dimanche 1 septembre 2013

Syrieleaks : comment attribuer la faute à Assad. (Sinistra in rete) "Plan soutenu par les USA pour lancer une attaque aux armes chimiques contre la Syrie et en attribuer la faute au régime d’Assad." Le titre en question remonte au 29 janvier 2013.

Un titre bien net sur le Daily Mail, un quotidien de deux millions d’exemplaires en kiosque et trois millions de lecteurs online par jour : "Plan soutenu par les USA pour lancer une attaque aux armes chimiques contre la Syrie et en attribuer la faute au régime d’Assad."
Le titre en question remonte au 29 janvier 2013. L’édition online du Daily Mail a publié une histoire intéressante -sous la signature de Louise Boyle- susceptible de projeter la lumière d’une enquête pertinente sur les tragiques attaques au gaz qui ont eu lieu en Syrie sept mois après, en août 2013.
De temps en temps, la grande presse rapporte un fait important qui fait entendre un son de cloche totalement différent du récit de fond - mais, quand cela arrive, c’est un feu de paille aussitôt éteint.
Naturellement, quelques jours après la publication, l’article avait déjà disparu des archives online du journal, mais, heureusement, il n’est pas aussi facile de faire disparaître l’information d’internet une fois qu’elle y a pointé le bout du nez. Aussi nous sommes en mesure de vous reproposer l’article et d’en exposer ici les traits saillants.
L’écrivain Roberto Quaglia parle de "Loi des Premières 24 Heures". A l’époque des mass media, des informations réelles et significatives sont occasionnellement rapportées au public par des journalistes de bonne foi pendant les premières heures qui suivent un événement. Puis, une invisible chaîne de commandement s’active de façon évidente et les informations vraies, mais dérangeantes, disparaissent rapidement et pour toujours de la scène des medias. Seules les informations "arrangeantes" -peu importe qu’elles soient vraies ou fausses- restent en circulation.
Pour comprendre le monde, il devient donc particulièrement intéressant de s’arrêter justement sur les informations supprimées." Il en est ainsi du texte de Louise Boyle. Heureusement qu’il y a Webarchive.
Le sous-titre de l’article de L. Boyle se présente ainsi :
"E-mails filtrés à partir d’un fournisseur de la Défense, traitant d’armes chimiques et disant que ’l’idée est approuvée par Washington’ ".
Le récit commence ainsi :
"Selon Infowars.com, l’e-mail du 25 décembre a été envoyé par le directeur du secteur développement des affaires de la Britam, David Goulding, au fondateur de la société, Philip Doughty. On y lit :
"Phil... nous avons une nouvelle offre. Il s’agit de nouveau de la Syrie. Les Qataris proposent une affaire intéressante et je jure que l’idée est approuvée par Washington.
Nous devrions livrer de l’armement chimique (CW dans l’original, NdT) à Homs, une g-shell (bombe à gaz, NdT) d’origine soviétique provenant de Libye, semblable à celles qu’Assad devrait avoir.
Ils veulent que nous déployions notre personnel ukrainien qui devrait parler russe et réaliser un enregistrement vidéo.
Franchement, je ne crois pas que ce soit une bonne idée, mais les sommes proposées sont énormes. Quelle est ton opinion ?
Saluts cordiaux, David."
Comment interpréter ce message ? Dans l’article, on résume ainsi : "L’e-mail aurait été envoyé par un officier de grade élevé à un fournisseur de la Défense britannique au sujet d’une attaque chimique en Syrie, "approuvée à Washington", qu’on puisse attribuer au régime d’Assad."
Bref, le classique casus belli qu’on peut faire éclater grâce à un acte méprisable "sous faux pavillon", qu’on puisse attribuer à l’ennemi. Une chose impensable pour la presse amie, mais bien présente aux niveaux élevés de la planification guerrière.
Nous avons vu par exemple avec quelle candeur un habitué de ces niveaux élevés, Patrick Lyell Clawson, exprimait la nécessité d’un prétexte semblable, dans ce cas pour attaquer l’Iran :
"Franchement, je pense qu’il est très difficile de déclencher une crise. Et j’ai beaucoup de mal à imaginer comment le président des Etats-Unis pourrait vraiment nous conduire à une guerre contre l’Iran. Cela m’amène à conclure que si l’on ne trouve pas un compromis, la façon traditionnelle dont l’Amérique entre en guerre serait au mieux des intérêts des Etats-Unis."
C’est-à-dire par un casus belli entraîné par une provocation. "Nous sommes en train de jouer une partie secrète avec les Iraniens, et nous pourrions, en le faisant, devenir encore plus méchants", concluait le faucon de Washington.
Le pouvoir ne se révèle pas toujours de façon aussi effrontée et explicite. A l’époque de Wikileaks et d’Edward Snowden, les révélations passent plus souvent à travers des canaux électroniques et contre la volonté du gouvernement. L’article du Daily Mail précisait que "les e-mails avaient été diffusés par un hacker malais qui a même obtenu les curriculums des hauts dirigeants et les copies de leurs passeports à travers un serveur des Finances non protégé, selon ce que rapportait Cyber War News."
Et pour faire comprendre à quel point les rebelles syriens alliés des Etats-Unis et du Qatar peuvent être dénués de scrupules (et, en outre, bien entraînés) dans l’utilisation des armes chimiques, l’article incluait aussi une vidéo dans laquelle ils testaient leurs effets sur des lapins. La vidéo montre des images particulièrement crues, attention
http://www.youtube.com/watch?v=em2poWYynsc
Il est pour le moins curieux, pour ne pas dire pire, qu’aujourd’hui la grande presse ne revienne pas sur l’information du quotidien londonien pour l’approfondir. Au contraire, on constate que tout est emporté par les tambours de la propagande guerrière.
Les pages online des 28 et 29 août 2013 de tous les principaux quotidiens italiens, par exemple, titrent que "La Syrie menace de frapper l’Europe avec les armes chimiques", déformant en toute mauvaise foi une phrase d’un homme politique syrien qui disait tout autre chose. Le vice-ministre des affaires extérieures Fayçal Maqdad critiquait en fait les pays qui ont aidé "les terroristes" (c’est-à-dire les rebelles jihadistes) à utiliser les armes chimiques en Syrie, les alertant sur le fait que les mêmes groupes ennemis de Damas "les utiliseront bientôt contre le peuple européen". Traduction : "attention, Europe, tu réchauffes toi-même des serpents dans ton sein." La phrase était correctement reproduite au milieu de l’article. Mais que le lecteur observe quel est en fait l’encadrement choisi par La Repubblica et La Stampa (et tous les autres, y compris Il Fatto Quotidiano*, font la même chose) :
 Obama : "Il y aura une intervention limitée, mais Assad recevra un signal dur."
- Menace syrienne : "Les gaz frapperont l’Europe".
- Vidéo : père retrouve fils ayant échappé à l’attaque.
Le président des USA revient sur la question : "Aucune décision n’a été prise." La Syrie : "Les terroristes utiliseront des armes chimiques contre l’Occident". Khamenei : "Attaque catastrophe pour le secteur" (vidéo). Bonino : "Participation italienne non automatique". Bloomberg : "Frère d’Assad derrière attaque avec armes chimiques".
Etranger.
Syrie : attaque USA-GB se profile.
Assad menace : "Nous utiliserons les gaz".
L’Italie freine quant à l’action de l’ONU.
Interactif. Carte des cibles
Bonino : "Notre participation n’est pas automatique"
Obama :"Nous ne voulons pas un autre Irak". Voici le plan...
La Stampa attribue précisément la phrase à Assad (justement pour fabriquer l’énième Hitler à massacrer). Assad lui-même, dans une interview à un journal russe ignorée par les rédactions italiennes, déclarait deux jours auparavant :
"Je voudrais expliquer à ces hommes politiques que le terrorisme n’est pas une carte maîtresse qu’on puisse sortir et abattre à n’importe quel moment, pour ensuite la remettre dans sa poche comme si de rien n’était. On ne peut pas être pour le terrorisme en Syrie et contre lui au Mali."
Il n’en faut pas davantage pour comprendre que les journaux italiens offrent une couverture de la crise syrienne totalement manipulée et inacceptable. En Italie, aujourd’hui, il est impensable qu’un journaliste mainstream puisse produire un article à contre-courant comme celui du Daily Mail.
Aujourd’hui encore, ce journal britannique, parmi, certes, des distorsions et des omissions, exprime néanmoins, dans un de ses plus récents articles, le très fort soupçon que l’attaque chimique puisse ne pas être l’oeuvre de ceux que les gouvernements voudraient nous faire croire.
A Londres, les journaux veulent encore vendre quelques exemplaires auprès de ceux qui ne se contentent pas de la propagande. Chez nous, les journaux ne font pas même le minimum syndical pour être achetés. Et le lecteur se retrouve en guerre sans même savoir pourquoi.
Note :
*Le journal du M5S, le parti de Beppe Grillo.
Traduction : Rosa Llorens



samedi 31 août 2013

SYRIE : EXCLUSIF - Témoignages syriens à Gouta : ce sont les rebelles fournis par l’Arabie Saoudite qui sont à l’origine de l’attaque chimique (Mint Press News)

Les rebelles et les résidents locaux à Gouta accusent le prince saoudien Bandar bin Sultan d’avoir fourni les armes chimiques à un groupe rebelle lié à Al -Qaida

Cet article est une collaboration entre Gavlak Dale pour Mint Press News et Yahya Ababneh .

Gouta, Syrie – Tandis que la machine de guerre américaine se met en place après l’attaque par armes chimiques la semaine dernière, les Etats-Unis et leurs alliés sont peut-être en train de se tromper de coupable.
C’est ce qui semble ressortir des entretiens avec des gens à Damas et Gouta, une banlieue de la capitale syrienne où, selon l’ONG humanitaire Médecins sans frontières, au moins 355 personnes ont trouvé la mort la semaine dernière par ce que l’organisation croit être un agent neurotoxique.
Les Etats-Unis, la Grande-Bretagne et la France ainsi que la Ligue arabe ont accusé le régime du président syrien Bachar al-Assad d’avoir mené une attaque avec des armes chimiques qui ont visé principalement des civils. Des navires de guerre américains sont stationnés dans la mer Méditerranée prêts à lancer des frappes militaires contre la Syrie en guise de punition pour cette attaque massive d’armes chimiques. Les États-Unis et d’autres ne sont pas intéressés à examiner toute élément de preuve contraire tandis que le secrétaire d’Etat américain John Kerry déclarait lundi que la culpabilité d’Assad était « un jugement ... déjà clair aux yeux du monde. »
Cependant, selon de nombreux entretiens avec des médecins, des résidents à Gouta, des combattants rebelles et leurs familles, le tableau est différent. Beaucoup croient que certains rebelles ont reçu des armes chimiques par l’intermédiaire du chef du renseignement saoudien, le prince Bandar bin Sultan, et sont responsables de l’attaque au gaz.
« Mon fils est venu me voir il y a deux semaines pour me demander ce que je pensais des armes qu’on lui avait demandé de transporter », déclare Abou Abdel-Moneim, le père d’un rebelle luttant pour déloger Assad, qui vit à Gouta.
Abdel-Moneim dit que son fils et 12 autres rebelles ont été tués à l’intérieur d’un tunnel utilisé pour stocker des armes fournies par un militant saoudien, connu sous le nom d’Abou Ayesha, qui dirigeait un bataillon de combat. Le père décrit les armes comme ayant une « structure en forme de tube » tandis que d’autres ressemblaient à « d’énormes bouteilles de gaz ».
Des habitants de Gouta disent que les rebelles utilisaient des mosquées et des maisons privées pour se réfugier tout en stockant leurs armes dans des tunnels.
Abdel-Moneim dit que son fils et les autres sont morts lors de l’attaque chimique. Le même jour, le groupe Jabhat al-Nusra, lié à Al-Qaïda, avait annoncé qu’il allait attaquer de la même manière des civils à Latakia, au coeur de la région acquise au régime Assad sur la côte ouest de la Syrie, apparemment en guise de représailles.
« Ils ne nous ont pas dit ce qu’étaient ces armes ni comment les utiliser », se plaint une combattante nommée « K. » « Nous ne savions pas qu’il s’agissait d’armes chimiques. Nous n’avions jamais imaginé que c’était des armes chimiques » .
« Quand le prince saoudien Bandar donne de telles armes, il doit les donner à ceux qui savent comment les manipuler et les utiliser », averti-t-elle. Elle, comme d’autres Syriens, ne veut pas utiliser son nom et prénom par crainte de représailles.
Un chef rebelle bien connu à Gouta nommé « J » acquiesce. « Les militants de Jabhat al-Nusra ne coopèrent pas avec les autres rebelles, à l’exception de combats sur le terrain. Ils ne partagent pas d’informations secrètes. Ils ont simplement utilisé des rebelles ordinaires pour transporter et utiliser ce matériel » , dit-il.
« Nous étions très curieux au sujet de ces armes. Et malheureusement, certains des combattants ont manipulé les armes de façon inappropriée et ont déclenché les explosions », déclare « J ».
Des médecins qui ont traité les victimes des attaques chimiques nous (les intervieweurs) ont mis en garde de faire attention à poser des questions quant à savoir qui, exactement, était responsable de l’agression mortelle.
Le groupe humanitaire Médecins sans frontières a ajouté que des soignants auprès des 3.600 patients ont également signalé des symptômes similaires, y compris l’écume à la bouche, des difficultés respiratoires, des convulsions et une vision floue. Le groupe n’a pas été en mesure de vérifier l’information.
Plus d’une douzaine de rebelles interrogés ont indiqué que leurs salaires proviennent du gouvernement saoudien. 
Implication saoudienne
Dans un récent article de Business Insider, le journaliste Geoffrey Ingersoll a souligné le rôle du prince saoudien Bandar dans la guerre civile syrienne qui dure depuis deux ans et demi. De nombreux observateurs estiment que Bandar, avec ses liens étroits avec Washington, a été au cœur de la campagne pour la guerre par les Etats-Unis contre Assad.
Ingersoll a fait référence à un article dans le quotidien britannique The Daily Telegraph au sujet de négociations secrètes russo-saoudiennes alléguant que Bandar avait offert au président russe Vladimir Poutine du pétrole bon marché en échange de son abandon d’Assad.
« Le prince Bandar s’est engagé à protéger la base navale de la Russie en Syrie si le régime d’Assad était renversé, mais il a également fait allusion à des attaques terroristes Tchétchènes pendant les Jeux olympiques d’hiver à Sotchi, en Russie, en cas d’absence d’accord, » écrit Ingersoll .
« Je peux vous donner une garantie pour protéger les Jeux olympiques d’hiver de l’année prochaine. Les groupes tchétchènes qui menacent la sécurité des jeux sont contrôlés par nous », aurait dit Bandar aux Russes.
« De même que les autorités saoudiennes, les États-Unis auraient donné le feu vert au chef du renseignement saoudien pour mener ces négociations avec la Russie, ce qui n’est pas une surprise » écrit Ingersoll.
« Bandar a reçu son éducations aux Etats-Unis, à la fois militaire et universitaire, et a servi comme ambassadeur saoudien très influent aux États-Unis, et la CIA l’adore, » ajoute-t-il.
Selon le journal britannique The Indépendant, c’est l’agence de renseignement du prince Bandar qui a lancé en premier les accusations d’utilisation de gaz sarin par le régime, à l’attention des alliés occidentaux, au mois de février.
Le Wall Street Journal a récemment rapporté que la CIA a réalisé que l’Arabie Saoudite était "sérieuse" quant au renversement d’Assad lorsque le roi saoudien a nommé le prince Bandar pour diriger l’opération.
« Ils croyaient que le prince Bandar, un vétéran des intrigues diplomatiques de Washington et du monde arabe, pouvait offrir ce que la CIA ne pouvait pas : des tonnes d’argent et d’armes, et, comme l’a dit un diplomate américain, wasta, des pots-de-vin » dit-il.
Selon le Wall Street Journal, Bandar a mis en marche l’objectif prioritaire de la politique étrangère de l’Arabie saoudite, à savoir le renversement d’Assad et ses alliés, l’Iran et le Hezbollah.
Dans ce but, Bandar a convaincu Washington de soutenir un programme pour armer et entraîner les rebelles sur une base militaire prévue en Jordanie.
Le journal rapporte qu’il a rencontré « les Jordaniens mal à l’aise avec une telle base » :
Ses rencontres à Amman avec le roi Abdallah de Jordanie duraient parfois huit heures d’affilée. « Le roi plaisantait : ’Oh, Bandar vient à nouveau ? Prévoyons deux jours pour la réunion’ », a dit une personne proche de ces réunions.
La dépendance financière de la Jordanie auprès de l’Arabie saoudite a peut-être fourni aux Saoudiens un fort argument. Un centre d’opérations en Jordanie a commencé à fonctionner au cours de l’été 2012, comprenant une piste d’atterrissage et des entrepôts d’armes. Selon le WSJ, citant des responsables arabes, des AK-57 et munitions furent fournies par les Saoudiens.
Bien que l’Arabie Saoudite a officiellement affirmé qu’elle soutenait les rebelles plus modérés , le journal a rapporté que « des fonds et des armes ont été discrètement acheminées à des groupes radicaux, simplement pour contrer l’influence des islamistes rivaux soutenus par le Qatar. »
Mais les rebelles interviewés ont dit que le prince Bandar est appelée « al- Habib » ou « l’amant » par les militants d’al -Qaida combattant en Syrie.
Peter Oborne, dans un article du Daily Telegraph jeudi, a émis une mise en garde au sujet de la précipitations de Washington à punir le régime d’Assad par de soi-disant frappes "limitées" qui ne sont pas destinées à renverser le dirigeant syrien mais à diminuer sa capacité à utiliser des armes chimiques :
Considérez ceci : les seuls bénéficiaires de l’atrocité sont les rebelles, qui étaient en train de perdre la guerre, et qui ont maintenant la Grande-Bretagne et l’Amérique prêtes à intervenir à leurs côtés. Bien qu’il semble y avoir peu de doute que des armes chimiques ont été utilisées, il y a un doute sur qui les utilisées.
Il est important de se rappeler qu’Assad a déjà été accusé d’utiliser des gaz toxiques contre les civils. Mais à cette occasion, Carla del Ponte, commissaire de l’ONU sur la Syrie, a conclu que c’étaient les rebelles, et non Assad, qui étaient probablement responsables.
Dale Gavlak, Yahya Ababneh

SYRIE : LE FRONT ANTI-GUERRE SE REVEILLE… « Ce qui se passe aujourd’hui est comparable à la crise des missiles de Cuba . Le président Obama admire John F. Kennedy, et Poutine semble l’héritier du dirigeant soviétique Khrouchtchev. Et donc tout est possible… » a déclaré un diplomate russe.

«  Les Américains et malgré le feuilleton des défaites qu’ils ont essuyées en Irak et en Afghanistan poursuivent obstinément sur cette voie et auront à gouter encore plus l’amertume de leurs prochaines défaites, car la Syrie sera le cimetière des conquérants, sa bataille est plus dangereuse que celle du Vietnam, elle sera un nouveau Vietnam » Jaafari commandant des gardiens de la révolution

De l’Egypte de Sissi à l’Iran, en passant par la Russie, l’Amérique latine, les réactions anti-guerre se multiplient.
L’Egypte contre toute intervention militaire en Syrie
Le ministre égyptien des Affaires étrangères, Nabil Fahmy, sans doute sur instruction du général Al-Siss, a haussé le ton jeudi 29 août en affirmant que son pays s'opposait avec force à toute intervention militaire contre la Syrie. La différence de ton avec l’ère Moubarak est radicale. Et surtout avec l’ère Morsi qui avait déclaré, deux semaines avant sa déposition, le « djihad contre la Syrie ».
« L'Egypte ne participera à aucune frappe militaire contre la Syrie et s'y oppose avec force, conformément à sa position de principe contre toute intervention militaire étrangère dans ce pays », a souligné M. Fahmy dans un communiqué.
Il a appelé le Conseil de sécurité des Nations unies à « tout faire pour vérifier les faits (d'une utilisation présumée d'armes chimiques) et de prendre les mesures adéquates face à ce crime horrible ».
Le 20 juillet M. Fahmy avait promis de "réexaminer" les relations diplomatiques avec la Syrie, rompues en juin sous la présidence du président déchu Mohamed Morsi.
Le nassérien Sabbahi : « Une agression contre l’Egypte débute par une frappe contre la Syrie »
De son côté, le chef du courant populaire égyptien, Hamdeen Sabbahi, s’est dit opposé à toute agression contre la Syrie. « L’histoire prouve que toute agression contre l’Egypte débute par une frappe contre la Syrie », a-t-il écrit mardi sur son compte Twitter. Sabbahi a qualifié de « barbare toute agression contre le peuple syrien ». Et d’ajouter : « L’agression occidentale contre la Syrie détruit et ne libère pas.
Pour Sabbahi, « il est nécessaire qu’il y ait une position gouvernementale et populaire arabe unie en défense à notre sécurité régionale ».
Tamarrod réclame la fermeture du canal de Suez
Pour sa part, le mouvement Tamarrod, à la base de la chute du régime des Frères musulmans, a appelé l’Egypte à prendre une position ferme face à une éventuelle frappe américaine contre la Syrie.
Le porte-parole de Tamarrod, Hassan Chahine, a réclamé la fermeture du canal de Suez face aux destroyers et navires de guerre destinés à frapper la Syrie.  
« Le soutien de l’armée syrienne arabe est un devoir national », a-t-il souligné. Et de poursuivre : « Il est temps que les peuples arabes se révoltent après le dévoilement des plans de l’ASL et de ses alliés terroristes visant à déstabiliser la patrie arabe toute entière ».
Tamarrod a en outre annoncé vouloir très prochainement lancer une campagne appelant les peuples arabes à boycotter les marchandises US et de tout pays qui participe à une frappe contre la Syrie.
Diplomate russe : pas de guerre contre la Syrie, ni aujourd’hui ni demain
Selon un diplomate russe, cité par le quotidien libanais alAkhbar «  il n’y a pas de guerre ni aujourd'hui ni demain », indiquant que « l'administration d'Obama a décidé d'épuiser toutes les voies de la légitimité internationale avant de prendre une décision unilatérale d'agir contre  la Syrie » .
Le diplomate russe, qui a souhaité garder l’anonymat, a expliqué que « la prochaine étape consiste à réunir le Conseil de sécurité. Une réunion qui promet d’être houleuse entre les différents cinq membres permanents du Conseil, et dont l’issue est connue d’avance : trois votes contre deux. Washington, Londres, Paris, contre nous et Pékin ».« Cette phase à elle seule risque de s’étendre pour une semaine. L'administration d’Obama cherche en fait à gagner du temps, il veut que le Congrès lui accorde une autorisation lui permettant d’entreprendre une action militaire unilatérale. Pourquoi ? Peut-être pour des calculs politiques américains internes. A savoir un échange de transactions entre l'administration d’Obama  et ses adversaires. A vrai dire, il n’a pas de politique étrangère américaine. Tout ce qui se passe dans le monde est une affaire intérieure américaine pour les Etats-Unis ».
Et de poursuivre : « Selon nos informations, le Congrès américain ne compte pas trancher la question cette semaine ou la semaine prochaine. Il y a donc plusieurs jours d’attente. Et cette attente ne sera pas stérile. Nous avons ouvert depuis Moscou nos lignes avec les Américains. Notre ministre des Affaires étrangères Lavrov est en communication permanente avec son homologue américain Kerry soit par téléphone soit par message.. Et ce dans le but d’éviter tout malentendu ou manque de communication. Il en va de même avec les Européens mais  à un rythme plus faible. D’où une baisse de la tonalité dans les déclarations politiques cette fin de semaine. Cela ne signifie pas pour autant qu’une frappe militaire contre la Syrie n’est plus inscrite sur l’agenda américain.  Mais,  nous assistons au cours de ces dernières heures à une tendance à la baisse dans le ton. Et nous parions sur la continuité de cette tendance  et nous comptons l'investir sérieusement ».
Le diplomate russe a précisé que «  l’annulation de la réunion de La Haye, qui était prévue le mercredi 28 août ne nous a guère affectés. Cette réunion était consacrée à des experts qui travaillent sur l’organisation de  Genève 2 . Son annulation est une réponse  naturelle de la part de Washington à nos positions concernant les armes chimiques et notre détermination à rejeter leurs accusations que nous avons dirigés contre leurs alliés à Ghouta-Damas. Il faut savoir que ce genre de messages diplomatiques est tout à fait naturel dans nos relations ».
Et de souligner : «  Nous ne sommes pas pressés à organiser la deuxième Conférence de Genève. Ce sont eux qui sont pressés. Depuis longtemps,  ils  essaient par tous les moyens de faire avancer les choses et de gagner du temps. Nous pensons donc qu'une autre date sera déterminée prochainement. En fait, ce sont les médias occidentaux qui ont versé de l’ancre sur un imminent raid américain dont le but serait d’accélérer  Genève 2 . Quoiqu’il en soit,  nous sommes persuadés à Moscou que la deuxième phase du dialogue syrien est possible cet automne voire entre Octobre et Novembre ».
Interrogé sur  la position russe en cas d’une attaque américaine contre la Syrie, le diplomate russe a répondu : « les paroles de M. Lavrov concernant le refus  de la Russie de participer dans une guerre contre qui  que ce soit  sont des déclarations purement diplomatiques.  Elles s’inscrivent dans le cadre d’une réponse directe à une question posée lors d'une conférence de presse. Dans la réalité, les faits sont tout autres. Ainsi,  il y a environ 17 mille citoyens russes en Syrie actuellement. Ce sont des experts  qui travaillent  dans toutes les institutions étatiques de la Syrie. Nous disons à tout le monde et à nos citoyens que Moscou s'est engagée à garantir leur protection et leur sécurité physique. Point à la ligne. Il n’y aura pas de grandes opérations d'évacuation dans les prochaines heures. La dernière évacuation en date a concerné une centaine de familles qui ont préférées quitter Damas. Ces familles ont été rapatriées depuis Beyrouth. Les 17 000 russes  qui sont restés à Damas sont des experts et nous comptons les défendre par tous les moyens possibles ».
Cette réponse de la part du diplomate russe  pose  une autre question de nature militaire à savoir quel est l’équilibre des forces militaires en Méditerranée, au large de la Syrie ?
Et de répondre : « la mobilisation américaine n’est pas  le résultat de l’agression chimique de Ghouta. Selon nos informations sûres et certaines,  la mobilisation militaire américaine a commencé depuis un mois. En revanche, notre présence militaire en Méditerranée est connue de tous et s’est renforcée depuis près de deux ans. Depuis que vous avez écrit le 29 Novembre 2011, que la bataille pour la Syrie est devenue une bataille de la Russie ».
Et de conclure : «  En fait,  toutes les options sont ouvertes. Ce qui se passe aujourd’hui est comparable à la crise des missiles de Cuba . Le président Obama admire John F. Kennedy, et Poutine semble l’hériter du dirigeant soviétique Khrouchtchev. Et donc tout est possible. Ce qui est important de savoir c’est que nous estimons que cette semaine rien ne se passera » ...
L’Amérique latine contre une intervention militaire en Syrie
La majorité des pays d'Amérique latine se sont prononcés mercredi contre une intervention militaire en Syrie, au moment où les Etats-Unis et certains de leurs alliés européens envisagent de mener des frappes contre la Syrie.
"Une agression contre la Syrie aurait des conséquences extrêmement graves pour le Moyen-Orient, une région qui est déjà en proie à des troubles", a déclaré dans un communiqué le ministère cubain des Affaires étrangères.
"Elle constituerait une violation flagrante des principes de la Charte des Nations unies et du droit international et accroîtrait les dangers pour la paix et la sécurité internationales", a estimé le ministère cubain.
Le président de l'Equateur, Rafael Correa, a exprimé "le rejet de toute ingérence, à plus forte raison militaire, dans le problème syrien".
Son homologue bolivien, Evo Morales, a lui aussi condamné les menaces de frappes. "Nous rejetons, nous condamnons" toute intervention militaire étrangère en Syrie, a-t-il déclaré au palais présidentiel à la Paz.
M. Morales a mentionné des informations de presse selon lesquelles des armes chimiques auraient été utilisées près de Damas non par le pouvoir mais par la rébellion, afin de susciter une intervention internationale.
"Nous n'acceptons pas l'utilisation d'agents chimiques qui, selon ces informations, sont utilisés par des groupes qui déstabilisent la démocratie et le gouvernement" syrien, a déclaré le président bolivien.
Le Brésil ne soutiendra pas une intervention militaire en Syrie sans l'aval du Conseil de sécurité de l'ONU, a déclaré mercredi le nouveau ministre des Affaires étrangères Luiz Alberto Figueiredo. Selon lui, il s'agirait d'une violation du droit international et de la charte de l'ONU.
Maduro évoque un lien entre les complots d'assassinat contre lui et l'intervention en Syrie
De même le président du Venezuela, Nicolas Maduro, a condamné les menaces occidentales de frappes contre la Syrie, au cours d'une visite à Tachira, dans l'ouest du pays.
Et il a affirmé que les autorités vénézuéliennes avaient déjoué un complot qui visait à l'assassiner au moment où auraient lieu d'éventuelles frappes occidentales contre la Syrie.
M. Maduro a rappelé l'arrestation au Venezuela, annoncée lundi par les autorités, de deux Colombiens qui seraient impliqués dans ce projet d'assassinat. "Le plan était de m'éliminer au moment de l'attaque contre la Syrie", a-t-il affirmé.
« Le projet des Occidentaux était de les faire coïncider (dans le temps), tout comme ils avaient tenté de le faire en 2002, lorsqu'une tentative de coup d'Etat contre Chavez avait précédé l'agression de l'Irak par les Etats-Unis », ont rapporté les médias vénézuéliens.
Le secrétaire général de l'OEA "opposé" à une intervention en Syrie
Dans ce contexte, le secrétaire général de l'Organisation des Etats américains (OEA), le Chilien José Miguel Insulza, s'est déclaré mercredi "profondément opposé" à une éventuelle intervention militaire en Syrie.
"Je suis profondément opposé aux interventions militaires. Il n'y a pas beaucoup d'exemples dans le monde d'interventions de ce type qui ont été positives", a indiqué M. Insulza à la presse.
Attaque contre la Syrie : Triple messages iraniens aux Occidentaux
Les messages iraniens aux Occidentaux ne connaissent pas de répit. Presque toutes les instances politiques et militaires en République islamique d’Iran sont montées au créneau pour se solidariser avec la Syrie, menacée d’une attaque occidentale.
En résumé, l’essentiel de leurs messages atteste que l’intervention occidentale ne sera pas sans riposte, et laissant présager la possibilité d’une intervention iranienne pour assister le pouvoir en Syrie.
Une triple équation est privilégiée par Téhéran
Elle prédit entre autre qu’Israël ne sera pas l’abri de la riposte à l’éventuelle attaque. Dans la nuit de mercredi à mardi, la Commission de la Sécurité nationale au parlement iranien a assuré que «  chaque missile américain abattu sur la Syrie sera répliqué par un missile syrien sur Tel Aviv ».
Même son de cloche de la part du chef d’Etat-major des forces armées iraniennes le général Hassan Fîrûzâbâdî qui avait assuré que les flammes de l’éventuelle agression militaire contre la Syrie brulera l’entité sioniste. Et de la part du commandant des gardiens de la révolution le général Mohammad Ali Jaafari, selon lequel «  les Israéliens devraient savoir que le déclenchement d’une guerre dans la région par les Américains va aboutir à l’éradication d’Israël prochainement ».
Un deuxième Vietnam
La deuxième équation propagée les Iraniens est que la guerre contre la Syrie sera un deuxième Vietnam pour les Américains. «  Les Américains et malgré le feuilleton des défaites qu’ils ont essuyées en Irak et en Afghanistan poursuivent obstinément sur cette voie et auront à gouter encore plus l’amertume de leurs prochaines défaites, car la Syrie sera le cimetière des conquérants, sa bataille est plus dangereuse que celle du Vietnam, elle sera un nouveau Vietnam », a poursuivi Jaafari.  
Une déclaration similaire et aussi sulfureuse a été lancée par le commandant de l’Unité AlQuds chez les gardiens de la révolution, le général Kassem Souleïmani.«  Le pays du Levant est le site de notre ascension vers le Ciel, et sera le cimetière des Américains », avait-il tenus en huis clos, avant d’être relayé par les medias iraniens. Et d’assurer que «  chaque soldat américain qui débarquerait de son avion ou de son navire devrait porter son cercueil avec lui ».
L’Iran s'impliquera
Ces positions sont venues compléter celle du guide suprême l’Imam Ali Khamenei, lequel a assuré qu’une frappe contre la Syrie provoquera un embrasement dans toute la région, laissant entendre que son pays ne restera pas à l’écart de ce qui se passe en Syrie. Et qu’il a entre les mains tous les plans et les choix à adopter en cas d’attaque.
Ces propos d’une grande importance, surtout lorsqu’on sait à quel point  Washington s’emploie pour écarter Téhéran.
En plus de son influent politicien aux Nations Unies Jeffrey Feltmann, elle a dépêché vers la capitale iranienne l’un de ses alliés dans la région, le monarque de l’émirat d’Oman, Sultane Kabouss. Selon des sources iraniennes ayant côtoyé la visite de trois jours ayant eu lieu la semaine passée, ce dernier a demandé aux Iraniens de lever la main de la Syrie, en échange d’une reconnaissance américaine des droits nucléaires iraniens et d’une suspension des sanctions imposées contre la RII.
Parallèlement, Feltmann s’efforçait de faire croire aux Iraniens que l’attaque occidentale dont il leur a révélé la date pour dimanche prochain serait limitée, mettant l’accent qu’elle n’a pas pour but d’éliminer le régime, mais de l’affaiblir pour aller à Genève 2 avec une vision qui garantisse son succès.
Ces propos arabes et américains ne semblent pas avoir persuadé les Iraniens. Sans tarder, Téhéran a répondu à l’hôte onusien que la Syrie est une ligne rouge, ne peut être substituée à aucun autre dossier. Selon AlAkhbar, elle lui a même signifié que quand bien même l’offensive serait limitée, rien n’empêchera la riposte de ne pas l’être.
Justement, Téhéran évoque beaucoup un embrasement de toute la région.  C’est surtout l’avis du commandant des Gardiens de la révolution selon lequel la guerre ne se limitera pas à la Syrie mais atteindra tous les instigateurs à la guerre et leurs protecteurs.  
29 août 2013
Afrique Asie et agences

vendredi 30 août 2013

SYRIE : vidéo - Terroristes en train de tirer des obus chimiques


Une vidéo tournée en Syrie montre de la façon la plus claire possible, des mercenaires islamistes, en train de charger un canon, avec une bombonne de substances chimiques. On remarquera que les terroristes utilisent un système de mise à feu à distance censé les protéger des gaz qui s’échapperaient lors du départ de l’obus chimique.
Justement, on peut voir l’artificier actionner le dispositif de mise à feu puis s’éloigner en courant. Et même après le tir on ne voit aucun de ces criminels revenir rapidement vers le canon.

BANDAR : « Le Qatar n’est pas un véritable pays… c’est un rassemblement de 300 personnes et d’une chaîne de télévision et ceci ne fait pas de lui un pays » !


Selon le sulfureux espion en chef du royaume wahhabite, le Prince Bandar Ben Sultan, cité par le Wall Street Journal, « 300 individus et une chaîne de télévision ne font pas du Qatar un pays ! »
Le chef des renseignements saoudiens le prince Bandar ben Sultan a confié à des journalistes en off que « Le Qatar n’est pas un véritable pays… c’est un rassemblement de 300 personnes et d’une chaîne de télévision et ceci ne fait pas de lui un pays » !
Cité par le Wall street journal, Bandar s’exprimait dans une réunion de coordination pour l’envoi d’armes aux groupes rebelles en Syrie en été dernier.
Ces propos (démentis par l’intéressé) surviennent alors que le roi saoudien Abdallah a multiplié les missions et les charges de son neveu Bandar, qui a été nommé président du bureau de la sécurité nationale, tout en supervisant encore les renseignements généraux saoudiens.
Plusieurs princes de la deuxième génération se sont vus octroyés des postes sensibles au royaume dont Mohammad ben Nayef (dossier interne), Meteeb ben Abdallah (ministre de la garde nationale) et Salmane ben Sultan (vice-ministre de la défense).
Ces propos démentis par l’intéressé, sans convaincre, a fait réagir le turbulent et maléfique petit Qatar. C’est ainsi qu’après une relative accalmie entre les deux monarchies wahhabites du Golfe, les tensions diplomatiques ont repris de plus beller. C’est ainsi que le ministre qatari des Affaires étrangères Khaled al-Attiyya a écrit sur son compte Twitter : « Un citoyen qatari équivaut à tout un peuple, et le peuple qatari équivaut à toute une nation ».
Il a ajouté : « C’est ce que nous inculquons à nos enfants, avec tout le respect et l’estime pour l’autre ».
Le ministère qatari des Affaires étrangères a indiqué ensuite que le compte twitter en question  et les propos qui ont été écrits représentent la position personnelle d’al-Attiya, tout en refusant de commenter la déclaration saoudienne.
Bien que l’Arabie Saoudite et le Qatar soient membres au conseil de coopération du Golfe, les divergences entre eux grandissent de plus en plus, sur fond des positions adoptées par chacune des parties envers les partis islamistes ayant émergé suite  au « printemps arabe ».
Al-Manar

SYRIE : Une fois n'est pas coutume, je crie "Vive l'Angleterre ! "

Le vote de rejet de la résolution portant sur les frappes sur la Syrie par le Parlement britannique marque le retour d'un peu de raison dans l'hubris guerrier des gouvernements occidentaux.
À l’évidence, les députés britanniques n'ont pas été convaincus par les arguments de preuves présentés par leur gouvernement. Ils ont ainsi fait preuve de bon sens, les frappes loin de résoudre la crise ne feraient qu'aggraver la situation et risquer d'embraser toute la région véritable poudrière !
De plus, le Parlement britannique montre l'exemple d'un Parlement souverain, le Parlement français pourrait s'en inspirer justement, l'absence de vote à l'Assemblée nationale remplacée par un simple débat sans suite apparaît plus que dérisoire ! Un vote s'impose !
En l'occurrence, le Président de la République serait bien avisé de revoir sa copie et de corriger son discours guerrier. Quant aux Américains qui prétendent agir seul - sans l'aval du Conseil de Sécurité - et alors que leurs principaux alliés refusent de les suivre ils devraient savoir que le monde a changé et qu'après la faute stratégique de l'Irak, rien ne les oblige à en commettre une autre !

jeudi 29 août 2013

SYRIE : la fleur au fusil….


Aucune justification n'existe en droit international pour "punir un Etat souverain" en dehors d'une décision du Conseil de Sécurité, ce serait tout simplement un acte de guerre dont les commanditaires seraient passibles de la Cour pénale internationale ( CPI ) pour crime de guerre !
Selon les propres termes du Président de la République "la France est prête à punir" la Syrie et utiliser la force militaire avec ses alliés américains et anglais en raison de l'utilisation par Damas de gaz toxiques.
L'utilisation de gaz toxiques suscite légitimement l'opprobre international et n'est pas acceptable.
Mais en l'occurrence sait-on avec certitude qui a fait usage de ces armes ignobles ? Non ! Tout au plus, on nous dit : on a les preuves, eh bien montrez les ! Chat échaudé craint l'eau froide car l'affaire d'Irak demeure dans tous les esprits !
Mais au-delà de ce crime inqualifiable les gouvernements occidentaux - dont la France - s'apprêtent à en commettre encore de plus grands :
-         En premier lieu aucune justification n'existe en droit international pour "punir un Etat souverain " en dehors d'une décision du Conseil de Sécurité, ce serait tout simplement un acte de guerre dont les commanditaires seraient passibles de la Cour pénale internationale ( CPI ) pour crime de guerre ! Ce serait pour la France ruiner le système onusien qu'elle a toujours défendu pour faire naître un peu d'ordre dans la communauté internationale ! La France se rangerait alors du côté de la jungle et du droit du plus fort ! Bravo Monsieur Hollande !
-         En deuxième lieu ce langage "punir ceux qui ont perpétré ce crime" rappelle singulièrement celui du président Bush et des "néocons". Cela est proprement stupéfiant dans la bouche d'un président français qui s'aligne sans vergogne sur Washington et ses théories les plus inadmissibles !
-         En troisième lieu, les frappes aériennes seront sans effet sur le plan militaire, mais en revanche elles vont accélérer l'explosion des tensions politiques, religieuses et ethniques qui existent dans ce Proche-Orient, véritable poudrière ! Pour venger trois cents civils lâchement gazés on s'apprête à provoquer la mort probable de dizaines de milliers de personnes, de déstabiliser tous les Etats de la zone dans un chaos généralisé.
A l'évidence l'affaire irakienne n'a pas servi de leçons à ces apprentis sorciers, la France doit se tenir à l'écart de cette politique dont personne ne peut mesurer les conséquences dramatiques qu'elle va engendrer !
*Jacques MYARD, Député de la Nation, Maire de Maisons-Laffitte, Président du Cercle Nation et République
28 août 2013
Source : Afrique Asie