Ce 5 novembre 2014 une instance de la justice française
a déclaré irrecevable une demande de libération de Georges Abdallah.
Georges Ibrahim Abdallah est maintenu en captivité en
France depuis plus de trente ans. Révolutionnaire arabe, il a été arrêté à Lyon
en 1984 et il est depuis entre les mains de geôliers français. Plus de trente
ans de prison et ses demandes de libération via la voie judiciaire sont
irrecevables !
Fin 2003 un juge, sans doute trop indépendant, avait
décidé de sa libération.
De suite, et sur intervention directe des Etats-Unis,
cette libération a été annulée et le ministre de la justice de l’époque a fait
modifier la loi pour que plus jamais un juge de province puisse libérer en
toute indépendance un prisonnier politique de la stature de Georges Abdallah.
Depuis toute demande de libération de Georges Abdallah
se termine inexorablement par un refus de libération.
Année après année le cérémonial judiciaire se déroule
comme une mascarade sans fin. La décision de sa libération ne peut être qu’une
décision politique.
La non libération de Georges Abdallah tient notamment à
la complicité objective des impérialismes français et étasuniens. Le pouvoir
socialiste joue un rôle important dans cette complicité.
Déjà en 1986, les présidents français et étasuniens de
l’époque, Mitterrand le socialiste et Reagan le républicain, s’étaient
entretenus pour que Georges Abdallah ne soit pas libéré.
Georges Kiejman qui en tant qu’avocat représente les
intérêts du gouvernement étasuniens dans le procès de Georges Abdallah et qui
intervient encore officiellement pour que ce communiste libanais reste à
toujours enfermé, a été ministre de la justice d’un gouvernement socialiste !
Aujourd’hui encore des ministres français d’un
gouvernement socialiste affichent leur proximité d’idée avec l’administration
étasunienne.
Le 5 novembre 2014, la demande de libération de Georges
Ibrahim Abdallah était déclarée irrecevable par des juges français.
A cette même période M. Eric Holder, Attorney General
des USA, l’équivalent du ministre de la justice, était en France. Le communiqué
publié à l’occasion de sa visite, 2 jours après l’irrecevabilité de la
libération de Georges Abdallah, indiquait « La garde des Sceaux et l’Attorney
General se sont d’abord réjouis de la qualité des relations entre la France et
les Etats-Unis dans le domaine de la Justice et en particulier dans la lutte
contre le terrorisme. »
Le 7 novembre, Mme Taubira twettait « Belle rencontre
avec Eric Holder, Attorney General des USA. Un défenseur des droits civiques et
des droits de l’homme » .
Le 7 novembre Mme Jane Hartley, nouvelle ambassadrice
des USA en France, remerciait chaleureusement M. Cazeneuve de l’avoir accueilli
Place Beauvau avec le Procureur Général des US Eric Holder . M. Cazeneuve est
le ministre de l’intérieur dont les services bloquent administrativement la
libération de Georges Abdallah.
Et pendant ce temps la France signe avec l’Arabie
Saoudite un contrat de trois milliards de dollars pour équiper l’armée
libanaise, contrat qui représente à lui seul un tiers des exportations d’armement
annuelles françaises .
Et pendant ce temps Georges Abdallah reste debout face
à ses geôliers derrière les abominables barreaux de l’Etat français.
Les camps sont bien marqués.
Aujourd’hui pour arracher la libération de Georges
Abdallah, une mobilisation nouvelle, inventive, intense, construite sur
d’autres approches doit se développer ici en France, notamment dans nos
quartiers.
Et alors que Jérusalem est une fois de plus agressée
par les sionistes, le combat continue pour la libération de Georges Abdallah,
la libération de tous les prisonniers palestiniens et la libération de la
Palestine.
Le
13 novembre 2014
Des
camarades du soutien de Bagnolet pour la libération de Georges Abdallah
Alors que le tribunal d’application des peines
vient de juger « irrecevable » la neuvième demande de libération de Georges
Abdallah, libérable depuis 1999 d’après le droit français, voici une interview
d’Yves Bonnet, ancien patron de la DST, publiée dans « La Dépêche » et réalisée
au mois de février 2012 par Pierre Challier.
Le préfet
Yves Bonnet réclamait la libération de Georges Ibrahim Abdallah, le plus vieux
prisonnier politique de France, d’Europe détenu à Lannemezan. Il dénonçait une
"vengeance d’état ». Voici l’interview.
Vous
étiez le patron de la DST au moment de l’arrestation de Georges Ibrahim
Abdallah, en 1984. Que lui reproche-t-on, à l’époque ?
En fait,
lorsque nous l’arrêtons, nous ne savons pas qui il est. Mais en garde à vue, il
profère des menaces et met en avant son appartenance au service de sécurité de
l’OLP. Manque de chance, j’entretiens des relations amicales avec Abou Iyad, n°
2 de l’OLP et je sollicite les Israéliens de l’autre côté. C’est alors que nous
l’identifions comme chef des Fractions armées révolutionnaires libanaises, un
groupe marxiste pro-palestinien, responsable d’attentats et ayant tué trois
personnes en France. Mais nous n’avons rien de sérieux contre lui, juste une
histoire de faux papiers, de détention d’armes et d’explosifs…
Que se
passe-t-il alors ?
Au
Liban, les FARL sont un groupe résolu, impossible à infiltrer, reposant sur une
vingtaine de personnes issues de trois familles de Koubeyat, un village près de
Tripoli. Georges Ibrahim Abdallah arrêté, en mars 1985, elles s’emparent de
Gilles Sidney Peyroles, directeur du centre culturel français de Tripoli et le
fils de l’écrivain Gilles Perrault. On se retrouve donc avec une sale histoire
d’enlèvement sur les bras. J’étais au siège de la CIA, à Langley et Paris me
demande de rentrer d’urgence. Il faut négocier un échange. Jusque-là, Georges
Ibrahim Abdallah est accusé de délits, il n’a pas de crime sur le dos. Les
Algériens s’engagent et servent d’intermédiaires, je donne mon accord pour
l’échange sans que Pierre Joxe, ministre de l’Intérieur ne s’y oppose. Gilles
Peyroles est libéré. Mais malheureusement pour Georges Ibrahim Abdallah, dans
le même temps, on trouve dans une planque des FARL l’arme qui a servi à tuer
MM. Charles Ray et Yacov Barsimentov et là, le dossier change de dimension, la
justice ignorant les tractations et l’accord que j’avais passé avec l’Algérie.
Pour Georges Ibrahim Abdallah, on me dit « son compte est bon. » Je me sens
très mal parce que j’ai donné ma parole à mes amis algériens qui se sont
énormément mouillés dans le dossier et je suis lâché par les politiques.
Condamné
dans un premier temps à 4 ans de prison pour la détention d’armes et de faux
papiers, Georges Ibrahim Abdallah est ensuite condamné à perpétuité. Cela fait
28 ans qu’il est prisonnier et à plusieurs reprises, vous avez réclamé sa libération.Officieusement, d’abord, officiellement désormais. Pourquoi ?
J’ai un
problème de conscience avec cette affaire. La France a trahi la parole donnée
et on a voulu faire croire qu’à l’époque, Bonnet avait négocié tout seul. Je
trouve cela ignoble car cela revenait à me mettre directement dans le
collimateur des FARL. Aujourd’hui, presque 30 ans après les faits, je trouve
anormal et scandaleux de maintenir encore Georges Ibrahim Abdallah en prison.
Je considère qu’il avait le droit de revendiquer les actes commis par les FARL
comme des actes de résistance. Après on peut ne pas être d’accord, c’est un
autre débat. Mais il faut se souvenir du contexte, aussi, des massacres de
Sabra et Chatilah dont les coupables n’ont jamais été punis. Et aujourd’hui, la
France garde cet homme derrière les barreaux alors qu’elle a libéré Maurice
Papon ? J’aimerais rappeler aussi qu’on a remis en liberté l’assassin de
Chapour Baktiar, qui lui, sur ordre de l’Iran, avait décapité l’ancien Premier
ministre au couteau et lui avait coupé les mains. Ce type-là, qui a commis un
crime atroce, a été libéré moins de 20 après les faits. Georges Ibrahim
Abdallah, lui, est plus mal traité qu’un serial killer alors qu’il a commis des
actes politiques.
Je pense
que oui et c’est absolument lamentable, d’autant plus qu’il a déjà eu un avis
favorable de libération localement. C’est Paris qui refuse par rapport à ses
alliés. Je demande à ce que la justice m’entende dans ce


