samedi 21 novembre 2015

Révolutions inutiles et interventions chaotiques…. Aujourd’hui, dans de nombreuses régions du monde, les Occidentaux apparaissent, non sans raison, comme une menace pour la paix et la stabilité mondiales, tant leurs interventions extérieures créent le chaos partout où elles ont lieu.



Tunisie, Libye, Egypte, Syrie, Ukraine : ces cinq Etats ont accouché, à partir de 2011, de mouvements « révolutionnaires » plus ou moins spontanés, plus ou moins nationaux, qui devaient tous transformer leur pays et améliorer la situation. Aujourd’hui, force est de constater leur échec complet.

Certes, il ne fait aucun doute que les régimes objets de la vindicte populaire aient été autoritaires ou dictatoriaux, policiers ou répressifs et, pour la plupart, corrompus. C’est une réalité. La contestation et les aspirations au changement étaient donc tout à fait légitimes. Mais nous avons montré que la spontanéité de ces « révolutions » était largement factice [2] et que celles-ci s’inscrivaient dans une stratégie conçue outre-Atlantique afin d’installer les Frères musulmans au pouvoir partout au Moyen-Orient. Nul ne peut nier non plus que ces « révolutions » n’ont connu succès et retentissement que dans les pays où les régimes en place déplaisaient à Washington. Aucun allié des Américains – notamment l’Arabie saoudite et le Qatar – n’a connu de tels phénomènes et la révolution populaire au Bahreïn a été réprimée dans le sang sans que l’Occident ne trouve quoi que ce soit à y redire. Deux poids, deux mesures.
Qu’en est-il quatre ans plus tard ? A quoi ont servi ces révolutions ? Force est de constater qu’elles n’ont servi à rien. Si la vie quotidienne n’était pas idyllique auparavant dans tous ces pays, la situation est aujourd’hui bien pire - à l’exception notable de l’Egypte - que celle qui existait avant 2011 : ces Etats sont durablement désorganisés, détruits, divisés. Les conséquences de ces révolutions ont été l’expansion de l’insécurité (guerre civile, terrorisme) et de la criminalité (assassinats, enlèvements, trafic d’armes, etc.), l’effondrement économique (cessation d’activités, départ des entreprises étrangères, destruction des infrastructures, etc.) et l’exode des populations (départ de travailleurs étrangers, réfugiés, migration vers l’Europe), l’expulsion des minorités religieuses (principalement chrétiennes) et la destruction de sites inscrits au patrimoine mondial de l’humanité.
Si nous ne saurions regretter les autocrates déchus, il convient de rappeler qu’en dépit des nombreuses turpitudes du clan Ben Ali-Trabelsi, la Tunisie vivait mieux avant sa révolution. Son tourisme était florissant et l’implantation sur son sol d’entreprises européennes contribuait à son développement. Sous Kadhafi, la Libye avait le plus haut niveau de revenus par tête de toute l’Afrique, les femmes y bénéficiaient du niveau d’éducation le plus élevé de tout le continent ; le pays accueillait 3 à 4 millions de travailleurs étrangers et participait à nos côtés à la lutte contre les djihadistes. La Syrie sortait lentement de la dictature instaurée par Hafez El-Assad, même si le pays avait mis un terme à une tentative de libéralisation en 2000, consécutive à l’arrivée de son fils Bachar au pouvoir. La situation en Irak, depuis l’intervention illégitime des Etats-Unis en 2003, entre dans cette catégorie et présente les mêmes caractères et les mêmes résultats.
Ces « révolutions » n’ont pas seulement concerné l’Afrique du Nord et le Moyen-Orient, mais aussi l’Ukraine où, comble du paradoxe, c’est un président légalement élu à l’occasion d’un scrutin contrôlé et validé par des observateurs européens, qui a été renversé avec le soutien de l’Occident, en violation total d’un droit dont il se réclame à l’envi[3]. Pourtant, si l’opposition ukrainienne avait attendu le terme du mandat de Ianoukovitch, ce dernier aurait été très vraisemblablement chassé du pouvoir par les urnes l’année suivante ; le pays serait aujourd’hui en paix, au lieu d’être déchiré par une guerre civile dans sa partie orientale et d’être un nouveau terrain de jeu de l’extrême-droite néo-nazie soutenue par l’Europe et la CIA.
Le bilan des pseudo mouvements « pro démocratie » encouragés et soutenus - si ce n’est manipulés - par l’Occident est donc désastreux pour les pays concernés, leur population, comme pour l’idéal même de la démocratie. Mais aucune leçon de bon sens n’en a été tirée, puisque la dynamique semble devoir se poursuivre. En effet, nous observons, depuis plusieurs mois, les critiques se multiplier à l’égard des Etats qui dénoncent cette dérive occidentale et s’en désolidarisent (Hongrie, Tchéquie [4]). Une « révolution populaire » pourrait bientôt s’abattre sur eux pour avoir déplu à Washington.
En revanche, aucune critique n’est formulée à l’encontre de l’Arabie saoudite, du Qatar et de la Turquie, qui soutiennent directement ou indirectement le terrorisme islamiste – Al-Qaida et Daesh – et sont obsédés par le renversement de Bachar El-Assad. Rappelons que Ryad conduit au Yémen une sanglante guerre d’agression, mobilisant contre les tribus houthis des moyens militaires (près de 150 000 hommes) que l’on aurait aimé voir déployés contre Daesh. Le conflit yéménite, quasiment absent de nos médias, a fait en quelques mois plus de 5 000 morts et de 25 000 blessés, 1,3 millions de personnes déplacés et 21 millions de démunis. Les affrontements y sont plus violents et font plus de victimes qu’en Ukraine orientale. Rien qu’en avril 2015, la coalition dirigée par l’Arabie saoudite a conduit plus de 1 700 raids aériens, soit parfois 80 par jour. Les frappes ont notamment visé sans aucun état d’âme des quartiers historiques de Sanaa, ville vieille de près de 2 500 ans – ne touchant quasiment que des populations civiles – ou la forteresse médiévale d’Al-Qahira. Mais le silence règne et, pour l’opinion occidentale, ce qui n’est pas montré au journal de 20h n’existe pas ! Deux poids, deux mesures.
Rappelons également, le rôle central de la Turquie dans la récente crise des migrants. Ankara porte en effet une responsabilité dans l’importante vague d’immigration qui a submergé l’Europe de l’Ouest. Ne pouvant faire aboutir sa stratégie sur le théâtre du Moyen-Orient, Erdogan – qui connaît depuis quelques mois des revers électoraux et en matière de politique étrangère [5] – a décidé d’impliquer et de déstabiliser les autres parties prenantes, à commencer par les Européens. C’est pourquoi il est inadmissible d’avoir autorisé le président turc, membre du bureau international des Frères musulmans, à tenir un meeting électoral devant ses partisans, à Strasbourg, le 4 octobre, à l’occasion duquel il a dénoncé avec emphase le terrorisme, non celui de Daesh... mais du PKK !
Toujours au sujet des migrants, il convient de signaler l’exploitation abusive de l’émotion populaire avec l’image tragique de l’enfant mort sur une plage, laquelle a une nouvelle fois pour finalité de renforcer la culpabilité européenne. Elle est par ailleurs hautement partiale et manipulatrice : pourquoi les médias n’ont-ils jamais montré les photos des populations syriennes restées fidèles à Bachar El-Assad – par choix ou par crainte des djihadistes d’Al-Qaida et de Daesh – qui sont depuis quatre ans victimes d’assassinats et de massacres de la part des terroristes et de leur soutiens arabes et occidentaux ? Ils sont pourtant nombreux... mais du mauvais coté ! Nos médias considèrent sans doute qu’il y a des victimes civiles innocentes et d’autres coupables.
Les reportages sur les migrants sont par ailleurs une excellente illustration de l’absence totale d’analyse critique ou objective des médias : aucun commentateur ne semble avoir remarqué la forte proportion d’hommes jeunes, âgés de 20 à 30 ans, parmi les réfugiés « syriens[6] ». Qu’un pays en guerre cherche à évacuer femmes, enfants et vieillards est tout à fait légitime. Mais que des hommes dans la force de l’âge quittent leur terre sans combattre devrait nous interpeller : que ne sont-ils restés se battre chez eux, pour ou contre Bachar ? Non, seule la fuite vers l’Occident et ses richesses fantasmées les intéresse. Mais personne ne semble relever cet état de fait pourtant flagrant. En revanche, une nouvelle fois, les reproches se multiplient vis-à-vis de la Hongrie, qui refuse d’accueillir et de voir transiter sur son sol vrais et faux réfugiés, après que les Européens de l’Ouest se soient plaints, depuis des années, que les Etats d’Europe de l’Est n’effectuaient pas de contrôles efficaces aux frontières, rendant l’espace Schengen ouvert à tous les vents !
Au demeurant, lorsqu’ils rendent compte du conflit en Syrie, les médias présentent la situation comme si, sur les 250 000 victimes estimées de la guerre civile, 90% étaient l’œuvre du régime de Damas ! C’est à la fois grotesque et insensé. Rappelons que plus de 60 000 soldats syriens sont morts au combat et qu’au moins autant de civils opposés aux islamistes ont été tués ou assassinés, en majorité des Alaouites. Si Bachar avait tant massacré, il aurait été renversé ou aurait repris le contrôle du pays ! Les médias omettent systématiquement de rappeler que le régime n’a pas le monopole de l’action violente et que des massacres – malheureusement fréquents dans toute guerre civile – sont commis par les deux camps. La présentation des événements tend à passer sous silence les horreurs des djihadistes ou à les absoudre de toute violence dès lors qu’elle est dirigée contre Bachar et son régime.
Pour mémoire, les pseudo attentats chimiques de fin août 2013 sont toujours attribués par les médias à Damas, alors même que la Defense Intelligence Agency (DIA) étasunienne [7] et le CF2R [8] ont montré que ces actions n’étaient pas de leur fait. Mais le matraquage médiatique perdure et, lentement, la désinformation fait son oeuvre, relayée par des journalistes aveugles, complices et irresponsables.
Or, il convient de réaffirmer avec force que, quels que soient les défauts de Bachar El-Assad – qu’il n’est pas question de défendre, les opposants armés qui lui font face sont des barbares et des fanatiques infiniment pires que son régime [9]. Si ce fait semble a peu près acquis pour Daesh, cela ne semble pas être reconnu pour Al-Nosrah, la branche d’Al-Qaida en Syrie, dont les buts sont pourtant identiques. Al-Qaida, vous vous souvenez, ce groupe responsable des attentats du 11 septembre et de bien d’autres encore, auquel les Étasuniens ont déclaré une « guerre globale », mais qu’ils font cependant soutenir, en Syrie, par leurs alliés saoudiens, qataris et turcs.
Sous l’influence de nos « alliés » étasuniens et arabes, nous nous sommes ainsi attachés à diaboliser Bachar et son régime à tout prix, lui attribuant toutes les exactions observées, surtout celles commises par les djihadistes. Pourtant, en quoi le leader syrien est-il pire que les nombreux petits despotes africains que nous avons soutenus ou continuons de soutenir ? Préférer Al-Qaida et les Frères musulmans à son régime montre à quel point nous avons perdu le sens des réalités.
Le réalisme, en matière de géopolitique et de relations internationales est une vertu cardinale que l’Occident semble avoir oublié. Les Européens de l’Ouest, en particulier, ont perdu leur boussole, leur seul « Nord » semblant être la politique irresponsable et totalement personnelle des Etats-Unis, qui cherchent à les entrainer dans toutes leurs actions et dérives
Seuls quelques pays font encore preuve de bon sens, en premier lieu, les Russes. Leur intervention en Syrie est un tournant qui pourrait contribuer à rétablir un début d’ordre au Moyen-Orient. En second lieu, ne nous en déplaise, l’Iran s’affirme comme un acteur de stabilité dans la région, face à l’agitation terroriste encouragée ou soutenue par certains Etats sunnites. Cela n’empêche ni Moscou ni Téhéran d’avoir des intérêts, ni d’avancer leurs pions. Mais nous serions bien mal inspirés de leur reprocher ce que nous ne cessons de faire.
L’action de ces Etats pourrait bien inverser le cours des événements en Syrie. En effet, il est bon de rappeler que Bachar n’a guère utilisé, au cours des années écoulées, une partie de ses unités composées d’appelés en majorité sunnites, qui n’ont pas fui le service militaire contrairement à beaucoup d’autres, mais qui ne sont pas suffisamment formés ni expérimentés pour être engagés en première ligne. Elles ont été essentiellement cantonnées à des tâches défensives autour de Damas. C’est sur les unités alaouites qu’a reposé l’essentiel des combats offensifs. L’arrivée des Russes, la livraison d’équipements, le soutien aérien, ainsi que l’engagement de plus en plus marqué de l’Iran et du Hezbollah ont toutes les chances de faire basculer la situation en faveur du régime. Damas pourrait engager ces unités, désormais plus confiantes, dans des opérations de reconquête. Première illustration de ce renversement de tendance, le 4 octobre, à Dera’a, un millier de membres des milices islamistes ont déposé les armes et certaines sources évoquent la fuite du pays des premiers combattants de Daesh, qui retournent en Irak.
Bien sûr, les Occidentaux ont immédiatement critiqué les bombardements russes en Syrie, les accusant de faire de nombreuses victimes collatérales et de ne frapper qu’Al-Nosrah, en négligeant Daesh, sans qu’aucune preuve à l’appui de ces allégations ne soit avancée. Surtout une telle argumentation est à la fois fallacieuse et grossière : faut-il rappeler les victimes collatérales de la guerre en Irak (2003) et des bombardements de drones étasuniens au Pakistan et en Afghanistan ? Ou bien encore le bombardement étasunien ayant visé le centre de soins de Médecins sans frontière (MSF) à Kunduz, en Afghanistan, dans la nuit du vendredi 2 octobre au samedi 3 octobre, tuant 12 employés de l’ONG, 7 patients – dont trois enfants – et faisant 37 blessés. Il est également cocasse de voir les Occidentaux critiquer Moscou parce qu’il frappe le Front Al-Nosra, la branche d’Al-Qaida en Syrie, car elle a été en partie formée, équipée et demeure soutenue par les Étasuniens. Encore une fois, deux poids, deux mesures.
Ainsi, l’Occident sous la houlette américaine cherche-t-il toujours à faire jouer le mauvais rôle à la Russie, essayant de la réinstaller dans l’inconscient collectif dans la position de l’ex-ennemi soviétique honni – à juste titre, alors que la situation est aujourd’hui bien différente. On est également abasourdi devant les divagations de certains analystes qui annoncent sans rougir que la Syrie pourrait être le nouvel Afghanistan russe ! Les conditions sont tellement différentes (le théâtre, les alliés, les forces en présence, etc.) qu’un tel jugement ne tient pas debout.
Ne nous y trompons pas, quelle que soit l’issue de cette crise, l’Occident, l’Europe et la France sortiront durablement décrédibilisés de cet épisode et leur influence politique et économique connaitra un fort recul. Aujourd’hui, dans de nombreuses régions du monde, les Occidentaux apparaissent, non sans raison, comme une menace pour la paix et la stabilité mondiales, tant leurs interventions extérieures créent le chaos partout où elles ont lieu.
En effet, nous sommes des pompiers pyromanes. Après avoir envahi illégalement et profondément déstabilisé l’Irak, les Etats-Unis luttent désormais contre Daesh qu’ils ont largement contribué a créer. De même, les interventions françaises au Sahel (opérations Serval, puis Barkhane), ne sont que les conséquences de l’erreur stratégique qu’a été notre action inconsidérée en Libye. L’installation de l’Etat islamique en Cyrenaïque et en Tripolitaine est une sorte de vengeance, posthume et méritée, de Kadhafi !
Nous avons toutes les raisons d’être inquiets devant les errements majeurs de notre politique étrangère depuis 2007. Qu’est devenue la France ? Qu’est il advenu de ses valeurs, de son regard particulier sur le monde, de son autonomie et de sa liberté de parole ? Nous ne pouvons que constater l’incohérence et la cécité de nos dirigeants, ainsi que leur alignement sur des positions et des intérêts étrangers – américains, saoudiens et qataris. Il est légitime que nous nous interrogions sérieusement sur leur compétence et leur aptitude à défendre nos intérêts. Leur obsession à vouloir la chute de Bachar n’est pas une politique. Cela ne fait qu’exprimer l’absence d’idée, de stratégie, de vision... C’est tragique ! Nous ne sommes désormais que des auxiliaires, une force d’appoint, qui plus est, du mauvais côté.
Bien sûr, les tenants du politiquement correct nous accuseront de défendre les dictateurs et des pays avec lesquels la France a été longtemps en opposition. Mais, en refusant de prendre en compte les réalités de terrain et l’évolution du monde, et en gobant ou en relayant la désinformation Mainstream des médias anglo-saxons, nous sommes en train de perdre tout crédit international et nous paierons tôt ou tard le prix de notre alignement aveugle et irresponsable sur Washington et les Etats sunnites soutiens du terrorisme.
Eric Denécé
Directeur du Centre français de recherche sur le renseignement (CF2R)

vendredi 20 novembre 2015

YEMEN : Les pires massacres saoudiens (Infographie)


SYRIE : Les «armes intelligentes» russes contre «Daech» (infographie)


L'État islamique (EIIL) veut absolument que la France continue à le bombarder. Qu'y a-t-il d'étonnant à cela ?



Au-delà de l'évidente compassion pour les victimes et leurs familles qui nous affecte tous et toutes, une première analyse des événements de vendredi dernier se heurte à la difficulté de voir, pour la première fois en France, des terroristes kamikazes se faire exploser après avoir semé le chaos et la mort pendant plusieurs heures. La grille de lecture issue des attentats majeurs en Occident, 11-Septembre, Londres 2005, etc… jusqu'à ceux de Charlie Hebdo ne fournit pas toutes les clefs nécessaires pour déchiffrer ces événements. Malgré tout, l'écrivain italien Roberto Quaglia (auteur d'un livre majeur sur le 11-Septembre jamais traduit en français faute d'éditeur intéressé…) a trouvé des points communs avec d'autres attentats récents et certains indices troublants, à commencer par le caractère parfaitement absurde de la stratégie apparemment adoptée par l'EIIL. Voici son analyse pour le moins amère et faite sur le ton de l'ironie.

L'État islamique (EIIL) ne pouvait pas se contenter d'être bombardé par la Russie (bombes réelles) et par les États-Unis (bombes mystérieuses qui en une année n'ont pas vraiment fait de dégâts ; certains témoins disent même qu'elles ressemblaient plus à du ravitaillement). L'EIIL veut maintenant que la France s'implique [davantage] dans les bombardements, et si possible, envoie des troupes terrestres pour mieux le combattre. Qu'y a-t-il d'étonnant à cela ? L'EIIL a déjà annoncé de nouveaux attentats à Rome, Londres et Washington.
Je comprendrais presque pour Washington, qui en théorie est en train de la bombarder depuis un an (comme déjà dit, au moyen de bombes pour le moins mystérieuses), mais Londres et surtout Rome, que viennent-elles faire dans tout cela ? L'EIIL veut manifestement se faire bombarder aussi par l'Angleterre et l'Italie, et même si possible par l'Europe toute entière. Ça, c'est de la stratégie ! Qui ne voudrait pas se faire bombarder par le plus de pays possible, surtout pour qui croule déjà sous les bombes russes ?
Pour éviter toute équivoque, les auteurs de la tragédie de Paris portaient sur eux les habituels passeports que les terroristes portent toujours sur eux dans pareil cas. Le mot « toujours » est souligné. En effet, les terroristes de Charlie Hebdo avaient oublié les leurs dans la voiture.Ceux du 11-Septembre avaient sur eux les passeports les plus miraculés du monde puisqu'ils ont été en mesure de « survivre » à l'effroyable explosion et à la boule de feu qu'on nous a tellement montrée à la télévision, et à l'effondrement de 2 tours de 500m.
Sans doute par peur que leurs passeports ne soient pas retrouvés [ces terroristes] avaient laissé dans leur véhicule également un  manuel et une cassette montrant comment piloter un Boeing. À propos de Charlie Hebdo, qui sait si le journal dans les prochains jours se moquera des victimes françaises de la tragédie parisienne de l'EIIL comme il l'a fait avec les 224 victimes russes de la tragédie du vol d'Egyptair [attentat revendiqué par l'EIIL] voilà quelques semaines. Les paris sont ouverts. Et on verra bien si le « droit de satyre » fait l'objet d'un deux poids deux mesures en Occident.
L'ambition de l'EIIL de se faire attaquer et massacrer ne peut plus être mise en doute. Est-ce que déjà en son temps, 14 ans en arrière, Oussama Ben Laden ne voulait pas voir l'Afghanistan bombardé et l'Irak envahi, quand il a fait ce qu'il a fait ? Après tout, c'est précisément ce qu'il a obtenu.
Les habituelles mauvaises langues soutiendront que l'EIIL a été créé par les États-Unis ; bien dommage d'ailleurs qu'on trouve parmi eux le général français Vincent Desportes , mais que voulez-vous qu'il en sache, quelqu'un comme lui ? Nous en savons bien plus, nous qui lisons La Repubblica et regardons notre journal télévisé quotidien.
Nous ne devrions même pas prêter attention à ces documents américains officiels déclassifiés dans lesquels est proposée la création de l'EIIL bien avant que celui-ci n'apparaisse. Mais n'est-ce pas là un procès d'intention ? Et toutes ces photos montrant le sénateur américain John McCain avec le chef de l'EIIL, Al-Baghadi ne doivent pas nous tromper : qui peut affirmer ne jamais s'être trouvé en compagnie de personnages odieux qui passaient là par hasard ? Cela pourrait arriver à n'importe lequel d'entre nous(**).
Et pourtant, le fait que quelques jours avant les attaques, le chef de la CIA ait rencontré le chef des Services secrets français ne doit pas déclencher de mauvaises pensées chez nous. Il est probable que ces gens sont amenés à aller boire une bière ensemble bien plus souvent qu'on ne pense – quel mal y a-t-il à cela ?
Et donc, que les choses soient claires, l'EIIL a perpétré ces attentats à Paris pour la simple et bonne raison qu'il est composé de débiles mentaux – des débiles mentaux très chanceux ! Essayez donc, vous, de vous procurer des armes automatiques et des munitions de contrebande sans vous faire attraper ! Mais on le sait bien, la chance sourit aux débutants, au moins jusqu'au moment où ils sont opportunément abattus.
Comme cela se produit souvent, les informations sur la tragédie sont apparues en un temps record sur Wikipedia. En effet, il semble que certains faits (la déclaration de Hollande, par exemple) aient été rapportés avant même qu'ils ne se produisent: 
Avertissement : le lien original a disparu en moins de 24h ! Mais on le retrouve sur les sites d'archives comme archive.org], Mais nous avons désormais pris l'habitude de ces petits miracles (les plus malicieux d'entre vous se rappelleront l'annonce par la BBC le 11 septembre 2001 de l'effondrement du bâtiment 7 du WTC avec 20 minutes d'avance).
Et nous sommes aussi habitués à la coïncidence qui veut qu'à chaque attaque terroriste corresponde un entrainement antiterroriste, qui sait pourquoi, toujours plus ou moins au même moment et au même endroit. Cela s'était produit à New York le 11 septembre 2001, à Londres le 7 juillet 2005 et quelque chose de comparable s'est produit cette fois aussi à Paris. Dans la journée, une « alerte à la bombe » est survenue à la Gare de Lyon provoquant son évacuation. Et une autre « alerte à la bombe » le même jour a fait évacuer l'hôtel où se trouvait l'équipe allemande de football avant leur match contre l'équipe de France le soir même. Vous pensez que ce n'est pas assez ? Ah, j'oubliais : le même jour, il y avait un exercice d'entrainement complet mettant en scène un scénario de multiples attentats qui impliquait la police, les pompiers, les équipes médicalisées, etc.
Exactement comme dans tous les cas les plus éclatants de terrorisme qui nous ont frappés ces dernières années. L'important, dans ces cas-là, c'est de respecter la tradition, et de ne rien oublier. Vive les coïncidences ! Qui a dit qu'à chaque fois ne peuvent pas se produire exactement les mêmes coïncidences ? Allons, un peu de sérieux !
Enfin, étant donné que nous ne sommes pas obnubilés par la numérologie comme Christine Lagarde, chef du FMI,le fait que tout cela soit survenu un vendredi 13 du 11e mois de l'année, dans le 11e arrondissement de Paris, ne nous trouble pas plus que cela. Il y en a qui sont obsédés par les chiffres, d'autres pas. À propos, certains auront noté que la plupart des victimes à Paris étaient venues assister à un concert de Heavy Metal donné par le groupe Eagles of Death Metal(***). Il y a deux semaines, à Bucarest (aussi connue comme la « petite Paris »), dans une tragédie moindre que celle de vendredi dernier, 50 jeunes ont trouvé la mort lors d'un incendie pendant un concert de Heavy Metal, un événement qui a rapidement amené à la chute du gouvernement roumain, et à l'instauration d'un gouvernement « technique » bien plus « eurocrate » qu'auparavant. Fréquenter les concerts de Heavy Metal commence visiblement à devenir dangereux.
Cela dit, bonne Troisième Guerre Mondiale à tous.
Roberto Quaglia
Source : Megachip et Roberto.info
Traduction : Christophe pour ilFattoQuotidiano.fr
https://twitter.com/robertoquaglia / www.robertoquaglia.com

jeudi 19 novembre 2015

Qui est responsable des attentats du 13 novembre à Paris ? ….Je les accuse d’avoir fourni d’une manière indirecte mais non moins efficace, les armes qui ont tiré hier puisque Hollande a reconnu lui-même qu’ils en ont vendu aux terroristes.



Les attentats de Paris appartiennent aux terribles soubresauts d’une bête blessée et mourante. Cette bête, ce sont les Etats-Unis des Corporations Capitalistes auxquelles appartiennent les Etats-Unis, Israël et leurs alliés Saoudiens et Européens. Nous y sommes donc. Hélas.

Précisons, à propos de ces alliés, qu’ils se bouffent entre eux, les uns voulant une guerre nucléaire et les autres, moins fous, n’en voulant pas. Voilà pourquoi Merkel , qui s’était couchée devant les desiderata des Corporates, s’abandonnant, après le coup d’Etat contre Volkswagen, à leur volonté d’avoir une main d’œuvre bon marché quand Tafta serait voté, vient de faire machine arrière et reconduit tout le monde chez les Grecs.
Certains me diront que les Corporations Capitalistes ne sont pas si mourantes que ça. Mais si.
D’une part l’éveil des citoyens du globe leur est nuisible. Un exemple, les bénéfices des grosses boîtes sont en nette baisse. Big Pharma est mis en cause. Aux Etats-UNis, Bernie Sanders dame le pion à Hitlary Clinton. Trump va jusqu’à accuser Bush du 11 septembre. Israël est violemment critiqué et boycotté pour sa politique d’apartheid.
Mais reprenons le cours de cette histoire du 21e siècle.
Les Corporates qui font des billets 24h /24, après avoir semé le chaos en Asie ont transporté leurs champs d’horreur au Moyen-Orient. Pour y débarquer il a fallu la mascarade du 11 septembre mais ils ont réussi en Afghanistan, en Irak, en Libye et en Syrie à ruiner des pays où des photos « avant-après » nous montrent l’étendue de leurs dégâts.
Il y a quelques mois, sans doute ravis de la réussite de leurs révolutions colorées, ils se sont mis dans la tête de mettre la Russie dans la cale aux esclaves. Depuis des années ils l’encerclaient de leurs bases. Ils ont voulu faire un pas de plus mais sont tombés sur un os qui s’appelle Poutine.
Grand stratège.
Non seulement Poutine a récupéré la Crimée sans tirer une balle, mais encore, face à l’imbroglio Syrien et la volonté des Corporates de liquider Assad pour faire passer leurs pipelines en Syrie, il a commencé sa guerre contre Daech, prouvant ainsi que depuis un an, la coalition des EU et de leurs soixante-cinq alliés (!!!) jouait à faire semblant.
C’est beaucoup d’un coup.
L’Empire des Corporates veut qu’Assad parte. Poutine ne veut pas. Assad reste. Et Daech et les modérés non modérés se font détruire.
Or plusieurs événements vont rendre dingues nos salauds de l’Inside job et de l’attentat mené par des dingues qu’on drogue.
- La découverte que l’armée russe est supérieure à l’armée étasunienne dont les boucliers anti-missiles sont des passoires.
- La renommée internationale croissante de Poutine. J’ai vu récemment une video où des Etasuniens haut gradés étaient obligés de reconnaître que RT [ Russia Today.Noit du GS] était le média que tout le monde croyait.
- Le succès des Russes sur le terrain. La prise de l’aéroport de Kweires. Leur avancée vers Palmyre. Leur remarquable diplomatie qui réussit à faire des alliés de ces fameux « terroristes modérés » qu’ils ont réussi à dénicher et à faire travailler avec eux.
- Les humiliations infligées à Israël :
a) la justice espagnole lance des mandats d’arrêt contre Netanyahu et six de ses ministres.
b) L’UE veut que soient clairement étiquetés les produits provenant des colonies.
c) Obama refuse qu’Israël annexe le Golan.
d) Poutine leur conseille de rester chez eux. « L’annonce par Vladimir Poutine d’une surveillance du ciel syrien par la Russie pour interdire les bombardements israéliens en soutien à Daech présente donc une importance historique planétaire. »
e) Hollande reçoit Rohani qui traite Israël de pays non légitime.
f) Une nouvelle intifada où des Palestiniens poignardent des Israéliens.
Qu’Israël pète les plombs (et je m’excuse d’employer ce nom « Israël » quand il ne s’agit ici que des hommes de main des Corporates) cela a été prouvé par une vidéo où l’on voit des « Israéliens » déguisés en arabes, entrer dans un hôpital et tuer un suspect.
Face à ces « humiliations » il a sans doute fallu prouver à Poutine et aux alliés des Corporates, que les bonnes vieilles recettes pouvaient toujours marcher.
Plusieurs événements ont alors eu lieu.
- La chute de l’avion russe. Daech a reconnu le forfait. Mais l’affaire est plus que trouble. Les EU et la GB penchent pour la présence d’une bombe à bord mais il n’y a aucune trace de poudre nulle part. Il s’agirait donc d’un détournement d’avion par un système extérieur ce qui expliquerait que cet acte ait été concocté à un haut niveau d’exécution. Les plus grands services secrets de la planète sont donc désignés. On repense également à l’affaire du Malaysia Airlines perdu du côté de l’Australie et jamais retrouvé.
- Damas et Lattaquié sont bombardées. Une manière de dire aux Russes qu’ils ne sont pas encore les maîtres du terrain.
- Beyrouth est endeuillé par un attentat. Daech le revendique et vise le Hezbollah qui se bat aux côtés de la Syrie et des Russes.
Et hier soir Paris.
Les deux seuls témoignages qui nous ont été transmis précisaient bien que les terroristes disaient que c’était pour punir la France d’être intervenu en Syrie. Voilà le message à faire passer. (Ceci dit, ils ont bombardé trois fois, c’est cher payé du tir !)
Chacun conclura ce qu’il voudra.
En tant que Française je voudrais dire au gouvernement français que je les accuse d’être au premier chef responsable de la nuit du 13 novembre car ils suivent l’OTAN et les EU dans leurs guerres coloniales et ainsi nous mettent au premier rang des belligérants où nous n’avons que faire.
Votre guerre. Nos morts.
Je les accuse d’avoir fourni d’une manière indirecte mais non moins efficace, les armes qui ont tiré hier puisque Hollande a reconnu lui-même qu’ils en ont vendu aux terroristes. Un peu de logique !
N’est-ce pas aussi le cas d’Israël ? Israël soutient fortement Daech en Syrie (1700 blessés soignés en Israël, armes, attaques aériennes, 800 commandos d’élite sur le terrain).
Et des EU qui arment les terroristes pour se débarrasser d’Assad ?
Ce double-jeu meurtrier explique les attentats de Paris. Ne prenez pas les citoyens pour des imbéciles.
Que j’en ai plus qu’assez des grands mouvements d’émotion nationale orchestrés par itélé et BFMTV. Qu’il est évident que dans ce genre d’attentat il y a aussi un « story-telling » destiné à émouvoir par les scènes les plus horribles où chacun peut s’imaginer à la place de la victime.
Que cet état d’urgence sur tout le pays et, sans doute, le report des régionales où ils étaient assurés de prendre une méga-rouste, posent des questions à beaucoup. La France n’était-elle pas déjà en alerte maximum ? Les frontières n’étaient-elles pas fermées ? La DGSE n’a-t-elle pas tous les moyens d’espionner ? Que faut-il de plus ? Ou que faut-il de moins ?
Le plus grave restant à venir : la France va-t-elle débarquer en Syrie la semaine prochaine pour chasser Assad qui, d’après Fabius, le père dont le fils est poursuivi par la police étasunienne pour avoir piqué du fric à Las Vegas, est la cause de la présence de Daech ?
Pour arroser de plombs de pauvres citoyens qui étaient en ville pour passer une soirée paisible, les Corporates sont sans doute bons. Mais face à la Russie, je leur conseille la prudence. S’ils bougent une oreille, la tête va leur tomber. Ils le savent. D’où leur agitation fébrile.
Paris, hier soir, était une cour de récréation sanglante où certains tentaient de reprendre la main.
Une dernière question : pourquoi ces attentats frappent-ils toujours le petit peuple qui n’a aucun pouvoir de décision et pas les dirigeants qui donnent les ordres ?
Est-ce parce que le seul but est de faire peur au peuple pour qu’il accepte n’importe quoi ?
Hier, à Paris certains de nos compatriotes sont morts. La veille encore ils ignoraient que dans des salons feutrés on plaçait des hommes armés sur une carte de leur ville. Ces malheureux, nos citoyens, frères et amis, vivaient leurs dernières heures.
Pour que le gaz et le pétrole enrichissent les Corporates.
On attend la une de Charlie-Hebdo.
Ariane WALTER