jeudi 22 août 2013

EGYPTE : Le chaos en Égypte-L’instrumentalisation du divin et l’Ordre impérial, Des centaines de victimes innocentes pour une cause qui est celle de l’accaparement du pouvoir soit par les « mécréants » représentés par l’armée et les libéraux, soit par les Frères musulmans qui veulent gouverner au nom du divin.

Le bain de sang en Égypte était-il inévitable ?
« Addine LIllah oua el Outane lildjami’e » : « La religion relève de Dieu et la Nation appartient à tous ses citoyens ».
Ça y est ! Ce qui devait arriver arriva. L’Égypte est à feu et à sang. Des centaines de victimes innocentes pour une cause qui est celle de l’accaparement du pouvoir soit par les « mécréants » représentés par l’armée et les libéraux, soit par les Frères musulmans qui veulent gouverner au nom du divin. Les deux camps manipulés par un Occident qui a toujours deux fers au feu attend dans quel sens va pencher le balancier. C’est un fait et nous l’avons écrit, l’intervention de l’armée pour écarter le président Morsi le 3 juillet est un coup d’État qui ne veut pas dire son nom.
Une dispersion qui est devenue un « bain de sang »
Ce fut la guerre de tous contre tous ! On lit : « Les gaz se dissipent. Un tout jeune homme apparaît, le visage en sang. Il tourne en rond, hébété. « Que t’est-il arrivé ? » demandent les gens autour de lui. « Je ne sais pas, je ne sais pas qui m’a attaqué, je ne sais pas pourquoi... », il peut seulement répéter : « Regardez, regardez ce qui m’est arrivé. » A un moment, un homme dit : « C’est à cause des brutes de Morsi. » Le choix est fait. « Oui », répond simplement le jeune homme. « Je suis un bon citoyen et je veux apporter mon aide à l’armée ou à la police contre les Frères. (...) Et s’il le faut, on formera à nouveau des comités populaires. » [1]
L’imam d’Al-Azhar, plus haute autorité de l’islam sunnite, s’est désolidarisé après avoir pourtant apporté sa caution lors du coup de force des militaires contre Mohamed Morsi le 3 juillet.
Mohamed ElBaradei a pour sa part annoncé sa démission du gouvernement.
Le gouvernement et la presse quasi unanimes accusaient les Frères musulmans d’être des ´´terroristes´´ ayant stocké des armes automatiques sur les deux places et se servant des femmes et des enfants comme ´´boucliers humains´´.
Pour rappel, le secrétaire d’État américain John Kerry avait déclaré jeudi 1er août que l’armée égyptienne était en train de « restaurer la démocratie » alors même qu’elle a renversé le président élu du pays, Mohamed Morsi, lors du coup d’État militaire du 3 juillet. « Des millions et des millions de gens demandaient à l’armée d’intervenir, ils avaient tous peur de sombrer dans le chaos, dans la violence. » Il a poursuivi, « Et l’armée n’a pas pris le pouvoir, d’après ce que nous comprenons jusque... jusqu’ici. Il y a un gouvernement civil. En fait, ils restauraient la démocratie. » [2]
Ce que l’on reproche à Mohamed Morsi
Il faut d’abord, signaler que tout le monde « occidental » l’avait adoubé et même les potentats réactionnaires du Golfe qui l’ont aidé financièrement.
Que s’est-il passé pour qu’il tombe en disgrâce ?
Pourtant, il a fait ce qu’on lui a demandé à l’extérieur vis-à-vis de l’extérieur, allant jusqu’à inonder les tunnels de Rafa pour asphyxier les Palestiniens de Ghaza, il a dénoncé Damas, coupé les relations diplomatiques, chassé l’ambassadeur. Montré chaque fois que demandé, son allégeance.
À l’intérieur de l’Égypte c’est une autre affaire. Morsi a été élu dans des conditions douteuses et aurait, d’après ses détracteurs, amené l’Égypte au chaos.
Tarek Ezzat, un militant anti-Morsi nous explique comment Morsi n’a pas été élu démocratiquement : « Fraude en masse, chrétiens et femmes menacées pour les dissuader de voter, assassinat d’opposants. Son parti et la confrérie islamique ont falsifié les listes électorales. C’est pour permettre à ces fraudeurs de voter partout que les élections ont été étalées sur plusieurs jours.
Une autre affaire de fraude concerne l’imprimerie nationale qui a émis plusieurs centaines de milliers de bulletins de vote qui ont été remis aux partisans de Morsi pour bourrer les urnes. Les anti-Morsi et surtout les chrétiens ont été interdits de vote parfois sous la menace de brûler leurs maisons ou leurs commerces et de tuer leurs enfants. La magistrature a refusé de superviser les bureaux de vote, parce que les « Frères musulmans » s’attroupaient en masse dans les bureaux de vote pour intimider les votants et les obliger à voter pour Morsi. (...) Le jour où la Haute Cour constitutionnelle devait rendre sa décision sur la validité du vote sur la Constitution, des hordes payées par les islamistes ont assiégé le bâtiment de la cour et empêché les magistrats de se réunir. » [3]
À charge encore, sous le règne des Frères musulmans majoritaires, les « députés » de l’Assemblée nationale ont proposé les textes de lois suivants : une loi supprimant l’âge minimal du mariage, pour permettre le mariage des filles mineures et même enfant. Une loi supprimant la scolarité obligatoire des enfants et la gratuité de l’enseignement primaire.
Depuis que Morsi a été « élu », les chrétiens étaient accusés d’être des « croisés » ennemis de l’Égypte et de l’Islam, En plus des chrétiens, il y a eu en mai 2013 un véritable pogrom où les islamistes ont assassiné d’autres musulmans chiites qui priaient.
Morsi et sa mafia ont délibérément laissé des jihadistes de Aqmi et de Hamas investir le Sinaï, pour servir de force de soutien, Morsi a nommé comme gouverneur de la région touristique de Louxor un membre d’une association terroriste qui avait assassiné 75 touristes devant le temple de Hatshepsout.
« Le peuple, qui est la source de la légitimité démocratique n’a pas accepté de vivre trois ans de plus sous ce régime criminel pour respecter une échéance électorale qui serait évidemment truquée et falsifiée comme la précédente. » [4]
Que peut encore faire l’armée ?
Il est indéniable que cette armée que l’on dit populaire est un segment important aussi de l’économie du pays. Les jours et les mois qui viennent seront difficiles car chacun a bien conscience qu’une grande fracture a eu lieu entre les pro et les anti-morsi qui ont aidé l’armée dans le massacre des Frères musulmans. Les vengeances seront terribles et on s’oriente vers un scénario à l’algérienne.
Cela favorise les ´´jusqu’au-boutistes´´ des deux bords et donc, violence et coup d’État.
On peut légitimement penser que ce coup d’État a ouvert la boîte de pandore en Égypte. En décrétant l’état d’urgence on revient au régime de Hosni Moubarak, qui autorise les forces de sécurité : d’arrêter et fouiller sans restriction les personnes présentant une menace ; pour garder en détention des suspects sans mandat et pendant des années ; de surveiller les communications et les médias ; d’interdire le port d’arme.
Cette loi a permis à Moubarak de détenir environ 17.000 prisonniers politiques sans jugement, selon l’ONG Amnesty International.
Que vont faire les Frères musulmans ?
Il faut se souvenir que le mouvement des Frères musulmans existe depuis plusieurs décennies et qu’ils ont toujours pu rebondir malgré des périodes difficiles. Il se présente comme l’allié objectif de l’Empire. De plus, leur faculté d’endoctrinement a fait que ce sont les faibles qui trinquent.
Ces 500 morts, pour la plupart jeunes - comme la fille du leader Al Baltagui- sont-ils morts pour aller au paradis ou pour avoir une vie meilleure ici-bas ?
« Pour Ali Hakimi, deux grandes lignes d’hypothèses se dégagent autour de l’attitude que les Frères égyptiens sont en train de camper pour récupérer le fauteuil de leur président élu Mohamed Morsi. La première reposerait sur leur pleine conscience du rapport de force qui prévaut et qu’ils ne devraient pas ignorer. Puisqu’il est évident qu’ils ont en face d’eux l’écrasante majorité du peuple égyptien et tous les moyens de la violence d’État. Cette conscience de leur faiblesse et de leur isolement politique aurait pour preuve le recours aux femmes et aux enfants dans les rassemblements. De ce point de vue, la perspective d’un apaisement négocié du conflit n’est pas de mise. L’issue violente devient plus qu’inévitable. Céder se transformerait donc en reconnaissance, non seulement d’une défaite contre les ennemis de l’Islam, mais de l’impossibilité consommée de la réalisation d’un « État islamique », présenté comme alternative à « l’État laïque » en vigueur. » [5]
Il faut croire qu’ils n’ont pas opté pour la sagesse, qui aurait fait qu’ils se retirent de la rue, au contraire, par leur envahissement ils ont braqué les autres Égyptiens contre eux.
« Les habitants du quartier de Rabaa Al-Adawiya, lit-on dans une contribution du Courrier international, ont déjà exprimé leur colère et leur frustration à se voir occupés par les partisans du président déchu : les dirigeants de la confrérie, en particulier son guide suprême Mohamed Badie et Mohamed Al-Beltagui pourraient choisir de mettre en danger leur organisation et l’Égypte, en les jetant dans une spirale de violence et d’instabilité. Les Frères musulmans n’ont visiblement pas tiré les leçons de leur confrontation avec Nasser dans les années 1950 : (...) La seconde option passerait par une médiation entre l’armée et la direction des Frères musulmans. La colère gronde au sein même de la confrérie, où certains dénoncent la gestion de la crise par le guide suprême : chaque fois qu’ils ont été puissants, ou se sont crus puissants, les Frères ont systématiquement eu recours à la force et à la violence. (...) A cela s’ajoute leur tendance à se considérer perdants dès lors qu’ils n’ont pas tout raflé - ce dont témoignent, par exemple, leurs efforts pour prendre la main sur toutes les commissions parlementaires après leur victoire aux élections de 2012. (...) Enfin, il faut signaler que le projet islamique, dans le Monde arabe, est pour l’heure presque terminé (...) Mais s’ils persistent dans leur volonté d’escalade guerrière pour ramener Morsi au pouvoir, ils risquent de s’affaiblir. Et pour des décennies. » [6]
La déchéance du Monde arabe musulman
Pour expliquer le poids réel du Monde arabe musulman, il faut savoir que dans toutes les statistiques scientifiques, il est invisible.
L’Égypte que l’on dit « le poids lourd » du Monde arabe est un nain technologique. Les islamistes et l’armée s’entre-tuent avec des armes vendues par l’Occident aux belligérants.
D’après le rapport du PNUD sur le développement humain 2005 « Le retard dans le domaine des connaissances et de leur transmission entraîne l’absence de démocratie » : c’est le constat d’un groupe d’intellectuels de la région travaillant pour l’ONU.
Le Monde arabe, avec quelque 280 millions d’habitants qui partagent une langue, une religion et une histoire communes, est un désert du savoir et de la création, selon un rapport d’un groupe d’intellectuels arabes. En raison d’un environnement culturel et politique rétif à la recherche, il publie de moins en moins de livres, lesquels sont de moins en moins lus et de plus en plus censurés. Il existe dans le monde, en moyenne 78,3 ordinateurs pour 1 000 personnes. Ce rapport n’est que de 18 pour 1 000 dans les 22 pays arabes. Et seuls 1,6% de leur population ont accès à Internet. Il y a plus d’internautes en Israël que dans le monde arabe.
De plus, le classement de Shanghai du jeudi 15 août 2013 des universités mondiales, confirme à nouveau la suprématie des universités américaines, qui se taillent la part du lion, avec le tiercé gagnant composé de Harvard, Stanford et Berkeley. Le Massachusetts Institute of Technology (MIT) est quatrième, l’université britannique de Cambridge, cinquième. » [7]
Les universités arabes ne sont visibles qu’après la cinq millième place ! C’est dire si le retard est important ! Est-ce dû à l’islam voire à un gène qui fait que les musulmans sont croyants ? Sommes-nous programmés pour croire ? « Avons-nous un interrupteur « divin » dans la tête ? Un bout de cervelle, une disposition particulière des neurones- Le gène de Dieu ?-qui permettrait de nous identifier comme croyant ou non ? Les neuroscientifiques, notamment aux États-Unis, depuis les années 1980, travaillent en tout cas sur cette hypothèse. D’où le développement d’un champ original de la recherche : la neurothéologie. » [8]
De plus, on dit que les athées seraient plus intelligents que les croyants ? Des scientifiques de l’Université de Rochester, ont établi qu’ils sont en moyenne moins ´´intelligents´´ que les personnes athées ; cette étude se fonde sur les capacités analytiques ou d’abstraction. C’est une étude à faire bondir les croyants de toutes obédiences. » [9]
Démocratie ou califat
En fait, ce n’est pas une question de croyance, les musulmans du fait de leurs dirigeants sans réelle légitimité ne sont pas libres.
« En un mot comme en cent, rappelle Mohamed Bouhmidi, le Monde arabe ne s’appartient pas, et dans cet espace, l’Égypte encore moins. Dans ces conditions, il est difficile de parler de démocratie. Quand l’essentiel des décisions de souveraineté vous échappe, que vaut la souveraineté du peuple, postulat primordial de l’exercice de la démocratie qui traduirait en actes et en réalité cette souveraineté ?(...) » [10]
Pour René Naba, le califat est une utopie dans les conditions actuelles : « Un an de pouvoir a fracassé le rêve longtemps caressé d’un 4e Califat, qui aurait eu pour siège l’Egypte, le berceau des « Frères musulmans », devenue de par l’éviction brutale du premier président membre de la confrérie, la tombe de l’islamisme politique.
« Le Califat est une supercherie lorsque l’on songe à toutes les bases occidentales disséminées dans les monarchies arabes, faisant du Monde arabe la plus importante concentration militaire atlantiste hors des États-Unis. Dans un contexte de soumission à l’ordre hégémonique israélo-américain, le combat contre la présence militaire atlantiste paraît prioritaire à l’instauration d’un califat. Et le califat dans sa version moderne devrait prendre la forme d’une vaste confédération des pays de la Ligue arabe avec en additif l’Iran et la Turquie soit 500 millions de personnes, des réserves énergétiques bon marché, une main-d’œuvre abondante.
En un mot, un seuil critique à l’effet de peser sur les relations internationales. Faute d’un tel projet, en présence des bases de l’Otan, le projet de restauration du califat relève d’une supercherie et d’un trafic de religions. » [11]
« Le devenir de l’Islam, écrit Burhan Ghalioun [12], dépendra des efforts conscients de compréhension, d’assimilation et de maîtrise que les musulmans déploient pour dominer leur temps et leur environnement. Rien n’est certes gagné d’avance, mais rien non plus n’est perdu. Il faut bien l’admettre, il n’est dans l’histoire aucune fatalité. Si le Texte reste actuel, c’est que les sociétés musulmanes n’en ont pas encore épuisé le sens, qu’il est encore capable de les inspirer et est ouvert à l’enrichissement. » Amen !
Chems Eddine CHITOUR

mercredi 21 août 2013

Qui paiera plus pour l'amitié avec l'Egypte? « Ceux qui annoncent une révision en baisse de l’aide à l’Égypte et menacent de le faire, devraient savoir que les pays arabes et musumans sont assez riches et viendront forcément en aide à l’Égypte » a déclaré le chef de la diplomatie du royaume, le prince Saoud al-Feysal.

L’Égypte n'a pas à craindre de sanctions de la part de l’Occident sous forme de suspension d’aide financière et économique, qu'elle soit européenne ou américaine.
L’Arabie Saoudite et les autres monarchies pétrolières du Golfe Persique promettent de couvrir tous les frais. Washington a annoncé une « révision » de ses programmes d’aide à l’Égypte en rapport avec les récents événements dramatiques dans ce pays et le 21 août, l’UE convoque d’urgence une réunion de ses ministres des Affaires étrangères.
L’agence d’information officielle d’Arabie Saoudite SPA a diffusé le soir du 19 août une déclaration spciale du chef de la diplomatie du royaume, le prince Saoud al-Feysal. Ce document annonce notamment ceci : « Ceux qui annoncent une révision en baisse de l’aide à l’Égypte et menacent de le faire, devraient savoir que les pays arabes et musumans sont assez riches et viendront forcément en aide à l’Égypte ». La déclaration faite par Er-Riad a coïncidé avec la réunion urgente des 28 ministres des AE de l’UE fixée au 21 août, qui devra décider de l’attitude de Bruxelles envers le nouveau pouvoir égyptien et de la poursuite de l’assistance économique et militaire au Caire.
L’Arabie Saoudite, le Koweit, les EAU et d’autres pays ont déjà débloqué environ 14 milliards de dollars à titre d’aide à l’Égypte tant et si bien que la crise actuelle lui permettra de se faire de nouveaux amis et sponsors mais cette fois dans son voisinage immédiat, et non pas loin de ses frontières, en Occident. Certains analystes arabes vont même jusqu’à dire que « la nouvell Égypte travaillera à renforcer les relations avec la Chine et la Russie ».
« L’amitié » avec l’Arabie Saoudite est parfaitement prévisible et Er-Riad se tient prêt à devenir le sponsor de l’Égypte, estime l’analyste du Haut collège d’économie Konstantin Trouevtsev. Quant au renforcement des relations avec la Chine et la Russie, il fait attendre que la situation au « pays des pyramides » se stabilise pour parler de réorientation totale de sa politique extérieure. D’autre part, le ressentiment que l’armée égyptienne éprouve à l’égard de l’Occident est parfaitement compréhensible, ajoute Trouevtsev :
« Les militaires égyptiens étaient pendant 30 dernières années entièrement alignés sur l’Occident et le fait que l’Occident condamne mantenant vigoureusement leur politique ne pouvait ne pas provoquer leur réaction négative. »
Certains experts russes sont sûrs que c’est l’argent qui décidera finalement de l’orientation politique de l’Égypte. En fait, son économie est si minée qu’elle s’effondera tout simplement sans l’aide extérieure. Le nouveau pouvoir doit s’affirmer et tenir jusqu’aux élections de l’année prochaine. L’Arabie Saoudite va vraisemblablement lui attriber des crédits supplémentaire mais il serait trop naïf de croire qu’Er-Riad continuera à entretenir 80 millions d’Égyptiens, a dit à La Voix de la Russie l’expert de l’Institut d’analyse et d’évaluations stratégiques Sergueï Demidenko :
« Les militaires et les nouvelles autorités égyptiennes entretiendront les relations avec tous les bailleurs de fonds. L’Artabie Soudaite et les pays du Golfe Persqiue ont misé sur le nouveau pouvoir égyptien. Peut-on espérer dans ce contexte une amélioration des relations entre la Russie et l’Égypte? C’est posible mais on ne devrait pas s’attendre à une percée dans ce domaine. C’est que ni la Russie, ni l’Arabie Saoudite ne peuvent se permettre d’entretenir l’Égypte, ce dont elle a le plus bsoin maintenant. »
Entre-temps, l’armée a arrêté dans la nuit du 19 au 20 août le chef spirituel des Frères musulma Mohamed Badia âgé de 70 ans. Les autorités ont également prorogé de 15 jours la garde à vue du président islamiste déchu Mohamed Morsi qui se trouve sous mandat de dépôt depuis le 3 août. L’interdiction des Frères musulmans sera vraisemblablement fixée par la nouvelle Constitution, estime le journal égyptin influent d’Al-Akhram. Il y aurait une clause interdisant la création des partis politiques sur des fondements religieux.
Source : Cameroonvoice

Les beaux discours d’Obama ne bercent plus personne….. « Si vous n’êtes pas vigilants, les médias arriveront à vous faire détester les gens opprimés et aimer ceux qui les oppriment ».

 
Maîtres dans l’art de travestir les faits, ils se font les chantres d’un ensemble de valeurs malheureusement fort éloignées de la réalité étasunienne. Barack Obama est en quelque sorte le « chef d’orchestre » de ce modus operandi : c’est un président noir, apparemment respectueux des libertés individuelles. Son accession à la Maison blanche, en 2008, a été l’occasion de montrer aux yeux du monde entier que le système démocratique étasunien était décidément merveilleux. Obama peut désormais dire et faire ce qu’il veut : le monde entier ne pourra que boire les paroles du locataire de la Maison blanche.
De l’eau a coulé sous les ponts depuis sa première mandature. Barack Obama se voulait un président du renouveau. Sa politique devait s’inscrire en rupture par rapport à celle de son prédécesseur Georges Bush, champion en matière de politique antiterroriste. Tout devait changer. Voyons…
Barack Obama a tenu le 9 août une conférence de presse au cours de laquelle il a abordé la réforme du Patriot act et de son article 215, qui autorise les agents du bureau fédéral d’investigations (FBI) à saisir, sans motif ou preuves valables, des archives contenant des renseignements personnels dans les hôpitaux, les banques, les universités et même les entreprises, ce qui inclut de facto des opérations de profilage à partir de certains critères tels la religion, l’appartenance ethnique ou les sites Internet qu’une personne visite. Le président étasunien a dit sa volonté de « travailler avec le Congrès pour mettre en place des réformes appropriées », promettant « davantage de supervision, davantage de transparence et de garde-fous ». Il a également insisté sur le fait que « l’Amérique n’a aucun intérêt à espionner les gens ordinaires », démentant tout abus dans les programmes de surveillance de la NSA. Inutile de dire qu’Edward Snowden a démontré le contraire en montrant au monde entier comment les États-Unis s’étaient permis d’écouter les communications téléphoniques de millions de citoyens… et pas seulement étasuniens.
Le locataire de la Maison blanche a bien évidemment évoqué l’ancien employé de la CIA et de la NSA qui affirmait, dans un entretien diffusé sur le site du Guardian, que son « seul but est d’informer le public sur ce qui a été fait en son nom et ce qui est fait contre lui ». Barack Obama a concédé que ses déclarations avaient clairement accéléré le processus de refonte du Patriot act, tout en approuvant les trois chefs d’accusation (espionnage, vol et utilisation illégale de biens gouvernementaux) pour lesquels Snowden était inculpé.
On fera naturellement le parallèle avec Bradley Manning, ce soldat étasunien accusé d’avoir transmis des documents militaires classés secret défense dont les révélations avaient fortement participé au retrait des forces américaines en Irak. Mais Obama, conscient de son rôle de leader d’opinion à travers le monde, est allé encore plus loin en critiquant violemment la Russie, coupable à ses yeux de vouloir traiter d’égale à égale avec la Maison blanche. Une outrecuidance qu’il ne peut tolérer.
D’une manière pathétique, Obama a voulu tirer les oreilles de Poutine, regrettant secrètement son prédécesseur Medvedev et sa propension à répondre aux diktats de l’Empire. Il a notamment accusé le président de la fédération de Russie d’attiser la rhétorique anti-américaine. La relation entre les deux pays est marquée aussi par des intérêts conflictuels sur certaines questions clés comme le bouclier anti-missiles et la Syrie. Concernant ce conflit, sont naturellement mise en causes par le Kremlin les livraisons d’armes aux rebelles syriens pour déstabiliser le gouvernement souverain d’Assad, accusé par les États-Unis d’être pro-russe et pro-iranien.
Il va de soi que tous ceux qui ne s’inscrivent pas dans la droite ligne de la Maison blanche sont des adversaires acharnés des droits de l’homme. Des droits qu’Obama met en avant quand il s’agit de dénoncer les pressions faites sur les homosexuels en Russie… alors qu’il y a aujourd’hui aux États-Unis plus de Noirs en prison qu’il n’y avait d’esclaves en 1850. La référence récurrente à Al-Qaïda pour justifier la lutte contre le terrorisme apparaît dans ce contexte, ridicule. Combattue ici ou là, la mouvance islamiste a été soutenue hier en Libye et aujourd’hui en Syrie. Vous comprendrez aisément pourquoi on n’arrivera décidément pas à nous faire aimer cette Amérique-là. Nous sommes avec Manning et avec Snowden, pas avec ceux qui parlent de droits civils et font des affaires avec l’Arabie saoudite. 
Capitaine Martin.

Pour une humanité à visage humain…..L’Humanité n’a plus besoin de ces maîtres qui s’imposent aux peuples pour se les asservir, mais de ces maîtres qui s’unissent aux peuples pour les servir.

L’Humanité n’a plus besoin de ces maîtres qui s’imposent aux peuples pour se les asservir, mais de ces maîtres qui s’unissent aux peuples pour les servir.
L’image que projette l’humanité, celle des guerres, des famines, des crises économiques, n’a pas de quoi la révéler dans ce qu’elle a de plus humain. Elle est plutôt un champ de bataille où se commettent les crimes les plus atroces et son destin est plus près de l’abîme que de la plénitude d’humanité dont elle porte pourtant le germe.
Que l’on soit croyant ou pas, l’HUMANITÉ ne porte-t-elle pas dans sa propre nature une réalité et des valeurs qui rejoignent toutes les personnes de bonne volonté de la planète terre ? Serait-elle donc condamnée par un mystérieux destin à n’être que la contradiction d’elle-même ?
Pourtant, depuis la nuit des temps où elle s’est mise en marche vers un destin non encore atteint, elle a fait des pas de géants pour franchir, étape après étape les résistances de la matière, de l’ignorance, de l’esclavitude, de l’individualisme, des pouvoirs de domination et de conquêtes. Des peuples ont conquis leur indépendance, les droits des personnes ont été reconnus dans des chartes internationales, etc.
Cette HUMANITÉ, à laquelle nous appartenons tous et toutes, est une semence dont les principales caractéristiques se révèlent au fur et à mesure qu’elle se développe dans le temps. Celles qui s’imposent à ce moment précis des temps que nous vivons ce sont, cette fois-ci dans leur dimension universelle et planétaire, la justice, la vérité, la solidarité, la compassion, la dignité, le respect des personnes et des peuples. Nous n’en sommes plus au village qui se prend pour le monde pas plus qu’à l’individu qui se prend pour l’humanité. Nous passons du « tout pour moi » au « tout pour l’humanité ». Nous passons, comme dirait le grand philosophe Gabriel Marcel, du moi au nous.
Le monde que nous connaissons n’est plus une entité uniforme, mais une réalité multiforme et multipolaire, se présentant comme un prisme aux mille couleurs et se révélant sous diverses facettes. Chaque fois où ces valeurs prennent forme et consistance, l’HUMANITÉ se révèle plus lumineuse, plus belle, plus diversifiée et plus authentique. Nous en sommes à ce passage. Un passage où tout n’est pas évident. De nouveaux paradigmes de la gouvernance mondiale s’imposent. À nous de les identifier, d’en prendre pleinement conscience et d’en faire les références d’un monde nouveau à naître.
LES RÉSISTANCES À LA CROISSANCE DE L’HUMANITÉ
Autant la matière brute fut une résistance aux premiers pas de la vie de cette HUMANITÉ, autant les pouvoirs dominants de nos sociétés, guidés par les ambitions de conquête et d’asservissement, emportés par la cupidité sans limites de ses artisans, la consommation chloroformante des esprits, sont devenus les résistances qu’elle doit vaincre pour poursuivre sa route par en avant.
Ce combat s’avère d’autant plus ardu que ces forces de résistance sont parvenues, jusqu’à un certain point, à transformer leurs mensonges en vérité et la vérité en mensonge, leur cupidité en générosité et la générosité en cupidité, leurs guerres, en guerres humanitaires et les guerres humanitaires, en terrorisme. On parle de certaines choses tout en passant sous silence d’autres pour mieux tromper. Une toile, tissée habilement et finement, présente ce mirage comme l’authentique et véritable humanité.
Les dernières techniques de communication et les médias les plus puissants sont, évidemment, au service de cette grande tromperie. La majorité des esprits n’ont plus le temps de s’arrêter pour regarder ce qui se passe réellement, envoûtés qu’ils sont par leur quotidien. Ils s’en remettent à ce que leur racontent les journaux et leur journal télévisé qu’ils reçoivent comme paroles d’Évangile. Les dirigeants des pays développés auxquels plusieurs d’entre nous appartenons nous vendent l’idée que nous sommes les bâtisseurs d’une humanité nouvelle aux mille vertus.
Le fameux discours de G.W. Bush, alors président des États-Unis, définissant ce qui est bon et ce qui est mal, les bons étant les États-Unis d’Amérique et tous leurs alliés, les méchants étant tous ceux qui ne se rallient pas à leurs projets de domination et d’empire, marque un tournant dans l’histoire des relations des peuples et des nations.
Les Nations Unies ainsi que toutes ses chartes sur les droits des personnes et des États passent au second rang, l’arbitre n’étant plus la communauté internationale, mais plutôt les principaux artisans des pouvoirs de l’État étasunien. Même l’Église catholique, à travers sa papauté et sa hiérarchie, s’est faite complaisante avec cette façon de définir le bien et le mal.
Le pape Jean-Paul II n’a-t-il pas reçu la médaille de la liberté des mains de ce G.W. Bush, cet envahisseur d’Irak et Benoit XVI ne s’est-il pas prêté à une célébration grandiose de son anniversaire de naissance dans les jardins de la Maison Blanche en compagnie de plus de 10 000 invités, la plupart engagés dans les guerres criminelles contre « ces terroristes », à savoir ceux qui ne s’allient pas à leur volonté de puissance et de domination ? Sur ce point, je vous réfère à un article qui fait état de cette grande alliance entre l’Église et l’Empire.
Les guerres en Libye et en Syrie, les coups d’État au Honduras et au Paraguay ainsi que les multiples tentatives de renversement de gouvernements en Bolivie, au Venezuela, en Équateur ont tous un objectif commun, celui de contrer l’émergence d’un autre monde et de reconquérir les richesses et les pouvoirs de l’État.
Lorsque les « indignés » ont pris la rue en Europe et aux États-Unis, ils ont voulu dire, assez c’est assez. Le scandale du 1% de l’humanité, disposant à volonté des 99%, a assez duré.
LES FORCES MONTANTES DE L’HUMANITÉ
Derrière cette image officielle que nous donnent les principaux médias de l’empire et de leurs alliés politiques et religieux, il y a une humanité qui avance, fragilisant toujours plus ce montage médiatique et démasquant avec toujours plus d’acuité l’hypocrisie et le mensonge qui en constituent les fondements.
Julian Assange, fondateur de WikiLeaks, qui a brisé la glace du secret en dévoilant des milliers de documents mettant en cause le gouvernement des États-Unis, Bradley Manning, ce jeune soldat (26 ans) qui a dénoncé les crimes commis par l’armée et les services secrets de son pays, Edward Snowden, cet autre jeune (29 ans) qui vient de révéler tous les dessous de l’espionnage criminel des États-Unis dans le monde sont, tous les trois, de véritables chefs de file dans cette lutte contre le secret couvrant des crimes et des criminels. Leurs interventions lèvent le voile derrière lequel se cachent les véritables visages de ceux et de celles qui se font passés pour des grands serviteurs d’humanité, alors qu’ils n’en sont que des fossoyeurs.
Au-delà de ces évènements tout récents, il y a eu et a toujours de plus en plus de leaders et de peuples qui prennent conscience de cette grande manipulation et qui l’affrontent avec courage, dignité et une détermination indéfectible au service de la vérité, de la justice et de la solidarité.
La deuxième moitié du siècle dernier nous fournit de nombreux exemples de ces prises de conscience de la grande tromperie. Que ce soit en Afrique ou en Amérique latine ces pourfendeurs des pouvoirs dominants et de leurs tricheries ont, pour un grand nombre, témoigné de leurs convictions jusqu’au sacrifice de leur propre vie. Qu’on pense aux centaines de milliers de victimes des coups d’État militaire que ce soit au Guatemala, au Brésil, au Chili, en Bolivie, en Uruguay,en Argentine, sans oublier toutes ces victimes du Plan Condor.
En juillet dernier, le peuple cubain célébrait le 60e anniversaire de l’attaque à la caserne militaire « La Moncada ». Un groupe de jeunes, encore dans la vingtaine, scandalisés par la dictature de Batista, par les injustices sociales, par la domination des multinationales, par le maintien d’un régime d’esclavitude, se sont attaqués, un 26 juillet 1953, à la caserne militaire La Moncada, symbole de ce pouvoir. Certains y laissèrent leur vie, plusieurs autres furent blessés ou fait prisonnier. Fidel parviendra à s’enfuir à la montagne, mais il sera vite dénoncé et fait prisonnier. Le jeune Fidel Castro, 26 ans et avocat de formation, assumera lui-même sa propre défense. Cette défense est devenue une référence fondamentale pour tout ce qui va suivre en Amérique latine et dans de nombreux pays du Tiers-monde, « L’Histoire m’absoudra ». Il a d’ailleurs terminé sa plaidoirie par ces mots :
"Je terminerai ma plaidoirie d’une manière peu commune à certains magistrats en ne demandant pas la clémence de ce tribunal. Comment pourrais-je le faire alors que mes compagnons subissent en ce moment une ignominieuse captivité sur l’île des Pins ? Je vous demande simplement la permission d’aller les rejoindre, puisqu’il est normal que des hommes de valeur soient emprisonnés ou assassinés dans une République dirigée par un voleur et un criminel. Condamnez-moi, cela n’a aucune importance. L’histoire m’absoudra."
Le 1er janvier 1959, Batista est renversé et les jeunes révolutionnaires, soutenus par la grande majorité du peuple feront une entrée triomphale à la Havane. Depuis plus de 53 ans, ce petit pays des Antilles est soumis à un des pires blocus économiques de son puissant voisin du nord. En dépit de toutes ces difficultés, la Cuba révolutionnaire a survécu, devenant la référence continentale pour ses médecins et ses services de santé, offrant gratuitement l’éducation à tous ses citoyens et citoyennes et déployant une solidarité internationale qui fit dire à l’ex-président de l’Assemblée générale des Nations Unies, Miguel Descoto, que Fidel était l’homme le plus solidaire de notre temps.
Les forces dominantes ne l’entendent pas ainsi, mais Fidel, cible de plus de 635 tentatives d’assassinat, est toujours là pour écouter et conseiller les nombreux présidents et dignitaires de l’Amérique latine et des Caraïbes, de même que ceux venant de partout à travers le monde.
Depuis lors, le germe d’une pensée nouvelle pour un autre monde, une autre humanité, a pris racine et s’est développé. Les pays émergents de l’Amérique latine ainsi que les diverses organisations d’intégration régionale en font de plus en plus la démonstration. Ils confondent l’empire et ses oligarchies en réalisant par des voies entièrement démocratiques les changements profonds qui redonnent à leurs peuples le véritable pouvoir de leur destin.
Voici ce qu’avait à dire Pepe Mujica, président d’Uruguay, ancien révolutionnaire Tupamaros, 14 ans de prison dans des conditions où le respect de la personne n’avait pas sa place, en ce 60e anniversaire de l’attaque de la caserne de la Moncada.
« Les changements sociaux ne sont pas au coin de la rue. Les changements sociaux ne disposent pas de laboratoires où on peut expérimenter à froid. Les changements sociaux sont le résultat de l’expérimentation directe de la lutte avec les peuples.
« La révolution cubaine a été une révolution d’auto-estime pour les Latino-Américains. Les changements matériels sont plus faciles que les changements culturels qui sont en définitive le ciment de l’histoire.
Quant à Nicolas Maduro, président du Venezuela, ancien chauffeur d’autobus et de Métro il a eu ces paroles à l’endroit du peuple cubain :
« Merci au peuple cubain si l’Amérique latine est aujourd’hui ce qu’elle est. Cuba est responsable de la création d’institutions comme l’ALBA (Alliance bolivarienne pour les peuples de notre Amérique), la CELAC (Communauté d’États latino-américains et Caribéens), de qui nous avons l’espérance de ce que nous sommes aujourd’hui. Il a fallu attendre 60 ans de lutte. Grâce à Cuba, grâce à Fidel, grâce à Bolivar. »
Nos médias et nos gouvernants ont tellement diabolisé Cuba et ses dirigeants que nous avons peine à comprendre que des dirigeants de pays démocratiques, des intellectuels de réputation internationale, des prix Nobel de la paix, puissent avoir un tel respect et une telle admiration pour ces derniers.
N’empêche que l’Humanité de l’avenir, celle dans laquelle tous les humains pourront s’y reconnaître, doit passer par cette voie de la solidarité, de la démocratie participative, du respect des différences à travers l’intégration qui soudent les peuples et les personnes les unes aux autres. La justice doit devenir une référence constante et la vérité doit s’imposer par sa transparence.
L’Humanité n’a plus besoin de ces maîtres qui s’imposent aux peuples pour se les asservir, mais de ces maîtres qui s’unissent aux peuples pour les servir.
CONCLUSION
Un vent d’optimisme se filtre un passage à travers la morosité des temps que nous traversons. Les pays émergents de l’Amérique latine avancent avec leurs peuples, fondements de leur capacité de vaincre ces forces occultes qui les ont pendant de si nombreuses années manipulés et asservis.
Le premier geste de ces nouveaux gouvernements est de doter leurs peuples d’une nouvelle constitution qui soit à leur image. Les anciennes constitutions, élaborées par les oligarchies, répondaient prioritairement aux intérêts de ces derniers. Ce fut, entre autres, le cas pour le Venezuela, la Bolivie et l’Équateur. Dans les trois cas, les nouvelles constitutions ont été reconnues et acceptées à travers un référendum populaire.
Il y a aussi, avec l’arrivée du pape François, une ère nouvelle qui s’annonce pour l’Église, alliée traditionnelle des forces de l’Empire. Beaucoup d’ingrédients indiquent que cette alliance tire à sa fin.
De fait, l’option pour les pauvres et avec les pauvres qu’il prêche ne pourra fraterniser longtemps avec les forces qui sont à la source d’une grande partie de cette pauvreté. L’appel à la charité dont elle se fait la promotrice pour résoudre les problèmes de pauvreté ne pourra résister longtemps à la nécessité de s’attaquer au système qui en est le germe et la principale cause.
La charité qui fait appel à la générosité et à la bonté doit se conjuguer avec la justice qui fait appel aux droits des personnes et des peuples. Les jours et les mois qui viennent seront déterminants pour voir plus clairement la direction vers laquelle se dirige le pape François.
Pour l’Amérique latine, un changement de cap de l’église institutionnelle aurait un impact déterminant sur les forces oligarchiques et impériales du Continent.
Parfois il m’arrive de penser que j’aurai vu naître le Nouveau Monde, l’homme nouveau, l’humanité dans ses derniers pas vers son plein achèvement. Le livre de l’Apocalypse a sa manière bien à lui de nous raconter cet avènement.
Puis je vis un ciel nouveau, une terre nouvelle - car le premier ciel et la première terre ont disparu, et de mer, il n’y en a plus. Je vis la Cité sainte, Jérusalem nouvelle, qui descendait du ciel, de chez Dieu ; elle s’est faite belle, comme une jeune mariée parée pour son époux. J’entendis alors une voix clamer, du trône : « Voici la demeure de Dieu avec les hommes. Il aura sa demeure avec eux ; ils seront son peuple, et lui, Dieu-avec-eux, sera leur Dieu. Il essuiera toute larme de leurs yeux : de mort, il n’y en aura plus ; de pleur, de cri et de peine, il n’y en aura plus, car l’ancien monde s’en est allé. » Alors, Celui qui siège sur le trône déclara : « Voici, je fais l’univers nouveau. » Puis il ajouta : « Écris : Ces paroles sont certaines et vraies. » (Apoc. 21, 1-5)
Oscar Fortin


lundi 19 août 2013

MOYEN ORIENT : Une logique de Guerre froide


L'internationalisation de la crise syrienne replonge le Moyen-Orient dans la logique de la guerre froide, qui, pendant plusieurs décennies, a permis à la Syrie de jouer les équilibres dans la cours des grands. Damas renoue avec la politique des alliances et tente de tirer les dividendes d'une crise qui menace d'embraser militairement la région, d'Israël à l'Afghanistan, en passant par le Liban, la Syrie, l'Irak, l'Iran et les pétromonarchies du Golfe. Le risque de conflagration a jusqu’à présent dissuadé l'Otan, la Turquie et Israël d'intervenir militairement contre l'axe Damas-Téhéran allié au Hezbollah et au Hamas. La Russie et la Chine ont pour leur part, réussi à neutraliser les démarches occidentales visant la Syrie et l'Iran au Conseil de sécurité. Le régime syrien semble loin d'être isolé. Bien au contraire, le retrait américain de l'Irak, perçu comme une défaite à Washington, risque de renforcer le front anti-américain, dans la région. Face à cette perspective alarmante, les pays occidentaux et leurs alliés arabes espèrent renverser le régime syrien, perçu comme le «maillon faible» de cette coalition hostile. C'est ce qu'affirme le néoconservateur américain Elliott Abrams. «La fin du régime d'Assad représentera un grand gain pour les Etats-Unis», affirme-t-il dans la publication du Council on Foreign Relations d'octobre.
C'est dans cette optique que les pays arabes dirigés par le Qatar se lancent dans une course contre la montre en imposant des délais, des exigences et des sanctions, qu'aucune partie ne semble vouloir respecter, à commencer par la Ligue elle-même et l'opposition syrienne radicale, liée à l’Occident.
L'initiative arabe, qui prévoyait l'arrêt des violences et l'ouverture d'un dialogue entre le régime et l'opposition, est restée sans lendemain. L'armée syrienne multiplie les succès contre les enclaves rebelles, alimentées par un flot d'armes et d'argent en provenance des pays voisins. Le Conseil national syrien (CNS), par la voie de Borhane Ghalioun et ses alliés islamistes, ont rejeté le dialogue proposé par la Ligue, contrairement au pouvoir syrien. Plusieurs membres du Comité national pour le changement démocratique (CNCD, opposition de l’intérieur) ont, en revanche, accepté de dialoguer. En visite au siège de la Ligue arabe au Caire, une délégation syrienne regroupant des membres du CNCD et des opposants respectés dont Michel Kilo, Haitham Manaa et Fayez Sara a été violemment agressée par des partisans du CNS, qui appellent l'armée turque à envahir le nord de la Syrie afin de démocratiser le pays. C'est dans cet esprit que les partisans des Frères musulmans syriens ont agressé, le 20 novembre, une délégation d'acteurs et comédiens arabes en visite au Caire pour protester contre la suspension de la Syrie à la Ligue arabe.
Le secrétaire général des Frères musulmans syrien Riad Chakfi a appelé le 18 novembre l'armée turque à envahir le nord de la Syrie pour y établir une zone tampon, se basant sur l'identité sunnite de la Turquie, à laquelle s'identifie la confrérie.
Exorciser les illusions
L'Iran apparait comme le grand vainqueur en Irak et se prépare à combler le vide laissé par les Américains. L'axe Damas-Téhéran, lié par des intérêts convergents avec la Russie et la Chine, fait front commun pour briser le monopole militaire et pétrolier américain dans le Golfe et dans la mer Caspienne, autour duquel Washington a établi des bases militaires. S'ajoute également aux yeux de la Russie, la menace turque, qui, depuis l'effondrement du bloc de l'Est en 1991, étend son influence politico-économique dans le Caucase russe, dans les Etats turcophones et islamiques de l'ex-Union Soviétique, en Asie centrale, ainsi qu'au Moyen-Orient et en Afrique du nord, sur les traces de l'empire ottomans, comme le rappelle Erdogan. Cette perspective inquiète également la Chine, qui fait face à un mouvement islamiste sécessionniste à l'est. Depuis le début de la crise en Syrie, Damas et Moscou sont ouvertement opposés au gouvernement islamiste de Recep Tayyep Erdogan, qui espère reproduire son modèle de gouvernement islamique pro-occidental à Damas.
Dans son édition du 18 novembre, le journal gouvernemental turc Sabah révèle des plans militaires turcs pour l'établissement d'une zone d'exclusion aérienne au nord de la Syrie, puis d'une zone tampon d'une profondeur de 5 km, allant jusqu'à la ville d'Alep à l'ouest, pour favoriser le déclenchement d'une guerre civile contre le pouvoir damascène.
La Syrie a immédiatement répliqué et lancé une opération militaire pour «exorciser les illusions», en établissant une zone militaire d'une profondeur de 20 km le long de la frontière turque. Damas joue également la carte kurde, susceptible de remettre en cause l'intégrité territoriale de la Turquie en cas de guerre.
A cela, s'ajoutent les déclarations des dirigeants iraniens, qui menacent d'allumer tous les fronts en cas d'attaque contre ses installations nucléaires et contre la Syrie. Téhéran et Moscou ont haussé le ton en expédiant des navires de guerre russes et iraniens aux larges des côtes syriennes, au moment où le président Assad se déclarait prêt à combattre.
Face à ce tableau tendu, les pays occidentaux et leurs alliés musulmans ne disposent d'aucun moyen pour renverser le pouvoir, à l'exception des sanctions politiques et économiques qui semblent loin de menacer la pérennité du régime.
Et même si la Ligue arabe maintien ses pressions sur le régime et transmettre le dossier syrien au Conseil de sécurité, on retournera dans la case de départ avec un double veto russo-chinois. 
Ligne de fracture au Liban
La situation en Syrie est devenue la ligne de fracture entre les deux camps rivaux au Liban, et quoi qu’ils en disent, tous deux attendent avec impatience l’issue du bras de fer qui se joue dans ce pays pour définir leur nouveau plan de campagne.
Selon des sources de la majorité parlementaire libanaise, la nouvelle échéance pour la Syrie est le début de l’année 2012. Le régime aura passé le cap le plus dur et les pressions internationales devraient alors baisser en intensité pour de multiples raisons. La plus importante consiste dans l’achèvement du retrait américain d’Irak, un départ qui ressemble de plus en plus à une défaite stratégique et qui permettra à l’Iran de se retrouver à la frontière de la Syrie via l’Irak, où la République islamique ne cesse d’augmenter son influence. D’autres raisons sont liées à l’entrée des États-Unis dans une période préélectorale qui les empêche de prendre des décisions importantes à l’étranger. A partir du premier trimestre 2012, le monde devrait avoir d’autres priorités que la Syrie, notamment avec la crise économique grandissante dans la zone euro et dans le reste du monde.
Au cours des prochaines semaines, le régime syrien va donc subir le maximum de pressions. Mais de l’avis de nombreux observateurs, il y a très peu de risques que ce régime saute pour les raisons suivantes: le double veto russe et chinois le protège d’une résolution au Conseil de sécurité adoptant de nouvelles sanctions contre lui ou autorisant une action militaire, et l’équation établie par le secrétaire général du Hezbollah dans son dernier discours, qui annonce une guerre régionale en cas d’attaque contre la Syrie, le protège d’une action militaire de la Turquie.
Source : Tendances de l’Orient

dimanche 18 août 2013

Défenseur de la cause algérienne, Me Jacques Vergès est décédé à Paris....Adieu Mansour !

Adieu Mansour !
« Entre les Algériens et moi, ce fut le coup de foudre. » Et quel coup de foudre ! Ces propos de l’avocat algéro-français Jacques Vergès retentiront à tout jamais pour sceller la rencontre d’un peuple avec un humaniste, un homme épris de justice sociale et militant anticolonialiste jusqu’à la moelle.
Cette rencontre en avril 1957 marquera à tout jamais l’homme, mais aussi le personnage. En débarquant à Alger, en pleine guerre de libération contre le joug colonial français, ce jeune avocat de 32 ans, qui n’a que 18 mois d’expérience au barreau de Paris, cependant fort d’un engagement au sein de la résistance gaulliste contre le régime de Vichy et d’un passage au Parti communiste français depuis 1945, va révolutionner le métier.
Avec sa stratégie de « défense de rupture », Jacques Vergès va rendre chaque procès auquel il participe en une tribune pour plaider la cause algérienne. Il pousse jusqu’au bout les contradictions des plaidoiries des tenants du colonialisme au point de démontrer l’absurdité de leur cause et la justesse de la lutte pour l’indépendance de l’Algérie. Ainsi, l’accusé se fait accusateur, considère que le juge n’a pas de compétence ou que le tribunal n’a pas de légitimité avant de prendre l’opinion à témoin. Me Vergès défendra d’ailleurs une grande moudjahida accusée d’avoir commis un « attentat terroriste » au Milk Bar, Djamila Bouhired. Même si cette Moudjahida écopera de la peine capitale, avant d’être graciée par la suite, le procès de Bouhired deviendra celui du système colonial français grâce à la stratégie de Vergès.
Engagé définitivement aux côtés des Algériens, Jacques Vergès, « Mansour » de son nom de militant, épousera sa cliente avec qui il aura deux enfants, Meriem et Liess Vergès. Son affection pour Bouhired se traduira également par un livre Pour Djamila Bouhired, qu’il publiera aux éditions de Minuit en 1957. Ce double engagement, politique et affectif, n’est pas étranger au personnage.
Son origine le prédisposer à épouser les causes justes. En effet, fils de Raymond Vergès, consul de France au Siam (actuelle Thaïlande) et d’une institutrice vietnamienne, Jacques naîtra dans cette région de l’Extrême-Orient, en 1925. Sa physionomie atypique, métissée, lui donnait une dimension surréaliste. Son sens de la mise en scène, son goût de l’excentricité rajoutaient à l’aura d’un personnage naturellement charismatique. Aux lunettes rondes teintées, s’ajoutait le cigare cubain. Et avec la robe d’avocat, le décor est planté. L’homme est dans son milieu naturel. Ne manquent que les causes à plaider.
Et ce ne sont justement pas les affaires qui manquent. Le firmament de la carrière de Jacques Vergès coïncidera avec des dates clés des relations internationales. L’épisode algérien de « l’avocat du diable » sera crucial. Directeur de cabinet du ministre des Affaires étrangères à Alger, Vergès va fonder le magazine tiers-mondiste Révolution Africaine. Ses penchants maoïstes lui vaudront une disgrâce de deux ans dans l’Algérie de Ben Bella. Une Algérie qu’il retrouvera en 1965 pour exercer au barreau d’Alger jusqu’en 1970.
Cette date est importante dans la vie et la carrière du personnage. De 1970 à 1978, Vergès quitte Alger pour Paris, pour disparaître, en réalité, dans la nature pendant huit ans, abandonnant famille et amis, y compris son métier. Ce secret, Mansour l’emportera avec lui, refusant de donner des indications de cet épisode digne des films d’espionnage. Etait-il chez son ami Pol-Pot, chef et gourou des Khmers rouges au Cambodge ? Du côté de l’Union soviétique ou en mission commandée pour les services de la Chine maoïste au Vietnam ?
Cultivant l’art du mystère, le « Salaud lumineux » dira avec une pointe d’ironie qu’il avait passé des « vacances très à l’Est de la France », « avec des amis qui sont encore vivants, dont certains ont des responsabilités importantes ». « Les évènements, ajoutera-t-il, que nous avons vécus ensemble sont connus. C’est notre rôle qui ne l’est pas ; non pas réellement le mien, qui fut modeste, mais le leur. Il ne m’appartient pas d’en parler ». Provocateur, mystérieux, le ténor du barreau parisien rajoutera une couche : « Je suis passé de l’autre côté du miroir, c’est ma part d’ombre », avant d’asséner : « Je n’ai jamais suivi une psychanalyse. Quel intérêt de mettre la lumière sur les zones d’ombre d’un homme ? Elles font sa force. » Tout est dit.
L’homme qui aurait voulu défendre Hitler allait faire retentir sa voix dans les palais de justice du monde entier. Les militants palestiniens et libanais, Georges Abdallah et Anis Naccache, la bande à Baader, groupe terroriste allemand, Carlos, le terroriste internationaliste de légende, le criminel de guerre français Claus Barbie, plusieurs chefs d’Etat africains, tels que Denis Sassou Nguessou, Omar Bango et Idriss Deby, des chefs d’Etat renversés par les Occidentaux, l’Irakien Saddam Hussein et l’Ivoirien Laurent Gbagbo, le Serbe Slobodan Milosevic, le cambodgien Pol Pot, toute cette brochette de « parias » du gotha international avait fait appel aux services de celui qui allait être surnommé l’« avocat de la terreur ».
Mais ces procès sensationnels n’allaient pas détacher Me Vergès de la défense des « damnés de la terre » en France. Il plaidera en 1994 l’innocence du jardinier marocain Omar Raddad accusé d’avoir assassiné sa vieille employeuse. En 2007, il défendra la famille du petit Ivan, enfant de douze ans grièvement blessé lors d’une tentative d’interpellation de ses parents sans papier à Amiens.
Iconoclaste et provocateur, l’avocat maniait avec brio l’art des apparitions médiatiques. De ses joutes oratoires dans les palais de justice, ce personnage de roman s’est même essayé à jouer son propre rôle au théâtre. Le « serial plaideur » a permis à Me Vergès d’expliquer, de démystifier son action, ses méthodes à un public français de plus en plus détaché des causes justes qui ont fait la réputation de l’homme et la fortune professionnelle du personnage.
Non content de mettre en scène ses plaidoiries et même sa pièce théâtrale, Jacques Vergès a poussé sa stratégie de rupture avec la normalité jusqu’à choisir le lieu de son trépas. La sentence est tombée le 15 août 2013, au premier étage d’un immeuble construit au début du XVIIe siècle, dans la chambre même où est mort, en 1778, le philosophe humaniste Voltaire. Du haut de ses 88 ans, la plaidoirie de Vergès était, comme d’habitude, tout simplement magistrale !

samedi 17 août 2013

Qui sont les ennemis du peuple ?


Le peuple aime la liberté, le peuple aime la démocratie. Par conséquent, le peuple s’attaquera à tous les ennemis de la liberté et de la démocratie.
Mais qui sont les ennemis du peuple ? Les ennemis du peuple sont à l’intérieur comme à l’extérieur. Ils tremblent actuellement, mais il faut que vous les démasquiez. Il faut que vous les combattiez jusque dans leurs trous. Les ennemis du peuple à l’intérieur, ce sont tous ceux qui se sont enrichis de manière illicite, profitant de leur situation sociale, profitant de leur situation bureaucratique. Ainsi donc, par des manoeuvres, par la magouille, par des faux documents, ils se retrouvent actionnaires dans les sociétés, ils se retrouvent en train de financer n’importe quelle entreprise.
Qui sont les ennemis du peuple ? Les ennemis du peuple, c’est encore cette fraction de labourgeoisie qui s’enrichit malhonnêtement par la fraude, par la corruption, par le pourrissement des agents de l’Etat, pour arriver à introduire dans notre pays toutes sortes de produits dont les prix sont multipliés par dix.
Qui sont les ennemis du peuple ? Les ennemis du peuple, ce sont encore les hommes politiques qui ne parcourent la campagne que lorsqu’il y a des élections. Ce sont encore ces hommes politiques qui sont convaincus qu’eux seuls, peuvent faire marcher notre pays. Or nous sommes convaincus que la population dans sa totalité représente l’ensemble des pouvoirs politiques capables de conduire ce pays.
Les ennemis du peuple sont également hors de nos frontières. C’est le néo-colonialisme, c’est l‘impérialisme.
Dans leur essence , la société néocoloniale et la société coloniale diffèrent en rien. Ainsi à l’administration coloniale on a vu se subtituer une administration néo-coloniale identique sous tous les rapports à la première. A l’armée coloniale se substitue une armée néocoloniale avec les mêmes attributs, avec les mêmes fonctions et le même rôle de gardien des intérêts de l’impérialisme et de ceux de ses alliés nationaux. A l’école coloniale se substitue une école néo-coloniale qui poursuit les mêmes buts d’aliénation des enfants de notre pays et de reproduction d’une société essentiellement au service des intérêts impérialistes, accessoirement au service des valets et alliés locaux de l’impérialisme.
Des gens de chez nous entreprirent, avec l’appui et la bénédiction de l’impérialisme, d’organiser le pillage systématique de notre pays. Des miettes de ce pillage qui leur retombent, ils se transforment petit à petit en une bourgeoisie véritablement parasitaire, ne sachant plus retenir leurs appétits voraces. Mus par leurs seuls intérêts égoistes, ils ne reculeront désormais plus devant les moyens les plus malhonnêtes, développant à grande échelle la corruption, ledétournement des deniers et de la chose publics, les trafics d’influence et laspéculation immobilière, pratiquant le favoritisme et le népotisme.
Ainsi s’expliquent toutes les richesses matérielles et financières qu’ils ont pu accumuler sur le dos du peuple travailleur. Et non contents de vivre sur les rentes fabuleuses qu’ils tirent de l’exploitation éhontée de leurs biens mal acquis, ils jouent des pieds et des mains pour s’accaparer des responsabilités politiques qui leur permettront d’utiliser l’appareil étatique au profit de leur exploitation et de leur gabegie.
Tout cela se déroule sous les yeux du peuple laborieux, courageux et honnête, mais qui croupit dans la misère la plus crasse.
La majorité des salariés, malgré le fait qu’ils sont assurés d’un revenu régulier subissent contraintes et pièges de la société de consommation du capitalisme. Tout leur salaire se voit consommé avant même qu’il n’ait été touché. Et le cercle vicieux se poursuit sans fin, sans aucune pespective de rupture…
L’impérialisme est partout. Et à travers sa culture qu’il répand, à travers ses fausses informations, il nous amène à penser comme lui, il nous amène à nous soumettre à lui, à le suivre dans toutes ses manoeuvres. De grâce, il faut que nous barrions la route à cet impérialisme. »
Thomas Sankara (Extraits des discours du 26 mars et du 2 octobre 1983)