamique économique entre l’Afrique et la France. Dès le premier point, le Rapport Védrine propose de réviser « la politique française de visas économiques afin de faciliter la circulation des acteurs économiques entre la France et l’Afrique ». Ce qui est déjà une véritable révolution. Jusqu’ici, les entrepreneurs africains qui sollicitaient un visa pour la France étaient soumis aux mêmes conditions draconiennes qu’un adolescent désireux d’aller poursuivre ses études en Hexagone. Comme si un Africain capitaine d’industries prospères dans son pays représentait un risque migratoire pour l’Europe ! Les temps ont changé. Et pour « renforcer l’influence de la France en Afrique » (15ème proposition du Rapport Védrine), les autorités françaises font donc des concessions. Comment pouvait-il en être autrement ? « En dix ans, la France a perdu la moitié de ses parts de marché en Afrique subsaharienne », a reconnu Pierre Moscovici.
Face aux 26 chefs d’Etat qui ont pris part au Sommet de l’Elysée, le président français a multiplié les opérations de charme. Il a annoncé la mise en place d’un fonds d’investissement de 20 milliards. L’hôte des présidents africains a aussi pris l’engagement d’affecter un milliard d’euros à l’Agence française de développement (AFD) pour le soutien du Green business, de l’innovation et des nouvelles technologies en faveur de l’Afrique. En s’inscrivant dans la logique de son ministre des Finances qui a enfin avoué que « l’Afrique est une chance pour la France », M. Hollande veut ainsi reconquérir le cœur des Africains aujourd’hui plus attentifs vis-à-vis de Pékin et de New Delhi. Last but not least, le président français a annoncé la création d’une fondation franco-africaine au sein de laquelle les investisseurs privés français et africains joindront leurs ressources pour plus de valeur ajoutée. Il a fallu trois siècles pour que la France y songe !
La Chine, vraie menace pour l’Elysée
L’Empire du Milieu est inévitablement cité dans le Rapport Védrine comme le principal responsable du recul de la France dans les échanges avec l’Afrique. Ce qui est vrai. En République centrafricaine, la Chine a fait une entrée fracassante dans le secteur du pétrole. Au grand dam de Paris et de son relais néocolonialiste dans la sous région : Idriss Deby.
En effet, arrivé au pouvoir par coup d’Etat en 2003 avec l’aide manifeste de Paris et de N’Djamena, François Bozizé qui a eu le temps de se faire élire en 2005 n’a pas résisté aux propositions de la Chine qui multiplie les aides, accroît ses investissements sur le continent avec moins de conditionnalités. Ce qui tranche avec l’arrogance et le paternalisme des « partenaires traditionnels » de l’Afrique.
« J’ai été renversé à cause du pétrole »
Les résultats de ce rapprochement avec l’Empire du Milieu ne se sont pas fait attendre. En 2008, la Chine a accordé à la RCA des aides et un prêt pour un montant global de 3,25 milliards de francs CFA soit 4,4 millions d’euros. L’enveloppe a permis de construire des écoles et hôpitaux dans cet océan de précarité qu’est la Centrafrique. Quelques mois après, le président Bozizé s’est rendu en Asie où il a été reçu le 10 septembre 2009 au Palais du peuple par Hu Jintao, alors président de la République populaire de Chine. Ce qui ne saurait rassurer ni Paris, ni N’Djamena. D’autant plus que tout ne s’est pas limité à la poignée de main entre le président centrafricain et son homologue chinois.
Dans les faits, le rapprochement entre Bozizé et Hu Jintao a permis à la Compagnie chinoise CNPC de reprendre le permis de recherche, développement et exploitation du pétrole de Boromata, dans le Nord-est de la Centrafrique. Il n’est pas inutile de rappeler que pour ce gisement, Ange Félix Patassé, le prédécesseur de Bozizé, avait accordé un permis similaire au pétrolier étasunien Grynberg RSM. L’industriel de Denver, invoquant l’insécurité, n’a pas pu conduire les recherches et le permis a expiré en 2004. La cession du sésame aux Chinois pouvait-elle plaire à ceux qui ont permis à François Bozizé d’accéder au pouvoir ? Fraichement déchu de ses fonctions en mars 2013, le désormais ex-président Bozizé a affirmé sur les ondes de Radio France International (RFI) que « j’ai été renversé à cause du pétrole ». Sans plus de détails. Trois (27 décembre 2012) mois avant, le président François Bozizé avait prononcé un discours dans lequel il affirmait clairement que ce qui se cachait derrière la crise qui secouait alors son pays n’était rien d’autre que l’opposition française émise plus tôt contre l’octroi des contrats d’exploration de pétrole aux Chinois. « J’ai donné le pétrole aux Chinois et c’est devenu un problème », martelait Bozizé, acculé par les rebelles.
Les manœuvres de Washington
Le fait que le président Bozizé ait pris l’habitude de s’afficher avec les dirigeants chinois a aussi provoqué la colère de Washington. Et les câbles diplomatiques à ce sujet le démontrent à suffisance.
Le 17 juin 2009, l’ambassadeur étasunien Frederick Cook en RCA avait envoyé un câble à Washington dans lequel il affirmait que les «  relations France-RCA sérieusement sous tension. […] Bozizé semble croire avoir réussi à être le moindre mal dans le paysage politique de la RCA. Il s’imagine donc être indispensable pour ses voisins et les Français, une supposition que l’ambassade américaine (« AmEmbassy ») à Bangui croit être une erreur grossière », écrivait alors le diplomate étasunien.
Une autre dépêche envoyée cinq mois plus tard avait valeur d’alerte : «  L’influence chinoise grandissante en RCA est évidente ». Le câble précisait dans quelle mesure tant les intérêts américains que français étaient en train de céder du terrain à Beijing qui ne cessait d’« accroître sa coopération militaire, sa diplomatie publique et ses efforts de développement ». L’ambassadeur soulignait pour s’en inquiéter que contrairement au quatre agents diplomatiques résidant à l’ambassade américaine de Bangui, l’ambassade chinoise comptait une quarantaine d’employés. Frederick Cook ajoutait qu’environ 40 officiers de l’armée de la RCA étaient formés tous les ans en Chine, contre les deux ou trois officiers qui allaient aux Etats-Unis et les 10 à 15 en France. Et pour ne pas arranger les choses, Bozizé a confié la réserve pétrolière de Boromata aux Chinois, au détriment de la France et de son allié, les USA. Etant donné que ces deux puissances ont érigé le pétrole au rang des divinités, Bozizé se savait désormais sur un fauteuil éjectable. On l’a effectivement éjecté le 24 mars 2013.
La France fait semblant de combattre pour renforcer son influence en RCA
Rappelez-vous. Le jeudi 21 novembre 2013 lors de la remise du prix de la Fondation Chirac pour la prévention des conflits au docteur congolais Denis Mukwege et à Femmes Africa Solidarité François Hollande avait indiqué qu’ « Il se produit en Centrafrique des actes abominables. Un chaos, des exactions extraordinairement graves ». Face à l’urgence et aux 400 000 personnes déplacées en Centrafrique, « nous devons agir », a ajouté le président français. Le même jour, cette fois là sur France 2, son ministre des Affaires étrangères a ajouté : « Le pays est au bord du génocide ». 48 heures avant, devant une commission du Congrès, le directeur du bureau Afrique du département d’État, Robert Jackson, avait évoqué « une situation pré-génocidaire  » en Centrafrique. On le voit, le scénario est le même. Le président Français annonce la crise. Un membre de son gouvernement saute aux antennes pour décrire la catastrophe à venir. Une voix « extérieure », de préférence étasunienne ou onusienne vient accréditer la thèse alarmiste en insistant sur la violation des droits de l’homme. L’opinion internationale soumise à un matraquage médiatique et donc psychologique intense salue l’envoi des troupes sur le terrain. Car, une résolution a bel et bien été prise par le Conseil de sécurité de l’ONU le 5 décembre 2013 pour autoriser les troupes françaises à agir en appui aux forces africaines de la Misca.
Ce dont la Séléka est le nom
En Centrafrique, les populations sont victimes, en partie des exactions des éléments de la Séléka (coalition en sango, langue nationale). Mais qui compose cette fameuse Séléka ? La Séléka est une coalition de factions rebelles dissidentes issues de plusieurs mouvements politico-militaires. On y retrouve la Convention des patriotes pour la justice et la paix (CPJP), l’Union des forces démocratiques pour le rassemblement (UFDR), le Front démocratique du peuple centrafricain (FDPC). Au plus fort de la contestation du pouvoir de M. Bozizé, deux autres groupes armés ont vu le jour ou ont dévoilé leur visage au grand jour et ont rejoint la Séléka. Il s’agit de la Convention patriotique du salut du kodro (kodro signifie pays, en sango), et de l’Alliance pour la renaissance et la refondation (A2R). Sans oubliés les hordes venues du Tchad et du Soudan.
Tous ces groupes composites ont donc fait une « alliance » de circonstance pour atteindre un objectif précis : renverser le président Bozizé. Mission accomplie en mars 2013. Or, il n’y avait qu’un seul fauteuil présidentiel à prendre et à pourvoir. Il a finalement été occupé par Michel Djotodia. L’ancien fonctionnaire du ministère du Plan qui a goûté à la prison sous Bozizé détenait le gros des troupes. Les hordes tchado-soudanaises obéissaient à son commandement. N’a-t-il pas été présenté par la presse sans démenti comme le meilleur interlocuteur de la France et du Tchad qui voulaient en découdre avec Bozizé l’ « insoumis » ? Aussitôt installé au Palais de Bangui, Michel Djotodia a pris un décret pour dissoudre la Séléka et annoncer le « recasement et le cantonnement ».
Ne se reconnaissant pas tous en lui, plusieurs éléments issus des autres groupes armés n’ont pas respecté les ordres d’un chef qui, dans tous les cas n’est pas le leur. Dans la Seléka, le « contingent » de loubards tchadiens et soudanais s’est lui aussi trouvé face à un dilemme. Ils ont été utilisés pour installer Djotodia au pouvoir. Celui-ci annonce le « recasement et cantonnement » et l’intégration dans les Forces armées centrafricaines (FACA). Or, n’étant pas Centrafricains, que vont-ils devenir ? Le nouveau président ne semble pas avoir pleinement satisfait ses alliés d’hier sur cette question.
Les incompréhensions entre les différents groupes rebelles d’une part, et entre certains chefs et leurs éléments d’autre part, débouchent sur des atrocités généralisées dans le pays. Pillage, viol et assassinats en série deviennent l’activité quotidienne de ces hommes à qui on a enseigné la brutalité et la tuerie ! La chaîne de commandement étant brisée et plusieurs promesses mirobolantes n’ayant pas été tenues, personne ne contrôle plus rien. Le pays se retrouve dans la même situation d’ « ingouvernabilité » que la Libye envahie par les djihadistes, après l’assassinat du Guide Mouammar Kadhafi par les troupes de l’OTAN avec la France de Sarkozy et de Bernard Henri Levy en tête. La situation centrafricaine rappelle étrangement celle qui a prévalu à Abidjan après le renversement de Laurent Gbagbo par les rebelles pro-Ouattara soutenus par la France. En effet, après la chute de l’ancien chef d’Etat de Côte-d’Ivoire, les éléments des « Forces nouvelles » (rébellion dirigée alors par Guillaume Soro, actuel président de l’Assemblé nationale) ont été floués. L’argent et les autres avantages qui leur avaient été promis pendant le combat contre le régime de Gbagbo n’ont pas été livrés. Ouattara est devenu président de la République. En représailles, ces « Forces nouvelles » ont pillé la capitale ivoirienne. Non sans tuer et torturer certains commerçants innocents.
En Centrafrique, à la violence des éléments de la Séléka (essentiellement musulmans), les « Anti balaka » répondent aussi par la violence. Le deuxième groupe est constitué d’éléments essentiellement chrétiens et sont présentés comme les pro-Bozizé. Ce dernier était leader d’une église chrétienne. La presse occidentale s’appuie sur ce fait qui pour agiter mensongèrement le spectre d’un « conflit interreligieux » voire d’un « génocide » en Centrafrique.
Face à cette situation chaotique, l’agitation n’est-elle pas toujours fonction des intérêts à protéger ou à conquérir ? Toujours est-il qu’en Centrafrique, la France a très vite pris les devants dès que la situation sur le terrain est devenue incontrôlable. Alors que la Mission militaire africaine Misca, commandée par le général camerounais Tumenta avait déjà déployé 2500 soldats, la France a jugé nécessaire de convaincre le Conseil de sécurité de l’ONU d’adopter une résolution qui lui permet d’y envoyer ses troupes tricolores. En vérité, les troupes françaises ont précédé la Résolution 2127. Celle-ci a été adoptée le 5 décembre. Pourtant, les troupes avaient déjà quitté la France et étaient stationnées à Douala au Cameroun, voisin de la RCA.
Mais avait-on besoin de tant de militaires hyper équipés pour vaincre quelques loubards armés de machettes et d’armes résiduelles ? Les Forces armées centrafricaines ou ce qui en reste et la Misca sont-elles incapables de vaincre ces affamés ? Bien plus, nous sommes là dans une guerre asymétrique, avec un ennemi qui n’a pas d’uniforme identifiable à priori. Ne connaissant pas le terrain, ni la composition sociologique du pays (certains arrivent en Afrique pour la première fois d’après leurs déclarations à RFI), contre qui vont se battre les soldats tricolores ? La quinzième proposition du Rapport Védrine évoqué plus haut peut permettre de répondre à ces interrogations. Il est question de « Renforcer l’influence de la France en Afrique », y a conseillé l’ancien ministre des relations extérieures de François Mitterrand.
« L’Afrique est une chance pour la France », reconnaît le ministre des Finances français
Comme la plupart des pays occidentaux, la France est encore ravagée par les contrecoups de la crise qui a secoué l’économie mondiale à partir de 2007. Arrivée au pouvoir à cette période agitée, surpris par la percée des nouveaux acteurs comme la Chine, l’Inde, et le Brésil, Nicolas Sarkozy a renfilé le manteau colonial. Et au lieu de la « Rupture » annoncée par le candidat Nicolas, l’Afrique a eu droit à une « Continuité » accélérée par le président Sarkozy, ami zélé des hommes d’affaires de la trempe de Charles Pasqua, Vincent Bolloré... Le libéral Sarkozy a bombardé la Côte-d’Ivoire et la Libye. Mais rien n’y a fait. La France, au bout de ses cinq ans de mandat, n’a pas pu reprendre sa place de premier partenaire économique en Afrique francophone, malgré le sang versé !
Le « socialiste » François Hollande qui n’avait pas fait de l’Afrique une priorité pour son mandat semble avoir oublié toutes les autres parties du monde - la France comprise - pour se tourner vers l’Afrique. Comme le commandant d’un bateau atteint par les eaux, il multiplie ses visites en Afrique. Après les obsèques de Nelson Mandela auxquelles il prenait part le mardi 10 décembre, François Hollande s’est rendu sur le théâtre de guerre en Centrafrique pour galvaniser « ses » soldats qui ont déjà perdu deux frères d’arme après seulement une semaine d’action !
Source : INVESTIG’ACTION

mercredi 4 décembre 2013

Des centaines d’Européens dans les rangs de l’armée israélienne (Euro-Mid Observer)…… Des milliers de volontaires originaires d’environ 40 pays, principalement d’Europe, ont ainsi rejoint l’armée israélienne, sans avoir à en rendre compte ni qu’il y ait d’enquête de la part de leur pays européen d’origine.


Genève, 25 novembre 2013 – L’Observatoire Euro-Mid pour les Droits de l’Homme (Euro-Mid Observer for Human Rights) a révélé que des centaines d’Européens ont volontairement effectué leur service militaire dans les rangs des Forces de Défense Israéliennes (IDF), tandis que des dizaines d’autres ont été recrutés pour participer à des opérations visant à tuer des civils palestiniens, spécialement dans la Bande de Gaza.
D’après un rapport complet sur ce sujet, qu’Euro-Mid Observer est en train de finaliser, un certain nombre d’organisations directement liées à des groupes de droite juifs et chrétiens opérant en Europe, ont mis en œuvre des projets et des campagnes appelant les Européens à rejoindre et soutenir l’armée israélienne dans les Territoires Palestiniens Occupés, en violation avec le Droit International. De plus, des Européens ont pris part à des opérations en Cisjordanie , incluant la protection des colons lors de leurs attaques contre les Palestiniens.
Le rapport fait état du fait que l’organisation Mahal basée à Londres, par exemple, développe des programmes destinés aux jeunes juifs (israéliens et non-israéliens) du monde entier qui sont volontaires pour rejoindre les Forces de Défense Israéliennes (IDF). Ainsi, depuis des dizaines d’années, Mahal recrute des jeunes Européens pour aller se battre dans les rangs de l’armée israélienne. Le rapport, qui sera publié prochainement par Euro-Mid Observer, indique que l’organisation cible les jeunes gens, jeunes hommes âgés de moins de 24 ans et jeunes femmes de moins de 21 ans, avec des programmes de formation qui durent environ 18 mois.
Selon les Forces de Défense Israéliennes, Mahal et les autres programmes développés en lien avec les IDF ne sont qu’une forme simplifiée d’enrôlement de non Israéliens et d’Israéliens résidant à l’étranger. De fait, leur service au sein des IDF se fait au coude à coude avec les soldats israéliens "classiques", même si la durée minimale de leur service est généralement plus courte que celle des habituels services militaires des IDF. Les programmes de Mahal en lien avec les IDF visent à contribuer à la défense d’Israël et à fournir de jeunes leaders expérimentés et enthousiastes aux communautés juives.
Des milliers de volontaires originaires d’environ 40 pays, principalement d’Europe, ont ainsi rejoint l’armée israélienne, sans avoir à en rendre compte ni qu’il y ait d’enquête de la part de leur pays européen d’origine.
L’Observatoire Euro-Mid pour les Droits de l’Homme estime que les IDF cherchent à augmenter le flux de soldats volontaires en provenance de l’étranger. Elles ont récemment chargé les Amis des Forces de Défense Israéliennes d’accentuer leur partenariat avec Nefesh B’Nefesh, une organisation israélienne qui aide les Juifs émigrant en Israël.
Source : euromid.org http://www.euromid.org/marsad/index.php?action=main/readcontent&la...
Traduction : CR pour ISM