vendredi 15 mai 2015

MAROC : Les Atteintes aux libertés .L’Etat marocain a investi «massivement» dans l'espionnage de ses citoyens afin de surveiller leurs activités et réprimer toute forme de dissidence.



La surveillance électronique et les mises sur écoute sont des pratiques très répandues au Maroc, où des journalistes et des militants des droits de l'homme ont été particulièrement victime de violations de vie privée, selon un rapport établi récemment par l'ONG Privacy International, qui dénonce une très grave atteinte aux libertés individuelles et droits fondamentaux.
Privacy International qui a rencontré des militants et des journalistes marocains espionnés par le gouvernement du Maroc et des organisations associées au pouvoir, a indiqué dans son rapport que les victimes ont été notamment mises sur écoute ou surveillées à l'aide de logiciels informatiques onéreux achetés à des sociétés étrangères.
Grâce à l'Association des droits numériques, son partenaire local, l'ONG a affirmé avoir pu retracer plusieurs cas dérangeants de surveillance particulièrement intrusive au Maroc, citant le cas de quatre citoyens marocains placés sous surveillance, et l'impact que cela a eu sur leurs vies et celles de leurs familles.
Certaines victimes ont été visées par «un logiciel espion extrêmement onéreux» de la société italienne de surveillance Hacking Team. Ainsi d'après un rapport publié en 2014 par Citizen Lab - le groupe de recherches interdisciplinaires de l'université de Toronto - Hacking Team aurait vendu son logiciel espion Remote Control System à 21 pays, connus notamment pour leur peu de considération à l'égard des droits de l'homme et des libertés.
Dans d'autres cas, la surveillance au Maroc, selon Privacy International, se fait par un «passage en force numérique». Des journalistes et des militants ont ainsi vu leurs adresses e.mail et comptes Facebook piratés par des groupes de hackers «nationalistes».
Le rapport fait état de récits de voisins et de proches visités par les forces de l'ordre pour obtenir des informations  ou «simplement pour intimider les militants» ou des écoutes téléphoniques.
«Ces activités illégales sont par ailleurs restées impunies», dénonce l'ONG, qui signale que la surveillance s'effectue aussi par des tactiques policières plus traditionnelles, mais non moins intimidantes et douteuses d'un point de vue légal.   
L'organisation soutient dans son rapport que l'Etat marocain a investi «massivement» dans l'espionnage de ses citoyens afin de surveiller leurs activités et réprimer toute forme de dissidence.
De précédentes révélations avaient déjà mis en lumière l'achat en 2011 par le gouvernement marocain des infrastructures de surveillance Eagle pour une valeur de 2 millions d'euros. Eagle permet au gouvernement de censurer Internet et de surveiller le trafic Internet, en utilisant une technologie nommée Deep Packet Inspection.
Eagle a été vendu au Maroc par Amesys Bull, une entreprise française «tristement célèbre» pour avoir déjà vendu une technologie du même type à d'autres pays.
L'ONG cite également l'exemple dans son rapport de Mamfakinch, un collectif de citoyens reporters critiques à l'égard du régime, créé parallèlement au mouvement du 20 Février et qui a été visé par un logiciel espion développé et commercialisé par Hacking Team.
Grâce à ce logiciel espion, estimé à 200 000 €, le hacker pourrait avoir accès à tous les fichiers de l'ordinateur visé, d’espionner en temps réel l'usage qui est fait de l'ordinateur et de voir ce qui apparaît sur l'écran, d'enregistrer toutes les touches sur lesquelles l'utilisateur tape, révélant ainsi les mots de passe saisis, de faire des captures d'écrans, d'enclencher la caméra pour prendre des photos et faire des vidéos sans que l'utilisateur le remarque.
Trois membres du collectif de Mamfakinch, des journalistes et militants, Hisham Almiraat, Samia Errazzouki et Yassir Kazar, ont été pratiquement victimes de ces pratiques. Autre cas, celui d'une personnalité bien connue au Maroc, le journaliste d'investigation et le rédacteur en chef du média indépendant en ligne Lakome, Ali Anouzla, bloqué par le gouvernement marocain depuis octobre 2013 et accessible seulement via des sites miroirs.

Source : Le Temps d’Algérie

jeudi 14 mai 2015

PALESTINE : 15 mai 1948-15 mai 2017, soixante-neuf ans déjà, depuis le début du drame des Palestiniens.



15 mai 1948-15 mai 2017, soixante-neuf ans déjà, soixante-sept ans depuis le début du drame des Palestiniens, soixante-neuf ans de souffrance, de malheurs et de massacres pour un peuple digne, soixante-neuf ans depuis le début de cette injustice imposée à un peuple sur sa terre, soixante-neuf ans de  déportation d’un peuple pour le remplacer par un autre peuple.
Mais, soixante-neuf ans de résistance, de patience, de détermination, de courage, et de persévérance pour un peuple toujours debout, un peuple toujours attaché à sa terre et à sa Palestine en dépit de toutes les mesures de cette occupation illégale, une occupation qui dure , qui dure !
Les Palestiniens commémorent les soixante-neuf ans de la catastrophe  dans un contexte particulier marqué notamment par la poursuite de l’occupation et de la colonisation, l’échec du processus de paix,  la domination de l’extrême droite dans la société israélienne, la division interne et l’absence de perspectives pour l’avenir.
Soixante-neuf ans, et les forces de l’occupation violent les droits les plus fondamentaux d'un peuple,  soixante-neuf ans de politique d’apartheid, de discrimination, et du terrorisme d’Etat d’Israël.
En 69 ans, Israël a appliqué toutes les mesures inhumaines illégales à l’encontre des Palestiniens, il en a emprisonné plus d’un million, il en a massacré et assassiné des milliers, il a occupé tous leurs territoires.
L’Etat d’Israël a créé le problème des réfugiés palestiniens qui vivent dans des conditions humanitaires épouvantables dans les pays voisins, et qui souffrent en permanence.
L’Etat d’Israël est le seul Etat qui, encouragé par les grandes puissances internationales, n’a jamais appliqué aucune résolution des Nations-Unies, pas plus que les accords de paix signés.
En 69 ans, Israël a toujours été un état illégal, un état hors la loi, un état d’apartheid, un état colonial, un état qui considère les citoyens arabes des  territoires de 1948 comme des citoyens de seconde zone, un état qui a construit le mur de la honte en Cisjordanie, un état qui impose un blocus inhumain à la population civile de Gaza, un état qui érige tous les jours de nouvelles colonies dans les Territoires, un état qui vole tous les jours les ressources naturelles appartenant aux Palestiniens.
Un état qui n’a toujours pas  de frontières, un état qui refuse toutes les initiatives de paix régionales et internationales.
On peut citer maints exemples de l’histoire noire de cette occupation contre les Palestiniens : agressions quotidiennes, massacres,  déportations, crimes contre l’humanité, crimes de guerre, la liste est longue, très longue, trop longue.
Le dernier crime israélien massif contre les Palestiniens, est la dernière offensive militaire contre la population civile de la bande de Gaza en été 2014.
69 ans de résistance remarquable de toute une population qui poursuit son combat pour retrouver la liberté et vivre digne sur sa terre.
Soixante-neuf ans après, les Palestiniens s’interrogent : 69 ans de violation de nos droits ne suffisent-ils pas ? Le temps n’est-il pas venu de réagir et d'imposer à Israël l'application du droit international ? Le temps n’est-il pas venu d’instaurer la justice en Palestine ? Les Palestiniens n’ont-ils pas le droit de vivre,après tant d’années de souffrance,dans un état libre et indépendant ?
69 ans après cette catastrophe, nous, Palestiniens, et quelles que soient les mesures d’apartheid et de terrorisme d’état pratiquées, poursuivons le combat et les sacrifices pour notre liberté. Nous sommes plus que jamais déterminés et avons un message à délivrer au monde entier, un message clair et précis. Nous sommes toujours attachés aux principes suivants :
- Non, nous n’oublierons jamais l’histoire noire de cette occupation illégale et ses différents crimes contre notre population civile.
-Non, nous ne partirons pas d’ici, nous resterons attachés à notre terre.  Nous ne partirons pas. Ici, notre terre, ici notre vie, et ici, notre Palestine !
-Oui, le droit au retour est sacré, et tous les réfugiés palestiniens doivent pouvoir  retrouver leurs villes et leurs villages d’origine.
-Oui, nous poursuivrons notre résistance sous toutes ses formes afin de vivre en liberté sur notre terre, cette terre appelée Palestine,  et qui s’appellera toujours Palestine.
- Oui, nous avons le droit de créer notre Etat libre et indépendant, avec Jérusalem comme capitale.
-Oui, nous sommes prêts à vivre en paix,  une paix durable, mais une paix qui passera avant tout par la justice, par l’application du droit international, par la fin de l’occupation illégale, et par la réalisation de toutes les revendications légitimes du peuple palestinien.
La lutte continue ! Et le combat se poursuit ! Pour une Palestine libre et pour une Palestine indépendante ! Nous sommes tous convaincus que notre liberté s’approche, s’approche, s’approche………

mercredi 13 mai 2015

9 Octobre 1967 - 9 Octobre 2015 : 48 ans après sa mort, le Che reste vivant. Sa mémoire reste vive et continue d’alimenter les luttes sociales qui ont porté au pouvoir des gouvernements progressistes et révolutionnaires en Amérique Latine.


Peu de gens auront autant marqué l'histoire révolutionnaire et humaniste que Ernesto Guevara, Son courage, ses luttes, ses idéaux restent un exemple pour tous ceux qui continuent à lutter aujourd'hui pour un monde plus juste, définitivement débarrassé de la pauvreté, des injustices sociales, du racisme, de l’exploitation et de l'impérialisme, en bref du système de domination capitaliste.

De l’Argentine, son pays natal à la Grèce, en passant par la place Tahrir du Caire, son portrait est omniprésent pour symboliser les différentes manifestations contre l’austérité, le néolibéralisme, les dictatures... Il est de ces personnes qui ont marqué éternellement l’Histoire avec un grand « H ». Sa soif de justice et de liberté qui le conduira à la lutte armée à Cuba, au Congo et en Bolivie aura raison de lui. Il sera assassiné le 9 octobre 1967 par l’armée bolivienne et la CIA à la Higuera en Bolivie, alors qu’il tentait une énième insurrection révolutionnaire dans ce pays rongé par les injustices et la misère.
Mais, malgré les années de dictature fasciste et de politique néolibérale, sa mémoire reste vive et continue d’alimenter les luttes sociales qui ont porté au pouvoir des gouvernements progressistes et révolutionnaires en Amérique Latine.
Début 1950, après avoir lu et relu Don Quichotte, il part découvrir son continent avec son ami Alberto Granado à bord d’une simple moto. Ce voyage constituera pour lui un premier tournant décisif dans sa vie de révolutionnaire. En sillonnant les terres de ce qu’il appellera sa « véritable grande patrie », il découvre la violence sociale et la misère. Les multinationales états-uniennes tel que la United Fruit, surnommée la pieuvre verte, fleurissent et s’enrichissent pendant que l’immense majorité du peuple ne mange pas à sa faim. Face à cette réalité injuste et cruelle, il déclare en paraphrasant Simon Bolivar, El Libertador : « J’ai juré de ne pas prendre de repos tant que ne seront pas annihilés ces poulpes capitalistes »
Début 1952, il rentre à Buenos Aires pour terminer ses études : quinze examens réussis en trois mois et le voilà médecin. Mais, nomade infatigable et insatiable, il repart sur les routes sans savoir qu’il quitte son pays pour toujours.
L’Amérique Latine est alors en pleine effervescence et, en septembre 1952, il assiste en Bolivie à la Révolution Nationale qui nationalise les grandes mines et déclare la réforme agraire. En 1954, il est au Guatemala lorsque survient le coup d’État organisé et soutenu par la CIA et le gouvernement états-unien contre le président Jacobo Arbenz élu démocratiquement quatre ans plus tôt. Son tort ? Avoir osé s’attaquer aux intérêts économiques de la United Fruit en proposant une réforme agraire dans le but de redistribuer aux paysans pauvres les terres qui leur avaient été volées par l’oligarchie nationale et les multinationales. Cet événement tragique dans l’histoire de l’Amérique centrale constitua un deuxième tournant dans le destin de Che Guevara. Ce dernier est contraint de fuir et se rend à Mexico, alors la Mecque des exilés politiques latino américains. Il fait la rencontre de Raul Castro qui le présente immédiatement à son grand frère Fidel. Et lors d’une nuit de juillet 1955, après d’intenses discussions et échanges, il décide de s’engager aux côtés des révolutionnaires cubains qui tentent de débarrasser le pays du dictateur Fulgencio Batista. Pour le Che, cet engagement est une évidence : « Après ma longue marche à travers l’Amérique Latine, il n’en fallait pas beaucoup plus pour me persuader de rejoindre n’importe quelle révolution contre un tyran »
Durant cette lutte acharnée contre l’armée de Batista soutenue par les Etats-Unis, Guevara laissera sa trousse de médecin et prendra les armes. Il sera un artisan majeur de la victoire des « barbudos », notamment grâce à la prise de la ville de Santa Clara qu’il libère fin 1958. Fidel Castro l’élèvera même au rang de « Commandante » et il recevra la nationalité cubaine. Il sera nommé Président de la Banque Centrale puis Ministre de l’Industrie mais son combat révolutionnaire pour l’émancipation des peuples le poussera hors des frontières de Cuba. Au Congo, tout d’abord, où il combattra avec des insurgés qui tentent de mettre fin à la tyrannie de Joseph Désiré Mobutu arrivé au pouvoir en 1965 grâce au soutien des Etats-Unis et de l’ancienne puissance coloniale belge, après le coup d’Etat fomenté contre le Chavez congolais, Patrice Lumumba. Le Che sera durement marqué par ce coup de force des puissances occidentales qui a pour but d’empêcher la libération du Congo et de piller les immenses ressources minières du pays (or, argent, diamants.. ). Devant l’Assemblée Générale des Nations Unies, le Che déclare : « le cas douloureux du Congo, unique dans l’histoire du monde moderne, qui montre de quelle manière on se moque du droit des peuples dans la plus grande impunité. Les énormes richesses que détient le Congo et que les nations impérialistes veulent maintenir sous leur contrôle » Ce discours d’une grande clairvoyance serait tout à fait approprié au contexte actuel : guerre pour le pétrole en Irak, en Libye, au Venezuela, pour le gaz en Bolivie et pour les ressources minières en Afrique. L’Histoire continue et l’impérialisme avec elle. Au cours de son périple en Afrique, il rencontre le charismatique président égyptien Gamal Abdel Nasser ou encore l’Algérien Houari Boumediene. Lors de son célèbre discours d’Alger, il condamnera avec force l’impérialisme non seulement occidental mais aussi soviétique pour lequel il sera accusé de « dérive idéologique » par Moscou. Dans la lignée de la conférence de Bandung en 1955 et de la création du mouvement des non-alignés en 1961, Guevara a pour but de fédérer les peuples du tiers-monde qui luttent contre l’impérialisme, notamment états-unien, etpour leur indépendance. Il tentera tout au long de sa courte vie (il mourra à 39 ans) de créer un internationalisme prolétarien, du Vietnam de Ho Chi Minh au Chili de Salavador Allende en passant par l’Algérie de Boumediene. Car pour lui, latino américain de naissance mais combattant universel, les luttes n’ont pas de frontières. Vu que l’impérialisme et le colonialisme sont partout, les résistances doivent être partout. Sa mort le 9 octobre 1967 met fin a plus de quinze de lutte acharnée. L’humanité perd un de ses plus grands défenseurs. Les peuples en lutte rendent hommage à cet homme qui donna sa vie pour celle des autres. Le Che est mort, oui, mais seulement physiquement car ses idées émancipatrices, son esprit de révolte et de solidarité, sa haine de l’injustice continuent à planer au dessus des millions de personnes qui poursuivent leurs luttes vers la libération et la justice sociale.
Les révoltes populaires qui ont ébranlé l’Amérique Latine au cours de ces vingt dernières années, que ce soit celle du Caracazo vénézuelien le 27 février 1989 qui fit 3000 morts, que ce soit la violente protestation contre la privatisation de l’eau en 2000 en Bolivie ou encore les soulèvements qu’a connu l’Argentine en 2001 après que les recettes du Fonds Monétaire International (FMI) et de la Banque Mondiale (BM) aient envoyé 50% de la population sous le seuil de pauvreté, tout cela, ainsi que l’arrivée au pouvoir de présidents de gauche, montre que la figure du Che reste ancrée dans la tête de millions de latino américains.
En Amérique du Sud, les luttes d’hier sont les luttes d’aujourd’hui. Les révolutions démocratiques qui ont secoué le continent ont prouvé que les luttes populaires pour la justice et l’égalité finissaient toujours par l’emporter face aux défenseurs de la cupidité et de la loi du profit. Les nationalisations, les programmes sociaux, l’adoption d’une nouvelle constitution en Bolivie, au Venezuela et en Equateur ont redonné aux classes opprimées un rôle majeur dans la construction de nouvelles sociétés. De plus, les politiques d’intégration régionale comme l’ALBA ou internationale telle que l’ASA (Amérique du Sud-Afrique) vont dans le sens d’une mondialisation des luttes, d’une solidarité internationale entre peuples du Sud partageant un passé commun et sans aucun doute un avenir commun.
Alors, aux puissants de ce monde qui tentent de détruire les figures émancipatrices d’hier et d’aujourd’hui, à ceux qui tentent de décrédibiliser les grands libérateurs à coups de média-mensonges et de propagandes fallacieuses, à ces carriéristes politiciens qui hier, en mai 1968 portaient la figure du Che et qui aujourd’hui dénoncent sans relâche la « dictature chaviste », à ceux qui seraient tentés par la résignation étant donné qu’ ’il « n’y a pas d’alternative », les combats d’Ernesto Guevara, de Hugo Chavez, de Mohammad Mossadegh, Thomas Sankara, de Rafael Correa, d’Evo Morales...nous servent pour penser et imaginer un monde plus juste car aujourd’hui plus que jamais nous n’avons plus à rien perdre. Alors « Soyons réalistes, demandons l’impossible !! »
Source : INVESTIG’ACTION

samedi 9 mai 2015

Yémen : La poursuite de l’agression saoudienne. Cette guerre que gèrent les salles d'opération américaines par l'intermédiaire de l'instrument saoudien ne touchera pas à sa fin à court terme….


Même si l'annonce saoudienne de la fin de l'opération «Tempête de la fermeté» avait répandu l'impression que la guerre contre le Yémen était terminée, l'annonce, simultanée, du début de l'opération «Restauration de l'espoir» prouve que les cercles de l'Arrogance internationale cherchent à atteindre, par la brutalité du bombardement saoudien, ce que le terrorisme n'a pas pu atteindre au Yémen.

Il est maintenant probable que cette guerre que gèrent les salles d'opération américaines par l'intermédiaire de l'instrument saoudien ne touchera pas à sa fin à court terme que dans l'un de ces deux cas :

-      Ou que le Royaume saoudite en arrive à détruire le Yémen et à exterminer le peuple yéménite, ce qui explique la brutalité inouïe avec laquelle sont ciblés, y compris par des armes interdites par la loi internationale, les infrastructures, les secteurs vitaux et les populations civiles.

-      Ou que le régime saoudien s'effondre et que la terre tremble sous ses appuis, grands et petits, dès le moment où le Yémen passe de la stratégie de la patience à celle de la colère et des frappes poignantes. C'est que la riposte à l'agression touchera certainement le pétrole du Golfe et entrainera des répercussions catastrophiques au niveau du Golfe et de tous les pays qui soutiennent l'agression.

Une guerre d'extermination, totale mais ratée

La première éventualité reste trop éloignée de la réalité. Non parce que le registre moral des deux Etats, américain et saoudien, est pauvre en matière de guerres ou de campagnes d'extermination massive, mais parce que la destruction du Yémen et l'éradication de son peuple par l'intermédiaire du bombardement aérien même avec l'usage d'armes interdites reste impossible du point de vue pratique. Le Liban et Gaza dont la superficie est moins étendue que celle d'un petit département yéménite, et qui ont subi plus qu'une fois des agressions israéliennes sur le modèle desquelles s'effectue l'agression américano-saoudienne contre le Yémen étaient toujours sortis de la guerre plus forts qu'ils ne l'étaient avant, et ce malgré la grande envergure des opérations meurtrières et destructrices. Cela veut dire que l'agression contre le Yémen n'atteindra ses objectifs même avec l'établissement de ponts aériens à même de transporter, pour les larguer sur le Yémen, tout ce qui existe dans l'arsenal des Etats-Unis et de l'Otan en matière de projectiles.

Quant à la solution politique pour laquelle des initiatives et des médiations sont en cours dans les coulisses, elle est voulue par le Royaume saoudite sous le plafond de la résolution du Conseil de sécurité et de l'initiative des pays du Golfe. De ce fait elle ne pourrait être qu'une soumission refusée par les Yéménites qui posent l'arrêt des opérations comme condition préalable à toute négociation.

Mais l'arrêt des opérations sans qu'aucun des objectifs fixés par les Saoudiens ne soit réalisé (à l'exception des massacres et des destructions) équivaut à la reconnaissance d'une défaite dont les conséquences ne pourront que constituer une sérieuse menace pour l'existence même du régime saoudien. D'où, l'opération dite «Restauration de l'espoir) devient synonyme d'entêtement ou d'un certain espoir de voir le bombardement conduire au renforcement des positions d'al-Qaeda qui est la seule force sur laquelle ils pourraient miser afin de limiter le grand progrès réalisé sur le terrain par l'armée yéménite, les Comités populaires et les Ansârullah.

La prétendue inquiétude américaine de voir la poursuite des bombardements conduire à renforcer les positions d'al-Qaeda ne change en rien cette donne. Les avions saoudiens dirigés par les chambres d'opérations américaines larguent quotidiennement des armes et des équipements aux terroristes de cette organisation. De plus, de hauts responsables de ce que les cercles de l'arrogance appellent la «Coalition arabe» justifient l'agression en affirmant que la «Tempête de la fermeté» a empêché les Houthis d'atteindre les frontières du sultanat d'Oman, c'est-à-dire de libérer Hadramaout que les terroristes d'al-Qaeda entendent déclarer «émirat islamique».

Sauver les Takfiri

Certes, les Américains qui, depuis une dizaine d'années, prétendent bombarder les positions d'al-Qaeda au Yémen sans que cela ne fasse que renforcer ces positions ne peuvent que procéder à des mises en scènes théâtrales pour donner de la crédibilité à leur fausse guerre qu'ils prétendent mener avec les Saoudiens contre le terrorisme. Alors que la guerre fait rage contre le Yémen dans le but d'empêcher l'élimination du terrorisme takfiri, il est probable que les affirmations saoudiennes au sujet de voitures piégées et de policiers saoudiens tués par un terroriste qui a prétendu avoir reçu des ordres venus de Daech en Syrie, ne soient motivées que par la volonté de répandre l'illusion d'une guerre que mènerait contre le terrorisme un Royaume saoudite impliqué jusqu'au bout dans le soutien idéologique et financier au terrorisme.

Loin de toutes les manipulations en cours, la guerre saoudienne contre le Yémen est une variante de la guerre israélo-américaine contre les peuples de la région : Après l'échec de la guerre directe contre l'Afghanistan, l'Irak, le Liban et Gaza, Washington, ses alliés et ses instruments arabes ont opté pour la guerre indirecte par l'intermédiaire du terrorisme takfiri. Mais l'échec de ce dernier dans le cas yéménite est ce qui explique l'engagement du Royaume saoudite dans le but de sauver les takfiri et d'accomplir la tâche qu'ils n'ont pas pu réaliser.

Akil Cheikh Hussein
Source : Al-Ahednews