samedi 9 mai 2015

Yémen : La poursuite de l’agression saoudienne. Cette guerre que gèrent les salles d'opération américaines par l'intermédiaire de l'instrument saoudien ne touchera pas à sa fin à court terme….


Même si l'annonce saoudienne de la fin de l'opération «Tempête de la fermeté» avait répandu l'impression que la guerre contre le Yémen était terminée, l'annonce, simultanée, du début de l'opération «Restauration de l'espoir» prouve que les cercles de l'Arrogance internationale cherchent à atteindre, par la brutalité du bombardement saoudien, ce que le terrorisme n'a pas pu atteindre au Yémen.

Il est maintenant probable que cette guerre que gèrent les salles d'opération américaines par l'intermédiaire de l'instrument saoudien ne touchera pas à sa fin à court terme que dans l'un de ces deux cas :

-      Ou que le Royaume saoudite en arrive à détruire le Yémen et à exterminer le peuple yéménite, ce qui explique la brutalité inouïe avec laquelle sont ciblés, y compris par des armes interdites par la loi internationale, les infrastructures, les secteurs vitaux et les populations civiles.

-      Ou que le régime saoudien s'effondre et que la terre tremble sous ses appuis, grands et petits, dès le moment où le Yémen passe de la stratégie de la patience à celle de la colère et des frappes poignantes. C'est que la riposte à l'agression touchera certainement le pétrole du Golfe et entrainera des répercussions catastrophiques au niveau du Golfe et de tous les pays qui soutiennent l'agression.

Une guerre d'extermination, totale mais ratée

La première éventualité reste trop éloignée de la réalité. Non parce que le registre moral des deux Etats, américain et saoudien, est pauvre en matière de guerres ou de campagnes d'extermination massive, mais parce que la destruction du Yémen et l'éradication de son peuple par l'intermédiaire du bombardement aérien même avec l'usage d'armes interdites reste impossible du point de vue pratique. Le Liban et Gaza dont la superficie est moins étendue que celle d'un petit département yéménite, et qui ont subi plus qu'une fois des agressions israéliennes sur le modèle desquelles s'effectue l'agression américano-saoudienne contre le Yémen étaient toujours sortis de la guerre plus forts qu'ils ne l'étaient avant, et ce malgré la grande envergure des opérations meurtrières et destructrices. Cela veut dire que l'agression contre le Yémen n'atteindra ses objectifs même avec l'établissement de ponts aériens à même de transporter, pour les larguer sur le Yémen, tout ce qui existe dans l'arsenal des Etats-Unis et de l'Otan en matière de projectiles.

Quant à la solution politique pour laquelle des initiatives et des médiations sont en cours dans les coulisses, elle est voulue par le Royaume saoudite sous le plafond de la résolution du Conseil de sécurité et de l'initiative des pays du Golfe. De ce fait elle ne pourrait être qu'une soumission refusée par les Yéménites qui posent l'arrêt des opérations comme condition préalable à toute négociation.

Mais l'arrêt des opérations sans qu'aucun des objectifs fixés par les Saoudiens ne soit réalisé (à l'exception des massacres et des destructions) équivaut à la reconnaissance d'une défaite dont les conséquences ne pourront que constituer une sérieuse menace pour l'existence même du régime saoudien. D'où, l'opération dite «Restauration de l'espoir) devient synonyme d'entêtement ou d'un certain espoir de voir le bombardement conduire au renforcement des positions d'al-Qaeda qui est la seule force sur laquelle ils pourraient miser afin de limiter le grand progrès réalisé sur le terrain par l'armée yéménite, les Comités populaires et les Ansârullah.

La prétendue inquiétude américaine de voir la poursuite des bombardements conduire à renforcer les positions d'al-Qaeda ne change en rien cette donne. Les avions saoudiens dirigés par les chambres d'opérations américaines larguent quotidiennement des armes et des équipements aux terroristes de cette organisation. De plus, de hauts responsables de ce que les cercles de l'arrogance appellent la «Coalition arabe» justifient l'agression en affirmant que la «Tempête de la fermeté» a empêché les Houthis d'atteindre les frontières du sultanat d'Oman, c'est-à-dire de libérer Hadramaout que les terroristes d'al-Qaeda entendent déclarer «émirat islamique».

Sauver les Takfiri

Certes, les Américains qui, depuis une dizaine d'années, prétendent bombarder les positions d'al-Qaeda au Yémen sans que cela ne fasse que renforcer ces positions ne peuvent que procéder à des mises en scènes théâtrales pour donner de la crédibilité à leur fausse guerre qu'ils prétendent mener avec les Saoudiens contre le terrorisme. Alors que la guerre fait rage contre le Yémen dans le but d'empêcher l'élimination du terrorisme takfiri, il est probable que les affirmations saoudiennes au sujet de voitures piégées et de policiers saoudiens tués par un terroriste qui a prétendu avoir reçu des ordres venus de Daech en Syrie, ne soient motivées que par la volonté de répandre l'illusion d'une guerre que mènerait contre le terrorisme un Royaume saoudite impliqué jusqu'au bout dans le soutien idéologique et financier au terrorisme.

Loin de toutes les manipulations en cours, la guerre saoudienne contre le Yémen est une variante de la guerre israélo-américaine contre les peuples de la région : Après l'échec de la guerre directe contre l'Afghanistan, l'Irak, le Liban et Gaza, Washington, ses alliés et ses instruments arabes ont opté pour la guerre indirecte par l'intermédiaire du terrorisme takfiri. Mais l'échec de ce dernier dans le cas yéménite est ce qui explique l'engagement du Royaume saoudite dans le but de sauver les takfiri et d'accomplir la tâche qu'ils n'ont pas pu réaliser.

Akil Cheikh Hussein
Source : Al-Ahednews

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