dimanche 10 août 2014

Monsieur le secrétaire général, Ban Ki-moon : « Représentez le droit et la justice, ou démissionnez ! » …dans toutes vos déclarations, vous ne faites aucune distinction entre oppresseurs et victimes.


Vous avez indéniablement assumé une position partiale, à propos de l’attaque actuelle contre la bande de Gaza et des violations israéliennes en Cisjordanie, en vous abstenant de condamner clairement les actions illégales israéliennes dans le TPO, alors que, par contre, vous n’avez pas hésité à accuser – quelquefois à tort – les combattants palestiniens de la bande de Gaza de violations du droit international.

Collectif

Pour l’humanité et le peu de crédibilité qui reste au droit international :
Au secrétaire général des Nations-Unies, Ban Ki-moon, « Représentez le droit et la justice, ou démissionnez ! »
Monsieur le secrétaire général Ban Ki-moon,
Nous, organisations des droits humains et de la communauté palestinienne soussignées, sommes extrêmement déçues par la façon dont vous remplissez votre mandat, notamment par vos déclarations manquant d’objectivité, votre incapacité à agir, et votre justification inconvenante des violations d’Israël du droit international humanitaire, lesquelles s’assimilent à des crimes de guerre. Jusqu’à aujourd’hui, vous n’avez pris aucune mesure explicite et tangible pour faire cesser les récentes attaques israéliennes dans le territoire occupé palestinien (TPO) depuis le 13 juin. De plus, vos déclarations ont été trompeuses, soit en appuyant et servant les versions falsifiées israéliennes des faits, soit comme contraires aux dispositions stipulées dans le droit international et aux intérêts de ses défenseurs, soit en justifiant par vos propos, les violations et les crimes d’Israël.
Vous avez indéniablement assumé une position partiale, à propos de l’attaque actuelle contre la bande de Gaza et des violations israéliennes en Cisjordanie, en vous abstenant de condamner clairement les actions illégales israéliennes dans le TPO, alors que, par contre, vous n’avez pas hésité à accuser – quelquefois à tort – les combattants palestiniens de la bande de Gaza de violations du droit international. On peut constater cette distorsion dans les extraits suivants :
« Le secrétaire général condamne fermement le meurtre aujourd’hui d’au moins dix civils palestiniens dans un bombardement à l’extérieur de l’école de l’UNRWA à Rafah, qui fournissait un abri à des milliers de civils. L’attaque est une nouvelle violation flagrante du droit international humanitaire, lequel exige clairement une protection par les deux parties des civils palestiniens, du personnel des Nations-Unies et des locaux des Nations-Unies, entre autres installations civiles. »
Une telle déclaration, en taisant le nom de l’auteur (Israël), n’est pas seulement partiale, mais elle est également injurieuse pour l’UNRWA, qui est un organisme des Nations-Unies, ainsi que pour les autres organismes des Nations-Unies et organisations internationales qui se battent pour apporter secours et protection aux Palestiniens dans la bande de Gaza. L’UNRWA, qui a perdu 9 membres de son personnel dans la bande de Gaza depuis le début de l’opération d’Israël Bordure protectrice, accueille environ 270 000 déplacés internes (25 % de la population de la bande de Gaza) dans ses abris. L’analyse préliminaire de l’UNRWA d’une précédente attaque contre l’une de ses écoles a montré que celle-ci avait été touchée par l’artillerie israélienne, ce qui constitue une attaque sans discernement et probablement un crime de guerre.
Qui plus est, en condamnant le stockage d’armes dans les écoles de l’UNRWA, sans en donner tous les détails et sans tenir dûment compte du droit international, vos déclarations ne font que donner votre aval aux prétextes israéliens pour prendre pour cible, de façon illégale, sans discernement, de tels biens civils.
En plus, en condamnant :
« la violation rapportée du Hamas du cessez-le-feu humanitaire accepté d’un commun accord qui a commencé ce matin. Il est disant choqué et profondément déçu par ces développements, »
le secrétaire général dévoile une acceptation téméraire de la version israélienne des faits, accusant le Hamas de violation du cessez-le-feu tout en admettant, « le secrétaire général note que les Nations-Unies n’ont aucun moyen propre de vérifier exactement ce qui s’est passé », et, encore, en exigeant « la libération immédiate et inconditionnelle du soldat (prétendument et à tort) capturé ».
La déclaration suivante illustre davantage encore l’ignorance du secrétaire général des faits sur le terrain :
« Le secrétaire général est inquiet d’apprendre que des tracts auraient été largués par les Forces de défense israéliennes dans le nord de la bande de Gaza ce soir, prévenant les dizaines de milliers d’habitants de quitter leurs maisons et d’évacuer la ville de Gaza.
« Si cela s’avérait (surligné par les signataires), cela aurait un impact humanitaire encore plus dévastateur sur les civils menacés dans ces zones de la bande de Gaza, qui ont déjà enduré d’immenses souffrances ces derniers jours. »
Or, le largage de tracts est une pratique connue depuis le début de l’opération israélienne dans la bande de Gaza, et il contribue à un scénario de plus de 480 000 déplacés internes.
Dans la même déclaration :
« Le secrétaire général exhorte (a exhorté) vivement toutes les parties à éviter toute nouvelle escalade en ce moment (, notant) que toutes les parties doivent respecter l’ensemble des obligations résultant du droit international humanitaire, concernant tant les civils face aux attaques imminentes, que le respect d’une proportionnalité dans toute réponse militaire, »
Ceci en exprimant une égalisation disproportionnée des deux parties au conflit et en évitant de prendre en compte l’impact bien plus important des violations perpétrées par Israël, qui ont fait au moins 1814 tués, pour la grande majorité des civils, durant son opération dans la bande de Gaza.
Monsieur le secrétaire général,
Quand, dans toutes vos déclarations, vous ne faites aucune distinction entre oppresseurs et victimes,
Quand vous citez les combattants palestiniens comme auteurs de violations et de crimes de guerre, tout en manquant, comme vous en avez l’habitude, de citer Israël en faisant référence à des actions spécifiques,
Quand vous évitez de codifier les actions israéliennes équivalant à des crimes de guerre, mais que vous insistez pour prescrire les réponses palestiniennes comme étant de graves infractions au droit international humanitaire,
Quand toujours vous prônez de façon criminelle le droit d’Israël à se défendre, alors que vous ne mettez pas en évidence le droit légitime et légal des Palestiniens à résister à l’occupation, à la colonisation et à une discrimination institutionnalisé,
Quand vous adoptez et recommandez les récits falsifiés israéliens, sans mentionner les récits des Palestiniens,
Quand vous ne tenez aucun compte des faits sur le terrain résultant clairement des attaques israéliennes, mais que vous recherchez la libération immédiate et inconditionnelle d’un soldat prétendument et à tort enlevé sur le champ de bataille,
Vous ne maintenez ni la paix ni la sécurité ; et vous ne garantissez pas non plus le respect des droits humains.
En examinant vos déclarations, il apparaît évident que vous ne remplissez pas pleinement votre mandat. Au contraire, vos déclarations n’ont pas seulement permis la continuation des meurtres par Israël contre notre population, mais elles ont aussi encouragé des États à maintenir leur appui à Israël en toute impunité. Puisque vous ne pouvez pas dire la vérité, nous vous conseillons soit de changer radicalement votre positionnement – pas seulement en parole, mais aussi dans vos efforts pour, à travers les Nations-Unies, vraiment mettre fin au conflit -, soit de démissionner. Pour nous, en continuant de remplir ce rôle, vous corroborez ce que ressent notre peuple, que vous êtes un associé, ou au moins un catalyseur, dans les violations en cours du droit international humanitaire commises par Israël contre nos familles, nos enfants, nos femmes, nos aînés ; contre notre peuple.
5 août 2014
Badil : http://www.badil.org/en/press-releases/146-2014/4299-press-eng-19
Traduction : JPP pour l’Agence Média Palestine

mardi 5 août 2014

Démythifier le matraquage martelé par Israël pour justifier sa guerre contre Gaza (Alternet)....Citoyens de tous les pays du monde, que ce soient les Etats-Unis, l’Allemagne ou la France, vous avez le droit de connaitre la vérité et vos médias ne vous disent pas la vérité. Vos médias sont, pour la plupart, inondés par la propagande israélienne.



C’est Israël qui est à l’origine de l’offensive contre Gaza, pas les Palestiniens.


Il est temps de tirer au clair ce qui s’est véritablement passé concernant l’attaque menée par Israël contre les Palestiniens. Hélas, c’est le discours israélien qui prévaut dans les grands médias internationaux. Il est très important de démonter le discours israélien et de porter les faits à l’attention du public. Le monde doit pouvoir faire la distinction entre les mythes et la réalité.
Le premier point très important, c’est que c’est Israël qui est à l’origine de l’offensive contre Gaza, pas les Palestiniens.
Ce n’est pas ce qui a été dit dans la plupart des médias. Les Israéliens prétendent que c’est parce qu’Israël subissait des tirs de roquettes lancées depuis Gaza qu’il a riposté par des frappes aériennes. C’est faux. La vérité, c’est que c’est Israël qui a commencé par effectuer des frappes aériennes de façon répétée, assassinant des habitants de Gaza, pour pousser les Palestiniens à riposter par des tirs de roquettes sur Israël. Et, c’est là que les médias ont commencé à répéter en boucle qu’Israël avait le droit de se défendre.
Le deuxième point, c’est que cette offensive n’a pas commencé à Gaza, mais en Cisjordanie, où l’armée israélienne, sans produire de preuve que les Palestiniens étaient responsables du rapt et de la mort des trois colons, avait lancé une expédition punitive dans toute la Cisjordanie. Une des conséquences de cette opération a été l’arrestation de plus de 1000 Palestiniens, parmi lesquels un grand nombre d’élus parlementaires, ce qui porte à 34 le nombre de parlementaires palestiniens incarcérés en Israël. En outre, au cours de cette opération, les forces israéliennes envahissaient plus de 3000 maisons, en démolissaient un grand nombre, volaient de l’argent et détruisaient le mobilier. Les forces israéliennes se sont livrées à des actes de violence de grande ampleur contre les Palestiniens, utilisant des balles à grande vitesse et des fusils contre des manifestants pacifiques qui protestaient contre le kidnapping de Muhammad Abu Khdeir qui avait été torturé et brûlé vif par des colons israéliens. Cet acte avait provoqué une escalade dramatique de la violence dans toute la Cisjordanie.
Le troisième point, c’est que cette guerre n’est pas seulement contre le Hamas, c’est une guerre contre les Palestiniens.
C’est une guerre contre les Palestiniens de Gaza, c’est une guerre contre les Palestiniens de Cisjordanie et de Jérusalem-Est. C’est une guerre contre tous les Palestiniens.
A noter que la plupart de ceux qui ont subi les violences d’Israël sont des civils. Au moment où j’écris cet article, samedi 26 juillet, au moins 1000 Palestiniens ont été tués, dont 90% étaient des civils. Parmi eux, il y a plus de 208 enfants. Plus de 6000 personnes ont été blessées, parmi lesquelles 31% sont des enfants. Des familles entières ont été décimées.
Ne serait-ce que ce matin, 20 membres d’une même famille dont 11 enfants, ont été tués dans leur sommeil, le bâtiment où ils s’étaient réfugiés la veille même, ayant été rasé.
Plus de 30 familles qui ont été, ainsi, effacées des registres d’état civil parce que toute la famille élargie a été éliminée, le père, la mère, les grands-parents, les petits-enfants, tout le monde.
Ce genre d’extermination, ce degré de violence n’est rien moins qu’un massacre, un génocide, perpétré par Israël.
Pour couronner le tout, Israël a obligé des centaines de milliers de personnes à évacuer leurs maisons, les forçant à partir à coups de bombes. Pas moins de 13 000 maisons ont été entièrement ou en partie détruites, des milliers de personnes ont tout perdu, leurs vêtements, leurs affaires personnelles et les souvenirs de toute une vie, et, maintenant, des centaines de milliers d’habitants sont une fois de plus des réfugiés, beaucoup d’entre eux sont hébergés dans des écoles, et ils n’ont plus rien. Si la guerre cesse, quand ils retourneront, s’ils retournent, ils retourneront à du néant, mis à part des gravats. Des quartiers entiers comme celui de Chadjaiya ont été complètement rasés en l’espace de 24 heures.
Même les hôpitaux ont été pris pour cible. A ce jour, l’armée israélienne a bombardé sept hôpitaux, 13 ambulances et deux centres médicaux bénévoles, entre autres centres de soins. Dans plusieurs cas, des membres du corps médical et/ou des patients ont été blessés et tués. Un centre pour handicapés a également été bombardé, et deux femmes handicapées ont été tuées. A une autre occasion, un jeune homme sourd et muet, n’ayant pas réalisé ce qui se passait, a été frappé directement et s’est retrouvé paralysé des jambes jusqu’à la taille, ce qui ajoute un nouveau handicap lourd dans sa vie.
Les propos les plus touchants et les plus déchirants que j’ai entendus, ce sont ceux d’un homme qui disait à ses deux enfants à l’hôpital, tués par une frappe aérienne israélienne : "pardonnez-moi, mes enfants, je n’ai pas pu vous protéger". Ce sentiment d’impuissance est accablant parce que des milliers et des milliers de gens aujourd’hui à Gaza, des milliers de mères et de pères sont dans l’impossibilité de protéger leurs enfants. Beaucoup ont vu leurs enfants tués, certains ont vu leurs enfants décapités par les bombes d’Israël.
Le point suivant concerne l’affirmation selon laquelle Israël a le droit de se défendre.
Ce qui est le plus insultant, c’est que de nombreux dirigeants mondiaux, comme Angela Merkel et Barack Obama, parlent du droit d’Israël à se défendre mais ne disent pas un mot sur le droit des Palestiniens à se défendre, alors que ce sont les Palestiniens qui sont opprimés dans cette lutte. Ce sont les Palestiniens dont les terres sont occupées depuis 47 ans, et qui ont été forcés de prendre le statut de déplacés et de réfugiés depuis 1948, et encore eux qui subissent un système d’apartheid, la discrimination et la ségrégation créés par l’occupation israélienne.
Et malgré tout cela, personne ne parle de notre droit à nous défendre.
En réalité, ce que nous constatons dans le discours israélien n’est autre que la tentative constante de déshumaniser les Palestiniens, comme si les Palestiniens n’étaient pas des êtres humains à part entière, comme si la vie des Palestiniens ne comptait pas, comme si la vie des Palestiniens ne valait rien, comme s’il était normal que plus de 1000 Palestiniens soient tués et 6000 soient blessés.
Pendant ce temps, tout ce dont on parle, ce sont des répercussions psychologiques que peut avoir la peur sur la population israélienne, même si jusqu’à présent, les projectiles lancés depuis Gaza n’ont tué que deux civils. A ce jour, 42 Israéliens ont été tués, 40 étaient des militaires. Il y a des soldats qui ont été tués à Gaza quand ils ont envahi Gaza et attaqué la population, commettant , de ce fait, un acte d’agression. Nous ne voulons pas que les gens meurent, qu’ils soient israéliens ou palestiniens. Mais dire que les Palestiniens sont les agresseurs dans cette situation est immoral et absolument inacceptable.
L’asymétrie de la situation actuelle est également un point très important à éclaircir.
On a là l’armée israélienne, probablement la 4ème armée la plus puissante du monde, qui attaque des civils dans un des lieux les plus peuplés au monde, avec 1,8 millions de personnes qui vivent dans moins de 360 km2, c.à.d. 12.000 personnes pour 2,5 km2, en période "normale", mais qui est près du double actuellement, Israël ayant déclaré 44% de Gaza en zone dangereuse, martelant cela en bombardant les maisons. Ces 1,88 millions d’habitants ont été bombardés par une aviation puissante, des navires de guerre très puissants et l’artillerie, alors que les Palestiniens n’ont que des armes primitives pour se défendre.
Même les roquettes qui ont été lancées sur Israël – et nous ne sommes pas d’accord avec cela pour autant - ne sont pratiquement tout le temps que des outils psychologiques.
Ces tirs font peur aux Israéliens, certes, mais ces projectiles n’ont que très rarement fait des dégâts. Les dégâts, c’est quasiment exclusivement l’autre camp, celui des Palestiniens, qui les subit.
On ne peut en aucune façon mettre les deux en parallèle, l’armée sophistiquée et le peuple palestinien. Il est clair qu’il y a asymétrie, et, pourtant, les forces israéliennes ne cessent de mener des attaques violentes disproportionnées et sans discrimination contre la population palestinienne.
Il y a un élément qui est pratiquement toujours occulté, c’est la question du siège de Gaza.
Le siège de Gaza dure depuis huit ans et il a entrainé la crise humanitaire la plus abominable non seulement dans la région, mais dans le monde entier. Il s’agit là de 1,8 millions de personnes encerclées sur la terre, sur la mer et dans les airs. Israël contrôle tous les passages, il contrôle le ciel et il contrôle la mer. Les pêcheurs n’ont pas le droit d’aller pêcher à plus de 4,5 km du rivage ; il leur a été formellement interdit d’aller pêcher ces trois dernières semaines. Pratiquement personne ne peut entrer ou sortir, même pour être hospitalisé ou pour recevoir un traitement médical. Le seul passage pour l’Egypte est fermé côté égyptien.
Ce siège a entrainé des problèmes graves.
Gaza manque de matériaux de construction. Gaza n’a pas accès à l’eau potable : 90% de l’eau à Gaza est impropre à la consommation parce qu’elle est soit salée soit polluée.
Plus de 300.000 personnes ne sont plus approvisionnées en eau parce que les canalisations ont été détruites par les bombardements israéliens et que, quand les ouvriers ont tenté de les réparer, l’armée israélienne leur a tiré dessus.
L’électricité est également un énorme problème à Gaza. La plupart des habitants n’ont pas d’électricité plus de 6 à 8 heures par jour. Et, aujourd’hui, plus d’un tiers de la population n’a plus du tout d’électricité parce qu’Israël a bombardé l’unique centrale électrique de Gaza.
A cause du siège, 90% des jeunes diplômés sont au chômage.
A cause du siège, le taux de pauvreté est très élevé à Gaza, fait aggravé par les prix élevés des produits de base qui viennent obligatoirement d’Israël. C’est une situation inacceptable.
Un siège de cette ampleur est un acte d’agression.
Il est très important de rappeler aux dirigeants mondiaux qu’en 1967, Israël avait déclaré qu’il avait le droit d’attaquer l’Egypte, la Syrie, la Jordanie et le peuple palestinien et d’occuper toute la Cisjordanie, Jérusalem-Est, la Bande de Gaza, le Golan et l’ensemble du Sinaï, simplement parce que l’armée égyptienne avait fermé le passage pour Eilat, un petit port dans le sud d’Israël.
Israël avait toujours libre accès à la Méditerranée, mais malgré cela, ils considéraient qu’il s’agissait d’un acte d’agression qui leur donnait le droit de se livrer à une des pires guerres au Moyen-Orient. C’est la raison pour laquelle nous disons qu’un cessez-le-feu n’est pas suffisant : il faut également lever le siège de Gaza, parce que le siège en soi est un acte d’agression.
Aujourd’hui, les Palestiniens demandent le cessez-le-feu. Mais Israël refuse.
Il y a eu deux ou trois tentatives de cessez-le-feu humanitaire, afin que les Palestiniens puissent retirer des décombres, à Chadjaiya ou à Khuzaa, par exemple, tous les corps de ceux qui ont été tués et y sont encore ensevelis.
C’est désespérant de savoir qu’il y a probablement beaucoup de blessés là-bas qui ne peuvent toujours pas avoir accès aux soins et qui vont mourir, soit en se vidant lentement de leur sang soit des suites de leurs blessures parce qu’il n’y a pas eu de véritable cessez-le-feu et qu’aucune équipe médicale n’a eu l’autorisation de se rendre auprès d’eux.
En fait, les forces israéliennes ont non seulement bombardé des hôpitaux, des écoles, des mosquées et des maisons, mais elles ont aussi pris pour cible des équipes de premiers secours et des ambulances, et tué trois secouristes. Elles ont incendié deux ambulances qui tentaient de se rendre auprès de blessés à Chadjaiya. Elles ont détruit de nombreuses cliniques, et un grand nombre de secouristes ont été blessés ou tués.
C’est un acte de nettoyage ethnique, un acte de génocide et un acte de terrorisme contre la population palestinienne.
Déshumaniser les Palestiniens n’effacera jamais les faits.
Cette guerre a été lancée par Israël. Il est même contestable d’appeler cela une guerre, car une guerre implique qu’il y a combat entre deux camps de puissance comparable. En réalité, ce n’est pas une guerre, c’est un acte d’agression commis par une puissance occupante qui cherche à régler le problème de l’occupation en augmentant l’occupation.
Aujourd’hui, les massacres ont repris en Cisjordanie également, où Israël a tiré à nouveau sur des manifestants pacifiques avec des balles à haute-vélocité. Cela fait des années que le monde entier nous dit d’organiser d’énormes manifestations non violentes avec des milliers de participants. C’est exactement ce que nous avons fait à Ramallah, le 24 juillet, où plus de 25.000 personnes ont défilé pacifiquement pour se rendre à Jérusalem pour protester contre le massacre à Gaza, exiger que cesse cette agression et réclamer l’accès à Jérusalem pour pouvoir aller prier à la mosquée d’Al-Aqsa le soir le plus sacré pour les musulmans palestiniens.
Alors que nous approchions du poste de contrôle, cerné par de nombreuses forces de sécurité, l’armée israélienne a commencé à nous tirer dessus. Des tireurs isolés ont tiré sur les manifestants avec des balles à grande vitesse, une scène qui rappelait comment, à Soweto, dans les années 1970, les manifestants pacifiques avaient été traités par la police de l’apartheid.
Au cours de cette nuit-là, ils ont tiré sur 211 Palestiniens. En l’espace de quatre heures, six d’entre eux avaient perdu un œil, six autres étaient grièvement blessés et un y avait perdu la vie. Le lendemain même, l’armée israélienne, tirant à balles réelles, tuait neuf Palestiniens qui manifestaient pacifiquement à Hébron, Naplouse, Bethlehem et Jénine. Environ 60 personnes étaient blessées. Et ce n’est pas fini.
Ceux qui sont tués en Cisjordanie ne sont pas du Hamas et ne sont pas à Gaza. Ils ne lancent pas des roquettes sur Israël, ils n’ont pas d’armes pour se défendre. Et pourtant, ils sont tués à maintes occasions par une armée israélienne qui s’estime au-dessus des lois internationales grâce au silence et à la complicité de nombreux dirigeants occidentaux.
Le Secrétaire Général de l’ONU, M. Ban Ki-Moon, n’a pas le courage de demander à Israël de répondre de ses actes, même quand l’armée israélienne bombarde une école de l’ONU à Beit Hanoun, tuant 16 femmes et enfants et en blessant 200 autres parmi ceux qui s’y sont réfugiés.
Finalement, il faut se rappeler que ce degré de violence s’est produit à maintes reprises depuis 66 ans. L’origine du problème, c’est l’occupation de la Palestine par Israël, la construction de colonies et l’expulsion forcée de centaines de milliers de personnes de leurs maisons. C’est la plus longue occupation de l’époque moderne et elle dure depuis 47 ans. C’est une occupation qui s’est transformée en un système d’apartheid et de discrimination. Si on ne trouve pas de solution, si on ne met pas un terme à l’occupation et au système d’apartheid, il n’y aura pas de paix, a fortiori de stabilité ou de vie normale.
Quand nous luttons pour notre liberté en tant que Palestiniens, il ne s’agit pas uniquement de notre propre liberté, il ne s’agit pas seulement de notre propre avenir, mais également de l’avenir des Israéliens. Parce que les Israéliens ne seront jamais libres eux-mêmes tant que nous ne serons pas libres. Il est temps de voir que les extrémistes en Israël, qui ont tiré profit de toutes ces guerres, se servent des vies et des quartiers des Palestiniens pour tester leurs armes, pour qu’Israël puisse continuer à vendre des armes dans le monde entier, et devienne le troisième plus grand exportateur de matériel militaire mondial.
Il faut que cela cesse.
L’occupation doit cesser et cette question d’asymétrie doit être prise en compte ; l’impunité et la réalité des faits doivent être révélées au grand jour. Il est temps de dire à Israël "maintenant, ça suffit !" ; il est temps de dire au monde entier : "ouvrez les yeux, s’il vous plait, regardez les faits" ; Citoyens de tous les pays du monde, que ce soient les Etats-Unis, l’Allemagne ou la France, vous avez le droit de connaitre la vérité et vos médias ne vous disent pas la vérité. Vos médias sont, pour la plupart, inondés par la propagande israélienne.
Il faut que cela change.

Mustafa Barghouthi
Le docteur Moustafa Barghouthi est un personnage de premier plan de la société civile palestinienne, défenseur de longue date du mouvement palestinien de non-violence. Il est l’un des fondateurs du parti politique indépendant, "l’Initiative nationale palestinienne ", et est membre du Conseil Central de l’OLP.

Et, pendant les crimes contre l’humanité, les affaires continuent ...

Le droit de se défendre d’Israël massivement et financièrement soutenu au Congrès US :
Les USA débloquent l’aide pour le Dôme de fer (225 millions de dollars pour financer le système anti-missiles déployé en Israël face aux tirs de Gaza. Le projet de financement a été voté par 395 voix pour contre 8 contre).

Palestine : La tragédie palestinienne est la grande honte de la prétendue «communauté internationale».Israël est coupable, mais la communauté internationale est responsable.



L'ONU devrait mettre en tête de ses priorités un «devoir de Palestine».

Les Palestiniens, chassés de chez eux par la force, ont le droit à un Etat souverain et viable, avec une capitale ancrée dans son Histoire. Cette exigence de simple justice internationale et humaine est bloquée depuis des décennies par le traitement particulier réservé par les USA et leurs alliés à l'Etat d'Israël. Une «préférence» israélienne que n'a jamais su compenser le monde arabe, militairement ou diplomatiquement...
La question palestinienne, depuis les guerres d'Irak, d'Afghanistan et de Libye, les troubles de Tunisie et d'Egypte et le conflit en Syrie, a été reléguée au second plan. Comme si c'était devenu moins important! C'est bien sûr une erreur car, à l'origine de tous les troubles du monde arabe après les spoliations coloniales de l'après-première Guerre mondiale, il y a la «catastrophe» palestinienne liée à la naissance de l'Etat sioniste.

Aujourd'hui, l'avenir de la Palestine s'inscrit dans les bouleversements récents de la région. Israël continue cependant de faire comme si rien ne s'était passé. Il se sert des désordres et des guerres pour poursuivre une stratégie volontairement sourde et aveugle. Il pense que c'est dans son intérêt, sans doute. La poursuite de la colonisation en est un exemple.
Israël est coupable, mais la communauté internationale est responsable. Elle, si prompte à décréter des embargos, à sanctionner les pays et les gouvernements, à donner des leçons de morale et à faire la guerre pour protéger des populations civiles, est paralysée face à l'Etat juif.
Plus rien ne le justifie, plus rien ne l'excuse... En tout cas, face au cas palestinien!
L'Egypte est retournée à la case départ, l'Iran joue le dialogue avec les Américains. Ce qui menace Israël, c'est le fanatisme religieux à ses frontières, c'est vrai, mais chez lui et dans sa propre communauté également. Tout ce qui crée de la haine menace Israël... Mais le gouvernement de Tel Aviv est une formidable machine à créer de la haine.
La volonté de la diaspora juive d'assimiler l'antisionisme à de l'antisémitisme pour interdire son expression fait déborder partout -et en France en particulier- les crispations communautaires.
Les antisémites ne sont pas tous antisionistes, bien au contraire, puisqu'ils préfèrent les juifs ailleurs et les antisionistes ne sont pas des antisémites: ils sont souvent eux-mêmes des sémites d'ailleurs... Mais, bien sûr, il peut y avoir mélange des genres. Sortir de la crise actuelle ne réglera pas le problème de fond.
L'Egypte, qui joue les médiateurs, a dénoncé «l'escalade» israélienne et demandé aux belligérants d'accepter sa proposition de trêve. Mais le ministre égyptien des Affaires étrangères a également vivement critiqué le Hamas, estimant que le mouvement palestinien aurait pu sauver des dizaines de vies s'il avait signé le cessez-le-feu proposé cette semaine par Le Caire et qui avait été accepté par Israël. «Si le Hamas avait accepté la proposition égyptienne, il aurait pu sauver les vies d'au moins 40 Palestiniens», a déclaré Sameh Choukri, selon l'agence de presse officielle Mena. Le ministre a accusé le mouvement islamiste palestinien qui contrôle la bande de Gaza d'avoir «comploté avec le Qatar et la Turquie pour mettre en échec le rôle régional de l'Egypte».
Les deux pays entretenant les relations les plus étroites avec le Hamas sont la Turquie et le Qatar qui tiennent à être au centre des négociations.
Israël a clairement fait savoir qu'il est d'accord pour une médiation égyptienne, mais refuse toute implication du Qatar. «L'initiative de cessez-le-feu du Qatar n'est pas sur la table», a déclaré un haut responsable israélien qui a ajouté que Jérusalem veut un accord de cessez-le-feu dans lequel le président de l'Autorité palestinienne, Mahmoud Abbas, soit impliqué.
Lassitude après des années d'efforts de paix au Proche-Orient, manque de partenaires pour exiger de véritables concessions ou diplomatie accaparée par d'autres conflits, l'administration Obama est restée, jusqu'ici, plutôt en retrait dans le conflit sanglant qui oppose Israël au Hamas.
L'absence américaine et européenne contrastent avec un activisme diplomatique et économique sur le dossier ukrainien.
La Palestine doit revenir au cœur du devoir de justice de la communauté internationale ou celle-ci finira par se discréditer, comme l'ONU ou... la Ligue Arabe.

Patrice Zehr
Source : Le Reporter.ma

dimanche 3 août 2014

Israel/Palestine - Udi Segal, 19 ans jeune Israélien de 19 ans : J’appelle les soldats de base et les réservistes à refuser les ordres et à ne pas participer au massacre.



En ce qui concerne l’opération en cours à Gaza, j’appelle les soldats de base et les réservistes à refuser les ordres et à ne pas participer au massacre. 
 « Je m’appelle Udi Segal, j’ai 19 ans, je viens du Kibbutz Tuval au nord d’Israel, il y a quelques mois j’ai signé la lettre des objecteurs de conscience 2014 qui fut envoyée au premier ministre, à ce jour, elle a été signée par 130 déserteurs. Dans la lettre nous déclarions notre refus de servir dans l’armée israélienne. La principale raison est l’occupation et l’oppression continue du peuple palestinien, qui s’exprime par des allocations sociales inégales, le mépris des droits, et le meurtre continu de plus de 600 personnes dans la dernière opération à Gaza. De plus, le service militaire contribue au militarisme israélien. Moi par exemple, en tant qu’homme, juif et ashkénaze , et donc plus susceptible d’avoir un impact sur la société israélienne et de m’en sortir, car je viens d’un milieu social dominant plus enclin au militarisme israélien, un milieu auquel je m’oppose fortement.
Même s’il n’y avait pas l’occupation, je refuserais de servir l’armée, car elle pérennise un système politique, nationaliste et capitaliste auquel je refuse de prendre part et qui ne profite qu’à quelques-uns. Je ne pense pas que l’opération militaire en cours à Gaza me protège. Les opérations militaires ne me protégeront pas, elles ne feront qu’engendrer de nouvelles opérations militaires comme ça a été le cas avec l’Opération Plomb durci [2008-2009] qui n’a fait que mener à l’Opération Pilier de défense [novembre 2012] et qui continue aujourd’hui avec l’opération Bordure Protectrice, qui elle-même mènera probablement à d’autres opérations militaires. Ce qui protégerait serait une paix juste reconnaissant l’injustice faite aux Palestiniens. On ne pourra réaliser la paix tant qu’un peuple sera opprimé, occupé et entouré d’un mur. Cette population n’a pas abandonné son désir de liberté et ne se repose pas sur l’éventuelle compassion de ceux qui l’occupent, alors ne vous attendez pas à vivre en sécurité dans une telle situation. À ceux qui pensent quand même qu’ils me défendent, dans une telle situation, si le prix à payer pour la sécurité est de 600 morts à Gaza, je ne suis pas intéressé par ce genre de sécurité.
Mon refus de servir sera difficile pour ma famille. Mon frère est dans l’armée, et il pourrait être à Gaza lorsque je me retrouverai en prison, j’espère que cela ne créera pas de conflits insolubles… Et au-delà de ça, à cause de moi, les gens regarderont avec méfiance mes parents et mes frères. Je pense que je contribue à la société israélienne, mais il me semble important de préciser que mon action ne s’inscrit pas dans une vision patriotique ou sioniste, mais dans une vision globale, une globalité qui inclut Israël. Je pense que l’occupation est un obstacle et qu’elle est dommageable pour les Israéliens.
Beaucoup d’amis de mon âge se sont enrôlés dans l’armée. Je viens moi-même d’un milieu militariste, mon école a un des plus forts pourcentages de recrutement dans le pays . Oui, il y a de nombreuses personnes qui ont arrêté de m’adresser la parole et qui m’ont mis à l’index suite à mon choix. Mais il s’agit peut-être d’un bon tri dans mes amitiés, puisque j’ai aussi des amis qui se sont enrôlés et qui sont restés à mes côtés. J’ai choisi d’aller en prison parce que malheureusement, les Israéliens écoutent plus facilement ceux qui sont prêts à se sacrifier et à payer le prix. La prison va me retirer ma liberté, c’est quelque chose de difficile à appréhender car je n’ai connu jusque-là que le dehors, dans une liberté toute relative. De plus, pour ceux qui refusent l’occupation, les conditions de détention peuvent être particulièrement dures, comme le montre l’exemple d’Uriel Ferera, emprisonné récemment. Il a refusé de porter l’uniforme et subit des humiliations en raison de son milieu traditionnel.
L’objectif qui sous-tend ma désertion est d’en finir avec l’occupation. Mais compte tenu de la réalité présente, ce qui importe maintenant est que les Israéliens ouvrent leurs yeux, qu’ils réfléchissent au sens de l’occupation et à ce que cela signifie de servir dans l’armée, particulièrement les adolescents qui se rapprochent de la conscription.
En ce qui concerne l’opération en cours à Gaza, j’appelle les soldats de base et les réservistes à refuser les ordres et à ne pas participer au massacre. »
Traduit et annoté par CAPJPO-EurPalestine de l’hébreu, le 29 juillet 2014.