mardi 1 novembre 2011

Libye : Rapport de l’opération Lockerbie 20 ans plus tard - un ancien haut responsable de la police écossaise désirant rester anonyme, ayant participé à l’enquête, affirme que la CIA aurait « écrit le scénario » accusant la Libye....

En août 2005, un ancien haut responsable de la police écossaise désirant rester anonyme, ayant participé à l’enquête, affirme que la CIA aurait « écrit le scénario » accusant la Libye. Il affirme que la pièce à conviction décisive, un fragment de circuit intégré du détonateur, a été « fabriquée » et « déposée » par des agents de la CIA qui enquêtaient sur la tragédie.
« Pour Pierre Péan, journaliste français et spécialiste de l’affaire, « cette révélation ne fait que confirmer l’évidence :l’attentat de Lockerbie n’a pas été commandité par Kadhafi mais par d’autres ».

L’attentat de Lockerbie (Ecosse) a causé la mort de 270 civils le jour-même où il a eu lieu. Il a été attribué à la Libye pendant 15 ans, avant que cette information ne soit démentie, finalement, par « les meilleures sources », en 2007. Peut-être afin de désigner à la vindicte populaire la Syrie et l’Iran comme coupables ? Car, durant 15 ans, cet attentat sous faux drapeau avait eu largement le temps de détruire un pays.
Voici ce que nous dit l’Histoire en train de se faire :
1969 Mouammar Al Kadhafi prend le pouvoir par « coup d’état », selon Wikipedia à la page « Kadhafi ».
Wikipedia ne dit pas qu’il s’agit d’un coup d’état pacifique et on peut ne pas savoir que ce coup d’état-là, contrairement à ceux qui ont eu lieu, et ont encore lieu, en Amérique Latine et Centrale, a été fait sans le soutien ni l’accord des USA.
1977 Naissance de la Jamahirya (« État des masses ») Poursuite et intensification de la création d’institutions au caractère socialiste clairement revendiqué par le gouvernement.
1980 Tentative d’assassinat dont Francisco Cossiga accuserait la France
1986 Reagan ordonne un bombardement qui tue la fille adoptive de Kadhafi et détruit sa maison
1988 Les attentats de Lokerbie (Ecosse) sont attribués à la Libye de Kadhafi. Ils ont fait 270 victimes dont 11 habitants de Lockerbie Pour en ajouter dans la vraisemblance, la Libye est accusée d’avoir des liens « douteux » avec des groupes dûment désignés comme « terroristes ». La « Communauté Internationale », dès lors, s’en détourne en se pinçant le nez.
1991 Larousse À Benghazi, le colonel Muammar ai-Kadhafi inaugure la première tranche du « grand fleuve artificiel », pipe-line de plusieurs centaines de kilomètres de long destiné à transporter l’eau des nappes situées dans le sous-sol du désert vers les régions littorales.
1992 ONU Résolution 748 selon laquelle LA LIBYE EST UN ETAT TERRORISTE (Avant 2001, date de l’épandage tous azimuts de ce terme) Le BLOCUS est donc autorisé
1999, 11 ans après l’attentat, deux agents des services secrets libyens comparaissent devant un tribunal international, au nom du pragmatisme du colonel. Ce qui provoque la suspension des sanctions de l’ONU envers le pays et le rétablissement des relations diplomatiques avec l’Angleterre. 8 ans de blocus donc.
2001 L’agent des services secrets Libyen Ali al Megrahi est condamné
2003 La Libye et Kadhafi, 15 ans après l’attentat. indemnisent les victimes auxquelles sont versées 2 700 000 dollars.
La « Communauté Internationale » semble respirer mieux et renouer des contacts avec la Libye.
2004 :Le dictateur blanchi façon Tony Blair Chirac rend visite à Kadhafi :
« Le retour en grâce, méthodiquement organisé par le colonel Kadhafi, a surtout été amorcé en décembre 2003 au moment où la Libye avait officiellement renoncé à tous ses programmes d’armes de destruction massive. » « « La France est une puissance mondiale dont le rôle est influent au sein de l’Union européenne », a déclaré le Premier ministre libyen Choukri Ghanem qui a mené une diplomatie de réconciliation avec l’Europe. Tony Blair, le Premier ministre britannique, José Maria Aznar, ancien président du gouvernement espagnol, Silvio Berlusconi, président du Conseil italien, Gerhard Schröder, le Chancelier allemand et William Burns, le secrétaire d’Etat adjoint américain, ont tous rendu visite au guide de la révolution libyenne, en l’espace d’un an. »
2005 En août 2005, un ancien haut responsable de la police écossaise désirant rester anonyme, ayant participé à l’enquête, affirme que la CIA aurait « écrit le scénario » accusant la Libye. Il affirme que la pièce à conviction décisive, un fragment de circuit intégré du détonateur, a été « fabriquée » et « déposée » par des agents de la CIA qui enquêtaient sur la tragédie (Wikipedia, page Lockerbie)
2007 19 ans après l’attentat, deux témoins-clés avouent avoir menti et/ou touché de l’argent Wikipedia n’en dit rien à la page « Kadhafi », préférant se fier au ‘témoignage’ en Février 2011 d’un ministre de Kadhafi qui aurait quitté son gouvernement (au profit du CNT) Alors qu’un journal, qualifié de conspîrationniste par ceux qui sont eux-mêmes qualifiés de conspirationnistes, à savoir Le Figaro, a publié en 2007 plusieurs articles à ce sujet :
Un témoin capital affirme avoir menti
« La déposition d’un ingénieur en électronique suisse pourrait remettre en cause la responsabilité de la Libye dans l’attentat »
« La nouvelle déposition d’Ulrich Lumpert a été publiée sur son site Internet par la firme Mebo »
Nouveaux doutes sur un témoignage
« Le principal témoin à charge se serait vu offrir une enveloppe de 2 millions de dollars en échange de son témoignage contre la Libye. »
« Selon le Guardian, le principal témoin à charge, Tony Gauci, un commerçant maltais, se serait vu offrir une enveloppe de 2 millions de dollars en échange de son témoignage. De quoi douter de la validité du procès qui a conduit à la condamnation à la réclusion à perpétuité d’Abdelbasset al-Megrahi, haut responsable des services secrets libyens, en 2001 pour avoir placé une bombe dans le vol 103 de la Pan Am, le 21 décembre 1988. »
Et si la Libye était innocente...
la piste libyenne perd de sa crédibilité
« Qui, sinon la CIA ? », s’interroge le Figaro, avant de répondre par la négative à cette question, grâce, encore une fois, à un ‘témoignage’ …
C’est un peu plus tard que Le Figaro livre sa propre hypothèse :
L’autre piste de Lockerbie, celle de la Syrie et de l’Iran
« la commission de révision d’Édimbourg autorise Megrahi à faire appel, sur la base d’une « possible erreur judiciaire ». Parmi les attendus, l’un est gardé secret « à cause d’un accord avec un gouvernement étranger ». Il ne sera jamais communiqué à la défense. »
« Toujours en 2007, Tony Blair, premier ministre, signe un mémorandum d’échange de prisonniers avec Mouammar Kadhafi. C’est finalement la grâce médicale, plus rapide, qui sera choisie. Juste après que Megrahi a abandonné son procès en appel. »
« La vérité sur Lockerbie ne sera peut-être jamais connue. Elle ne devrait pas venir de Libye. Accueilli par quelques centaines de porteurs de drapeaux, en l’absence des caméras de la télévision libyenne, Abdelbaset al-Megrahi a été promptement emmené vers une destination inconnue. Barack Obama s’est contenté de réclamer son « assignation à résidence ».
Comments se fait-il que deux menteurs d’un attentat sous faux drapeau, qui a coûté la vie à 270 civils, entraîné un blocus de huit ans contre le pays faussement accusé et jeté un innocent en prison, avouent la même année qu’ils on menti , d’une part, et d’autre part restent totalement impunis ? Ils ne le diront plus car ils sont morts tous les deux, et ni en Syrie, ni en Iran.
Par ailleurs, les « familles de victimes » vont-elles restituer à la Libye, qui n’était pas coupable, l’argent que celle-ci a versé pour les indemniser ?
2007 Sarkozy reçoit Kadhafi à L’Elysée
2008 : Le Figaro : Tony Blair a rendu visite à Kadhafi
2009 :Berlusconi reçoit Kadhafi et s’excuse pour le passé colonial de Rome
Obama imite Sarkozy en serrant la main d’El Kadhafi
2011. Massacres et bombardement dits humanitaires en Libye.
Le Figaro titre : La France a eu raison en Libye … (Cependant, voir les commentaires)
La Libye, qui pourtant l’a recherché ardemment dès la prise de pouvoir de Kadhafi, n’a pas rencontré un soutien suffisamment fort d’une Afrique en voie avancée de nouvelle colonisation, semble-t-il.
« Pour Pierre Péan, journaliste français et spécialiste de l’affaire, « cette révélation ne fait que confirmer l’évidence :l’attentat de Lockerbie n’a pas été commandité par Kadhafi mais par d’autres »
« D’autres » qui seraient capables de tuer de sang froid 270 êtres humains ? De jeter un ou des innocents en prison, après une parodie de justice dont la longueur et l’épaisseur n’atténue en rien l’irresponsabilité – au contraire ? De faire souffrir un blocus injuste à toute une population jusqu’à la reddition de son gouvernement soigneusement désarmé auparavant ?
Toujours est-il qu’il semblerait que ce n’est pas d’hier que les Etats-Unis et la France, en particulier, conspirent contre Kadhafi. - Pourquoi ?
Parce qu’il serait logique que les « libres marchés », armes, nucléaires et drogues compris, ne se sentent plus « libres » d’éliminer le voisin, appelé concurrent, de réduire en esclavage ceux et celles qui les enrichissent et ne leur coûtent presque rien, et toutes ces sortes de choses peu chrétiennes, quand un gouvernement s’entête à vouloir garder les richesses de son pays et, ce qui est gravissime pour les multinationales, à en faire profiter son peuple, car dans ce cas le profit change de camp !.
Quand, de plus, un gouvernement ne se montre pas favorable à l’islamisme intégriste, fidèle allié de l’occident qui le développe chaque fois qu’il le peut, pour servir d’épouvantail aux colonisateurs et pour asservir les colonisés. Surtout les femmes
Par conséquent, les banques qui financent les « marchés » risqueraient de faire des bénéfices moindres et les banquiers qui sont à leur tête de ne plus pouvoir acheter aussi bien les êtres humains que le luxe tape-à-l’œil réservé aux êtres totalement étrangers à la culture, à l’art, à la littérature, à la musique, à la philosophie… (sauf s’il se trouve ce qu’ils considèrent comme des sous-hommes pour leur acheter ce qu’ils considèrent uniquement comme des « produits » !)
Les banquiers et les patrons de multinationales sont comme de vieux gamins qui jouent à pan-pan en confondant la cour de récréation et les jeux vidéo avec la réalité, et qui se croient sans doute immortels comme les enfants le croient avant l’adolescence. Serait-ce pour cette raison que les Européens ont l’habitude de qualifier avec indulgence les Américains de « Grands Enfants » ?
Il est, dans la vie des parents, des moments où l’indulgence doit faire place à l’autorité. Quand celle-ci a été désarmée physiquement par leurs petits morveux - qu’ils considéraient jusqu’alors et perpétuellement comme leurs chères têtes blondes – il leur reste l’autorité morale, la culture, et l’intelligence.

LIBYE : Fin de mission de l'Otan - Le CNT désormais seul comme un grand !

Fin de mission de l'Otan - A supposer que la guerre libyenne se traduise sous la forme d'une tragédie à l'ancienne, on pourrait la résumer de la sorte :
Acte I : jeudi 20 octobre, mort du colonel Kadhafi, littéralement lynché par des insurgés furieux, qui ne prirent pas de gants pour faire passer le Guide de vie à trépas. Dans la foulée, le Conseil national de transition proclame la fin des hostilités en Libye.
Acte II : moins d'une semaine plus tard, le même Cnt demande le maintien de l'Otan en Libye au moins «jusqu'à la fin de l'année» ; l'instance politique des insurgés libyens estime que même après la mort du Guide, le dernier carré de ses fidèles représente une sérieuse menace pour le pays.
Acte III : à peine 24 heures plus tard, la décision de l'ONU tombe, pareil à un couperet : le Conseil de sécurité de l'instance internationale a décidé, à l'unanimité, une résolution qui met fin au mandat de l'Otan et entre en vigueur le 31 octobre 2011.

Restent les deux derniers actes des fausses et vraies solutions : le Cnt devra désormais les jouer seul, comme un grand ; mais l'Otan est sans doute ce qui devra lui manquer le plus.

On comprend alors l'inquiétude du comité directeur des insurgés libyens ; l'argument évoqué pour demander le maintien de l'Otan en Libye est des plus plausibles ; inutile de se voiler la face, les partisans de Kadhafi ne disparaîtront pas comme par enchantement parce que leur Guide aura été cruellement envoyé ad patres; au contraire, on risque de voir se multiplier en Libye, à défaut d'une armée constituée, des tireurs embusqués qui excellent dans l'art de la guérilla, menant des attaques aussi rapides qu'inattendues pour ensuite se fondre dans la nature, sitôt le mal commis. Cela, personne ne le contestera sérieusement ; et ce, d'autant plus que le même Cnt faisait état, peu de temps avant la mort de Kadhafi, de partisans du Guide massés au sud du pays et prêts à tout pour sauver leur mentor ; Kadhafi est mort, certes, mais la volonté de venger leur leader peut-être demeure intacte.

C'est dans ce contexte que les soldats de l'Otan ramassent leurs cliques et leurs claques pour s'en retourner chacun chez soi. Doit-on vraiment se demander pourquoi ? Peut-être bien que non, tant la guerre en Libye avait fini par devenir épuisante pour l'ensemble des nations de la coalition qui pilonnèrent les troupes de Kadhafi. A tout seigneur, tout honneur ; la France de Sarkozy, à elle seule, estime que sa participation à l'odyssée libyenne lui aura coûté la bagatelle de 300 millions d'euros ! Les 26 000 sorties aériennes effectuées en 7 mois de guerre se seront révélées un véritable gouffre financier pour chacun des 8 pays de l'Otan auxquels se sont joints deux Etats arabes, et qui, ensemble, auront finalement eu raison d'un Guide décidé à rester en place et qui aura fait montre de tout l'acharnement dont il était capable avant de périr dans les conditions que l'on sait. La guerre en Libye aura eu un coût pour chacun des pays membres de l'expédition punitive qui offrit le scalp de Kadhafi à ces ennemis de rebelles. Nul doute qu'ils ne sont pas pressés de remettre ça.

Sans compter que le gros Å"uvre a été fait : le Guide est mort ; le mandat initial de l'ONU ne permettait pas d'aller jusque-là, mais enfin, on aura opté de faire deux pas au lieu d'un seul. Pour le reste, les travaux de finition, sans même le dire, on pense que les insurgés libyens devraient suffire amplement à la tâche.

Cela est clair comme l'eau de roche que l'effort de guerre ne pouvait pas continuer ; la fin du conflit libyen est intervenue à temps, même pour les ténors d'une coalition qui n'en pouvaient plus de se vider financièrement et qui, surtout, visiblement, avaient de la peine à justifier pareilles dépenses faramineuses auprès de leurs propres populations ; ces dernières avaient fini par trouver aberrant que leurs dirigeants jettent l'argent du contribuable dans les sables du désert, alors que, dans moult pays européens, sourd une crise économique qui menace de se révéler implacable. Pour le dire tout net, l'Otan ne pouvait plus rester en Libye ; si elle l'avait tout de même fait, les indignés français, espagnols, américains et allemands se seraient peut-être transformés, eux aussi, mutatis mutandis, en insurgés ; or, on sait à la perfection que ce qui arriva à Kadhafi est justement parti d'une insurrection.
L'Observateur Paalga/31/10/2011
Afrique en Ligne

lundi 31 octobre 2011

NON ! Assad ne menace pas les occidentaux,c'est l'occident qui menace la Syrie et le Moyen Orient....Les titres tendancieux des médias sont de la pure propagande guerre.

Lundi 31 octobre 2011
Tout comme Kadhafi l'avait fait, Assad prévient des risques, Kadhafi avait raison et Assad aussi. Les titres tendancieux des médias sont de la pure propagande guerre. L'OTAN ne cherche qu'à mettre le chaos dans le moyen orient.  Les USA voulait ramener l'IRAK à l'âge de pierre. L'occident ne supporte pas que d'autres pays qu'eux puissent se développer

Toute ingérence occidentale en Syrie risque d'enflammer la région

MOSCOU, 30 octobre 2011
Toute ingérence occidentale en Syrie provoquera "un tremblement de terre" qui enflammera tout le Proche-Orient, a prévenu le président syrien Bachar al-Assad dans une interview accordée dimanche au quotidien britannique The Suday Telegraph.
 
"Les pays occidentaux entendent renforcer leur pression, mais la Syrie diffère de l'Egypte, de la Tunisie et du Yémen. Son histoire et sa politique sont différentes. La Syrie constitue le centre du Proche-Orient et tout problème dans le pays enflammera la région entière. Voulez-vous voir un nouvel Afghanistan ou des dizaines d'Afghanistan?" a posé la question rhétorique le chef de l'Etat syrien.
 
"Si le plan est de diviser la Syrie, cela revient à diviser la région entière", ajoute le président syrien.
Selon le chef d'Etat, les forces de sécurité syriennes ont commis "beaucoup d'erreurs" au début de la contestation visant son régime mais elles visent désormais uniquement des "terroristes".
 
Depuis le 15 mars dernier, la Syrie est secouée par un mouvement de contestation du régime en place. Selon l'opposition et les défenseurs des droits de l'Homme, la répression de la révolte populaire en Syrie par les forces de sécurité aurait déjà fait plus de 3.000 morts. Plusieurs Etats occidentaux ont appelé le président Assad à démissionner.
 
Pour sa part, Damas officiel dément ce chiffre et affirme que près de 1.500 personnes, dont 1.100 militaires et policiers, ont été tués par des "éléments terroristes armés".
Maryvonne Leray  
Ria Novosti

dimanche 30 octobre 2011

La Libye sans Kadhafi : un abîme de questions - ...La haine du dictateur et la volonté de se venger rassemblait ses membres, mais désormais l’argent et le pouvoir passent au premier plan.

27/10/2011
...le meurtre de Kadhafi élimine le principal facteur qui soudait la coalition libyenne très hétéroclite. La haine du dictateur et la volonté de se venger rassemblait ses membres, mais désormais l’argent et le pouvoir passent au premier plan....

L’OTAN termine la campagne libyenne en annonçant une nouvelle victoire du bien sur le mal et le triomphe de la liberté. Barack Obama a déclaré que la voie de la démocratie s’était ouverte pour le peuple libyen. Le corps nu et mutilé de Mouammar Kadhafi, qui au lieu d’être immédiatement enterré a été exposé dans la chambre froide d'un supermarché pour "distraire le public", symbolise certainement le triomphe de la justice. Ainsi, l’Alliance ne s’est pas battue en vain, ses valeurs triomphent sur le sol libyen.
Il faut terminer l’opération au plus vite afin que les événements à venir ne fassent pas d'ombre à la brillante victoire. Or, il est possible d’imaginer la suite du scénario en réunissant à la fois l’expérience accumulée en Irak, en Afghanistan et en Somalie.
Ainsi, le meurtre de Kadhafi élimine le principal facteur qui soudait la coalition libyenne très hétéroclite. La haine du dictateur et la volonté de se venger rassemblait ses membres, mais désormais l’argent et le pouvoir passent au premier plan.
La Libye est un pays complexe qui abrite divers groupes territoriaux et tribaux. La base de la gouvernance de Kadhafi était, bien sûr, la violence, mais l’affaire ne s’arrêtait pas là. Le système d’accords avec les chefs des tribus et de la corruption directe des plus importants seigneurs locaux se combinait avec une répartition (certes modeste) des revenus pétroliers au sein de la population, ce qui contribuait à lui offrir un niveau de vie supérieur par rapport aux pays voisins. En fait, les réformes libérales déjà proposées par les conseillers occidentaux ne provoqueront rien d’autre auprès de la population que l’irritation après de longues années de paternalisme.
On ignore complètement dans quelle mesure les nouvelles autorités pourront rétablir le système d'équilibre des intérêts, plus précisément en créer un nouveau. La défaite écrasante des kadhafistes et l’élimination du colonel ne signifie pas encore que le pays est sous contrôle. Une guerre de résistance des partisans de l’ancien régime pourrait éclater, mais un autre scénario semble plus plausible. On pourrait plutôt s’attendre de facto à l’autonomisation de certaines régions, qui soit ne se plieront pas aux directives de Tripoli, soit monnayeront leur coopération en formulant en permanence des revendications politiques et matérielles. Beaucoup de choses dépendent du comportement des nouvelles autorités envers les partisans de l’ancien régime. Faut-il s’attendre à des règlements de compte et des purges? L’expérience de l'Irak est claire: même les Américains, en fin de compte, ont reconnu que la dissolution du parti Baas et des structures de l’époque de Saddam Hussein ont plongé le pays dans le chaos pour une longue période.
Toutefois, la notion même de "nouvelles autorités" n’a pour l’instant aucun fond. Bien que pendant le second semestre de l’année le Conseil national de transition ait commencé enfin à être associé à des personnalités concrètes (avant cela la situation était complètement incompréhensible), les relations en son sein sont complexes. Les personnalités les plus connues sont des déserteurs du camp de Kadhafi et au sujet desquelles, en faisant un petit effort (et il sera fait), on pourrait trouver beaucoup de choses compromettantes. Tout le monde craint l’essor de l’islamisme. Les islamistes estiment que leur époque est arrivée, étant donné qu’ils étaient violemment réprimés par le colonel. Dans l’ensemble, la tendance au Moyen-Orient est assez claire: le départ des régimes laïques (en Tunisie, en Egypte, en Libye, et probablement au Yémen et en Syrie prochainement) et par conséquent le renforcement des tendances islamiques. Probablement non linéaire, mais constant.
Une question à part concerne le rôle de l’Occident et son attitude envers la future Libye, en admettant qu’elle reste unie. Les compagnies pétrolières et gazières d’au moins trois pays (la France, le Royaume-Uni et l’Italie) estiment qu’ils ont tous le droit à une place de leader. Paris a commencé la guerre, Rome a les contacts les plus étroits avec son ancienne colonie et Londres a assuré un soutien par sa force militaire et la détermination politique. Il faudra trouver un terrain d’entente pour se partager les trophées, car le sens pratique (s’il y en avait un) de cette guerre consistait à contribuer à la sécurité énergétique de l’Europe et à la prospérité de ses entreprises. Pour les autres régions du monde, la Libye n’a pas grande importance.
Les nouvelles autorités libyennes ont déjà annoncé qu'elles prendraient leurs décisions économiques en fonction de considérations politiques. En particulier, la Russie et la Chine, ainsi que le Brésil et l’Allemagne, qui ne se sont pas montrées enclines à soutenir l’ingérence militaire, ne pourront pas espérer grand-chose. Toutefois, les compagnies russes ont la possibilité de participer aux projets libyens en partenariat avec les sociétés européennes, avec lesquelles elles sont en bons termes. Cependant, la question est de savoir si tout ira bien chez les sociétés des pays alliés: toute perturbation dans l’édification de la nouvelle Lybie conduirait à l’instabilité du milieu d’affaires, or il n’y aura pas de facteur de dissuasion sous la forme des forces d’occupation, comme en Irak. Par ailleurs, selon certains signes indirects, on pourrait supposer que même les dirigeants actuels du Conseil de transition seront des partenaires bien moins accommodants qu’on le suppose en Europe et aux Etats-Unis.
La mort de Kadhafi tire un trait sur toute une époque. Mais elle pourrait marquer non pas la fin, mais bien le début d’une véritable crise en Libye.
RIA NOVOSTI Tribune libre 
 

BAHREIN : LA REVOLUTION OPPRIMEE,DES FEMMES RACONTENT .... VIDEO

 29 oct. 2011
Étudiante, enseignante, employée, mère de famille et sa fille ont été agressées par les forces de police bahreïnies, physiquement, moralement.........


Des femmes racontent leurs sévices ..
 

samedi 29 octobre 2011

Premières Rencontres Mondiales des Blogueurs à Foz de Iguazú, au Brésil : « Ceux qui luttent depuis le bas ne peuvent se payer le luxe de se tromper »

Même les dictateurs... meurent !! .....la démocratie est une «utopie» et l'Occident «nous a menti» sur ses valeurs,...

Samedi 29 octobre 2011

...Si El-Gueddafi était un tyran à éliminer au plus vite, pourquoi donc le président Sarkozy l'a-t-il reçu en grandes pompes en dérogeant aux règles même du protocole diplomatique par l'installation de ses tentes en plein centre de la plus belle avenue du monde «Les Champs Élysée»? En quoi El-Gueddafi de 2011 serait-il différent de celui de 2007?....
«Mieux vaut la dictature du fer que l'anarchie de l'or»
 Proverbe allemand
 «Ils ont grandi dans notre imaginaire et cohabité avec notre vie jusqu'au point où l'on a cru qu'ils sont indétrônables, purs et éternels»  c'est ce que m'a dit avec une certaine naïveté intelligente une étudiante mauritanienne en voyant sur «youtube» les lamentables images de la capture d'El-Gueddafi dans un caniveau à Syrte. C'est en partie vrai, les despotes construisent leurs propres «fantasmagories» qui deviennent au fil du temps des vérités consensuelles et irréversibles devant des masses baignées dans la peur et la psychose mais des foutaises fragiles et friables au moindre coup de révolte populaire. En ce point, il est digne de dire que  ni Hitler, ni Mussolini, ni Ceausecou ni encore moins Saddam n'y ont vraiment pu échapper.

Le dictateur où qu'il soit, vit dans un anachronisme chronique, dans une sorte de monde parallèle en nette contradiction avec le réel. Mégalomane, il se ment à outrance jusqu'à ce qu'il se transforme lui-même en pur mensonge. C'est pourquoi, il ne se rend vraiment pas compte qu'en même temps, le monde autour de lui bouge, les mentalités évoluent, et que seul lui reste paranoïaque et prisonnier de ses vieux démons de dominateur. S'il est un portrait-type à coller à El-Gueddafi, ça serait sans l'ombre d'un doute celui-là. De rêves panarabistes à la démagogie africaniste en passant par l'idéalisme tiers-mondiste et l'idéologie anti-américaniste, El-Gueddafi aurait brûlé toutes les étapes de la «folie des grandeurs» et fini, à l'instar de son pair, Saddam Hussein, par être capturé dans «un trou». Lui qui aurait auparavant accusé les rebelles de Benghazi d'être des «souris» et promis de  «dératiser» toute la Libye de long en large de ces truands et voyous, version «printemps arabe 2011». Son slogan « zenga-zenga, dar-dar» a, par son caractère à la fois tragique et comique,  fait le tour du monde en inspirant chansons, gags, et comédies satiriques, ce Gueddafi-là est mort. A dire vrai, personne n'en est à l'abri, quand «la grande faucheuse» arrive, l'homme n'a qu'à se résigner au sort, mais quelle mort?

El-Gueddafi qui vient d'être achevé ou «exécuté» par les forces de la rébellion secondées par l'O.T.A.N en a eu droit à une des plus macabres. Les occidentaux ont eu l'occasion de transmettre  par cette mise en scène «hystérique» un message clair aux dictateurs arabo-musulmans: soit qu'ils se conforment à leurs stratégies et là, ils se sauvent, soit ils  y dérogent et là, le sort d'El-Gueddafi et de Saddam les attend sans doute en fin de parcours. Il n'y a pas tente six chemins pour l'en décrypter, la démocratie est une «utopie» et l'Occident «nous a menti» sur ses valeurs, ses slogans, et ses principes, la «conscience morale» qu'il essaie d'incarner est battue en brèche par les multiples erreurs dont il est redevable devant l'histoire.

La crise économique qu'il traverse en ces moments l'a poussé à chercher de nouveaux marchés commerciaux en vue de placements d'argent et d'exploitation de sa force militaire dans des opérations du type «néocolonial» où il espère pouvoir investir sa domination et son hégémonie en «suçant» ce qui reste des corps exsangues des pays du tiers monde. Pour preuve, aucune convention internationale n'a prédit d'envahir un pays pour tuer ou même relever  un «président» de ses fonctions, après l'avatar de l'invasion de l'Irak sous prétexte de possession d'armes de destruction massive, les occidentaux, les U.S.A et la France en tête, ont «récidivé» par cette «épopée libyenne».
On est, semble-t-il, en train de nous acheminer vers cette situation d'«hyperconflit» pour emprunter le terme du philosophe français Jacques Attali, scénario selon lequel le monde finirait par une guerre globale suite à la course effrénée des grandes puissances  vers l'acquisition des énergies non renouvelables telles que  (hydrocarbures, pétrole, phosphate..etc). Il est certain par ailleurs que le convoi militaire de Syrte aurait pu être épargné par les tirs de l'O.T.A.N et le guide libyen capturé sain et sauf, sans blessure ni égratignure, ce qui lui aurait permis  de jouir du statut de prisonnier politique et des droits que lui confère la convention de Genève de 49 pour être enfin de compte traduit près d'une juridiction locale ou devant le tribunal pénal international, le  fameux «T.P.I»  dans l'espoir d'être jugé dans l'urgence des crimes dont il est responsable et livrer par là le bilan de ses 42 ans d'exercice du pouvoir aux libyens. Rien n'en fut, les U.S.A, la France et l'Angleterre, les trois puissances qui ont géré les opérations de «l'Harmattan» en ont voulu autrement.

   La mort d'El-Gueddafi ne pourrait-elle pas en ce sens être vue sous le prisme d'une volonté d'étouffer certaines affaires douteuses  et de compromissions politiques qui s'étendent au-delà de la méditerranée et de l'Atlantique à l'orée des échéances électorales prévues en France et aux États Unis à l'horizon de 2012?
Si El-Gueddafi était un tyran à éliminer au plus vite, pourquoi donc le président Sarkozy l'a-t-il reçu en grandes pompes en dérogeant aux règles même du protocole diplomatique par l'installation de ses tentes en plein centre de la plus belle avenue du monde «Les Champs Élysée»? En quoi El-Gueddafi de 2011 serait-il différent de celui de 2007?

Est-ce lui  qui a dérapé ou c'est la France qui a carrément changé de vision et de stratégie? N'était-il pas l'instigateur de l'attentat de Lockerbie en 88, le sanguinaire de la prison d'Abou Salim en 1996, le bailleur de fonds de l'«E.T.A» et la tête pensante de tas d'autres actions terroristes déstabilisatrices sur le plan international et par-dessus tout le trublion de la région du Sahel ( surtout le Tchad et le Niger), un guide dont le pays est classé par l'administration américaine dans la liste rouge des «Rogue States» (pays voyous) au côté de l'Iran, la Corée du Nord et la Syrie ?

La réponse va de soi : le «pétrole», cette manne céleste qui est à l'origine de la «culture de la rente» et de tous les malheurs des pays arabes a changé les calculs des Occidentaux. Si les habitants de Benghazi ont fêté la venue du président français par «one-two-three; vive à Sarkozy» et les rebelles ayant débusqué le guide libyen trépignent de joie à sa mort, les occidentaux eux, ne pensent qu'aux bénéfices qu'ils pourraient engranger de cette prétendue «opération de reconstruction de la Libye». Mais les américains ont-ils reconstruit l'Afghanistan et l'Irak depuis la fuite des Talibans et la pendaison en pleine fête du sacrifice du Saddam. De même le Kosovo et la Somalie qui ont vu l'intervention in extremis des occidentaux sur leurs terres, en ont-ils tiré bénéfice? A bien y regarder, l'Irak s'est depuis profondément plongé dans le noir du confessionnalisme et la terreur des massacres va s'amplifiant chaque jour davantage et l'autre pays, l'Afghanistan est tout sauf une zone de paix et de sérénité et suscite même l'inquiétude.

La France et l'Angleterre veulent-elles réellement qu'une vraie démocratie s'installe dans la durée en Libye? Si les libyens ont, comme prétendent-ils, le droit de choisir leurs dirigeants en toute liberté et c'est d'ailleurs politiquement et rationnellement fort compréhensible, pourquoi ont-ils dénié ce droit le plus élémentaire aux palestiniens lorsqu'ils ont voté en toute démocratie pour le «Hamas»  aux élections législatives de 2006 en coupant les aides européennes au nouveau gouvernement, lesquelles seraient d'ailleurs nécessaires à la survie de tout un  peuple en agonie, jugeant les positions de Hamas de  «pro-terroriste»? «L'occident, dirait, avec une amère lucidité, l'écrivain libanais  Amin Maalouf  dans son  célèbre ouvrage « les identités meurtrières» ne veut pas que l'on lui ressemble mais que l'on lui obéisse».
  La règle d'or dans les relations internationales s'appuie sur ce que les anglais appellent «contending theories», c'est-à-dire, des systèmes de pensée et des blocs idéologiques en lutte et en conflictualité permanente, Orient contre Occident, Capitalisme triomphant contre Communisme résiduel et réfractaire, Islam contre Christianisme...etc se posent comme garde-fous face à l'avancée du monde vers le progrès planétaire. Ce que le politologue américain Samuel Huntington (1927-2008) classifie dans sa fameuse théorie du «choc des civilisations» et l'autre américain Edward Said (1935-2003) dans ce qu'il a appelé «le conflit des définitions».
Ainsi, les principes de la force et de la manipulation sont toujours en vigueur, Bush n'a-t-il pas fait allusion par le biais d'un lapsus révélateur aux «croisades messianiques» lors de l'invasion de l'Irak en 2003 et El-Gueddafi n'a-t-il pas qualifié les forces de l'atlantique de «nouveaux croisés» ayant envahi son pays et l'ont délesté de son pouvoir? La guerre psychologique n'est pas du tout une nouvelle invention des temps modernes mais elle jette ses racines dans toute l'histoire de l'humanité, «Hanibal Barca», «Napoléon Bonaparte», «Hitler» et «Joseph Macarthy» aux États Unis s'en sont déjà servie. Mais ce que souvent les médias, par une sorte de réflexe grégaire, cachent lorsque un homme politiques à problèmes meurt ou disparaît, ce sont ses aspects positifs.

Si El-Gueddafi fut un tyran, il était aussi un homme tiers-mondiste convaincu qui a tenté à maintes reprises de rassembler les pays arabes, musulmans et africains sous l'unique bannière de l'unité. Loin de tomber dans l'apologie de la dictature qui est, que l'on veuille ou pas, en elle-même déjà condamnable à plus d'un égard, EL-Gueddafi pourrait à moyen et long terme, incarner l'image d'«un martyr des occidentaux» si la transition politique en ce pays ne serait  pas bien menée à terme par le C.N.T, scénario d'ailleurs  fort probable car  la Libye est un pays vierge, aux confins de l'Afrique subsaharienne, et sans culture démocratique où le tribalisme comme langage codé et codifié règne en maître incontesté.

Hier, «la poigne de fer» d'El-Gueddafi a imposé la discipline, aujourd'hui et demain peut-être «les mains de velours» de la démocratie pourraient installer le désordre ou à la longue ne seraient pas à même d' y échapper. Le défaut de l'Occident est qu'il encourage l'autoritarisme lorsqu'il est debout sur ses pieds et le discrédite dès qu'il tombe sur terre, on est plus dans une parodie politique qui s'apparente au jeu de cartes «le poker» que dans une logique de venir en aide à des populations ravagées par la tyrannie et les privations de toutes sortes, rappelons à titre d'exemple la parole de l'ancien président français «Jacques Chirac» qui, minimisant la conscience des peuples «tiersmondistes», réduit la démocratie au seul «droit au pain».
Par ailleurs,  maintenant que le tyran libyen est livré en pâture à la vindicte des rebelles et achevé apparemment à bout portant, le flou qui entoure encore les circonstances exactes de sa mort pourrait nourrir une future haine intertribaliste vu que le clan «Gueddafiste» est le plus grand du pays, le C.N.T est obligé de mettre toute la lumière sur cette affaire afin d'espérer garantir la cohésion nationale.  En même temps, les regards tournent vers les munitions, armes et projectiles que les troupes d'El-Gueddafi possèdent et la possibilité qu'ont les éléments de l'«A.Q.M.I» de les récupérer afin d'alimenter leur réseau. Qui pourrait donc en ces circonstances très délicates mettre le holà sur leurs manœuvres alors que l'on sait que le C.N.T, fort empêtré dans ses contradictions, aurait affirmé qu'il appliquerait d'ores et déjà la «Charia» sur tout le territoire libyen.
N'est-ce pas à priori une des formes de concession aux revendications des tendances salafistes libyennes, censées être très proches du mouvement d'Al-Qaïda?  Pourquoi El-Gueddafi lui-même n'y a-t-il pas allé jusqu'à ce point? En d'autres termes, assiste-on vraiment à une volonté réelle de la part des nouvelles autorités libyennes de revenir aux sources de la législation coranique ou s'agit-il seulement d'une opération politique en trompe-l'œil afin d'épater la galerie et d'attirer les islamistes par l'appât de la «Charia»?
De toute façon, une chose est sûre: le pouvoir de C.N.T est très faible, d'abord sur le plan militaire, on est face à une absence d'armée régulière capable, si besoin, est d'imposer dans un premier temps la paix, la tradition vieille de plus de 30 ans «des comités révolutionnaires» chère au colonel El-Gueddafi a cultivé l'esprit de «mercenariat» et de «la guerre des bandes» à grande échelle, la «bédouinocratie»  pour reprendre le terme de «Luis Martinez», est un risque majeur pour la sécurité de la future Libye, la tâche de rassembler toutes les tribus et d'essayer d'instaurer un consensus national qui sert toutes les parties qui étaient en conflit va certainement prendre beaucoup plus du temps qu'il n'en faut. C'est dans ce contexte que les occidentaux, sensibles à tout intégrisme, tourneraient sans doute du côté du pouvoir d'Alger, militairement le plus fort dans la région après Israël, possédant une longue expérience dans la lutte anti-terroriste, limitrophe de la Libye et de surcroît ayant des ouvertures frontalières sur le Sahel.

  Une telle position géostratégique est de nature à recentrer toute l'attention sur l'Algérie au moment actuel car d'une part en Tunisie, les islamistes modérés d' «El-Guennouchi»  arrivent largement en tête des élections pour la constituante, l'Égypte, quant à elle, risque  probablement de tomber entre les mains des «Frères musulmans», et au Maroc, malgré les réformes entreprises par le Roi Mohammed VI, la rue est gagnée par le grand retour au forceps du souffle d'«islamisation». En ce sens, l'Occident va miser sur l'Algérie comme «barrage anti-islamiste» afin de  garantir une stabilité régionale au long cours à ses portes, les positions réticentes de l'Algérie envers le C.N.T pourraient, le cas échéant, être interprétées comme une «distanciation» par rapport au phénomène du «péril vert», le président Bouteflika, en diplomate très connaisseur des relations internationales, a laissé planer le doute aussi bien chez les occidentaux que dans le gros de la classe politique algérienne en refusant de trancher en faveur du C.N.T; chose qui peut s'expliquer par sa non-confiance dans les capacités de cet «organe  révolutionnaire» libyen  dans la maîtrise du terrorisme et par la peur de voir ces mêmes puissances occidentales qui l'ont soutenu à ses frontières.
D'autre part, le deuxième enjeu, stratégique de taille pour les pays européens surtout en ces moments de crise économique est «l'immigration clandestine», à ce titre, ni la Tunisie post-Ben-Ali, ni la Libye post-El-Gueddafi, ni encore moins le Maroc royaliste sont aux yeux des occidentaux capables de freiner ces marées humaines qui envahissent leurs terres, l'Algérie est encore une fois sous les feux de la rampe en ce domaine et le régime d'Alger, face à  une contestation sociale grandissante qui inquiète plus ou moins l'Occident, plus particulièrement la France, brandit sa deuxième carte «le barrage contre l'immigration clandestine» qui sans l'ombre d'un doute séduit une Europe qui «se droitise» chaque jour davantage et ne veut plus, pour emprunter au professeur Chitour sa plus belle expression « instaurer un tiers monde sur ses terres».
Que l'on soit clairs, aucun pays arabe n'est démocratique, tous  les régimes politiques sont corrompus, dictatoriaux et servent les intérêts de l'Occident «démocratique». C'est pourquoi, la démocratisation  du monde arabe devrait  provenir de ses entrailles et non plus par une quelconque injonction occidentale de quelque ordre qu'elle soit. En ce sens, l'on remarque que l'Occident, en participant à la traque d'El-Gueddafi via l'O.T.A.N  a transgressé  les prérogatives qui lui sont attribuées par les institutions internationales dans ce genre de conflits, sa mission consistait essentiellement à protéger les civils des raids des troupes d'El-Gueddafi par l'instauration d'une zone d'exclusion aérienne selon l'esprit et les termes de la convention de 1973 qui permet l'intervention des forces onusiennes en cas d'atteinte aux «droits de l'homme» et en cas de conflit de basse ou de large intensité et non pas pour «viser» un convoi militaire d'un «président déchu» et en fuite qui, de toute façon, pourrait être quadrillé et encerclé par les rebelles sur terre surtout lorsque l'on sait qu'il était  sur le point de quitter «Syrte», son fief et dernier refuge, pour une destination inconnue car les forces du C.N.T l'ont battu militairement sur le terrain.

Cela dénote on ne peut plus, la volonté des forces de l'O.T.A.N de liquider  El-Gueddafi à tout prix, ne l'ont-elles pas d'ailleurs ciblé alors qu'il s'est sauvé in extremis laissant son fils Seif-Al-Arab périr sous les bombes larguées sur sa demeure à Bab Al-Azzizia? S'agit-il réellement d'une «erreur tactique» comme l'a prétendu le général «Mike Mûllen» à l'époque. Ce que l'on pourrait dire est que, au-delà de toute supputation ou démagogie populiste, les frappes aériennes de l'O.T.A.N sont indubitablement «une tentative d'assassinat politique» en complète dérogation aux loin onusiennes. 
Une fois encore, le monde arabo-musulman, après le procès à huis clos et la mise à mort prématurée de Saddam et l'exécution dans des circonstances qui restent floues de Ben Laden, la quête de la vérité reste inachevée et les masses populaires y sont toujours sur leur faim. Qui a tué Ben Laden, Saddam et El-Gueddafi? L'Occident, les rebelles, les islamistes, les démocrates, les masses? Qui exactement?   Autrement dit, les occidentaux «nous ont menti» et vont certainement continuer de nous mentir dans les années à venir car nos régimes politiques ne sont pas démocratiques et «troquent» leur dictature contre des pétrodollars. Bien pire, dernièrement même, ils n'ont pas tiré la sonnette d'alarme et n'ont pas répondu aux échos des cris de ces  jeunes qui s'immolent par détresse et de ces  peuples en attente de «réanimation» à la salle des urgences de la démocratie.
  La tragédie des «Raîs» arabes, c'est qu'ils espèrent pérenniser coûte que coûte sur leurs chaises faisant usage de moyens répressifs et régressifs énormes alors qu'ils savent pertinemment que leur sort est scellé d'avance, le verdict populaire les attendrait en bout de course pour les condamner sans clémence aucune. L'histoire ne pardonne plus les ratages démocratiques, les répressions féroces, les mauvais calculs économiques et surtout la mauvaise gouvernance. Mais, ce grand virage du printemps arabe servirait-il réellement les intérêts de l'Occident?

L'agitation et l'empressement  du président Sarkozy à se prévaloir d'un destin d'homme politique à l'aura messianique en se posant comme un sauveur de peuples opprimés afin de subjuguer une opinion française sceptique à sa «politique d'austérité» dans une Europe qui peine à sortir de l'ornière de la crise de la zone d'euro,  participe également de cette  grande histoire de «tromperie des peuples» alors que la participation électorale massive aux primaires socialistes ont prouvé en filigrane, l'intention des français de faire une rupture catégorique avec le «néolibéralisme sauvage» et «l'interventionnisme» militaire» en terre étrangère plus particulièrement après le désastre affreux en Afghanistan  et la mort de soldats français.

De l'autre côté, le président Obama n'a fait que décevoir, récipiendaire du prix Nobel de la paix, il a mis le rêve de l'État palestinien sous le boisseau de l'oubli, de même sur le  plan intérieur, champ où les démocrates sont généralement plus entreprenants par rapport aux les républicains, le chômage grimpe et atteint des pics paroxystiques alors que les promesses du retrait des troupes américaines de l'Irak et de l'Afghanistan  se font très lentement et désespèrent de larges pans de l'opinion américaine soucieuse de l'image de l'Oncle Sam à l'extérieur. 
Mais la Libye réussirait-elle à  enjamber le train de la modernité sans le secours de l'Occident? Mustapha Abdeldjalil, en connaisseur averti des rouages du système d'El-Gueddafi pourrait-il en éviter les errements et tourner son regard vers une Libye démocratique, libre, et ouverte? Comment  le C.N.T va-t-il s'y prendre avec les islamistes, avec son voisin l'Algérie, avec les pays du Sahel et surtout avec la France? L'avenir va certainement nous en révéler le secret, mais entretemps, l'on ne pourrait que   dire avec respect et gratitude à nos frères libyens «bravo  pour la Libye nouvelle!!!»     

 Kamal Guerroua, Universitaire 
Sur Cri du peuple 1871 :
http://www.mleray.info/article--meme-les-dictateurs-meurent--87462225.html