vendredi 26 juin 2015

SYRIE : Crimes et Démantèlement…Par quel prodige les wahhabites obscurantistes du Qatar et de l’Arabie, les islamistes turcs ont-ils développé une vocation révolutionnaire dont le djihadisme et le terrorisme sont les deux mamelles ?



Vendredi 26 juin 2015

« La violence est le dernier retranchement de l’incompétence » (I.Asimov)

C’est l’heure de gloire posthume de Sir Mark Sykes et de Monsieur François George-Picot. Dans nos « grandes démocraties », les politologues autoproclamés, les apprentis experts en turqueries, les soi-disant islamologues, les réactionnaires amoureux des « révolutions » arabes sont penchés sur les cartes du Grand Moyen-Orient, où l’Amérique avait entrepris jadis d’imposer sa « démocratie » au nom de la lutte contre le terrorisme. Ces dilettantes apprécient en connaisseurs la dislocation d’un monde qu’ils exècrent et le démantèlement de ses Etats, l’un après l’autre, ne voyant rien d’extraordinaire à cette cascade de « révolutions » qu’ils persistent à qualifier de « démocratiques », éludant toutes les interrogations gênantes.
- Par quel prodige les wahhabites obscurantistes du Qatar et de l’Arabie, les islamistes turcs ont-ils développé une vocation révolutionnaire dont le djihadisme et le terrorisme sont les deux mamelles ?
- Suite à quel cheminement spirituel les nouveaux croisés ou les cow-boys de l’Axe du Bien en sont-ils arrivés à s’unir dans une alliance aussi audacieuse avec les parrains de ce djihad ?
- Comment la patrie des droits de l’homme peut-elle afficher une telle symbiose avec des partenaires aussi réfractaires aux droits de la femme ?
- Comment le bastion de la laïcité dure et pure, où l’on traque la moindre ombre de crèche, de croix ou d’oremus, fait-il bon ménage avec des fanatiques religieux qui coupent les têtes au nom de Dieu?
L’Amérique omniprésente dans cette stratégie du chaos ? Quelle Amérique ? La France complice et actrice ? Mais comment oser insinuer une telle monstruosité, alors qu’elle a sauvé le Mali des terroristes après avoir apporté la « démocratie » en Libye ?
Où est le borgne qui éclairera les aveugles ? Le monde arabe n’en finit plus de se disloquer : l’Irak, le Soudan, la Somalie, la Libye, le Yémen, mais également la Tunisie et l’Egypte qui tentent d’échapper aux griffes du djihadisme, et puis la Syrie qui vit depuis plus de quatre ans un véritable martyre, sous les coups conjugués de plus de quatre-vingt-dix Etats.
La patrie de l’arabisme est en grand danger face à une ronde infernale unissant main dans la main des myriades de djihadistes qui imposent l’enfer aux populations sous prétexte de gagner au plus vite le paradis, des terroristes implacables présentés comme des modérés faisant du bon boulot et des conseillers cagoulés de provenances diverses. Ces opposants « démocratiques » jouissent du soutien multiforme des régimes islamistes d’Ankara, de Riyad et de Doha et de l’appui actif des Occidentaux qui leur accordent l’impunité, sans oublier Israël qui soigne les blessés et donne un coup de main à l’occasion.
Cette troupe barbare patronnée par l’étranger et reconnue comme représentative par les « Amis de la Syrie » (grâce auxquels celle-ci n’a plus besoin d’ennemis) trouve un prompt renfort auprès des transfuges cyniques qui ont fait fortune grâce au pouvoir qu’ils honnissent à présent, des opportunistes de tout poil, des arrivistes qui se croient déjà ministres. George Bush lui-même, reconverti depuis son passage à la retraite dans la peinture de petits moutons idiots, refait surface pour préconiser des frappes terrestres sur la Syrie.
Il faut compter aussi avec la désinformation prodiguée par les médias, avec les manipulateurs, avec des intellectuels qui affirment dormir en paix à l’ombre des drapeaux du djihad, des gourous qui recherchent dans le chaos une audience qui leur fait défaut par ailleurs, des politiques qui répètent en chœur ce que leurs chefs de file disent en solo.
Il n’est pourtant pas besoin d’être grand observateur pour constater que le scénario du démantèlement, sur des bases ethniques et/ou confessionnelles, est à l’ordre du jour, en Syrie, comme en Irak, en Libye ou ailleurs. Que les Etatsnations à forte identité et à vieille histoire sont visés en priorité, en vue d’un éventuel dépeçage. Que d’autres entités semblent se dessiner peu à peu, à coups de nettoyage ethnique, de déplacement ou d’échange de populations, voire de déportation pure et simple, et d’immigrations de type « sioniste ». Un tel redécoupage banaliserait la transformation d’Israël en « Etat juif », tout en lui garantissant la suprématie stratégique face à des entités croupions.
Les infrastructures (écoles, hôpitaux, routes, usines, conduites d’eau, oléoducs, lignes électriques), les maisons, mais aussi les églises, les mosquées, sont toutes ciblées. Pour ceux qui n’auraient pas compris de quoi il s’agit, le patrimoine historique et religieux est détruit systématiquement, les pièces et œuvres d’art pillées, la mémoire détruite.
Les massacres, les destructions massives, les rapts, les viols, les ventes aux enchères de jeunes filles, voire de petites filles en vue de mariages de jouissance, les tortures, les exécutions sommaires, les bombes aveugles, les attentats suicides, les exactions de toutes sortes perpétrées par des mercenaires cruels et sauvages, tel est le lot quotidien d’un peuple confronté aux « révolutionnaires modérés » à aspirations démocratiques.
La manipulation médiatique bat son plein, appuyée par le mensonge d’Etat, l’intimidation et le lavage de cerveau quotidien : tout est bon pour casser la Syrie résistante, abattre Bachar al Assad, président dont la légitimité fait peut être rêver certains de ses ennemis.
Dame Bêtise est omniprésente. A qui profitent donc ces « printemps arabes » ? Certains de ces arrogants émirs, princes, rois et sultans devraient regarder de près les cartes nouvelles en circulation : loin de devenir de majestueux empires, leurs pays seront passés eux aussi à la moulinette Sykes-Picot.
Bonnes vacances aux dirigeants des « grandes démocraties ». Et qu’ils évitent de se raser, car ils pourraient s’effrayer de l’image sinistre que leur renvoie le miroir.
Ne serait-il pas grand temps que les consciences se réveillent face à la destruction volontaire, systématique et obstinée d’un pays souverain, d’une société tolérante et multiconfessionnelle, du seul Etat laïc de la région, dont le seul défaut est de vouloir conduire lui-même ses affaires, conformément aux principes de base de la légalité internationale, tels qu’ils sont gravés dans le marbre de la Charte des Nations-Unies…
Le Collectif pour la Syrie

jeudi 25 juin 2015

GRECE : Bienvenue en Grèce, laboratoire européen du « capitalisme du désastre » où sont testées les limites de la résistance humaine.



Les politiques d’austérité de la Troïka seront-elles bientôt étendues à tout le continent ? Et de là, au monde entier ?

Dimanche 21 juin 2015
La « stratégie du choc » est une politique de démantèlement des biens publics et de réduction drastique des libertés menée après une grave crise économique, politique ou environnementale, un attentat ou une guerre. Elle s’inspire des techniques de lavage de cerveau et de privation sensorielle employées par la CIA visant à détruire la mémoire du sujet, briser ses capacités de résistance et obtenir une « page blanche » sur laquelle écrire une nouvelle personnalité. A l’échelle d’une population, il s’agit de faire « table rase » du passé en réduisant à zéro le patrimoine public d’un pays, ses structures sociales et économiques pour y construire une nouvelle société. Privées de leurs points de repères, littéralement en état de choc, les populations victimes de ce traitement se sont vues spoliées de leurs biens publics (éducation, santé, retraites) et de leurs libertés par l’oligarchie et ses élites sans même pouvoir et vouloir se défendre. Les Chiliens sous la dictature de Pinochet ou les Argentins sous celle de Videla, les Russes victimes de la « thérapie de choc » de Boris Elstine, les Irakiens victimes de la campagne de bombardements intensifs américains de mars 2003 baptisée Shock and Awe (choc et effroi), le peuple de Louisiane victime du cyclone Katrina, les Américains victimes de l’escroquerie du 11 septembre et ses dérives liberticides, les Lybiens ou les Syriens en proie au terrorisme international, les Ukrainiens victimes du coup d’Etat made in CIA, les Sud-Africains, les Chinois ou les Polonais victimes de la contre-révolution néo-libérale,… la liste est encore longue de tous ceux qui ont servi de cobayes à cette doctrine insensée née dans le laboratoire de l’Université Mac Gill à Montréal. Elle a provisoirement épargné l’Europe de l’Ouest… jusqu’à la crise des subprimes de 2007-2008.
Bienvenue en Grèce, laboratoire européen du « capitalisme du désastre » où sont testées les limites de la résistance humaine : un taux de chômage (officiel) à 25 % (plus de 50 % chez les jeunes), un tiers de la population vivant sous le seuil de pauvreté, plus d’un tiers sans couverture maladie, des services publics en déliquescence laminés par des cures d’austérité draconiennes, un patrimoine public (sites archéologiques, îles, forêts, aéroports, compagnie de gaz ou d’électricité, …) bradé pour une bouchée de pain à des sociétés privées… et une population à bout de souffle, devenue incapable de se défendre. La raison de cette capitulation ? le traumatisme provoqué par la violence de la crise imposée au peuple grec par l’oligarchie bancaire, sapant toute velléité de résistance à la destruction systématique de la sphère publique : « Attendre une crise de grande envergure, puis, pendant que les citoyens sont encore sous le choc, vendre l’État morceau par morceau, à des intérêts privés avant de s’arranger pour pérenniser les « réformes » à la hâte[1] » est un bon résumé de ce qu’ont subi les Grecs. Ce véritable coup d’État financier a nécessité plusieurs phases de préparation dont la menace actuelle de faillite imminente du pays, prélude à sa mise sous tutelle financière, est l’aboutissement. Récit d’une tragédie (grecque) en 5 actes.

1er acte : créer les conditions d’une crise du crédit (2000-2007)

Au début de la décennie 2000, les USA se lancent dans la folie du crédit sans limites. Les emprunteurs, même non solvables, contractent des formules de prêts immobiliers de plus en plus risquées, et le plus souvent à taux variable. Dans les premières années, les taux sont bas et les emprunteurs peuvent rembourser facilement mais au fur et à mesure qu’ils augmentent un nombre croissant de personnes ne peuvent plus rembourser leur emprunt immobilier et sont contraintes de vendre leur bien, faisant ainsi chuter les prix du marché, première étape de la crise. Ces emprunts « toxiques » (car ayant des risques élevés d’être non-remboursés) sont compilés avec d’autres produits financiers bénéficiant artificiellement de la meilleure note (AAA) des agences de notation pour être ensuite échangés sur les places boursières du monde. La banque d’affaires américaine Goldman Sachs est l’une des pionnières dans la création de ces « subprimes ». Coup d’arrêt au printemps 2008 : les ménages emprunteurs ne peuvent plus rembourser leurs prêts à cause de la montée des taux d’intérêts, la bulle de l’endettement privée éclate et le système se grippe. Le système financier est contaminé par ces titres pourris et la contagion est rapide : leur valeur s’effondre, la confiance des investisseurs chute et le système du prêt interbancaire est vite gelé.
Le bénéfice est triple pour l’oligarchie bancaire : après avoir tiré profit du crédit facile dans la première phase, elle fabrique les conditions d’une crise artificielle qui obligera les États (donc l’argent public) à les renflouer dans la seconde phase et elle décuplera ses gains en plaçant des pays entiers sous sa dépendance grâce au creusement des dettes souveraines et au gonflement des taux d’intérêt de leur financement, dans la troisième.

2ème acte : déclencher une crise de la dette (automne 2008)

Le déclencheur de la crise dite des « subprimes » est connu. L’administration Bush nationalise AIG et Bank of America, rachète Merril Lynch … mais refuse de sauver la banque d’investissement Lehman Brothers qui se déclare en faillite le 15 septembre, faisant alors chuter toutes les places boursières mondiales. Par cette décision, le secrétaire au Trésor Henry Paulson fait d’une pierre trois coups : il sacrifie un concurrent direct de Goldman Sachs – banque qu’il a présidé entre 1998 et 2006 et dont il continue en sous-main de défendre les intérêts –, et il fabrique les conditions d’une crise providentielle pour la finance tout en raflant l’argent public aux seuls bénéfices des banques privées grâce au « plan Paulson ».
3ème : fabriquer une crise bancaire en Europe (2008-2009)
Conjointement présenté par la Réserve fédérale et le Trésor, le « plan Paulson » de rachat des actifs toxiques américains, d’un montant de 700 milliards de dollars, est voté au Congrès américain mais sans toutefois convaincre les investisseurs. Le CAC40 et le Dow Jones connaissent une chute historique le « lundi noir » (6 octobre 2008). Il faudra, pour calmer les marchés, que 7 banques centrales mondiales (États-Unis, Europe, Royaume-Uni, Canada, Suède, Suisse et Chine) s’accordent pour baisser leurs taux directeurs d’un demi-point.

4ème acte : la transformer en crise économique (à partir de 2009)

La crise financière devient rapidement une crise économique. De nombreux pays rentrent en récession, la consommation des ménages chute, les entreprises accusent des pertes énormes et sont obligées de réduire leurs effectifs salariés ou font faillite, le chômage explose : de l’automne 2008 à fin 2009, le taux passe en France de 7,9% à 10%, aux USA il double de 5 % à près de 10 % et il triple en Grèce de 8 % à plus de 24 %. Le secteur automobile est particulièrement touché. Aux États-Unis, le géant américain General Motors se déclare en faillite en juin 2009, seulement trois mois après Chrysler.

5ème acte : Goldman Sachs peut alors placer ses pions en Europe…

La Grèce a joué le rôle du cheval de Troie d’une gouvernance bancaire européenne.

Première étape, la faire entrer dans la zone euro. C’est ce à quoi s’est employée activement la banque Goldman Sachs en maquillant ses comptes pour sous-estimer ses dettes et ses déficits déjà élevés, notamment par la levée de fonds hors bilan.

Deuxième étape : provoquer une crise de la dette européenne en étranglant financièrement la Grèce par une montée des taux d’intérêt et attendre la contagion à d’autres États.

Troisième étape, placer ses pions dans les États les plus sévèrement touchés par la crise de la dette qui débute au printemps 2010 : Lucas Papadémos, nouveau Premier ministre grec, Mario Monti, nouveau président du Conseil des ministres italien (nommé et non élu), et Mario Draghi, nouveau président de la Banque centrale européenne sont tous les trois des cadres de Goldman Sachs. Lucas Papadémos fut gouverneur de la Banque de Grèce entre 1994 et 2002, et à ce titre a activement participé aux opérations de malversations perpétrées par Goldman Sachs. Mario Monti est conseiller international de Goldman Sachs depuis 2005, et nommé à la Commission Européenne. Il est également le président pour l’Europe de la Commission Trilatérale et membre du groupe Bilderberg, deux organisations mondialistes. Il est aussi l’un des membres fondateurs du groupe Spineilli, un think tank qui veut promouvoir un fédéralisme européen. Mario Draghi fut vice-président de Goldman Sachs pour l’Europe entre 2002 et 2005 et, à ce titre, est soupçonné d’avoir permis la dissimulation d’une partie de la dette souveraine des comptes grecs en les embellissant.

Quatrième étape : faire plier les États les plus fragiles en leur octroyant des aides irremboursables à des taux prohibitifs. Face au risque de défaut souverain, les investisseurs imposent des taux d’emprunt impraticables aux Etats en difficulté, qui ne peuvent alors plus se financer. Ces plans successifs sont assortis de conditions drastiques d’austérité, mettant en péril l’équilibre social des pays. En Grèce, la sécurité sociale part en lambeaux, le ramassage des ordures n’est plus assuré, les musées ferment les uns après les autres, la télévision publique n’émet plus, les livres disparaissent peu à peu des écoles, les enfants tombent d’inanition… Les salaires du privé ont baissé de 25% en 2011, le SMIC est ramené à 586 euros bruts, faisant tomber le salaire moyen à 803 euros en 2012 puis en 2013 à 580 euros, soit l’équivalent du salaire moyen chinois. La Grèce est désormais considérée comme un pays du Tiers-Monde.
Tous les prêts octroyés à la Grèce sont d’autant moins susceptibles de faire redémarrer son économie qu’ils sont en grande partie captés par l’oligarchie financière : les banques grecques (pour 58 milliards), les créanciers de l’État grec (pour 101 milliards), la plupart des banques et fonds d’investissement ont reçu l’essentiel des aides débloquées par l’UE et le FMI depuis 2010, soit 207 milliards d’euros. Les trois-quarts de l’aide attribuée n’ont pas bénéficié aux citoyens mais, directement ou indirectement, au secteur financier. Une étude d’Attac Autriche montre ainsi que seuls 46 milliards ont servi à renflouer les comptes publics – et toujours sous forme de prêts, tandis que dans le même temps 34 milliards ont été versés par l’État à ses créanciers en intérêt de la dette. Ou comment transformer la dette privée détenue par les banques et les créanciers, en dette publique.
Le caractère illégitime de la dette et l’incapacité du pays à la rembourser ne dissuade pas la Troïka d’imposer au peuple grec de nouvelles mesures d’austérité dont certaines sont tout bonnement anticonstitutionnelles. Et pour cause : les vraies raisons de cet acharnement sont ailleurs. Faire échouer le gouvernement Syriza, principal obstacle au projet d’asphyxie puis de mise sous tutelle financière de la Grèce, est un enjeu de taille car il a valeur d’exemple pour les autres pays de l’Union Européenne, en particulier pour l’Espagne tentée de suivre la même voie. Il explique notamment pourquoi les créanciers de la Grèce sont encore plus exigeants avec le gouvernement Tsipras qu’avec les précédents.

… prélude à une dictature mondiale de la finance

Les politiques d’austérité de la Troïka seront-elles bientôt étendues à tout le continent ? Et de là, au monde entier ?
Ce véritable racket imposés aux États (et donc aux populations) a été rendu possible par les différents traités européens : celui de Maastricht qui fait de la BCE le garant de la monnaie commune et le maître d’œuvre de la politique monétaire (article 105) et celui de Lisbonne qui grave dans le marbre l’interdiction faite aux Banques nationales des États membres ainsi qu’à la BCE de financer directement les dettes souveraines et soumet ainsi les États aux appétits des banques privées[2] (article 123). Dans le viseur de ces traités : la souveraineté nationale et populaire, principal frein à la gouvernance mondiale de la finance. Le vote de refus aux consultations référendaires sur la constitution Européenne, que ce soit en France, aux Pays-bas ou en Irlande, n’a pas empêché la commission Européenne de les imposer. De plus en plus de décisions importantes en Europe sont prises par des fonctionnaires et lobbyistes non élus, au mépris des choix clairement exprimés par les citoyens… les rares fois où ils sont consultés.
La souveraineté populaire ou nationale sont des obstacles directs à la prédation financière ? Il suffit alors de les liquider purement et simplement ! Pour rendre acceptable la baisse d’un tiers de nos salaires comme le préconise Goldman Sachs , l’oligarchie veut mettre en place des régimes autoritaires en Europe. JP Morgan considère sans rire que des réformes politiques d’ampleur abrogeant les constitutions démocratiques bourgeoises protectrices de l’après-guerre seront nécessaires pour supprimer l’opposition aux mesures d’austérité massivement impopulaires qui s’annoncent. L’anxiété sociale provoquée par la crise a bien joué un rôle de frein aux revendications – 2011 première année de la crise de la dette a vu une baisse spectaculaire du nombre de journées de grèves en France et les réformes les plus dévastatrices pour le monde du travail, l’Accord National Interprofessionnel, le Pacte de responsabilité et les lois Macron sont passées comme une lettre à la poste alors qu’elles auraient provoqué avant la crise une levée massive de boucliers – mais l’oligarchie veut aller plus loin et plus vite et elle est prête à utiliser tous les moyens pour casser les résistances populaires. On comprend mieux le sens des efforts déployés par le gouvernement Hollande pour déstabiliser le modèle familial traditionnel : en s’attaquant à la notion même de filiation on fabrique des individus fragilisés, sans histoire et sans mémoire, en remettant en cause l’identité sexuée on efface un point de repère structurant, en détruisant les solidarités familiales on facilite l’avènement des dictatures de demain qui serviront les intérêts de la finance mondialisée. Faire table rase du passé en coupant les individus de leurs racines sociales, familiales, nationales ou religieuses pour obtenir une « page blanche » sur laquelle écrire une nouvelle histoire, est l’objectif de la « stratégie du choc ». La Grèce et son patrimoine public dévasté aura bien été le laboratoire d’une nouvelle forme de dictature particulièrement destructrice que l’oligarchie bancaire va imposer à l’Europe entière.
Nicolas Bourgoin
Source : Palestine Solidarité

mardi 16 juin 2015

SYRIE : Les mercenaires de la CIA coûtent un milliard de dollars par an. Voilà pourquoi les groupes terroristes ont enregistrés quelques avancées ces dernières semaines.



Les Etats-Unis dépensent un milliard de dollars par an pour la formation d'une armée de dix mille mercenaires envoyés en Syrie. C'est le Washington Post qui l'a révélé. Voilà pourquoi les groupes terroristes ont enregistrés quelques avancées ces dernières semaines.

L'Armée arabe syrienne se bat depuis plus de quatre ans sur 800 fronts différents sans interruption, face à des dizaines de milliers de terroristes financés, armés et entrainés par une coalition internationale dirigée par les Etats-Unis. Ces groupes de mercenaires, dont la colonne vertébrale est le «Front al-Nosra», la branche syrienne d'«Al-Qaïda», ont pu enregistrer, ces dernières semaines, quelques avancées, surtout dans les provincesLes mercenaires de la CIA en Syrie coûtent un milliard de dollars par an. d'Idleb, au Nord, et de Daraa, au Sud.
Cette progression a été accompagnée d'une vaste campagne médiatique annonçant «la chute imminente du régime syrien» et «la défaite totale de l'armée syrienne». Mais les experts militaires sérieux savent pertinemment que l'Etat syrien reste fort, ancré, soutenu par une grande partie de la population et par des alliés efficaces et fidèles. 
Les récents succès des terroristes ne sont pas à mettre sur le compte de leur force ou du soutien populaire limité dont ils jouissent. Il est en réalité le résultat d'un des plus grands projets de la CIA, visant à créer une armée de mercenaires non pas pour renverser le régime syrien -car cela n'est pas à portée de main- mais pour commencer des négociations en vue d'une solution politique en étant en position de force. C'est le fameux «rééquilibrage», réclamé par les Français et les Saoudiens, qui parlaient en fait au nom des Américains.
Les détails du plan de la CIA ont été divulgués, le 2 juin, par les journalistes Greg Miller et Karen DeYoung, dans les colonnes du très sérieux Washington Post. Intitulé Les efforts secrets de la CIA en Syrie confrontés à de larges coupes budgétaires, l'article affirme que les membres du Congrès ont réduit de 20% le budget alloué à la CIA en Syrie, ce qui reflète la montée du scepticisme des élus américains face à l'efficacité limitée du programme et de la politique de l'administration Obama au Moyen-Orient.  

Cent mille dollars pour chaque mercenaire

L'article révèle que le programme de la CIA, doté d'un milliard de dollars par an, est devenu l'une des plus grandes opérations secrètes de l'agence dans le monde.
Les efforts de la CIA en Syrie montrent l'attitude mensongère des Etats-Unis, qui prétendent combattre le terrorisme, alors qu'ils contribuent fortement à son expansion. Le Washington Post souligne qu'«un programme du Département de la Défense pour former des combattants "modérés" pour lutter contre (le groupe terroriste) Etat islamique n'a pas encore commencé», alors que des milliards de dollars ont déjà été dépensés pour former des mercenaires pour combattre l'Armée arabe syrienne. 
Selon les deux journalistes d'investigation, les sommes dépensées par la CIA en Syrie représentent 1/15e du budget global de l'agence. «Des instructeurs américains de la CIA ont formé et équipé près de 10000 combattants envoyés en Syrie au cours des dernières années, ce qui signifie que l'agence dépense environ 100000 dollars par an pour chaque rebelle anti-Assad qui a suivi ce programme», écrit le journal américain.
Une grande partie de l'argent de la CIA est affectée au fonctionnement des camps d'entraînement secrets en Jordanie, à la collecte de renseignements pour aider à guider les opérations des mercenaires et pour la gestion d'un réseau logistique tentaculaireLes mercenaires de la CIA en Syrie coûtent un milliard de dollars par an. utilisé pour déplacer des combattants, des munitions et des armes dans le pays, ajoutent les journalistes du Washington Post.

Des «modérés... médiocres»

Les dirigeants américains prétendent que les rebelles entrainés par la CIA font partie des brigades soi-disant «modérées». Mais un sénateur républicain cité par le Washington Post souligne que «la perte de terrain par les troupes (du président Bachar) al-Assad ces dernières semaines n'est pas l'œuvre des modérés». «Malheureusement, je pense que "I’Etat islamique", "al-Nosra" et d'autres factions islamiques radicales sont les mieux placées pour capitaliser sur le chaos qui pourrait accompagner un déclin rapide du régime», a déclaré le sénateur républicain de Californie, Adam B. Schiff. «Même les défenseurs du programme de la CIA reconnaissent que les factions modérées en Syrie ont souvent des résultats médiocres et sont susceptibles d'être submergées dans toute confrontation directe avec "l’Etat islamique"», écrivent les deux journalistes.
Mais le soutien américain profite aussi et surtout à «Al-Qaïda», car une grande partie des combattants formés en Jordanie et en Turquie vont ensuite rejoindre le «Front al-Nosra», emportant avec eux les armes nouvelles livrées par les Etats-Unis, comme les missiles antichars Tow. On a vu ce type d'armes aux mains des terroristes lors de la bataille de Jisr al-Choughour (Nord), en avril.
De plus, la semaine dernière, les appareils de la coalition internationale dirigée par les Etats-Unis ont bombardé les combattants de «Daech» qui avançaient vers les localités de Mareh et Aazaz, dans le Nord, pour soutenir les unités d'«al-Nosra» sur le terrain. Même le directeur de «l'Observatoire syrien des droits de l'homme», Rami Abdel Rahmane, pourtant proche de la soi-disant opposition syrienne, l'a remarqué.
La Turquie aussi a déployé de sérieux efforts pour armer et entrainer les groupes extrémistes, y compris «Daech», qui veulent détruire la Syrie.
Et c'est avec ces armées de mercenaires, semblables aux contras du Nicaragua, dans les années 80, que l'Occident et ses opérateurs régionaux pensent pouvoir renverser l'Etat syrien.
C'est mal connaitre l'armée syrienne et ses alliés.
Source: french.alahednews

samedi 6 juin 2015

L’Émirat islamique lutte prioritairement contre l'Axe de la Résistance à l'impérialisme : Les jihadistes au service de l'impérialisme.



Les gouvernements occidentaux ne font plus mystère d'utiliser les jihadistes, Ainsi l'Otan a t-elle renversé Mouamar el-Kadhafi en utilisant al-Qaïda comme seule troupe au sol, Israël a-t-il renvoyé la Force des Nations unies au Golan et l'a-t-il remplacée par al-Nosra.
La Coalition internationale anti-Daesh a-t-elle laissé tomber Palmyre pour nuire à la Syrie. Mais si l'on comprend les intérêts occidentaux, on ne parvient pas à saisir pourquoi et comment des jihadistes peuvent servir l'Oncle Sam au nom du Coran.

On se demande souvent comment le Pentagone et la CIA font pour manipuler des millions de musulmans et en envoyer se battre pour les intérêts de l'Oncle Sam. Certes, certains leaders sont des agents rémunérés, mais les jihadistes dans leur ensemble croient se battre et mourir pour aller au Paradis. La réponse est enfantine : en partant de la rhétorique des Frères musulmans, il est possible de s'évader de la réalité humaine et de les envoyer tuer n'importe qui dès que l'on agitera un foulard rouge sous leurs yeux.
Officiellement l'Émirat islamique ne reconnaît plus l'autorité d'Ayman al-Zawahiri et s'est donc séparé d'al-Qaïda. Pourtant, en de nombreux endroits, comme au Qalamoun, il reste impossible de les distinguer, les mêmes jihadistes revendiquant les deux étiquettes à la fois.
Bien sûr, on pourra objecter que cette querelle n'est qu'une affaire de personnes ; Abu Bakr al-Baghdadi voulant simplement être chef à la place du chef. Pourtant, si les deux organisations ont exactement les mêmes pratiques, elles développent des discours fort différents.
Leur point commun, ce sont les slogans des Frères musulmans : « Le Coran est notre Constitution », « L'islam est la solution ». La vie pieuse est donc toute simple. Peu importe que le Créateur nous ait faits intelligents, il faut en toutes circonstances appliquer la Parole de Dieu comme une machine. Et lorsque la situation n'est pas traitée dans le Livre, il suffit de tout casser. Le résultat est évidemment catastrophique et nulle part ces organisations n'ont été capables d'instaurer le début des prémices de la société parfaite qu'elles appellent de leurs vœux.
Leur histoire fait leur différence. De 1979 à 1995, c'est-à-dire de l'opération de la CIA en Afghanistan à la Conférence arabe populaire et islamique de Khartoum, les mercenaires d'Oussama Ben Laden luttaient contre l'Union soviétique avec l'aide publique des États-Unis.
De 1995 à 2011, c'est-à-dire de la Conférence de Khartoum à l'opération « Trident de Neptune », al-Qaïda tenait un discours contre « les juifs et les croisés » tout en poursuivant sa lutte contre la Russie en Yougoslavie et en Tchétchénie. Et depuis 2011, c'est-à-dire depuis le « Printemps arabe », il soutient l'Otan en Libye et Israël à la frontière du Golan. D'une manière générale, l'opinion publique occidentale n'a pas suivie cette évolution.
Elle est convaincue du danger d'un mythique expansionnisme russe, persiste à attribuer les attentats du 11-Septembre aux jihadistes, n'a pas réalisé ce qui s'est passé en Libye et à la frontière israélienne, et conserve du coup l'idée erronée qu'al-Qaïda serait une organisation terroriste anti-impérialiste. Les arabes, quant à eux, ne se basent pas sur les faits, mais choisissent selon les cas la réalité ou la propagande occidentale de manière à s'inventer une narration romantique.
De son côté, l'Émirat islamique s'éloigne du Coran et se rapproche des néo-conservateurs. Il assure que les ennemis prioritaires sont d'autres musulmans : les chiites et leurs alliés. Il oublie donc l'épisode bosniaque durant lequel la Légion arabe de Ben Laden était soutenue à la fois par les États-Unis, l'Arabie saoudite et l'Iran.
Mais qui sont donc les alliés des chiites ? La République arabe syrienne (laïque) et le Jihad islamique palestinien (sunnite). En d'autres termes, l'Émirat islamique lutte prioritairement contre l'Axe de la Résistance à l'impérialisme. De facto, il assume être un allié objectif des États-Unis et d'Israël au « Moyen-Orient élargi », même s'il affirme en être théoriquement l'ennemi.
La malléabilité des deux organisations réside dans l'idéologie de base, celle des Frères musulmans. Il est donc logique que la quasi totalité des chefs jihadistes ait été membre, à un moment ou à un autre, d'une branche ou d'une autre de la Confrérie.
De même est-il logique que la CIA n'ait pas uniquement soutenu les Frères musulmans égyptiens, depuis leur réception à la Maison-Blanche par le président Eisenhower en 1955, mais toutes ses branches étrangères et tous ses groupes dissidents. En définitive, le califat dont rêvait Hassan el-Bana et que prétendent vouloir Ayman al-Zawahiri et Abu Bakr al-Baghdadi, n'est pas la reproduction de l'Age d'or de l'islam, mais le règne de l'obscurantisme.
Ce que confirmait Laurent Fabius en 2012, c'est-à-dire avant la scission entre al-Qaïda et Daesh, en confiant : « Sur le terrain, ils font du bon boulot ! »
Thierry Meyssan