vendredi 26 septembre 2014

29 OCTOBRE 1965 – Mehdi Ben Barka militant de la cause pour la libération des peuples du tiers-monde assassiné avec l’aide du gouvernement français


Jean-Pierre Lenoir, ancien responsable des services secrets (le Sdece, ancêtre de la DGSE), « l'affaire Ben Barka, ce sont des créatures du gaullisme qui échappent à leurs créateurs. Quand les membres du gouvernement se sont aperçus que les leurs étaient mêlés à l'enlèvement, ils ont pris la décision d'aider les coupables à disparaître ». 


La veille de son enlèvement et de son assassinat, il présidait le comité préparatoire de la Conférence de la Tricontinentale qui devait réunir à la Havane, en janvier 1966, les représentants des mouvements de libération des peuples d’Afrique, d’Asie et d’Amérique Latine. Figure intellectuelle et politique du mouvement anticolonialiste et opposant au roi Hassan II du Maroc, Mehdi Ben Barka est assassiné le 29 octobre 1965 près de Paris. Son corps n’a jamais été retrouvé.
 
Le 29 octobre 1965
Ce ven­dredi-là, à 12h15, Mehdi Ben Barka a rendez-vous devant la bras­se­rie Lipp, 151 Boulevard Saint-Germain à Paris, avec le cinéaste Georges Franju qui envi­sage de réa­li­ser un film sur la déco­lo­ni­sa­tion inti­tulé “Basta !”. Il s’agit en réa­lité d’un piège, monté par le jour­na­liste Philippe Bernier et un pro­duc­teur de cinéma ancien repris de jus­tice, Georges Figon, lié aux milieux intel­lec­tuels pari­siens mais aussi à une bande de truands recru­tée par les ser­vi­ces secrets maro­cains. Et voici que deux poli­ciers de la bri­gade mon­daine, Louis Souchon et Roger Voitot, exhi­bant leur carte de police, invi­tent Ben Barka à monter à bord d’une voi­ture où se trouve également Antoine Lopez, un agent du SDECE (les ser­vi­ces du contre-espion­nage fran­çais de l’époque). Il est conduit à Fontenay le Vicomte (Essonne) dans la villa de Georges Boucheseiche, truand du gang des trac­tions avant. Dès lors, on perd sa trace. Nul ne le reverra vivant.

Ben Barka, militant de la cause pour la libération des peuples du tiers-monde
Né en 1920 à Rabat dans une famille de petits fonc­tion­nai­res, Mehdi Ben Barka a fait des études de mathé­ma­ti­ques à Alger et réus­sit à deve­nir ensei­gnant en mathé­ma­ti­ques. Il ensei­gnera notam­ment au Collège Royal du Maroc, où il dis­pen­sera sa science au futur roi Hassan II.
Parallèlement, il s’engage en poli­ti­que contre le « pro­tec­to­rat » fran­çais sur le Maroc. Dès 1943, il par­ti­cipe à la créa­tion du parti de l’indé­pen­dance. En 1945, il est l’un des res­pon­sa­ble de l’Istiqlal, le parti natio­na­liste qui a mené le Maroc à l’indé­pen­dance. En 1955, il par­ti­cipe aux négo­cia­tions qui abou­ti­ront au retour du roi Mohammed V que les auto­ri­tés fran­çaise avait exilé à Madagacar et, en 1956, à la fin du pro­tec­to­rat. De 1956 à 1959, Mehdi Ben Barka est pré­si­dent de l’Assemblée consul­ta­tive du Maroc.
Représentant de l’aile gauche d’un parti qu’il juge trop conser­va­teur, il pro­vo­que une scis­sion et fonde en 1959 l’Union natio­nale des forces popu­lai­res du Maroc, de ten­dance socia­liste, et se place dans l’oppo­si­tion au régime de Hassan II : il dénon­çait « ce régime médié­val qui ten­drait à res­sus­ci­ter les struc­tu­res médié­va­les de la société maro­caine ».
En novem­bre 1962, Mehdi Ben Barka doit échapper à un atten­tat mené contre lui par deux offi­ciers du roi Mohammed V, notam­ment le géné­ral Mohammed Oufkir. Lorsque Hassan II décrête l’Etat de Siège le 16 juillet 1963, Mehdi Ben Barka s’enfuit du Maroc pour ral­lier l’Algérie. En automne 1963, Mehdi Ben Barka dénonce le conflit fron­ta­lier qui oppose le Maroc et l’Algérie et se met du côté des Algériens qu’il consi­dère aggres­sés par le royaume maro­cain. Le royaume du Maroc le condamne ainsi à mort par contu­mace en novem­bre 1963.
C’est à Alger d’abord qu’il s’exile où durant les quel­que six mois passés en 1964, il s’emploie à donner une pers­pec­tive mon­diale à une conver­gence des luttes de libé­ra­tion natio­nale. Son ins­pi­ra­tion pro­vient de Frantz Fanon, mais aussi du Discours sur le colo­nia­lisme d’Aimé Césaire, de Portrait du colo­ni­sa­teur (1957) et Portrait du colo­nisé d’Albert Memmi. Elle s’est nour­rie dans les échanges avec la pensée contes­ta­trice face à la puis­sance impé­riale bri­tan­ni­que en Afrique de Jomo Kenyatta, Kwame Nkrumah et Julius Nyerere. Il désire créer une publi­ca­tion anti­co­lo­nia­liste « La Revue afri­caine », ainsi qu’un centre de docu­men­ta­tion sur les mou­ve­ments de libé­ra­tion natio­nale.
La capi­tale algé­rienne était deve­nue le foyer intel­lec­tuel de la contes­ta­tion révo­lu­tion­naire inter­na­tio­nale. On y retrou­vait les diri­geants des mou­ve­ments de libé­ra­tion et, en pre­mier lieu, après les trou­bles en Angola (1961), en Guinée-Bissau (1963) et au Mozambique (1964), les exilés des colo­nies por­tu­gai­ses. Métis et mino­ri­tai­res, les intel­lec­tuels du Cap Vert, notam­ment Amilcar Cabral, fai­saient écho aux cou­rants libé­ra­teurs venus du conti­nent amé­ri­cain. L’une des figu­res les plus puis­san­tes du mou­ve­ment noir aux Etats-Unis, Malcolm X, séjour­nait à Alger en 1964 ; Ernesto Che Guevara, avant d’aller au contact des maquis du Congo, y passe également au prin­temps 1965.Puis Le Caire en Egypte l’accueille, suivi de Rome, Genève et La Havane à Cuba, villes où il est notam­ment chargé d’orga­ni­ser avec d’autres la par­ti­ci­pa­tion des mou­ve­ments de luttes révo­lu­tion­nai­res du tiers monde à la Conférence Tricontinentale (Asie, Afrique et Amérique latine) qui doit se réunir à La Havane en jan­vier 1966.

Hassan II, le roi du Maroc commanditaire du rapt de Ben Barka  
Le général Mohamed Oufkir, ministre marocain de l’Intérieur, Ahmed Dlimi, direc­teur de la sûreté nationale marocaine, et un certain Chtouki, chef des brigades spéciales marocaines, se trouvaient à Paris à cette date-là, le 29 octo­bre 1965. C’est d’ailleurs Oufkir qui a torturé Ben Barka et Georges Figon affirmera avoir vu Oufkir tuer Ben Barka avec un poignard dans la villa d’un des hommes de main, Boucheseiche, qui a affirmé que Mehdi Ben Barka, une fois son cadavre ramené au Maroc, fut dissout dans une baignoire emplie d’acide.
Le roi Hassan II refuse que son minis­tre de l’Intérieur, Oufkir, com­pa­raisse devant la jus­tice fran­çaise. Le roi Hassan II, pro­ba­ble com­man­di­taire du rapt ne sera jamais mis en cause. La jus­tice fran­çaise condamna par contu­mace les exé­cu­tants maro­cains, qui ne furent jamais inquié­tés par la jus­tice du Maroc. Le géné­ral Oufkir a trouvé une mort camou­flée en sui­cide en 1972 et le colo­nel Dlimi, ancien direc­teur de la sûreté du Maroc, a été assas­siné en 1983.
Le 5 octo­bre 2005, le minis­tre de la Justice auprès du nou­veau roi du Maroc, Mohammed VI, dési­gne un juge d’ins­truc­tion pour faire le point sur l’affaire. L’ins­truc­tion est tou­jours en cours, même s’il ne fait désor­mais pres­que aucun doute que le crime a été ordonné au plus haut niveau de l’Etat maro­cain par le roi Hassan II lui-même et exé­cuté à Paris par des truands et des bar­bou­zes avec la com­pli­cité des ser­vi­ces de la République fran­çaise.

De Gaulle, président français, complice de l’assassinat de Ben Barka
Ben Barka n’a mani­festé aucune résis­tance lors de son enlè­ve­ment, croyant de bonne foi aux assu­ran­ces expri­mées par le biais des cir­cuits poli­ti­ques qui lui garan­tis­saient la pro­tec­tion et la sécu­rité durant son séjour en France. En pleine cam­pa­gne électorale pour la réé­lec­tion du géné­ral De Gaulle à la pré­si­dence de la République, l’affaire sou­lève l’indi­gna­tion des milieux poli­ti­ques fran­cais, notam­ment de l’oppo­si­tion de gauche, François Mitterrand en tête. De Gaulle, dans une confé­rence de presse du 22 février 1966, mini­mise la part des ser­vi­ces secrets fran­çais, qua­li­fie l’enlè­ve­ment d’opé­ra­tion qui « n’a rien que de vul­gaire et de subal­terne », et fait porter toute la res­pon­sa­bi­lité sur le géné­ral Oufkir.
On ne dit pas offi­ciel­le­ment jusqu’à quel niveau la République fran­çaise a été impli­quée dans l’assas­si­nat de l’oppo­sant maro­cain, alors que l’enquête judi­ciaire mène rapi­de­ment à des hommes poli­ti­ques fran­çais pro­ches du gou­ver­ne­ment, des poli­ciers et des truands. Toute une série de procès auront lieu dans une paro­die de jus­tice. De façon bizarre, juste avant le procès qui com­mence le 5 sep­tem­bre 1966, Figon est retrouvé mort, ainsi que les avo­cats de la famille Ben Barka. En 1967, c’est Fossati, un agent du Sdece partie pre­nante dans l’opé­ra­tion pour des trans­ports aériens qui est aussi retrouvé mort de façon louche.
Le 5 juin 1967 la jus­tice fran­çaise condamne Oufkir par contu­mace, mais acquitte Dlimi, et tous les pro­ta­go­nis­tes fran­çais, à l’excep­tion de Lopez et Souchon, à qui on fait porter le cha­peau, et qui sont condam­nés res­pec­ti­ve­ment à huit et six ans de prison.
Le gou­ver­ne­ment fran­çais de l’époque a tout fait pour que la vérité soit cachée, et les gou­ver­ne­ments suc­ces­sifs n’ont pas véri­ta­ble­ment aidé à ce qu’elle soit connue. Ce qui est sûr c’est que Foccart, le secré­taire de De Gaulle pour les affai­res afri­cai­nes est par­fai­te­ment au cou­rant, tout comme Papon, le préfet de police de Paris. Ce qui est sûr, c’est que toutes les retrans­crip­tions des écoutes télé­pho­ni­ques de la bande des assas­sins de Ben Barka, qui ont été retrou­vées, ont été don­nées avant l’accom­plis­se­ment de l’assas­si­nat à Roger Frey, minis­tre de l’inté­rieur et à Georges Pompidou, le pre­mier minis­tre de De Gaulle. De Gaulle a donc bien laissé effec­tuer ce crime sur le sol fran­çais avec les ser­vi­ces de la police fran­çaise.
Même si par trois fois, au fil des années et des chan­ge­ments de gou­ver­ne­ment, le « secret défense » sera levé par petits bouts, cepen­dant, jamais la jus­tice ne pourra se pro­non­cer défi­ni­ti­ve­ment. Et 43 ans plus tard, l’affaire Ben Barka n’est tou­jours pas véri­ta­ble­ment élucidée, n’est tou­jours pas clas­sée, alors que pres­que tous ceux qui pour­raient parler et être ainsi très gênants pour le gou­ver­ne­ment de notre pays ont été liqui­dés phy­si­que­ment, ou sont désor­mais décé­dés. Une com­mis­sion roga­toire a encore été lancée en mai 2005 à la demande de la famille Ben Barka. Les pro­ta­go­nis­tes fran­çais sont tous morts, alors le 23 octo­bre 2007, le juge d’ins­truc­tion Patrick Ramaël a envoyé cinq man­dats d’arrêt inter­na­tio­naux contre des Marocains : trois chefs de la gen­dar­me­rie royale maro­caine de l’époque et deux bar­bou­zes. Seront-ils inquié­tés ?...

L’assassinat de Ben Barka encouragé par les dirigeants impérialistes
Mehdi Ben Barka aurait été suivi, traqué lors de ses dépla­ce­ments par la C.I.A amé­ri­caine et le Mossad israé­lien qui com­mu­ni­quait ces infor­ma­tions aux gou­ver­ne­ments maro­cains et fran­çais, à Rabat et Paris. Ben Barka refu­sait par exem­ple l’ins­tal­la­tion de bases mili­tai­res amé­ri­cai­nes sur le sol maro­cain. Il n’y a rien d’étonnant pour les diri­geants des États-Unis et leurs alliés de tra­vailler la main dans la main en vue de l’abou­tis­se­ment de ce crime.
Pour les diri­geants mon­diaux capi­ta­lis­tes, mettre en conver­gence les mou­ve­ments de libé­ra­tion du tiers-monde est un réel danger. Or, c’est ce qu’entre­prend Ben Barka. Au moment de son assas­si­nat, le 29 octo­bre 1965, Mehdi Ben Barka pré­pa­rait la Conférence Tricontinentale, qui devait se tenir à La Havane du 3 au 13 jan­vier 1966. La déci­sion est prise de l’éliminer phy­si­que­ment.
Il faut savoir que de nom­breu­ses secous­ses se sont pro­dui­tes quel­ques années aupa­ra­vant et qu’ils font tout pour pré­ser­ver le navire du capi­ta­lisme. En avril 1955, la confé­rence Asie-Afrique de Bandung, avait annoncé l’essor des mou­ve­ments d’émancipation natio­nale, avant que l’embra­se­ment ne se pro­page en Amérique latine, puis gagne les colo­nies por­tu­gai­ses d’Afrique. En 1956, ce fut Varsovie, Budapest au sein du bloc com­mu­niste, ainsi que l’échec de l’expé­di­tion franco-bri­tan­ni­que de Suez après la natio­na­li­sa­tion du canal par Nasser et les luttes pour l’indé­pen­dance de l’Égypte. Le 14 juillet 1958, la monar­chie est ren­ver­sée et la République pro­cla­mée en Irak. Le FLN fait traî­ner en lon­gueur la guerre d’Algérie. La Guinée se sépare de la France en 1958. Le Congo veut s’affran­chir de la Belgique. Kennedy échoue au ren­ver­se­ment de Fidel Castro, dans la baie des Cochons en 1961...
D’autre part, face à l’impé­ria­lisme, des peu­ples d’Afrique et d’Asie s’orga­ni­sent en créant un fonds de soli­da­rité à Accra, au Ghana en 1957, dont Ben Barka est vice-pré­si­dent. Doit-il s’ouvrir à l’Amérique latine ? La ques­tion est posée au Caire en mars 1961 par Ben Barka, qui pré­side la com­mis­sion sur le néo­co­lo­nia­lisme, et l’alliance avec l’Amérique latine sera déci­dée en 1965. Rompre le sous-déve­lop­pe­ment est non seu­le­ment un projet d’indé­pen­dance natio­nale, mais aussi une action concer­tée contre la dépen­dance du sys­tème capi­ta­liste. Par rap­port à l’hégé­mo­nie des Etats-Unis, « l’Afrique est l’Amérique latine de l’Europe », répète Ben Barka. Travailler à fédé­rer le Maghreb et l’Afrique prend une dimen­sion anti-impé­ria­liste.
Mais Ben Barka entend déve­lop­per une dyna­mi­que auto­nome de la mou­vance sovié­ti­que. Ce qui l’enthou­siasme à Cuba, c’est le succès de la cam­pa­gne d’alpha­bé­ti­sa­tion dont il rêve pour le Maroc, et il trace l’esquisse d’une uni­ver­sité tri­conti­nen­tale. Ben Barka déclare le 3 octo­bre 1965 qu’à la Conférence de La Havane, la pre­mière située en Amérique latine, « les deux cou­rants de la révo­lu­tion mon­diale y seront repré­sen­tés : le cou­rant surgi avec la révo­lu­tion d’Octobre et celui de la révo­lu­tion natio­nale libé­ra­trice ». Ce qui n’est pas pour plaire aux États-Unis.
Malgré deux défec­tions impor­tan­tes, la perte du pou­voir de Ben Bella en Algérie avec le coup d’état de Boumediène le 19 juin 1965, et la perte du pou­voir de Sukarno en Indonésie le 30 sep­tem­bre 1965, il défi­nit les objec­tifs de cette Conférence Tricontinentale fon­da­trice : aide aux mou­ve­ments de libé­ra­tion natio­nale, notam­ment au mou­ve­ment pales­ti­nien ; inten­si­fi­ca­tion des luttes, y com­pris armées, sur les trois conti­nents ; sou­tien à Cuba ; liqui­da­tion des bases mili­tai­res étrangères ; oppo­si­tion aux armes nucléai­res, à l’apar­theid et à la ségré­ga­tion raciale. La fina­lité est la « libé­ra­tion totale ».
C’est en recou­rant à la force armée et aux com­man­dos assas­sins, en impo­sant des dic­ta­teurs ou en déclen­chant des guer­res comme en Algérie et au Vietnam que le sys­tème impé­ria­liste pense se main­te­nir. C’est dans cet élan révo­lu­tion­naire de la Tricontinentale que se trouve la cause pro­fonde de l’enlè­ve­ment et de l’assas­si­nat de Ben Barka.
Pour la même cause d’autres ont aussi été assas­si­nés. En 1965 : le pre­mier minis­tre d’Iran, Ali Mansour, est tué le 22 jan­vier,un des chefs de l’oppo­si­tion por­tu­gaise, Humberto Delgado, le 13 février ,Malcolm X, le 21 février ,le vice-minis­tre de la défense du Guatemala, Ernesto Molina, le 21 mai. Che Guevara sera abattu le 9 octo­bre 1967, Martin Luther King le 4 avril 1968, Amilcar Cabral le 20 jan­vier 1973, Henri Curiel le 4 mai 1978...
Éliminer Ben Barka était devenu une exi­gence majeure dans la répres­sion inter­na­tio­nale des insur­rec­tions du tiers-monde, qui ne recule devant aucune igno­mi­nie.
C’est cette pers­pec­tive de libé­ra­tion mon­diale ...qu’on a voulu tuer
en assas­si­nant Mehdi Ben Barka !

jeudi 25 septembre 2014

« À la poursuite de l’État islamique » : Devinez qui est derrière le projet califat ? Ceux qui ont ordonné les bombardements sont ceux qui sont derrière le projet de califat.



Mais qui est derrière le projet de l’État islamique?
Par une cruelle ironie du sort, les rebelles de l’État islamique, anciennement connu sous le nom « État islamique en Irak et au Levant » (EIIL) étaient jusqu’à tout récemment présentés comme « des combattants de la liberté de l’opposition » en Syrie, dévoués au « rétablissement de la démocratie » et au renversement du gouvernement laïc de Bachar al-Assad.

Et qui était derrière l’insurrection djihadiste en Syrie? 
Ceux qui ont ordonné les bombardements sont ceux qui sont derrière le projet de califat.
Les milices de l’EI, qui sont actuellement la cible présumée d’une campagne de bombardements des États-Unis et de l’OTAN en vertu d’un mandat de « lutte au terrorisme », ont été et sont toujours soutenues clandestinement par les États-Unis et leurs alliés.
Autrement dit, l’État islamique a été créé par le renseignement étasunien , avec le soutien du MI6 britannique, du Mossad israélien, de l’Inter-Services Intelligence (ISI) pakistanais et l’Al Mukhabarat Al A’amah de l’Arabie saoudite (رئاسة الاستخبارات العامة ou General Intelligence Presidency (GIP) en anglais). Par ailleurs, selon des sources du renseignement israélien (Debka), l’OTAN, en liaison avec le haut commandement turc, était impliqué dans le recrutement de mercenaires djihadistes dès le début de la crise syrienne en mars 2011.
En ce qui concerne l’insurrection syrienne, les combattants de l’État islamique ainsi que le Front Al-Nosra, des forces djihadistes affiliées à d’Al-Qaïda, sont les fantassins de l’alliance militaire occidentale. Ils sont secrètement soutenus par les États-Unis, l’OTAN et Israël. Leur mandat consiste à mener une insurrection terroriste contre le gouvernement de Bachar al-Assad. Les atrocités commises par les combattants de l’État islamique en Irak sont similaires à celles commises en Syrie.
En raison de la désinformation médiatique, l’opinion publique occidentale n’est pas au courant que dès le tout début, les terroristes de l’EI ont été soutenus par les États-Unis et leurs alliés.
Les meurtres de civils innocents par les terroristes de l’État islamique en Irak sont utilisés afin de créer un prétexte et une justification en faveur d’une intervention militaire étasunienne pour des raisons humanitaires. Les bombardements ordonnés par Obama, cependant, ne sont pas destinés à éliminer l’État islamique, qui constitue un « atout du renseignement » étasunien. Bien au contraire, les États-Unis visent la population civile ainsi que le mouvement de résistance irakien.

Le rôle de l’Arabie saoudite et du Qatar
Fait amplement documenté, le soutien des États-Unis et de l’OTAN à l’État islamique est acheminé clandestinement par les plus fidèles alliés des États-Unis, à savoir le Qatar et l’Arabie saoudite. Les médias occidentaux ont reconnu que Riyad et Doha, agissant en liaison avec Washington et en son nom, ont joué (et jouent toujours) un rôle central dans le financement de l’État islamique, ainsi que dans le recrutement, la formation et l’endoctrinement religieux des forces mercenaires terroristes déployées en Syrie.
Selon le Daily Express de Londres : « Ils [les terroristes de l'EI] avaient de l’argent et des armes fournies par le Qatar et l’Arabie saoudite. »
« La plus importante source de financement de l’EI à ce jour provient des pays du Golfe, principalement de l’Arabie saoudite mais aussi du Qatar, du Koweït et des Émirats arabes unis », (Selon le Dr Günter Meyer, directeur du Centre de recherche sur le Monde arabe à l’Université de Mayence, en Allemagne, Deutsche Welle )
Ces fonds ont été acheminés aux terroristes de l’EI qui se battent contre les forces gouvernementales en Syrie:
Grâce à des alliés comme l’Arabie saoudite et le Qatar, l’Occident [a] soutenu des groupes rebelles militants qui ont depuis mutés en EI et autres milices liées à al-Qaïda. (Daily Telegraph, 12 juin 2014)
Selon Robert Fisk, le projet de califat « a été financé par l’Arabie saoudite » :
[V]oici la plus récente contribution monstrueuse de l’Arabie saoudite à l’histoire mondiale : le Califat islamiste sunnite en Irak et au Levant, conquérant de Mossoul et Tikrit – et de Racca en Syrie – et peut-être de Bagdad, « humiliateurs » ultimes de Bush et d’Obama.
D’Alep, dans le nord de la Syrie, jusqu’aux environs la frontière irako-iranienne, les djihadistes de l’EIIL et autres groupuscules divers payés par les wahhabites saoudiens, et des oligarques koweïtiens, règnent maintenant sur des milliers de miles carrés. (Robert Fisk, The Independent, 12 juin 2014)
En 2013, dans le cadre de son recrutement de terroristes, l’Arabie saoudite a pris l’initiative de libérer des condamnés à mort incarcérés dans les prisons saoudiennes.
Une note confidentielle a révélé que les prisonniers étaient « recrutés” » pour rejoindre les milices djihadistes (y compris Al-Nosra et l’EIIL) afin de lutter contre les forces gouvernementales en Syrie.

Prison saoudienne
On aurait offert une entente aux prisonniers – rester et être exécuté ou lutter contre Assad en Syrie. Dans le cadre de l’entente, on offrait aux prisonniers un « pardon et une allocation mensuelle pour leurs familles, autorisées à demeurer dans le royaume sunnite ».
Les responsables saoudiens leur auraient donné le choix : décapitation ou djihad? En tout, des détenus du Yémen, de la Palestine, de l’Arabie saoudite, du Soudan, de la Syrie, de la Jordanie, de la Somalie, de l’Afghanistan, de l’Égypte, du Pakistan, de l’Irak et du Koweït ont choisi d’aller combattre en Syrie. (Voir Global Research, 11 septembre 2013)
Volte-face
Le 11 septembre 2014, coïncidant avec la commémoration du 11-Septembre, le roi d’Arabie saoudite ainsi que les monarques des pays du Golfe ont annoncé leur soutien indéfectible à la guerre sainte d’Obama contre l’État islamique, laquelle a été et est toujours financée par des fonds du Qatar et de l’Arabie saoudite dans le cadre d’une opération de renseignement soigneusement conçue.
Alors qu’ils ont activement contribué au financement de l’État islamique, sans compter qu’ils ont recruté et formé des terroristes au nom de Washington, l’Arabie saoudite et les États du Golfe ont promis d’appuyer fermement la campagne militaire d’Obama, « d’avilir et finalement détruire » l’État islamique.
La déclaration d’appui contenue dans le communiqué, engage les « principaux pays arabes à travailler avec les États-Unis afin de couper le flux de combattants et les fonds étrangers de l’État islamique ». Elle confirme également que les membres ont discuté d’une « stratégie pour détruire l’EIIL où qu’il soit, y compris en Irak et en Syrie ».
L’Arabie saoudite a fini par comprendre que le groupe État islamique constitue aussi une menace sérieuse pour leur pays, et qu’il ne s’agit pas d’un mouvement sunnite traditionnel. L’un des éléments du plan d’Obama contre l’EI vise à saper les liens idéologiques et religieux avec l’islam invoqués par les militants de l’État islamique.
L’administration espère que Riyad usera de son influence parmi les chefs religieux islamiques. (Voice of America, 11 septembre 2014)

Recrutement de « terroristes modérés »
Dans le cadre de cet accord, la famiile Al-Saoud sera « l’hôte d’un centre de formation pour des milliers de combattants rebelles syriens qui luttent à la fois contre l’État islamique et le régime du président Bachar al-Assad ». Cette proposition est fausse et absurde. Jusqu’au 9 septembre, l’Arabie saoudite a « officiellement » soutenu l’État islamique contre le gouvernement de Bachar Al-Assad, et on lui a maintenant confié le recrutement de djihadistes pour combattre l’État islamique. Les médias n’ont toutefois pas réussi à relier les points et à découvrir le grand mensonge.
Il s’agit d’un projet diabolique : les artisans de l’État islamique ont informé le monde qu’ils « se lancent à la poursuite » de leurs propres terroristes dans le cadre d’une opération de contreterrorisme.
Bien que ces actions soient menées sous la bannière de la « guerre mondiale au terrorisme », les États-Unis n’ont pas l’intention de cibler leurs propres brigades terroristes de l’EI, intégrées par des forces spéciales et les services de renseignement occidentaux. En réalité, la seule campagne crédible et efficace contre les terroristes islamiques de l’EI est menée par les forces gouvernementales syriennes.
Inutile de dire que le financement et l’appui des États-Unis, de l’OTAN, de l’Arabie saoudite et du Qatar continueront. L’objectif n’est pas de détruire l’État islamique, tel que l’a promis Obama. Il s’agit plutôt d’un processus de déstabilisation et de destruction de l’Irak et de la Syrie, mené par les États-Unis. La campagne contre l’État islamique est utilisée pour justifier le bombardement des deux pays en ciblant principalement les civils.
Le but ultime est de déstabiliser l’État-nation que constitue l’Irak et de déclencher sa partition en trois entités distinctes.
L’objectif stratégique général des États-Unis et de l’OTAN consiste à déstabiliser toute la région du Moyen-Orient, de l’Afrique du Nord, de l’Asie centrale et du Sud, incluant l’Iran, le Pakistan et l’Inde.
Michel Chossudovsky
Source : Mondialisation.ca

samedi 20 septembre 2014

Opération EIIL, objectif Chine… ce sont les Etats-Unis qui ont favorisé la naissance de l’Isis, sur un terrain social rendu « fertile » par leurs guerres, pour lancer la stratégie dont le premier objectif est la démolition complète de la Syrie, Le pacte de non-agression en Syrie entre EIIL et « rebelles modérés » sert cette stratégie.



Tandis que l’EIIL (Etat islamique en Irak et au Levant ) diffuse à travers les complaisants réseaux médiatiques mondiaux les images de la troisième décapitation d’un citoyen occidental, sonne une autre sirène d’alarme : après s’être diffusé en Syrie et en Irak, l’EIIL est en train de pénétrer dans le Sud-Est asiatique.
C’est ce que communique la société Muir Analytics, qui fournit aux multinationales de « l’intelligence contre terrorisme, violence politique et insurrection », faisant partie des « auxiliaires » » de la Cia en Virginie, souvent utilisée par la maison mère pour répandre des « informations » utiles à ses opérations.
Un domaine dans lequel la Cia a une solide expérience. Pendant les administrations Carter et Reagan elle finança et entraîna, à travers les services secrets pakistanais, environ 100 000 moudjahiddines pour combattre les forces soviétiques en Afghanistan. Opération à laquelle participa un riche saoudien, Oussama Ben Laden, arrivé en Afghanistan en 1980 avec des milliers de combattants recrutés dans son pays et de gros financements. La guerre de 1989 finie, avec le retrait des troupes soviétiques et l’occupation de Kaboul en 1992 par les moudjahiddines, dont les factions étaient déjà en lutte entre elles, naquit en 1994 l’organisation des talibans endoctrinés, entraînés et armés au Pakistan pour conquérir le pouvoir en Afghanistan, par une opération tacitement approuvée par Washington. En 1998, dans une interview au Nouvel Observateur, Brzezinski, ancien conseiller pour la sécurité nationale étasunienne, expliqua que le président Carter avait signé la directive pour la formation des moudjahidines non pas après mais avant l’invasion soviétique de l’Afghanistan pour « attirer les Russes dans le piège afghan ». Quand dans l’interview on lui demanda s’il n’avait pas regretté cela, il répondit : « Qu’est-ce qui était le plus important pour l’histoire du monde ? Les talibans ou l’effondrement de l’empire soviétique ? »
Il n’y aurait donc pas à s’étonner qu’à l’avenir quelque ex conseiller d’Obama admette, les choses faites, ce dont on a dès aujourd’hui les preuves : à savoir que ce sont les Etats-Unis qui ont favorisé la naissance de l’Isis, sur un terrain social rendu « fertile » par leurs guerres, pour lancer la stratégie dont le premier objectif est la démolition complète de la Syrie, jusqu’à présent empêchée par la médiation russe en échange du désarmement chimique de Damas, et la réoccupation de l’Irak qui était en train de se détacher de Washington en se rapprochant de Pékin et Moscou. Le pacte de non-agression en Syrie entre EIIL et « rebelles modérés » sert cette stratégie (voir dans l’article de il manifesto du 10 septembre la photo de la rencontre, en mai 2013, du sénateur étasunien McCain avec le chef de l’Isis faisant partie de l’ « Armée Syrienne Libre » [1]).
Dans ce contexte, l’alarme sur la pénétration de l’EIIL aux Philippines, en Indonésie, Malaisie et quelques autres pays aux abords de la Chine – lancée par la Cia par l’intermédiaire d’une société de complaisance- sert à justifier la stratégie déjà en acte, qui voit les EU et leurs principaux alliés concentrer des forces militaires dans la région Asie/Pacifique. Là où, prévenait le Pentagone en 2001, « existe la possibilité qu’émerge un rival militaire avec une formidable base de ressources, avec des capacités suffisant à menacer la stabilité d’une région cruciale pour les intérêts étasuniens ».
La « prophétie » s’est avérée, mais avec une variante. La Chine est aujourd’hui redoutée à Washington non pas tellement comme puissance militaire (même si elle n’est pas négligeable), mais surtout comme puissance économique (au renforcement de laquelle contribuent y compris les multinationales étasuniennes en fabriquant beaucoup de leurs produits en Chine). La Chine devient plus redoutable encore pour les EU à la suite d’une série d’accords économiques avec la Russie, qui rendent vaines les sanctions occidentales contre Moscou, et avec l’Iran (toujours dans le viseur de Washington), important fournisseur pétrolifère de la Chine. Il existe en outre des signaux indiquant que la Chine et l’Iran soient disponibles au projet russe de dé-dollarisation des échanges commerciaux, qui infligerait un coup mortel à la suprématie étasunienne.
D’où la stratégie annoncée par le président Obama, fondée sur le principe (expliqué par le New York Times) qu’en Asie, « la puissance américaine doit poursuivre ses intérêts économiques ». Les intérêts étasuniens que suivra l’Italie en participant à la coalition internationale sous conduite EU « contre l’EIIL ».
Edition de mardi 16 septembre 2014 de il manifesto
http://ilmanifesto.info/operazione-isis-lobiettivo-e-la-cina/
Traduit de l’italien par Marie-Ange Patrizio
Note du GS. Pour ne plus dire "Etat islamique, les politiques ont inventé : EIIL qui donnne ISIL / ISIS en anglais ou Da’ech / Daesh en arabe. Dawla al-Islāmiyya fi al-Irāq wa-š-Šhām (الدولة الاسلامية في العراق والشام) » :
د = Dawlat (Nation), ا = (al-) Islāmiyya, ع= (fī’l-) Irāq, ش = (wa’š-) Šhām (le Levant)

Le nouveau plan de « Regime Change » : attaquer Damas par le sud, Les forces anti-gouvernementales qui coopèrent à cette opération sont le Front Révolutionnaire Syrien (FRS) soutenu par les Etats-Unis, assisté du Front Islamique soutenu par l’Arabie Saoudite, et Jabhat al-Nusrah d’al-Qaeda.

Le gouvernorat de Quneitra est une bande de terre qui longe le plateau du Golan occupé par Israël et qui a une frontière au nord-ouest avec le Liban et une au sud avec la Jordanie.
Les forces anti-gouvernementales qui coopèrent à cette opération sont le Front Révolutionnaire Syrien (FRS) soutenu par les Etats-Unis, assisté du Front Islamique soutenu par l’Arabie Saoudite, et Jabhat al-Nusrah d’al-Qaeda qui vient de recevoir 20 millions de dollars du Qatar. 
Ces forces se sont infiltrées en passant par Daara en Jordanie puis en remontant vers le nord-ouest le long de la frontière avec Israël.
Ce mouvement, au cours duquel ces forces ont kidnappé des observateurs de l’ONU, a été soutenu par des frappes de l’artillerie israélienne contre les unités syriennes qui tentaient de l’empêcher. Le seul poste frontière entre Israël et la Syrie est désormais entre les mains des forces anti-gouvernementales.
L’armée israélienne fournit aussi un soutien médical à ces forces anti-gouvernementales. L’ONU a déplacé tous les soldats de la paix qui se trouvaient du côté syrien de la frontière avec le plateau du Golan.
Les forces anti-gouvernementales contrôlent maintenant une bande de 70 kms de long sur 5 kms de large, le long de la frontière du Golan entre la Jordanie et le Liban. Cette bande permet de s’infiltrer éventuellement dans le territoire du Hizbullah au sud du Liban mais son principal objet est d’attaquer Damas par le sud. L’armée syrienne aurait beaucoup de mal à déloger de cette bande les forces anti-gouvernementales couvertes par le feu de l’artillerie de l’armée israélienne et ses frappes anti-aériennes.
Selon la rumeur, Jabhat al-Nusra est en train de quitter ses positions dans le gouvernorat de Hama au nord de la Syrie. Ses troupes repassent en Turquie d’où elles seront transférées en Jordanie pour être envoyées en renforcement à Quneitra.
Il n’y a pas grand intérêt à conquérir le territoire plutôt désert de Quneitra si ce n’est pour lancer une attaque sur Damas par le sud. Il se situe à seulement 60 kms de la capitale. Un attaque aérienne coordonnée contre les deux divisions syriennes stationnées entre le gouvernorat de Quneitra et Damas leur ouvrirait le chemin de la capitale. C’est probablement ce plan d’attaque qui sous-tend les accords de trêve récemment conclus entre les États-Unis et le Front Révolutionnaire Syrien et l’ISIS au sud de Damas.
L’armée étasunienne qui orchestre les opérations américano-arabes du soulèvement syrien depuis Amman en Jordanie pourrait bien projeter d’utiliser la nouvelle guerre douteuse contre ISIS comme prétexte à des attaques contre les divisions de l’armée syrienne qui protègent Damas au sud. Une attaque au sol de Jabhat al-Nusra coordonnée avec des attaques aériennes depuis Quneitra causerait beaucoup de dommages à l’armée syrienne et permettrait un assaut destructeur sur Damas.
(Mise à jour) Obama déjà annoncé une escalades des attaques aériennes :
Il a souligné la complexité de la situation, toutefois, en évoquant la possibilité que M. Assad ordonne à son armée de tirer sur les avions étasuniens qui entreraient dans l’espacé aérien syrien. Si Assad osait le faire, M. Obama a dit qu’il ordonnerait aux forces étasuniennes de détruire le système de défense aérienne de la Syrie, ce qui d’après lui serait plus facile que de frapper l’ISIS parce que sa location est mieux connue. Il a ajouté qu’une telle action de la part d’Assad, entraînerait son renversement, selon une source.
La frénétique décision d’attaquer l’ISIS pourrait n’être qu’une simple maskirovka * destinée à cacher le projet agressif de changement de régime en Syrie sous le masque d’une opération « anti-terroriste ». Un projet rendu possible par la collaboration et le soutien actif de Jabhat al-Nusra affilié à Al-Qaeda en Syrie, et par les accords de trêve avec l’ISIS.
Notes :
* La Maskirovka (en russe : Маскировка, littéralement : camouflage) est l’art russe de la désinformation militaire
Source : Info-Palestine

jeudi 18 septembre 2014

Selon le New York Times, la France serait le premier bailleur de fonds d’Al-Qaïda ! «Les Français payent des rançons aux terroristes», assure Barack Obama.



Pour le quotidien américain, la France aurait versé depuis 2008 plus de 58,1 millions de dollars à Al-QaÏda pour libérer ses ressortissants pris en otages, ce qui a provoqué la colère de Barack Hussein Obama dans une récente interview au New York Times. Et si nos confrères américains se trompaient ? Et si la France se faisait payer ces rançons par le Qatar, dont la générosité n’a d’égale que sa proximité avec les groupes islamo-terroristes, y compris celui d’Al-Qaïda ? Et si les rapports entre Al-Qaïda et Al-Qatar étaient plus structurelles que ce qu'on croyait ?
Après l'assassinat de trois otages anglo-saxons par l'État islamique en moins d'un mois, l'accusation portée contre la France revient de plus belle. «Les Français payent des rançons aux terroristes», assure Barack Obama. Cette saillie du président américain contre Paris était glissée dans un long entretien accordé au New York Times, où il s'explique sur sa stratégie pour combattre l'État islamique. L'interview a été publiée le 13 septembre, avant que la vidéo de l'assassinat de David Haines n'ait été mise en ligne.
Le quotidien américain décrit l'irritation de Barack Obama quand il aborde le sujet épineux des rançons. «Le président français, François Hollande, dit que son pays ne paye pas de rançons aux terroristes, alors qu'en réalité, il le fait.» À l'opposé, les États-Unis ne «payent pas» de rançon, assure-t-il, ce qui fait que les ressortissants américains sont moins fréquemment pris en otages.
Les États-Unis n'ont jamais caché leur intransigeance sur le non-paiement des rançons. La famille de James Foley, le premier otage exécuté par les islamistes de l'EI, a récemment accusé l'Administration américaine de les avoir dissuadés de payer une rançon. Un militaire du Conseil de sécurité nationale les aurait avertis à plusieurs reprises qu'ils risquaient des poursuites au pénal en cas de paiement d'une rançon pour la libération de leur fils. La famille aurait également été informée qu'aucun échange de prisonnier ou aucune opération militaire ne serait lancée pour tenter de le récupérer. Pourtant, le Pentagone a révélé peut de temps après son exécution qu'une opération avait été menée pour libérer des Américains, dont James Foley, retenus en Syrie par l'État islamique. Mais elle s'était soldée par un échec, car les otages n'étaient pas présents dans le lieu où les services de renseignement américains les pensaient cachés.
A contrario, la France a récemment été pointée du doigt par le New York Times comme la «championne» du paiement des rançons à Al-Qaïda. Bien qu'elle se défende de payer quoi que ce soit, le quotidien américain estimait cet été que la France avait versé 58,1 millions de dollars depuis 2008 pour libérer ses ressortissants retenus par Al-Qaïda au Maghreb islamique. Ce qui en fait le principal bailleur de fonds de ce groupe terroriste, dont les enlèvements d'otages leur auraient rapporté au moins 125 millions de dollars sur la même période. Mais la part payée par la France pourrait être encore plus élevée, dans la mesure où le quotidien américain mentionne également une rançon de 9,5 millions de dollars pour libérer trois ressortissants français, sans avoir établi qui l'avait payée.
Le Figaro du 14 septembre 2014, titre originel, « Otages : Barack Obama reproche à la France de payer les rançons ».