samedi 4 août 2012

SYRIE : Les Palestiniens de Syrie dans la tourmente - « Les flammes s’approchent rapidement de Yarmouk car on essaie d’entraîner les Palestiniens dans le feu »,

..Il n’y a rien de pire que d’être un réfugié en fuite, sauf d’être un réfugié en fuite maintes et maintes fois, avec un statut légal d’apatridité perpétuelle, et sans pays où trouver un abri. Quant aux médias arabes, il faut qu’ils sachent que leur insistance à vouloir représenter les Palestiniens comme des complices dans le carnage en Syrie, équivaut à les préparer à un désastre d’importance majeure, pour na pas dire plus...

Dans tous les pays où ils se trouvent, les réfugiés palestiniens subissent de plein fouet, et souvent de manière particulièrement dangereuse, les conséquences des conflits. Ci-dessous l’article de Ramzy Baroud sur les Palestiniens du camp de réfugiés de Yarmouk en Syrie.
Les réfugiés palestiniens en Syrie
RAMZY BAROUD
« Les flammes s’approchent rapidement de Yarmouk car on essaie d’entraîner les Palestiniens dans le feu », écrit le reporter Rashad Abu Shawar.
Yarmouk est le camp de réfugiés palestiniens le plus grand de la Syrie. Ses habitants forment presque un quart de toute la population réfugiée qui s’élève à presque 500.000 personnes. Malgré la mémoire qui dure et l’insistance à demander son droit au retour en Palestine, la communauté palestinienne de Syrie est, dans l’ensemble, pareille à toute autre communauté ordinaire.
Bien entendu, « ordinaire » n’est pas toujours un terme qui va avec les malheureux réfugiés palestiniens se trouvant dans les pays arabes. Ghassan Kanafani, romancier palestinien de renom, a écrit un jour : « Oh Palestiniens, ne misez pas sur une mort naturelle ». Il exprimait avec fierté la façon dont son peuple envisage toutes les possibilités. Kanafani a été lui-même assassiné, en même temps que sa nièce, dans un attentat à la voiture piégée, orchestré par le Mossad israélien à Beyrouth en juillet 1972.
Les réfugiés palestiniens de Syrie ne peuvent s’attendre à exister en dehors d’un contexte de danger et d’imprévisible. Leurs frères du Liban ont compris la même leçon il y a des années. Les Palestiniens du Koweït ont été victimes de représailles importantes en 1991, avec d’autres communautés accusées d’être favorablement disposées envers Saddam Hussein. Comme on pouvait s’y attendre, la petite communauté d’Irak a reçu sa part de mauvais traitement après l’invasion américaine de 2003.
Cela ne veut pas dire que la communauté palestinienne est la seule à souffrir en temps de guerre. Mais du fait qu’il n’y ait pas de choix, la situation des réfugiés palestiniens est souvent la plus dangereuse et désespérée. Ils sont apatrides. La plupart des états arabes leur accorde délibérément un statut légal précaire sous diverses formes, afin de les contenir et de les contrôler. Le problème est cependant aggravé par des guerres qui provoquent des exodes massifs. Les réfugiés apatrides sont toujours coincés, et par conséquent vulnérables à la souffrance et aux abus continuels.
Avant 2003, une petite communauté de 35.000 Palestiniens résidait en Irak. Ils ne se mêlaient pas souvent de controverse politique. Toutefois, quand les États-Unis ont envahi, ils ont constitué une cible facile pour les diverses milices, les forces armées américaines et les bandes criminelles. Beaucoup se sont fait tuer. D’autres ont tourné en rond, cherchant en vain un refuge autre part en Irak, et des milliers d’entre eux se sont trouvés coincés dans des camps de réfugiés aux frontières de la Jordanie et de la Syrie. Cette situation a montré que le problème des réfugiés palestiniens était plus que jamais réel et urgent. Les circonstances désespérées des Palestiniens ont aussi fait honte aux Arabes qui n’ont jamais cessé de déclarer des guerres verbales mais qui ont omis d’accueillir les réfugiés en fuite. Même les factions palestiniennes, occupées à leurs querelles internes, n’ont fait que de lamentables déclarations de soutien, qui ne risquaient rien.
La situation en Syrie promet d’être pire encore. Traditionnellement, il y a de l’animosité entre la Syrie et certaines factions palestiniennes, y compris le Fatah, le parti qui domine l’OLP, et aussi l’Autorité Palestinienne (PA) basée à Ramallah. Tandis que Damas a accueilli diverses factions palestiniennes de gauche au cours des années, le Hamas ne s’est installé à Damas qu’après la rupture avec la Jordanie. Ces derniers mois, le Hamas a quitté discrètement ses bureaux de Damas. Il était impossible au mouvement islamique de fonctionner dans une situation où on le forçait à prendre parti. Dans ses efforts pour atteindre un terrain d’entente – soutenir le peuple syrien tout en combattant les efforts venus de l’étranger destinés à affaiblir la Syrie – il n’a pas été entendu. Certains gouvernements arabes ont voulu absolument faire pression sur les responsables du Hamas pour qu’ils prennent une décision concluante sur un conflit alors qu’ils n’y sont pour rien – et finir par les forcer à se séparer de la Syrie.
Le discours politique concernant la Syrie est le récit qui polarise le plus, parmi ceux qui sont liés au soi-disant Printemps Arabe. Les Palestiniens sont pris au piège dans cette polarisation. Al Jazeera a fait du tort aux réfugiés palestiniens en voulant contextualiser les Palestiniens dans un débat général sur la Syrie. Dans le réseau de télévision, on sait ce qui arrive aux Palestiniens apatrides et vulnérables. Les reporters avaient bien documenté l’humiliation subie par les Palestiniens en Irak. Même si c’était pour des raisons simplement humanitaires, les médias arabes devraient présenter comme neutre la présence des Palestiniens dans le conflit syrien.
Les Palestiniens sont déjà pris pour cibles. On signale 300 morts en Syrie depuis le début du conflit. L’AP dit qu’elle est en contact avec les autorités syriennes afin d’assurer la sécurité de l’importante population de réfugiés. On signale un grand nombre de meurtres commis à Yarmouk. Les médias arabes qui s’opposent au gouvernement syrien de Bashar Assad, rejettent la responsabilité de viser les Palestiniens sur les forces de sécurité syriennes. Mais d’autres médias ne racontent pas la même histoire.
« Dans le pire incident, 16 membres de l’Armée de Libération de la Palestine, que soutiennent les autorités syriennes, ont été tués après avoir été arrêtés et kidnappés par des terroristes », nous apprend Khaled Abu Toumeh dans le Jerusalem Post du 20 juillet. Les corps des Palestiniens, dont la gorge avait été coupée, ont été découverts en plein champ dans la banlieue de Damas ».
Une déclaration faite le 16 juillet par l’État-major conjoint de l’Armée Syrienne Libre, et mentionnée par l’AFP, a qualifié les dirigeants palestiniens se trouvant sur le sol syrien, de « cibles légitimes ». Vu que la coopération entre les diverses factions de l’OLP et la Syrie remonte à des dizaines d’années, cette appellation ressemble à une menace de mort pour un grand nombre de Palestiniens de Syrie. L’Armée de Libération de la Palestine, pour une fois, joue plus ou moins un rôle symbolique. Elle s’est très peu impliquée dans des actions militaires, que ce soit à l’intérieur ou à l’extérieur de la Syrie. L’atroce massacre de ces hommes laisse à penser qu’il s’agit d’une tentative flagrante de punition contre des Palestiniens innocents.
Les réfugiés palestiniens pourraient très bien être de nouveau en fuite, tellement la situation est dangereuse. Les factions palestiniennes doivent mettre de côté leur intérêt personnel et s’unir, même temporairement, afin de protéger les réfugiés palestiniens de Syrie. L’agence des réfugiés des Nations-Unies, UNHCR, dont le but principal est « d’assurer les droits et le bien-être des réfugiés », doit agir dès à présent pour assurer la sécurité des réfugiés palestiniens dans quelque sinistre scénario à venir. La Ligue Arabe, qui n’a pour ainsi dire rien fait dans le passé pour protéger les réfugiés palestiniens chaque fois que ceux-ci se retrouvaient pris dans des conflits régionaux, doit agir cette fois-ci afin de compenser ses omissions du passé.
Il n’y a rien de pire que d’être un réfugié en fuite, sauf d’être un réfugié en fuite maintes et maintes fois, avec un statut légal d’apatridité perpétuelle, et sans pays où trouver un abri. Quant aux médias arabes, il faut qu’ils sachent que leur insistance à vouloir représenter les Palestiniens comme des complices dans le carnage en Syrie, équivaut à les préparer à un désastre d’importance majeure, pour na pas dire plus.
Ramzy Baroud est rédacteur en chef de PalestineChronicle.com. Il est l’auteur de The Second Palestinian Intifada : A Chronicle of a People’s Struggle et de “My Father Was a Freedom Fighter : Gaza’s Untold Story” (Pluto Press, London).
(Traduit par Ch. C. pour CAPJPO-EuroPalestine)
Source : http://www.counterpunch.org/2012/07...
http://www.europalestine.com/spip.p...

SYRIE : L’objectif de Tel Aviv et de ses alliés est la somalisation de la Syrie...L’objectif de Tel Aviv est clair ; un gouvernement syrien affaibli, une armée épuisée et en désarroi, la haine sectaire partout et une tendance irrésistible à la balkanisation. Le but ultime n’étant pas seulement la libanisation, mais la somalisation de la Syrie et de ses environs.

Syriana est le titre d’un film tiré d’un livre de Robert Baer qui traite de l’industrie du pétrole et de la politique étrangère des Etats Unis dans la région du Moyen Orient et de l’Asie centrale. D’après le livre, Syriana serait le nom de code donné par Washington à un projet de remodelage du Moyen Orient.
Obama applique Syriana

Il aura fallu un bon moment pour que Reuters soit autorisée à rapporter que le président US Barack Obama avait approuvé une instruction secrète autorisant la Central Intelligence Agency (CIA) à apporter un large soutien aux « rebelles » armés qui combattent pour un changement de régime en Syrie.
En fait, même les pêcheurs des îles Fidji connaissaient ce « secret » (sans oublier que tout un chacun en Amérique latine sait une ou deux petites choses sur les pratiques de changement de régime par la CIA). Reuters présente avec prudence le soutien comme « circonscrit. » C’est le code pour « diriger depuis les coulisses. » (leading from behind)
Chaque fois que la CIA veut organiser la fuite d’une quelconque information, elle passe par un scribe dévoué comme David Ignatius du Washington Post. Le 18 juillet déjà, Ignatius reproduisait son briefing selon lequel « la CIA travaillait avec l’opposition syrienne depuis plusieurs semaines avec l’opposition syrienne dans le cadre d’une directive non-létale… De nombreux agents des services secrets israéliens opèrent aussi le long de la frontière syrienne même s’ils font profil bas. »
Comme c’est charmant. Jusqu’à quel point fait-on profil bas aux frontières syriennes ? Sur un Instagram au milieu d’un groupe de chauffeurs de camions souriants ?
En ce qui concerne le « profil bas » du Mossad, le truc à Tel Aviv est de dire qu’Israël est capable de « contrôler » les nuées de wahabbites ultras et de djihadistes-salafistes qui infestent désormais la Syrie. Même si c’est une ineptie manifeste, une chose est parfaitement claire : Israël flirte avec les islamistes du style al Qaïda.
Ce qui signifie que la Armée Syrienne pas exactement libre Libre (ASL), bourrée de Frères Musulmans jusqu’au-boutistes et infiltrée par des salafistes djihadistes suit l’agenda non seulement de ceux qui la financent et l’arment – la monarchie saoudienne et le Qatar – mais aussi ce Tel Aviv aux côtés de Washington et de ses caniches attitrés à Londres et à paris. Ce n’est donc pas qu’une guerre par procuration – ce sont plusieurs guerres par procuration concentriques.
Le triangle de la mort
L’objectif de Tel Aviv est clair ; un gouvernement syrien affaibli, une armée épuisée et en désarroi, la haine sectaire partout et une tendance irrésistible à la balkanisation. Le but ultime n’étant pas seulement la libanisation, mais la somalisation de la Syrie et de ses environs.
L’objectif de la Turquie demeure incroyablement obscur – en dehors du vœu pieux d’une Syrie pos-Assad qui deviendrait une version douce et civilisée du règne de l’AKP à Ankara (ce qui n’arrivera pas).
Ainsi que la rapporté ATol il y a des mois maintenant, l’OTAN possède depuis un moment un centre de commandement à Iskenderun dans la province de Hatay. Reuters a récemment eu connaissance d’une nouvelle base « secrète » turco-saoudo-qatarie à Adana, à 100 kilomètres de la frontière avec la Syrie. Il se trouve qu’Adana accueille l’immense base de l’OTAN d’Incirlik. Une source locale d’ATol a signalé des mouvements intenses de cargos à Incirlik sur plusieurs semaines.
C’est le vice ministre Saoudien des affaires étrangères, Abdulaziz bin Abdullah al-Saud, qui avait demandé en personne l’établissement de cette base, à la plus grande satisfaction d’Ankara.
Ankara-Riad-Doha ; on peut parler d’un triangle de la mort. Mais même le discours officiel à Qatar est du ggenre « dirger en coulisse. » La Turquie fait le gros boulot militaire ; la CIA « n’intervient pas » et le Qatar se contente de prendre des photos comme n’importe quel touriste innocent (alors qu’il dirige les opérations via ses renseignements militaires).Ceux qui font le gros travail sont des « intermédiaires » non spécifiés.
Obama n’a pas autorisé l’utilisation offensive de drones – pas encore – et la CIA ne fournit peut-être pas d’armes aux « rebelles ; » c’est le job du « triangle de la mort. » Un afflux de lance-roquettes RPG russes achetés au marché noir a été responsable des récentes poussées « rebelles » à Damas et à Alep. Désormais, on doit s’attendre à un afflux de missiles sol-air et antitanks pour l’ASL – livrés via, nulle part ailleurs que la Turquie.
Le Qatar et l’Arabie Saoudite ne font pas de prisonniers. Personne à Washington ne semble vouloir jeter un regard rétrospectif sur l’Afghanistan post-djihad avant de prendre des décisions. D’ailleurs, c’en en tout point une réédition du djihad afghan des années 1980 – avec l’Arabie Saoudite et le Qatar jouant le rôle du Pakistan, l’ASL celui des glorieux moudjahidine ou « combattants de la liberté » et Obama celui de Ronald Reagan ; la seule pièce qui manque est un « mémorandum de notification » approuvé par Obama pour amer les rebelles et mettre en action des nuées de drones.
C’est la recette actuelle pour un méga-succès certifié pour 2013 à Hollywood.
De son côté, Riad force le roi Playstation de Jordanie à créer une zone tampon dans son territoire pour la centaine de bandes que comprend l’ASL – ainsi qu’on l’a appris par le journal al-Quds al-Arabi financé par l’Arabie Saoudite. Et devinez qui est l’homme de main qui a forcé l’accord ? Nul autre que l’évanescent chef des services secrets saoudiens, le prince Bandar qui a peut-être (ou pas) été tué dans un attentat à la bombe il y a deux semaines(voir Where is Prince Bandar ?, Asia Times Online, August 2, 2012).
La Grande Faucheuse gagne, faut-il le rappeler jusqu’au moment où la Grande Faucheuse doit récolter ; de spectaculaires retours de bâton s’annoncent.
Alep va connaître un siège prolongé. La « base secrète » de l’OTAN-Conseil de Coopération du Golfe en Turquie plus des armes disponibles pour tous donnent de la force à un mélange extrêmement virulent fait de jeunes sunnites Syriens semi-illettrés, de déserteurs sectaires avides de tuer, de toutes sortes de délinquants et de djihadistes-salafistes multinationaux. Cette vidéo montre tout ce qu’il y a à savoir sur l’ASL. Et ceci montre le genre de démocratie qu’ils veulent.
Les wahhabites Saoudiens veulent une Syrie islamiste dure – avec des Chrétiens, des Alaouites, des Druzes et des Kurdes comme citoyens de troisième zone (ou premiers candidats pour passer sur le billot). Les Qataris veulent un protectorat gouverné par les Frères Musulmans.
Les concepteurs de la politique étrangère de l’administration Obama doivent être sur une expérimentation (foireuse). Lancés dans une guerre ouverte non seulement contre l’Iran mais aussi contre les Chiites un peu partout, comment peuvent-ils parier sur une somalisation de la Syrie au profit de l’intolérance wahhabite ? La Grande Faucheuse s’en rit et elle attend au tournant.
Source : égalité et reconciliation

La révolte a raison...La ré­volte, c’est la victoire

Pour que s’achève le mou­ve­ment qui conduit à une connais­sance juste, il faut sou­vent maintes ré­pé­ti­tions du pro­cessus consis­tant à passer […] de la pra­tique à la connais­sance, puis de la connais­sance à la pra­tique. Telle est la théorie mar­xiste de la connais­sance, la théorie ma­té­ria­liste dia­lec­tique de la connais­sance.
 – Mao
Le mou­ve­ment de la connais­sance, c’est le pas­sage pratique-connaissance-pratique. La pra­tique est in­té­rieure au mou­ve­ment ra­tionnel de la vé­rité. Dans son op­po­si­tion à la théorie, elle fait partie de la connais­sance. C’est cette in­tui­tion qui en­thou­siasme Lé­nine dans la concep­tion hé­gé­lienne de l’Idée ab­solue, au point qu’il fait de Marx le simple conti­nua­teur de Hegel. La phrase de Mao Tsé-toung donne sa pré­ci­sion à l’enthousiasme de Lé­nine. Elle est le contenu his­to­rique gé­néral de l’énoncé dia­lec­tique de Hegel. Ce n’est pas n’importe quelle pra­tique qui est l’ancrage in­terne de la théorie, c’est la ré­volte contre les ré­ac­tion­naires. Et la théorie, en re­tour, ne lé­gi­fère pas ex­té­rieu­re­ment sur la pra­tique, sur la ré­volte : elle s’y in­cor­pore par le dé­ga­ge­ment mé­dia­teur de sa raison.
La sa­gesse de la révolte
On a raison de se ré­volter contre les ré­ac­tion­naires, cela veut dire, non pas d’abord : il faut se ré­volter contre les ré­ac­tion­naires, mais : on se ré­volte contre les ré­ac­tion­naires, c’est un fait, ce fait est raison. La phrase dit : primat de la pra­tique. La ré­volte n’attend pas sa raison, la ré­volte est ce qui est tou­jours déjà là, pour n’importe quelle raison pos­sible. Le mar­xisme dit seule­ment : la ré­volte est raison, la ré­volte est sujet. Le mar­xisme, c’est le ré­ca­pi­tu­latif de la sa­gesse de la ré­volte. Pour­quoi écrire Le Ca­pital, des cen­taines de pages de scru­pules mi­nu­tieux, d’intelligence la­bo­rieuse, des vo­lumes de dia­lec­tique aux li­sières par­fois de l’intelligible ? Parce que cela seul est à la me­sure de la pro­fonde sa­gesse de la ré­volte. L’épaisseur his­to­rique et l’opiniâtreté de la ré­volte pré­cèdent le mar­xisme, cu­mulent les condi­tions, et la né­ces­sité, de son ap­pa­ri­tion, parce qu’elles en­ra­cinent la convic­tion qu’au-delà des causes par­ti­cu­lières qui pro­voquent la levée pro­lé­taire, existe une pro­fonde et in­dé­ra­ci­nable raison. Le Ca­pital, de Marx, est la sys­té­ma­ti­sa­tion, en termes de raison gé­né­rale, de ce qui se donne dans la som­ma­tion his­to­rique des causes.
La ré­volte, c’est la victoire
« On a raison de se ré­volter contre les ré­ac­tion­naires » veut dire aussi : la ré­volte aura raison. Les ré­ac­tion­naires ren­dront raison au tri­bunal de l’histoire de tous les for­faits de l’exploitation et de l’oppression. L’obstination de la ré­volte pro­lé­taire, c’est certes, pre­mier sens du mot raison, le ca­rac­tère ob­jectif, ir­ré­duc­tible, de la contra­dic­tion qui op­pose ou­vriers et bour­geois, mais c’est aussi la cer­ti­tude pra­tique de la vic­toire fi­nale, c’est la cri­tique spon­tanée, sans cesse re­nais­sante, du dé­fai­tisme ou­vrier. Que l’état des choses soit in­ac­cep­table et di­visé, telle est la pre­mière raison de la ré­volte contre les ré­ac­tion­naires. La ré­volte est sa­gesse parce qu’elle est juste, parce qu’elle est fondée en raison, mais aussi parce que c’est elle qui lé­gi­fère sur l’avenir. Mais « raison » si­gnifie en­core autre chose, autre chose qui est la fu­sion scindée de ses deux pre­miers sens. La ré­volte peut se ren­forcer de la conscience de sa propre raison. L’énoncé lui-même « on a raison de se ré­volter contre les ré­ac­tion­naires » est à la fois le dé­ve­lop­pe­ment de noyaux de connais­sance in­ternes à la ré­volte elle-même, et le re­tour dans la ré­volte de ce dé­ve­lop­pe­ment. La ré­volte, qui a raison, trouve dans le mar­xisme de quoi dé­ve­lopper cette raison, de quoi as­surer sa raison vic­to­rieuse. Ce qui fait que la lé­gi­ti­mité de la ré­volte (pre­mier sens du mot raison) s’articule à sa vic­toire (deuxième sens du mot raison), c’est une fu­sion de type nou­veau entre la ré­volte comme pra­tique tou­jours là et la forme dé­ve­loppée de sa raison.
Par  
Source ; Nouveaux cahiers de l'histoire

La fin de la classe ouvrière ?

Le dis­cours sur la « dis­pa­ri­tion de la classe ou­vrière » est abusif, pour ne pas dire dé­for­ma­teur. Le ca­pi­ta­lisme contem­po­rain, en dépit de la pré­va­lence de la tech­nique et de l’informatique, ne fonc­tionne pas dans le « vide », mais s’articule aux dis­po­si­tifs plus tra­di­tion­nels de pro­duc­tion ma­té­rielle et où œuvrent des mil­liers de travailleurs/prolétaires ap­par­te­nant de facto à la classe ou­vrière in­dus­trielle « tra­di­tion­nelle ». C’est cer­tai­ne­ment le cas pour les col­lec­tifs ou­vriers que nous avons ren­con­trés. Même si le tra­vail est « émietté », dé-relocalisé, ré­parti entre plu­sieurs unités de pro­duc­tion épar­pillées dans le monde, la réa­lité de la pro­duc­tion in­dus­trielle s’impose.
D’autre part, contrai­re­ment à une cer­taine rhé­to­rique, ces dis­po­si­tifs im­pliquent la per­pé­tua­tion d’une di­vi­sion du tra­vail assez ri­gide où le col­lectif ou­vrier œuvre à l’intérieur de cadres pré­dé­ter­minés, stan­dar­disés et rou­ti­niers qui ne se dis­tinguent pas de ma­nière si­gni­fi­ca­tive de la tra­di­tion tay­lo­riste. On est loin, très loin même, d’une « par­ti­ci­pa­tion » plus ou moins « au­to­ges­tion­naire » des tra­vailleurs. Dans le cas de l’entreprise qui nous in­té­resse, les tra­vailleurs ne sont ni consultés ni écoutés ni par la di­rec­tion ni par les in­gé­nieurs, même lorsqu’ils sont en me­sure de pro­poser de meilleures tech­niques de production.
Certes, les élé­ments d’une sub­jec­ti­vité pro­lé­ta­rienne sont érodés. L’« identité » ou­vrière de­vient de moins en moins une ré­fé­rence qui soude le col­lectif. Le tissu as­so­ciatif construit au­tour du syn­dicat n’est plus perçu comme un rem­part so­lide, sur­tout pour les jeunes tra­vailleurs. Cette évo­lu­tion, nous l’avons constatée, est ob­servée par les tra­vailleurs plus âgés, sur­tout ceux qui consti­tuent le « noyau dur » du syn­dicat qui cherchent à mo­di­fier les pra­tiques syn­di­cales en consé­quence (plus de consul­ta­tions, moins de cen­tra­li­sa­tion des dé­ci­sions, plus d’ouverture aux nou­velles réa­lités du tra­vail, etc.).
Quelles peuvent être les consé­quences au ni­veau du syn­di­ca­lisme, pro­ba­ble­ment le plus grand mou­ve­ment d’émancipation qui s’est dé­ve­loppé sous le ca­pi­ta­lisme ? L’action col­lec­tive, au­tre­fois ar­ti­culée au­tour de pro­grammes et de mots d’ordre cen­tra­lisés, évolue, à des rythmes in­égaux, vers des formes plu­rielles, dé­ter­mi­nées par des re­la­tions de plus en plus in­di­vi­dua­li­sées agis­sant au cœur du col­lectif ou­vrier. Cette tran­si­tion sera né­ces­sai­re­ment dif­fi­cile et prolongée.
Par

Ex­trait de l’article paru dans le nu­méro 7 des NCS

Contrôle ouvrier : l’expérience de l’Argentine....Le contrôle ou­vrier dé­voile les se­crets de l’exploitation ca­pi­ta­liste.

« L’aliénation de l’ouvrier dans son pro­duit si­gnifie non seule­ment que son tra­vail de­vient un objet, une exis­tence ex­té­rieure, mais que son tra­vail existe en de­hors de lui, in­dé­pen­dam­ment de lui, et de­vient une puis­sance au­to­nome vis-à-vis de lui, que la vie qu’il a prêtée à l’objet s’oppose à lui, hos­tile ou étran­gère. »

Les lois ca­pi­ta­listes consistent en la sé­pa­ra­tion des pro­duc­teurs sa­la­riés d’avec les pro­duits de leur tra­vail et du contrôle sur les condi­tions de ce tra­vail. « L’aliénation de l’ouvrier dans son pro­duit si­gnifie non seule­ment que son tra­vail de­vient un objet, une exis­tence ex­té­rieure, mais que son tra­vail existe en de­hors de lui, in­dé­pen­dam­ment de lui, et de­vient une puis­sance au­to­nome vis-à-vis de lui, que la vie qu’il a prêtée à l’objet s’oppose à lui, hos­tile ou étran­gère. » Alié­na­tion par rap­port au pro­duit, mais aussi par rap­port au pro­cessus de pro­duc­tion lui-même : « Le pro­duit n’est rien d’autre que le ré­sultat de l’activité, de la pro­duc­tion. Ce­pen­dant, si le pro­duit du tra­vail est l’aliénation, la pro­duc­tion même de­vient l’aliénation ac­tive ; l’activité de l’aliénation. Dans l’extériorité du pro­duit du tra­vail se re­flète l’extériorité, l’aliénation de l’activité du tra­vail lui-même. » Le contrôle ou­vrier à l’intérieur d’une usine com­mence à mettre en ques­tion cette sé­pa­ra­tion. L’occupation de l’entreprise le fait aussi, par la mise en ques­tion du pou­voir à l’intérieur de l’usine.
En Ar­gen­tine de­puis quelques temps, les ex­pé­riences se mul­ti­plient, tel les cas de l’usine Zanon où les ou­vriers or­ga­nisent la ges­tion par des ré­so­lu­tions en as­sem­blées gé­né­rales et as­sem­blées d’ateliers, où l’on dé­cide de la durée du tra­vail, com­ment pré­parer de nou­veaux mo­dèles de cé­ra­miques, com­ment se pro­curer les ma­tières pre­mières, com­ment as­surer la sé­cu­rité, etc. Les ou­vriers éta­blissent de nou­velles formes de so­li­da­rité entre eux qui leur per­mettent de com­mencer à faire des pas vers l’autodétermination de classe. Au cours de ces mois, on a dé­montré la vé­ri­table fonc­tion de la ma­jo­rité des su­per­vi­seurs ou chefs mis en place par le pa­tron de l’usine en temps « normal » : plus que di­riger la pro­duc­tion, leur rôle était de main­tenir un des­po­tisme per­ma­nent sur les tra­vailleurs et leurs tâches. Le contrôle ou­vrier dé­voile les se­crets de l’exploitation ca­pi­ta­liste. Par exemple, en deux jours de tra­vail, les ou­vriers de Zanon ont pro­duit des cé­ra­miques d’une va­leur su­pé­rieure aux coûts sa­la­riaux de tout un mois. En même temps, il dé­montre à l’échelle d’un éta­blis­se­ment, que les tra­vailleurs peuvent contrôler leur propre destin et se gou­verner eux-mêmes.
Est-ce que des ex­pé­riences de ce genre peuvent se main­tenir in­dé­fi­ni­ment ? Pour y ar­river, il faut dé­ve­lopper une vé­ri­table unité entre les tra­vailleurs et le peuple pauvre, faire face à la di­vi­sion exis­tante et de­venue « na­tu­relle » entre eux, qui sert à la re­pro­duc­tion des rap­ports d’exploitation ca­pi­ta­listes. Dans le cas des tra­vailleurs de Zanon, leur pro­po­si­tion est d’organiser une co­or­di­na­tion ré­gio­nale de tra­vailleurs et de sans-emploi, à partir d’assemblées et avec des man­dats de la base. Leur re­ven­di­ca­tion d’étatisation de l’usine sous contrôle ou­vrier et d’une po­li­tique de tra­vaux pu­blics pour créer des em­plois et cou­vrir les be­soins fon­da­men­taux de la po­pu­la­tion contribue aussi à so­li­di­fier cette al­liance avec d’autres sec­teurs populaires.

Ex­trait de « La ex­pe­riencia de fa­bricas ocu­padas y el control obrero » ,
Josefina Martinez
Source : Nouveaux cahiers du Socialisme

Québec : Quelle émancipation pour quel peuple ? ...Une très grande partie des jeunes n’accepte pas que les orien­ta­tions éco­no­miques priment la jus­tice so­ciale et soient dic­tées par une poi­gnée de ges­tion­naires et d’experts proches de l’élite éco­no­mique.

"Les re­ven­di­ca­tions des étu­diants dé­bordent la dé­fense de l’éducation pu­blique et de la gra­tuité sco­laire. C’est la cor­rup­tion de la chose pu­blique, le bra­dage des res­sources, la dé­gra­da­tion du ter­ri­toire et de l’environnement, l’absence d’égalité des hommes et des femmes, bref, un vaste en­semble de blo­cages au ni­veau so­cial qui les préoccupe."

Québec : Quelle émancipation pour quel peuple ? par Christian DELARUE
sur blog Politis autre monde

Nous avons suivi, de loin certes, le mouvement de lutte qui a surgit au Québec au printemps 2012. Il semble que ce mouvement soit sur le reflux et que l’heure est à l’inscription institutionnelle des revendications via de prochaines élections. Ces revendications étaient vastes de nature sociale et démocratique pour l’essentiel mais aussi, moindrement, écologique et culturelle. Trois auteurs - E Martin, G Lefebvre et P Beaubet écrivent (1) : "Les re­ven­di­ca­tions des étu­diants dé­bordent la dé­fense de l’éducation pu­blique et de la gra­tuité sco­laire. C’est la cor­rup­tion de la chose pu­blique, le bra­dage des res­sources, la dé­gra­da­tion du ter­ri­toire et de l’environnement, l’absence d’égalité des hommes et des femmes, bref, un vaste en­semble de blo­cages au ni­veau so­cial qui les préoccupe."
- A qui s’adressait les revendications : contre qui ? au profit de qui ?
Contre le gouvernement fédéral canadien au profit du peuple nation québecois ? ou contre la classe dominante tout à la fois canadienne et québécoise au profit du peuple-classe québécois (et éventuellement par solidarité au profit du peuple-classe canadien) ? Il semble à lire ces mêmes auteurs que les deux orientations existent et que de ce fait un flou subsiste.
- Quel est leur ligne, leur orientation ? De quel Québec parlent-ils ? Un Québec socialiste ?
Il y a, à mon sens, une touche un brin nationaliste qui étonne dans ce texte publié sur le site Cahier du socialisme. Mais il s’agit peut-être d’une mauvaise compréhension, d’une variété d’ethnocentrisme. Hypothèse pour en sortir : Le nationalisme d’une nation dominée n’est pas identique à celui d’une nation dominante. Certes, mais cela ne doit pas masquer les conflits de classe internes à la nation dominée.
Ils écrivent :
Une très grande partie des jeunes n’accepte pas que les orien­ta­tions éco­no­miques priment la jus­tice so­ciale et soient dic­tées par une poi­gnée de ges­tion­naires et d’experts proches de l’élite éco­no­mique. De même, les ci­toyens qui ont battu de la cas­se­role pour épauler la jeu­nesse ne veulent pas bê­te­ment sub­sti­tuer la « rue » à l’autorité po­li­tique : en exi­geant une dé­mo­cratie plus vi­vante et plus pro­fonde, ils de­mandent d’avoir leur mot à dire, le droit d’être res­pon­sables de ce que de­vient le Québec, plutôt que de subir des po­li­tiques iné­luc­tables, ul­ti­me­ment jus­ti­fiées par le re­cours au bâton ou au bâillon.
Lors des ma­ni­fes­ta­tions du prin­temps, les af­fiches, dra­peaux et poèmes lais­saient trans­pa­raître comme en fi­li­grane un désir de ré­ap­pro­pria­tion du projet d’autonomie col­lec­tive et du projet de pays. Pour­tant, la ques­tion de l’indépendance n’est pas trop ex­pli­cite dans le dis­cours étu­diant. Cela ex­prime la dif­fi­culté de re­dé­finir ex­pli­ci­te­ment un projet d’« éman­ci­pa­tion na­tio­nale » qui, sous l’égide du PQ, en tout cas, a abouti dans un cul-de-sac, en partie parce que le PQ a misé sur Québec Inc. plutôt que sur les as­pi­ra­tions populaires.
Le défi de sur­monter ce « mal­en­tendu » entre les as­pi­ra­tions so­ciales et le projet d’émancipation na­tio­nale est réel­le­ment dif­fi­cile. Même si des avan­cées ont été réa­li­sées en ce sens par les mou­ve­ments po­pu­laires et par Québec so­li­daire, beau­coup reste à faire. C’est pour­quoi le mou­ve­ment et les contra­dic­tions qu’il ré­vèle ne dis­pa­raî­tront sans doute pas avec l’élection qui approche.
Seul l’avenir dira, ce­pen­dant, si le mou­ve­ment par­viendra non seule­ment à dé­ver­rouiller le blo­cage ins­ti­tu­tionnel de la so­ciété qué­bé­coise, mais à ins­ti­tuer un Québec dans le­quel il n’aura plus honte de se re­con­naître et où il sera enfin pos­sible de dire « maîtres chez nous » de ma­nière in­clu­sive et décomplexée.
Voir le texte complet sur Le Québec : une société à débloquer
Source : http://www.ledevoir.com/politique/quebec/354692/le-quebec-une-societe-a-debloquer
***
Pierre Beaudet, Professeur de dé­ve­lop­pe­ment in­ter­na­tional à l’Université d’Ottawa ;
Gordon Lefebvre, Enseignant à la re­traite ;
Éric Martin, Professeur de phi­lo­so­phie au collège Édouard-Montpetit.

vendredi 3 août 2012

Présidentielle américaine - À la chasse au « vote juif », Romney promet encore plus de guerres...Romney est prêt à mettre le feu à la planète pour s’attirer les bonnes grâce des dirigeants sionistes et par conséquent de la communauté juive aux Etats-Unis

Le candidat Républicain à la présidentielle américaine, Mitt Romney, s’est retrouvé comme en famille alors qu’il faisait sa virée dans Jérusalem occupé. 

Le Premier ministre israélien Benyamin Netanyahou n’a pas caché le fait qu’il le préférait au Président Barack Obama, le seul rival de Romney. La majorité des Israéliens et des juifs américains partage le point de vue de Netanyahou.
Le candidat Romney, qui appartient à la secte chrétienne des Mormons (considérée comme hérétique par « les chrétiens born again »), serait - selon les sondages d’opinion - au coude à coude avec le Obama. Il a déjà annoncé qu’il s’alignera sur les objectifs de Netanyahou concernant la reconnaissance de Jérusalem sous occupation comme capitale d’Israël, et une attaque de l’Iran pour détruire ses installations nucléaires.
Ces déclarations de Romney ont été accueillies avec grand plaisir par son hôte Netanyahou, lequel n’a pas hésité à afficher sa satisfaction. S’exprimant lors d’une conférence de presse commune, Netanyahou a déclaré textuellement : « J’ai bien entendu vos déclarations selon quoi le plus grand danger est l’existence d’armes nucléaires entre les mains du régime des ayatollahs. » S’adressant à Romney, Netanyahu ajouta : « Mitt, je ne pouvais être plus en accord avec vous. Nous devons faire tout notre possible pour empêcher le régime des ayatollahs d’acquérir l’arme nucléaire. »
Malheureusement, cette attitude honteuse de la part des candidats à la présidentielles américaine de se placer sous le patronage d’Israël et des électeurs juifs, révèle clairement la fragilité de la superpuissance américaine, l’hypocrisie de ses dirigeants et la profonde corruption de son régime politique.
Le président Obama a donné à Israël ce que les États-Unis n’ont donné à aucun État en termes d’armes de pointe, d’accords de défense et d’engagement pour renforcer sa sécurité, voulant contrebalancer la visite de son rival en Israël dans ce qui n’est qu’une fiévreuse compétition d’hypocrisie et d’adulation que ne convient pas à une superpuissance et à ses candidats à la présidentielle. Le programme nucléaire iranien constituerait un danger pour Israël si celui-ci ne possédait pas plus de 200 ogives nucléaires, en plus d’un énorme arsenal d’armes chimiques et biologiques. Il est évident que les politiciens américains se soumettent les yeux fermés aux diktats israéliens qu’ils ne peuvent ni discuter ni contester de peur de perdre leurs postes en raison de l’influence du lobby juif en Amérique qui soutient de toutes ses forces le gouvernement de Tel Aviv.
La concurrence entre les candidats américains pour amadouer Israël et adopter son objectif de lancer une nouvelle guerre dans la région pourrait coûter des centaines de milliers, sinon des millions de vies innocentes en cas d’attaque sur l’Iran et en cas d’usage d’armes non conventionnelles par une défense féroce, comme la plupart des observateurs militaires s’y attendent.
Les États-Unis ont occupé l’Irak pour satisfaire un autre diktat israélien fondé sur une prétendue crainte de l’ancien régime irakien et de ses prétendues armes de destruction massive, dont le danger a été gonflé et exagéré. En conséquence, les États-Unis ont perdu 5000 soldats (avec des dizaines de milliers de blessés) et massacré plus d’un million d’Irakiens. Ils cherchent maintenant à répéter les mêmes crimes pour les mêmes raisons, mais l’ampleur des pertes pourrait être encore bien plus catastrophique pour la région et les peuples qui l’habitent.
Romney peut désormais gagner un plus grand nombre de votes juifs après avoir ainsi courtisé les dirigeants israéliens en allant jusqu’à approuver leurs ambitions les plus plus extrémistes. Si Romney gagne les élections et respecte sa promesse d’attaquer l’Iran, les principaux perdants seront le peuple américain et les peuples de la région.
Abdel Bari Atwan
* Abdel Bari Atwan est palestinien et rédacteur en chef du quotidien al-Quds al-Arabi, grand quotidien en langue arabe édité à Londres. Abdel Bari Atwan est considéré comme l’un des analystes les plus pertinents de toute la presse arabe.
Source : Info-Palestine