vendredi 26 septembre 2014

29 OCTOBRE 1965 – Mehdi Ben Barka militant de la cause pour la libération des peuples du tiers-monde assassiné avec l’aide du gouvernement français


Jean-Pierre Lenoir, ancien responsable des services secrets (le Sdece, ancêtre de la DGSE), « l'affaire Ben Barka, ce sont des créatures du gaullisme qui échappent à leurs créateurs. Quand les membres du gouvernement se sont aperçus que les leurs étaient mêlés à l'enlèvement, ils ont pris la décision d'aider les coupables à disparaître ». 


La veille de son enlèvement et de son assassinat, il présidait le comité préparatoire de la Conférence de la Tricontinentale qui devait réunir à la Havane, en janvier 1966, les représentants des mouvements de libération des peuples d’Afrique, d’Asie et d’Amérique Latine. Figure intellectuelle et politique du mouvement anticolonialiste et opposant au roi Hassan II du Maroc, Mehdi Ben Barka est assassiné le 29 octobre 1965 près de Paris. Son corps n’a jamais été retrouvé.
 
Le 29 octobre 1965
Ce ven­dredi-là, à 12h15, Mehdi Ben Barka a rendez-vous devant la bras­se­rie Lipp, 151 Boulevard Saint-Germain à Paris, avec le cinéaste Georges Franju qui envi­sage de réa­li­ser un film sur la déco­lo­ni­sa­tion inti­tulé “Basta !”. Il s’agit en réa­lité d’un piège, monté par le jour­na­liste Philippe Bernier et un pro­duc­teur de cinéma ancien repris de jus­tice, Georges Figon, lié aux milieux intel­lec­tuels pari­siens mais aussi à une bande de truands recru­tée par les ser­vi­ces secrets maro­cains. Et voici que deux poli­ciers de la bri­gade mon­daine, Louis Souchon et Roger Voitot, exhi­bant leur carte de police, invi­tent Ben Barka à monter à bord d’une voi­ture où se trouve également Antoine Lopez, un agent du SDECE (les ser­vi­ces du contre-espion­nage fran­çais de l’époque). Il est conduit à Fontenay le Vicomte (Essonne) dans la villa de Georges Boucheseiche, truand du gang des trac­tions avant. Dès lors, on perd sa trace. Nul ne le reverra vivant.

Ben Barka, militant de la cause pour la libération des peuples du tiers-monde
Né en 1920 à Rabat dans une famille de petits fonc­tion­nai­res, Mehdi Ben Barka a fait des études de mathé­ma­ti­ques à Alger et réus­sit à deve­nir ensei­gnant en mathé­ma­ti­ques. Il ensei­gnera notam­ment au Collège Royal du Maroc, où il dis­pen­sera sa science au futur roi Hassan II.
Parallèlement, il s’engage en poli­ti­que contre le « pro­tec­to­rat » fran­çais sur le Maroc. Dès 1943, il par­ti­cipe à la créa­tion du parti de l’indé­pen­dance. En 1945, il est l’un des res­pon­sa­ble de l’Istiqlal, le parti natio­na­liste qui a mené le Maroc à l’indé­pen­dance. En 1955, il par­ti­cipe aux négo­cia­tions qui abou­ti­ront au retour du roi Mohammed V que les auto­ri­tés fran­çaise avait exilé à Madagacar et, en 1956, à la fin du pro­tec­to­rat. De 1956 à 1959, Mehdi Ben Barka est pré­si­dent de l’Assemblée consul­ta­tive du Maroc.
Représentant de l’aile gauche d’un parti qu’il juge trop conser­va­teur, il pro­vo­que une scis­sion et fonde en 1959 l’Union natio­nale des forces popu­lai­res du Maroc, de ten­dance socia­liste, et se place dans l’oppo­si­tion au régime de Hassan II : il dénon­çait « ce régime médié­val qui ten­drait à res­sus­ci­ter les struc­tu­res médié­va­les de la société maro­caine ».
En novem­bre 1962, Mehdi Ben Barka doit échapper à un atten­tat mené contre lui par deux offi­ciers du roi Mohammed V, notam­ment le géné­ral Mohammed Oufkir. Lorsque Hassan II décrête l’Etat de Siège le 16 juillet 1963, Mehdi Ben Barka s’enfuit du Maroc pour ral­lier l’Algérie. En automne 1963, Mehdi Ben Barka dénonce le conflit fron­ta­lier qui oppose le Maroc et l’Algérie et se met du côté des Algériens qu’il consi­dère aggres­sés par le royaume maro­cain. Le royaume du Maroc le condamne ainsi à mort par contu­mace en novem­bre 1963.
C’est à Alger d’abord qu’il s’exile où durant les quel­que six mois passés en 1964, il s’emploie à donner une pers­pec­tive mon­diale à une conver­gence des luttes de libé­ra­tion natio­nale. Son ins­pi­ra­tion pro­vient de Frantz Fanon, mais aussi du Discours sur le colo­nia­lisme d’Aimé Césaire, de Portrait du colo­ni­sa­teur (1957) et Portrait du colo­nisé d’Albert Memmi. Elle s’est nour­rie dans les échanges avec la pensée contes­ta­trice face à la puis­sance impé­riale bri­tan­ni­que en Afrique de Jomo Kenyatta, Kwame Nkrumah et Julius Nyerere. Il désire créer une publi­ca­tion anti­co­lo­nia­liste « La Revue afri­caine », ainsi qu’un centre de docu­men­ta­tion sur les mou­ve­ments de libé­ra­tion natio­nale.
La capi­tale algé­rienne était deve­nue le foyer intel­lec­tuel de la contes­ta­tion révo­lu­tion­naire inter­na­tio­nale. On y retrou­vait les diri­geants des mou­ve­ments de libé­ra­tion et, en pre­mier lieu, après les trou­bles en Angola (1961), en Guinée-Bissau (1963) et au Mozambique (1964), les exilés des colo­nies por­tu­gai­ses. Métis et mino­ri­tai­res, les intel­lec­tuels du Cap Vert, notam­ment Amilcar Cabral, fai­saient écho aux cou­rants libé­ra­teurs venus du conti­nent amé­ri­cain. L’une des figu­res les plus puis­san­tes du mou­ve­ment noir aux Etats-Unis, Malcolm X, séjour­nait à Alger en 1964 ; Ernesto Che Guevara, avant d’aller au contact des maquis du Congo, y passe également au prin­temps 1965.Puis Le Caire en Egypte l’accueille, suivi de Rome, Genève et La Havane à Cuba, villes où il est notam­ment chargé d’orga­ni­ser avec d’autres la par­ti­ci­pa­tion des mou­ve­ments de luttes révo­lu­tion­nai­res du tiers monde à la Conférence Tricontinentale (Asie, Afrique et Amérique latine) qui doit se réunir à La Havane en jan­vier 1966.

Hassan II, le roi du Maroc commanditaire du rapt de Ben Barka  
Le général Mohamed Oufkir, ministre marocain de l’Intérieur, Ahmed Dlimi, direc­teur de la sûreté nationale marocaine, et un certain Chtouki, chef des brigades spéciales marocaines, se trouvaient à Paris à cette date-là, le 29 octo­bre 1965. C’est d’ailleurs Oufkir qui a torturé Ben Barka et Georges Figon affirmera avoir vu Oufkir tuer Ben Barka avec un poignard dans la villa d’un des hommes de main, Boucheseiche, qui a affirmé que Mehdi Ben Barka, une fois son cadavre ramené au Maroc, fut dissout dans une baignoire emplie d’acide.
Le roi Hassan II refuse que son minis­tre de l’Intérieur, Oufkir, com­pa­raisse devant la jus­tice fran­çaise. Le roi Hassan II, pro­ba­ble com­man­di­taire du rapt ne sera jamais mis en cause. La jus­tice fran­çaise condamna par contu­mace les exé­cu­tants maro­cains, qui ne furent jamais inquié­tés par la jus­tice du Maroc. Le géné­ral Oufkir a trouvé une mort camou­flée en sui­cide en 1972 et le colo­nel Dlimi, ancien direc­teur de la sûreté du Maroc, a été assas­siné en 1983.
Le 5 octo­bre 2005, le minis­tre de la Justice auprès du nou­veau roi du Maroc, Mohammed VI, dési­gne un juge d’ins­truc­tion pour faire le point sur l’affaire. L’ins­truc­tion est tou­jours en cours, même s’il ne fait désor­mais pres­que aucun doute que le crime a été ordonné au plus haut niveau de l’Etat maro­cain par le roi Hassan II lui-même et exé­cuté à Paris par des truands et des bar­bou­zes avec la com­pli­cité des ser­vi­ces de la République fran­çaise.

De Gaulle, président français, complice de l’assassinat de Ben Barka
Ben Barka n’a mani­festé aucune résis­tance lors de son enlè­ve­ment, croyant de bonne foi aux assu­ran­ces expri­mées par le biais des cir­cuits poli­ti­ques qui lui garan­tis­saient la pro­tec­tion et la sécu­rité durant son séjour en France. En pleine cam­pa­gne électorale pour la réé­lec­tion du géné­ral De Gaulle à la pré­si­dence de la République, l’affaire sou­lève l’indi­gna­tion des milieux poli­ti­ques fran­cais, notam­ment de l’oppo­si­tion de gauche, François Mitterrand en tête. De Gaulle, dans une confé­rence de presse du 22 février 1966, mini­mise la part des ser­vi­ces secrets fran­çais, qua­li­fie l’enlè­ve­ment d’opé­ra­tion qui « n’a rien que de vul­gaire et de subal­terne », et fait porter toute la res­pon­sa­bi­lité sur le géné­ral Oufkir.
On ne dit pas offi­ciel­le­ment jusqu’à quel niveau la République fran­çaise a été impli­quée dans l’assas­si­nat de l’oppo­sant maro­cain, alors que l’enquête judi­ciaire mène rapi­de­ment à des hommes poli­ti­ques fran­çais pro­ches du gou­ver­ne­ment, des poli­ciers et des truands. Toute une série de procès auront lieu dans une paro­die de jus­tice. De façon bizarre, juste avant le procès qui com­mence le 5 sep­tem­bre 1966, Figon est retrouvé mort, ainsi que les avo­cats de la famille Ben Barka. En 1967, c’est Fossati, un agent du Sdece partie pre­nante dans l’opé­ra­tion pour des trans­ports aériens qui est aussi retrouvé mort de façon louche.
Le 5 juin 1967 la jus­tice fran­çaise condamne Oufkir par contu­mace, mais acquitte Dlimi, et tous les pro­ta­go­nis­tes fran­çais, à l’excep­tion de Lopez et Souchon, à qui on fait porter le cha­peau, et qui sont condam­nés res­pec­ti­ve­ment à huit et six ans de prison.
Le gou­ver­ne­ment fran­çais de l’époque a tout fait pour que la vérité soit cachée, et les gou­ver­ne­ments suc­ces­sifs n’ont pas véri­ta­ble­ment aidé à ce qu’elle soit connue. Ce qui est sûr c’est que Foccart, le secré­taire de De Gaulle pour les affai­res afri­cai­nes est par­fai­te­ment au cou­rant, tout comme Papon, le préfet de police de Paris. Ce qui est sûr, c’est que toutes les retrans­crip­tions des écoutes télé­pho­ni­ques de la bande des assas­sins de Ben Barka, qui ont été retrou­vées, ont été don­nées avant l’accom­plis­se­ment de l’assas­si­nat à Roger Frey, minis­tre de l’inté­rieur et à Georges Pompidou, le pre­mier minis­tre de De Gaulle. De Gaulle a donc bien laissé effec­tuer ce crime sur le sol fran­çais avec les ser­vi­ces de la police fran­çaise.
Même si par trois fois, au fil des années et des chan­ge­ments de gou­ver­ne­ment, le « secret défense » sera levé par petits bouts, cepen­dant, jamais la jus­tice ne pourra se pro­non­cer défi­ni­ti­ve­ment. Et 43 ans plus tard, l’affaire Ben Barka n’est tou­jours pas véri­ta­ble­ment élucidée, n’est tou­jours pas clas­sée, alors que pres­que tous ceux qui pour­raient parler et être ainsi très gênants pour le gou­ver­ne­ment de notre pays ont été liqui­dés phy­si­que­ment, ou sont désor­mais décé­dés. Une com­mis­sion roga­toire a encore été lancée en mai 2005 à la demande de la famille Ben Barka. Les pro­ta­go­nis­tes fran­çais sont tous morts, alors le 23 octo­bre 2007, le juge d’ins­truc­tion Patrick Ramaël a envoyé cinq man­dats d’arrêt inter­na­tio­naux contre des Marocains : trois chefs de la gen­dar­me­rie royale maro­caine de l’époque et deux bar­bou­zes. Seront-ils inquié­tés ?...

L’assassinat de Ben Barka encouragé par les dirigeants impérialistes
Mehdi Ben Barka aurait été suivi, traqué lors de ses dépla­ce­ments par la C.I.A amé­ri­caine et le Mossad israé­lien qui com­mu­ni­quait ces infor­ma­tions aux gou­ver­ne­ments maro­cains et fran­çais, à Rabat et Paris. Ben Barka refu­sait par exem­ple l’ins­tal­la­tion de bases mili­tai­res amé­ri­cai­nes sur le sol maro­cain. Il n’y a rien d’étonnant pour les diri­geants des États-Unis et leurs alliés de tra­vailler la main dans la main en vue de l’abou­tis­se­ment de ce crime.
Pour les diri­geants mon­diaux capi­ta­lis­tes, mettre en conver­gence les mou­ve­ments de libé­ra­tion du tiers-monde est un réel danger. Or, c’est ce qu’entre­prend Ben Barka. Au moment de son assas­si­nat, le 29 octo­bre 1965, Mehdi Ben Barka pré­pa­rait la Conférence Tricontinentale, qui devait se tenir à La Havane du 3 au 13 jan­vier 1966. La déci­sion est prise de l’éliminer phy­si­que­ment.
Il faut savoir que de nom­breu­ses secous­ses se sont pro­dui­tes quel­ques années aupa­ra­vant et qu’ils font tout pour pré­ser­ver le navire du capi­ta­lisme. En avril 1955, la confé­rence Asie-Afrique de Bandung, avait annoncé l’essor des mou­ve­ments d’émancipation natio­nale, avant que l’embra­se­ment ne se pro­page en Amérique latine, puis gagne les colo­nies por­tu­gai­ses d’Afrique. En 1956, ce fut Varsovie, Budapest au sein du bloc com­mu­niste, ainsi que l’échec de l’expé­di­tion franco-bri­tan­ni­que de Suez après la natio­na­li­sa­tion du canal par Nasser et les luttes pour l’indé­pen­dance de l’Égypte. Le 14 juillet 1958, la monar­chie est ren­ver­sée et la République pro­cla­mée en Irak. Le FLN fait traî­ner en lon­gueur la guerre d’Algérie. La Guinée se sépare de la France en 1958. Le Congo veut s’affran­chir de la Belgique. Kennedy échoue au ren­ver­se­ment de Fidel Castro, dans la baie des Cochons en 1961...
D’autre part, face à l’impé­ria­lisme, des peu­ples d’Afrique et d’Asie s’orga­ni­sent en créant un fonds de soli­da­rité à Accra, au Ghana en 1957, dont Ben Barka est vice-pré­si­dent. Doit-il s’ouvrir à l’Amérique latine ? La ques­tion est posée au Caire en mars 1961 par Ben Barka, qui pré­side la com­mis­sion sur le néo­co­lo­nia­lisme, et l’alliance avec l’Amérique latine sera déci­dée en 1965. Rompre le sous-déve­lop­pe­ment est non seu­le­ment un projet d’indé­pen­dance natio­nale, mais aussi une action concer­tée contre la dépen­dance du sys­tème capi­ta­liste. Par rap­port à l’hégé­mo­nie des Etats-Unis, « l’Afrique est l’Amérique latine de l’Europe », répète Ben Barka. Travailler à fédé­rer le Maghreb et l’Afrique prend une dimen­sion anti-impé­ria­liste.
Mais Ben Barka entend déve­lop­per une dyna­mi­que auto­nome de la mou­vance sovié­ti­que. Ce qui l’enthou­siasme à Cuba, c’est le succès de la cam­pa­gne d’alpha­bé­ti­sa­tion dont il rêve pour le Maroc, et il trace l’esquisse d’une uni­ver­sité tri­conti­nen­tale. Ben Barka déclare le 3 octo­bre 1965 qu’à la Conférence de La Havane, la pre­mière située en Amérique latine, « les deux cou­rants de la révo­lu­tion mon­diale y seront repré­sen­tés : le cou­rant surgi avec la révo­lu­tion d’Octobre et celui de la révo­lu­tion natio­nale libé­ra­trice ». Ce qui n’est pas pour plaire aux États-Unis.
Malgré deux défec­tions impor­tan­tes, la perte du pou­voir de Ben Bella en Algérie avec le coup d’état de Boumediène le 19 juin 1965, et la perte du pou­voir de Sukarno en Indonésie le 30 sep­tem­bre 1965, il défi­nit les objec­tifs de cette Conférence Tricontinentale fon­da­trice : aide aux mou­ve­ments de libé­ra­tion natio­nale, notam­ment au mou­ve­ment pales­ti­nien ; inten­si­fi­ca­tion des luttes, y com­pris armées, sur les trois conti­nents ; sou­tien à Cuba ; liqui­da­tion des bases mili­tai­res étrangères ; oppo­si­tion aux armes nucléai­res, à l’apar­theid et à la ségré­ga­tion raciale. La fina­lité est la « libé­ra­tion totale ».
C’est en recou­rant à la force armée et aux com­man­dos assas­sins, en impo­sant des dic­ta­teurs ou en déclen­chant des guer­res comme en Algérie et au Vietnam que le sys­tème impé­ria­liste pense se main­te­nir. C’est dans cet élan révo­lu­tion­naire de la Tricontinentale que se trouve la cause pro­fonde de l’enlè­ve­ment et de l’assas­si­nat de Ben Barka.
Pour la même cause d’autres ont aussi été assas­si­nés. En 1965 : le pre­mier minis­tre d’Iran, Ali Mansour, est tué le 22 jan­vier,un des chefs de l’oppo­si­tion por­tu­gaise, Humberto Delgado, le 13 février ,Malcolm X, le 21 février ,le vice-minis­tre de la défense du Guatemala, Ernesto Molina, le 21 mai. Che Guevara sera abattu le 9 octo­bre 1967, Martin Luther King le 4 avril 1968, Amilcar Cabral le 20 jan­vier 1973, Henri Curiel le 4 mai 1978...
Éliminer Ben Barka était devenu une exi­gence majeure dans la répres­sion inter­na­tio­nale des insur­rec­tions du tiers-monde, qui ne recule devant aucune igno­mi­nie.
C’est cette pers­pec­tive de libé­ra­tion mon­diale ...qu’on a voulu tuer
en assas­si­nant Mehdi Ben Barka !

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