samedi 14 décembre 2013

REPUBLIQUE CENTRAFRICAINE : Les raisons cachées de l’intervention française …Contrairement à l’« impératif humanitaire » agité par le président François Hollande, l’ « Opération Sanguiris » menée par 1 200 soldats français vise à contrer l’arrivée des Chinois et surtout à contrôler les réserves d’or, de diamant et d’uranium présentes dans le sous sol de la Centrafrique. Un pays plus grand que la France et Belgique réunies et où Areva, Total, Bolloré, France Télécom… dictent déjà la loi, malgré les atrocités.

Après la Côte-d’Ivoire de Laurent Gbagbo, la Libye de Kadhafi et le Mali en Afrique de l’Ouest (Opération Serval), la France a décidé le 3 décembre dernier d’intervenir militairement en République centrafricaine (RCA), un pays situé justement au centre de l’Afrique. François Hollande et ses officiers ont attribué le nom d’un papillon aux ailes rouge sang à cette opération militaire : le « Sanguiris ». Cette « Opération Sanguiris » est entrée dans sa phase opérationnelle le 8 décembre, date à laquelle 800 soldats sortis des casernes hexagonales 72 heures avant, ont rejoint leurs collègues à Bangui, capitale de la RCA. Ce ralliement porte à 1 600 le nombre de militaires français dans ce pays étendu sur 622980 km2 et peuplé de cinq millions d’âmes damnées par un demi-siècle de guerre et de misère tous azimuts. Avant l’ « Opération Sanguiris », l’armée française disposait déjà des troupes suréquipées en Centrafrique. Elles sont stationnées à l’aéroport de Bangui-Mpoko.
Officiellement, l’ « Opération Sanguiris » est la réponse à une « situation catastrophique ». Une réaction « humanitaire », pour sauver « un peuple qui souffre et nous appelle », a déclaré François Hollande le 6 décembre lors du Sommet Afrique-France qui se tenait à l’Elysée. « Les Français doivent être fiers d’intervenir quelque part sans intérêts », a ajouté le « socialiste  » Hollande. Le même jour et au même endroit, le Secrétaire général de l’Organisation des Nations Unies (ONU), s’était joint au président français au grand cœur pour saluer la décision ainsi prise par le successeur de Nicolas Sarkozy. Ban Ki Moon avait personnellement fait le déplacement de Paris pour participer à la grand’messe françafricaine organisée et présidée par M. Hollande avec pour thème officiel : « Paix et sécurité en Afrique ». Avant Ban Ki Moon, d’autres fonctionnaires de l’ONU comme Navi Pillay et Jan Eliasson avaient, à tour de rôle, agité le spectre d’un « conflit ethnique et religieux » qui « paralyse la Centrafrique  ». Finalement, l’ONU a voté la résolution 2127 qui autorise une intervention militaire africaine avec l’appui des forces françaises. Quelle suite logique !
 La France n’a pas d’intérêts en République centrafricaine : Vrai ou faux ?
Ce serait un non sens que la France qui n’a pas une longue tradition de philanthropie intervienne en Centrafrique tout simplement pour « sauver un peuple qui souffre et nous appelle  ». D’autant plus que les souffrances des Centrafricains ne datent pas de 2013 ! Ce peuple souffre depuis 1960 des turpitudes de ses six présidents successifs : David Dacko, Bokassa Ier, André Kolingba, Ange F. Patassé, François Bozizé, Michel Djotodia. Tous sont arrivés au pouvoir après un coup d’Etat. Et la main de la France, puissance colonisatrice a toujours été perçue ou annoncée derrière ces différents putschs.
La France a des intérêts en Centrafrique. Aujourd’hui, elle contrôle l’économie centrafricaine ou ce qui en tient lieu. Bolloré y a la main mise sur la logistique et le transport fluvial. Castel règne en maître dans le marché de la boisson et du sucre. CFAO y contrôle le commerce des voitures. Depuis 2007, France Telecom est entrée dans la danse. AREVA est présente en RCA même si, officiellement, le géant du nucléaire n’est encore qu’à la phase de l’exploration. Total y renforce son hégémonie dans le stockage et la commercialisation du pétrole, mais doit composer avec Tradex, une société camerounaise spécialisée dans le trading des produits pétroliers. Depuis l’arrivée de Michel Djotodia au pouvoir en mars 2013, un ballet d’hommes d’affaires et de lobbyistes français s’observe à Bangui. Jean-Christophe Mitterrand, Richard Attias, Claude Guéant, Laurent Foucher… s’illustrent par un activisme affairiste en Centrafrique, révèle régulièrement la presse. Et ce n’est pas nouveau.
Lorsque la France installe un nouveau chef à la tête de la Centrafrique, de nouveaux liens d’affaires naissent et se consolident en violation des lois et parfois de l’éthique. Au tournant de la décennie 70 par exemple, une scabreuse affaire, révélée par un journal français, Le Canard enchaîné a présenté aux yeux du monde le type de relations qui existe entre certains présidents français et ces nouveaux dictateurs qu’ils placent à la tête des néo-colonies.
En effet, lâché par la France à qui il avait abandonné l’exploitation de son pays sans se soucier des intérêts de la population, Bokassa Ier (il s’est fait introniser comme empereur pendant son mandat) avait révélé les plaquettes de diamant qu’il offrait en cadeau à son homologue français. Le 10 octobre 1979, l’hebdomadaire satirique Le Canard enchaîné porta cette « Affaire » sur la place publique. La classe politique s’en était saisie. L’affaire porta un sérieux coup à la carrière politique du président. Eclaboussé, Giscard d'Estaing fut battu aux élections de 1981 par le « socialiste » François Mitterrand…Autant dire que ce n’est pas en Centrafrique que la France ira faire des leçons de morale !
A la recherche du paradis perdu
Derrière ses multiples « Opérations » guerrières, la France tente bon an mal an de reprendre ses positions économiques en Afrique. Le 4 décembre, alors que les troupes françaises prenaient la direction de Bangui, Pierre Moscovici présidait un forum économique franco-africain à Bercy. Le ministère français de l’Economie avait réuni 560 entrepreneurs français et africains, des ministres et des chefs d’Etat pour tenter de sauver la place de la France en Afrique. Séance tenante, Hubert Védrine, ancien ministre français des relations extérieures, a donné une sorte de bouée de sauvetage au ministre Moscovici à la recherche des quatre points cardinaux ! Il s’agit d’un rapport intitulé : Un partenariat pour l’avenir : 15 propositions pour une nouvelle dynamique économique entre l’Afrique et la France. Dès le premier point, le Rapport Védrine propose de réviser « la politique française de visas économiques afin de faciliter la circulation des acteurs économiques entre la France et l’Afrique ». Ce qui est déjà une véritable révolution. Jusqu’ici, les entrepreneurs africains qui sollicitaient un visa pour la France étaient soumis aux mêmes conditions draconiennes qu’un adolescent désireux d’aller poursuivre ses études en Hexagone. Comme si un Africain capitaine d’industries prospères dans son pays représentait un risque migratoire pour l’Europe ! Les temps ont changé. Et pour « renforcer l’influence de la France en Afrique » (15ème proposition du Rapport Védrine), les autorités françaises font donc des concessions. Comment pouvait-il en être autrement ? « En dix ans, la France a perdu la moitié de ses parts de marché en Afrique subsaharienne », a reconnu Pierre Moscovici.
Face aux 26 chefs d’Etat qui ont pris part au Sommet de l’Elysée, le président français a multiplié les opérations de charme. Il a annoncé la mise en place d’un fonds d’investissement de 20 milliards. L’hôte des présidents africains a aussi pris l’engagement d’affecter un milliard d’euros à l’Agence française de développement (AFD) pour le soutien du Green business, de l’innovation et des nouvelles technologies en faveur de l’Afrique. En s’inscrivant dans la logique de son ministre des Finances qui a enfin avoué que « l’Afrique est une chance pour la France », M. Hollande veut ainsi reconquérir le cœur des Africains aujourd’hui plus attentifs vis-à-vis de Pékin et de New Delhi. Last but not least, le président français a annoncé la création d’une fondation franco-africaine au sein de laquelle les investisseurs privés français et africains joindront leurs ressources pour plus de valeur ajoutée. Il a fallu trois siècles pour que la France y songe !
La Chine, vraie menace pour l’Elysée
L’Empire du Milieu est inévitablement cité dans le Rapport Védrine comme le principal responsable du recul de la France dans les échanges avec l’Afrique. Ce qui est vrai. En République centrafricaine, la Chine a fait une entrée fracassante dans le secteur du pétrole. Au grand dam de Paris et de son relais néocolonialiste dans la sous région : Idriss Deby.
En effet, arrivé au pouvoir par coup d’Etat en 2003 avec l’aide manifeste de Paris et de N’Djamena, François Bozizé qui a eu le temps de se faire élire en 2005 n’a pas résisté aux propositions de la Chine qui multiplie les aides, accroît ses investissements sur le continent avec moins de conditionnalités. Ce qui tranche avec l’arrogance et le paternalisme des « partenaires traditionnels » de l’Afrique.
« J’ai été renversé à cause du pétrole »
Les résultats de ce rapprochement avec l’Empire du Milieu ne se sont pas fait attendre. En 2008, la Chine a accordé à la RCA des aides et un prêt pour un montant global de 3,25 milliards de francs CFA soit 4,4 millions d’euros. L’enveloppe a permis de construire des écoles et hôpitaux dans cet océan de précarité qu’est la Centrafrique. Quelques mois après, le président Bozizé s’est rendu en Asie où il a été reçu le 10 septembre 2009 au Palais du peuple par Hu Jintao, alors président de la République populaire de Chine. Ce qui ne saurait rassurer ni Paris, ni N’Djamena. D’autant plus que tout ne s’est pas limité à la poignée de main entre le président centrafricain et son homologue chinois.
Dans les faits, le rapprochement entre Bozizé et Hu Jintao a permis à la Compagnie chinoise CNPC de reprendre le permis de recherche, développement et exploitation du pétrole de Boromata, dans le Nord-est de la Centrafrique. Il n’est pas inutile de rappeler que pour ce gisement, Ange Félix Patassé, le prédécesseur de Bozizé, avait accordé un permis similaire au pétrolier étasunien Grynberg RSM. L’industriel de Denver, invoquant l’insécurité, n’a pas pu conduire les recherches et le permis a expiré en 2004. La cession du sésame aux Chinois pouvait-elle plaire à ceux qui ont permis à François Bozizé d’accéder au pouvoir ? Fraichement déchu de ses fonctions en mars 2013, le désormais ex-président Bozizé a affirmé sur les ondes de Radio France International (RFI) que « j’ai été renversé à cause du pétrole ». Sans plus de détails. Trois (27 décembre 2012) mois avant, le président François Bozizé avait prononcé un discours dans lequel il affirmait clairement que ce qui se cachait derrière la crise qui secouait alors son pays n’était rien d’autre que l’opposition française émise plus tôt contre l’octroi des contrats d’exploration de pétrole aux Chinois. « J’ai donné le pétrole aux Chinois et c’est devenu un problème », martelait Bozizé, acculé par les rebelles.
Les manœuvres de Washington
Le fait que le président Bozizé ait pris l’habitude de s’afficher avec les dirigeants chinois a aussi provoqué la colère de Washington. Et les câbles diplomatiques à ce sujet le démontrent à suffisance.
Le 17 juin 2009, l’ambassadeur étasunien Frederick Cook en RCA avait envoyé un câble à Washington dans lequel il affirmait que les «  relations France-RCA sérieusement sous tension. […] Bozizé semble croire avoir réussi à être le moindre mal dans le paysage politique de la RCA. Il s’imagine donc être indispensable pour ses voisins et les Français, une supposition que l’ambassade américaine (« AmEmbassy ») à Bangui croit être une erreur grossière », écrivait alors le diplomate étasunien.
Une autre dépêche envoyée cinq mois plus tard avait valeur d’alerte : «  L’influence chinoise grandissante en RCA est évidente ». Le câble précisait dans quelle mesure tant les intérêts américains que français étaient en train de céder du terrain à Beijing qui ne cessait d’« accroître sa coopération militaire, sa diplomatie publique et ses efforts de développement ». L’ambassadeur soulignait pour s’en inquiéter que contrairement au quatre agents diplomatiques résidant à l’ambassade américaine de Bangui, l’ambassade chinoise comptait une quarantaine d’employés. Frederick Cook ajoutait qu’environ 40 officiers de l’armée de la RCA étaient formés tous les ans en Chine, contre les deux ou trois officiers qui allaient aux Etats-Unis et les 10 à 15 en France. Et pour ne pas arranger les choses, Bozizé a confié la réserve pétrolière de Boromata aux Chinois, au détriment de la France et de son allié, les USA. Etant donné que ces deux puissances ont érigé le pétrole au rang des divinités, Bozizé se savait désormais sur un fauteuil éjectable. On l’a effectivement éjecté le 24 mars 2013.
La France fait semblant de combattre pour renforcer son influence en RCA
Rappelez-vous. Le jeudi 21 novembre 2013 lors de la remise du prix de la Fondation Chirac pour la prévention des conflits au docteur congolais Denis Mukwege et à Femmes Africa Solidarité François Hollande avait indiqué qu’ « Il se produit en Centrafrique des actes abominables. Un chaos, des exactions extraordinairement graves ». Face à l’urgence et aux 400 000 personnes déplacées en Centrafrique, « nous devons agir », a ajouté le président français. Le même jour, cette fois là sur France 2, son ministre des Affaires étrangères a ajouté : « Le pays est au bord du génocide ». 48 heures avant, devant une commission du Congrès, le directeur du bureau Afrique du département d’État, Robert Jackson, avait évoqué « une situation pré-génocidaire  » en Centrafrique. On le voit, le scénario est le même. Le président Français annonce la crise. Un membre de son gouvernement saute aux antennes pour décrire la catastrophe à venir. Une voix « extérieure », de préférence étasunienne ou onusienne vient accréditer la thèse alarmiste en insistant sur la violation des droits de l’homme. L’opinion internationale soumise à un matraquage médiatique et donc psychologique intense salue l’envoi des troupes sur le terrain. Car, une résolution a bel et bien été prise par le Conseil de sécurité de l’ONU le 5 décembre 2013 pour autoriser les troupes françaises à agir en appui aux forces africaines de la Misca.
Ce dont la Séléka est le nom
En Centrafrique, les populations sont victimes, en partie des exactions des éléments de la Séléka (coalition en sango, langue nationale). Mais qui compose cette fameuse Séléka ? La Séléka est une coalition de factions rebelles dissidentes issues de plusieurs mouvements politico-militaires. On y retrouve la Convention des patriotes pour la justice et la paix (CPJP), l’Union des forces démocratiques pour le rassemblement (UFDR), le Front démocratique du peuple centrafricain (FDPC). Au plus fort de la contestation du pouvoir de M. Bozizé, deux autres groupes armés ont vu le jour ou ont dévoilé leur visage au grand jour et ont rejoint la Séléka. Il s’agit de la Convention patriotique du salut du kodro (kodro signifie pays, en sango), et de l’Alliance pour la renaissance et la refondation (A2R). Sans oubliés les hordes venues du Tchad et du Soudan.
Tous ces groupes composites ont donc fait une « alliance » de circonstance pour atteindre un objectif précis : renverser le président Bozizé. Mission accomplie en mars 2013. Or, il n’y avait qu’un seul fauteuil présidentiel à prendre et à pourvoir. Il a finalement été occupé par Michel Djotodia. L’ancien fonctionnaire du ministère du Plan qui a goûté à la prison sous Bozizé détenait le gros des troupes. Les hordes tchado-soudanaises obéissaient à son commandement. N’a-t-il pas été présenté par la presse sans démenti comme le meilleur interlocuteur de la France et du Tchad qui voulaient en découdre avec Bozizé l’ « insoumis » ? Aussitôt installé au Palais de Bangui, Michel Djotodia a pris un décret pour dissoudre la Séléka et annoncer le « recasement et le cantonnement ».
Ne se reconnaissant pas tous en lui, plusieurs éléments issus des autres groupes armés n’ont pas respecté les ordres d’un chef qui, dans tous les cas n’est pas le leur. Dans la Seléka, le « contingent » de loubards tchadiens et soudanais s’est lui aussi trouvé face à un dilemme. Ils ont été utilisés pour installer Djotodia au pouvoir. Celui-ci annonce le « recasement et cantonnement » et l’intégration dans les Forces armées centrafricaines (FACA). Or, n’étant pas Centrafricains, que vont-ils devenir ? Le nouveau président ne semble pas avoir pleinement satisfait ses alliés d’hier sur cette question.
Les incompréhensions entre les différents groupes rebelles d’une part, et entre certains chefs et leurs éléments d’autre part, débouchent sur des atrocités généralisées dans le pays. Pillage, viol et assassinats en série deviennent l’activité quotidienne de ces hommes à qui on a enseigné la brutalité et la tuerie ! La chaîne de commandement étant brisée et plusieurs promesses mirobolantes n’ayant pas été tenues, personne ne contrôle plus rien. Le pays se retrouve dans la même situation d’ « ingouvernabilité » que la Libye envahie par les djihadistes, après l’assassinat du Guide Mouammar Kadhafi par les troupes de l’OTAN avec la France de Sarkozy et de Bernard Henri Levy en tête. La situation centrafricaine rappelle étrangement celle qui a prévalu à Abidjan après le renversement de Laurent Gbagbo par les rebelles pro-Ouattara soutenus par la France. En effet, après la chute de l’ancien chef d’Etat de Côte-d’Ivoire, les éléments des « Forces nouvelles » (rébellion dirigée alors par Guillaume Soro, actuel président de l’Assemblé nationale) ont été floués. L’argent et les autres avantages qui leur avaient été promis pendant le combat contre le régime de Gbagbo n’ont pas été livrés. Ouattara est devenu président de la République. En représailles, ces « Forces nouvelles » ont pillé la capitale ivoirienne. Non sans tuer et torturer certains commerçants innocents.
En Centrafrique, à la violence des éléments de la Séléka (essentiellement musulmans), les « Anti balaka » répondent aussi par la violence. Le deuxième groupe est constitué d’éléments essentiellement chrétiens et sont présentés comme les pro-Bozizé. Ce dernier était leader d’une église chrétienne. La presse occidentale s’appuie sur ce fait qui pour agiter mensongèrement le spectre d’un « conflit interreligieux » voire d’un « génocide » en Centrafrique.
Face à cette situation chaotique, l’agitation n’est-elle pas toujours fonction des intérêts à protéger ou à conquérir ? Toujours est-il qu’en Centrafrique, la France a très vite pris les devants dès que la situation sur le terrain est devenue incontrôlable. Alors que la Mission militaire africaine Misca, commandée par le général camerounais Tumenta avait déjà déployé 2500 soldats, la France a jugé nécessaire de convaincre le Conseil de sécurité de l’ONU d’adopter une résolution qui lui permet d’y envoyer ses troupes tricolores. En vérité, les troupes françaises ont précédé la Résolution 2127. Celle-ci a été adoptée le 5 décembre. Pourtant, les troupes avaient déjà quitté la France et étaient stationnées à Douala au Cameroun, voisin de la RCA.
Mais avait-on besoin de tant de militaires hyper équipés pour vaincre quelques loubards armés de machettes et d’armes résiduelles ? Les Forces armées centrafricaines ou ce qui en reste et la Misca sont-elles incapables de vaincre ces affamés ? Bien plus, nous sommes là dans une guerre asymétrique, avec un ennemi qui n’a pas d’uniforme identifiable à priori. Ne connaissant pas le terrain, ni la composition sociologique du pays (certains arrivent en Afrique pour la première fois d’après leurs déclarations à RFI), contre qui vont se battre les soldats tricolores ? La quinzième proposition du Rapport Védrine évoqué plus haut peut permettre de répondre à ces interrogations. Il est question de « Renforcer l’influence de la France en Afrique », y a conseillé l’ancien ministre des relations extérieures de François Mitterrand.
« L’Afrique est une chance pour la France », reconnaît le ministre des Finances français
Comme la plupart des pays occidentaux, la France est encore ravagée par les contrecoups de la crise qui a secoué l’économie mondiale à partir de 2007. Arrivée au pouvoir à cette période agitée, surpris par la percée des nouveaux acteurs comme la Chine, l’Inde, et le Brésil, Nicolas Sarkozy a renfilé le manteau colonial. Et au lieu de la « Rupture » annoncée par le candidat Nicolas, l’Afrique a eu droit à une « Continuité » accélérée par le président Sarkozy, ami zélé des hommes d’affaires de la trempe de Charles Pasqua, Vincent Bolloré... Le libéral Sarkozy a bombardé la Côte-d’Ivoire et la Libye. Mais rien n’y a fait. La France, au bout de ses cinq ans de mandat, n’a pas pu reprendre sa place de premier partenaire économique en Afrique francophone, malgré le sang versé !
Le « socialiste » François Hollande qui n’avait pas fait de l’Afrique une priorité pour son mandat semble avoir oublié toutes les autres parties du monde - la France comprise - pour se tourner vers l’Afrique. Comme le commandant d’un bateau atteint par les eaux, il multiplie ses visites en Afrique. Après les obsèques de Nelson Mandela auxquelles il prenait part le mardi 10 décembre, François Hollande s’est rendu sur le théâtre de guerre en Centrafrique pour galvaniser « ses » soldats qui ont déjà perdu deux frères d’arme après seulement une semaine d’action !
Source : INVESTIG’ACTION

mercredi 4 décembre 2013

Des centaines d’Européens dans les rangs de l’armée israélienne (Euro-Mid Observer)…… Des milliers de volontaires originaires d’environ 40 pays, principalement d’Europe, ont ainsi rejoint l’armée israélienne, sans avoir à en rendre compte ni qu’il y ait d’enquête de la part de leur pays européen d’origine.


Genève, 25 novembre 2013 – L’Observatoire Euro-Mid pour les Droits de l’Homme (Euro-Mid Observer for Human Rights) a révélé que des centaines d’Européens ont volontairement effectué leur service militaire dans les rangs des Forces de Défense Israéliennes (IDF), tandis que des dizaines d’autres ont été recrutés pour participer à des opérations visant à tuer des civils palestiniens, spécialement dans la Bande de Gaza.
D’après un rapport complet sur ce sujet, qu’Euro-Mid Observer est en train de finaliser, un certain nombre d’organisations directement liées à des groupes de droite juifs et chrétiens opérant en Europe, ont mis en œuvre des projets et des campagnes appelant les Européens à rejoindre et soutenir l’armée israélienne dans les Territoires Palestiniens Occupés, en violation avec le Droit International. De plus, des Européens ont pris part à des opérations en Cisjordanie , incluant la protection des colons lors de leurs attaques contre les Palestiniens.
Le rapport fait état du fait que l’organisation Mahal basée à Londres, par exemple, développe des programmes destinés aux jeunes juifs (israéliens et non-israéliens) du monde entier qui sont volontaires pour rejoindre les Forces de Défense Israéliennes (IDF). Ainsi, depuis des dizaines d’années, Mahal recrute des jeunes Européens pour aller se battre dans les rangs de l’armée israélienne. Le rapport, qui sera publié prochainement par Euro-Mid Observer, indique que l’organisation cible les jeunes gens, jeunes hommes âgés de moins de 24 ans et jeunes femmes de moins de 21 ans, avec des programmes de formation qui durent environ 18 mois.
Selon les Forces de Défense Israéliennes, Mahal et les autres programmes développés en lien avec les IDF ne sont qu’une forme simplifiée d’enrôlement de non Israéliens et d’Israéliens résidant à l’étranger. De fait, leur service au sein des IDF se fait au coude à coude avec les soldats israéliens "classiques", même si la durée minimale de leur service est généralement plus courte que celle des habituels services militaires des IDF. Les programmes de Mahal en lien avec les IDF visent à contribuer à la défense d’Israël et à fournir de jeunes leaders expérimentés et enthousiastes aux communautés juives.
Des milliers de volontaires originaires d’environ 40 pays, principalement d’Europe, ont ainsi rejoint l’armée israélienne, sans avoir à en rendre compte ni qu’il y ait d’enquête de la part de leur pays européen d’origine.
L’Observatoire Euro-Mid pour les Droits de l’Homme estime que les IDF cherchent à augmenter le flux de soldats volontaires en provenance de l’étranger. Elles ont récemment chargé les Amis des Forces de Défense Israéliennes d’accentuer leur partenariat avec Nefesh B’Nefesh, une organisation israélienne qui aide les Juifs émigrant en Israël.
Source : euromid.org http://www.euromid.org/marsad/index.php?action=main/readcontent&la...
Traduction : CR pour ISM

L’avocat de Bahar Kimyongür a besoin de votre soutien : écrivez à la ministre italienne de la Justice !

D’ici vendredi 6 décembre, l’Italie doit statuer sur la demande de remise en liberté de Bahar Kimyongür, introduite par Maître Federico Romoli.
Afin de sensibiliser les autorités italiennes à propos de la situation du citoyen belge, écrivez à la ministre italienne de la Justice, Anna Maria Cancellieri, à l’adresse suivante : centrocifra.gabinetto@giustiziacert.it
Réclamons la libération immédiate de Bahar Kimyongür et son retour en Belgique.
Envoyez sans attendre à Madame Cancellieri vos doléances.
Vous pouvez utiliser la lettre qui suit, disponible en français et en italien :
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Madame la Ministre,
Depuis le 21 novembre, Bahar Kimyongür est incarcéré à Bergame sur demande de la Turquie, qui exige son extradition.
Comme la Cour d’appel de Brescia doit statuer sur la remise en liberté, le maintien en détention ou du citoyen belge dans les jours à venir, il est de mon devoir de porter les éléments suivants à votre connaissance.
Il est important que vous sachiez que depuis plus d’une décennie, Bahar Kimyongür subit un véritable harcèlement de la part de l’État turc. Ce harcèlement s’est manifesté d’abord en Belgique. Pourtant, au terme de quatre procès et de deux cassations, Bahar Kimyongür a été totalement « blanchi », acquitté par la Cour d’appel de Bruxelles.
La Turquie a aussi fait pression sur les Pays-Bas mais la Chambre d’extradition de La Haye a refusé, dès 2006, son extradition. Sur base du même mandat d’arrêt international délivré par la Turquie, c’est ensuite durant ses vacances en Espagne que Monsieur Kimyongür a été interpellé, le 17 juin dernier. Ce pays, même si la procédure d’extradition y est toujours en cours, l’a cependant, très rapidement, remis en liberté.
Désormais, c’est en Italie que Bahar Kimyongür continue d’être persécuté par Ankara. Or, il est essentiel que cet acharnement cesse car, comme le soulignent les décisions belges et hollandaise, Bahar Kimyongür n’a commis aucun acte de violence, aucun délit. Ce qui pose en réalité problème à la Turquie, ce sont ses prises de position critiques, ses écrits -dans lesquels il s’oppose à la politique d’Ankara-, ses déclarations -dans lesquelles il dénonce courageusement les violations des droits de l’homme et les cas de torture dans les prisons turques-.
Madame la Ministre, l’Italie compte un prisonnier politique ! Dans votre pays, un citoyen belge est actuellement emprisonné pour ses opinions. Cette situation est insupportable. C’est la raison pour laquelle je me permets, au nom de la liberté d’expression, de vous écrire afin de vous encourager à entreprendre toutes les démarches nécessaires à la libération immédiate de Bahar Kimyongür.
Veuillez agréer, Madame la Ministre, mes salutations les plus distinguées
In italiano :
Al ministro della Giustizia Anna MariaCancellieri, Ministero di Grazia e Giustizia, via Arenula, Roma
Oggetto : detenzione di un cittadinobelga nelle carceri italiane per reato di opinione
Signora Ministro,
Dalloscorso 21 novembre, il cittadino belga Bahar Kimyongür è detenuto a Bergamo su richiesta della Turchia, la quale ne richiedel’estradizione.
Dal momento che nei prossimi giorni la Corte d’Appello di Brescia deve decidere per la scarcerazione o il proseguimento della detenzione del cittadino belga…
Inprimo luogo, occorre sapere che da oltre dieci anni Bahar Kimyongür subisce una vera e propria persecuzione da parte dello Stato turcoche lo accusa senza prove di essere un “terrorista”. Questapersecuzione è avvenuta soprattutto in Belgio. Tuttavia, dopo quattro processi e due giudizi in cassazione, Bahar Kimyongür è stato completamente assolto dalla Corte d’Appello di Bruxelles.
La Turchia ha anche fatto pressione sui Paesi Bassi, ma nel 2006 la Camera di estradizione dell’Aja ha rifiutato l’estradizione. Sulla base dello stesso mandato d’arresto internazionale emesso dalla Turchia, il signor Kimyongür è stato poi arrestato in Spagna, lo scorso 17 giugno. In questo caso, la giustizia spagnola ha rimessoin libertà molto rapidamente il cittadino belga, anche se la procedura per l’estradizione è tuttora in corso.
E adesso è la volta del Suo paese a essere il teatro della persecuzione che Bahar Kimyongür subisce da parte di Ankara. E’indispensabile che questo accanimento cessi perché, come indicano legiustizie belga e olandese, Bahar Kimyongür non ha commesso alcunatto di violenza o delitto. Quel che risulta insopportabile per il governo turco, sono le prese di posizione critiche di questo cittadino belga, i suoi scritti nei quali egli si oppone alla politica di Ankara, le sue coraggiose denunce delle violazioni deidiritti umani e i casi di tortura nelle prigioni turche.
Signor Ministro, in questo momento Bahar Kimyongür, cittadino belga, è un prigioniero politico in Italia per le sue sole opinioni. E’ una situazione intollerabile. Ecco perché mi permetto, in nome della libertà di espressione, di scriver Le e appellarmi a Le i affinché possa ispirare tutti passi necessari a ottenere la liberazione di Bahar Kimyongür.
Vogliagradire, signora Ministro, i miei saluti e ringraziamenti
Infede,

lundi 2 décembre 2013

SYRIE : L'offensive israélo-saoudienne pour briser le blocus de la Ghouta est un échec…… le plan de l'offensive a été préparé par une chambre d'opération commune saoudo-israélo-américaine, installée en Jordanie, où les mercenaires ont été formés par des instructeurs de la CIA et financés par les pétrodollars saoudiens.


La dernière tentative désespérée de briser le blocus imposé depuis sept mois par l'Armée arabe syrienne à la Ghouta orientale, à l'est de Damas, est une opération montée de A à Z par les Saoudiens, les Américains et les Israéliens.
L'offensive a été lancée le vendredi 22 novembre par des milliers de mercenaires syriens et étrangers, venus en grande partie de Jordanie. Leur objectif était de reprendre la localité stratégique de Oteiba, située à 30 kilomètres au sud-est de la capitale, et qui abritait le quartier général des rebelles armés pour la province de Damas.
Selon diverses sources d'informations, le plan de l'offensive a été préparé par une chambre d'opération commune saoudo-israélo-américaine, installée en Jordanie, où les mercenaires ont été formés par des instructeurs de la CIA et financés par les pétrodollars saoudiens. La colonne a ensuite pénétré en Syrie en empruntant des routes désertiques grâce à des photos-satellite. A l'approche de la colonne de la Ghouta orientale, les Israéliens ont lancé une vaste opération de brouillage des télécommunications des troupes de l'Armée arabe syrienne, qui défendent la région. Les unités de l'armée se sont retrouvées ainsi coupées de leur commandement et les contacts entre elles étaient également très perturbées. C'est alors que les mercenaires ont lancé leur attaque, alors que simultanément les rebelles encerclés à l'intérieur de la Ghouta ont tenté une sortie.   
En tout, quelque 5000 hommes se sont jetés sur les positions de l'Armés arabe syrienne pour tenter de briser le blocus de la Ghouta orientale. Malgré leur nombre, l'armement lourd fourni par leur opérateurs saoudiens et le soutien logistique apporté par les Israéliens, les rebelles n'ont pris que quelques positions et check-points de l'armée dans cinq ou six villages, au prix de plus de 300 morts, dont près du tiers ne sont pas de nationalité syrienne.
Après avoir stabilisé la ligne de front, l'armée régulière syrienne et l'Armée de défense nationale ont lancé une contre-offensive pour reprendre le terrain perdu et empêcher les mercenaires de consolider leurs positions dans les régions où ils ont pénétré. Malgré deux autres offensives lancées en début de semaine, les rebelles n'ont pas réussi à améliorer leur situation.
Les experts de tous bords confirment l'échec de cette "offensive israélo-saoudienne", dont l'objectif militaire était de reprendre la localité de Oteiba. Au niveau politique, cette attaque est une tentative désespérée des Saoudiens d'améliorer la position inconfortable de leurs agents et collaborateurs qui représenteront ladite opposition syrienne à la conférence de Genève 2, le 22 janvier 2014.
Selon des sources bien informées, les Etats-Unis ont accordé un délai de deux mois aux Saoudiens pour qu'ils tentent, une énième fois, de modifier les rapports de force sur le terrain. Hystériques, les Saoudiens ne cachent plus leur participation directe à la guerre contre la Syrie. Des sources fiables affirment que les extrémistes saoudiens combattants dans les rangs des rebelles s'élèvent à plusieurs milliers. Beaucoup sont des militants d'Al-Qaïda qui étaient emprisonnés en Arabie saoudite et qui ont été libérés sous la condition qu'ils iraient se battre en Syrie pour "établir le califat islamique". Ces mêmes sources estiment à 300 le nombre de Saoudiens tués dans les rangs des rebelles, alors que des dizaines d'autres ont été capturés par l'Armée arabe syrienne. 
De nombreux saoudiens ont également été tués, ces deux dernières semaines, lors des combats dans la région du Qalamoun, à la frontière avec le Liban, où l'Armé arabe syrienne a pris les villes de Qara et Deir Attiya, ainsi qu'une grande partie de la ville de Nabak. Parmi les morts saoudiens figurent le dénommé Mutlak al-Mutlak, le fils d'un officier de la garde royale saoudienne.
Source : TENDANCES DE L’ORIENT

dimanche 1 décembre 2013

Plainte contre Laurent Fabius en Cour de Justice…..en sa qualité de ministre des Affaires étrangères, a commis des abus d’autorité visant à délégitimer les Syriens luttant contre le terrorisme et à légitimer, voire à légaliser, l’usage du terrorisme contre des civils…


Trois citoyens syriens ont déposé une plainte devant la Cour de Justice de la République française contre Laurent Fabius, pour complicité de menaces de mort, de violation de domicile, de dégradation et de destruction, de mutilation, d’assassinat, de séquestration, d’enlèvement, de détention et d’atteinte à l’intégrité du cadavre à raison de sa supposée non-appartenance à une religion déterminée.
Les plaignants, Mme Al Kassem, MM. Al Ibrahim et Salim, considèrent que M. Laurent Fabius, en sa qualité de ministre des Affaires étrangères, a commis des abus d’autorité visant à délégitimer les Syriens luttant contre le terrorisme et à légitimer, voire à légaliser, l’usage du terrorisme contre des civils en raison de leur supposée non-appartenance à l’islam sunnite.
Ils sont défendus par un Collectif international d’avocats, dont plusieurs membres se sont rendus en Syrie et ont pu y constater les crimes commis par les jihadistes internationaux soutenus par M. Laurent Fabius [1].
La Cour de Justice de la République est l’instance constitutionnelle apte à juger les crimes commis par des ministres dans l’exercice de leurs fonctions.
[1] • « Appel d’un collectif d’avocats pour la paix en Syrie », 3 mars 2013.
• « La Syrie, attaquée de toutes parts, résiste », par Bernard Ripert, Damien Viguier, Fabrice Delinde, Pascal Junot, Réseau Voltaire, 15 octobre 2013.

mardi 26 novembre 2013

Iran : Hollande et Fabius obligés de manger leur chapeau. C’est bon ?...... aujourd’hui Fabius et Hollande, ceux-là mêmes qui se vantaient la semaine dernière à Jérusalem d’avoir torpillé les premiers pourparlers de Genève, célébrer la signature de l’accord …. a quelque chose de comique.


« Allez, fais pas la gueule »,
semble dire le ministre iranien à ce lamentable Fabius.
Tout fiers de servir de serpillères à Israël la quinzaine dernière, le couple Hollande-Fabius a dû avaler une couleuvre de plus, dimanche, en constatant l’échec de ses manœuvres pour faire capoter le compromis américano-iranien sur le nucléaire.
Au grand dam d’Israël, qui réclame depuis des années à Washington la permission d’agresser l’Iran –éventuellement même avec des bombes atomiques-, les pourparlers de Genève entre l’Iran et les « 5+1 » + UE (Etats-Unis, Chine, France, Russie, Royaume-Uni et Allemagne, plus la représentante de l’Union européenne Catherine Ashton) ont en effet abouti samedi, et un accord a été signé.
Aux termes (tels que rendus publics par les Etats-Unis) de cet accord d’une durée initiale de six mois, l’Iran conserve le droit de procéder à l’enrichissement d’uranium, à des taux compatibles avec le développement du nucléaire civil et non militaire, rouvre la porte de plusieurs de ses centres aux inspecteurs de l’Agence Internationale de l’Energie Atomique (AIEA), et gèle la construction d’un centre de production de plutonium (autre substance radioactive, obtenue à partir de l’uranium, et pouvant avoir un usage aussi bien civil que militaire).
En contrepartie, l’Iran, soumis à un embargo américain depuis la révolution de 1979 et international depuis une dizaine d’années, obtient un desserrement partiel des sanctions économiques qui l’étranglent, et pourra remettre la main sur 7 des 100 milliards de dollars de ses avoirs qui lui sont actuellement confisqués par les puissances occidentales.
Rappelons que l’Iran, signataire du Traité de Non Prolifération Nucléaire (TNP), a toujours démenti vouloir se doter de la bombe –arme que possèdent, outre Israël, les principaux pays qui menacent Téhéran, tels la France et les Etats-Unis-, mais revendique de pouvoir, comme de nombreux autres, développer une industrie nucléaire.
Et qui dit industrie nucléaire dit aussi enrichissement de l’uranium, car on ne fait plus tourner une centrale nucléaire avec de l’uranium naturel.
La France est particulièrement bien placée pour le savoir : c’est en effet avec de l’argent prêté par l’Iran (eh oui !) qu’elle avait créé dans les années 1970 sa grande usine d’enrichissement de l’uranium (appelée aujourd’hui usine Georges Besse, au Tricastin, dans la vallée du Rhône), et aujourd’hui encore, l’Iran reste actionnaire à 40 % de la société franco-iranienne Sofidif, dont l’objet est précisément … l’enrichissement de l’uranium.
Seulement, avant de se vautrer dans les bras de Netanyahu comme ils l’ont fait la quinzaine dernière, les dirigeants français ont perpétré une longue série de mauvais coups contre l’Iran.
Laurent Fabius y a eu sa part. L’actuel ministre des Affaires étrangères est en effet déjà en responsabilités, en 1981 (ministre du Budget puis de l’Industrie dans les premiers gouvernements de François Mitterrand, il en deviendra Premier Ministre de 1984 à 1986), lorsque la France refuse de rembourser son argent à l’Iran, refuse ensuite de lui fournir de l’uranium enrichi, et, pire que tout, arme à outrance l’Irak de Saddam Hussein dans sa guerre d’agression contre l’Iran (l’armée de l’air française allant puiser dans ses propres stocks pour servir son homologue irakienne, lui fournissant ses missiles les plus perfectionnés pour détruire les puits de pétrole iraniens).
Alors voir aujourd’hui Fabius et Hollande, ceux-là mêmes qui se vantaient la semaine dernière à Jérusalem d’avoir torpillé les premiers pourparlers de Genève, célébrer la signature de l’accord (pour un peu, ils diraient que c’est grâce à eux) a quelque chose de comique.
CAPJPO-EuroPalestine


Bernard-Henri Lévy et la destruction de la Libye…..Kadhafi n’était pas un champion des droits de l’homme. Mais Lévy, lui, n’est pas philosophe. Un élément fondamental de tout vrai philosophe est la cohérence morale. Lévy n’en a point.


Lévy, qui apparaissait parfois comme le défenseur le plus en vue d’une guerre contre la Libye, a largement disparu des feux de la rampe dans le contexte libyen. Il est peut-être en train d’instiguer des troubles dans un autre endroit, au nom de sa douteuse philosophie. Il a accompli sa mission en Libye, qui se trouve à présent dans la pire situation jamais atteinte sous le règne de Kadhafi.
Si le Premier ministre Benjamin Netanyahou est « le juif le plus influent du monde entier », B.-H. Lévy est le numéro 45, selon un article publié dans le Jerusalem Post le 21 mai 2010. D’après les critères du Post, Lévy arrivait deux places seulement derrière Irving Moskowitz, « un magnat de presse établi en Floride et considéré comme le soutien principal de la construction juive à Jérusalem-Est ».
Proclamer qu’au mieux Lévy est un imposteur intellectuel, c’est rater la logique claire qui semble unifier toutes les activités de cet homme, travail et écrits. Il semble obsédé à « libérer » les musulmans, de la Bosnie au Pakistan, de Libye et d’ailleurs. Néanmoins on ne peut parler d’une obsession saine émanant d’un amour ouvert et d’une fascination pour leur religion, leur culture et leur infinité de modes de vie.
"Un Messie qui ne craint pas de promouvoir la violence pour le plus grand bien de l’humanité"
Tout au long de sa carrière difficile à cerner, Lévy a fait beaucoup de mal, quelquefois en servant de laquais aux hommes de pouvoir, d’autres fois en menant ses propres croisades. Il est un grand partisan de l’intervention militaire, et son profil est semé de références à des pays musulmans et à des interventions militaires, de l’Afghanistan au Soudan et finalement à la Libye.
Dans le New York magazine du 26 décembre 2011, Benjamin Wallace-Wells parlait du « philosophe » français comme d’un "Messie qui ne craint pas de promouvoir la violence pour le plus grand bien de l’humanité".
Dans l’article “European Superhero Quashes Libyan Dictator”, Wallace-Wells écrivait sur « le philosophe [qui] a réussi à pousser le monde à écraser un vilain méchant ». Le méchant en question est bien sûr Mouammar Kadhafi, le dirigeant libyen qui fut renversé et massacré après qu’il aurait été sodomisé par des rebelles lors de sa capture en octobre 2011.
Une analyse détaillée par le Global Post de l’agression sexuelle contre le dirigeant de l’un des principaux pays africains fut publiée par CBS News et par d’autres médias.
Lévy, qui apparaissait parfois comme le défenseur le plus visible d’une guerre contre la Libye, a largement disparu des feux de la rampe dans le contexte libyen. Il est peut-être en train d’instiguer des troubles dans un autre endroit, au nom de sa douteuse philosophie. Il a accompli sa mission en Libye, qui se trouve à présent dans la pire situation jamais atteinte sous le règne de Kadhafi. Le « mauvais dictateur » a été vaincu, c’est chose faite.
Peu importe si le pays est à présent divisé entre tribus et milices, et si le Premier ministre « post-démocratique », Ali Zeidan, a récemment été enlevé par une milice ingérable, pour être ensuite libéré par une autre.
En mars 2011, Lévy a pris sur lui de s’envoler pour Benghazi pour « recruter » des insurgés libyens. Ce fut un moment décisif, puisque c’est ce type de médiation qui permit à des groupes armés de transformer un soulèvement régional en une guerre totale impliquant l’OTAN.
Armée de ce qui n’était qu’une mésinterprétation volontaire de la résolution 1973 de l’ONU, le 17 mars 2011 l’OTAN menait une offensive militaire majeure contre un pays pourvu d’une défense aérienne primitive et d’une armée pauvrement équipée. Les pays occidentaux acheminèrent des cargaisons massives d’armement à des groupes libyens sous le prétexte de prévenir des massacres qui auraient été sur le point d’être perpétrés par des troupes loyales à Kadhafi.
Des massacres, il y en eut en effet, mais pas dans le sens suggéré par les « interventionnistes humanitaires » occidentaux. Le dernier en date a eu lieu il y a quelques jours, vendredi dernier à Tripoli - 43 personnes auraient été tuées et 235 blessées quand des miliciens ont attaqué des manifestants pacifiques qui exigeaient simplement que le militants de Misrata quittent leur ville.
Voilà ceux pour qui Lévy et consorts ont passé tant d’heures à faire du lobbying.
L’une des réussites majeures de Lévy en Libye fut de susciter la reconnaissance internationale du Conseil National de Transition (CNT). La France et d’autres pays menèrent campagne pour faire la propagande du CNT comme une alternative à l’institution de l’Etat de Kadhafi, que l’OTAN avait systématiquement détruit.
Dans son interview au New York magazine, Lévy est cité disant « quelquefois vous êtes habité d’intuitions qui ne sont pas claires à vous-même ». Citation référée à la fulgurante révélation que le « philosophe » a vécue le 23 février 2011, en regardant des images télévisées des forces de Kadhafi menaçant de noyer Benghazi « dans des rivières de sang ».
Loin des intuitions pas claires, l’agenda de Lévy est celui d’un idéologue politique calculateur. Comme une version française des néo-conservateurs étatsuniens qui justifiaient leur guerre dévastatrice contre l’Irak par toutes sortes de raisonnements moraux ou philosophiques et d’autres impostures. Pour eux, c’était d’abord et avant tout une guerre pour la « sécurité » d’Israël, avec quelques gratifications pratiques à la clé - dont peu se réalisèrent. En effet, l’héritage de Lévy est chargé de ces références sans équivoque à ce même agenda.
La droite israélienne est fascinée par B.-H. Lévy. Dans le Jerusalem Post, la célébration de son influence globale culmine avec la citation suivante : « Un philosophe français et un des leaders du mouvement des Nouveaux Philosophes qui disait que les juifs ont vocation à fournir une voix morale unique dans le monde ».
Mais la moralité n’a rien à voir là-dedans. Les exploits philosophiques de notre homme semblent viser exclusivement les musulmans et leurs cultures. « Le voile est une invitation au viol » a-t-il affirmé à la Jewish Chronicle en octobre 2006.
La philosophie lui semble taillée sur mesure pour habiller un agenda politique de propagande en faveur des interventions militaires. Ses plaidoyers ont aidé à détruire la Libye mais sans toutefois l’empêcher d’écrire un livre sur le « printemps » libyen. Il a parlé du voile comme d’une invitation au viol, tout en taisant les nombreux cas de viols rapportés en Libye après la guerre de l’OTAN. En mai 2011, il fut l’un des rares à défendre le patron du FMI, quand Dominique Strauss-Kahn fut accusé de viol sur une femme de chambre à New York. C’était une « conspiration » selon lui, et la femme de chambre en faisait partie.
On pourrait faire preuve de compréhension devant la haine de Lévy envers les dictateurs et les criminels de guerre ; après tout, Kadhafi n’était pas un champion des droits de l’homme. Mais Lévy, lui, n’est pas philosophe. Un élément fondamental de tout vrai philosophe est la cohérence morale. Lévy n’en a point. Une semaine après que le Jerusalem Post eut célébré l’influence morale de Lévy dans le monde, le quotidien Haaretz décrivait son soutien à l’armée israélienne en titrant le 30 mai 2010 :
« Bernard-Henri Lévy : Je n’ai jamais vu une armée aussi démocratique que les FDI »
C’était un article à propos du colloque « La démocratie et ses Défis » à Tel Aviv. « Je n’ai jamais vu une armée aussi démocratique que les FDI [Forces de défense israéliennes], qui se pose autant de questions morales. Il y a quelque chose d’inhabituellement vital dans la démocratie israélienne ».
Quand on réfléchit aux guerres et aux massacres menés par l’armée israélienne contre Gaza en 2008-9 et en 2012, on a du mal à trouver les mots appropriés pour décrire l’aveuglement moral de Lévy et les errements de sa philosophie. En fait il vaut mieux soutenir que ni la moralité ni la philosophie n’ont grand-chose à voir avec Bernard-Henri Lévy et son incessante quête de guerre.
Ramzy Baroud