jeudi 13 octobre 2016

La virginité ou l’honneur social : les pratiques et les comportements coutumiers, tradition ancestrale.




En effet, les mentalités n’ont pas suivi la marche de la modernité. Sorties du domicile familial, exposées « au danger », les femmes et leurs filles restent encore plus soumises au fardeau social de la virginité.
 

La virginité de l’Algérienne est une norme fondamentale de la société. Corps surprotégé par la famille et notamment par la mère qui veille sur la virginité de la fille car l’homme cherche toujours l’épouse vierge, « pure », dont il se croit le seul initiateur en matière sexuelle. La virginité est ainsi une hantise pour les jeunes filles et pour les mères qui mettent en œuvre toutes sortes de stratégies pour préserver leur fille de tout contact sexuel avant le mariage et ainsi « sauver l’honneur ».
Il existe des pratiques traditionnelles qui consistent justement à préserver cette virginité. Celle que l’on connaît en Algérie, notamment à Bou-Saâda, est le rituel du rbat. Notons qu’il existe d’autres appellations qui participent du même principe mais qui se caractérisent par des techniques différentes d’une région à l’autre. Citons le teskar, action de fermer, le tesfah, action d’aplatir ou de blinder. La jeune fille le subissant est dite msakra, msafha, marbouta, soit littéralement : fille fermée, fille blindée, fille ligotée ou fille nouée.
La littérature occidentale du Moyen Âge nous l’a transmise sous l’appellation du rite de la ferrure. Théoriquement la fille marbouta ne peut être pénétrée par aucun homme quelle que soit sa vigueur sexuelle, et fût-elle consentante.
Le rbat que nous connaissons dans la région de Bou-Saâda se pratique avant la puberté. L'âge idéal est entre huit et dix ans. Aujourd’hui, il est effectué juste avant l’entrée en première année du primaire, à six ans, tout comme la circoncision 10 pour les garçons. On emmène la petite fille chez une femme spécialisée dans cette opération, la qabla, l’accoucheuse traditionnelle, l’équivalent de la sage femme. Ce rite peut être aussi accompli par la mère, une tante ou une grand-mère. Le rbat est tenu secret, car il fait partie de l’intimité des femmes. Les hommes en sont tenus à l’écart.
Ce rituel s’effectue par la lecture de phrases magiques et au moyen d’instruments. La phrase consacrée est répétée par la fillette sept fois de suite : wald en nas khaït wana haït que je traduis littéralement par : le fils des autres (femmes) est un fil tandis que je suis un mur. Par cette opposition fil/mur, au symbolisme sexuel évident, dont elle ne soupçonne même pas la signification, la fillette est mise en condition : désormais les hommes quels qu’ils soient représentent un danger pour elle.
Pour désamorcer le pouvoir de cette formule, quelques jours avant le mariage, il suffira de l’inverser. La phrase devient alors : wald en nas haït wana khaït, que je traduis littéralement par : le fils des autres est un mur tandis que je suis un fil.
Ce retournement de la formule recèle un mécanisme ambivalent où, pour provoquer la fermeture, la femme est symbolisée par un mur-serrure dont aucun passe ne saurait venir à bout, alors que lorsqu’il s’agira de procéder à l’opération inverse de l’ouverture, la femme se voit dotée du pouvoir masculin de la bonne clef, symbolisée par le fil d'ou le sacrifice de la fille vierge qui « est ainsi victime et en même temps source du pouvoir et objet de ce pouvoir ».
Des instruments tels que le métier à tisser, le cadenas, le coffre ou la poupée confectionnée à l’occasion sont utilisés comme supports symboliques dans l’accomplissement du rituel 12. Dans le cas du métier à tisser, le rituel est effectué au moment de son montage. À Tlemcen, on apporte à la praticienne une aiguille et un balai. La fillette, nue, les yeux fermés, fait sept fois le tour du métier. À chaque fois elle est piquée avec une aiguille et reçoit un coup de balai. Ensuite la barre du métier est descendue et la fillette la franchit sept fois dans un sens puis sept fois dans l’autre. À Bou-Saâda, le rituel est bien plus simple. La fillette habillée enjambe le métier à tisser sept fois tout en répétant après la femme désignée pour mettre en œuvre le rituel, la formule consacrée de la fermeture.
Dans le cas du cadenas, on fait acheter cet objet par un garçon qui n'est pas de la famille. Il doit prendre l’argent de l’achat sans compter ni demander le prix au marchand. Ce cadenas ne doit pas être ouvert en cours de route. Pendant ce temps, la fillette est préparée : elle doit être nue et cheveux dénoués. On lui enlève boucles, épingles, colliers et bracelets. Elle doit rester debout les yeux fermés. La personne qui pratique la « fermeture » ouvre le cadenas, le place face au sexe de la fillette et le ferme avec ces paroles : « binti haït » (ma fille est un mur). Elle passe ensuite le cadenas par en dessous, vers l'arrière, l'ouvre et dit textuellement : « wald en nas khaït (le fils des autres est un fil). Par sept fois l'opération est répétée puis le cadenas est caché ou le plus souvent jeté. La veille du mariage, il faut procéder à « l’ouverture » et, pour cela, refaire l’opération dans le sens inverse.
Dans le cas du coffre-fort et de la serrure, on assoit sur le coffre la fillette préparée dans les mêmes conditions. On le ferme sous elle en prononçant la première formule, « ma fille est un mur… ». La veille du mariage, pour procéder à « l’ouverture », la fille est placée debout sur le coffre dont on ouvre la serrure en psalmodiant la formule inverse.
D’autres techniques sont utilisées, tel le marquage par le tatouage. Une légère incision est pratiquée de haut en bas sur la cuisse droite de la fillette, préparée dans les mêmes conditions, en psalmodiant les mêmes phrases magiques. Cette technique est pratiquée dans le Constantinois et en Tunisie. Lors du mariage, pour procéder à « l’ouverture », on réalise une autre scarification dans le sens inverse, de bas en haut sur l’autre cuisse.
Cette dernière coutume se rapproche de la pratique de l’excision dite sunnite telle qu’elle est prat (...)
Et enfin, il est un autre marquage repéré chez les Reguibet, tribu de la Saoura dans le Sud algérien. La fillette, « pour éviter tout risque d’accident », est attachée, jambes et bras écartés, à quatre piquets fichés en terre. Une coupure est pratiquée sur le clitoris puis recouverte de henné. Dans tous les cas les mêmes formules sont répétées.
Comme si le marquage psychologique par le rbat ne se suffisait pas par lui-même, il est rendu indélébile par les marquages sur le corps des femmes, et pas seulement. Il est encore renforcé par l’éducation que la fillette va recevoir. En amont, les parents, la mère en particulier, auront mis le plus grand soin à la formation de la jeune fille. La prévention contre tout écart par rapport à la norme se double d’une surveillance quotidienne et d’éventuelles punitions (piment frotté sur le clitoris).
Ainsi, par la pratique du rbat, la fillette est désormais détentrice de l’honneur de tout le groupe. Elle est exclue définitivement du monde du « dehors » pour être cantonnée dans celui du « dedans ». Elle doit apprendre à faire « les choses des femmes » : cuisine, tissage et aussi apprendre à rougir et courber l’échine devant les mâles de la famille et de la société toute entière.
Il semblerait que c’est à son odeur enivrante et à sa couleur rose pâle que le sang de la vierge est (...)
L’ ouverture symbolique par le rituel du rbat la veille de la nuit de noces puis la défloration de l’hymen par l’époux sont rendues manifestes par la preuve tangible de la « chemise tachée du sang de la vierge ». Le soir même, cette chemise doit être exhibée pour être vue de tous. Certaines femmes sont même sollicitées pour expertiser le sang virginal 17. Le lendemain, la famille dansera avec cette « chemise » tandis que la mariée entamera, quant à elle, une danse dite lhzam, « de la ceinture », où s’accrochent les billets de banque qu’elle reçoit de sa belle-famille. Plus tard, cette « chemise » sera envoyée dans les familles proches et voisines, qui féliciteront la mère de la tahmirat el oujah, faire rougir le visage de la famille, ce qui s’oppose à tasfirat el oujah, faire jaunir le visage de la famille, lorsqu’il s’avère que la jeune fille n’est pas vierge. Il arrive souvent qu’on passe sur le visage des fillettes cette « chemise » pour assurer une fois de plus la protection de leur virginité. Investie de la baraka, cette chemise devient un objet sacré. Aussi est-elle gardée précieusement et ne sera-t-elle lavée que lors du premier accouchement.
Lorsque pour différentes raisons il arrive que l’affaire ne puisse être réglée, la mariée accusée de non virginité peut dans ce cas se défendre par son certificat de virginité. D’autres artifices peuvent alors être convoqués dans cette « vaste prison » des femmes. La société, aussi fermée soit-elle, offre des portes de sortie.
Lorsque le rbat est confronté à ses limites, la société des femmes – mères, grands-mères et sages femmes – se mobilise pour trouver des « issues de secours » afin de sauver l’honneur de la famille, du groupe, du clan : « L’histoire sociale du monde arabo-musulman traditionnel est une constante recherche de compensations, de fuites, de subterfuges pour contourner, dépasser le manichéisme des sexes ».
Par le passé, lorsqu’elle considérait que l’hymen n’est pas suffisamment « resserré », la qabla préparait différentes onctions pour y remédier et faciliter le saignement lors du premier rapport : « Les mariées inquiètes ont, pendant des siècles, eu recours à des artifices permettant de simuler l’hémorragie de la défloration ». Lorsque malgré tout le sang n’apparaissait pas, il ne restait plus qu’à dire que la fillette née un vendredi ne peut produire d’écoulement de sang lors du rapport. La qabla en général donnait raison à cette déclaration. Ainsi, l’honneur était sauf. Le vendredi est le jour saint chez les musulmans, le jour du pardon où il est fortement recommandé aux croyants, amis et ennemis, de se réunir dans l’enceinte de la mosquée pour la prière.
L’évolution et le progrès ne permettant plus aujourd’hui de faire valoir de telles causalités et d’offrir de telles issues aux égarées, d’autres tactiques de contournement sont envisagées. La pharmacie du coin est aussi appelée à la rescousse pour provoquer l’écoulement du sang. Ce sont des produits médicamenteux dont il est difficile de savoir par quel biais ni comment ils ont pu être repérés par les femmes. Délivrés dans le secret le plus total par le pharmacien et sans ordonnance, ces produits pharmaceutiques sont absorbés ou injectés la veille de la nuit de noces. Ici, le danger ne se mesure pas, ces femmes sont prêtes à tout.
Il est fait appel aussi à la chirurgie réparatrice de l’hymen par les opérations de l’hyménorrapie et de l’hyménoplastie . Solution coûteuse, elle est pratiquée aussi bien par des chirurgiens que par des sages-femmes, les conditions d’asepsie étant en rapport avec les moyens financiers que l’on y met. Ainsi, la chirurgie donnant l’assurance de se refaire une virginité, la jeune fille peut envisager une vie sexuelle relativement libre. Sans parler du fait qu’elle peut aussi s’adonner à un simulacre de pénétration dit « petting », flirt avancé.
Enfin, notons la capacité de la société à défaire le rbat lorsqu’elle est forcée de constater qu’il la mène à l’impasse. En effet, il existe des situations où l’on considère que le rbat peut avoir des effets maléfiques, par exemple lorsque la jeune fille marbouta ayant dépassé l’âge du mariage, ne trouve toujours pas de mari. Pour faire affluer les demandes en mariage, il faut dénouer l’effet du rbat, avec les mêmes instruments et phrases magiques que pour « l’ouverture » à la veille du mariage. La société méprise le célibat. Le mariage est un devoir que tout musulman doit accomplir. Il est un bien précieux de Dieu. Alors qu’il était envisagé comme une protection assurant la virginité, le rbat exerce également des effets maléfiques dans le cas de l’homme dit marboute, lorsque les mauvais sorts jetés sur lui mettent en cause ses attributs virils. Il faut donc coûte que coûte l’en sortir. Dans le fond, la société qui pratique le rbat, le redoute tout autant : « Que Dieu ouvre ton nœud », est l’expression consacrée dite à tout homme et toute femme se trouvant dans une situation d’impasse.
Les salafistes, rigoristes qui prêchent tout comme les oulémas jadis un Islam épuré, considèrent ces pratiques comme relevant de la sorcellerie et non conformes à la religion. Ils les ont bannies. Mais la virginité demeurant à leurs yeux une valeur fondamentale, ils n’ont d’autre remède face à l’angoisse du clan que le mariage précoce afin d’échapper à la « tentation ».
On voit que, quelles qu’elles soient, les sorties de secours proposées par la société font faillite. La jeune épousée déclarée non vierge est renvoyée le soir même dans sa famille. Quant aux conséquences morales et physiques qui en découlent pour les familles, elles sont graves et peuvent aller jusqu’à l’assassinat de la fille et de la mère. Couverte de honte, la fille est bannie de la liste des jeunes prétendantes. Elle est alors destinée aux hommes âgés. Et elle pâtira avec toute sa famille de cette « honte » sur plusieurs générations.
Le rbat à l’instar du voile, hier moyen de conforter la société traditionnelle, serait-il le signe d’une stagnation de la société ou d’une transition obligée vers la modernité ? Puisqu’il est vrai que les femmes s’ingénient aussi à trouver des issues de secours sans aller jusqu’à la rupture. Jusqu’où peut-on pousser les limites de ces clôtures ? Et s’il fallait rompre ?
En effet, les mentalités n’ont pas suivi la marche de la modernité. Sorties du domicile familial, exposées « au danger », les femmes et leurs filles restent encore plus soumises au fardeau social de la virginité.
Auteur : Barkahoum FERHATI
Barkahoum FERHATI est maître de recherche au CNRPAH à Alger, chercheure associée au CHIM, EHESS. Elle est l’auteure de deux ouvrages : Le musée national Etienne Dinet de Bou-Saâda, Alger, INAS, 2004 et De la « tolérance » en Algérie : Enjeux en soubassement, 1830-1962, Alger, El Othmaniya, 2007, et elle a publié plusieurs articles autour des questions des femmes. Aujourd’hui, elle mène une étude comparative autour des questions du genre entre le Soudan et l’Algérie.

vendredi 7 octobre 2016

L'attribution unilatérale du Prix Nobel de la Paix est un scandale pur et simple.



L'attribution du Prix Nobel de la Paix au président colombien Juan Manuel Santos, et à lui seul, est un geste qui laisse bouche bée. On n'en croit pas ses oreilles et on se frotte les yeux : ainsi donc, le mérite de la signature d'un accord de paix ne reviendrait qu'à un seul des signataires ? Mais à quoi donc le comité norvégien a-t-il pensé ? Pour signer un accord, il faut être au moins deux et en Colombie, les signataires étaient deux : Santos et les FARC-EP.
Pourquoi donc, les FARC-EP n'ont-elles pas aussi reçu le prix ? Pour l'accord de paix au Vietnam, c'étaient Kissinger et Le Duc Tho qui avaient reçu le prix en 1973 (le Vietnamien l'avait refusé), pour l'accord égypto-israélien, c'étaient Sadat et Begin en 1978, pour l'accord sud-africain, c'étaient Mandela et De Klerk en 1993, pour les accords d'Oslo, c'étaient Arafat, Rabin et Peres en 1994.
S'il y avait un homme qui méritait ce prix, c'était bien Fidel Castro, car c'est à lui que revient fondamentalement le mérite de l'accord de paix en Colombie. C'est Fidel qui a travaillé inlassablement dans l'ombre, depuis une bonne vingtaine d'années, pour parvenir enfin aux dialogues de paix de La Havane. Et celui qui a le moins de mérites dans ce processus, c'est justement Santos, qui a poursuivi avec ces accords des buts sans aucune noblesse : il comptait sur eux pour se faire réélire en 2018 et pour pouvoir continuer à livrer les richesses d'une Colombie pacifiée au pillage des multinationales et de l'oligarchie colombienne. Et en imposant la tenue d'un référendum sur cet accord de paix, au lieu de l'élection d'une assemblée constituante pour élaborer une nouvelle constitution, comme le demandaient les FARC, il a ouvert la porte à son ancien patron, Alvaro Uribe, porte-drapeau du secteur le plus agressif et revanchard de la droite oligarchique colombienne. Résultat de ce référendum aussi stupide qu'inutile : l'accord de paix a été rejeté par "le peuple", de fait 12,5% des Colombiens.
Avant de recevoir le prix Nobel, Santos avait annoncé que le cessez-le-feu durerait jusqu'au 31 octobre. Après avoir été nobélisé, il a changé de position, déclarant que le cessez-le feu bilatéral allait rester en vigueur. Mais ce ne serait pas la première fois qu'un Prix Nobel de la Paix ferait la guerre : il suffit de penser à Shimon Peres ou Obama..

Fausto Giudice
Source : TLAXCALA

jeudi 6 octobre 2016

J’ACCUSE !!!... J’accuse les hommes politiques d’avoir détourné la démocratie…





J’accuse nos élites de crimes contre l’humanité, en bande organisée. Je les accuse d’être les fossoyeurs de notre liberté, d’avoir asservi la moitié de l'humanité et de massacrer l’autre moitié.

Je les accuse d’avoir établi un esclavage moderne, d’imposer des conditions et des charges de travail de + en + inhumaines, en agitant le spectre du chômage et de la délocalisation.

J’accuse les élites d’avoir volé le progrès qui aurait du profiter à toute l’humanité, au lieu d’être détourné au profit de quelques uns. Ils se sont accaparé tous les progrès, certains pour les exploiter au maximum, d’autres pour les détruire, quand ça mettait en danger leurs bénéfices.

J’accuse ces monstres de fomenter des guerres effroyables, dans le seul but de piller les richesses de pays dévastés par la convoitise depuis des siècles. Ils massacrent hommes, femmes et enfants sans état d’âme. Et ces barbares ont le CULOT d’invoquer des prétextes démocratiques ou humanitaires!!!

Je les accuse d’être devenus fous au point de détruire la Terre et tous ses habitants, juste pour faire toujours plus de fric.

J’accuse les banques de voler les peuples depuis des décennies, d’avoir crée des dettes astronomiques de toutes pièces avec la complicité des politiques ripoux!!! Pour faire de nous des esclaves sans chaîne.

J’accuse les lobbys pharmaceutiques de détruire la santé sciemment, pour faire toujours plus de profits. Ils inondent le monde de leurs poisons et boycottent les remèdes "non rentables". Même s’ils sont 'miraculeux', même s’ils pouvaient sauver des millions de vies!!!

J’accuse les lobbys du pétrole et du nucléaire d’anéantir systématiquement toute révolution énergétique, de saboter tous les travaux relatifs à l’énergie libre, pour pouvoir continuer à faire du fric en bousillant la planète.

J’accuse les hommes politiques d’avoir détourné la démocratie au profit des élites, de collaborer avec les lobbys pour asservir toujours plus les populations, les plongeant toujours plus dans la précarité et la misère.

J’accuse la presse d’être totalement soumise, de s’être laissé réduire à l’état d’un toutou au service des élites. Elle n’est plus qu’un chien qui leur obéit au doigt et à l’œil. Un outil de propagande, qui manipule et lobotomise ceux qu’elle est censée informer.

J’accuse les hauts responsables religieux d’attiser la haine et le communautarisme. De diviser les populations, de les dresser les unes contre les autres, pour les empêcher de s’unir et de lutter contre leurs oppresseurs communs.

J’accuse les juges de violer leur serment pour protéger ces élites quand l’une d’elle trébuche, leur serment maçonnique ayant plus de poids à leurs yeux que leur serment de magistrat…

J’accuse ces criminels d’avoir infesté la société, et de détruire systématiquement ceux qui s’opposent à leur système, de les faire éjecter des postes clés, pour assurer leur domination.

J’accuse ces fous d’avoir fait de l’argent leur Dieu, un Dieu qui exige des sacrifices monstrueux à chaque seconde.

En tant que citoyen du peuple, j’exige un procès populaire.
Que tous les responsables soient ENFIN jugés pour leurs nombreux crimes.
"On ne résout pas les problèmes avec ceux qui les ont crées" disait Einstein.
J’ajouterai même: on ne pourra pas les résoudre tant qu’ils seront au pouvoir !!! Ils veulent maintenir ce système qu’ils ont construit pour eux et dont ils profitent bien...
Il faut les juger et les condamner, afin de pouvoir envisager l’avenir sur des bases saines…
A quand un Nuremberg du capitalisme ????
Source : Pilule Rouge

mardi 20 septembre 2016

ETATS-UNIS : Cinq raisons pour lesquelles Trump va gagner



Chers amis, chères amies,

Je suis désolé d’être le porteur de mauvaises nouvelles, mais je crois avoir été assez clair l’été dernier lorsque j’ai affirmé que Donald Trump serait le candidat républicain à la présidence des États-Unis. Cette fois, j’ai des nouvelles encore pires à vous annoncer : Donald J. Trump va remporter l’élection du mois de novembre.

Source : http://www.tlaxcala-int.org/article.asp?reference=18540 | Traduit par Pierre-Étienne Paradis

Ce clown à temps partiel et sociopathe à temps plein va devenir notre prochain président. Le président Trump. Allez, dites-le tous en chœur, car il faudra bien vous y habituer au cours des quatre prochaines années : "PRÉSIDENT TRUMP !"
Jamais de toute ma vie n’ai-je autant voulu me tromper.
Cauchemar à Trump Street : "Un deux trois, Donald Trump vient pour toi"
Je vous observe attentivement en ce moment. Vous agitez la tête en disant : "Non Mike, ça n’arrivera pas !". Malheureusement, vous vivez dans une bulle. Ou plutôt dans une grande caisse de résonance capable de vous convaincre, vous et vos amis, que les Américains n’éliront pas cet idiot de Trump. Vous alternez entre la consternation et la tentation de tourner au ridicule son plus récent commentaire, lorsque ce n’est pas son attitude narcissique.
Par la suite, vous écoutez Hillary et envisagez la possibilité que nous ayons pour la première fois une femme à la présidence. Une personne respectée à travers le monde, qui aime les enfants et poursuivra les politiques entreprises par Obama. Après tout, n’est-ce pas ce que nous voulons ? La même chose pour quatre ans de plus ?
Il est temps de sortir de votre bulle pour faire face à la réalité. Vous aurez beau vous consoler avec des statistiques (77 % de l’électorat est composé de femmes, de personnes de couleur et d’adultes de moins de 35 ans, et Trump ne remportera la majorité d’aucun de ces groupes), ou faire appel à la logique (les gens ne peuvent en aucun cas voter pour un bouffon qui va à l’encontre de leurs propres intérêts), ça ne restera qu’un moyen de vous protéger d’un traumatisme. C’est comme lorsque vous entendez un bruit d’arme à feu et pensez qu’un pneu a éclaté ou que quelqu’un joue avec des pétards. Ce comportement me rappelle aussi les premières manchettes publiées le 11 septembre, annonçant qu’un petit avion a heurté accidentellement le World Trade Center.
Nous avons besoin de nouvelles encourageantes parce que le monde actuel est un tas de merde, parce qu’il est pénible de survivre d’un chèque de paie à l’autre, et parce que notre quota de mauvaises nouvelles est atteint. C’est la raison pour laquelle notre état mental passe au neutre lorsqu’une nouvelle menace fait son apparition.
C’est la raison pour laquelle les personnes renversées par un camion à Nice ont passé les dernières secondes de leur vie à tenter d’alerter son conducteur : "Attention, il y a des gens sur le trottoir !"
Eh bien, mes amis, la situation n’a rien d’un accident. Si vous croyez encore qu’Hillary Clinton va vaincre Trump avec des faits et des arguments logiques, c’est que vous avez complètement manqué la dernière année, durant laquelle 16 candidats républicains ont utilisé cette méthode (et plusieurs autres méthodes moins civilisées) dans 56 élections primaires sans réussir à arrêter le mastodonte. Le même scénario est en voie de se répéter l’automne prochain. La seule manière de trouver une solution à ce problème est d’admettre qu’il existe en premier lieu.
Le Boston Globe du 9 avril 2017 : "Les expulsions de sans-papiers vont commencer. Le président Trump veut tripler les effectifs de la police dees frontières. Couvre-feu et émeutes dans plusieurs villes"
Comprenez-moi bien, j’entretiens de grands espoirs pour ce pays. Des choses ont changé pour le mieux. La gauche a remporté les grandes batailles culturelles. Les gais et lesbiennes peuvent se marier. La majorité des Américains expriment un point de vue libéral dans presque tous les sondages. Les femmes méritent l’égalité salariale ? Positif. L’avortement doit être permis ? Positif. Il faut des lois environnementales plus sévères ? Positif. Un meilleur contrôle des armes à feu ? Positif. Légaliser la marijuana ? Positif. Le socialiste qui a remporté l’investiture démocrate dans 22 États cette année est une autre preuve que notre société s’est profondément transformée. À mon avis, il n’y a aucun doute qu’Hillary remporterait l’élection haut la main si les jeunes pouvaient voter avec leur console X-box ou Playstation.
Pas de chemise, pas de chaussures, pas de vote
Hélas, ce n’est pas comme ça que notre système fonctionne. Les gens doivent quitter leur domicile et faire la file pour voter. S’ils habitent dans un quartier pauvre à dominante noire ou hispanique, la file sera plus longue et tout sera fait pour les empêcher de déposer leur bulletin dans l’urne. Avec pour résultat que le taux de participation dépasse rarement 50 % dans la plupart des élections. Tout le problème est là. Au mois de novembre, qui pourra compter sur les électeurs les plus motivés et inspirés ? Qui pourra compter sur des sympathisants en liesse, capables de se lever à 5 heures du matin pour s’assurer que tous les Tom, Dick et Harry (et Bob, et Joe, et Billy Bob et Billy Joe) ont bel et bien voté ? Vous connaissez déjà la réponse. Ne vous méprenez pas : aucune campagne publicitaire en faveur d’Hillary, aucune phrase-choc dans un débat télévisé et aucune défection des électeurs libertariens ne pourra arrêter le train en marche.

"Foi, Famille, Pays"
Voici 5 raisons pour lesquelles Trump va gagner :
1. Le poids électoral du Midwest, ou le Brexit de la Ceinture de rouille

Je crois que Trump va porter une attention particulière aux États "bleus" de la région des Grands Lacs, c’est-à-dire le Michigan, l’Ohio, la Pennsylvanie et le Wisconsin. Ces quatre États traditionnellement démocrates ont chacun élu un gouverneur républicain depuis 2010, et seule la Pennsylvanie a opté pour un démocrate depuis ce temps. Lors de l’élection primaire du mois de mars, plus de résidents du Michigan se sont déplacés pour choisir un candidat républicain (1,32 million) qu’un candidat démocrate (1,19 million).
Dans les plus récents sondages, Trump devance Clinton en Pennsylvanie. Et comment se fait-il qu’il soit à égalité avec Clinton en Ohio, après tant d’extravagances et de déclarations à l’emporte-pièce ? C’est sans doute parce qu’il a affirmé (avec raison) qu’Hillary a contribué à détruire la base industrielle de la région en appuyant l’ALÉNA. Trump ne manquera pas d’exploiter ce filon, puisque Clinton appuie également le PTP et de nombreuses autres mesures qui ont provoqué la ruine de ces quatre États.
Durant la primaire du Michigan, Trump a posé devant une usine de Ford et menacé d’imposer un tarif douanier de 35 % sur toutes les voitures fabriquées au Mexique dans le cas où Ford y déménagerait ses activités. Ce discours a plu aux électeurs de la classe ouvrière. Et lorsque Trump a menacé de contraindre Apple à fabriquer ses iPhone aux États-Unis plutôt qu’en Chine, leur cœur a basculé et Trump a remporté une victoire qui aurait dû échoir au gouverneur de l’Ohio John Kasich.
L’arc qui va de Green Bay à Pittsburgh est l’équivalent du centre de l’Angleterre. Ce paysage déprimant d’usines en décrépitude et de villes en sursis est peuplé de travailleurs et de chômeurs qui faisaient autrefois partie de la classe moyenne. Aigris et en colère, ces gens se sont fait duper par la théorie des effets de retombées de l’ère Reagan. Ils ont ensuite été abandonnés par les politiciens démocrates qui, malgré leurs beaux discours, fricotent avec des lobbyistes de Goldman Sachs prêts à leur écrire un beau gros chèque.
Voilà donc comment le scénario du Brexit est en train de se reproduire. Le charlatan Elmer Gantry se pose en Boris Johnson, faisant tout pour convaincre les masses que l’heure de la revanche a sonné. L’outsider va faire un grand ménage ! Vous n’avez pas besoin de l’aimer ni d’être d’accord avec lui, car il sera le cocktail molotov que vous tirerez au beau milieu de tous ces bâtards qui vous ont escroqué ! Vous devez envoyer un message clair, et Trump sera votre messager !
Passons maintenant aux calculs mathématiques. En 2012, Mitt Romney a perdu l’élection présidentielle par une marge de 64 voix du Collège électoral. Or, la personne qui remportera le scrutin populaire au Michigan, en Ohio, en Pennsylvanie et au Wisconsin récoltera exactement 64 voix. Outre les États traditionnellement républicains, qui s’étendent de l’Idaho à la Géorgie, tout ce dont Trump aura besoin pour se hisser au sommet ce sont les quatre États du Rust Belt. Oubliez la Floride, le Colorado ou la Virginie. Il n’en a même pas besoin.

2. Le dernier tour de piste des Hommes blancs en colère

Nos 240 ans de domination masculine risquent de se terminer. Une femme risque de prendre le pouvoir ! Comment en est-on arrivés là, sous notre propre règne ? Nous avons ignoré de trop nombreux avertissements. Ce traître féministe qu’était Richard Nixon nous a imposé le Titre IX, qui interdit toute discrimination sur la base du genre dans les programmes éducatifs publics. Les filles se sont mises à pratiquer des sports. Nous les avons laissées piloter des avions de ligne et puis, sans crier gare, Beyoncé a envahi le terrain du Super Bowl avec son armée de femmes noires afin de décréter la fin de notre règne !
Cette incursion dans l’esprit des mâles blancs en danger évoque leur crainte du changement. Ce monstre, cette "féminazie" qui - comme le disait si bien Trump - "saigne des yeux et de partout où elle peut saigner" a réussi à s’imposer. Après avoir passé huit ans à nous faire donner des ordres par un homme noir, il faudrait maintenant qu’une femme nous mène par le bout du nez ? Et après ? Il y aura un couple gai à la Maison-Blanche pour les huit années suivantes ? Des transgenres ? Vous voyez bien où tout cela mène. Bientôt, les animaux auront les mêmes droits que les humains et le pays sera dirigé par un hamster. Assez, c’est assez !

3. Hillary est un problème en soi

Pouvons-nous parler en toute franchise ? En premier lieu, je dois avouer que j’aime bien Hillary Clinton. Je crois qu’elle est la cible de critiques non méritées. Mais après son vote en faveur de la guerre en Irak, j’ai promis de ne plus jamais voter pour elle. Je suis contraint de briser cette promesse aujourd’hui pour éviter qu’un proto-fasciste ne devienne notre commandant en chef. Je crois malheureusement qu’Hillary Clinton va nous entraîner dans d’autres aventures militaires, car elle est un "faucon" perché à droite d’Obama. Mais peut-on confier le bouton de nos bombes nucléaires à Trump le psychopathe ? Poser la question, c’est y répondre.
Cela dit, notre plus grand problème n’est pas Trump mais bien Hillary. Elle est très impopulaire. Près de 70 % des électeurs la considèrent comme malhonnête ou peu fiable. Elle représente la vieille manière de faire de la politique, c’est-à-dire l’art de raconter n’importe quoi pour se faire élire, sans égard à quelque principe que ce soit. Elle a lutté contre le mariage gay à une certaine époque, pour maintenant célébrer elle-même de tels mariages. Ses plus farouches détractrices sont les jeunes femmes. C’est injuste, dans la mesure où Hillary et d’autres politiciennes de sa génération ont dû lutter pour que les filles d’aujourd’hui ne soient plus encouragées à se taire et rester à la maison par les Barbara Bush de ce monde. Mais que voulez-vous, les jeunes n’aiment pas Hillary.
Pas une journée ne passe sans que des milléniaux [personnes nées entre 1980 et 2000, NdE] me disent qu’ils ne l’appuieront pas. Je conviens qu’aucun démocrate ou indépendant ne sera enthousiaste à l’idée de voter pour elle le 8 novembre. La vague suscitée par l’élection d’Obama et la candidature de Sanders ne reviendra pas. Mais au final, l’élection repose sur les gens qui sortent de chez eux pour aller voter, et Trump dispose d’un net avantage à cet effet.

4. Les partisans désabusés de Bernie Sanders

Ne vous inquiétez pas des partisans de Sanders qui ne voteront pas pour Hillary Clinton. Le fait est que nous serons nombreux à voter pour elle ! Les sondages indiquent que les partisans de Sanders qui prévoient de voter pour Hillary sont déjà plus nombreux que les partisans d’Hillary ayant reporté leur vote sur Obama en 2008. Le problème n’est pas là. Si une alarme doit sonner, c’est à cause du "vote déprimé". En d’autres termes, le partisan moyen de Sanders qui fait l’effort d’aller voter ne fera pas l’effort de convaincre cinq autres personnes d’en faire de même. Il ne fera pas 10 heures de bénévolat chaque mois, et n’expliquera pas sur un ton enjoué pourquoi il votera pour Hillary.
Les jeunes n’ont aucune tolérance pour les discours qui sonnent faux. Dans leur esprit, revenir aux années Bush-Clinton est un peu l’équivalent d’utiliser MySpace et d’avoir un téléphone cellulaire gros comme le bras.
Les jeunes ne voteront pas davantage pour Trump. Certains voteront pour un candidat indépendant, mais la plupart choisiront tout simplement de rester à la maison. Hillary doit leur donner une bonne raison de bouger. Malheureusement, je ne crois pas que son choix de colistier soit de nature à convaincre les milléniaux. Un ticket de deux femmes aurait été beaucoup plus audacieux qu’un gars blanc, âgé, centriste et sans saveur. Mais Hillary a misé sur la prudence, et ce n’est qu’un exemple parmi d’autres de sa capacité à s’aliéner les jeunes.

5. L’effet Jesse Ventura

Pour conclure, ne sous-estimez pas la capacité des gens à se conduire comme des anarchistes malicieux lorsqu’ils se retrouvent seuls dans l’isoloir. Dans notre société, l’isoloir est l’un des derniers endroits dépourvus de caméras de sécurité, de micros, d’enfants, d’épouse, de patron et de policiers ! Vous pouvez y rester aussi longtemps que vous le souhaitez, et personne ne peut vous obliger à y faire quoi que ce soit.
Vous pouvez choisir un parti politique, ou écrire Mickey Mouse et Donald Duck sur votre bulletin de vote. C’est pour cette raison que des millions d’Américains en colère seront tentés de voter pour Trump. Ils ne le feront pas parce qu’ils apprécient le personnage ou adhèrent à ses idées, mais tout simplement parce qu’ils le peuvent. Des millions de gens seront tentés de devenir marionnettistes et de choisir Trump dans le seul but de brouiller les cartes et voir ce qui arrivera.
Vous souvenez-vous de 1998, année où un lutteur professionnel est devenu gouverneur du Minnesota ? Le Minnesota est l’un des États les plus intelligents du pays, et ses citoyens ont un sens de l’humour assez particulier. Ils n’ont pas élu Jesse Ventura parce qu’ils étaient stupides et croyaient que cet homme était un intellectuel destiné aux plus hautes fonctions politiques. Ils l’ont fait parce qu’ils le pouvaient. Élire Ventura a été leur manière de se moquer d’un système malade. La même chose risque de se produire avec Trump.
Un homme m’a interpellé la semaine dernière, lorsque je rentrais à l’hôtel après avoir participé à une émission spéciale de Bill Maher diffusée sur HBO à l’occasion de la convention républicaine : "Mike, nous devons voter pour Trump. Nous DEVONS faire bouger les choses !" C’était là l’essentiel de sa réflexion.
Faire bouger les choses. Le président Trump sera l’homme de la situation, et une grande partie de l’électorat souhaite être aux premières loges pour assister au spectacle.
La semaine prochaine, je vous parlerai du talon d’Achille de Donald Trump et des stratégies que nous pouvons employer pour lui faire perdre l’élection.
Cordialement,
Michael Moore