Origine de la Journée internationale des
femmes
La légende veut que l’origine du 8 mars remonte à une
manifestation d’ouvrières américaines du textile en 1857, événement qui n’a, en
réalité, jamais eu lieu.
En effet, la création d’une “Journée internationale”
est proposée pour la première fois en 1910, lors de la conférence
internationale des femmes socialistes, par Clara Zetkin, et s’inscrit dans une
perspective révolutionnaire. La date n’est tout d’abord pas fixée, et ce n’est
qu’à partir de 1917, avec la grève des ouvrières de Saint-Pétersbourg en
février-mars 1917, quelques jours avant le renversement du tsar russe que la
tradition du 8 mars se met en place.
La Journée internationale des femmes est un acquis
révolutionnaire.
Après 1945, la Journée internationale de la Femme
devient une tradition dans le monde entier. La date est réinvestie avec le
regain féministe des années 70. La “Journée internationale de la Femme” est
reconnue officiellement par les Nations unies en 1977. Aujourd’hui, c’est une
journée de manifestations à travers le monde et l’occasion de faire un bilan.
Histoire et évolution
Depuis la disparition de la communauté primitive et
l’apparition de la propriété privée des outils de production et de
l’exploitation, il y a plus de 5000 ans, les femmes se sont retrouvées en
position d’infériorité. De la société esclavagiste à la société capitaliste, en
passant par la société féodale, les femmes ont subi une double domination sans
pouvoir réellement se défendre. Ce fut, d’abord l’exploitation exercée par la
classe exploiteuse - maîtres d’esclaves, seigneurs féodaux, capitalistes - et
celle de l’homme. Elles se sont battues pour s’affranchir des pires formes
d’infamies et d’humiliations et pour arracher un peu de liberté.
La naissance du capitalisme a bouleversé en profondeur
les relations femmes-hommes. Les révolutions antiféodales ont vu la
participation des femmes aux côtés des hommes pour abolir le servage et les
privilèges de la classe des seigneurs. L’industrialisation capitaliste va de
plus en plus introduire des machines-outils dans la fabrication de produits. La
dépossession des producteurs directs dans les campagnes par la noblesse va
jeter sur les routes une grande masse d’hommes, de femmes et d’enfants qui se retrouvent
sans moyens de subsistance.
La liquidation du mode de production féodal entre le
17e et le 19e siècle en Europe puis au Japon a eu pour résultat de libérer les
paysans asservis, de toute servitude féodale et d’offrir du même coup à la
production capitaliste une main d’œuvre abondante. Des milliers de paysans et
travailleurs furent jetés à la rue, une armée de réserve des pauvres s’est
constituée en provoquant une diminution des salaires. Les patrons avaient vite
compris qu’en utilisant les machines apparues avec la révolution industrielle,
elle-même rendue possible par la dissolution des rapports féodaux, ils
pouvaient embaucher une main d’œuvre sans qualification, payée à des salaires
qui leur permettaient à peine de survivre. Ils voyaient dans l’utilisation des
femmes, l’accès à une main d’œuvre malléable et bon marché.
Lutte des femmes
Progressivement, surtout dans l’industrie du textile
qui avait supplanté la production domestique et celle des artisans, les femmes
ont remplacé les hommes. Souvent sous l’influence des hommes d’église, les
ouvriers voyaient dans les femmes la cause de leur malheur. Ils retournaient alors
contre elles leur colère en provoquant même de violents conflits. Pour les
femmes ce fut le début d’un changement important dans leur lutte et leur
condition d’existence. La lutte contre leurs exploiteurs capitalistes
s’accompagne de la lutte contre la domination masculine. Pour la première fois
de leur vie, elles n’étaient plus confinées dans le cercle étroit des tâches
ménagères. Elles entraient dans la vie active hors de la famille tout en
continuant à supporter le fardeau des tâches ménagères dont elles n’ont pu
s’affranchir jusqu’à présent, en raison en particulier des préjugés que le
système capitaliste continue à alimenter pour entretenir les divisions de sexe
au sein de la classe ouvrière et des travailleurs. Cependant, en touchant un
salaire, elles purent entrevoir la fin de leur dépendance vis-à-vis de l’homme.
En tant que travailleuses, elles allaient connaître
l’exploitation éhontée des patrons et prendre conscience de leur condition
d’exploitées. De ce fait, elles rejoignaient le combat de la classe ouvrière et
allaient ainsi prendre parti, à part entière, dans le combat contre toutes les
injustices et la fin de l’exploitation de l’homme par l’homme. Dans les
sociétés capitalistes, les femmes vont ressentir le besoin de s’organiser pour
résister à l’exploitation patronale. Sous l’influence des idées socialistes et
notamment du marxisme, les femmes les plus conscientes adhèrent aux partis
ouvriers et prennent de plus en plus la direction des organisations politique
révolutionnaires qui lient en un combat unique, la lutte pour l’émancipation
féminine et celle de la classe ouvrière.
La révolutionnaire communiste Clara Zetkin
C’est la journaliste marxiste allemande Clara Zetkin
qui lança l’idée d’une Journée internationale des femmes. C’était surtout une
militante communiste extraordinaire qui luttait pour l’émancipation des femmes
et pour l’égalité femmes-hommes. Elle était une révolutionnaire qui luttait
contre le système capitaliste. Elle disait « Il n’existe donc pas d’opposition
réelle entre les intérêts des travailleurs et ceux des travailleuses mais bien
une opposition irréductible entre les intérêts du capital et ceux du travail ».
Ce qu’il faut avoir en mémoire sur Clara Zetkin c’est son parcours de militante
infatigable. Elle a mené sans relâche un combat contre tous les préjugés
concernant les femmes y compris contre certains éléments de son propre camp.
Elle était convaincue que l’émancipation des femmes ne pourrait jamais se faire
dans le système capitalisme mais seulement dans une société socialiste.
Directrice de la célèbre revue Die Gleichheit
(L’égalité), qu’elle a fondée en 1890, Clara Zetkin s’inscrit dans une
perspective révolutionnaire. C’est elle qui convoqua les conférences
internationales des femmes socialistes de Stuttgart (1907) et de Copenhague
(1910) où le point de vue qu’elle défendait finit par prévaloir. Les
participantes à la Conférence, l’élirent comme Secrétaire et firent de son
journal Die Gleichheit leur organe officiel. C’est à Copenhague en 1910, lors
de la 2e conférence internationale des femmes socialistes que Clara Zetkin
propose pour la première fois, d’organiser une “Journée internationale des
femmes” en vue de servir à la mobilisation pour le droit de vote des femmes. La
conférence qui avait réuni une centaine de femmes venues de 17 pays, adopta
aussitôt cette proposition.
En mars 1914, les femmes réclamèrent le droit de vote.
Clara Zetkin fut emprisonnée en 1915 pour son opposition à la guerre
impérialiste. En 1916, elle joua avec Rosa Luxemburg, un rôle essentiel dans la
création du parti communiste allemand. Elle combattit aussi la montée du
nazisme. Elue au Reichstag en 1932, Clara Zetkin fut chargée en sa qualité de
doyenne du Reichstag, de prononcer le discours d’inauguration dans un parlement
où dominaient les chemises brunes des nazis. Elle lança un vibrant appel à
lutter contre le nazisme. Ce sera sa dernière manifestation publique. En exil à
Moscou, elle meurt le 20 juin 1933.
Ses convictions lui ont survécu. Elle a défendu une
conception du couple au sein duquel les partenaires doivent être égaux en
droits. Elle était favorable au divorce par consentement mutuel et pensait que
les garçons, comme les filles, doivent prendre part aux soins du ménage. Mère
de deux garçons, elle a vécu elle-même en union libre et s’est toujours montrée
une ardente partisane du travail des femmes, seul moyen pour elles d’accéder à
l’autonomie.
La journée du 8 mars
« Durant la période de février, mars 1917 eurent lieu à
Saint-Pétersbourg, des manifestations d’ouvrières que les militants bolcheviks
désignèrent comme le début de la révolution russe. Une nouvelle tradition est
instaurée : la journée du 8 Mars sera choisie pour célébrer la Journée
Internationale des Femmes et sera dès lors l’occasion pour les partis
communistes de mobiliser les femmes. Après 1945, la Journée des femmes est
officiellement célébrée dans tous les pays socialistes. » [1]
La journée internationale de la femme n’a été reconnue
officiellement par les Nations-Unies qu’en 1977.
Il convient de rappeler que c’est la révolution
d’octobre en 1917 en Russie, dirigée par le parti bolchevik qui a aboli de
façon radicale l’inégalité et les discriminations que subissaient les femmes.
Les droits des femmes instaurés par le
pouvoir soviétique
Rappelons-nous ce 25 octobre 1917 ou le pouvoir des soviets
avait décrété le droit de vote de la femme, le droit d’élire et d’être élue, le
droit de choisir librement son compagnon, le droit au divorce, le droit à
l’avortement, le droit au travail, le droit au logement et l’égalité des
salaires selon le principe à travail égal, salaire égal.
A l’époque aucun autre pays, (même parmi les pays dits
« démocratiques ») n’avait accompli en plusieurs siècles ce que le pouvoir
soviétique a proclamé en quelques jours.
Tous les partis communistes marxistes-léninistes ont
dans leur programme les mêmes dispositions sur l’égalité de l’homme et de la
femme.
Qu’en est-il en Algérie ?
Les Algériennes n’ont pas attendu les bras croisés que
leur émancipation tombe du ciel.
Elles se sont battues pour obtenir l’égalité
homme-femme. Pendant l’occupation française du pays, vivant dans des conditions
terribles de pauvreté, subissant les pires humiliations et malgré une répression
féroce, elles ont résisté avec dignité et abnégation. Mais leur lutte pour la
libération du pays ne pouvait pas ne pas stimuler la lutte pour leur
émancipation. Et elles l’ont prouvé par le sang qu’elles ont versé dans les
villes et les maquis. Rappelons-nous leur rôle éminemment important pendant la
guerre de libération de notre pays. Elles étaient présentes dans les maquis les
armes à la main, elles étaient présentes dans les villes et bien souvent à la
tête des manifestations pour l’indépendance.
Rappelons-nous ces importantes manifestations
populaires du 11 décembre 1960. On ne peut pas oublier les images de ces femmes
bien souvent en tête du cortège, le drapeau de l’Algérie libre en étendard,
affrontant les mains nues l’armée coloniale. Ces monstres n’ont pas hésité en
tirant des rafales de mitraillettes sur des femmes sans armes et sur des
enfants. Elles tombaient le drapeau imbibé de leur sang qui s’écoulait sur cette
terre généreuse qu’elles ont toujours défendue. L’ennemi ne faisait pas de
différence entre les combattants femmes ou hommes. Elles ont subi le viol
collectif, la torture et l’arbitraire.
Et pendant la décennie noire, malgré les assassinats et
les viols, elles ont résisté aux hordes barbares obscurantistes. Malgré le mot
d’ordre des égorgeurs de boycotter l’école, elles n’ont pas hésité une seule
seconde à braver cet interdit scélérat. Celles qui étaient enseignantes et
professeurs dans les écoles, les lycées ou les universités sont allées
enseigner et celles qui avaient des enfants, ont pris leurs enfants par la main
pour les accompagner jusqu’à la porte de l’école………
Hommage à toutes les femmes dans le monde, victimes des
agressions de l’impérialisme, notamment les Libyennes, les Syriennes, les
Irakiennes, les Africaines objet des violences et des atteintes à leur dignité
par les groupes armés obscurantistes soutenus par l’impérialisme, la Turquie et
les monarchies rétrogrades du Golfe, du Qatar, des Emirats et de l’Arabie
saoudite.
Source :
Alger Républicain
Article
rédigé en mars 2015




