samedi 12 septembre 2015

LES FAUTEURS DE GUERRE AU MOYEN ORIENT CE SONT LES FORCES IMPERIALISTES, LEUR CREATURE DAECH EST LEUR ALLIE CONTRE LES PEUPLES.

Le 22 juillet 2015, 33 militants communistes et révolutionnaires ont été tués dans un attentat perpétré par Daech à Suruç, en Turquie. Le même jour un accord a été conclu entre les Etats Unis et l’Etat turc pour l’utilisation de la base militaire d’Incirlik2. Dans la même période certaines forces se disant en opposition avec le régime syrien ont abandonné leur base en Syrie proche de la frontière turque aux forces turques ou à des milices proches de l’armée Turque. Contrairement à la propagande mensongère propagée par les médias occidentaux, tous les groupes dits « islamistes » en Syrie sont soutenus par les pays impérialistes et les forces réactionnaires régionales, en particulier par les USA, la France, la Turquie, le Qatar et l’Arabie Saoudite. Dans les circonstances présentes on nous dit maintenant que la lutte contre Daech a été renforcée par le rapprochement avec la Turquie. Mais en réalité depuis cet événement, à part la publication de quelques photos de militants de Daech, l’Etat turc n’a rien entrepris contre Daech. Bien au contraire il a déclaré la guerre au peuple kurde qui lutte en première ligne contre Daech et qui ne réclame même pas l’auto-détermination. Sur le terrain l’impérialisme et les forces réactionnaires locales manipulent l’opinion en montant les minorités les unes contre les autres, notamment en opposant le peuple Yézidi aux Kurdes en diffusant la rumeur selon laquelle « les musulmans exterminent le peuple Yézidi ». Mais beaucoup de Yézidis sont Kurdes et ont été sauvés des griffes de Daech par les Kurdes (dont la majorité est musulmane). Le plus gros danger au Moyen Orient n’est pas Daech mais l’impérialisme. L’Irak, la Syrie, la Libye et le Yémen ont été plongés dans le chaos et la guerre. Par qui et pour quels intérêts ? Nous avons déjà dans notre journal montré le lien qui unit l’impérialisme et l’EI. Il n’y a aucun doute pour nous : l’EI est une force réactionnaire et fasciste. Le conflit qui oppose l’EI et les impérialistes n’est pas un conflit entre l’obscurantisme et les forces de progrès mais un conflit entre forces réactionnaires. Les médias français parlent d’un échec face à Daech. S’il ne s’agissait que d’une question militaire le problème aurait été réglé depuis longtemps. Mais Daech sert les intérêts géopolitiques des impérialistes occidentaux. Le problème fondamental, n’est pas Daech, le problème fondamental est : qui contrôle et comment contrôler le moyen orient ?
De ce point de vue l’utilisation de bases militaires en Turquie par les USA participe au processus d’éradication de la présence russe au Moyen Orient. Il s’agit soit de renverser le régime Syrien soit tout au moins de l’affaiblir et le laisser « mort entre deux eaux » : c’est une vieille tactique éprouvée. L’accord avec l’Iran, les menaces de guerre entre la Russie et d’autres forces impérialistes dénotent un conflit essentiellement de caractère inter-impérialiste. Que ce soit au Yémen, en Irak, en Syrie, en Libye, aucune organisation n’est indépendante des forces impérialistes. Daech profite d’une certaine manière des conflits inter-impérialistes. Il vend du pétrole, achète des armes et de la nourriture sans problème. Il n’y a qu’à voir le flot de camions qui circulent entre le territoire tenu par Daech et la Turquie ou l’Irak.
Les Kurdes de Turquie ou de Rojava : une épine dans le pied de l’impérialisme
A Kobané (Rojava), les kurdes ont fait reculer Daech par leurs propres forces. Les bombardements américains ont même atteint par « erreur » des positions kurdes ou des zones en partie contrôlées par le régime Syrien. Et ce n’est pas tout, quand la Turquie bombarde les bases Kurdes (PKK), et des populations et villages en Turquie même, y-a-t-il eu un seul pays qui ait condamné la Turquie ? La Turquie de longue date ne s’est jamais engagée militairement contre Daech. Les USA ont obtenu la base militaire en Turquie en contrepartie pour l’Etat Turc de pouvoir mener en toute impunité des actions militaires contre les Kurdes tout en déclarant avec hypocrisie qu’elle cherche la paix avec le peuple kurde. Elle a même obtenu le soutien de Barzani, dirigeant kurde d’Irak, dans son intervention armée contre les Kurdes de Turquie (notamment contre le PKK). Ce qui dérange les pays impérialistes et les forces réactionnaires locales chez les Kurdes de Turquie ou de Rojava, c’est qu’ils ne font pas confiance à l’impérialisme et aux forces réactionnaires. Par leur propre organisation politique et militaire ils ont pris le chemin de l’auto-défense. Cela a conduit à une mobilisation massive dans tout le Kurdistan, et au niveau international au soutien des révolutionnaires et communistes de divers pays, dont certains ont versé leur sang en se battant aux côtés du peuple Kurde. L’expérience de Rojava montre que, en profitant des conflits inter-impérialistes, les peuples peuvent prendre leur destin en main et se battre pour leurs intérêts propres. Evidemment il faut créer un rapport de force, avoir un soutien large parmi les peuples, la sympathie d’autres forces progressistes dans le monde. C’est ce que les USA et d’autres forces impérialistes n’ont pas apprécié. A Rojava un peuple opprimé montre que la lutte pour l’indépendance ou l’auto-détermination peut être menée en s’appuyant sur ses propres forces. Malgré tout, certaines organisations kurdes n’ont pas perdu leurs illusions d’obtenir des concessions grâce à la pression des pays impérialistes sur la Turquie et sur les autres pays qui divisent le Kurdistan. Pourtant toute histoire de la lutte du peuple kurde montre le contraire. C’est ce qu’illustre aujourd’hui Rojava. Les forces réactionnaires et les pays impérialistes ont parié sur le règlement du « problème kurde » par Daech. Mais la résistance kurde a bousculé leurs plans. C’est cela qui a décidé l’Etat Turc de s’en prendre militairement au peuple kurde en effectuant des bombardements et des massacres de civils et autres actes qui relèvent de crimes contre l’humanité. Mais cette situation a entrainé la formation d’une alliance en Turquie entre le peuple Kurde et d’autres minorités et notamment avec le mouvement révolutionnaire. Aux élections du 7 juin 2015 cette alliance a recueilli 6 millions de voix et obtenu 81 députés. Jamais dans l’histoire de la Turquie des communistes, des progressistes et des représentants du peuple Kurde n’ont été élu par le peuple avec une telle ampleur. Ce fut un coup très dur pour le Gouvernement islamiste qui dirige sans partage la Turquie depuis une décennie. En Turquie une nouvelle dynamique révolutionnaire depuis le mouvement de Gezi en 2013, bouleverse et traverse toutes les forces politiques. La bourgeoisie n’a pas pu créer un gouvernement après l’élection de 7 juin. Un pilier important pour l’impérialisme comme la Turquie qui s’enfoncerait dans une crise politique serait déstabilisatrice pour sa domination. N’oublions pas qu’après Israël, au Moyen Orient, les deux pays les plus importants pour le camp impérialiste occidental sont la Turquie et l’Egypte.
Tant que les peuples n’auront pas abattu l’impérialisme il n’y aura, ni paix, ni stabilité au Moyen Orient
Depuis début du XXème siècle l’impérialisme a toujours cherché à dominer le Moyen Orient. Depuis les accords de Sykes-Picot, l’intervention des impérialistes n’a pas cessé jusqu’au aujourd’hui. Citons : La création d’Israël et l’occupation des territoires des pays arabes par Israël, la création du CENTO pour contrer l’influence de URSS, la ceinture verte contre le communisme, la lutte contre la bourgeoisie nationale indépendantiste (comme le BAAS dirigé par Nasser), la guerre Iran-Irak, la première, deuxième et troisième guerre du golfe, la liste est longue… Ce n’est pas une question de manque d’information ou la complexité de la situation au moyen orient qui empêche de comprendre ce qui se passe au Moyen Orient. Pour se positionner et agir de manière juste et efficace, il faut avoir une analyse anticapitaliste et anti-impérialiste claire. Mais pour cela, et ce serait l’objet d’une autre débat : sans organisation indépendante de la bourgeoisie aucune lutte anti-impérialiste ne peut s’achever correctement dans l’intérêt des peuples opprimés et du prolétariat. La construction d’une telle organisation c’est la tâche qui s’impose aujourd’hui à tous les communistes.
Source : Bellaciao

lundi 7 septembre 2015

Question à Obama, Hollande, Merkel, Cameron : Pourquoi avez-vous tué cet enfant ?



Comment décrire cette scène ? Quels mots utiliser pour pleurer cet enfant syrien retrouvé gisant sur une plage quelque part en Europe, alors que ses parents tentaient de fuir la Syrie en proie à une guerre civile dévastatrice ?
Si les mots manquent, par contre, les coupables sont légion et ils sont connus.
Les coupables sont ces dirigeants occidentaux qui ont semé le désarroi dans les pays arabes, enfonçant leurs peuples dans l’effroi et la terreur après des décennies passées sous le joug de dictatures qui étaient applaudies et soutenues par ces mêmes dirigeants.
Les coupables, ce sont Nicolas Sarkozy et David Cameron qui ont fait assassiner le colonel Kadhafi et offert la Libye aux milices islamistes armées.
Les coupables, ce sont les Bush père et fils qui, au nom d’intérêts familiaux, ont envahi l’Irak et fait main basse sur les richesses fossiles des Irakiens à qui ils ont fait miroiter l’Eden après la chute de Saddam Hussein.
Les coupables, ce sont François Hollande et Barack Obama qui arment les terroristes en Syrie, sous le prétexte de la défense des droits du peuple syrien spolié par le régime en place, fragilisant l’Etat et renforçant les rangs de Daech, ce mouvement terroriste créé dans les sous-sols de la diabolique CIA, cette usine à fabriquer des monstres.
Les coupables, ce sont les membres du Conseil de sécurité de l’ONU dont le souci est l’équilibre des forces entre l’Ouest et l’Est, occupés à éviter une troisième guerre mondiale qu’ils compensent par des conflits par pays tiers interposés : Irak, Syrie, Yémen, Libye, Ukraine, Afghanistan, Centrafrique, Nigeria, Mali, Somalie… Tous ces Etats mineurs dont le sort se décide sous d’autres cieux pour d’autres intérêts que ceux de leurs populations.
Les coupables, ce sont les dirigeants du reste du monde, incapables de faire corps et de ressusciter le Front du refus, l’organisation des Non-alignés et les différents forums regroupant les plus faibles pour parler d’une seule voix et faire barrage aux visées hégémoniques des puissances mondiales.
Les coupables, ce sont tous ces peuples qui regardent faire leurs dirigeants politiques sans bouger le petit doigt, transformés par les systèmes de consommation occidentaux en des tubes digestifs courant sans cesse derrière les biens matériels jusqu’à oublier qu’eux aussi peuvent réfléchir, dénoncer, refuser, se rebeller, se soulever.
Les coupables, ce sont ces médias, armes de désinformation massive, puissantes machines de mensonge et d’intoxication au service de ces lobbies tapis dans l’ombre qui tirent les ficelles du désordre qu’ils ont instauré sur toute la planète :
·         lobby sioniste,
·         lobby des armes,
·         lobby de la finance,
·         lobby du pétrole,
·         lobby de la cigarette,
·         lobby de la drogue,
·         lobby de la traite des blanches…
Les coupables, c’est nous qui pleurons à la vue de cet enfant et passons à autre chose une fois nos larmes de crocodile séchées.

M. A.-A.

Quels mots utiliser pour pleurer cet enfant syrien retrouvé gisant sur une plage quelque part en Europe ? D. R.

dimanche 6 septembre 2015

Aylan Kurdi…..Essuyez ces larmes de crocodiles. Taisez-vous !



Laissez leurs âmes s’en aller en paix et n’essuyez pas vos couteaux sur leur peau comme l’ont fait et le font encore leurs assassins,….

Le monde est secoué par les cris d’indignation et les lamentations devant la photo de Aylan, le petit enfant syrien échoué sur une plage turque, tandis que les rédacteurs pleureurs et pleurnicheurs s’expriment en termes de cœurs brisés qui saignent, du fait d’une tragédie portant leurs propres signatures, car tous ceux qui ont contribué à la grande arnaque, depuis quatre années, sont les complices du crime pour avoir allumé une guerre ayant obligé une bonne partie du peuple syrien, attaché à sa terre et à sa patrie, à prendre les rudes chemins de l’exil dans le but d’échapper à l'enfer d’une prétendue révolution menée par des gens méprisables, des bandits de grand chemin, des trafiquants, des takfiristes wahhabites issus d’environ quatre-vingts nationalités avec pour principal slogan « nous sommes venus vous passer par le fil de nos épées » et pour unique promesse « Au tombeau ! ».
Ils ont commencé par assassiner les imams des mosquées et démolir les écoles et les hôpitaux, puis se sont rassemblés en organisations de contrebande et de trafic juteux, au point que nombre de leurs chefs ont glané des millions en se partageant la manne des donations du secours international et des largesses des Pays du golfe, avec leurs courtiers en Turquie, en Jordanie, au Liban, jusqu’à devenir des négociants au noir en denrées alimentaires et à s’engouffrer dans le marché des esclaves et de la prostitution organisée, sur le dos des camps pour Syriens « déplacés ».
La tragédie de ces déplacés et de l'immigration syrienne est une fabrication des États-Unis, de tous les gouvernements de l’OTAN, des gouvernements de la Turquie, du Qatar, de l’Arabie saoudite, de la Jordanie, de la clique libanaise du 14 Mars, ainsi que des médias internationaux, arabes et libanais, dont certains persistent à divulguer ce charlatanisme concerté nourri de pétrodollars, en continuant à qualifier des assassins et des terroristes de « révolutionnaires syriens » et en participant au vacarme des lamentations et des falsifications.
La tragédie de Aylan et de sa famille sur les rives de la Méditerranée en Turquie dont les gouvernants ont pratiqué une discrimination raciale à l’égard des Syriens, ont pillé les usines d’Alep, ont légitimé l’installation de camps d'entraînement militaire, de réseaux de contrebande et de cellules d'opération sous la direction du général US, David Petraeus, ainsi que toutes les autres tragédies des nombreuses victimes qui tombent quotidiennement en Syrie et tous les flots de larmes et de sang à l'intérieur et à l'extérieur de ce pays, sont le fruit du sale mensonge concernant un prétendu printemps et d’absurdes balivernes, pour dissimuler la responsabilité notoirement établie de certains gouvernements, médias et forces politiques, ayant vendu des illusions et noyé la Syrie dans un terrible et durable malheur en couvrant une agression mondiale par l’intermédiaire de la coterie des Frères Musulmans, d’une clique de professionnels de l’opportunisme politique, de mercenaires sous de nombreuses bannières, aux côtés des groupes takfiristes wahhabites multinationaux expédiés en Syrie, le tout emballé sous le vocable d’un printemps maudit.
Essuyez ces larmes de crocodiles. Taisez-vous. Laissez leurs âmes s’en aller en paix et n’essuyez pas vos couteaux sur leur peau comme l’ont fait et le font encore leurs assassins, cette fine fleur de vos prétendus révolutionnaires depuis que vous commercez avec la laideur et l’arrogance. Le mensonge doit cesser, car la noire imposture est démasquée par les faits, vos révolutionnaires ne sont autres que DAECH, Al-Nosra et un ramassis de sicaires sous une multitude de faux drapeaux.
Tous les fils de vos intrigues aboutissent chez le maître américain et son partenaire sioniste. Ce sont eux qui distribuent les rôles aux associés, occidentaux, arabes et ottomans, engagés dans ce crime contre la Syrie, financièrement, militairement, médiatiquement et politiquement, quoique le promoteur occidental est désormais le porte parole de votre « révolution daechienne » et n’a même plus besoin de ses mercenaires de façade qu’il s’est donné tant de peine à fabriquer et qu’il a si généreusement gratifié et baladé d’hôtel en hôtel, de capitale en capitale, avant qu’ils ne tombent dans les lieux de l’oubli.
À tous ceux qui s’inquiètent, avec raison, de ce qu’endure la Syrie et se soucient des terribles souffrances de ses enfants condamnés à l’errance par les alliés agresseurs : les Syriens affrontent avec héroïsme une « guerre colonialiste » qui n’a justement pour solution politique que la victoire par la résistance de ce peuple, de son armée et de son commandant en chef ; la manœuvre visant son indépendance nationale et sa détermination à lutter contre le colonialisme et le sionisme, point à la ligne.
À tous ceux qui se préoccupent de la foule d’initiatives et de communications sur les rencontres, en cours, entre les deux camps de cette guerre mondiale : les alliés de la Syrie la soutiennent toujours aussi solidement car, par sa résistance, elle leur a offert une grande force dont ils récoltent les fruits et, qu’en retour, ils lui offrent tous les moyens dont ils disposent pour renforcer sa résistance dans son combat crucial pour la liberté de tous et l’avenir du monde.
Les alliés de la Syrie, notamment la Russie et l'Iran, sont parfaitement conscients que la seule voie « politique » qui sauverait la Syrie passe par l’assèchement des ressources du terrorisme et l’arrêt des mensonges médiatiques, les deux éléments principaux du système des agresseurs. Rien d’autre ne pourrait accélérer la solution, stopper l’hémorragie et mettre fin au calvaire vécu par les Syriens.
Rendre justice aux âmes des victimes exige de confondre, aujourd’hui avant demain, tous ceux qui ont contribué à cette « grande arnaque » en prétendant que ce qui avait été ourdi dans l’obscurité et l’ignorance trompeuses était une révolution. Mais les voilà qui persistent dans leurs mensonges commandés en dépit de toutes les révélations contraires. Ils sont les complices de la tragédie syrienne et de chaque goutte de sang qui coule aussi bien en Syrie qu’à l'étranger.
Ghaleb Kandil
04/09/2015
Source : New Orient News
Article traduit de l’Arabe par Mouna Alno-Nakhal

Bienvenue aux réfugiés : Les impérialistes sont responsables de la situation actuelle, qui pousse des millions de personnes à fuir leur pays ; mais ils ne sont pas disposés à en assumer les conséquences.



« La société capitaliste est et a toujours été une horreur sans fin » (Lénine)

La crise des réfugiés met en évidence certaines des horreurs de la société capitaliste. Elle révèle aussi le contraste entre la solidarité élémentaire des travailleurs et les calculs froids, cyniques, des dirigeants bourgeois en Europe et au-delà.
Les images d’hommes, femmes et enfants qui fuient les horreurs de la guerre civile, la faim et la destruction, qui meurent en mer ou dans des camions, qui s’exposent aux fils barbelés, aux polices antiémeutes, aux camps de détention, aux expulsions forcées – ces images choquent des millions de personnes et les poussent à réfléchir aux causes fondamentales de cette situation, ainsi qu’à ses remèdes.
Notre premier devoir est d’expliquer les origines de cette crise. Les réfugiés fuient des pays qui ont sombré dans la guerre civile. Le plus grand nombre de ceux qui passent par la Grèce et la Hongrie viennent de Syrie, d’Afghanistan et du Kosovo. Les guerres et l’ingérence impérialistes sont directement responsables de la situation catastrophique dans ces pays.
La défaite du soulèvement populaire en Syrie et le développement d’une insurrection réactionnaire furent le résultat de l’intervention des Etats du Golfe, de l’Arabie Saoudite et des impérialismes américains, britanniques et français. L’ascension de l’Etat Islamique est la conséquence directe de l’intervention impérialiste en Irak. La guerre civile en Afghanistan trouve sa source dans la guerre impérialiste commencée en 2001 – et avant cela dans le soutien et le financement des moudjahidines par l’Arabie Saoudite et les Etats-Unis. La situation au Kosovo est, au fond, la dernière conséquence du démembrement réactionnaire de la Yougoslavie, il y a plus de 20 ans – démembrement qui fut fomenté et encouragé par l’impérialisme allemand.
Les impérialistes sont responsables de la situation actuelle, qui pousse des millions de personnes à fuir leur pays ; mais ils ne sont pas disposés à en assumer les conséquences.
Le bombardement de la Lybie – sous couvert d’« urgence humanitaire » – a provoqué l’effondrement de son Etat. De grandes parties du territoire sont dirigées par les fondamentalistes islamiques. Certes, le régime de Kadhafi était une dictature brutale. Il collaborait avec la politique migratoire réactionnaire de l’UE (en échange de subsides) et maintenait des migrants d’Afrique subsaharienne dans d’infâmes camps de détentions. Cependant, nous avons toujours souligné qu’il appartenait aux masses libyennes de renverser Kadhafi. Chaque fois que des tels régimes ont été renversés par des interventions impérialistes, cela a débouché, non sur des « démocraties modernes », mais sur la barbarie. La chute de Kadhafi a simplement abouti à l’émergence d’autres forces réactionnaires et au démembrement du pays. Cela a ouvert une route vers les îles italiennes, qui ne sont pas très loin des côtes libyennes.
De notre point de vue, il n’y a aucune différence fondamentale entre réfugiés et migrants. Tous fuient les horreurs engendrées par le capitalisme dans leur pays d’origine. Certain y sont victimes de la guerre civile et d’atteintes aux des droits de l’homme ; d’autres tentent d’échapper à la faim et à la misère. Dans la plupart des cas, il s’agit d’une combinaison des deux – la misère engendrée par la guerre, la violation des droits de l’homme les plus élémentaires : avoir un toit sur la tête et un repas sur sa table.
Aujourd’hui comme hier, la réponse de l’Union Européenne a consisté à construire des murs et d’autres systèmes de contrôle de plus en plus sophistiqués. En 15 ans, l’UE a dépensé 1,6 milliard d’euros dans des barrières physiques et économiques pour empêcher les migrants d’entrer. Quatre grandes multinationales ont bénéficié de ces contrats juteux : Airbus, Thales, BAE et Finmeccanica. Ces entreprises figurent toutes parmi les 10 plus grands industriels de l’armement. Au cours de la même période, l’UE et les pays de l’espace Schengen ont dépensé 11 milliards d’euros dans des expulsions coordonnées (qui ne représentent qu’une petite partie de la totalité des expulsions). Les capitalistes se félicitent de la chute du mur de Berlin, mais ils construisent des murs à Ceuta, à Mellila, en Serbie, en Bulgarie – et désormais en Hongrie. De grandes quantités d’argent son également dépensées pour subventionner des camps de détention hors de l’UE.
C’est cette politique d’Europe forteresse qui pousse des centaines de milliers de migrants et de réfugiés dans les bras de « passeurs ». C’est un business très lucratif. D’après certaines estimations, les migrants ont payé 1 milliard d’euros par an sur les 15 dernières années – et 30 000 sont morts. Depuis le début de l’année, plus de 2500 se sont noyés dans la Méditerranée. Plus l’Europe renforce ses frontières, plus les voies d’entrée illégales deviennent dangereuses. Les médias bourgeois concentrent leur feu sur les passeurs, comme s’ils étaient la seule cause du problème. Certes, il s’agit de gangs criminels qui n’ont aucun égard pour la vie humaine et ne s’intéressent qu’au profit qu’ils tirent de leur activité. C’est d’ailleurs une caractéristique du capitalisme en général. Mais ce ne sont pas les passeurs qui créent les réfugiés et les migrants. Ils profitent simplement d’un mouvement migratoire – et des tentatives de l’UE de l’interrompre en élevant des barrières toujours plus hautes et infranchissables.
Sur cette question, la véritable attitude des politiciens bourgeois était bien résumée par le Premier ministre britannique James Cameron, l’an dernier, lorsqu’il a expliqué qu’il fallait mettre un terme aux opérations de recherche et de secours dans la Méditerranée, car cela « crée un appel d’air » et « encourage davantage de migrants à tenter cette dangereuse traversée ». Et ils ont effectivement interrompu ces opérations. L’ancienne mission européenne de recherche et de secours, qui était dirigée par l’Italie, a été remplacée par la mission « Triton », qui se limite à des opérations de « garde-côte ».
Cela ne signifie pas que les capitalistes sont contre l’immigration. De leur point de vue, les travailleurs migrants sont très utiles. A un pôle, ils sont une source de main-d'œuvre hautement qualifiée dont la formation n’a rien coûté aux patrons européens. A l’autre pôle, les migrants fournissent une main-d'œuvre illégale qu’une section de la classe dirigeante exploite brutalement, sans aucun égard pour le droit du travail, ce qui par ailleurs exerce une pression à la baisse sur l’ensemble des salaires. Les migrants constituent enfin de parfaits boucs-émissaires pour justifier les coupes dans les services publics, le manque de logements sociaux – et toute la régression sociale dont la crise du capitalisme et les politiques d’austérité sont les véritables causes. Le mouvement ouvrier doit répondre par une politique d’unité de classe claire et une lutte commune pour de meilleures conditions de vie et de travail.
L’actuelle crise des réfugiés n’est pas vraiment liée au nombre de personnes cherchant un asile en Union Européenne. L’Allemagne est le pays qui a reçu le plus grand nombre de demandes d’asile, mais ce nombre est moins élevé qu’au début des années 90, à l’époque de l’éclatement de la Yougoslavie. La crise actuelle est liée aux écœurantes dissensions entre « partenaires » européens, dissensions qui portent sur le prix politique et financier de l’afflux de migrants. Au fond, c’est un nouvel épisode de la crise de l’UE elle-même.
La Grèce et l’Italie sont les deux premières destinations des migrants et réfugiés qui traversent la Méditerranée. Cela va très bien aux gouvernements des autres pays de l’UE. La dernière « crise » a commencé lorsque les migrants ont commencé à s’organiser et à passer en force à travers les frontières de la Macédoine, de la Serbie et de la Hongrie, où ils ont tenté de poursuivre leur voyage vers l’Allemagne ou la Suède, les deux pays qui reçoivent le plus grand nombre de demandes d’asile (en nombre absolu dans le cas de l’Allemagne, relativement à la population dans le cas de la Suède).
En Allemagne, la question de l’immigration exerce une pression politique sur Merkel. Elle demande que d’autres pays prennent leur « juste part » du nombre de réfugiés. La Grande-Bretagne a répondu, en somme, qu’elle n’en accueillerait aucun, mais qu’elle était prête à doubler ce chiffre sous la pression. Dans toute l’Europe, les gouvernements de droite subissent la pression de partis qui défendent des idées ouvertement nationalistes, racistes et anti-immigrés. En réalité, ces idées ne reflètent pas l’opinion de la majorité des travailleurs. Elles ne gagnent un certain soutien que sur la base d’une propagande médiatique constante – et, surtout, parce que les dirigeants du mouvement ouvrier (partis et syndicats) n’y répondent pas, ou pas correctement.
Ces derniers jours, nous avons assisté à une vague massive de solidarité et de soutien concret aux réfugiés. Cet été, en Grèce, les touristes et habitants des îles ont aidé les réfugiés provenant de Turquie. En ex-Yougoslavie, les gens se souviennent de leur propre histoire ; ils ont aidé les réfugiés à Belgrade et dans d’autres villes. Même dans l’ambiance réactionnaire qui existe actuellement en Hongrie, des douzaines de volontaires ont aidé les réfugiés en gare de Budapest. Des milliers de personnes ont manifesté contre la politique réactionnaire d’Orban. Dans les stades de football d’Autriche et d’Allemagne, les supporters ont brandi des bannières de soutien aux réfugiés. Le mouvement a été particulièrement fort en Autriche : 30 000 personnes ont manifesté à Vienne, avant d’organiser le soutien pratique et matériel des réfugiés qui arrivaient en train. A présent que les autorités hongroises ont bloqué les trains, des volontaires autrichiens organisent des convois de voitures et de bus pour aller chercher les réfugiés.
En Espagne, face à l’inaction du gouvernement du PP, la mairie de Barcelone (Unité Populaire) a pris des initiatives pour organiser l’accueil des réfugiés. L’appel du conseil municipal a rencontré un énorme écho ; des centaines de personnes se sont portées volontaires. Cela a entraîné la formation d’un réseau de comités locaux d’accueil des réfugiés.
En Grande-Bretagne, 100 000 personnes – à ce jour – se sont engagées à participer à une manifestation de soutien aux réfugiés, le 12 septembre à Londres. D’autres manifestations seront organisées à travers le pays. En l’espace de deux jours, une pétition demandant que la Grande-Bretagne accueille davantage de réfugiés a rassemblé 400 000 signatures.
Partout, cela devient une question politique de première importance. C’est évidemment une réaction directe aux images, diffusées ces derniers jours, de l’enfant syrien gisant sur une plage turque et des 71 personnes mortes asphyxiées dans un camion en Autriche.
Mais il y a plus que cela. Ce mouvement de solidarité fait partie d’un profond courant de méfiance et d’opposition à l’égard des politiciens bourgeois et de l’establishment. C’est le même courant qui a suscité le phénomène Podemos en Espagne, l’énorme impact de la campagne de Corbyn en Grande-Bretagne, ou encore les grandes manifestations contre l’austérité vues durant la dernière période.
Le mouvement de soutien aux réfugiés peut menacer les fondements mêmes du système capitaliste. Cependant, pour qu’il se développe, deux choses sont nécessaires.
Premièrement, il faut mobiliser la pleine puissance de la classe ouvrière et de ses organisations. Les syndicats ont le nombre et les moyens d’organiser la solidarité pratique sur des bases sérieuses. Ce sont des travailleurs qui conduisent les trains bloqués et pilotent les avions qui servent aux expulsions. Il faut faire pression pour rompre la passivité des dirigeants des organisations officielles des travailleurs. Le mouvement de solidarité a déjà élaboré ses propres structures organisationnelles, à juste titre. Mais pour qu’il aille plus loin, il est crucial qu’il implique la classe ouvrière organisée.
Deuxièmement, les arguments politiques doivent être précisés et développés. L’instinct de solidarité humaine est un bon point de départ. Mais il faut répondre efficacement à la propagande raciste des grands médias. Qui doit payer ? Il faut être clair là-dessus. La classe dirigeante utilise et continuera d’utiliser la question des réfugiés pour diviser la classe ouvrière et leur faire porter le chapeau des coupes drastiques dans les dépenses publiques. Nous disons : NON, les réfugiés sont bienvenus – et c’est aux capitalistes, aux banquiers, aux marchands d’armes de payer. Ils ont trouvé des milliers de milliards d’euros pour sauver les banques ; pourquoi ne pourraient-ils pas trouver des milliards d’euros pour accueillir les migrants et réfugiés ?
D’où viendra l’argent pour financer les écoles, les logements et les soins dont ils ont besoin ? Une première mesure consisterait à taxer les marchands d’armes qui ont fait d’énormes profits dans les guerres impérialistes. Par ailleurs, tous les logements vides que possèdent les banques et multinationales doivent être expropriés, sans compensation, pour héberger les réfugiés et les SDF locaux. C’est aux capitalistes de payer les conséquences des guerres et de l’exploitation impérialistes.
Le mouvement de solidarité qui traverse l’Europe est une réponse à tous les cyniques et démagogues de droite qui dépeignent les travailleurs comme des individus égoïstes et cupides. Les travailleurs ne sont pas stupides. Ils voient bien qui est responsable de cette crise humanitaire. Ils voient la contradiction flagrante d’un système qui a trouvé les moyens de financer des guerres en Irak, en Lybie, en Afghanistan, etc., mais qui prétend ne pas avoir les moyens d’aider les millions de personnes fuyant les conséquences de ces mêmes guerres.
Le mouvement ouvrier et ses organisations doivent également apporter une réponse à la pauvreté croissante en Europe, où une section significative des travailleurs et de la jeunesse a vu son niveau de vie reculer. Le chômage augmente ; les salaires et les retraites réels ont baissé. Si le mouvement ouvrier ne livre pas ce combat, les démagogues de droite vont en profiter pour opposer les pauvres d’Europe aux migrants et réfugiés. La classe dirigeante utilisera cette question pour diviser les travailleurs. Nous ne devons pas le permettre.
La société dispose d’assez de ressources pour répondre aux besoins de ceux qui fuient les guerres et la faim. D’après de récentes données, il y a 11 millions de logements vides en Europe. Cela suffirait à garantir des logements bon marché aussi bien pour les pauvres et les SDF d’Europe que pour les migrants. La question n’est pas : « des logements pour nous ou pour eux ». Il y en a assez pour tous.
Si des millions de gens ont faim à travers le monde, si des centaines de milliers meurent de maladies soignables, si des centaines de millions n’ont pas accès à une éducation et une santé de base, ce n’est pas à cause des flux migratoires. C’est à cause d’un système qui repose sur la course aux profits. Il y a assez de ressources pour résoudre tous ces problèmes. L’expropriation des grandes multinationales, sous le contrôle démocratique des travailleurs, permettrait de satisfaire les besoins du plus grand nombre – et non plus la soif de profits d’un petit nombre de parasites que personne n’a élus.
Les nombreuses guerres locales et civiles en cours sont la conséquence de la crise du système capitaliste. La guerre est terriblement profitable… pour une poignée de capitalistes ultra-riches. Mais elle inflige de terribles souffrances aux masses. Tant que le capitalisme survivra, ces souffrances perdureront. C’est un puissant argument en faveur de la lutte internationale des travailleurs pour le renversement du capitalisme et pour le socialisme mondial.
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