Fin de mission de l'Otan - A supposer que la guerre libyenne se traduise sous la forme d'une tragédie à l'ancienne, on pourrait la résumer de la sorte :
Acte I : jeudi 20 octobre, mort du colonel Kadhafi, littéralement lynché par des insurgés furieux, qui ne prirent pas de gants pour faire passer le Guide de vie à trépas. Dans la foulée, le Conseil national de transition proclame la fin des hostilités en Libye.
Acte II : moins d'une semaine plus tard, le même Cnt demande le maintien de l'Otan en Libye au moins «jusqu'à la fin de l'année» ; l'instance politique des insurgés libyens estime que même après la mort du Guide, le dernier carré de ses fidèles représente une sérieuse menace pour le pays.
Acte III : à peine 24 heures plus tard, la décision de l'ONU tombe, pareil à un couperet : le Conseil de sécurité de l'instance internationale a décidé, à l'unanimité, une résolution qui met fin au mandat de l'Otan et entre en vigueur le 31 octobre 2011.
Restent les deux derniers actes des fausses et vraies solutions : le Cnt devra désormais les jouer seul, comme un grand ; mais l'Otan est sans doute ce qui devra lui manquer le plus.
On comprend alors l'inquiétude du comité directeur des insurgés libyens ; l'argument évoqué pour demander le maintien de l'Otan en Libye est des plus plausibles ; inutile de se voiler la face, les partisans de Kadhafi ne disparaîtront pas comme par enchantement parce que leur Guide aura été cruellement envoyé ad patres; au contraire, on risque de voir se multiplier en Libye, à défaut d'une armée constituée, des tireurs embusqués qui excellent dans l'art de la guérilla, menant des attaques aussi rapides qu'inattendues pour ensuite se fondre dans la nature, sitôt le mal commis. Cela, personne ne le contestera sérieusement ; et ce, d'autant plus que le même Cnt faisait état, peu de temps avant la mort de Kadhafi, de partisans du Guide massés au sud du pays et prêts à tout pour sauver leur mentor ; Kadhafi est mort, certes, mais la volonté de venger leur leader peut-être demeure intacte.
C'est dans ce contexte que les soldats de l'Otan ramassent leurs cliques et leurs claques pour s'en retourner chacun chez soi. Doit-on vraiment se demander pourquoi ? Peut-être bien que non, tant la guerre en Libye avait fini par devenir épuisante pour l'ensemble des nations de la coalition qui pilonnèrent les troupes de Kadhafi. A tout seigneur, tout honneur ; la France de Sarkozy, à elle seule, estime que sa participation à l'odyssée libyenne lui aura coûté la bagatelle de 300 millions d'euros ! Les 26 000 sorties aériennes effectuées en 7 mois de guerre se seront révélées un véritable gouffre financier pour chacun des 8 pays de l'Otan auxquels se sont joints deux Etats arabes, et qui, ensemble, auront finalement eu raison d'un Guide décidé à rester en place et qui aura fait montre de tout l'acharnement dont il était capable avant de périr dans les conditions que l'on sait. La guerre en Libye aura eu un coût pour chacun des pays membres de l'expédition punitive qui offrit le scalp de Kadhafi à ces ennemis de rebelles. Nul doute qu'ils ne sont pas pressés de remettre ça.
Sans compter que le gros Å"uvre a été fait : le Guide est mort ; le mandat initial de l'ONU ne permettait pas d'aller jusque-là, mais enfin, on aura opté de faire deux pas au lieu d'un seul. Pour le reste, les travaux de finition, sans même le dire, on pense que les insurgés libyens devraient suffire amplement à la tâche.
Cela est clair comme l'eau de roche que l'effort de guerre ne pouvait pas continuer ; la fin du conflit libyen est intervenue à temps, même pour les ténors d'une coalition qui n'en pouvaient plus de se vider financièrement et qui, surtout, visiblement, avaient de la peine à justifier pareilles dépenses faramineuses auprès de leurs propres populations ; ces dernières avaient fini par trouver aberrant que leurs dirigeants jettent l'argent du contribuable dans les sables du désert, alors que, dans moult pays européens, sourd une crise économique qui menace de se révéler implacable. Pour le dire tout net, l'Otan ne pouvait plus rester en Libye ; si elle l'avait tout de même fait, les indignés français, espagnols, américains et allemands se seraient peut-être transformés, eux aussi, mutatis mutandis, en insurgés ; or, on sait à la perfection que ce qui arriva à Kadhafi est justement parti d'une insurrection.
L'Observateur Paalga/31/10/2011
Afrique en Ligne
Acte I : jeudi 20 octobre, mort du colonel Kadhafi, littéralement lynché par des insurgés furieux, qui ne prirent pas de gants pour faire passer le Guide de vie à trépas. Dans la foulée, le Conseil national de transition proclame la fin des hostilités en Libye.
Acte II : moins d'une semaine plus tard, le même Cnt demande le maintien de l'Otan en Libye au moins «jusqu'à la fin de l'année» ; l'instance politique des insurgés libyens estime que même après la mort du Guide, le dernier carré de ses fidèles représente une sérieuse menace pour le pays.
Acte III : à peine 24 heures plus tard, la décision de l'ONU tombe, pareil à un couperet : le Conseil de sécurité de l'instance internationale a décidé, à l'unanimité, une résolution qui met fin au mandat de l'Otan et entre en vigueur le 31 octobre 2011.
Restent les deux derniers actes des fausses et vraies solutions : le Cnt devra désormais les jouer seul, comme un grand ; mais l'Otan est sans doute ce qui devra lui manquer le plus.
On comprend alors l'inquiétude du comité directeur des insurgés libyens ; l'argument évoqué pour demander le maintien de l'Otan en Libye est des plus plausibles ; inutile de se voiler la face, les partisans de Kadhafi ne disparaîtront pas comme par enchantement parce que leur Guide aura été cruellement envoyé ad patres; au contraire, on risque de voir se multiplier en Libye, à défaut d'une armée constituée, des tireurs embusqués qui excellent dans l'art de la guérilla, menant des attaques aussi rapides qu'inattendues pour ensuite se fondre dans la nature, sitôt le mal commis. Cela, personne ne le contestera sérieusement ; et ce, d'autant plus que le même Cnt faisait état, peu de temps avant la mort de Kadhafi, de partisans du Guide massés au sud du pays et prêts à tout pour sauver leur mentor ; Kadhafi est mort, certes, mais la volonté de venger leur leader peut-être demeure intacte.
C'est dans ce contexte que les soldats de l'Otan ramassent leurs cliques et leurs claques pour s'en retourner chacun chez soi. Doit-on vraiment se demander pourquoi ? Peut-être bien que non, tant la guerre en Libye avait fini par devenir épuisante pour l'ensemble des nations de la coalition qui pilonnèrent les troupes de Kadhafi. A tout seigneur, tout honneur ; la France de Sarkozy, à elle seule, estime que sa participation à l'odyssée libyenne lui aura coûté la bagatelle de 300 millions d'euros ! Les 26 000 sorties aériennes effectuées en 7 mois de guerre se seront révélées un véritable gouffre financier pour chacun des 8 pays de l'Otan auxquels se sont joints deux Etats arabes, et qui, ensemble, auront finalement eu raison d'un Guide décidé à rester en place et qui aura fait montre de tout l'acharnement dont il était capable avant de périr dans les conditions que l'on sait. La guerre en Libye aura eu un coût pour chacun des pays membres de l'expédition punitive qui offrit le scalp de Kadhafi à ces ennemis de rebelles. Nul doute qu'ils ne sont pas pressés de remettre ça.
Sans compter que le gros Å"uvre a été fait : le Guide est mort ; le mandat initial de l'ONU ne permettait pas d'aller jusque-là, mais enfin, on aura opté de faire deux pas au lieu d'un seul. Pour le reste, les travaux de finition, sans même le dire, on pense que les insurgés libyens devraient suffire amplement à la tâche.
Cela est clair comme l'eau de roche que l'effort de guerre ne pouvait pas continuer ; la fin du conflit libyen est intervenue à temps, même pour les ténors d'une coalition qui n'en pouvaient plus de se vider financièrement et qui, surtout, visiblement, avaient de la peine à justifier pareilles dépenses faramineuses auprès de leurs propres populations ; ces dernières avaient fini par trouver aberrant que leurs dirigeants jettent l'argent du contribuable dans les sables du désert, alors que, dans moult pays européens, sourd une crise économique qui menace de se révéler implacable. Pour le dire tout net, l'Otan ne pouvait plus rester en Libye ; si elle l'avait tout de même fait, les indignés français, espagnols, américains et allemands se seraient peut-être transformés, eux aussi, mutatis mutandis, en insurgés ; or, on sait à la perfection que ce qui arriva à Kadhafi est justement parti d'une insurrection.
L'Observateur Paalga/31/10/2011
Afrique en Ligne

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