lundi 16 février 2015

Un vendredi 13 au pays enfin retrouvé.L’Algérie, ce pays continue de donner de belles leçons au monde et de porter haut et fièrement sa mémoire.




Les retrouvailles algériennes furent émouvantes. La mémoire s’est soudainement réappropriée le présent pour imposer son tempo, non pas celui d’une marché funèbre mais plutôt celui d’une terre où s’estompèrent souvent tant d’errances. L’Algérie rappelle deux des siens, deux de ceux qui l’aimèrent avec passion et la défendirent avec hargne. L’une vint drapée de l’auréole du pays retrouvé et à qui le quai aux fleurs a répondu, l’autre rassasié de reposer enfin en paix dans ce cimetière au pied d’une cathédrale qui veille aussi sur une baie sublime. Dans une ville où résonne en écho l’appel éternel des muezzins à la prière.
Ce vendredi 13, Cherchell enterre Assia Djebbar. Une femme immense comme peut l’être le long voyage de l’hirondelle. Discrète au silence assourdissant, sa vie fut toujours un engagement sans cesse renouvelé. Sincère pour la cause algérienne, passionné pour l’écriture et amoureux fou de l’image. Et puis mille et une distinctions et consécrations plus tard, un retour gracieux vers les siens qui l’ont tant désirée et tant attendue. La terre enfin retrouvée, celle des ancêtres dans cette ville si présente mais oh combien lointaine, émeraude baignée de soleil.
Il aimait Alger qui le lui rendait si bien. Et ne dit-on pas que l’on est toujours du pays de son enfance ? Et cette dernière volonté d’être enterré en Algérie rappelle le souvenir que dans ce pays des algériens furent aussi juifs et chrétiens et vécurent souvent en harmonie et en paix à l’ombre protectrice de cette terre d’Islam.
Ce vendredi 13 fut donc aussi, ironie du sort, celui du retour vers l’Algérie de Roger Hanin. Un comédien au talent immense, à l’humour débordant et à la générosité légendaire. Un algérien authentique qui avait l’Algérie au cœur. Un militant engagé qui n’hésita pas à maintes reprises à faire barrage à la haine et à la bêtise comme celles des ultras de l’Algérie française.
Ces derniers, après avoir pratiqué la politique de la terre brulée en Algérie, s’inventèrent des prolongations dans l’hexagone pour commettre l’infâme et infliger mort, violences et anathèmes à d’humbles travailleurs immigrés sans défense.
Ce vendredi 13, Alger n’est pas superstitieuse. Cherchell et Bologhine-Saint-Eugène se conjuguent le soir en chants et en musique targuis. Et un artiste du nom de Cheikh Sidi Bémol et son virevoltant clarinettiste jouent des mélodies où se mêlent tonalité châabie et accents rappelant parfois la musique Yiddish. Décidément ce pays continuera toujours d’étonner !
Mais ce vendredi 13 Alger est toujours à la peine. Ces maudits essais nucléaires français commis dans le grand sud algérien rappellent un crime que nul ne peut oublier et dont les séquelles font toujours mal et continuent d’affecter les populations et l’environnement. Cancers et autres maladies incurables et contamination des sols et ressources en eau restent toujours sous-évalués.
Oui ce vendredi 13, ce pays continue de donner de belles leçons au monde et de porter haut et fièrement sa mémoire et de subir dans l’humilité et la dignité les souffrances qu’elle lui a si souvent infligées.
Salim METREF
Source : Le Grand Soir


HSBC : une banque au lourd passé et au présent sulfureux.HSBC impliquée dans d’autres crimes financiers,Blanchiment, manipulation, vente abusive et frauduleuse, évasion fiscale...



La banque HSBC est revenue sur le devant de la scène. Selon les informations publiées par plusieurs organes de presse le 9 février 2015, 180,6 milliards d’euros seraient passés, à Genève, par les comptes HSBC, entre le 9 novembre 2006 et le 31 mars 2007 (soit en moins de 5 mois !) . Mohamed VI roi du Maroc, des vedettes du monde du spectacle, de multiples sociétés privées, auraient confié à HSBC la mission de dissimuler au fisc et à la justice de leur pays une partie de leurs revenus. Dans l’article ci-dessous, nous revenons sur l’histoire passée et récente d’HSBC, une des principales banques privées à l’échelle mondiale.

Le sigle HSBC signifie “Hong Kong and Shanghai Banking Corporation”. Dès ses origines, la banque est mêlée au commerce international de drogues dures. En effet, elle a été fondée dans le sillage de la victoire britannique contre la Chine dans les deux guerres de l’opium (1839-1842 et 1856-1860). Ces deux guerres ont joué un rôle décisif dans le renforcement de l’empire britannique et dans la marginalisation de la Chine qui a duré environ un siècle et demi. Au cours de ces deux guerres, le Royaume-Uni a réussi à imposer à la Chine d’accepter les exportations britanniques d’opium en provenance de l’Inde (qui faisait partie de l’empire britannique). La Chine a bien tenté de s’opposer au commerce de l’opium mais les armes britanniques, avec le soutien de Washington, ont eu le dessus. Londres a créé une colonie à Hong Kong et, en 1865, est fondée la Hong Kong and Shanghai Banking Corporation par un commerçant écossais spécialisé dans l’importation d’opium (à l’époque, 70 % du fret maritime qui passait par Hong Kong concerne l’opium venu des Indes). Depuis ce moment, l’histoire de la banque a suivi étroitement la politique extérieure du Royaume-Uni et les intérêts du grand patronat britannique en Asie. Après 1949 et la victoire de la Chine de Mao, la banque se replie sur Hong Kong, resté territoire britannique. Ensuite, entre 1980 et 1997, elle développe ses activités aux États-Unis et en Europe. Elle ne déplace son siège social de Hong Kong à Londres qu’en 1993, avant la rétrocession du territoire à la République populaire de Chine réalisée en 1997. HSBC reste incontournable à Hong Kong dont elle émet 70 % des billets de banques (le dollar de Hong Kong). Hong Kong constitue un élément clé dans la chaîne du blanchiment d’argent accumulé par la nouvelle classe dirigeante chinoise. Rappelons que le groupe mondial HSBC employait 260 000 personnes en 2014, est présent dans 75 pays et déclare 54 millions de clients.

HSBC impliquée dans d’autres crimes financiers

Blanchiment, manipulation, vente abusive et frauduleuse, évasion fiscale... HSBC a plus d’un tour dans sa manche !
En plus du blanchiment d’argent de la drogue et du terrorisme, HSBC est impliquée dans d’autres affaires : la manipulation du marché des taux de change (l’affaire a éclaté en 2013 et porte sur un marché quotidien de 5 300 milliards de dollars) , la manipulation des taux d’intérêt interbancaire (dont le Libor) , la vente abusive et frauduleuse de dérivés sur les taux d’intérêt, la vente abusive et frauduleuse de produits d’assurances aux particuliers et aux PME au Royaume-Uni (la FSA, l’autorité de contrôle britannique, a poursuivi HSBC dans cette affaire qui a révélé que la banque a vendu des assurances ne servant à rien ou si peu !), la vente abusive de Mortgage Backed Securities aux Etats-Unis, la manipulation du cours de l’or et du cours de l’argent (l’affaire a éclaté en janvier-février 2014) et l’organisation à une échelle massive de l’évasion fiscale des grosses fortunes (voir ci-dessous).

Hervé Falciani, le Edgar Snowden d’HSBC ?

Hervé Falciani, un citoyen franco-italien, a travaillé aux services informatiques de HSBC Suisse à Genève de 2006 à 2008. Avant de quitter la banque, il a copié 127 000 fichiers qui relient HSBC à des opérations massives de fraude et d’évasion fiscale dans laquelle elle joue un rôle souvent actif. Il s’installe en France. La Suisse décide de l’arrêter et lance un mandat d’arrêt international via Interpol pour « soustraction de données », « violation du secret bancaire et du secret commercial » et « présomption de service de renseignements économiques ». Il faut souligner que la Suisse n’a pas attaqué HSBC.
Début 2009, le domicile niçois de Falciani fait l’objet d’une perquisition effectuée par la police locale. Les infos qu’il détient sont explosives : parmi les 127 000 fichiers se trouvent des exilés fiscaux français (8 231 selon Falciani), belges (plus de 800), espagnols (plus de 600 noms), grecs (la fameuse liste dite Lagarde car la ministre française l’a remise aux autorités grecques en 2010, elle contient environ 2 000 noms), allemands, italiens, mexicains, états-uniens... Hervé Falciani remet tout ou une partie des informations qu’il détient aux autorités françaises et à celles d’autres pays.
Ensuite, selon ses dires, il collabore avec les autorités de Washington auxquelles il livre des informations qui font avancer l’affaire du blanchiment par HSBC de l’argent des cartels de la drogue du Mexique et de Colombie. Puis il se rend en Espagne en 2012 afin de collaborer avec les autorités espagnoles. Il y est d’abord arrêté en application du mandat d’arrêt lancé par la Suisse. La Suisse insiste pour que l’Espagne lui livre Hervé Falciani, ce que l’Espagne refuse en mai 2013 car la justice espagnole le considère comme un témoin privilégié dans plus grandes affaires de fraude et d’évasion fiscale. En effet, la communication aux autorités espagnoles des données dérobées par H. Falciani avait permis dès 2011 de découvrir une grande quantité d’argent (environ 2 milliards €) déposée en Suisse par des membres de la famille d’Emilio Botin, le président de Santander (la première banque espagnole). Celui-ci, acculé, a versé aux autorités espagnoles 200 millions € d’amende. Les données livrées par H. Falciani ont également débouché sur le scandale du financement frauduleux du Parti Populaire, le parti du premier ministre Mariano Rajoy. La justice espagnole fournit une protection policière permanente à Hervé Falciani. Les autorités belges et françaises rencontrent H. Falciani et utilisent les données fournies, instruisent des dossiers. Il n’est pas du tout certain que cela débouchera sur des condamnations pour fraude car il est plus que probable que des arrangements financiers (en Belgique, cela s’appelle des régularisations fiscales) permettront aux fraudeurs d’y échapper.
Il faut souligner que, dans cette affaire, non seulement la Suisse cherche à arrêter le lanceur d’alerte, c’est le cas également en Grèce où la justice a arrêté l’éditeur de la revue « Hot Doc », Kostas Vaxevanis, parce qu’il avait osé publier en octobre 2012 la liste Lagarde-HSBC-Falciani que les autorités grecques avaient égarée depuis trois ans. Suite aux réactions citoyennes en Grèce et sur le plan international, le journaliste a finalement été acquitté lors de son procès. Il n’est pas facile de dénoncer une banque et les riches fraudeurs qu’elle protège ou, ce qui revient à peu près au même, de dénoncer les riches fraudeurs qui protègent les banques et leur sacro-saint secret bancaire. Il y a bien une véritable symbiose entre les grandes banques et la classe dominante, comme existent des passerelles permanentes entre les gouvernants et les grandes entreprises, en particulier celles de la finance.
HSBC a décidé de contourner une directive de l’Union européenne
En 2013, l’Union européenne a annoncé qu’elle fixait une limite aux bonus que pouvaient recevoir les dirigeants et les traders d’une banque. Le bonus ne peut pas être supérieur au double de la rémunération salariale fixe. Si un dirigeant a une rémunération fixe de 1,5 million d’euros par an, les bonus ne pourront pas dépasser 3 millions d’euros (donc une rémunération totale de 4,5 millions). Qu’à cela ne tienne, la direction d’HSBC a annoncé en février 2014 qu’elle allait fortement augmenter la rémunération fixe de ces dirigeants afin que leur bonus ne soit pas réduit .


Conclusion

La banque HSBC devrait être fermée, sa direction devrait être licenciée sans indemnité et poursuivie en justice. Le mastodonte HSBC devrait être divisé sous contrôle citoyen en une série de banques publiques de taille moyenne dont les missions devraient être strictement définies et exercées dans le cadre d’un statut de service public.
Source : CADTM

vendredi 13 février 2015

Ukraine : Le coup d’état... Des groupes soutenus par l’Occident ont confisqué par un coup d’état flagrant le pouvoir d’un président démocratiquement élu.



Dix-huit des meilleurs analystes nord-américains montrent ici que le 22 février 2014, place Maïdan à Kiev, après des mois de déstabilisation politique financée par les États-Unis et l’Union européenne, des groupes soutenus par l’Occident ont confisqué par un coup d’état flagrant le pouvoir d’un président démocratiquement élu. Des extrémistes néo-nazis, à l’avant-garde des manifestations, ont obtenu des ministères et d’autres postes importants dans le nouveau gouvernement non-élu. à cause de la couverture médiatique pro-Maïdan fortement influencée, sinon contrôlée, par les gouvernements occidentaux, les Européens ont généralement vécu ce changement de régime avec apathie. Ils semblent ne pas comprendre qu’il y a eu un coup d’état fasciste au coeur de l’Europe... et un coup d’état soutenu par leurs propres dirigeants. Comme en Libye, Syrie, Yougoslavie, Irak, etc., on a assisté en Ukraine au plus cruel sadisme masqué par une gigantesque puissance de feu médiatique occidentale : assassinats à Maïdan par des snipers d’élite néo-nazis maquillés en police d’État ; immolations vivantes au lance-flammes de fédéralistes pacifiques par des groupes néo-nazis téléguidés par la junte et maquillées en incendie à Odessa devant la police passive et complice ; officines déstabilisatrices de la CIA financées à hauteur de 5 milliards de dollars depuis 1991 et camouflées en ONG humanitaires « pro-démocratie », etc.
Cependant, du développement même de cet affrontement mûrit une « vision politique » : dans le Donbass, le peuple qui pour survivre secoue le joug du libéral-fascisme, prend conscience du fait que l’alternative « ou bien mourir pour un oligarque russe ou bien mourir pour un oligarque ukrainien » n’est pas pertinente et se dépasse nécessairement en : s’approprier collectivement les biens productifs usurpés par les oligarques de toute obédience. Puisse alors ce « retour du réel et du rationnel » refluer comme un boomerang de Donetsk vers l’ouest et montrer aux pyromanes US/UE que désormais le roi est nu.
Ukraine, le coup d’Etat
STEPHEN LENDMAN (dir)

mardi 10 février 2015

UKRAINE : Les États-Unis mettent toute leur énergie à élargir le conflit qu’ils ont eux-mêmes déclenché en Ukraine.Ils veulent une guerre en Europe.



Le Etats-Unis veulent livrer des armes supplémentaires à l’Ukraine et provoquer ainsi la Russie à s’engager dans une guerre plus large. Les arguments à l’appui de ces livraisons d’armes, à savoir que cela aurait pour effet de restreindre la Russie sont tout simplement stupides et ont pour seul but de dissimuler le vrai projet: une escalade qui mettrait l’Europe (à nouveau) à feu et à sang.
Les États-Unis mettent toute leur énergie à élargir le conflit qu’ils ont eux-mêmes déclenché en Ukraine:
Comme la personne que le président Barack Obama a choisie pour diriger le Pentagone a déclaré mercredi qu’il était favorable aux livraisons d’armes létales, le président ukrainien a dit qu’il faisait confiance aux États-Unis pour leur en livrer. Pendant ce temps, le secrétaire à la Défense sortant, Chuck Hagel, et le secrétaire d’État, John Kerry, s’envolaient vers l’Europe pour discuter de l’Ukraine et d’autres questions avec leurs alliés. Le vice-président, Joe Biden, doit les rejoindre jeudi.
La France, le Royaume-Uni, l’Allemagne et d’autres pays européens se sont prononcés contre ces livraisons d’armes et l’escalade qu’elles vont entraîner.
Kerry s’est rendu à Kiev aujourd’hui pour pousser les marionnettes ukrainiennes à l’escalade. Merkel et Hollande vont aussi aller à Kiev pour tenter de convaincre Porochenko de dés-escalader le conflit et de faire la paix avec les fédéralistes de l’est de l’Ukraine. J’ai des doutes sur leur véritable indépendance et il se peut que leur démarche fasse simplement partie du spectacle. Sinon, pourquoi auraient-ils accepté l’augmentation des capacités et des infrastructures de l’OTAN dans l’est de l’Europe?
La solution du conflit en Ukraine est simple. Fédéralisation, reconnaissance officielle de la langue russe qui est parlée dans l’Est et élections démocratiques des gouverneurs locaux. Voilà ce que l’Est demande depuis le début et voilà les solutions que même les sommités de la politique étrangère étas-unienne exhortaient l’Ukraine à mettre en place il y a un an.
L’Ukraine est en faillite. Ce matin, sa monnaie a perdu 30% de sa valeur en quelques heures. Au lieu d’inciter à l’escalade de la guerre civile, il faut de toute urgence se mettre autour d’une table pour trouver une solution. La solution ne peut pas être la guerre en subventionnant indéfiniment le pays le plus corrompu d’Europe.
Fédéralisation et réforme constitutionnelle (c’est à dire le point 3 : Décentralisation du pouvoir …) sont des points cruciaux qui avaient obtenu l’accord des deux camps dans le protocole de Minsk sur le cessez-le feu dans l’est de l’Ukraine. Mais tout en insistant sur d’autres éléments de l’accord lui-même, Porochenko rejette toujours ces points cruciaux, qui avaient pourtant fait l’objet d’un consensus.
Même si les États-Unis parviennent à envenimer la situation en fournissant davantage d’armes à Kiev, la Russie ne cédera pas. L’expérience lui a appris qu’une Ukraine dominée par l’OTAN à sa porte est un danger mortel. La Russie doit prendre et va prendre des contre-mesures. Les États-Unis diront alors que ces contre-mesures sont le signe d’une nouvelle agression et ils en profiteront pour augmenter l’escalade. D’escalade en escalade, l’Europe sera bientôt en flammes.
Ce sera excellent pour l’économie américaine, mais terrible pour l’Ukraine et l’Europe.
Traduit par Dominique Muselet, relu par jj pour le Saker Francophone
Source : Moon of Alabama