Parti à 77 ans (6 Mars 2003) à l'aube du printemps, «
l'histoire retiendra le nom d'Abdelhamid Benzine, patriote et
internationaliste, militant héroïque exemplaire, fidèle jusqu'au bout à son
engagement de jeunesse, à son idéal révolutionnaire. Et pour ceux qui ont été
ses camarades proches, ses frères de lutte et d'espérance, c'est le souvenir
affectueux de l'ami toujours à l'écoute, de l'être généreux, souriant et
tendre, dénué de tout calcul et de toute ambition sauf celle de servir jusqu'au
bout son peuple et l'espérance de tous les hommes, qu'aussi longtemps qu'ils
vivront, ils garderont au cœur.
Le 22 novembre 1992 dans Alger républicain, Abdelhamid
Benzine écrit ce qui suit à propos de la dissolution du PAGS :
« Aujourd’hui, je voudrais seulement dire, en tant que
membre de la direction du PAGS (même si j’ai gelé mes activités depuis quelques
mois) :
1. Le congrès qui se prépare ne sera pas un congrès du
PAGS, mais le rassemblement d’un petit morceau du PAGS, puisqu’au niveau du
comité central, il reste moins d’un tiers des membres élus au congrès de 1990.
2. C’est le deuxième coup de poignard porté dans le dos
du PAGS après celui porté par ceux qui se réclament du FAM.
3. L’honnêteté politique aurait voulu que ceux qui ne
sont plus d’accord avec le PAGS démissionnent d’un parti à qui ils doivent
beaucoup. En s’acharnant à détruire le PAGS, ils veulent récupérer le beurre et
l’argent du beurre. En d’autres termes, ils veulent récupérer à leur profit le
capital politique et moral acquis au cours des luttes longues, difficiles et
douloureuses pour s’en servir et servir d’autres projets politiques.
4. On pourra détruire une structure, un appareil, mais
les idées socialistes et humanistes du PAGS vivront plus longtemps que ne le
pensent les défaitistes. L’Algérie du travail et de l’intelligence a besoin
d’un parti révolutionnaire de classe qui continuera de porter haut le drapeau
de la solidarité internationaliste et luttera pour un monde débarrassé de
l’exploitation de l’homme par l’homme.
5. Légitimement seuls les délégués élus au congrès de
90 - à l’exception de ceux qui ont quitté ses rangs - ont le droit de se
prononcer sur l’avenir du PAGS ».
BIOGRAPHIE :
Abdelhamid Benzine est né le 27 avril 1926 à
Beni-Oaurtilane, militant nationaliste de la première heure, il s’investit
corps et âme dans la lutte pour la liberté et la justice.
Il entame son parcours dans les rangs du PPA en 1940 pour
rejoindre en 1948 le MTLD. Au déclenchement de la guerre de libération, il est
commissaire politique au sein de l’ALN. Il devient membre du comité central du
Parti communiste algérien à partir de 1962 et rédacteur en chef d’Alger
républicain et sera le directeur en octobre 1989, date de la reparution du
quotidien. Benzine est également auteur de nombreux ouvrages dont : Le Camp, un
témoignage publié en 1962 sur les conditions de sa détention, Journal de
marche, ainsi que des récits : La montagne et la plaine, en 1991 ainsi que
Lambèze, en 1989. Il a également participé à l’ouvrage collectif La grande
aventure d’Alger républicain, en 1987.
Abdelhamid Benzine est entré en politique à l’âge de treize
ans, en 1940. Il n’en est toujours pas ressorti. Rédacteur en chef, puis
directeur d’Alger républicain, avant que le journal ne soit, encore une fois,
interdit, le doyen des journalistes algériens, évoque Kateb Yacine, l’étoile
filante de la littérature algérienne, mort il y a tout juste dix ans.
En mai 1945, au moment des massacres perpétrés dans le Constantinois
par les troupes coloniales, il est arrêté. Il découvre alors, en même temps que
son ami de jeunesse Kateb Yacine, retrouvé plus tard à la rédaction d’Alger
républicain, la prison et les camps, le mépris des gardiens, les insultes et
les coups.
Après une année d’études à l’université arabe de Tunis
(«Zitouna»), il commence une nouvelle vie, celle d’un clandestin permanent,
partagée avec des hommes dont les noms – Larbi Ben M’hidi, Mourad Didouche,
Abbane Ramdane, Zighout Youcef – symbolisent, aujourd’hui, pour les Algériens,
l’héroïsme du combat pour la liberté.
En 1950, Benzine intègre la direction de la Fédération de
France du MTLD (Mouvement pour le triomphe des libertés démocratiques et
version légale du PPA), où il est chargé des affaires sociales. Élu en tant que
représentant algérien à la direction de l’Union départementale des syndicats
CGT de la région parisienne, il participe aux travaux de la commission
administrative, aux côtés de dirigeants comme Benoît Frachon, Eugène Hénaff,
André Tollet et Henri Krasucki.
C’est avec eux et parmi les travailleurs français qu’il
apprend ce que sont la lutte de classe et la solidarité ouvrière (…) Après
l’interdiction d’Alger républicain, il rejoint le maquis et l’Armée de
libération nationale. Fait prisonnier par l’armée française, il connaît les
cachots de la prison de Lambèse et les sinistres camps «spéciaux», qu’il
décrira dans ses livres (Lambèse, le Camp) dans de puissants et poignants
témoignages.» Et de dire, entre autres : «L’histoire retiendra le nom
d’Abdelhamid Benzine, patriote et internationaliste, militant héroïque
exemplaire, fidèle jusqu’au bout à son engagement de jeunesse, à son idéal
révolutionnaire.» «Repenser le nationalisme algérien», tel a été le thème de la
conférence donnée par l’historien Mohamed Harbi, qui a relaté les différentes
étapes de lutte et de résistance des Algériens durant la période coloniale,
sous les divers aspects culturels et à travers les différents courants
politiques (islamo-nationaliste, communiste, libéral…).
Parti à 77 ans (2003) à l'aube du printemps, « l'histoire
retiendra le nom d'Abdelhamid Benzine, patriote et internationaliste, militant
héroïque exemplaire, fidèle jusqu'au bout à son engagement de jeunesse, à son
idéal révolutionnaire. Et pour ceux qui ont été ses camarades proches, ses
frères de lutte et d'espérance, c'est le souvenir affectueux de l'ami toujours
à l'écoute, de l'être généreux, souriant et tendre, dénué de tout calcul et de
toute ambition sauf celle de servir jusqu'au bout son peuple et l'espérance de
tous les hommes, qu'aussi longtemps qu'ils vivront, ils garderont au cur »,
comme le dit son ami Henri Alleg il y a un an déjà.
Œuvres d’Abdelhamid Benzine:
Le Camp, un témoignage publié en 1962, éditions sociales,
1962, 94 pages
La montagne et la plaine, Alger, El Adib, 1980, 43 p.,
nouvelles
Lambèse, en 1989. Edité par Dar el idjti.
La grande aventure d’Alger républicain, en 1987.
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